Morale Bourgeoise
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De temps en temps, quand j'ai rien d'autre à foutre que de prendre le train
à 6h11 à la Gare de l'Est pour aller dans la France profonde faire un
rep...
Il y a 1 jour
Ou comment l'aficion à l'écriture de la lumière, à la littérature et à la tauromachie peuvent essayer de se côtoyer pour potentialiser le plaisir d'en partager les attraits. C'est pompeux ? Tant pis, pour l'instant j'ai pas mieux...
Pas
de petite photo de cette soirée malheureusement, le vestiaire de
l'entrée m'ayant subtilisé mon duffle-coat avec mon mobile in the
pocket. Ah si, une dernière chose : la soirée était
sponsorisée par un mécène, sûrement la raison pour laquelle on
nous servit des minis-gâteaux à l'apéritif – il espérait qu'on
ait déjà mangé...- et que je me suis vu refuser une deuxième
coupette de Roederer... un mini-mécène donc, à qui le barman
physionomiste coûta certainement plus cher que le Champ ! Merci
quand même... je critique, je critique mais c'est pour amuser les
foules, hein, une bonne soirée à recommencer avec, plus d'érotisme
encore.
Oui mais voilà, pour ces laborieux de la balle au pied, ces ouvriers qui bâtissent au pays et pas à l’étranger déracinant, le maillot, l’équipe, le pays correspondent à de vraies motivations. On ne voit pas leurs femmes secouer dans les tribunes des drapeaux algériens. Eh non… Que pourrait-on avoir à foutre de la France quand dans la banlieue où l’on a grandit, il était de bon ton de s’insurger et vomir tout ce qui la représentait, que pourrait-on avoir à foutre de la France quand son bonheur personnel est ailleurs, en Angleterre ou en Allemagne où l’on vit et travaille ? A quoi peut correspondre ''jouer pour la France'' ? Si, peut-être le standing, l’occasion de fournir la vitrine du mercato où potentialiser l’action de ses bourses, sa carrière propre, sa valeur marchande, de mercenaire au plus offrant, apatride professionnel entraîné à n’avoir que pour seul sentiment d’appartenance son régime fiscal, mais pas plus. Je hais par contre l’idée volontiers émise en ce moment qu’on ne peut se reconnaître dans cette équipe de noirs et d’arabes… Pour trois raisons principales :
A Dourbies, c'est tipi ! Ils sont les petits enfants de Woodstock canal historique aux aïeux embourgeoisés, ils aiment la paix, l'amour et la liberté, n'essayent d'avoir de règles que les leurs, Peace and Love, près de la nature, l'humaine et la nourricière. Ils ont comme chaque année investi en catimini un territoire sans en référer à son propriétaire car demander une permission c'est le plus souvent se la voir interdire. Ils sont cools, pacifistes, tolérants, anarco-bucoliques, naïfs ou clairvoyants, allez savoir qui détient au plus près LA vérité... ?
Dans une clairière cévenole, le temps d'une lune, pour un mois et demi ils ont planté tipis et yourtes autour du ''chapeau magique'' qui chaque jour se remplit de biftons anonymes permettant d'assurer l'intendance de la gentille collectivité. Ce sont des familles à spectre large d'où peut-être, le ''rainbow'' emblématique, ils tentent de s'affranchir des codes moraux étriqués comme la fidélité que seuls les couples ont fait rimer avec exclusivité : reproche-t-on à un ami son infidélité au prétexte qu'il a d'autres amis ? Expliquait l'autre jour sur les ondes un distingué commentateur...
Ils siègent en conseil sous le tipi principal, assis en rond, soumettant à leurs sagaces sensibilités toute décision à ne pas prendre, se passant le témoin d'un micro d'un nouveau genre sans décibels boostés, le ''bâton de parole'', une sorte de chasse-mouche de chef Baoulé pour parler ou ne rien dire, selon l'envie, silence salvateur au milieu de la cacophonie ambiante préoccupée – Valls l'aurait-il passé à Duflot ? Aurait-il eu les mêmes mots après les trois cent trente morts de Lampedusa ? Dont on est ici très loin en allant chasser en billebaude le cèpe et autres psilocybes plus hallucinogènes que l'édito de la revue TOROS tentant d'identifier les raisons de sa plongée (!)
Le 14, la foule avait misé sur le mano à mano très convenu dans le circuit, El Juli – Manzanares annoncé devant des Garcigrande et n'est pas repartie déçue. Une opposition consensuelle entre deux figuras qui peut atténuer cette légère frustration qui m'étreint lorsqu'il manque un troisième larron. Car il y a là assez de bagage technique et artistique pour ne pas perdre au change, pourvu que sortent des toros. De Garcigrande il n'en sortit que quatre et c'est toujours désagréable, de voir l'annonce d'un lot finalement bricolée sans aucune explication. Des toros qui pour au moins deux d'entre eux manquèrent d'un capillaire d'obtenir le batacazo, les cinq et six révélant bien les personnalités des toreros respectifs. Sans que jamais on ne puisse savoir ce qu'il serait advenu des uns s'il avaient touché les autres ce qui relativise toute analyse d'interprétation du style vous en conviendrez, ou pas, je m'en fous ;-)
Si j'avais trouvé mon tee-shirt "je hais le matin", j'aurais pu le revêtir. Se lever de bon matin pour aller voir des Zalduendo, avouez, c'est déprimant. La veille au soir déjà, on y pense avec dégoût. Il y a des noms comme ça, qu'on ne souhaiterait plus voir sur un cartel, comme ''Ponce'', malgré l'immense torero qu'il fut et le respect qu'on lui doit et ''Zalduendo'' devenu aussi répulsif à l'aficionado que le Fly-Tox aux mosquitos. On va donc faire court, car point besoin de s'étendre sur ce pourquoi on s'est levé alors qu'étendu on aurait été si bien, dans son petit lit tout chaud plein de chocolat. C'est ce que je disais à mes enfants pour les encourager à aller se coucher. Toros et toreros n'étaient pas bien réveillés, le toreo soporifique et les gradins somnolents. Avec un soleil à fermer les yeux derrière les filtres à UV.
Bon, on commence par la fin ? Mais sans être sûr de remonter jusqu'au début hein, deux spectacles par jour, je ne tiens plus le rythme. Y'a la vie à côté lecteur, sais-tu, et je te rappelles que tu lis gratuit. Cette après-midi, Miurada pour Castaño et Robleno. Cela se passe à Nîmes.
Moi aussi j'aime les animaux. Enfin, surtout dans mon assiette, accommodés et cuits. Pour les autres, comment dire, je les admire plutôt mais sans les aimer. C'est merveilleux d'admirer un être vivant si différent de nous. La souplesse du félin. La locomotion puissante du taureau ou du buffle. La vitesse bondissante d'une gazelle... La beauté de leurs robes... Extraordinaire, non ? C'est peut-être ce que lui disait Jean Cau, distingué tauromache en février 1962 quand elle le reçut chez elle ? Alors comme ça on reçoit des tortionnaires ? Source JLB.
Ce présumé amour éperdu d'eux-mêmes, qu'ils se complaisent à lire dans leurs yeux, cette fidélité si bien vantée que l'on oublie qu'elle rime avec gamelle. Eh oui les bisounours, c'est la gamelle qui la suscite, la motive, l'entretien. Pas l'amour humain, un amour supposé qu'il est si rassurant de lire dans la douceur du regard de son Golden Retriever de bobo auquel on prête toutes les intelligences et toute les sensibilités – il ne lui manque que la parole –
Alors petit à petit tu rêves moins aux lueurs de l'aube sur les marais, où t'emmenait ton maître avant que la société n'ait raison de sa barbarie qui s'étalait comme une tâche ringarde au front de ta bourgeoise dans les repas humanistes de la capitale, tu rêves moins à ces vols de canards que tu mordillais tout chauds jadis, la truffe emplumée, avalant leurs dernier soupir de ta gueule de voyou comblé. Tu te rappelles les détours que tu faisais pour les ''schmâcker'' un peu plus alors que, là-bas, ton maître t'appelait ? Comme tu ralentissais dans les roseaux, comme tu faisais semblant de ne pouvoir franchir les roubines ? La sensation de liberté qui t'étreignait, que dis-je, la quasi ivresse que tu ressentais de toutes ces émotions qui passionnaient ta race depuis des siècles... Retouver et rapporter, qu'elles que soient les conditions, à la terre brûlante comme à l'eau glacée, quel que soit le poids de la pièce, grive ou grouse, c'est ça ton métier. Ce pourquoi tu étais originellement produit et sélectionné là-bas, dans les Highlands embrumés.
Tu erres donc, invalide bouffi, du canapé au tapis, t'as même parfois envie de te pisser dessus tellement tu t'ennuies, car on ''t'aime'' de plus en plus... pour te consoler on te fait bouffer à chaque instant... on ne te sors plus, ça te fatiguerais trop... Au prétexte de l'amour des humains, on organise le raccourcissement de ton espérance de vie et puis après avoir encore engraissé le véto qui a toujours dit que ça valait le coup de tenter ça ou ça, avis auquel ta maîtresse a toujours souscrit pour ne pas déroger à son amour, tu as quand même fini, malgré l'acharnement thérapeutique à te garder en vie – le gain des jours d'hospitalisation... - par casser ta truffe, non sans avoir ouïe qu'elle avait prévu pour la famille une excursion à l'élevage d'où tu proviens afin de te remplacer au plus tôt. La salope. (Ding ! Mot compte double, encore 60 euros d'économisé...) Bien sûr un élevage de beauté, pas de travail. Une sélection sur la dégénérescence, pas sur les aptitudes naturelles. Elle s'est précipitée pour être à nouveau aimée, inconditionnellement, par ce même regard d'implorant de la gamelle qu'il est si gratifiant de prendre pour des sentiments. Car, ah oui, détail, tu penses bien qu'elle est seule maintenant, que le type s'est enfui avec une qui le regardait lui, qui aimait son attitude virile de chasseur ayant gardé ce sixième sens avec la nature et ne bêtifiait pas sur un putain de clebs à la noix. Hein, zézette ?