
Un mois s’est écoulé… Malgré les soins intensifs, me voici encore face à ma psychose taurine et en proie au doute paranoïaque :
- C’est grave docteur ?
- Allongez-vous et dites-moi ce qui vous vient à l’esprit…
- Voilà Docteur, j’ai fait un rêve, c’était dans une plaza , une plaza austère, comme seuls la Castilla Vieja, l’Aragon, le pays Basque et Alès (Gard) savent en bâtir. De ces plazas aux murs d’appareil cyclopéen dont le porche d’entrée semble avoir été dessiné par Vauban et dont les déambulatoires ressemblent à des couloirs de prison. Les spectateurs avaient des visages uniformément fermés sans l’ébauche d’un sourire comme si on avait cloné trois mille fois, la gueule du père Deibler (*1). Le président est arrivé, petit, ventripotent, avec son calot à pompon, il me rappelait quelqu'un mais la mémoire me fait défaut (*2). Sa garde rapprochée me semblait par contre « bien méritante » .
Les trompes ont résonné, le paseo s’est ébranlé, bizarre le paseo ! Les alguazils en moto, les picadors en tracteur, et l’arrastre en camion benne de chez Nicolin (*3). Seule la cuadrilla à pied était en traje de luce ; mon voisin me souffla :
- Ce sont les conservateurs qui l’ont imposé…
- Comment ça ?
- Ah, vous ne savez pas ? On a modernisé le règlement depuis Janvier 2015… il fallait dépoussiérer tout çà, réduire tout ce folklore, on leur a laissé le costume, mais à la prochaine révision en 2018… Avouez que le Jean serait bien plus commode.
- Et les types avec les sifflets ?
- Ce sont les arbitres, ils remplacent les assesseurs, ils sont là pour sanctionner les dépassements de ligne ; on peut suspendre un piquero pour plusieurs corridas en cas de récidive, il y en avait assez de ces espagnolades ! Ce qu’on veut nous, c’est des couilles sur le sable ! Et des cornes à faire pâlir d’envie les cocus.
Je risquai un timide :
- Et l’art dans tout ça ?
La riposte fut terrible :
- Les arènes c’est pas pour les gonzesses ! S’ils veulent de la musique et des danseuses z’ont qu’à aller à l’opéra d’Avignon, (*4) on y joue le lac des cygnes !
J’arrêtai là, la polémique, comme dirait mon ami Victor (*5)
Un nouveau coup de trompe, voici le fauve, impressionnant, je remonte de trois rangs dans les gradins, six cents kilos et plus, de muscles totalement construits en « Toutaliment massif » et une armure à rendre jaloux un cerf, les arbitres ont sauté dans les « bourladeros » et les deux tracteurs ont failli couler une bielle !
Les trois piques réglementaires ont été dispensées, l’une s’est même soldée par un pneu crevé malgré le caparaçon du tracteur, dans la poussée on pouvait lire sur le muscle tendu l’estampille « N.F » qui rassura mon voisin :
- L’an prochain on les exigera Bio me dit-il
La faena, après le brindis conventionnel, se déroula suivant la norme de qualité ISO 15958, comme me le précisa mon voisin. Il s’agit de six derechazos, six naturelles, trois pechos et éventuellement une ou deux molinetes avant l’entrée à matar. A l’analyse des résultats, l’ordinateur de la présidence accorda une oreille et la vuelta s’effectua dans l’indifférence générale.
Ici je me suis réveillé tout moite, en sueur et je ne sais pourquoi, moi qui ne vais jamais au stade, m’est venue l’idée de prendre une carte de supporter de l’O.M… C’est grave Docteur ?
- Disons que c’est sérieux… Cette répulsion semble s’apparenter à une tendance paranoïaque quelque peu hallucinatoire, doublée d’un refus systématique de céder à l’idéologie dominante, vous avez raison devenez supporter, mais vous allez en chier !
Raul
(*1) Grande famille Française spécialisée dans le raccourci historique
(*2) Encore l’Allemand !
(*3) Notable Montpelliérain spécialisé dans la poubelle et la Bouvine
(*4) Ville sans intérêt taurin…ni lyrique d’ailleurs !
(*5) Il s’agit de Paul Emique Victor, bien sûr !
- C’est grave docteur ?
- Allongez-vous et dites-moi ce qui vous vient à l’esprit…
- Voilà Docteur, j’ai fait un rêve, c’était dans une plaza , une plaza austère, comme seuls la Castilla Vieja, l’Aragon, le pays Basque et Alès (Gard) savent en bâtir. De ces plazas aux murs d’appareil cyclopéen dont le porche d’entrée semble avoir été dessiné par Vauban et dont les déambulatoires ressemblent à des couloirs de prison. Les spectateurs avaient des visages uniformément fermés sans l’ébauche d’un sourire comme si on avait cloné trois mille fois, la gueule du père Deibler (*1). Le président est arrivé, petit, ventripotent, avec son calot à pompon, il me rappelait quelqu'un mais la mémoire me fait défaut (*2). Sa garde rapprochée me semblait par contre « bien méritante » .
Les trompes ont résonné, le paseo s’est ébranlé, bizarre le paseo ! Les alguazils en moto, les picadors en tracteur, et l’arrastre en camion benne de chez Nicolin (*3). Seule la cuadrilla à pied était en traje de luce ; mon voisin me souffla :
- Ce sont les conservateurs qui l’ont imposé…
- Comment ça ?
- Ah, vous ne savez pas ? On a modernisé le règlement depuis Janvier 2015… il fallait dépoussiérer tout çà, réduire tout ce folklore, on leur a laissé le costume, mais à la prochaine révision en 2018… Avouez que le Jean serait bien plus commode.
- Et les types avec les sifflets ?
- Ce sont les arbitres, ils remplacent les assesseurs, ils sont là pour sanctionner les dépassements de ligne ; on peut suspendre un piquero pour plusieurs corridas en cas de récidive, il y en avait assez de ces espagnolades ! Ce qu’on veut nous, c’est des couilles sur le sable ! Et des cornes à faire pâlir d’envie les cocus.
Je risquai un timide :
- Et l’art dans tout ça ?
La riposte fut terrible :
- Les arènes c’est pas pour les gonzesses ! S’ils veulent de la musique et des danseuses z’ont qu’à aller à l’opéra d’Avignon, (*4) on y joue le lac des cygnes !
J’arrêtai là, la polémique, comme dirait mon ami Victor (*5)
Un nouveau coup de trompe, voici le fauve, impressionnant, je remonte de trois rangs dans les gradins, six cents kilos et plus, de muscles totalement construits en « Toutaliment massif » et une armure à rendre jaloux un cerf, les arbitres ont sauté dans les « bourladeros » et les deux tracteurs ont failli couler une bielle !
Les trois piques réglementaires ont été dispensées, l’une s’est même soldée par un pneu crevé malgré le caparaçon du tracteur, dans la poussée on pouvait lire sur le muscle tendu l’estampille « N.F » qui rassura mon voisin :
- L’an prochain on les exigera Bio me dit-il
La faena, après le brindis conventionnel, se déroula suivant la norme de qualité ISO 15958, comme me le précisa mon voisin. Il s’agit de six derechazos, six naturelles, trois pechos et éventuellement une ou deux molinetes avant l’entrée à matar. A l’analyse des résultats, l’ordinateur de la présidence accorda une oreille et la vuelta s’effectua dans l’indifférence générale.
Ici je me suis réveillé tout moite, en sueur et je ne sais pourquoi, moi qui ne vais jamais au stade, m’est venue l’idée de prendre une carte de supporter de l’O.M… C’est grave Docteur ?
- Disons que c’est sérieux… Cette répulsion semble s’apparenter à une tendance paranoïaque quelque peu hallucinatoire, doublée d’un refus systématique de céder à l’idéologie dominante, vous avez raison devenez supporter, mais vous allez en chier !
Raul
(*1) Grande famille Française spécialisée dans le raccourci historique
(*2) Encore l’Allemand !
(*3) Notable Montpelliérain spécialisé dans la poubelle et la Bouvine
(*4) Ville sans intérêt taurin…ni lyrique d’ailleurs !
(*5) Il s’agit de Paul Emique Victor, bien sûr !






