Je visite une mémé. "Canou" est son chien. Un horrible caniche abricot, veule et dégénéré. Aussi perclus d'arthrose que sa maîtresse. Pour les angoissés du bocal et autres "Conchitas" qui m'interpellent à ce propos, je précise ici qu'Asuncion et Francisco ne s'appellent pas Asuncion y Francisco, que tout ce que je raconte sur eux n'est pas le récit fidèle des séances données là-bas et que j'ai assez d'imagination pour broder à partir d'une partie de la réalité. Si ça se trouve, ils sont Bosniaques et pas Espagnols... Ecrire, ça s'appelle...Ces "problèmes" étant réglés, qui devraient vous importer autant qu'à Canou la retransmission de France-Galles, revenons à ma mémé. J'excuse et comprends son anthropomorphisme dégoulinant, quoi faire d'autre quand on est "un homme" que de l'anthropo... de plus, elle vit seule : Canou est son compagnon. Un gentil compagnon soumis et névrosé qui pisse aux quatre coins des tapis persans et essuie son anus incontinent au "jeté de canapé" de soie sauvage que sa maîtresse a quand même pris soin d'étendre. Ça va, j'ai bon jusqu'à maintenant ? Je n'ai trahi aucun secret médical d'envergure ? D'autant que cette histoire que je te raconte aujourd'hui, lecteur poussif et préoccupé, dont l'héroïne est peut-être depuis lurette sous les pissenlits, dévorée jusqu'aux os par les tiques de Canou avec qui elle est enterrée, tu comprends petit effrayé chronique ? Bon... c'est bien... parce que là, je vais faire une révélation fracassante : je suspecte la mémé de coucher avec Canou. Qui s'appelait d'ailleurs peut-être Nouka, couillon, va. Si. Carrément. Et je n'hésite pas à l'aboyer dans ce blog, la suspicion. Ouarf !
M'est avis que de par les liens quasi passionnels qui lient ce couple de nyctalopes somnolents toute la journée, l'éventualité de la proximité horizontale nocturne n'est pas à écarter. Sussucre. L'animal dans cette maison de poupée assez étouffante reçoit un régime assez intensif de soins inappropriés : à peu près 427 836 caresses par jour ainsi que 629 413 carreaux de chocolat noir dont les traces se retrouvent sur le "jeté de canapé" et sur le couvre-lit sans que je ne sois arrivé à déterminer si elles sont anté ou post digestion... post, je le crains... Papatte à maman. Oui, parce que la relation amoureuse est forcément incestueuse par cet anthropomorphisme doucereux qui ne fournit qu'un parallèle infantile.
Eoukilémongroscanoucanoucanou ?
Qu'elle lui dit, pendant qu'à cette intonation il pisse d'extase les quatre pattes en l'air allégeant à la sénile tendresse. Ouais, je dis que mes patients sont séniles maintenant, parfaitement, et plus qu'on ne pourrait le croire ou l'imaginer, même : pourquoi ? Y'a un blem avec toi, petit lecteur concupiscent affolé par la littérature autant que Canou par mes boots qu'il pourrait bien prendre un jour dans le cul ? Même que ça lui briserait aussi sec ses vertèbres déminéralisées. Ça y est, c'est prouvé, l'aficionado est cruel. Moi, je défends un autre point de vue : c'est le véto qui est cruel de maintenir, cupide et faussement compatissant au chagrin à venir, un débris canin qui n'a plus que de piètres rapports avec le genre animal, avec la belle époque du fringant Canou copulant frénétiquement avec les tibias des amies de sa maîtresse qui en riaient en prenant le thé, lui accordant toutes les justifications possibles, jusqu'aux plus farfelues alors qu'elles s'étaient refusées la veille à leur mari qui certes, manquait de chien, lui, malgré qu'à force de frustrations il entendait tout le temps l'ordre rêvé que sa chienne de femme aurait pu lui intimer : Va coucher !
Et donc ? Quel but visait donc cet article quand j'ai commencé à l'écrire...? Prrrrrrrrrrt... enfin, on y est, on y est, on va essayer de retomber sur ses pattes. Cet enfoiré de petit Canou, il était tout excité l'autre jour, je ne sais s'il avait subtilisé à sa maîtresse son shoot d'EPO mais il courait dans tout les coins du salon, 16m2 quand même. C'est alors que "Maîtresse Sénilia" depuis son donjon tonna :
- Oooooooh Canou ! ça suffit maintenant !! Si tu continues, tu vas dehors !!! Je te sors dans le jardin !!!!
M'est avis que de par les liens quasi passionnels qui lient ce couple de nyctalopes somnolents toute la journée, l'éventualité de la proximité horizontale nocturne n'est pas à écarter. Sussucre. L'animal dans cette maison de poupée assez étouffante reçoit un régime assez intensif de soins inappropriés : à peu près 427 836 caresses par jour ainsi que 629 413 carreaux de chocolat noir dont les traces se retrouvent sur le "jeté de canapé" et sur le couvre-lit sans que je ne sois arrivé à déterminer si elles sont anté ou post digestion... post, je le crains... Papatte à maman. Oui, parce que la relation amoureuse est forcément incestueuse par cet anthropomorphisme doucereux qui ne fournit qu'un parallèle infantile.
Eoukilémongroscanoucanoucanou ?
Qu'elle lui dit, pendant qu'à cette intonation il pisse d'extase les quatre pattes en l'air allégeant à la sénile tendresse. Ouais, je dis que mes patients sont séniles maintenant, parfaitement, et plus qu'on ne pourrait le croire ou l'imaginer, même : pourquoi ? Y'a un blem avec toi, petit lecteur concupiscent affolé par la littérature autant que Canou par mes boots qu'il pourrait bien prendre un jour dans le cul ? Même que ça lui briserait aussi sec ses vertèbres déminéralisées. Ça y est, c'est prouvé, l'aficionado est cruel. Moi, je défends un autre point de vue : c'est le véto qui est cruel de maintenir, cupide et faussement compatissant au chagrin à venir, un débris canin qui n'a plus que de piètres rapports avec le genre animal, avec la belle époque du fringant Canou copulant frénétiquement avec les tibias des amies de sa maîtresse qui en riaient en prenant le thé, lui accordant toutes les justifications possibles, jusqu'aux plus farfelues alors qu'elles s'étaient refusées la veille à leur mari qui certes, manquait de chien, lui, malgré qu'à force de frustrations il entendait tout le temps l'ordre rêvé que sa chienne de femme aurait pu lui intimer : Va coucher !
Et donc ? Quel but visait donc cet article quand j'ai commencé à l'écrire...? Prrrrrrrrrrt... enfin, on y est, on y est, on va essayer de retomber sur ses pattes. Cet enfoiré de petit Canou, il était tout excité l'autre jour, je ne sais s'il avait subtilisé à sa maîtresse son shoot d'EPO mais il courait dans tout les coins du salon, 16m2 quand même. C'est alors que "Maîtresse Sénilia" depuis son donjon tonna :
- Oooooooh Canou ! ça suffit maintenant !! Si tu continues, tu vas dehors !!! Je te sors dans le jardin !!!!
- ..... ?
Y'a un truc qui n'allait pas dans l'énoncé de la menace... et je n'ai pas pu m'empêcher de m'en mêler.
- Comment ça madame A ? (remarque lecteur précautionneux que son nom n'est pas cité. C'est malin... personne ne devrait ainsi savoir qu'il existe à Nîmes une vieille sénile, madame Aconassian, au chien débile et à l'arthrose envahissante) Que voulez-vous dire ? Que ce serait une punition pour lui, d'aller dehors ???
- Mais oui... il fait frais dehors...
- Vous plaisantez ? C'est un chien ! C'est un bonheur pour lui de sortir ! C'est en le séquestrant ici, dans les coussins de soie sauvage, qu'il est malheureux !!!
Elle n'a pas moufté, accusant le coup, comme prise en flagrant délit d'animalisme aconassé écroulant tout son système de pensée et son mode de vie. Voilà, c'est tout. Mais ça en dit long, non ? Depuis qu'elle s'est trahie, madame Aconassian et moi, on n'est plus vraiment ami-ami ; on se regarderait plutôt en chiens de fusil. Surtout quand je fais gicler le canou-canou du lit où je la soigne, acompagné de moult évidences hygiénistes et principes éducatifs de bon sens qu'elle ne peut contester sous peine de passer pour sale et faible. Canou, lui, est terrorisé dès lors qu'il m'aperçoit et va désormais se carapater sous le canapé pour assurer sa sauvegarde. Mais quand je pars, je l'appelle à la porte et il sort avec moi dans le jardin. Maîtresse Sénilia ne peut moufter vu la joie du débris canin. Dehors, il redevient fada et jappe comme un ado-chien... je lui balance des bouts de branches que le Mistral a arraché au pin d'Alep de l'entrée, avec de grands gestes. La première fois il s'est couché en gémissant comme un pleutre : il a cru que je voulais le tuer... maintenant il court comme un arthrosique dératé enraidi, le train arrière oblique... je vais finir par le faire clamser, c'est sûr. C'est ce qui peux lui pendre de mieux à la truffe, remarquez. Au moins aura-t-il vécu un peu intensément, ivre de la passion de ramener le bâton qui sent bon, plein de résine. C'est le seul moment où il ne pense pas au chocolat et où il ne subit plus les incessantes caresses des doigts déformés, Canou. Evidemment le lendemain il ne peut plus marcher, il parait... mais au moins il ne saute plus sur le canapé. Il dort dans un coin rêvant au bâton embaumé et "Maîtresse Sénilia" se sent seule. Et oui mais c'est cela aimer : permettre à l'autre de se réaliser même si cela ne sert pas vos propres intérêts. Maintenant quand je m'en vais, je vois bien qu'il est malheureux.
- Mais oui... il fait frais dehors...
- Vous plaisantez ? C'est un chien ! C'est un bonheur pour lui de sortir ! C'est en le séquestrant ici, dans les coussins de soie sauvage, qu'il est malheureux !!!
Elle n'a pas moufté, accusant le coup, comme prise en flagrant délit d'animalisme aconassé écroulant tout son système de pensée et son mode de vie. Voilà, c'est tout. Mais ça en dit long, non ? Depuis qu'elle s'est trahie, madame Aconassian et moi, on n'est plus vraiment ami-ami ; on se regarderait plutôt en chiens de fusil. Surtout quand je fais gicler le canou-canou du lit où je la soigne, acompagné de moult évidences hygiénistes et principes éducatifs de bon sens qu'elle ne peut contester sous peine de passer pour sale et faible. Canou, lui, est terrorisé dès lors qu'il m'aperçoit et va désormais se carapater sous le canapé pour assurer sa sauvegarde. Mais quand je pars, je l'appelle à la porte et il sort avec moi dans le jardin. Maîtresse Sénilia ne peut moufter vu la joie du débris canin. Dehors, il redevient fada et jappe comme un ado-chien... je lui balance des bouts de branches que le Mistral a arraché au pin d'Alep de l'entrée, avec de grands gestes. La première fois il s'est couché en gémissant comme un pleutre : il a cru que je voulais le tuer... maintenant il court comme un arthrosique dératé enraidi, le train arrière oblique... je vais finir par le faire clamser, c'est sûr. C'est ce qui peux lui pendre de mieux à la truffe, remarquez. Au moins aura-t-il vécu un peu intensément, ivre de la passion de ramener le bâton qui sent bon, plein de résine. C'est le seul moment où il ne pense pas au chocolat et où il ne subit plus les incessantes caresses des doigts déformés, Canou. Evidemment le lendemain il ne peut plus marcher, il parait... mais au moins il ne saute plus sur le canapé. Il dort dans un coin rêvant au bâton embaumé et "Maîtresse Sénilia" se sent seule. Et oui mais c'est cela aimer : permettre à l'autre de se réaliser même si cela ne sert pas vos propres intérêts. Maintenant quand je m'en vais, je vois bien qu'il est malheureux.