Si la perspective rosifiante et probable d'avoir Martine Aubry en habit de premier ministre vous file la ''cagagne'', vous pourrez toujours un puro dans une main et un mojito dans l'autre, vous en consoler un peu avec l'album de Roberto Fonseca. Car les régimes totalitaires et l'embargo du cousin américain ont du bon : les enfants ne sont pas chacun dans leur coin prostrés leur console à la main ou devant la télévision à se gaver de Pop-Corn. Ils font du sport en groupe et jouent de la musique en bandas... Ce qui nous donne un jour, d'élégants boxeurs et de virtuoses solistes. Pour l'éducation des enfants, la privation de liberté et l'impossibilité du choix ont quelque chose de bon. Après, achetant leurs disques, on souhaiterait participer davantage à leur émancipation qu'au financement du parti communiste cubain mais rien n'est moins sûr...
Dans ce disque souffle toute l'énergie de l'Afrique et tous les sortilèges vaudou des Caraïbes, toute l'alegria de cette île, à la conquête du monde au fil des octaves par le vecteur de l'universalité du Jazz. Pour peu qu'à ce genre musical votre oreille soit réceptive. Je l'avais découvert en concert à la Havane et sa prestation époustouflante nous avait tous transportés. C'est donc sans aucune appréhension que j'ai couru chez le disquaire acheter son album quand sa sortie a été annoncée. Avec "YO" Roberto Fonseca se met à nu pour nous entretenir de lui, en musique et graphisme aussi, magnifiquement servi par sa plastique et le talent de Carlos Pericas pour la photographie. A acquérir sans tarder vu le second tour qui approche à grand pas. Poutouniens, Cheminadistes, Arthaudiens, Mélenchonistes et Hollandais, vous la voulez la Martine, cette injure vivante à la laïcité, à la république, à l'économie, à la féminité et au bon sens, eh bien vous l'aurez. Peut-être vous remboursera-t-elle l'achat du disque Cubain au titre de la diversité culturelle solidaire, c'est à dire la bonne, de gauche, qui sait ? Bonnes urnes.