Quand je me mets à votre place, j’ai des doutes : ça commencerait pas à être un peu lourd ce récit de goguette au campo charro ? Franchement… ? Même moi qui l’écris, je suis circonspect : ça va faire long pour aller jusqu’à l’issue d’un voyage pourtant court. Bôaah… en même temps, c’est l’hiver, vous n’avez pas plus à faire, question toros, vous n’êtes pas tenu de venir cliquer ici et puis tout le groupe d’Orthez qui devait venir et s’est finalement désisté, ça l’intéresse peut-être ? Enfin, je vais resserrer – c’est juste ça, le plus dur, pour moi, resserrer…-
Le lendemain : finca ''La Zamorana’’ chez Guadalest. Origine Carlos Nunez et Torestrella depuis 1986. Ancienneté à Madrid 1843 (6è rang). Belle salle des trophées sur une colline surplombant de jolies arènes. Une visite très vivante grâce à un mayoral heureux qui interpelle sans cesse les toros et ils suivent la remorque en troupeau dans de magnifiques paysages, puis beuglent de désespoi
r à la barrière en réalisant que nous ne transportons pas de foin. Bovins, va. Au loin, par delà les pentes douces parsemées de chênes liège si déshabillés que leurs troncs rougissaient d’être ainsi regardés, des pièces d’eau argentées miroitent à contre-jour sur l’horizon. Eh oui, ami lecteur, la poésie, ça ne prévient pas. A tes souhaits.
Le lendemain : finca ''La Zamorana’’ chez Guadalest. Origine Carlos Nunez et Torestrella depuis 1986. Ancienneté à Madrid 1843 (6è rang). Belle salle des trophées sur une colline surplombant de jolies arènes. Une visite très vivante grâce à un mayoral heureux qui interpelle sans cesse les toros et ils suivent la remorque en troupeau dans de magnifiques paysages, puis beuglent de désespoi
r à la barrière en réalisant que nous ne transportons pas de foin. Bovins, va. Au loin, par delà les pentes douces parsemées de chênes liège si déshabillés que leurs troncs rougissaient d’être ainsi regardés, des pièces d’eau argentées miroitent à contre-jour sur l’horizon. Eh oui, ami lecteur, la poésie, ça ne prévient pas. A tes souhaits. Tout est varié chez Guadalest : le paysage, son relief, les robes – des toros, hein, parce que les femmes…- on aperçoit même le nouveau né de la nuit, gardé à l’écart par sa mère qui jauge notre approche.
Même les chansons modulées à tue-tête par le mayoral au volant du tracteur, sont variées. C’est possible qu’un type soit si heureux en pleine récession économique de crise mondiale, en Espagne aujourd’hui ? Pire, en extremadure ?
Même les chansons modulées à tue-tête par le mayoral au volant du tracteur, sont variées. C’est possible qu’un type soit si heureux en pleine récession économique de crise mondiale, en Espagne aujourd’hui ? Pire, en extremadure ?Voyons, étudions ce cas bizarre… qu’est-ce qui chez ce jeune homme, peut bien déclencher un tel sentiment de plénitude… Aaaah ça y est… j’ai compris… Aurélie est derrière lui, au premier rang de la remorque… et la beauté d’Aurélie, inspire… d’ailleurs je peux vous l’avouer : sur les mille photos de ce voyage, j’en ai neuf cent cinquante d’elle… presque… ne le répétez pas… normal, quand vous avez le choix entre un faciès de toro obtus et toutes les promesses de bonheur – potentielles, virtuelles, fantasmatiques - d’un sourire tel que celui d’Aurélie, par quoi êtes-vous capté, dites-moi ?
Aurélie c’est la grâce… cheveux de jais et yeux d’émeraude aux reflets mordorés… une jolie bouche qui découvre un sourire… un sourire… comment décrire un tel sourire, hein, Monique ? –private joke- C’est bien simple : quand Aurélie sourit, la planète bleue rosit, les flamencos se déchirent, les peones tombent à porta gayola, et même javier Conde se croise, les plaques tectoniques se chevauchent, les chevaux hennissent, les loups s’assagissent, les cailles bondissent et même Lenny, Kravitz ! Et donc, les mayorales vocalisent. Tenez-vous bien, il y en a même un qui a tenté de la garder chez lui, si ! Il l’avait même enfermée dans une cage ! Dedans, un loup ! Pour nous empêcher de la délivrer !! Je sais, vous ne me croyez pas, mais c’est vrai !!! La belle et la bête, en direct live. Photo censurée La beauté et la cruauté enfin réunies. Douceur et sauvagerie. Le rictus carnassier avec le sourire gracieux, enfin voyez, je ne vais pas vous faire la liste de tous les oxymores excitants que cela pouvait suggérer, pourquoi ferais-je tout le boulot, que votre imagination supplée la mienne.
Bon, le loup, Aurélie l’a négocié sans problème, rien qu’avec son charisme. Elle lui a fait le coup de « Danse avec les poux » et « Chuchote à l’oreille des toutous » et Canis Lupus était dompté. Nous, on est restés de l’autre côté de la cage, en liberté quoi, et le comble c’est qu’il fallait ravaler la frustration de ne pouvoir réveiller le fauve tapi en nous. Y’a un truc qui tournait pas rond, si ? Oui, c’est imparable, quand vous voyez de magnifiques yeux de biche poser leur velours scintillant sur vous, il ne reste plus qu’à hurler à la lune votre désespoir d’être moche, gros, vieux et pauvre. Loup y es-tu ? Oh que oui ! Mais désormais comme un piteux vieux loup pelé...
Bon, le loup, Aurélie l’a négocié sans problème, rien qu’avec son charisme. Elle lui a fait le coup de « Danse avec les poux » et « Chuchote à l’oreille des toutous » et Canis Lupus était dompté. Nous, on est restés de l’autre côté de la cage, en liberté quoi, et le comble c’est qu’il fallait ravaler la frustration de ne pouvoir réveiller le fauve tapi en nous. Y’a un truc qui tournait pas rond, si ? Oui, c’est imparable, quand vous voyez de magnifiques yeux de biche poser leur velours scintillant sur vous, il ne reste plus qu’à hurler à la lune votre désespoir d’être moche, gros, vieux et pauvre. Loup y es-tu ? Oh que oui ! Mais désormais comme un piteux vieux loup pelé...
Vous étiez si séduisant quand vous étiez un jeune couillon tout fringant avec deux, trois idées bien arrêtées, des habits à la mode et un vocabulaire de trois cents mots... Quand vous pouviez prétendre être le torero de su corazon… louveteau aux dents longues capable de lui mordiller la nuque gentiment et de tenir haut perchée la note de votre hurlement nocturne… if you see what I mean… Mais bon, grâce à son regard gentil, ça vous renfloue des souvenirs agréables. C’est déjà ça.
Ca doit être terrible d’être une très jolie fille, non ? Subir partout des regards appuyés, des allusions lourdingues, des compliments obséquieux, on doit avoir un peu le sentiment d’être une proie épiée parfois… C’est pour ça qu’elle avait l’air si détendue dans la cage au loup, enfin inatteignable. Eh… les grosses moches, les petits boudins, les vulgaires sans âme, les suspicieuses agressives, les jalouses maladives, les mal fagotées, embouchées, dégrossies, vous ne connaissez pas votre chance d’éprouver une paix royale ! Et puis on devient très con devant une belle femme, vous savez ça ? Le cerveau bégaye, la pensée déraille, la logique se délite et les goûts changent ! Tenez, moi par exemple… j’avais horreur de cette espagnolerie superficielle et gaie qu’est la danse Sévillane : eh ben quand je regardais danser Aurélie, j’adorais ça, dis donc ! Ca me passionnait… quasi… Surtout quand elle m’a glissé à l’oreille – ouais, à cause du bruit ambiant…- :
- Il y a très peu d’hommes qui dansent la sévillane, tu sais ?
Photo censurée Oh Putain, là mon sang n'a fait qu'un demi-tour... - premièrement parce qu'il ne faut jamais écrire de lieu commun, deuxièmement je n'ai pas à vous décrire mon anatomie...- j’me voyais déjà, sitôt rentré à Nîmes, passer devant la cohorte des hommes –ils auraient tous entendu sa phrase, dans mon cauchemar– qui attendaient devant le centre culturel andalou pour obtenir mon inscription de haute lutte afin d’apprendre les pas nécessaires à l’éventualité de danser un jour avec elle, les yeux dans les yeux, comme il se doit. Cours du soir, répétitions, stages intensifs, j’aurais tout fait ! J’aurais écouté des CD dans la voiture entre deux visites à domicile, j’aurais virevolté d’une cabine à l’autre, d’un patient à l’autre, d’une pathologie à l’autre, gaiement : Olé ! en zapatéant comme un fou sur la moquette du cabinet, en lisant les radiographies à la voléééé, entonnant les conclusions comme un détraquéééé : et ta vertèbre elle est soudééééé, tu vas finir tout lordoséééé, ça te servira pour danséééé, d’être si bien cambréééé et avec tes douleurs ne me fait plus chiééééééé....
Photo censurée Oh Putain, là mon sang n'a fait qu'un demi-tour... - premièrement parce qu'il ne faut jamais écrire de lieu commun, deuxièmement je n'ai pas à vous décrire mon anatomie...- j’me voyais déjà, sitôt rentré à Nîmes, passer devant la cohorte des hommes –ils auraient tous entendu sa phrase, dans mon cauchemar– qui attendaient devant le centre culturel andalou pour obtenir mon inscription de haute lutte afin d’apprendre les pas nécessaires à l’éventualité de danser un jour avec elle, les yeux dans les yeux, comme il se doit. Cours du soir, répétitions, stages intensifs, j’aurais tout fait ! J’aurais écouté des CD dans la voiture entre deux visites à domicile, j’aurais virevolté d’une cabine à l’autre, d’un patient à l’autre, d’une pathologie à l’autre, gaiement : Olé ! en zapatéant comme un fou sur la moquette du cabinet, en lisant les radiographies à la voléééé, entonnant les conclusions comme un détraquéééé : et ta vertèbre elle est soudééééé, tu vas finir tout lordoséééé, ça te servira pour danséééé, d’être si bien cambréééé et avec tes douleurs ne me fait plus chiééééééé....
Alors, moi, vous me connaissez depuis le temps, je voyais une botte de paille dans un coin et je disais à la belle brune : « Viens...! mettons-nous là …» et j’en profitai pardi, à l’écart du groupe, je… la photographiai ! La grande photo, au-dessus, là… Photo censurée C’est moi qu’elle regarde comme ça ! Vous vous rendez compte de l’effet que ça me faisait ? C’est que je suis un sensible, moi, attention, fragile, faut pas me regarder le fond des yeux comme ça : on ne se rend pas compte des dégâts occasionnés. Frontaux, collatéraux, subliminaux, j’ai l’air d’un veau. Heureusement, j’avais acheté avant le départ, une optique VR, stabilisée, sinon c’était le flou de bougé assuré. J’espère qu’elle ne va pas m’en tenir rigueur, de vous l’avoir présentée… moi, je suis pour le partage des beautés de la nature, mais bon, sachez que si elle me demande expressément de l’enlever, je le ferais. Je n’aimerais pas me retrouver en procès avec elle… on ne sait jamais avec les jolies filles… Vous l’avez sans doute vérifié lors de votre divorce, plus une femme est belle plus elle est cruelle en cas de conflit ! Mais j’en serais malheureux, mon blog, jamais, n’a eu un si joli modèle. Je lui ai demandé l'autorisation, pour tout vous dire... elle m'a répondu :
- je n'y tiens pas...
C'est pas un refus catégorique ça, vous êtes d'accord ? Elle est bien élevée quoi, elle ne veut pas spécialement se mettre en avant mais c'est différent de "non", oui ? Bon enfin... je ne vais pas tarder à être fixé....
L’après-midi, il pleuvait comme vache qui pisse et le groupe s'est réfugié dans les écuries de Leonardo Hernandez histoire de vérifier que j’étais à jeun de ma couverture anti-histaminique : la trouille que je leur aie refilé aux purs-sangs avec mes éternuements !
Du coup, tu vois ‘’GG’’, il devait y avoir aujourd’hui les photos de tes exploits en piste. Cela attendra un peu, avant de glorifier tes blessures, on rend hommage au sourire d’Aurélie qui aura baigné l’austérité des paysages de l’extremadure, de sa lumière.
Au fait, accessoirement, sur un plan purement taurin, ça y est, c’est officiel, nous détenons la preuve que l’afeïtado n’existe pas : on a retrouvé ça, chez Guadalest,
au pied d’un cajon.
au pied d’un cajon.