vendredi 20 mars 2009

TEXTE CULTE...


Ou tatouage cu-cul ?

Les Pensées du Jour...

L'Histoire est a priori amorale ; elle n'a pas de conscience. Vouloir mener l'Histoire selon les maximes du catéchisme, c'est laisser les choses en l'état.
Celui qui comprend et pardonne - où donc trouvera-t-il un mobile d'action ?
Arthur Koestler
1905-1983
Les principes sont faits pour être violés. Etre humain est aussi un devoir.
La fidélité n'avait rien de commun avec le souvenir : on pouvait oublier et être fidèle et on pouvait se rappeler et être infidèle.
Aimer, c'est se voir comme un autre être vous voit, c'est être amoureux de sa propre image déformée et sublimée.
Graham GREENE
1904-1991

EJACULAT : LES RESERVES PAPALES


Mgr Ratzinger est allé en Afrique benoîtement déclarer l’approche de l’Eglise concernant la vie rêvée du spermatozoïde irréprochable. Figurez-vous qu’il est comme nous, le Pape, contre le préservatif. Ah oui mais nous, c’est pour les toros, car comme le remarquait Camposyruedos en son temps, cela affuble ces magnifiques fauves d’un air niais quasi-incompatible avec leur statut et l’imaginaire suscité, sans parler des problèmes d’éthique engendrés par ce qui revient à une manipulation frauduleuse de l’intégrité du toro, selon les vétérinaires. Pas rien.

Le pape a donc déclaré que l’utilisation du préservatif était dangereuse et augmentait les risques de sida. Et tout le monde de s’insurger, hurlant à la contre-vérité médicale. Mais, c’est que les gens, pour la plupart, n’arrivent pas à se projeter dans le psychisme papal.
Et c’est un athée qui vous le dit. Enfin, athée, j’en sais rien… par paresse en tout cas et par grande méfiance… J’attends de mourir pour savoir, ouvert à tout ! In vivo, je pencherais plutôt pour l’entourloupe intellectuelle de grande envergure, génératrice de haine et d’oppressions et responsable de millions de morts : franchement quel bilan ! La religion depuis la nuit des temps, aura plus tué que le sida, ça c’est sûr ! ‘’Marrant’’ cette haine latente des chapelles ayant toujours prétendu prôner la tolérance. Alors on me dit : mais ça c’est pas la religion, c’est l’homme ! Ah, ben oui et alors ? C’est quand même à lui qu’elle s’adresse, non ? Et quand on voit dans les tribunes d'un stade l’effet sur le supporter de l'appartenance à telle ou telle équipe, on comprend mieux les ravages du pré carré des croyances inébranlables ! Aussi, me suis-je toujours méfié des religions et quand des prédicateurs ambulants sonnent à mon portail, ils sont vite reconduits car à ce sujet je suis très prétentieux : je n’aime pas qu’on m’indique comment penser. Rien que leur style vestimentaire me débecte, tiens d'ailleurs !
Et le système est mal conçu aussi ; puisqu’il est basé sur le péché et la pénitence, c’est en enfer qu’il faudrait envoyer les vertueux, qu’ils souffrent d’approcher enfin quelques diablesses car en tant qu'hommes, ils ont sûrement été plus hypocrites ou refoulés que vertueux, allons ! Il suffit de lire dans la presse les scandales sexuels qui secouent parfois le clergé… je n'échafaude pourtant pas la première crucifixion... mais comment pourrait-il en être autrement ? Ce ne sont que des hommes, eux aussi.
Et c’est au Paradis qu’il faudrait envoyer tous ces aficionados-gastronomes, jouisseurs impénitents, amateurs de plaisirs variés pour qu’ils s’ennuient à mourir, éternellement, épurant leur âme parmi d’insipides anges asexués.

Je prétends pénétrer le psychisme papal ! Oui, la manipulation du préservatif est plus dangereuse et risquée que l’abstinence, c’est une évidence ! De plus, il serait un expert, il saurait qu’en Afrique un préservatif se prête et peut servir à toute une pena ! C’est ce qu’il dit, Benoit XVI, et c’est imparable, mais personne ne veut comprendre. Vu sa situation, il lui est impossible d'encourager les rapports fréquents seulement motivés par ‘’la passe plaisir’’…
‘’C’est l’amour qui passe’’ vous lancent les jeunes femmes à travers la porte de votre chambre d’hôtel en Afrique… Alors, passez et... trépassez ? Non… mais le pape se doit de promouvoir un autre type de rapport, plus profond, basé sur l’admiration et la confiance réciproques, l’attente et la fidélité, soit un comportement moins enclin à la sédation rapide des pulsions sexuelles ordinaires, (rien que de l’écrire ça me fait de l’effet…) il est donc bien dans son créneau. Le schisme est philosophique : ce point de vue est celui qu'il préconiserait… une sorte d’idéal catholique… vers lequel tout appendice devrait tendre... encore faudrait-il que nous soyons tous animés d'une noble spiritualité, d'une sagesse infinie, tous capables de nous nourrir de concepts vertueux éloignés des innombrables friandises coupables et autres tentations charnelles. C'est vers ce point de vue sans doute que la théologie nous guiderait… si seulement on s’adonnait inlassablement comme des moines, - enfin plutôt des pasteurs, (hé,hé…) -, à cette recherche. Or nous ne sommes que de pauvres pécheurs faillibles et parfois si sensibles à un manque d'amour inconditionnel, que par l'adoption de ce point de vue, serait enfin jugulée notre douleur de vivre avec toujours, par ailleurs, la proie d'un désir qui nous taraude. (j'explique bien, hein...?) Je ne suis donc pas offusqué que le rôle du pape se cantonne à indiquer la température de couleur de la lumière du bout du tunnel : on n’a jamais prétendu que la voie de la spiritualité était facile. Frère Benoit est dans son rôle. Par contre qu’un médecin catholique tienne les mêmes propos serait proprement choquant, bien sûr.

Le hic, quand même, c’est cette exigence un petit peu surhumaine… préférer croire à la très hypothétique possibilité pour un homme de s’élever à un tel niveau de sagesse au détriment d'un risque vital avéré pour des millions d’autres qui en sont incapables : quelle responsabilité Mgr Ratzinger, je n’aimerais pas être à votre place quand vous priez ! Mais bon, puisque après tout vous êtes en communication directe et privilégiée avec le Tout Puissant, vous devez bien vous arranger.


Au fait, y-a-t-il une position officielle de l’Eglise concernant la corrida ? Je n’en connais pas mais je remarque que les pays qui lui sont favorables sont catholiques. C’est logique, il faut vraiment croire aux miracles pour s'y rendre encore. Si un pape de la ''bien pensance'' nous conseillait de ne plus fréquenter l’arène, nous en serions aussi inhibés qu'un spermatozoïde par la lueur émouvante perçue dans l'oeil d'une femme désirée.

Alors tentez plutôt, votre Sainteté, un aphorisme original, tout de crudité consensuelle :
Ne baisez plus, mécréants, faites l’amour, c’est plus jouissif !
Et déjà, quels progrès vous noteriez !!! Mais bon… qui, à part les allumés de Dieu pour supporter qu’on leur dicte leur propre conduite ? Et en ces temps de disette spirituelle et de crise de foi, peut-être vaudrait-il mieux accueillir les brebis les plus égarées que de les chasser en les triant sur le volet ?
BÔOah d’t’façons, t’sé, j’disais ça comme ça en passant, un billet d’humeur inspiré par l’actu, quoi…
(digression : lorsque j’écris ‘’t’sé’’, Gina m’envoie un email des USA pour me dire : Marc, il y a une faute, il faut écrire ‘’t’sais’’ ! C’est fou, non ? et si j’aime la zique phonétik des mo môa t’sé ? ben elle prend la mouche, Gina ! (tsais-tsais of course)
Sinon je me suis considérablement rapproché du Paradis l'autre jour : j’ai fait ma BA, j’ai emmené un moine bénédictin de Nimes-ouest à Nimes-est. Si ! En stop. Avec la robe noire et la tonsure et la croix argentée sur la poitrine. Super sympa ! Ce type avait rédigé une maîtrise de physique, avant de rentrer dans les ordres, (cela pourra toujours lui servir pour en sortir plus facilement ) on a parlé de la crise, de la vie, etc... court mais intense ! Et bien , vous savez quoi ? Il n’est pas impossible que j’aille faire une retraite de quelques jours dans son monastère ! Ca vous en bouche un coin, hein ? Loin de tout, près de soi, sonder un peu son for intérieur, manger peu et en silence en écoutant l'évangile selon Saint Marc, se promener tout seul dans la nature (en fumant un gros cigare qui ne ferait plus chier personne), assister ou non aux offices, loin des femmes et des toros, des saveurs, des couleurs et du brouhaha, des polémiques taurines de la blogosphère, se coucher avec le soleil, se lever avec les poules, n'en manger aucune, pas de pub, de TV, de PC, de MP3 et 4, d'Ipod, de bluetooth, de Wifi, de DS… ah ? Hein ? Eh oui, je suis comme ça, moi : multiplier les expériences avant de mourir ! Et pour écouter sa petite voix intérieure, celle qui se met à l’écriture, ce doit être le top non, tout ce silence épais ?

photo issue de la campagne de pub des préservatifs Billy Boy

dessin humoristique emprunté au site http://www.hammam-ensa.com/

mercredi 18 mars 2009

Tienta dans les Alpilles


Comme certains qui s’imaginent qu’un aïoli se prépare en ajoutant de l’ail à une mayonnaise, beaucoup pensent que toréer c’est enchaîner des passes avec style, et beaucoup d’autres encore feignent de le croire, prétendant au passage qu’il n'y a pas d’art sans transgression des règles, histoire de le justifier. Si ce fut vrai pour les impressionnistes face au dogmatisme des écoles classiques, ce pourrait être le point de départ réjouissant d’une philosophique digression en matière tauromachique. Mais ce sera pour une autre fois.
On peut se demander si l’inculture de jeunes toreros ne va pas jusqu’à nier carrément la notion pourtant élémentaire de ''mettre la jambe''. Remarquez, tout concorderait : nombre de toros sortant des chiqueros pré-dominés, l’esthétisme serait le seul souci, le seul objectif à atteindre. Et j’en viens à penser de plus en plus que, dans certains milieux, outre une boutade, c'est un acquis de base. Il est des anecdotes édifiantes, nous le verrons plus loin. Il apparaît le plus souvent qu’il est devenu inutile de déterminer la structure logique d’une faena pour parvenir, dans une progression calculée, à dominer l’animal, et l’on cherche à placer d'emblée le sempiternel enchaînement dont la prestidigitation en cas de succès, démontre alors la maîtrise. Ensuite, déplacement aidant et effet de style dissimulant, la jambe de sortie est effacée face au "référentiel taurin'' à éduquer. Bien souvent, la seule passe engagée, suerte chargée, jambe en avant, débute la série jusqu’à l’étirement arrière total, n’obligeant donc en aucune façon la trajectoire de la charge, mais facilitant au contraire son évitement. Ces séries sont copieusement applaudies par la grande majorité d’un public qui, à la sortie des arènes, vous taxe d’une sorte d’intégrisme snob, boudeur de plaisir :
''Comment ? Mais tu n’as pas vu ? Tu parles bien d’aujourd’hui ?...Tu y étais au moins ?''
Dans le petit matin encore blême, que le soleil printanier transperce difficilement, une petite arène de campo toute pimpante de ses planches de bois fraîchement remplacées, abrite trois toreros. Un retraité, Victor Mendez, un d’alternative de peu de contrats et un novillero. Les deux derniers bien gominés. Sur un sable neuf, ratissé comme un jardin japonais dont l’ambition présomptueuse serait de vous ramener à la paix intérieure, ils esquissent à tour de rôle avec le même sérieux qu’un jour de corrida, des passes calmes, indolentes et douces. Calé au soleil, j’entends le frottement du tissu lourd sur le sable propre. Un chuintement qui berce, accompagnant la léthargie à laquelle nous soumet ce soleil quand il nous sort doucement de l’hiver, et on s'y abandonnerait volontiers, réchauffé par la douceur du bois tiède, contemplant vaguement les typiques enrochements de calcaires blancs qui affleurent partout dans le paysage des Alpilles.
Mais la première vache sort, trait noir qui jaillit, bousculant le bel ordonnancement des traces symétriques du ratissage d’un méthodique anonyme aficionado à la ''zénitude''. Après deux rencontres cloutées par le piquero maison, Victor Mendez sort, un peu enrobé, grisonnant, volontaire, grisé aussi par l’événement ; il se régale de toréer et se donne au maximum dans toutes les situations. Après avoir passablement fatigué la vache, il la laisse en pâture aux jeunes loups que sont censés représenter ces toreritos qui ont tout à prouver. Changement de registre, les loups n’ont pas faim, ne dévorent point mais suçotent du bout des lèvres, toréent selon l’époque, pour le miroir, peut-être complexés par l'énergie du ''vieux'' à moins qu'il ne soit de mauvais goût de se commettre à de tels enthousiasmes.
A la troisième vachette, Victor n’en peut plus, il bout et tel un volcan qui a fait sauter son bouchon, refait irruption dans le rond, crache son magma, brûle de sa foi les penchants tièdes du toreo moderne :
''Mais qu’est-ce que tu fais ? Où elle est ta jambe ? On la voit pas ! Avance-la ta jambe contraire ! Tu l'effaces plutôt ! Elle est toujours en arrière ! Regarde ! Donne-lui envie de charger ! Tu le fais à la première, pourquoi tu continues pas ? Donne-lui envie ! Déclenche-la, avance dans son terrain ! Mets la jambe, putain !''
Dans la foulée, Victor lui a arraché la muleta et pétri d’aficion, démontre. Il torée, ''s’engraine'' et se régale. Pourtant, des trois, c'est lui qui pourrait être blasé et fatigué... Des toros, lui, il en a tué des centaines et pas des moindres, écumant toutes les plazas où l’on servait les plus retors. Il ne m'a certes pas toujours régalé, mais le coeur à l'ouvrage et l'aficion au corps ne manquèrent jamais. D'évidence, il a conservé intacte l'énergie du combattant. Les jeunes loups, faméliques - on sait maintenant pourquoi -, esquissent un sourire gêné de pucelle courtisée.
Victor Mendez, hors de souffle, hirsute et dégoulinant de sueur, regagne l’abri de planches par le burladero où je me tiens, me croise, se frotte à moi dans l'étroitesse du passage. Je sens son odeur, sa chaleur, son essoufflement, son effort qui oblige au respect ; je croise le regard d'un faciès trahissant encore l’état de concentration, d'investissement et de détermination qui l’habitait devant la vache, l’oeil un peu fou d’une lueur fixe. Il est de constitution moyenne mais après sa prestation, il me semble très grand et imposant. Il flotte en sa faveur comme un mélange d’acquiescement admiratif et de consternation pour ''qui-vous-savez’’, les deux autres, dont la moindre des mèches est toujours impeccablement solidaire du reste du scalp. Un grand torero a dit un jour que le summum de la maîtrise était de toréer sans le besoin ultérieur de laver son costume et de se recoiffer… Ces toreritos ont dû le croire, en oubliant le détail qui tue : c’est un objectif de fin de carrière ! Il ne s’atteint qu’après moult roustes, tampons et déchiquetages ! Qu'après quelques mètres de cicatrices, quelques admissions hospitalières, quelques infirmières séduites.
Des applaudissements éclatent soudain et l' évidence pour tout le monde, c’est qui est torero et qui ne l’est pas et vraisemblablement ne le sera jamais. Le pellizco, c'est Victor-le-matador qui nous l'a refilé.

samedi 14 mars 2009

UN JOUR JE PARLERAI MOINS






On ne le verra plus dans le Vercors sauter à l'élastique, ni voler des amphores au fond des criques, il ne fera plus la cour à des murènes, il ne fera plus l'amour, il fait le mort désormais.
Alain Bashung nous a quittés.
photo france 2

vendredi 13 mars 2009

POURQUOI ALLEZ-VOUS VOIR LES CORRIDAS ?

je me souviens de l'émotion ressentie quand ce texte me parvint. Ce soir, le lisant à nouveau, le frisson qu'il m'inspira est intact. J'aborde ici la révélation de ce qui sourdait bien souvent en moi alors qu'il semblait que tout autour on ne fêtait qu'une réjouissance gratuite. C'est pour ce genre de texte que j'ai posé la question pour savoir, une fois la fête passée, ce qui restait dans l'intimité du psychisme de chacun... En découvrant cette sensibilité j'ai su pourquoi des amis d'enfance comme Nicolas, ou des amis compagnons de tendidos comme François, Jeff, Serge, Gilles, Bernard, Raoul, Renée, Yannick, Frédéric, etc ou même des amis tellement récents que je ne les connais pas encore comme Xavier et Laurent (à peine) ou Ludo (pas encore) ou toi, Jean-Philippe Sauvage auteur de ce magnifique texte, j'ai compris pourquoi ceux que j'admirais comme Martin, Deck, Durand, Montcouquiol, que je les connaisse ou pas, étaient mes frères de sensibilité : parce que tous avec amour et respect, mettaient le toro au centre, trouvaient dans la fascination de ce fauve et la vérité de son combat des réponses qui touchaient à l'universalité. Alors, vu qu'on est des hommes, je ne vous tomberai jamais dans les bras en vous disant que je vous aime, mais, tiens, avant qu'on meure, vous l'aurez au moins lu ici une fois...
''Garapito'' et notre mort en ce ruedo
Jean-Philippe Sauvage


Le toro non fixé, s’est désintéressé de tout le monde. Il a longé la barrière et s’est dirigé vers le picador de réserve auprès duquel se trouvait le Romero. Personne n’a bougé attendant que le matador qui actait reprenne le toro, mais celui-ci ne l’a pas fait. Le toro a fini par arriver sur le Romero qui se trouvait derrière le cheval. Curro Romero qui espérait jusqu’au bout l’intervention de Mora ou de sa cuadrilla, a ouvert sa cape au dernier moment. Au sortir de la véronique, le toro s’est retrouvé sur le cheval qu‘il a encorné au ventre. L’équidé s’est écroulé et le toro l’air de rien, a continué sa route. Panique dans le ruedo ! Curro Vasquez reprend les choses en main et ramène le calme en piste. Pendant ce temps, les areneros essaient de relever le cheval qui baigne dans une mare de sang. Peine perdue, ils renoncent. Un peon puntille alors l’animal pour abréger ses souffrances. En coulisse, on ne trouve pas tout de suite une bâche pour recouvrir, comme le prévoit le règlement, le cheval. Quant au plomb servant à lester celle-ci pour qu’elle ne s’envole pas sous l’effet du vent, si on en a gardé, il doit se trouver au musée. La course se poursuit. Le cheval enfin bâché, repose prés du burladero où il est tombé. A un moment, il se remet à bouger. Ses postérieurs s’agitent comme si, dans un dernier effort désespéré, il voulait repousser la mort. Voyant alors que son office a été mal exécuté, le puntillero enfonce à nouveau sa dague ''en cherchant bien'' pour être sûr, cette fois, de donner la mort. Un murmure dans la plaza a accompagné ces derniers gestes. Ceux du cheval et ceux de l’homme. La course ne s’est bien évidemment pas arrêtée pour autant.
Puis, une fois le toro évacué par l’arrastre, les mules viennent chercher le cheval. Tout Madrid est debout pour lui rendre un dernier hommage. Il sort, tiré par le train d’arrastre, sous les applaudissements, et il s’en faut de peu pour que monte de milliers de poitrines le cri de « Torero ! ».
Quand meurt Montoliu, le cœur ouvert comme un livre par la corne d’un Atanasio Fernandez en plaza de Séville, le père du torero dira :
''Le toro, c’est aussi cela''
Le toro doit donner du bonheur à M. Bonijol empresa de caballos, mais si un jour, un de ses chevaux mourait en piste, il se grandirait en employant les même mots, malgré sa douleur, car je sais qu’il aime ses chevaux, mais aussi la corrida. Je ne suis pas scandalisé par la mort du cheval, je la déplore. Je ne suis pas scandalisé par la mort du torero, je la déplore. D’ailleurs, entre nous, personne n’est scandalisé par celle-ci. Comme si, le toro dans une arène, pour faire plaisir au respectable d’icelle, s’abstiendrait de blesser ou tuer, se retiendrait, et, après un moment d’hésitation s’écrierait tout confus : ''excusez-moi !''
Nous ne sommes pas scandalisés par la mort d’un toro. Cependant, quand meurt en Vic-Fézensac ''GARAPITO'' toro de Palha, c’est pour moi un déchirement. J’aimerais que s’arrête le temps pour admirer encore cette alegria, pour voir encore vivre ce toro pour un combat sans fin, pour une tarde sans fin. Mais je sais qu’il faut qu’il meure pour que, paradoxalement, ce soit encore plus merveilleux. Voir mourir le toro est acceptable puisque c’est souvent et depuis longtemps le toro qui est sacrifié. Nous sommes dans une société plus ou moins civilisée mais où restent dans notre subconscient tous les anciens rites, même préhistoriques. Le cheval n’a jamais été sacrifié : il rendait une fois dressé, beaucoup trop de services à l’homme pour qu’il n’imaginât, à aucun moment de le supprimer. L’homme a pu succomber au culte de Mithra dans lequel à un moment donné le sang du toro immolé est versé sur le disciple pour que ce dernier acquière la force et la vitalité prêtées à l’animal (taurobole). Mais je n’ai jamais entendu parler d’un culte où il était fait de même avec un cheval (hippobole ?). Que le toro meure est acceptable. Mais le cheval, lui, n’a rien demandé. Quant à l’homme, le pauvre, il faut le respecter puisque il se met devant notre fantasme de triomphe. N’émettons alors aucune critique puisque rôde la mort. Taisons nous. Respectueux, humbles et muets, laissons après tout faire même l’inacceptable puisque la mort… Allons, regardez plutôt, tentez d’analysez le toro et la cornada sera peut-être évitée.
Je ne suis pas non plus scandalisé disais-je, par la mort du torero. J’ai perdu le ''Nimeno II'' quand il croisa la route de ''Panolero'' de Miura. J’ai mal. Mais, tout aussi paradoxal que cela puisse être, des toros comme ''Panolero'', j’en redemande même s’il y a danger qu’ils me prennent mon torero. Finalement, comme je le remarquais déjà, la corrida en est arrivée pour moi au stade du déchirement. Je l’accepte jusque dans ce que la mort peut avoir de plus bouleversant, de plus irrémédiable. Certainement que ce drame me fait comprendre et saisir beaucoup de choses. Bien assis sur mon gradin, je n’ai plus les pieds qui freinent pour arrêter ce je ne sais quoi ou qui. Je ne ressens plus la peur. Je ne frissonne plus d’effroi. N’allez cependant pas croire que j’attends ou appelle de mes vœux l’accident. Non. Mais quand il arrive, je le reçois sereinement, comme s’il ne pouvait en être autrement à certains moments, pour que vive, malheureusement ou heureusement la corrida de toros. Peut-être après tout, que celle-ci me fait accepter la mort pour mieux me préparer à une prochaine naissance. Et non pas à une prochaine renaissance. Car la corrida ne recommence jamais. Elle n’en finit pas de commencer. Après les clarines sort un nouveau toro. ''GARAPITO'' ne ressortira jamais. Et c’est tant mieux. Comme il ne sortira jamais de ma mémoire. Je reste avec ce grand bonheur fragile qu’il m’a donné un lundi matin de Pentecôte. J’ai peut-être eu de la chance.
Une acceptation de la mort. Comme si cette dernière faisait, peu à peu, moins peur. Pendant environ deux heures, je vis avec elle. J’exagère ; je la vois seulement rôder. Normalement, elle n’est pas pour moi. Comme si notre passage sur terre n’était qu’une lidia plus ou moins brève pour apprivoiser la mort. Pour la comprendre. L’appréhender. Résoudre cette inconnue vers laquelle il nous semble, du moment qu’elle se rapproche, aller de plus en plus vite, bien que les ans, les jours, les heures et les secondes restent imperturbablement les mêmes. Alors la mort devient un passage comme un autre. Et s’il importe à l’homme de laisser une trace de son passage sur terre, c’est sûrement fait.
''Paquirri'', ''Yiyo'', d’autres bien sûr, restent en nous. ''Garapito'' de Palha, ''Puntillo'' de Maria Luisa Dominguez Perez de Vargas, l’encierro de Isaias y Tulio Vazquez Roman à Vic en 1990, quelques autres aussi, sont en moi. Ils vivent à jamais. Un jour je vivrai à jamais dans la mémoire de certains malgré mes faiblesses et mes imbécilités. Du moins, je l’espère un peu. Ils seront libres de faire cette démarche, tout comme je suis libre de la faire ou non, de garder ou non, quelques souvenirs dans un coin de ma mémoire sélective. Donc, en fait, il y aura toujours quelqu’un pour se souvenir. Quiconque laisse donc une trace aussi infime ou controversée soit-elle.
Mais il y a cependant quelque chose de drôle : si nous apprenons à ''lidier'' la mort, à l’apprivoiser, ce n’est pas nous qui, comme le matador, portons le coup d’épée. Notre lidia nous prépare à le recevoir alors que le matador lidie pour lui, donner le coup d’épée avec le plus de sécurité possible. Nous, au dernier instant, endossons le rôle du toro. C’est nous qui nous retrouvons cadrés, qui baissons la tête, aplomados mais sereins, rendus mais pleins d’amour pour ceux que nous quittons. ''Garapito'' m’a quitté plein d’amour pour moi. Ne riez pas !, parce que c’est vrai qu’il en avait de l’amour pour moi, puisqu’il m’a fait pleurer et me fait pleurer encore. Ce ne peut être autrement. Il ne pouvait que m’aimer pour me donner ce qu’il m’a donné, un éternel bonheur.
Mourir ce n’est rien, comme disait le poète. La belle affaire ! Le plus dur c’est de se préparer au dernier instant, pour, au moment du passage, rester digne et ne pas proposer un quelconque spectacle affligeant, signe de notre défaite. Rester digne pour offrir à ceux qui restent la sérénité d’une absence programmée. Offrir pour apaiser leur douleur. C’est ce que mon grand-père m’a offert, finalement. Nous a offert. En grand. Je me rends compte aujourd’hui, à la veille de mes quarante ans, que sa mort fut pour nous un cadeau de la manière sereine dont il l’a menée. Ce fut son dernier message terrestre que je commence à comprendre maintenant au travers de la corrida. Emotion. Révélation au travers des toros.
''Revelarse'', disent les espagnols pour un toro qui se grandit sous la pique et dont personne n’aurait pensé qu’il puisse le faire quelques secondes auparavant. Révélation, grâce ou à cause de la douleur.
La corrida ferait-elle que j’arrive à vivre la mort d’une autre manière ? Serait-elle le catalyseur de mes interrogations pour mieux appréhender le caractère inéluctable de ma propre mort et de celle de quelques autres ? Ce ne serait pas rien. Mon passage sur terre serait ainsi plus vivable une fois éliminée la phobie de la mort, pour, sans par ailleurs l’appeler, la sublimer. On en revient toujours au même. Ce sentiment latin de sublimation de la mort, si difficile à saisir pour nous gens du Nord, mais que nous ressentions aussi au 16e siècle et que nous avons oublié pour le noir des ténèbres et du deuil. La corrida c’est la lumière de cinq heures du soir. La lumière à tous les sens du terme, en tant que révélatrice. La corrida met la mort en lumière, lui ôte les ténèbres dont nous la parons parce que elle nous fait peur, parce que nous la trouvons ignoble ou horrible, parce que nous la fuyons.
Tranquillement assis sur mon gradin, j’ai, en face de moi, la révélation de la vie. De ma vie. En pleine lumière. Alors si la corrida réussit à me conduire vers ces contrées paisibles, je crois qu’un grand pas vers la sérénité de l’esprit aura été, grâce à elle, accompli. ''Garapito'', combat avec alegria, sans se douter que la mort est au bout de sa course.
''Garapito'', lutte contre la mort avec alegria parce qu’il est toro. ''Garapito'', meurt avec alegria et me donne la leçon. Tout comme mon grand-oncle. Vivre et mourir avec alegria. Pour mieux continuer à vivre ensuite. Non pas pour renaître mais pour vivre encore et toujours. Mon grand-oncle aimait la vie et la vécut avec alegria. Comme pour ''Garapito'' de Palha. Tous deux vivent encore. Et ils vivront après moi puisque restent les écrits. Il le fallait : que ce que la corrida me dit soit accompli !
Le premier trophée ''TIO PEPE'' fut décerné au n°201 de Palha. A ''Garapito''...

jeudi 12 mars 2009

SOIREE SEXISTE A L' IT

N’importe quoi : elles écrivent de toros maintenant ! On est plus tranquille nulle part, même au bistrot, au rugby ou à la corrida, elles nous scotchent ! P’tain je vous jure, fais chier ! A la corrida l’autre jour, y’en a une, elle me tapote l’épaule et dans l’illumination hypocrite de son sourire pseudo tolérant elle me distille, mielleuse :

- Pardon monsieur, vous pourriez éteindre votre gros cigare ?

Quelle inculture… ! Elle est pas belle celle-là ? Eteindre un cigare à la corrida ! Mais reste devant ta télé, à stimuler l’accumulation des acides gras poly-insaturés dans ta culotte de cheval, tu sais, comme celui que tu hues quand il rentre avec le gros monsieur qu’est vilain avec le gentil toro ! On t’a pas brancardée de force pour venir jusqu’ici que je sache ! Occupe-toi en exclusivité de ta mytose adipocytaire en bâfrant tes macarons et laisse-nous étudier les caractéristiques de cet encaste auquel tu n’entraves que oualou ! Quelle inculture crasse que de demander l’extinction d’un module de grandes feuilles mythiques de la Vuelta Abajo ! C’est ça ma chérie, j’en parlerai à mon torcedor quand j’aurai le temps ! Merde, alors !

- Non.

Que je lui rétorque distinctement, élégamment, sobre et déterminé… en me roidissant d’une imperceptible contraction des haubans musculaires para-vertébraux qui, pour êtres longilignes n’en sont pas moins d’une remarquable tonicité, ce qui me donne tant de prestance dans la posture quand je fume tandis que je pouffe avec distinction la volute de fumée suivante vers le ciel, de l’air inspiré de l’écrivain qui va extorquer de la singularité de son bel esprit, la phrase immortelle…
Alors là, mes aïeux, qu’est-ce que j’avais pas dit ! J‘me suis fait traiter de tout ! Mais alors… de tout : Que mon cigare était à l’évidence un substitut phallique dont la taille devait être inversement proportionnelle à la longueur de mon pénis, que ma mère aurait dû se trouver honteuse d’enfanter un tel goujat, qu’il faudrait que je m’étouffe avec, et patati et patata… elle trouvait plus ses mots tellement elle en cherchait d’évocateurs ! C'est-à-dire qu’elle posait la question mais d’évidence n’admettait pas d’alternative, voyez ? Et comme son mari lui obéit à la maison, elle en était toute retournée de cette opposition scandaleuse.
Me retournant, je lui ai confirmé que tant qu’elle resterait mon horizon visuel immédiat, mon pénis par ailleurs si doux et performant, doux comme la cape soyeuse qui emballait mon cigare et performant comme (bon, enfin, abrégeons malgré le souci de véracité qui anime ce compte rendu, inutile de créer des frustrations) ne risquait effectivement pas de frétiller vers la moindre expansion majestueuse (quelle constante plus prégnante pour un écrivain que d’ambitionner sans relâche de locuter précis ? mmm ? ) et pluriquotidienne qui est à même de le caractériser, pourvu que la science des stimuli soit parfaitement maîtrisée par la partenaire à combler de bonheur indicible, et puis, je lui ai soufflé dans le nez une putain de mega bouffée de Montechristo n°4 micronisée, version aérosolique ultrasonnée qui a pénétré le lobe troisième du nom et inférieur gauche du poumon droit jusqu'au tréfonds du segment termino-basal de Jackson-Huber qui l’aura dégoûtée en une inhalation, du délabré Cuba et de son caudillo, toute militante de gauche caviar qu’elle était ! Elle en tousse encore…
Eh ben maintenant elles écrivent de toros ! Si ! Voyez-vous ça !!! J'vous demande un peu ! Pitié pour nos vessies ! Est-ce que nous, par exemple, nous rédigeons des traités tels que ‘’Comment réussir sa gelée d’arbouses ?’’ ou bien ‘’Le Boutis en trois leçons’’, hein ? Non. Qu’est-ce qu’elles y ‘’capitent’’ au toro ? Mmm ? Taureau d’ailleurs, elles l’écrivent…. ! Wouarfff ! Et le plus beau, elles se réunissent entre elles ! Faudrait p’têt y aller en ‘’Tootsie’’ ou carrément se faire émasculer tant qu’on y est ? Alors voilà, JEUDI 19 MARS à partir de 20 H à l’IT restaurant, rue Auguste à Nimes, y’aura que d’la souris, d’la meuf ,d’la gonzesse, d’la poulette, que d’la prose utérine, de la logorrhée gynoïde, d’la considération matriarcale, lue, toujours par des femmes évidemment, on allait pas faire rentrer le loup dans la basse-cour ! Tout le monde aurait admiré sa robe. Bon alors comme dit l’autre, me concernant, du rimmel aura coulé sur les ridules oculaires de ces ‘’jeunesses’’ avant que j’y emmène mon puro de Cuba ! Et d’abord, Le Guellaut, pourquoi qu’on l’a pas invitée elle, hein ? Oui, Catherine, la régionale, là, libraire sur Arles, à trente-cinq kilomètres, elle avait piscine ou quoi ce soir là ???
Remarquez, allez-y vous, sûrement qu’elle écrit bien Nadège Vidal, sinon Verdier hein, éditeur exigeant s’il en est, ne l’aurait pas prise, pensez… Moi je lui avais bien envoyé une ou deux nouvelles à Mariou en lui demandant si par hasard ça lui donnait envie d’en lire d’autres, mais nada, pas même répondu un non massif ou dédaigneux, rien, comme si je n’existais pas… Vous vous rendez compte du préjudice pour un lego de nécrivain ? Une fois, je l’ai entendu dire qu’il détestait qu’on dise que l’Edition ne répondait pas aux auteurs : ben alors, ch’ti pépère, réponds ! Car nous autres, éconduits, non plus ! Il pourrait répondre, qu’on reçoive enfin un retour autorisé qui nous changerait du ‘’GENIAL’’ des amis et du ‘’N’IMPORTE QUOI’’ des aigris, un retour qui serait compétent, qui nous en apprendrait sur nous-mêmes, qui nous indiquerait dans quelle direction travailler. Je sais pas moi, un truc chaleureux et personnalisé genre :
''Votre manuscrit matricule 5278 n’a pas été retenu pour inadéquation à notre ligne éditoriale’’. Déjà, ça mettrait du baume au cœur.
Et Séverine Gaspari, elle a pas un gentil regard tout doux, peut-être ? Il paraît, mais ce sont des bruits de chiqueros, hein, qu’elle et moi, lors de la précédente édition du prix Hemingway, on se frôlait…. Rrrrouououuuuu….. on était au coude à coude, épaule contre épaule…. Tout près l’un de l’autre… la victoire devait se jouer entre nous…, coucou Séverine, c’est moi… alors moi, ça me flatte parce qu’elle est agrégée de lettres quand même… paraîtrait que cela n’a rien à voir avec le génie de l’écriture… je veux bien… mais ça peut pas nuire quand même, si ? Ouais, enfin tout ça pour que Zocato, outsider publi-relationnel jovial et conférencier truculent et consensuel (le genre Domecq ‘savez… pas un Santa-Coloma…) nous coiffe sur le poteau ! (je dis ‘’coiffe’’ mais je pense ‘’baise’’…) Avec son pastiche de quarante mots… Pfff si c’est pas malheureux, le prix Hemingway remporté par un plagiaire ! Ah ben si… regardez dans le dico, le pastiche, c’est constitutif du plagiat ! Ca fait chier, hein ? Quoi ? Je suis mesquin, rancunier, je l’ai en travers depuis un an ? Meuh non…. Pffff… m’en fous…. Quoique, putain, quatre mille euros, c’est pile-poil ce que m’a coûté l’entourage de bois de ma piscine, cette année-là…(que je suis vulgaire !) J’espère au moins qu’elle était gérée, la forêt exotique ! C’est bizarre, Séverine j’ai l’impression qu’elle s’appelait Gasparini et non Gaspari : elle n’aura pas voulu finir sur une négation peut-être… Gaspari ça tend vers plus loin, c’est ouvert, qu’est-ce qu’il a fait Gaspard, hein…i ? Tandis que Gasparini ça retombe, c’est fini. Mais, je crois plein de choses qui n’ont jamais eu lieu… Un autre truc très contrariant avec le prix Hemingway, c’est que j’ai beau être intimement persuadé que je ne le remporterai jamais, ça me retient quand même un peu. Parce que moi, le week-end de Pentecôte j’aime aller à Vic. J’aime pas plaindre les toros. Donc c’est parfait, en début de semaine on voit des bons toros sur Nimes et quand les toros pour Parisiens débarquent, je me fonds dans le rural, dans le foie gersois pendant que tout le monde s’échange sa carte de visite à l’Ipé en sirotant les coupettes de champ’ à dix roros. Ah non, pardon… l’Ipé c’est le bois de ma piscine… l’hôtel c’est l’Impé. Oui parce que ‘’Impérator’’ c’est trop long à prononcer en temps de féria. Il a raison, Philippe Val, ce sont des avinés les aficionados, on va pas lui faire un procès parce qu’il dit l’évidence… même si c’est sur France Inter… Puis faire un procès à un polémiste y’a rien de plus con… Y’a qu’à voir chez les ventres bleus à Aigues-Mortes où le pastis est servi au jerrycan ! Chai pô ce que j’ai cet aprem… m’arrêterai plus d’écrire… mes patients brûlent, là-bas au fond du cabinet sous les infra-rouges... ressortent supra-rouges... j'écris, j'écris, c’est comme une prière tibétaine, en moins spirituel je le concède, ça déroule non stop, écriture automatique au fur et à mesure des idées qui affluent. On boit encore plus sévère dans le sud-ouest…. Le lendemain y’a des ‘’comme morts’’ sur les trottoirs… z’ont même pas pu rejoindre la tente des pompiers… coma éthylique, face dans les graviers. Moi, ça m’impressionne. J’ai peur des lésions irréversibles… C’est couillon je trouve… avec les soixante euros qu’ils ont bus ils auraient pu se payer une place dans l’arène, boire et manger et voir un truc plus essentiel que des filles habillées de sacs poubelles et chaussettes de rugby qui les singent pour faire la fête avec eux : quid de l’érotisme si on s’attache à gommer les différences ? Puis elles sont costaudes hein, les meufs là-bas … c’est pas des lianes… t’as pas intérêt à leur déplaire, parce que si elles te mandalent… adieu l’indolence des cervicales… (vais être bien reçu moi, tiens, là-bas…) Donc faut y aller pour les toros, pour le foie et la tourtière et pour la gentillesse de l’habitant. Et sa traîtrise aussi, avec le fameux pousse-râpière presque directement injecté en intra-veineuse qu’ils t’inoculent juste avant que les condés t’arrêtent… Alors ça me retient parce que je me dis, bon, le vendredi soir, ils donnent le résultat du prix et moi si je me suis déjà élargi vers l’Ouest, c’est pas poli et pour une fois que j’aurais pu bomber le torse... D’un autre côté, cette année, vu que je viens de me mettre le petit monde de l’édition à dos dans cet article…y’a de quoi être plus serein… me suis d’ailleurs pas foulé cette année pour la nouvelle… la précédente se terminait par l’arrivée des mouches, j’ai commencé là où ça finissait : par les mouches ! Et quand on sait ce qui les attire le mieux… BZZZZ, que j’aurais pu l’appeler… Avec un peu de chance, je ne serai pas finaliste, cette année. Au début, j’étais super raisonnable, je me disais, bon, vu que tu joues maintenant dans la cour des grands, des gens régulièrement publiés, si déjà t’es finaliste, dis-toi que, à ton niveau, t’as gagné ! Mais à force d’être finaliste, tu deviens gourmand t’sé ?
Vous rendez-vous compte qu’un jour, on sera battus par des femmes au prix Hemingway ? Non ? Eh bien si, les hommes, mes frères ! Alors autant aller s’y préparer pour n’en point trop souffrir, à l’IT restaurant le jeudi 29 mars à 20 H ! Moi, suis pas dispo, vous me raconterez… j’ai un module cubain à finir…. Quatre mille euros… ça fait bien mille cigares, ça… je pourrai en enfumer des cohortes d’emmerdeuses, au fil des ferias ! Y’a des meufs dans le jury ?