vendredi 4 mars 2022

Super Teasing n°8

Pré-commande ouverte jusqu'au 31 Mars : 16e au lieu de 20e Modalités en message privé sur Instagram et Facebook

lundi 7 février 2022

Teasing 7 : les dessins d'Eddie arrivent


PANRIDA :
Prolifération massive de corridas sur les cinq continents, organisées par les zoolâtres, une fois parvenue à leur conscience l’évidence jusque-là refoulée : Depuis la nuit des temps, on n’a jamais observé sur Terre, dans l’univers, le cosmos, trous noirs, exo-planètes et galaxies comprises, la moindre trace d’existence d’aucun toro bravo, en dehors des pays qui en organisent…

jeudi 27 janvier 2022

Teasing 6 : la préface

 

Franchement… vu du côté de celui qui la demande, la préface est le pire péché d’orgueil qui puisse se commettre, non ? Vous n’êtes pas d’accord ? Quand même, c’est difficile de faire pire : vous osez demander à la référence du genre, the pointure, el numéro uno, le taulier, d’écrire un truc flamboyant tout à votre gloire, saluant le génie de votre ouvrage !

Si c’est pas immodeste ça… faut un sacré culot pour penser avoir la légitimité de venir chatouiller la plume du maître à son exclusif service ! Eh bien je l’ai eu… Bien m’en a pris, il a accepté.

Jacques Durand, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a toujours eu une grande importance pour moi, à plusieurs titres. Je le lui avoue ici. D’abord comme tout le monde, par la jubilation éprouvée à le lire. Chaque fois que je lisais un de ses textes, j’étais enthousiasmé par ses trouvailles et en même temps effaré de constater que jamais je ne pourrais ‘’m’approcher’’ de lui. C’est en effet pour celui qui se pique d’écrire, à la fois un bonheur – si votre moral est bon – et une inhibition – s’il flanche – de lire ses resenas parsemées de génialités.

Un jour il m’a envoyé un message :

« Alors ce blog, il se réveille quand ? »

What ? Première nouvelle, Jacques Durand me lit ? Et quand il ne le peut plus, il s’impatiente en plus ? Il déposait là une première couche de confiance en moi. Deuxième couche avec vernis durcisseur incorporé, un jour dans un de ces textes – j’aurais du le découper, le plastifier, l’encadrer – il faisait allusion à moi en ces termes :

« l’écrivain nimois Marc Delon… »

P’tain la coïncidence, j’ai un homonyme dans ma ville… me suis-je surpris à penser spontanément… avant de me rendre compte qu’il parlait bien de moi.

What ? Écrivain, moi… ? Il n’avait pas l’air de se moquer en plus… Hahaha… bref d’un seul mot il venait de m’aider à endosser un statut auquel je n’aurais osé prétendre, qui planait là-haut dans la stratosphère inaccessible, non loin de la station spatiale internationale, coucou Pesquet. Et ça ne venait pas de mon marchand de patates des halles par ailleurs incollable sur la Bintje, ça venait de Jacques Durand. Cet adoubement surprise avec vernis permanent brillant et durcisseur intégré m’aidait à croire en moi tout au fond de mon petit cœur tout mou.

Bref, je savais ma chance d’avoir son accord pour la préface et je m’attendais bien sûr à un chouette texte. Mais pas à ce chef-d’œuvre. Cette préface est extraordinaire. Non, je ne suis pas le petit malin qui vante le truc pour sa pub même si je l’écris sous le titre ‘’Teasing’’6.

Cette préface est extraordinaire. Très au-delà de ce que j’espérais. Elle m’a époustouflé. Cela vous  sera facile à vérifier par ce petit exercice de français :

Quand vous aurez ce livre en mains, lisez-le sans passer par la case ‘’préface’’, digérez-le, puis imaginez qu’il vous incombe de l’écrire… allez, on s’y met, la soupe est avalée, la table débarrassée, prenez une feuille et un stylo, rédigez…

C’est fait ? Une heure ou huit jours après, peu importe. Soignez le style, et puis le reste, fouillez vos connaissances, recrutez vos références, associez vos idées, développez, soyez inédit, original, élégant, spirituel, liez le tout avec maestria. Réserver en lieu sûr. Revenez-y. Corrigez, ciselez, reprenez. C’est fait ?

Lisez maintenant la préface de Jacques Durand.

Relisez la vôtre.

Compris ?

C’est cruel, hein ?

Je vous l’avais dit… Elle est extraordinaire.

Alors moi je dis, merci Jacques.

lundi 24 janvier 2022

Teasing 5 : le prix

Alors comme ça il paraîtrait que vous soyez si paresseux qu’il vaudrait mieux écrire directement ici, que vous renvoyer sur mon blog, vu que cliquer une fois serait trop d’effort pour la plupart. Soit. Marie avait raison, cela m’a été confirmé par le fiston. Il est donc potentiellement prouvé que je vais aujourd’hui toucher un monde fou. Bon, ok. Fou et tellement séduit ou intrigué qu’il va falloir rétro-pédaler jusqu’à ‘’Teasing 1’’ pour comprendre l’histoire. Je crains la tendinite pour vous. Au cas où, je peux assurer les soins.

Aujourd’hui, soyons pragmatique : Ce livre à venir, il lui faut un prix. Si j’espère le diffuser et si vous espérer l’acquérir, il n’y a pas d’autre solution.

Un prix suffisamment élevé pour rétribuer tout le monde, un prix suffisamment attractif pour vous permettre d’en devenir l’heureux propriétaire, un prix qui tienne compte des paramètres spécifiques qui lui sont inhérents comme la mini-micro-niche voire nano-nichette, dans laquelle il s’épanouit, mon déficit de notoriété (si, si, n’insistez pas… j’y tiens, soyons réaliste…) la connotation de brute sanguinaire rétrograde qui s’attachera à votre personne quand vous traverserez la ville avec lui sous le bras, l’accusation de beaufitude lue chez votre belle-sœur qui vote Hidalgo, le désespoir dans l’œil de votre verte fille qui vote Jadot, l’incompréhension crasse des aficionados de Sandrine Rousseau qui haïssent depuis peu un communiste non déconstruit qui a eu l’outrecuidance de NE PAS désigner le couscous comme son plat français préféré signant là de toute évidence son racisme éhonté non rassembleur de français sous-chien, de souche et ensouchés et même, même, peut-être, la honte que vous éprouverez à partager des sourires sur quelques définitions avec ce collègue dont vous savez qu’il vote pour la musaraigne qui fait rien qu’à embêter les mineurs isolés et les petits enfants handicapés…

Je sais, cette phrase est trop longue, mais, si vous marquez bien la ponctuation indiquée, vous devriez en réchapper sans oxygène. Un peu comme quand vous lirez le prix fixé.

Alors ça c’est passé comme ça, j’étais assis en face du book maker qui me disait :

-       Non, 19 quelque chose, mais pas 20

-       Ben non, pourquoi… c’est plus simple et puis j’aime les comptes ronds, moi…

-       Oui mais bon vous savez bien comment ça marche… faut déclencher le réflexe

-       Le réflexe ?

-       Ben oui, le réflexe d’achat… 20 ça fait peur

-       Ben ceux qui auront trop peur ne l’achèteront pas… !

-       C’est dommage, à 19,50 vous en vendriez plus qu’à 20e

-       Sérieux ? Et pourquoi pas 19,99 pour leur signifier que je me fiche d’eux ouvertement ? Je ne suis pas un publicitaire…

-       Bôah… les gens retiennent 19, pas les décimales…

-       Et donc faudrait que je m’ennuie à prévoir de la monnaie, à rendre de la monnaie, à gérer de la monnaie… non un billet et basta, c’est bien plus simple !

Vingt, cela m’a plu. C’est net, c’est rond, ça n’ergote pas. Je me souviens du sentiment désagréable éprouvé à casser un autre billet quand pour la première fois, je n’avais pas pu rentrer dans l’arène avec mon billet de vingt euros. L’amphi à 21 euros ça compliquait tout.

Donc, planquez un billet quelque part si vous souhaitez investir dans cet opus qui vu la petite série pourrait vite devenir collector… Avis aux bibliophiles. Les faux billets sont acceptés. Pour les pauvres, les radins et les indécis, je réfléchis à une possibilité de pré-commande à prix réduit durant tout le mois de mars.

Une objection ?

jeudi 20 janvier 2022

Teasing 4 : l'illustration

 

Pour la forme de ce type de livre, un dictionnaire, l’illustration est très importante. Elle génère d’autres sourires, elle offre du blanc, elle aère les colonnes de définitions, on se sent mieux, on respire mieux.

C’est un peu comme libérer soudain un insuffisant respiratoire de son asthme sévère. L’effort est moins grand, l’entrave de la concentration disparait, c’est comme un apport d’oxygène, on se sent tout de suite beaucoup mieux.

Mais…trouver le bon candidat pour le poste proposé, pour que les neurones d’emblée jubilent dès le premier contact visuel avec le dessin, n’est pas aisé du tout. Il faut quelqu’un de rompu à l’art tauromachique, qu’il ait de préférence des racines espagnoles et vive dans une ville taurine, il faut qu’il ait conservé de la fraîcheur, de l’enthousiasme, qu’il n’ait pas non plus oublié l’enfant qu’il était. Il faut qu’il soit doté d’un esprit joyeux capable de surmonter une époque triste et angoissante. Pas facile de conserver des élans créatifs dans la morosité ambiante. Dans un idéal rêvé, son bagage personnel comporterait encore deux énormes louches dégoulinantes d’humour et de talent, sans lesquelles les autres qualités resteraient stériles, et vous voyez bien alors, que ce candidat est introuvable. Sauf qu’à Nîmes, on l’a en rayon, l’oiseau rare, ô chance. Eddie Pons, c’est lui, surgit avec la netteté de l’évidence. Et ne croyez pas que l’on cède à une certaine facilité due à la proximité. Rien à voir.

Plutôt la certitude d’avoir en son talent, trouvé le syncrétisme de tout ce que l’on recherchait. Avec ce supplément d’âme magique en filigrane que je décèle dans son trait : même lorsque le dessin est moqueur, il y transparait de la tendresse.

Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que l’ouvrage depuis hier soir compte deux entrées qui lui sont consacrées : ‘’EDDINADO’’ et ‘’PONSISME’’ qu’il ne découvrira qu’une fois le livre paru !

lundi 17 janvier 2022

Teasing 3 : la date de parution



Ca m’est venu comme un coup de pierre : soudain, la date de parution de ce nouveau bagage en forme de mots-valises comico-taurin m’est apparue, évidente.

Ce sera le 1er Avril.

Imparable, il ne pouvait y avoir mieux pour ce livre-farce. Le fond de l’air se sera réchauffé. Les affiches de corrida auront refleuri ça et là, les aficionados – tendance derniers Mohicans – seront ‘’chauds-bouillants’’ pour parler toro et moi, si je ne suis pas intubé en réa, je pourrai enchaîner Saint Martin de Crau, Arles, etc, comme un technico-commercial s’en va prospecter avec sa voiture sa bite et son couteau (c’est leur formule…)

D’autant plus gonflé par la motivation, que j’ai reçu il y a peu un puissant ‘’découprimant’’ de la part d’Isa-du-moun la célèbre (apodo d’artiste) buraliste des bords de la midouze qui en ces termes a jacté :

« Ton livre, là… il a trente ans de retard ! »

Ben peut-être ! Seulement voilà, il y a trente ans, lo siento, je n’en avais pas encore eu l’idée, tiens pardi ! C’est torero, du coup, de le sortir maintenant. Olé.  

Vous avez compris ce que voulait dire ‘’découprimant’’ ?

En mot-valise, soit un genre d’accouplement contracté, c’est un découragement déprimant. Aaaah eh oui… sinon, no entenderas nada…

C’est pour votre formation accélérée.


vendredi 14 janvier 2022

Teasing 2 : l'auto-édition

 

L’autre jour, j’avais rendez-vous chez un book maker… Non, pas un parieur, un faiseur de livres. Nous avons discuté de tous les paramètres de l’objet :

Format : Carré ? Portrait ? Paysage ? A l’Italienne ?

Couverture : Vernie ? Pelliculée ? Mate ? Grammage ?


Papier : Couché ? Mat ? Brillant ? Satiné ? Bouffant ? Grammage ? Main ? Opacité ? Blancheur ? Rigidité ?

Nombre d’exemplaires : Rêvé ? Fantasmé ? Espéré ? Réaliste ? Pessimiste ? Discussion animée et prospective…

Prix : Ah bon ? Ouh-la ! Fichtre ! Euh ? Et sinon ? Mais pourquoi ? Allez quoi…

Une passionnante discussion donc, qui permet d’apprendre certaines caractéristiques de l’objet-livre et d’en élaborer la fabrication, ce qui permet, de l’idée j'usqu’à l’objet imprimé, de participer à sa conception. C’est très intéressant et c’est ce dont on est privé finalement quand on a trouvé un éditeur. Puisque c’est sa partie. Il y a donc des points positifs à ne pas en avoir. Il est important de toujours positiver ! En dehors du pourcentage de grosse tune qui va couler à flots bien sûr. J’ai toujours été choqué que de toutes les parties prenantes à l’élaboration d’un livre, ce soit l’auteur qui touche le moins. Quand il touche quelque chose. Un peu comme si tous les autres pensaient que bon, son ego étant satisfait, ça suffisait comme ça. Seulement il y  un hic : c’est de ‘’l’ego’’ que je donne à manger à mes enfants ? ça  se prépare comment ‘’l’ego’’ ? En basse température ? Sous vide ? Au barbecue ? N’insistons pas l’on apparaîtrait vulgaire… D'autant que les enfants sont grands et mangent chez eux. M’enfin, quand c’est toi qui paye tous les autres, ça ne l’est jamais, vulgaire… Haha… jaune, le rire. Bref, le prix de la passion, le prix de l’aficion.

L’idée de la création maîtrisée de bout en bout est très agréable et c’est par exemple ce qui m’avait plu quand, adolescent, j’avais découvert la mastu… non, la photographie argentique. De la réflexion du thème de prise de vue au tirage original en passant par les étapes du labo, on était pilote à toutes les étapes. Ce qui peut-être peut expliquer cette admiration béate devant l’oeuvre finie que seul l’auteur éprouve dans son cœur et au long des poils bien brossés de son narcissisme créatif.

Alors, en avant-première, des indications : ce sera un format à l’Italienne, en quadrichromie, papier couché lisse finition mate, couverture couleur brillante pelliculée.

Ça vous va ?

mardi 11 janvier 2022

Teasing 1 : le projet

Mais que se passe-t-il ? Ce blog endormi s’ébroue à nouveau, émet un frémissement léger, se redresse, s’étire soudain au cœur de l’hiver, pour engager une mega campagne de promotion éhontée capable de toucher à peu près 0,0001% de la population, en gros – si l’on ose ce terme  – l’infime partie de la population qui avance non masquée quant à son aficion, qui n’a jamais été vaccinée contre la taurine, cette passion indigne qui vous ostracise, vous désigne comme l’ennemi, vous classifie beauf congénital et cristallise sur votre personne toute la haine que votre belle-sœur végane nourrit à l’encontre du mâle blanc viandard non déconstruit, perdu pour l’humanité, enfin, la sienne, et vous rend plus suspect que Cédric Jubillard pour le meurtre de sa mère la terre, la Pachamama !?


Eh bien oui, car il est l’heure de promouvoir de toutes ses petites foforces le livre que je me pique de sortir bientôt – Pâques ? - dans la douleur car les éditeurs sont restés frileux, c’est dire s’ils croient à ce projet. Mais quel est-il au fait ?

Un Dictionnaire de Mots-Valise Comico-Taurin Franco-Espagnol !

C’est dire la niche… Je ne les blâme pas, donc, je les comprends même, car pour jubiler à la lecture de ses pages il faudra être super qualifié ! Il ne sera pas à la portée du premier applaudisseur d’arène venu… oh que non… Il nécessitera à vrai dire une qualif pointue genre ‘’capea + trente’’ avec grosse aficion assorti d’une licence d’Espagnol ancien, moderne, taurin et argotique. Rien de moins. Un esprit tordu mâtinerait le tout avec avantage. Ainsi qu’une sensibilité quelque peu capillo-tractée, plus un goût pour l’absurde et une inclination pour le second degré au carré. L’étude approfondie du Cossio ainsi qu’un abonnement à ‘’Toros’’ depuis un demi-siècle aiderait ; comme la lecture de Bergamin, et de Corroch… enfin vous avez saisi. Ou alors, pour les incultes totaux, les illettrés, ceux qui ne traversent jamais la rue, je me propose de les emmerder jusqu’à ce qu’ils se l’infusent, beaucoup d’humour.

Voilà, the décor is planted, comme on dit quand on a gardé sa monnaie, sa souveraineté et sa couine.

Avant de l’avoir dans les mains, lavez-vous les, car vous allez me l’acheter hein, pas d’arguments-barrière à la noix, je vous propose de suivre les étapes de la finalisation de ce projet afin que vous puissiez faire corps avec les turpitudes et autres aventures récréatives de la conception livresque d’un mec qui se spécialise dans ce qui ne se vend pas espérant devenir à peu près aussi célèbre que le facteur de son quartier, le tout, de préférence, sans perdre un euro. Mais le suspens reste entier car cela peut aussi mener à… rien, si cela coince au niveau dineros. Hahaha, passionnant, y’a du suspens !


lundi 28 septembre 2020

L'Arène de Nîmes est-elle Bling-Bling ?

 


Mesdames et messieurs, l’heure est grave : un débat, relayé par la presse écrite régionale, secoue la toile, les tendidos et les zincs, et vient nous emboucaner :

 L’arène de Nîmes est-elle Bling-Bling ?!

Ouh fan de chichourle… la question est d’importance et conditionne la crédibilité de l’aficion locale. Si je le connaissais personnellement, j’appellerais à la rescousse Michel Onfray qui s’emparerait de la question en ingurgitant toute la production bibliographique tauromachique des trois derniers siècles en 8 heures, puis pondrait un essai de 1200 pages en 48 heures, tous paramètres décortiqués. La réponse alors jaillirait dans son évidence.

Maiiiiis et je le regrette croyez-le bien, je suis loin, très loin, de ses facultés intellectuelles et de la puissance de sa pensée. Excusez donc par avance l’indigence de la démonstration.

En préalable, ce qui m’apparaît, c’est que la question est mal posée et mérite je crois cette correction :

L’arène de Nîmes est-elle Bling-Bling, Pouët-Pouët ou Con-Con ?

Cet élargissement ouvre un autre horizon… Je sens déjà tous les babaous se mettre à barjaquer… Sur Facebook, certains déjà sont montés au créneau, main sur le cœur et aficion authentique brandie aussi éperdument que des bras de morts de faim vers un pot de brandade avariée pour s’élever contre la diffamation Viardesque, atteints qu’ils étaient jusque dans leur coupe de champagne, accusant le destrussi d’arriver avec ces esquiches-merdes pour engatser le respectable.

Du coup, grosse estoumagade de fadolis pour sauver l’honneur bafoué de la plaza ''brandade-tapenade-pastaga''. Et les Bling-Bling qui, par définition, sont les plus mal placés pour s’en apercevoir, de choper les fonfonis et de lâcher à son endroit les « counas » et « counifle » d’usage. Enfin, par leurs mots à eux, plus chicos.

Oh con de Manon… le mortier sentant toujours l’aïl, la polémique revenait, on se retrouvait dans la mouscaille. Les mouligasses se roidirent ne comprenant nibe à ce patacaisse et prêts, s’ils le croisaient dans la rue Fresque, à profiter de son étroitesse pour lui coller des pastissons. Aqui n’y a proun vociféraient les pébrons ! Tout un peuple de trépadous des bars de la ville, les violes, stossis, rebabeous et autres brancassis qui sirotent leur Ricard en louchant sur les tafanaris des nines qui passent, se sentirent offensés.

Alors comment rendre notre expertise sur la question en désertant le territoire de la passion pour faire de l’objectivité, le ferment des conclusions à venir ? (là, quand même relisez, c’est technique, et ne me suis pas exprimé comme un pacoulin)

Eh bien justement, en répondant avec honnêteté à des questions simples dont tout le monde a pu apprécier la véracité pendant les corridas :

1)    Le public de cette arène applaudit-il systématiquement toute fin de série de passes même banales, profilées ou ratées ?

     OUI

2)    Est-il majoritairement réprobateur quand s’élève dans la foule une contestation aussi tonitruante qu’évidente sur l’état d’une corne ou la faiblesse d’un toro ?

 

OUI

 

3)    Proteste-t-il avec véhémence lorsque l’oreille qu’il exige est refusée malgré que ce soit  logique ? (désarmés fréquents, toreo profilé, estocade ratée…)

 

OUI

 

4)    Une présidence avare en trophées est-elle le lendemain, accusée d’avoir manqué de ''sensibilité'' ?

 

OUI

 

5)    A-t-on déjà assisté à une pression manifeste de l’empresa surgissant dans le callejon pour ''encourager'' le palco à récompenser ou éventuellement à doigter d’honneur le public, son client ?

 

OUI

 

6)    La sanction suprême infligée par un alguazil se résume-t-elle à un léger tapotis de planche avec la main ?

 

OUI

 

7)    L’arène s’est-elle vidée des aficionados désormais croisés à Vic pour Pentecôte ou à Saint André de Majencoules aux Vendanges pour griller des saucisses, ramasser des oignons et cueillir des cèpes ?

 

OUI

 

8)    A-t-on déjà vu un alguazil – dont le rôle est de faire appliquer en piste les décisions du palco, et de garantir l’éthique de la chose -  couper une oreille en deux avec l’aide de l’empresa sur le bord de la barricade ?

 

OUI     (note personnelle : Hahaha… incroyable !)

 

 

9)    A-t-on déjà vu d’ignobles daubes invalides n’ayant pris qu’un picotazo, finir grâciées dans la liesse générale (« INDULTO ! ») ?

 

OUI

 

10)  A-t-on déjà vu au Palco des types qui n’avaient aucune compétence, voire, assistaient à une corrida pour la première fois ?

 

OUI    (note personnelle : Hahaha… j’ai les noms…)

 

11)  A-t-on vu souvent de vrais faux ''triomphes'' alors que le torero n’a pas toréé mais seulement donné des passes sur le voyage ?

 

OUI

 

12)  Combien, parmi ceux qui pénètrent l’arène, connaissent la différence entre ''péguer des passes'' et toréer ?

DÉGUN ou presque

13)  Les aficionados conscients qui voient des courses depuis des décennies et disent simplement ce qui est, ont-ils déjà été traités d’Ayatollahs, de rabat-joie, de peine à jouir par ceux qui n’y connaissent nibe ?

 

OUI

 

14)  Le public Nîmois n’aime-t-il rien tant que les beaux parleurs qui toréent leurs réserves par la flamboyance du verbe, vantant à l’avance les vrais faux triomphes qui vont systématiquement avoir lieu alors que la tauromachie ne repose que sur une seule constante : l’aléatoire ?

 

SI

 

15)  La programmation de cette arène ne repose-t-elle pas principalement sur de l’événementiel pour lequel on tente de lisser toute aspérité afin que le suave l’emporte sur le danger, le ballet sur le combat, niant ainsi l’essence même de la corrida ?

 

SI

 

16)  N’êtes-vous pas majoritairement en train de penser qu’énonçant tout ceci je nuis à la tauromachie plutôt que d’être enthousiaste à promouvoir cette enquête pour changer tout ça ?

 

SI

 

17)  De part les goûts du public de cette arène, si l’on ouvre une bodega, ne vaut-il pas mieux pour drainer le plus de clients et de CA prévoir des canapés et du champagne plutôt que du chorizo et de la sangria ?

   SI

 

18)  Ne vous êtes-vous pas surpris à plaindre un toro qui aurait du vous inspirer la peur jusque dans la sécurité de votre gradin ?

         SI

19)  Dans la mesure où… Argh… panne de cartouche d’encre bientôt… ;-) et de papier… et puis ça deviendrait fastidieux, hein.

 

Donc, à la lumière des ces réponses objectives, maintes fois constatées, quelle est la conclusion de cette enquête exclusive menée par Photosmotstoros avec toute la rigueur tauromachique nécessaire à l’éclosion de la vérité ?

Eh bien, nous pouvons désormais avec certitude prétendre que Viard se trompe. L’arène de Nîmes n’est pas Bling-Bling !

La plaza nimoîse est Bling-Bling  ET  Pouët-Pouët !

En ce qui concerne le volet con-con, par contre, il n’y a pas suffisamment d’éléments concordants dans le faisceau de preuves énoncées pour l’affirmer de façon péremptoire et indubitable, d’autant que ''Photosmotstoros'' souffre d’une empathie congénitale évolutive pour ses concitoyens qui l’empêche d’être intransigeant et sévère. Néanmoins, Photosmotstoros s’avère suffisamment suspicieux pour estimer qu’il y a un doute…

lundi 21 septembre 2020

A partir du sable

 


Tiens, si on parlait tauromachie. Ça sentait le crottin et la bouse sur l’esplanade, il y a donc du y avoir des quadrupèdes ? Bon, parce qu’à la base, ce blog fourre-tout se voulait un peu taurin quand même, tu te souviens, lecteur ?

Or, qu’avez-vous eu à vous mettre sous la dent ici ? Rien. Si, un compte rendu ciné de ‘’Le bonheur des uns…’’ vu que le malheur des aficionados était organisé sur le sable.

Je connais trop Nîmes, ma ville, que j’aime et qui me fait honte dans ce qu’elle me donne à voir de l’art du combat. Alors comme beaucoup - difficile à remplir les cinq mille places parait-il – comme vous, je n’y vais plus.

Dans la plaza, j’y ai encore un ami qui depuis son abono des premières hors de prix (s’en fout il est riche) m’envoie ses lapidaires sentences :

-       Bananes érodées…

-       Grosses bouses de toros…

-       Public Duracel…

-       Palco de rigolos…

-       Actuacion pueblerina…

-       Cornes de girafes…

Alors, pas bégueule, je lui envoie les miennes, presque aussi lapidaires et vu qu’on se connait depuis l’enfance, je sais qu’on se marre de ce ping-pong :

-       Bien fait pour toi…

-       T’as qu’à pas répéter sous la pique…

-       Ca t’apprendra à humilier…

-       Jette ton fluzz au vent…

-       J’admire ton abnégation classieuse et ton rapport à l’ennui

-       Depuis le temps, au prix de ton abono, t’aurais une IWC, une Omega, une Jaeger-Lecoultre et une Patek-Philippe, putain…

Oui, vous me connaissez, le lapidaire c’est pas mon truc…mais j’essaye. Alors, non, hors de question que je rende compte du naufrage durant des décennies. J’ai déjà donné et à force je vais être suspecté d’être mauvais coucheur ou d’être un triste sire ou d’avoir un compte à régler que sais-je…

Alors je vais vous citer ce que j’ai lu de la part de ceux que j’estime crédibles dans leur appréciation :

<< Le public nîmois, toujours en manque de critères, et toujours prompt à s’enthousiasmer pour le clinquant, veut voir couper des oreilles. Il en a obtenu deux pour Juan Leal au terme d’une faena où le superficiel prit le pas sur l’essentiel. C’est navrant.

Des toros pour une bonne moitié indignes des lieux, justes de forces et sosos pour la plupart

Comment exprimer son toreo quand la matière première fait défaut ? 

Bref, une course à très vite oublier  (Patrick Colleoni)

 

 

On pourrait tenter de mettre des mots. Mais ce serait tromper et trahir.

Les trois premiers toros du jour étaient, à nouveau, imprésentables

Au moment où l'on songeait « ça fait peine », le taureau se coucha par terre, et la messe était dite. Le toro beige, genre peluche, sorti en troisième, était à peu près complètement invalide.

immobile dans le sitio, où l'ectoplasme de la modeste peluche rodait encore un peu.

Les trois suivants furent un peu moins navrants, puisqu'on leur devinait des cornes, ce qui, ce jour, était inédit. Le quatrième était un toro de gala, mais d'un gala pour Ephad où l'on fait semblant de vivre, même quand les forces manquent.

…avant de conclure avec le toro cacochyme.

Et avec ça, des picotazos, une indifférence absolue des deux maestros à la mise en suerte face aux piques (la meilleure mise en suerte sera le fait du sobresaliente Jérémy Banti invité au quite par Sébastien sur le cinquième), des épées désastreuses, entre rincon ordonezien, entière trasera un peu dans le dos et bazonazo de ley et une pluie de descabellos.

Le manque de corridas en cette année de Coronavirus explique sans doute le fait. Deux naufrages consécutifs, y compris en présentation, en deux corridas explique le reste :

 cette impression poisseuse d'inéluctable ressac, de fin de partie, de fin d'un monde.

(Joel Boyer) >>

 

Il est vrai que dans le dernier paragraphe, Joel Boyer trouve des mérites à la ville et à l’empresa, sans doute parce qu’il est bien éduqué, parce qu’avec urbanité et raffinement il s’essaye à trouver des raisons d’être juste et tolérant. Mais, ce qu’on nous propose est ancré depuis tellement d’années, que le Covid-19 n’y est pour rien. Alors moi c’est à partir du sable que je jauge et juge. De la première foulée sur le sable. Et je suis bien obligé de constater que souvent les enfoirés de sangliers qui me retournent mon terrain ont plus de gaz et de sauvagerie que les toritos à la brandade. C’est plutôt une question de sensibilité, de philosophie, d’habitudes ou d’arrangements. Sinon (j’avais écrit Simon…) pourquoi s’enferrer ainsi dans les mêmes travers ? Comment peut-on en arriver à penser qu’il vaut mieux prendre le risque de présenter des invalides épointés pourvu que leurs statistiques de ‘’toréabilité’’ soient bonnes, plutôt que de continuer à honorer le rite extraordinaire en sélectionnant des adversaires pour la race de leur colère ? Qu’on puisse s’extasier sur leur sauvagerie, leur brutalité, s’enflammer sur le pundonor et la maîtrise des toreros poussés dans leurs retranchements, s’exalter de leur abnégation brave sous la pique, de…

Je bloque là-dessus depuis des années.

J’avoue.

Sans comprendre.

Je suis sûr que le Simon, s’il lit ces lignes, il pouffe grave ! C’est un peu comme s’il voulait nous avoir à l’usure… Viendra un moment où tout le monde en aura marre de dénoncer ce qui l’a déjà été maintes fois. Ca sâoule, à constater, à lire et à écrire…

Il m’est arrivé de céder à ce que je n’aime pas : jouer le mondain à l’impé une coupe de champ à la main. (pour roter je préfère la Citrate de Bétaïne, c’est moins cher et comme vin, une vendange tardive saturée de sucre me plait plus) C’est assez instructif, tu rencontres des types, parisiens pour la plupart (à partir de Chamborigaud à peu près, et plus au Nord) qui t’expliquent l’extase vécue du triomphe encore chaud dont tu as constaté qu’il ne s’agissait que d’une grosse bousade profilée…

Là, tout à coup, s’ouvrent à toi deux options pendant que tu réalises que le Simon a réussi son grand remplacement, virer les aficionados en d’autres contrées plus bourrues pour libérer des places aux aficionadeaux encanaillés dans notre Sud, ce Sud qu’ils doivent vivre comme un véritable Far-West à grands frissons :

-       Une écoute polie et amusée sans rien trahir de ta connaissance. Après tout, tu l’as eu toi aussi ta période ‘’découverte euphorique’’ (chouette on peut torturer des zanimos…(y’a des zantis qui lisent, c pour eux… sont tellement largués…))

 

-       Une tentative d’éclairer leur lanterne tout en asseyant ta posture de redoutable connoîsseur…

 

-       T’amuser à abonder dans leur sens pour voir jusqu’où ils se paument. Par Jeu. Mais mes parents et frère Pierre de St Jean Baptiste de la Salle, ne m’ont pas éduqués dans ce sens…

 

Ouais, ok, ça en fait trois, et alors ? Bon, donc, moralité, as usual, y’a eu des toros, mauvais, faibles, imprésentables pour la plupart et je suis trop radin, pas assez urbain et suffisamment écoeuré depuis lurette, pour y assister et vous concocter des resenas qui dénoncent ce que j’ai déjà dénoncé par toutes les paraphrases possibles et imaginables à profusion.

Applaudissements ou stylo, plus aucun jeu de paume ne m’amuse. C’est triste. Bon… voilà… il me semble que cet article est fini… Quoi la photo ? Si les toros sont imprésentables je ne vais pas illustrer l’article avec une photo de corrida… j’ai trouvé cette femme… qui semble être coiffée d’une montera naturelle. Fera l’affaire, malgré la ténuité du lien.

Ah au fait, 2021 devrait voir la sortie d’au moins un livre de votre chroniqueur haï… si inch Allah, Dios quiere etc… si la tauromachie existe toujours… covid-19… tout ça… une sorte de dico pour les nuls qui voudraient le rester… quelque chose comme ça… T’inquiète lecteur, on en reparle… je vais te sâouler avec ça… du marketing que ça s’appelle… teasing et tout et tout…et pointures associées…si on s’est pas fâchés d’ici là bien sûr… A plus, bises et postillons.

jeudi 17 septembre 2020

Le Bonheur des Uns...

Supposez qu’enfin vous révéliez un talent réel, que les portes s’ouvrent, les réussites s’enchaînent et que votre personnalité s’épanouisse, plébiscitée comme jamais. Vous pensez vraiment que cela va déclencher une joie sans borne chez votre conjoint et votre meilleure amie ? Ce serait mal connaître l’épaisseur et la complexité des sentiments humains.

Rappelez-vous les dernières remarques de vos collègues de travail, juste encaissées parce que vous aviez enfilée une jolie robe ou des talons hauts…  Alors imaginez maintenant qu’un succès important vous hisse très au-dessus de la gangue de médiocrité où baigne la plupart, où l’on vous trouvait si sympathique parce que si ressemblante au groupe…

Alors quand Léa, douce, belle, discrète, subtilement interprétée par la féminine, douce, belle, somptueuse (oui je suis amoureux) Bérénice Bejo décroche un contrat dans une maison d’édition prestigieuse, son technico-commercial de mari (V.Cassel) spécialiste de l’aluminium pour qui l’objet livre est un mystère, panique et perds pied : <<  Tu te prends pour Victor-Hugo ou quoi ? Tu veux te faire draguer par des intellos ? >> Comme si par cet acte, elle avait quitté son monde et son cœur.

La ‘’meilleure’’ amie, elle, surjouée par la caricaturale Foresti (ouais, non, pas amoureux…) d’abord incrédule puis moqueuse et enfin verte de jalousie et grise d’amertume, pousse le ridicule jusqu’à vouloir l’imiter, un peu comme ces gens qui pensent que photographier ne consiste qu’à appuyer sur un bouton.

Son mari (F. Damiens) s’avèrera le plus sain et le plus bienveillant des trois, malgré l’injonction qui lui est faite en permanence d’approuver sa jalouse.

Un autre succès, des hauts revenus, des dîners prestigieux, la fréquentation de gens intéressants, trop ce sera trop, Léa gagnera une vie plus riche que son précédent état de vendeuse, de la notoriété, mais perdra ses proches, décidément trop petits, trop étroits, trop mesquins, trop largués

Ce n’est donc pas quand ça va mal qu’on distingue ses vrais amis trop heureux de vous consoler, ce qui est rassurant sur leur propre sort, mais plutôt quand ça va très très bien…

Tel est je crois le message de Daniel Cohen par ce film.

mercredi 15 juillet 2020

Excursion Landaise


Le plus rationnel étant d’aller chercher la ‘’gloire’’ là où elle se trouve, j’avais mis le cap sur les Landes pour le week-end patriotique aux feux d’artifices annulés, fêtes contingentées, défilé minimisé, masques bien positionnés ou en pendants d’oreilles, bavette mentonnière ou élevés en cache calvitie naissante... Oui, parce que, modeste lauréat de leur concours de nouvelles, je m’étais dit, tiens, quand tu l’avais gagné il y a quelques années, tu ne t’étais même pas déplacé, c’était pas très poli, là, tu vas y aller ! (comme tu ne l’as pas gagné… 2e prix… cherchez pas la logique, il n’y en a pas…je m’améliore avec le temps, c’est tout)

J’avais loué une chambre dans une authentique ferme plus ou moins délabrée selon que l’on soit d’un naturel optimiste ou pas, une de ces locations qui font peur aux enfants – maison de sorcière – et aux citadins formatés : Chantal la logeuse a quelques anecdotes à ce sujet, de la bimbo blonde juchée sur ses Louboutin de 12cm qui descend de sa mini en s’embourbant aussitôt, complètement dépassée par sa progéniture ramassant des branches pour se ruer sur les poules et les chats et dont on est obligé de rattraper l’éducation déficiente à coups de pompes dans le cul bien traumatisants (aptes désormais à vous envoyer devant un tribunal) avant que tout ne soit raidi comme la mort, fleurs piétinées et harmonie du lieu rompue… enfants gâtés de banlieusards va… qui prennent les animaux pour des nuisibles… non, c’est moi qui parle, là, car Chantal est aimable, hospitalière et excellente cuisinière ! Elle est du Sud-Ouest, quoi…

Un lieu charmant, paisible, enchâssé dans les champs de maïs, qui vous rappellera la maison de vos grands-parents avec le chevet qui peut recevoir le pot de chambre et le plancher qui craque, bon ok, de vos arrières grand-parents si vous êtes beaucoup plus jeune que moi. Vous savez, au temps où tout ce qui était normal n’était pas qualifié de ‘’BIO’’… Tu sais, lecteur, l’œuf extra-frais venait du cloaque d’une poule heureuse de gambader en liberté par exemple… Fou, non ? Mmm… l’omelette de Chantal baveuse à souhait et criblée de cèpes des bois… Mais bon il y a l'électricité et la douche est super !

Mais comme d’habitude je digresse… car est venue la saison de tous les régimes hypocaloriques que je ne ferais pas vu que j’aime trop manger. Si, j’ai honte, mais quand vient l’assiette et l’ambiance… Alors voilà, soyons précis : 2100 chemin du Lagastet à Aurice, se trouve la ganaderia ‘’Alma Serena’’ où il ne faut pas venir pour la gastronomie par contre… Ah ben oh… on ne peut pas avoir toutes les qualités… Du sang Domecq sur les près, des frites dans l’assiette. A quinze kilomètres du Moun qu’Isabelle la bloggeuse a parcouru en vélo avec une selle trop basse, effort estival à saluer. Là nous attend la sympathique, généreuse et chaleureuse peña taurine de Mugron, étrangère à toute mondanité. Du brut, du chaleureux, de l’authentique, de l’humour, du taurin, de l’amical pour une journée animée avec maestria par l’irremplaçable Mousquetaire Miguel Darrieumerlou modérateur universel, de Biarritz à Menton.

Voici le déroulé de la journée : visite du campo en remorque barricadée. Bémol, le pilote ne pilote que pour un côté de la remorque… l’artiste du volant devrait comprendre qu’en prenant un virage plus serré il privilégierait au retour l’autre côté des spectateurs. Ce que lui avait pourtant expliqué quelqu’un avant notre départ (2 groupes) maaaaaais le bourru n’en avait cure. Dommage, on était venu voir des toros, on a vu des grosses têtes de landais… reprise gasconne du célèbre Brel song : j’ai voulu voir ta sœur et on a vu ta mère, comme toujours…

Bon, c’était pour ma chérie que c’était dommage, c’était plus nouveau pour elle que pour moi. Elle a eu son petit succès dans son mini-short floqué, taille 36 article quasi inconnu dans les échoppes à Maïté… Deux gros canards landais sur le retour, sans doute encouragés par sa proximité avec moi (aussi vieux…) et profitant de ma discussion avec Richard Milian l’ont entreprise à part :

  • C’est toi la nîmoise ?
  • Euh… oui…
  • Y’a un pont dans ta ville ?
  • Euh… on doit pouvoir trouver ça, oui…
  • Parce que mon collègue, dès qu’il t’a vue, il est tellement tombé amoureux qu’il parle de se jeter pour se noyer… ! Arff, arff, arff…
  • …….

Ah ouais mais oh, y’a du lourd en Chalosse, faut pas croire… C’est structuré, scénarisé et tout et tout, la drague, on ne se lance pas comme ça. J’ai remarqué, dès que je ne la flanque plus de mon physique dissuasif (oui ben oh ça va hein…) il lui arrive toujours des avatars dans ce genre… Enfin, avec ceux dont la femme était retenue ailleurs, bien sûr.

Et donc moi, ayant la possibilité d’approcher Milian, je me dis… cette course, c’est pas possible qu’il l’ait oublié…

  • Bonjour, M. Milian, je me permets de vous aborder parce que j’ai un grand souvenir de vous au cours d’une mémorable course (et oui je suis respectueux, avec les toreros, moi)
     
  • Oui qu’est-ce qu’il y a, dis-moi…
     
     
  • Je vous donne un indice : les trois premiers toros, les trois toreros blessés et j….
     
  • Béziers, miurada 1983 !
     
  • ….
     
     
  • Quoi ? C’est pas celle-là ?
     
  • Ben si !!!
     
  • Victor Mendez, Nimeno II et moi… p’tain si je m’en souviens… et pour cause… six toros extrêmement dangereux… je suis entré a matar tout déchiré, le sexe à l’air, face au public tout proche… mais personne ne rigolait dans les gradins… 2h45 de course je crois…
     
     
  • Je confirme que même à l’abri des gradins, on avait peur, l’intensité du combat était terrible ; je n’ai jamais connu plus intense depuis, sur six toros. Même les guardiola de 89 pour Nimeno, c'était un ton en dessous…
     
  • Ouais…(le regard dans le vague à la recherche du tiroir de ce souvenir) redoutables, tous les six… on était entrés à l’hôpital complètement rincés en se félicitant d’être encore en vie. Du coup on va s’en jeter un autre, à la gloire du toreo…
     
    Et c’est reparti pour l’apéro pas masqué : personne n’avait de cutter pour pratiquer une petite fente capable d’insérer une paille. Ça tombait bien car, de paille, il n’y en avait pas non plus… On se parlait à touche-touche vu les décibels et comment dire, quand tu parles à un type qui a osé s’envoyer des aurochs diaboliques génétiquement programmés pour le tuer, tu lui opposes les mesures-barrières toi ? Tu lui demandes de reculer à un mètre ? Moi, non. La décence que ça s’appelle…
     
    S’en suivit une conférence avec témoignages actuels et exemples anciens sur la critique taurine sauf que c’était dans l’ordre inverse… la conf avant l’apéro pour être exact… Enfin c’est pas ça qui change la force des vagues de l’océan. T’imagines ce que ça donne un méditerranéen qui se jette dans l’océan ? Qui essaye d’y entrer du moins. Y’a comme un phénomène de rejet en fait, l’océan te rend à la plage, veux pas de toi, avec ta brasse indienne apprise au club Mickey du Grau du Roi. Tu essayes de sortir honorablement de l’eau quand soudain le short break te prend la moitié de ton maillot et ta dignité avec. Evidemment juste en face trois surfeuses s’oignent d’huile, par des gestes souples et langoureux… et tu sens qu’elles rient… intérieurement.
     
    Mais bon, pas le choix, hein, fait chaud…
     
    Et enfin, la fameuse remise des prix où il est toujours très gênant d’être applaudi après que Miguel m’ait pourtant présenté comme ayant « tous les défauts, la preuve il a même écrit dans Toros » Hahaha…
     
    Et puis deux vaches et puis un novillo tué par un jeune de l’école taurine de R. Milian dont j’ai bien sûr, qu’il me pardonne, oublié le nom.
     
    A peu près douze heures de route vers ou depuis ton département, puis lors de la découverte de tes paysages familiers, les pins de Saint-Girons, la plage, les arènes d’Amou, de Pomarez, où tu t’es sans doute assis, le saule sur les rives du Luy, la traversée de Dax, bien sûr que j’ai pensé à toi, chulo
  • PS : ne regardez pas trop longtemps ma trombine sur la photo, on dirait que je vais me mettre à pleurer....