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mardi 17 mai 2016

Edito pas Bueno



Nîmes l’indigne, Nîmes la honte. Invalides, carpettes, charlotade, faibles, justes de présentation, opposition inexistante, présidence coupable…. Tout le monde est d’accord, même Casas, à propos duquel  le journal annonce aujourd’hui qu’il prévoit des Albaserada pour septembre…  Rendez-vous compte, même lui s’en est aperçu ! Si c’est pas une preuve, ça… !


Indigne, la mono-encaste pour une feria de Pentecôte, indigne, la mono-pique ou son simulacre, indignes, les mimiques désolées des toreros devant la faiblesse des toros alors qu’ils ont contribué à les choisir, indigne la demande de deux de mes enfants d’aller voir la corrida d’hier en famille (200 euros…) à laquelle je ne pouvais qu’accéder car c’était la première demande du genre. Bande de petits salopiots, va… pouviez pas vous lever tôt pour aller quérir votre ‘’tendidos jeune’’ (30 euros toutes les courses, plus de place au guichet mais cette tribune quasi vide hier… entourloupe ?… ou tout le monde bourré ?)


J’ai donc vu un « triomphe » à deux oreilles et le « meilleur toro de la feria » dites-donc heureusement que je l’ai lu dans la PRAVDA sinon j’l’aurais pas cru… Quoi, pourquoi je ne suis pas allé à Vic ? Parce qu’avec celui que vous avez élu, mon niveau de vie a baissé, parce que j’ai plus la tune lecteur, de me prélasser à tout bout de champ dans les hôtels et que j’ai passé l’âge de vivre à quatre pattes dans des campings où les douches puent la merde ! Où tu dois patauger en tongs dans des salles communes au carrelage inondé ! Voilà, pourquoi… Pourquoi vous ne m’avez pas rencontré la nuit, debout, à siroter des centilitres rares à dix euros la coupette merdique ? Je veux plus cautionner ce système, je peux plus, l’ai trop fait, me sort par les yeux la messe du Rocio à minuit chez Pablo suivie de la font de Nîmes, etc…. tout me gave, grave ! Beeeurck, rototos y vomitos, tout, le système, la pisse, l’ambiance, la déambulation sans but, la connerie humaine, le manque d’imagination, les encanaillés naïfs, les encanailleurs professionnels, cette feria, TOUT ME GAVE !!!  Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’émotion ni d’enjeu en piste ! Voilà pourquoi !!! Aucun pivot émotionnel autour duquel tourner, communiquer, impatient, fasciné.


Hier au premier toro – invalide – mon voisin s’est écrié :

 « Oh fan de chichourle… ça va être la continutition d’hier dis… quatorze toros dans la journée, tous par terre ! merde, alors… putain mais keskon est con de venir !!! » 


Il ne parlait pas très bien mon voisin, mais il avait raison. Moi, c’que j’en dis, c’est pour témoigner, hein, si ça peut aider SCP à prendre le pouls de son public… je le lui signale, il est gavé comme un canard landais son public…


Faut dire qu’à Nîmes le problème est génétique, endémique et œcuménique (m’en fallait un troisième…) les aficionados sont désertiques, le palco est inique, les toros se raballent comme des lugeurs obèses dans l’indifférence générique de la pente de l’incompétence alors qu’il faudrait lancer le mouvement ‘’Tarde Debique’’ dans la piste même. 


Une anecdote édifiante que je n’avais pas rapportée l’année où je l’avais apprise pour éviter de passer pour un mauvais perdant, vient d’Etienne Cuenant, l’année de sa victoire au prix Hemingway – et donc de ma défaite puisque…jamais…gné…- Il avait raconté avec toute la naïveté d’un non aficionado au fil d’une discussion, ceci : 
 

« Ah oui j’ai des souvenirs fabuleux du temps de jean Bousquet, j’étais conseiller municipal et vous savez quand vous vous retrouvez au palco en tant qu’assesseur, c’est une sacrée émotion… »


 On ne prêtait guère attention à ses paroles sauf qu’il a continué ainsi :


« Quand on ne connaît rien à la corrida, quand c’est la toute première à laquelle on assiste et qu’on se retrouve au palco pour diriger la course… »


Oulalaaaa…. OK, lecteur…. ? Tu comprendo ? Entiendesinos de la campina ? Capitarem de puta madrinos ? Voilà-voilà… Nîmes, la Madrid française… Arrêtez, j’ai mal aux côtes…


Bon, tout le monde s’en fout, hein, c’est pas grave, ce qui est grave, c’est le cancer, la CGT, la guerre, tout ça, le reste, faire passer des toros… peanuts… Ce qui est étrange c’est qu’un maire qui se prétend aficionado n’aie pas de temps en temps envie de convoquer qui de droit pour lui signifier le désir, l’aspiration, les vœux de sa population… Sauf que, quand on connaît les deux on sait très bien qui peut toréer l’autre, ouais…


Perso, je me suis ré-ga-lé ! J’ai passé une merveilleuse feria grâce à l’engouement retrouvé de l’écriture. J’étais lancé, j’étais enfin au terme de mon roman… Ouiiiiiiiiii… j’avais retrouvé la recette magique : la colle à cul. S’y mettre. Sur son siège, tenir le siège, y revenir, y stationner, etc… Toute heure où je n’étais pas en train d’écrire me coûtait terriblement : assister à une corrida par exemple ! Aaah les enfants…. !

jeudi 23 mai 2013

Corrida de clôture, toreo de troncature

Mais où faut-il donc aller pour voir des toros ? A Alès, les Adelaïda Rodriguez se sont certes montrés braves mais sans jamais transcender l'aficionado.
Par contre, la manif des zantis dont le profil allait du punk à chien galeux et combi Volkswagen à l'alter-mondialiste habillé trop ample en passant par le Skin-head piercé et enchaîné, s'est montrée très violente. Finie la contestation certes véhémente d'idées contradictoires, maintenant c'est la recherche ouverte de la violence débridée. Des mines révulsées de haine, des canettes pleines et chaises balancées sur un gardian qui venait chercher son camion de bious, soit un type qui ne cautionne à priori rien de ce qui tue les toros de combat... J'ai voulu passer par là arguant aux policiers qu'on pouvait quand même avoir des idées différentes sans s'entre-tuer d'autant que ma voiture était à leur contact mais ils m'ont dit que je n'aurais pas le temps de développer ces arguments et que pour me faire lyncher il n'y aurait pas mieux, que ces excités venus de toute l'Europe - mais plus près des cinquante que des cinq mille annoncés - qui n'attendaient que ça. Bon... il est finalement toujours savoureux qu'un flic t'ordonne de prendre un sens interdit pour quitter la zone du crime potentiel. Et d'observer des gens doux et pacifiques menacés de mort par ceux qui prétendent abolir la violence...
Quant aux Prieto de la Cal alésiens, s'ils portaient beau à la sortie, ils goûtèrent tous lamentablement au sable des arènes du Tempéras.
A Nîmes pour la clôture, quand un Victoriano del Rio s'avérait faible comme le second du Juli trop gros et mou pour se battre, on se prenait à regretter de n'être point à Vic. Hélas, les Adelaïda de Vic étaient beaucoup moins forts que les Victoriano de Nîmes d'après ce que l'on comprend des resenas. Comme quoi tout ça se dilue dans la seule vérité péremptoire de principe qui est que … il n'y a pas de vérité péremptoire.
Pour preuve, le lot en or massif que toucha le Mexicain Diego Silvetti. Des charges claires et profondes, répétées, vibrantes, certes plus nobles que bagarreuses mais cette abnégation classieuse peut aussi être belle. Quels toros aurait-on vus s'ils avaient échu au Juli ! Il coupe une oreille à son second, Silvetti, en laissant dans la bouche de l'aficionado l'amertume d'une rencontre tronquée par un torero bien en dessous du filon à exploiter.
Talavante n'est sûrement pas sorti psychologiquement indemne de son solo difficile de Madrid où des deux toros et demi que j'ai observés, des toros que d'autres ont vus mauvais, a résulté chez moi une forte impression de difficulté, ils répétaient si vite et si fort dans la muleta dépassée d'un torero du coup en vigilance extrême, qu'il n'avait pas le loisir de maîtriser son art, débordé qu'il était. 
Si son premier toro nimoîs fut ''d'entraînement'' et put contribuer à le rassurer, il subit à nouveau la pression d'un second toro trop entreprenant pour lui. A voir cette actuacion, on ne lui aurait pas conseillé de tenter six Albaserrada madrilènes aux encornures déployées comme les ailes d'un albatros dans les courants ascendants.
Juli le Kiricou des ruedos, est petit mais vaillant, puissant, et pouvu qu'un toro lui fournisse une opposition, son mental de vainqueur le recrute tout entier et il n'a alors de cesse que d'arriver à le dominer. Je n'aimerais pas être un toro quand ce type est sur le sable ! 
Quand son second se dilue, le Juli ne pense pas : « Tant mieux j'aurais fini plus vite et avec moindre danger », comme nous le ferions vous et moi, non, le Juli est désolé et c'est sincère. Se battre et triompher telle est son ambition indéfectible. On pourrait alors toujours lui reprocher de ne pas prendre des toros plus durs, trop facile de se plaindre après avoir imposé ses toros... tiens des redoutables Prieto de la Cal ou Adelaïda Rodrigues par exemple... hélas on sait que le sort mystérieux des bêtes noires aurait pu dans ce cas lui réserver bien pire. Quand on vous dit que rien n'est simple... Et si c'était justement certes permanente incertitude qui inlassablement nous ramenait à l'arène ?

mercredi 15 mai 2013

Nîmes demain jeudi à 18 heures... peut-être

Demain, si l'arène n'est pas une piscine, combat d'Albasserada :  Escolar Gil pour Robleno, Rafaellillo, Bolivar. Si montée des eaux, la corrida sera reportée au vendredi matin.

lundi 28 mai 2012

La Fouzytou Matinale Resena

 La Tauromachie en Questions

Patatras... Emporté par mon enthousiasme un brin auto-persuasif, je louais déjà ce que je pensais être une politique et volonté réfléchie de redonner du crédit à l'arène nîmoise par l'application logique de principes de bases pour juger de l'attribution des trophées. Ce qui n'est d'ailleurs plus important que pour la foule et la symbolique qu'elle aime tant, alors que l'aficionado, lui, vu le flou des critères ici entretenu, s'en est détourné depuis lurette...

Mais, cet enthousiasme était ridicule ! Car les courses se suivent et avec elles les présidents... et devinez ce qu'on a vu l'autre matin ? Un torero - Mora - qui soudain s'empressait de lever l'épée et de se jeter sur le dos d'un toro qui n'était pas cadré et tanguait dangereusement... ratant son estocade bien sûr mais en prenant ce risque car il avait vu, lui, avant nous, qu'il y avait imminence d'effondrement de la bête avant qu'il puisse l'estoquer ! C'est ce qui arriva : la bouse recuite s'affala avant qu'on puisse la pénétrer de l'acier roidi ! Et devinez ce que fit le président ? Le président premier adjoint au maire D-J Valade ? L'adjoint à quoi ? A la culture et à la tauromachie messieurs-dames... ! Si ! Tel que je vous le dis !!! Il octroya aussi sec une oreille ! Ah le cuistre ! Le manant, l'inculte notable, le parisien à Panama, le gros nul... Hue les cornes... Raus ! Schnell ! Viou ! Vaï te promena gros gros nul, inculte, ridicule, calomniateur compromettant de l'aficion nîmoise... Huuuuuuue... ! Dire qu'il fumerait déjà les pissenlits par la racine si le ridicule tuait ! Mais si vous n'y connaissez rien pourquoi tenir à venir ridiculiser toute la cité en acceptant de présider ? Et les assesseurs ? A cesser ! Dont Raoux, un torero que j'ai vu jouer sa vie dans les arènes de Vic ? Pourquoi ne pas avoir fait une clé au bras au nul adjoint à la tauromachie pour lui éviter le pire, au moins pour lui, par charité ! On peut quand même arriver à présider avec médiocrité sans commettre de tels non-sens nénOOOrmes !?! Je ne vous dis pas le mépris et l'incompréhension qui devait germer dans la tête même du bénéficiaire... Mora devait se dire : Mais où je suis tombé ici ??? Même à Villasequilla de Yepes on ne lui avait pas fait le coup !

Et les questions d'affluer : Qu'est-ce qui pousse un éleveur - Zalduendo - à se spécialiser dans la production de toros faibles ? Qu'est-ce qui pousse les empresas à les acheter ? Les toreros à les demander ? Qu'est-ce qui pousse un type comme Mora, un torero de cette trempe qui aurait été capable d'assumer le seul contre six de la veille face aux Miuras, qu'on a vu devant divers aurochs pas avariés du tout, en des terres beaucoup moins mondaines, à orienter ainsi sa carrière ?

Bien sûr que nous avons nous autres, hommes normaux les réponses rationnelles... Gagner plus d'argent en risquant moins sa vie, pour la dernière, par exemple. Mais nous voudrions tellement que ces surhommes aient d'autres considérations moins banales...

Qu'est-ce qui pousse Luque à choisir chez son tailleur un costume "diarrhée aviaire et or" ? Je ne saurai jamais non plus... Pourquoi l'art de Juan Bautista dont je reconnais les progrès n'est-il toujours pas capable d'engendrer chez moi la moindre vibration ? Faut-il continuer à applaudir Padilla pour son courage héroïque, son attitude dans la vie ou pour la valeur intrinsèque de ses prestations ? Où est passée la profondeur insondable des naturelles du Cid à sa meilleure période ? 

Pour répondre à toutes ces questions et à des plus insidieuses aussi sur sa propre condition, l'aficionado reviendra voir des toros. Malgré tout.

vendredi 25 mai 2012

Le Blond, la Brute et le Mutant


C'est vrai qu'il est blond le brun ténébreux Francisco Rivera Ordonez Paquirri, avec les toros. Je ne lui ai jamais rien vu faire de très intéressant et pourtant il torée beaucoup... Il passe sans peine ni gloire comme dans les magazines people espagnols dont il est un pilier. Les noms illustres sont parfois durs à porter pour qui se souvient du Paquirri.

Mais d'abord un mot sur les toros. Si j'étais torero, je pense que j'aimerais bien. En tant que spectateur, bof. Torrehandilla n'est pas le mariage de Torrealta avec Jandilla, non... mais c'est du Juan Pedro pur jus et hélas parfois pur sucre... qui obtint un batacazo par embrouillamini des papattes à tout le monde. Et aussi quelques beaux primo-impacts dans le peto, venus de loin, mais hélas sans fond. Peu piqués pour leur conserver des forces, il leur arriva quand même d'en manquer, surtout pour la deuxième prestation de Juan Pablo Sanchez qui nous avait alerté sur la justesse de son temple et la douceur de son art à son premier. Sinon, de jolis toros bien roulés et armés, avec de la charge, mais faibles et donc souvent compliqués au troisième tiers.

La brute, c'est l'équipe nationale espagnole de ski : El Fandi, reconverti dans les toros depuis lurette. Dans le patio de caballos d'ailleurs, il s'échauffe comme un sportif car la prestation aux banderilles va être explosive. Il est le roi, l'empereur des bâtonnets, en un mot, le meilleur de la planète à ce jeu sans nul doute. Un soliste virtuose du ''Al Violin''. La puissance quadricipitale de Savalli, la science d'Espla, le fighting spirit de Padilla réunis dans le même homme. Il plante et replante les colored sticks dans toutes les positions, rétro pédalage incurvé-templé inclus.
Je poursuis avec constance – et à vrai dire avec plus d'intérêt photographique que les faenas - ma série intitulée ''Waiting for the Bulls'' ou ''Esperando los Toros'' pour faire chic. Et il est vrai qu'à voir les toreros durant ce moment-là on a déjà des indications sur leur personnalité et presque sur leur ''actuacion'' à venir. Fente avant et latérale pour le Fandi, étirement des adducteurs, stimulation des mollets, vérification de la flexion en charge sur les genoux, le type va dépoter aux banderilles !

Ce n'est pas le cas du mutant, cet artiste en devenir, calme et concentré avant la course. Me reste dans la rétine ce dédaigneux et somptueux renversement de cite sans perdre un millimètre de terrain. Juan Pablo Sanchez calme et esthétique coupe la première oreille de cette feria. Pourrait se croiser un peu plus pour émouvoir et transmettre mais comme le disait mon voisin :

  • Eh non, il ne peut pas se croiser plus, il pèserait trop sur ce toro faible...

Et voilà donc la boucle bouclée. Sinon ? Que pensez-vous de notre alguacillila ? Mmm ?

jeudi 24 mai 2012

Victori ? no !

Diego Urdiales, avec son profil de mouette et sa voix de stentor a bien essayé, comme ses compadres, de toréer ces retors albasseradas du maquignon sorcier et de son véto de fils. Il en fallait du métier et du courage pour s'affronter à « ça » même si tous ne furent pas des foudres de guerre. Or ces hommes en manquaient, justement, de métier ou de recours, et d'art n'en parlons pas, pour s'en tirer brillamment. De plus, comme le disait mon voisin :

-  Pourquoi est-ce toujours ceux-là qui prolongent toujours plus, jusqu'à l'ennui ?  


-   Ils n'ont pas de structure mentale adéquate !

Ai-je tenté, laconique, dans une de ces formules instinctives dont j'ai le secret…...

-   Voilà, c'est ça ! A confirmé le voisin. Ils ne sont pas assez intelligents et visionnaires pour structurer leurs faenas ! C'est pour ça que j'aime les artistes : ou ça marche et c'est le bonheur, ou ils abrègent, mais au moins, jamais ils ne t'emmerdent !

-   Pas faux !

Faut reconnaître ses incapacités, tout le problème est là. Car il est sorti quelques anthracites compliqués dont il ne faisait pas bon s'approcher. Des qui tournaient court, voire des ''demi-passes'' derroteurs qui t'obligeaient à passer toi, et presto, vers l'arrière ou à perdre un oeil, ou un testicule, au choix. Et enfin pour un Alberto Aguilar au visage de plus en plus enfantin à qui on redouterait de confier un chien dangereux, l'alimaña de gala de la casa. Cinq ans et demi, armé pour accrocher et suspendre par les tripes, pas niais pour une peseta, le cauchemar de la mort qui rôde. Si le torero est vaillant et courageux, il lui manque encore pour ce cas de figure la science du toreo d'un Rincon ou toute la technique et le pundonor d'un Juli au sommet de leur art, pour arriver à dominer pareil fauve. On pense aussi au Cid à sa meilleure période mais certainement pas au ''spécialiste local proclamé'' de l'élevage, Meca.


Adame fit ce qu'il put, peut-être moins mal que les autres malgré leur bonne volonté, notamment d'habiles estocades, parfois brouillon, parfois longuet, pour parfaire ce trio de toreros vaillants mais en dessous des possibilités offertes par des animaux certes dangereux et compliqués - mais c'est un peu le principe de base du toro de combat, enfin ça devrait l'être tout le temps...- mais qui ne reçurent même pas les passes de châtiment bien réalisées qu'ils méritaient pour être réduits, vu qu'à la pique ils brillèrent par leur absence. Vous l'aurez compris, la pluie d'oreilles n'a, à juste titre, pas encore fait tomber la première goutte. Enfin, un détail, mais déroutant : ''qui pèse où'' les toros qui sortent en piste ? Car à vue de nez, mais un nez de plus de cinquante ans d'habitude, l'exemplaire affiché à 537 KG en pesait 471…. 
Oui, moi aussi je peux faire semblant d'être précis…... et je balance, même.


mercredi 23 mai 2012

Dehors, plus rien n'est gris et tout est gris...


Encore groggy de la nuit, j'ai entrouvert les persiennes métalliques de la fenêtre de ma chambre et en une seconde j'ai perçu que plus rien n'était comme avant. Plus rien n'était gris. L'herbe était verte et le ciel azur. La petite pluie froide des jours derniers, s'était muée en bon gros soleil. De 15° on était passé à 24°, comme ça, par magie. Il y avait dans l'air comme un frémissement que je reconnaissais. Dehors, j'ai renversé la tête dans le soleil, le laissant me réchauffer. C'était bon. Cela diffusait mon sang un peu mieux dans tous mes membres dont le plus court n'était pas le moins irrigué et cela me réveillait doucement. Pour une fois, la cafetière s'est mise en branle immédiatement pour l'expresso du matin, tous réservoirs vides et pleins et voyants conformes. Vide celui du marc, pleins ceux de l'eau et du café en grain. Voyants verts. C'est un régal cette machine : elle moud les grains juste avant d'exprimer le café et tout l'arôme est dans la tasse. Tous ceux qui le goûtent, immédiatement frustrés de n'en avoir pas un aussi bon à la maison, m'opposent qu'elle doit valoir la peau des fesses... Un argument idiot dit avec l'aplomb de tous ces bobos écolos qui payent le café quarante fois plus cher au kilo grâce à leurs capsules alu chics et colorées. Ma cafetière s'est remboursée toute seule au bout de cinq mois... et comme je n'ai jamais fantasmé sur Clooney...

Bon, sinon, what else ? Espresso ristretto distillé à petite gorgée sur la terrasse en observant la navette frénétique des merles à bec jaune qui pillaient le cerisier de leur vol coupable et furtif, il a bien fallu partir travailler. En sortant j'ai croisé le ''regard camera'' de José Tomas, un portrait que j'avais accroché la veille au mur du salon, dont je vous reparlerai. Il n'exprimait rien de spécial et disait beaucoup à la fois. Je suis arrivé en retard à tous mes ''domiciles'' sans exception. Je n'avais pas la foulée du travail. Dans ma tête, déjà, le rendez-vous du soir. A vrai dire, leurs douleurs et jérémiades, leurs handicaps et leurs compensations ne me concernaient que très peu. J'ai averti tout le monde que « pour cause de Pentecôte » je ne les reverrai que mercredi prochain. Oui, dans une semaine.
Certains m'ont demandé quand commençait la feria. Aujourd'hui. Non, mais la grande feria, là, avec toutes les corridas, c'est quand ? Aujourd'hui. C'est ce week-end les corridas, alors ? Non, aujourd'hui. Pas la corrida ? Si, aujourd'hui. Ah, bon ? C'est aujourd'hui ? Aujourd'hui, à six heures. Noooon ? Si. Aujourd'hui. C'est dans le journal, la radio et la télé. Faut suivre. Le temps de tous ces vieux passe si lentement qu'il semble ne pas passer.

Dehors, les filles avaient troqué leurs jeans et bottines contre des robes légères et des escarpins élégants. Enfin, pas toutes, celles que je regardais, seulement. Une maman s'est engagée sur la chaussée poussant son bébé dans sa poussette. J'ai fait piler la petite Rover rouge que le garagiste m'a prêté pour la laisser passer ; elle avait une très belle allure et le sourire dont elle m'a gratifié donnait envie d'être le papa. Le printemps est bien là, plus rien n'est gris. La machine a vrombi à nouveau pour un nouvel espresso ristretto con minuto mecanico hecho en Cuba. La cendre vient de tomber sur le clavier, vous êtes au cœur même de ce texte... Le ciel est toujours d'azur et une brise légère s'est levée alors que l'échéance se rapproche. Mes pensées restent grises. A la maison, on a bien senti que petit à petit je me désengageais des charges du travail et de la famille. L'aficion obsédante en ligne de mire. Dans le terrain l'herbe est trop haute et la tondeuse en panne, dans la maison le frigo vide. Ça m'est devenu égal. Dehors plus rien n'est gris et tout est gris. Comme les six Victorinos Martin reclus dans leurs chiqueros où quelques claustrophobes amateurs de littérature viendront ce soir maculer leurs toilettes à la bouse fraîche dans le remugle des anthracites tout juste morts pour nous, en écoutant les nouvelles du prix Hemingway. Que la corrida ait été bonne ou non, qu'on ait eu raison ou non d'être impatient de la voir, est une tout autre histoire qui ne s'écrit jamais avant que le sable n'ait bu leur sang. Car, ne vous en déplaise, le seul spectacle dont les enjeux sont majeurs et réels va bientôt commencer.