jeudi 5 août 2010

Et si c'était faux ?



J'ai des doutes... Serait-il possible que mon esprit soit tellement malade qu'il reçoive des messages subliminaux itératifs, à la lecture pourtant anodine d'entrefilets que seule mon incorrigible curiosité me porte à lire ? Bon, en tout cas, cela me fait des posts pour le blog parce que j'ai pas trop d'idées en ce moment, comme vous le remarquez. Et puis c'est l'été, alors soyons légers...
Alors voilà, je lis dans mon journal que va se tenir pas plus tard que ce soir dans la Graaaaandiose plaza du Grau du Roi, quasi plagesque, un spectacle réunissant Javier San José, Manuel Manzanares et la rejoneadora Saray Maria. What ? Dé qué ? Are you joking ? Are you going to foutre you of my trombine ? And pire, for those wich want to buy a ticket to see this abominable mascarada ? Do you see what i mean ? No ? No passa nada, lesson :
javier San José (javier : Conde, San : Juan, José : Tomas)
Manuel Manzanares (Manuel : Benitez "El Cordobes, Manzanares : josé marie)
Y el ponpon : Saray Maria pour Marie Sara of course.
Fortiche, le pastiche, non ? Joviale l'enculette estivale... Effectivement, quand l'arène se remplit de vacanciers, oui, ceux là-même qui ont été peints et dépeints par Dubout, il est concevable qu'ils aient confusément retenus des bribes phonétiques de célébrités et que par vague analogie alzheimerisée, ces sons fassent "tilt" dans leur esprit et comme par magie, ils se rendent à l'arène !
Disons un peu comme moi en matière de golf qui crois savoir que cela se joue dans les bois parce qu'un tigre aime bien putter.
Non ? Ah mais oh... j'écris pour les universitaires, moi, pas pour les clampins... Tigre Bois, le champion... Tiger Wood, si vous êtes bouchés.... qui fit ses excuses publiques pour son addiction au sexe, vous voyez pas ? Bon, c'est pas grave, on reste amis. C'est une addiction le sexe ? Mais naturelle alors, non ? Rien de pathologique, si ? Y'a débat, je sens...
Alors, je me rends moi aussi, et décide aujourd'hui de signer mes écrits de sorte qu'ils plaisent au populo : Mac Lévi
Il n'empêche, et si c'était faux, je serais un brave médisant, moi...

mardi 3 août 2010

Et voilà… J’étais bien tranquillement installé dans la moiteur de l’été, sans envie aucune, quand ce titre de journal me sortit de ma torpeur : La feria d’Abou Dhabi est attribuée à Simon Casas. Enfin ça revenait à ça. J’ai tout de suite regardé le coin droit de la page, mais non, on n’était pas le premier avril mais le cinq août. Le jour d’aujourd’hui quoi, comme disent les excités du pléonasme télévisé. Me sont revenues les paroles de Casas sur France-Inter : « nous ne sommes pas des expansionnistes ». Mais bon, faut reconnaître, il y a des offres qui ne se refusent pas. Même le Louvre a fait les yeux doux. Et nous, on ne va pas tarder à bander avec les oreilles – comme des filles mais avec une tendance maso - quand on écoutera les grands écarts lyriques par lesquels Simon va nous justifier une implantation taurine au pays des dromadaires. On doit se faire chier à Abou Dahbi, non ? Et puis, réalisez un peu quel pied ça va être pour un créatif comme lui, d’embobiner ces Cheikhs archi-provisionnés sur un territoire absolument vierge de connaissances taurines… le fantasme absolu… ce serait comme… chai pas moi… un éditeur (qu’aurait des puits de pétrole aussi) qui vous dirait :
- Tiens, voilà cinquante millions d’euros, des stylos et des pages blanches, écris ce qui t’amuse, j’en ferai un best-seller.
Ou alors qu’à trente ans on vous dise :
- Tu vois cette jeune vierge là-bas ? C’est la plus belle femme du monde, elle veut tout connaître de l’amour et du plaisir et elle t’a choisi comme initiateur pour une année. Le cadre ? L’île d’Arros, prêtée par Liliane. Vous courrez tout nus dans les vergers de l’île pour cueillir tous ses fruits juteux… Bon seule contrainte, de temps en temps Woerth vient y bronzer, tout paradis a son serpent.
Trop jouissif ! L’éclate pure et simple pour Saint Simon ! Il sera le producteur, le philosophe, l’impresario, le prédicateur, l’artiste suprême, que sais-je encore, le prophète quasiment, une sorte de demi-Dieu enturbanné et djellabatisé. J’vous dis pas tous les amis qu’il va voir se faufiler dans son sillage. Et puis on ne prendra que les meilleurs, là-bas, dans tous les domaines. Allez savoir s’il n’est pas déjà en relation avec les sommités généticiennes du monde moderne pour créer le toro à quatre oreilles, celui qui permet des triomphes majuscules… Nouvel a été approché et on croise très fort les doigts pour que ce soit pour dessiner l’arène et non l’affiche ! En ce qui concerne les bouts d’habits de lumière, Lacroix est pressenti évidemment. Pour les alguacillilas je verrais bien Claudia Schiffer et Adriana Karembeu, enfin pas de la teinte, de la vraie blonde quoi, choisie sur foufoune.
Ouaaaah le luxe… vous imaginez ? Pour le peon qui a commencé sa carrière en Extremadure … finir dans le jacuzzi en marbre d’une suite de palace tapissé de feuilles d’or…. ? Entre deux impulsions subaquatiques, il va chialer en se remémorant su abuela fusillée pour avoir volé quatre oranges dans le cortijo voisin pour délivrer sa progéniture des coups de cornes de la famine !
Ah putain, Simon-le-Pionnier, si tu n’existais pas, faudrait qu’un écrivain t’invente dans un de ses romans. D’ailleurs va savoir si un des candidats du prix H qui viennent espournifler par ici, ne va pas nous pondre une nouvelle arabo-andalouse de bon aloi. Verts, qu’ils sont les antis. Et les resenas de Zocato ? Vous les imaginez ses resenas bercées par la brise chaude des cordons dunaires et les roulements d’embounigue des danseuses orientales ? Chaud-bouillant qu’il va être le Zocato ! Et qui vous dit que je ne finirai pas moi-même pétrisseur de cellulite Abou Dhabieuse et passeur de savoir taurin franchisseur de dunes ? j’ai le 4x4, déjà. Ah ben non, on a dit qu'on prenait que les meilleurs... Inch Allah, tous à la gamelle !

Débat

Bon allez, un petit conseil en passant : dépêchez-vous d'aller écouter ça :
http://http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/index.php?id=93945

il s'agit du "téléphone sonne" du vendredi 30 juillet

mercredi 28 juillet 2010

Catalans et antis

De ce côté-ci des albères, personne ne se revendique plus catalans et aficionados, que les Céretans. Eux, qui n'ont pas comme principal souci de se couper de l'Espagne, sont fiers de leurs goûts. Pour la Catalogne espagnole par contre, tout ce qui la sépare de la patrie mère est une victoire importante et jouissive. Il est probable que nous réalisions aujourd'hui que la dernière corrida vue à Barcelone était effectivement la dernière. Car comme le dit un commentaire d'Alfredo Garcia sur Rue 89, il est devenue insupportable aux barcelonnais de voir José Tomas s'y produire car :

"il est beau, intelligent, cultivé, met souvent sa vie en jeu et est gay, soit tout le contraire de l'illustration de la barbarie des beaufs que la culture civilisatrice barcelonnaise veut faire passer à propos de la tauromachie"

dimanche 25 juillet 2010

Amour Indien



Qu'est-ce qui se passait, papa, quand tu étais petit et que tu chassais avec les Indiens ?
- Je ne sais pas ; Nick était éberlué. Il n'avait même pas remarqué que le gamin s'était réveillé. Il le vit assis là, sur le siège. il s'était cru seul mais l'enfant n'avait pas cessé d'être là. Il se demandait depuis combien de temps. "On partait souvent toute une journée chasser les écureuils noirs, dit-il. Mon père ne me donnait que trois cartouches par jour. Il disait que ça m'apprendrait à chasser et que ce n'était pas bon pour un gosse de tirailler dans tous les coins. j'y allais avec un garçon qui s'appelait Billy Gilby et sa soeur Trudy. Je me rappelle un été... nous sortions presque tous les jours.
- Quels drôles de noms pour des Indiens.
- Oui, n'est-ce pas ? fit Nick
- mais dis moi, comment étaient-ils ?
- C'était des Ojibways, répondit Nick, et ils étaient très gentils.
- Est-ce que c'était agréable d'être avec eux ?
- C'est difficile à dire", répondit Nick Adams.
Fallait-il dire qu'elle avait fait, la première, ce que personne n'avait fait mieux depuis ; fallait-il parler des jambes brunes et charnues, du ventre plat, des petits seins durs, des bras qui enlaçaient si bien, de la langue agile, des yeux plats, du bon goût de la bouche. Fallait-il parler ensuite de la gêne, de l'étreinte, de la douceur, de la moiteur, de la tendresse, de l'étreinte encore, de la souffrance de la plénitude et de cette fin qui ne finissait pas, qui ne finissait jamais et tout d'un coup était là, quand le grand oiseau s'envolait comme une chouette dans le crépuscule ; fallait-il dire que cela n'arrivait qu'en plein jour au milieu des bois avec des aiguilles de pin collées au ventre.
Ernest Hemingway "Pères et Fils" in Hemingway Nouvelles complètes

Little Big Girl




J’ai des souvenirs précis des jouets préférés de l’enfant que j’étais. J’ai tué un nombre incalculable de passants dans la rue de la Cité-Foulc avec le pistolet de Joss Randall alias Steve Mac Queen, ce modèle au canon long dont le holster s’attachait élégamment au genou : quel petit d’homme ne rêvait pas d’un phallus si long et si puissant qu’il doive le rabattre et l’attacher en poutre composite le long de sa cuisse ? J’ai joué souvent aux cow-boys et aux Indiens avec mes figurines plastique. Les Indiens dérouillaient toujours plus, influencé que j’étais par le statut de héros d’un John Wayne manichéen et omniprésent à l’époque, jusqu’à la gifle reçue par ''Little Big Man'' avec un Dustin Hoffman émouvant nous faisant partager ses amours indiennes sous la peau de l’ours et puis la révélatrice horreur du massacre final, dans tous ses détails, au ralenti, et en musique s’il vous plait. J’étais captivé par les reportages télévisés sur les trappeurs canadiens et américains, par les lectures de Jack London, ses aventuriers du grand Nord, leurs chiens, leurs luttes, leurs vies dans la forêt dans les cabanes de fustes où brûlait un vieux poêle rouillé qui réchauffait du café noir dans une timbale de fer cabossée, soutenue par la grosse main calleuse d’un type buriné dont la seule présence taiseuse indiquait quel surhomme il était pour surmonter les effroyables conditions de vie. L’aventure était là-bas, d’un exotisme total. Alors, je le construisais mon chalet en rondins de bois, inlassablement, grâce au jeu de construction ''JeuJura'' offert par ma marraine suisse, dans ma chambre, avec pour seul exotisme la fertilité de mon imagination. Combien de fois l’ai-je monté ce chalet de trappeur, au milieu des sapins, dans la neige, au bord d’un lac, près d’un billot et d’une hache où je débitais les bûches pour le vieux poêle noir, à la lisière d’une forêt sombre où grognaient les grizzlys, où hurlaient les loups dont j’allais réguler les audaces avec ma Winchester 30-30. Combien de fois l’ai-je entraperçue dans les bois environnants, la belle Indienne de mes fantasmes, ma belle squaw au regard farouche et doux à la fois, qui s’enfuyait lentement en me regardant, montant son Appaloosa à cru, l’enserrant de ses cuisses brunes pour le guider avec douceur et fermeté ? Combien de fois ai-je vu son œil de biche luire du désir de se donner à moi dans la lumière du feu de bois de ma cabane en rondins, ilôt de chaleur et de bonheur au mitan du grand silence blanc ?
Alors, avec mes bûchettes, fabrication française garantie, je l’ai bâti et rebâti, maintes fois, je m’en souviens comme si j’avais arrêté hier. Alors quand je l’ai vu, celui-là, tout seul au milieu de sa petite forêt, oh certes pas dans le Montana, on a les aventures qu’on peut, mais là, tout près, en Lozère, je l’ai reconnu. J’y suis allé comme guidé par l’instinct d'un ''Nez-Percé''. Non loin de là, un type est sorti d’un chalet beaucoup moins rustique, bien plus cossu, un de ceux qui n’ont rien à voir avec les fustes de trappeurs.

- Bonjour monsieur, je me suis permis d’entrer… je voulais vous demander si ce chalet n’était pas à louer par hasard… ?

- Non, pas vraiment…

- Maman il est trop beau, on peut y aller ?

A dit ma fille à cet instant et la flamme dure dans le regard du type a vacillé. S’en est suivi une aimable discussion sur tout et surtout sur rien, durant laquelle le type nous jaugeait, apprenait de ''quel style on était''. Une de ces familles de Marseillais mal élevés qui viennent remplir des camionnettes de cèpes en renversant tout sur leur passage ou de gentils bobos bien écolos comme il faut, non chasseurs, non fumeurs, qui trient consciencieusement leurs déchets et ont horreur des activités sanguinolentes comme la corrida ? Mais pendant que tout cela se jugeait, Louise, elle, avait déjà investi les lieux et nous attendait allongée sur la terrasse du chalet.

- Viens, papa, on est trop bien, ici…

Nez-percé peut-être pas mais nez creux, oui... Le type ne pouvait décemment plus passer pour un salaud devant tant d’enthousiasme ingénu… merci Loulou… Evidemment, j’aurais préféré manier la hache et la tronçonneuse, perdu au milieu du grand silence blanc, sur un terrain m’appartenant… mais il y avait un centre équestre tout près et quand j’ai vu au travers des mélèzes, le premier galop de ma fille sur ''Tomahawk'' son bel Appaloosa, je me suis dit qu’il n’y avait que cette petite femme-là qui dans un autre registre pouvait me donner autant d’émotion que la squaw aux cuisses brunes et fuselées de mon adolescence et que, pour ce rêve-là, j’étais peut-être arrivé.












samedi 24 juillet 2010

Depuis ma Vuvuzela 10 et fin ...

Salut les gens… I’m back. Il fallait bien ''remater'' cette série qui vous a tenus en haleine durant toute la coupe du monde, quand même. Ecouler mon stock de photos de vuvuzelas piquées sur la toile. On aura bien ri, jaune quand même, avec nos Bleus particulièrement juteux pour tous les pisse-copie de la planète infoutus de dribbler le moindre défenseur (ils ne sont pas seuls, Anelka aussi…) mais toujours aptes à moudre du grain. Alors, là, quels arômes de jus de chaussettes ! Du Robusta ! De l’Arabica ! Du Pipi-caca ! De l’expresso molto cremoso. De la Zahia-Berezina… trop nuls, les mis en examen… Des Zahia, y’en a des milliers dans les bordels d’Allemagne et d’Espagne, toutes majeures et vaccinées… aux prestations hautement qualifiées (…ben non… mais j’me doute…) mais non, nos héros ont réussi à en trouver une, mineure et décérébrée, avec qui jouer collectif vu que se faire des passes est leur déformation professionnelle. Aaaah le mythe de la virginité (éculé en ce qui concerne Zahia, il semble et … ouh-là... à une consonne près...) de la jeunesse périnéale, de l’écrin de velours encore étroit, pas encore distendu par les multiples explorations frénétiques d’aventuriers intrépides et les douloureuses récoltes de fruits mûrs tous les neuf mois. Enfin, on espère pour la nouvelle équipe un vrai remaniement d’état d’esprit qui tient en une phrase : jouer pour servir et non se servir. C’est le signal envoyé par le grand chef Blanc pour le prochain match qui ne retiendra aucun des vingt-trois, histoire de marquer les esprits. Si esprits il y a.

Je crois, à la mine réjouie de l’Andalou octogénaire dont je soigne la moitié, que la ''Roja'' a gagné, finalement, non ? Et puis Nadal, et puis Contador… Heureusement, pour le sport et la morale, parce que les bataves distributeurs de tatanes qui taclaient à hauteur de la gorge, moi arbitre, ils jouaient à huit au bout d’une demi-heure. Ils sont lâches ces arbitres… tant qu’il n’y a pas d’enjeu, ils sont autoritaires, mais après… Dans le jeu, étourdis par la technique, ils ont enragé, les oranges… Autant que sur le ring, une frappe des rues face à la science d’un « Sugar » Ray Leonard. Pensez, trois finales de Coupe du Monde perdues, ça commence à titiller le haricot. Ben oui, mais ce n’est pas à grands coups de tatanes bataves que se construit un jeu intelligent et beau. Au fait, c’est l’Espagne ou la Catalogne qui est championne du monde ? Ils ont fêté ça en Catalogne ou bien ils ne se sentaient toujours pas Espagnols ? Vexés que leurs joueurs aient permis à l’Espagne de gagner ? Je n’ai rien su à ce sujet, si quelqu’un a un retour, ça m’intéresse.

Enfin, je parle beau mais je ne suis pas plus malin qu’un footballeur. Sinon j’aurai fait quelque chose de bien, question carrière, tiens, ''Photographe de Bettencourt'' par exemple ou je sais pas moi, ''Masseur de Woerth'', voilà de bons jobs. Et l’autre chargé d’affaires, qui sirote dans le bigophone à la richissime Liliane : « pour mon petit cadeau il serait bon que vous me l’attribuiez en liquide et je pourrais alors m’offrir le bateau de mes rêves ». Juste pour lui donner une échelle de valeur à sa patronne, voyez… Un test, remarquez, pour savoir si comme le prétend sa fille, elle est gâteuse : on doute qu’il s’épanouisse dans un Zodiac de trois mètres avec un moteur électrique, alors si jamais elle lui offrait ça...

Aujourd’hui j’ai moi aussi eu un ''petit cadeau'', non sollicité, dans le cadre de mon travail : quatre courgettes et deux énormes tomates. Invendables sur un marché. Mais de luxe. Bio. Cultivées à l’ancienne, au fumier de cheval, dos courbé et arrosées de la sueur du jardinier. Il me les a données solennellement, avec des gestes lents, comme un trésor qu’on ne partage qu’avec ceux capables d’évaluer le goût de l'authenticité et la valeur du travail bien fait. Un beau cadeau. Je l’en ai remercié chaleureusement, à la hauteur du sacrifice consenti car il me donnait ce qu’il pouvait produire de plus beau, de plus sain, de plus goûteux. Ce qui s’appelle ''le respect du produit'' et ''l’excellence'' dans les restaurants étoilés, rétrocédé à prix d’or mais qui n’est en fait qu’un produit tellement naturel qu’il ne représente plus la norme. Je l’ai cuisiné pour mes enfants et il en aura un retour élogieux qui l’emplira de fierté. Et la terre tournera rond.

Parler de retour me rappelle que j’ai oublié de demander à Eddie Pons et Antoine Martin qui sont récemment intervenus en prison, de m’écrire leur ''Back to Alcatraz'' ou ''A la vuelta de Carabanchel'', enfin une resena humoristique (pléonasme en ce qui les concerne) pour le blog : ils me l’auraient concédée vous croyez ? Ouais, je pense comme vous, ils ne doivent pas avoir que ça à foutre. J’ai bien fait de m’abstenir. C’est dommage, hein, parce qu’il doit bien y avoir un mec au cours de cet atelier d'écriture qui les a collé au mur avec un couvercle de boîte de conserve mal prédécoupé sous la glotte, en leur aboyant un : « redis-le qu’elle est pas bonne mon histoire, redis-le pour voir… ? »

Non ? Ouais, il est possible que j’idéalise. On saura jamais, donc. Ce matin en tout cas, chez les Andalous, ça sentait la sardine grillée et le beignet d’aubergines et la mamie m’a dit :



« Maintenant, mon pauvre, il pisse partout… et reste prostré toute la journée devant la télé. Il n’y a que lorsque vous venez qu’il s’anime un peu… et quand l’infirmière vient, enfin, quand c’est la Sylvie, la plus jeune, alors là oui, pour faire le beau… Sauf pendant la toilette quand elle arrive à ses parties, alors là vous l’entendriez : doucement, doucement, qu’il lui dit… c’est fragile… comme si ça pouvait encore servir… la dernière fois qu’il a essayé, il a failli mourir étouffé, et m’écraser… on aurait dit qu’il avait escaladé trente six étages… Et puis, hein, si vous saviez ce qu’il m’a fait au bout de quatre jours de mariage… quand je l’ai dit à ma mère, elle m’a dit ''rentre tout de suite à la maison'' mais j’avais tellement honte que je ne suis pas rentrée… et voilà, quatre jours après mon mariage je l’aimais déjà plus… maintenant je sais qu’elle avait raison, j’aurais dû rentrer… comment passe une vie…! »

Vu que la séance est finie et que je n’ai aucune envie de savoir ce qu’il a pu lui faire au quatrième jour de son mariage, je m’approche de la porte quand le papi à la surdité sélective nous gratifie d’un hypocrite :

- Et soignez-la bien hein, c’est ma femme…

- Si… comme tu m’a soigné toi toute la vie ? lui rétorque sa moitié, l’œil noir.

Cela ne l’affecte pas et il attend que j’ai posé un pied dans le couloir de l’immeuble pour me lancer comme à chacune de mes sorties, son goguenard :

- Et allez les bleus, les bleeeuuuux, beeeeuuuuu….