Un Don qui choque

Un Don qui choque
Qui Chipote ?

mercredi 15 février 2017

Boix vs Balaña


C'est à ce propos que Salvador Boix, qui "apodère" à nouveau José Tomás en plus de ses activités de chanteur et d'écrivain, écrit au propriétaire des arènes de Barcelone pour lui faire part de son indignation :

Quelle honte Pedrito,
De quoi as-tu peur ? Peut-être t’a-t-on menacé ? Qui ? Où ? On t’a dit que si tu essayais, on regarderait dans des comptes courants et sous les sièges de tes cinémas et tu as pris peur ? Peut-être devrais-tu l’expliquer si ça s’est passé comme ça. Mais tu ne le feras pas et bien-sûr tu n’affronteras pas le danger parce que tu as peur et que tu manques de courage. Tu t’es toujours caché au lieu de réagir comme un homme, comme un être qui a de la mémoire et de la dignité. Tu te chies dessus et tu regardes ton portefeuille au point de trahir ta propre histoire et celle des gens qui t’ont respecté et qui t’ont permis de devenir riche.
Je suis sûr que ça fait longtemps que tu avais tout planifié et pactisé avec les puissants comme toi, moyennant une forte somme, en ourdissant en secret de manière abjecte et lâche la dernière razzia envers la tauromachie. L’histoire le révélera et si je suis encore là je te le rappellerai.
Les pauvres aficionados qui avaient eu confiance en ta dignité et ton courage pour être à la tête de la lutte – au moins lutter – pour la résurrection, ressentent en ce moment une grande désolation et sont surtout indignés. Tu nous as trompé; tu as commis une escroquerie morale et historique; tu  as trahi la bonne foi de beaucoup de gens qui avaient la certitude que tu rendrait à la Corrida quelque chose de ce qu’elle vous a donné tout au long du siècle dernier. Tu n’avais qu’à mettre le fil dans l’aiguille de la lutte. Rien que cette lutte t’aurais racheté, Pedrito. Mais tu n’as même pas voulu faire cela. L’histoire écrira que Balaña fut un pusillanime sans le courage nécessaire pour restaurer la tauromachie à Barcelone, même avec la loi de son côté. Tu ne devrais pas pouvoir dormir tranquille, Pedrito. Mois je ne pourrais pas.
L’afición est très déçue et outrée. Ingénus, les aficionados pensaient que tu serais à leurs côtés : le pauvre Gibert, qui y a laissé sa santé; et Josa; et beaucoup d’autres qui luttèrent pour rétablir notre dignité bafouée en 2010 ne méritent pas cette traîtrise de ta part.
Toi, ton père et ton grand-père vous avez vu couler le sang des vaillants sur le sable de la Monumental tout au long de ces cent ans et à leurs dépens vous êtes aujourd’hui écœuramment riches.
Mais vous n’avez pas récupéré une once de leur courage. Quelle mal chance !
Vous avez démontré être des lâches, indignes de la fortune que vous avez gagné en vidant les fémorales des toreros et les illusions des gens.
Tu n’as pas le droit, Pedrito. Tu n’as pas le droit.
Salvador.
***
 
Qué vergüenza, Pedrito.
¿De qué tienes miedo? ¿Te han amenazado, quizás? ¿Quién? ¿Dónde? ¿Te han dicho que si lo intentabas te inspeccionarían las cuentas corrientes y las butacas de los cines y te has espantado? Tal vez tendrías que explicarlo si es que ha sido así. Pero no lo harás, y aún menos darás la cara, porque tienes miedo y te falta valor. Siempre te has escondido en lugar de reaccionar como un valiente, como un hombre con memoria y dignidad. Te acojonas y te miras la cartera hasta traicionar tu propia historia y la de la gente que te ha respetado y que te ha hecho rico.
Seguro que ya hace tiempo que lo tenías todo bien atado y pactado con los poderosos como tú, con mucha moneda de por medio, urdiendo en secreto el último saqueo a la tauromaquia de forma abyecta y cobarde. La historia lo desvelará y si estoy, te lo recordaré.
Los pobres aficionados que habían confiado en tu dignidad y valentía para liderar el intento –al menos el intento- de resurrección, ahora están desolados y, sobre todo, cabreados. Nos has engañado; has cometido una estafa moral e histórica; has traicionado la buena fe de mucha gente que confiaba en que devolverías al toreo algo de lo que el toreo os ha dado a lo largo del último siglo. Solo tenías que poner el hilo en la aguja del intento. Tan solo el intento ya te hubiera redimido, Pedrito. Pero ni esto has querido hacer. La historia escribirá que Balañá fue un pusilánime sin el coraje necesario para recuperar el toreo en Barcelona, ni con las leyes a su lado. No deberías poder dormir tranquilo, Pedrito. Yo no podría.
La afición está muy decepcionada y enfadada. Ilusos, los aficionados confiaban en que estarías a su lado: el pobre Gibert que se dejó la salud; y Josa; y tantos otros que lucharon para restablecer nuestra dignidad arrebatada en 2010 no se merecen esta traición de tu parte.
Tú, tu padre y tu abuelo habéis visto correr la sangre de los valientes en la arena de la Monumental a lo largo de cien años y a su costa ahora sois asquerosamente ricos.
Pero no se os ha pegado nada. ¡Qué mala suerte!
Habéis demostrado ser unos cobardes, indignos de la fortuna que habéis ganado exprimiendo las femorales de los toreros y las ilusiones de la gente.
No hay derecho, Pedrito. No hay derecho.
Salvador.

vendredi 10 février 2017

No Passa Nada


Au fait, je ne vous ai pas dit 

Je suis allé voir « Paterson » aussi

 L’histoire chiante d’un type qui écrit

 Des poèmes chiants, par dépit

En prose libre, descriptive et basique 

 Sans âme, rythme, ni musique

Sans entrain ni feu ni fièvre

A conduire son bus, toujours mièvre

Passif dans l’intime adversité

Quand son chien son carnet a tout déchiré

 Et puis on est rentré chez nous

Un peu comme s’il ne s’était rien passé du tout

jeudi 9 février 2017

Cul-cul Land


M’emmener voir La La Land était à peu près aussi facile que de traîner un zadiste-vegan radical-écolo-zoolâtre intégriste arc-bouté dans ses certitudes, à la corrida… Mais bon, il faut bien faire plaisir, faire taire son cynisme et violer ses convictions pour partager des émotions avec les siennes toutes quasi amoureuses de Ryan Gosling, le petit gisclé rouquin… De mon côté j’aurais, parait-il, Emma Stone à me mettre sous les prunelles. Las, j’ai pas aimé ses yeux de grenouille et ses quilles de moustique…

Eh bien, croyez-le ou non, j’ai passé une bonne soirée ! Même si la confirmation m’a été donnée au passage que je n’étais qu’un vieux con au fil des dialogues lorsque le leader du groupe convainquit Ryan le jazzmen puriste, de devenir le clavier d’un groupe prenant des libertés mélodiques racoleuses pour plaire au plus grand nombre, par cette argutie :
  • Tu connais des ados, des jeunes qui aiment le jazz ? Non… y’a que des vieux qui écoutent ça… C’est fini le jazz !
Du coup, c’était moi qui tombais amoureux de Ryan, comme je le comprenais… J’en aurais eu des arguments à rétorquer à sa place, qu’il tut prudemment vu que 1000 USD par semaine, quand on est précaire, ça ne se refuse pas.

Alors j’ai supporté les ballets cul-cul dans la voie lactée, toute cette bluette à fifilles pour me concentrer sur la musique et les aléas de la vie de ces artistes qui se voyaient déjà en haut de l’affiche tout en servant d’infects cafés et en pianotant des "jingle bells" nœud-nœuds dans les restaurants, pour survivre.

L’élitisme du jazz n’a rien à voir avec l’âge mais avec l’oreille qui ne peut être éduquée si vite, mais bon, ceci est un autre débat… Vous aimez le jazz et la romance ? L’un ou l’autre ? Votre fille ou femme abrite dans son petit cœur tout mou un léger fantasme semi-avoué - c'est plus érotique - pour le beau Ryan ? (le petit gisclé rouquin introverti...) Vous pouvez y aller.

lundi 16 janvier 2017

La Pensée du Jour

Si Madrid éternue, c'est toute la tauromachie qui a la grippe


 Simon Casas

lundi 9 janvier 2017

La Pensée du Jour

Être de droite c'est penser qu'un noir n'a pas le droit de vote

Vincent Peillon

Maintenant c'est prouvé : on peut avoir importé du saumon de contrebande (source Wikipédia) être agrégé de philosophie et être con.

dimanche 1 janvier 2017

Beau comme un Italien...



Il est italien et porte 90 ans. Il semble heureux, non, pas comme un Italien quand il a des femmes et du vin, mais, si, quand même un peu. Il ‘’boit’’ deux mille euros de vin par an, les connaît tous, du Monrachet au Valpolicello. L’entendre en parler déjà vous allèche. Il précise ce qu’il faut manger avec tel ou tel vin plutôt que ce qu’il faut boire avec tel ou tel met. C’est un hédoniste. Il dort sous une couverture de laine mohair car, essayez vous verrez, c’est doux, chaud et très léger. Ça relègue d’après lui, une couette en duvet de canard à des années lumières de confort. 


Après le massage, quand il rajuste son pantalon, il chante de grands airs. De l’opéra. Peu importe qu’il y ait du monde de l’autre côté du rideau. Il tonitrue du bonheur, de sa grosse voix qui n’a jamais suscité de réaction négative, au contraire. Les gens sourient de cette audace, de tout ce bonheur qui se répand sans timidité. Et moi qui aime les fortes personnalités je jouis de voir mon cabinet se transformer en théâtre. Son prescripteur est une médecin discrète et effacée qui obéit aux consignes d’économie préconisées par la sécurité sociale. Ses ordonnances vont d’ordinaire de six à douze séances à l’acmé de sa générosité. Sizaine ou douzaine, sans doute parce qu’elle fait ses courses au marché : six œufs, une douzaine d’huîtres… parce que les médecins-radins mâles, eux, s’arrêtent à dix, c’est plus carré. Mais lui, obtient des séries de trente, qu’il lui impose de sa voix de baryton bass… elle s’exécute, tremblante :


- Dites, à mon âge, je n’ai pas le temps de passer perdre une matinée toutes les semaines dans votre salle d’attente, le pire endroit pour choper la grippe, qu’il lui balance dans un bruyant éclat de rire dont il ponctue la fin de ses phrases, ce qui désamorce toute velléité d'opposition.


Il traite d’égal à égal avec elle car il commande pour septs cent euros mensuels de médicaments divers de Chine, de Russie ou des Etats-Unis, avec lesquels il prétend stabiliser son diabète, remonter ses globules rouges et vaincre le cancer de sa maîtresse qui habite deux étages plus bas. Si on pousse un peu la discussion, il développe une argutie scientifique qui semble tenir la route sans que l’on arrive à déterminer s’il est meilleur pathologiste que vous ou s’il serait vraiment doué pour le charlatanisme. L’avenir, ne devrait pas le dire non plus…



L’autre matin, il m’a assuré que le chat c’était bon, à condition d’habiter près d’un ruisseau. Sinon ça avait un trop fort goût de chat, justement, si on ne l’attachait pas à un arbre par la patte arrière, après l’avoir pelé, dans le courant d’un ruisseau de montagne. En tout cas, c’est comme ça qu’on faisait quand il était petit, dans son village des Abruzzes où l’on n’avait plus faim que l’on ne nécessitait d’affection féline. Les grenouilles, c’était la nuit qu’il les prélevait, et alors c’était un régal avec un bon Chianti. Mais le vrai luxe, le summum, c’était le hérisson, d’après lui.


-        - Ah bon ? Mince, mon chien m’en a ramené un l’autre jour, du bout des dents…


-        - Vous l’avez mangé j’espère ???


-        - Ben non, ma compagne toute attendrie, la libéré dans un terrain sans chien…


-        - Malheur ! Vous avez vraiment raté une occasion de vous régaler ! C’est un petit cochon le hérisson mais en dix fois meilleur !  Il a des petites côtelettes, des petits jambons, c’est dé-li-cieux !


-        - Ouais mais bon… avec une ''amie des animaux'' et une ado à la maison, si je tue une jolie bébête comme ça, je suis répudié direct…


-        - Et pourtant, quel délice… je vous assure… c’est un peu de travail pour le dépiauter mais c’est facile à tuer… si l’occasion se présente à nouveau… on peut dire qu’adolescent j’ai été trappeur et plus tard, ça m’a servi dans le grand monde quand j’étais chef d’entreprise, d’avoir été si débrouillard dans la nature : je ne craignais personne, et je m’adaptais à tous, quant à ceux qui auraient voulu me tordre, ils avaient des surprises ! Et il entonne enthousiaste :



Celeste Aida, forma divina,
Mistico serto di luce e fior,
Del mio pensiero tu sei regina,
Tu di mia vita sei lo splendor.
Il tuo bel cielo vorrei ridarti,
Le dolci brezze del patrio suol,
Un regal serto sul crin posarti,
Ergerti un trono vicino al sol.