Arène

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mercredi 28 janvier 2015

Architecture


A l'origine, un bâtiment existant très laid et bien pourri. Puis un appel d'offre comme un défi : concevoir aujourd'hui de cette base plus qu'ingrate, un musée de la mer moderne. Un musée dont la robe est belle, dont la peau fait envie, le grain appétissant et la silhouette remarquable. Un musée qu'on aurait spontanément envie de pénétrer en somme sur la promesse d'une apparence avant même d'en cerner le contenu. Comme certaines icônes de beauté.
C'est difficile, sûrement plus difficile de partir de ''ça'' que de partir de rien, d'un sol nu à partir duquel tout, sans contraintes, peut être inventé. Tout proche, là, à ses pieds, le cadre comme une exigence supplémentaire : quoi de plus somptueux que la Méditerranée ? Lumineuse, mouvante et polymorphe. Dangereux miroir qui ne supporte pas la médiocrité. Jamais semblable mais toujours splendide. Peut-être comme la femme qui se lève le matin à vos côtés et qu'il va s'agir au fil des ans de ne jamais décevoir. Alors le moindre coup de crayon s'arme du tranchant des lames définitives, il peut gâcher ou sublimer, déparer ou s'inscrire durablement. Quand on planche sur des réalisations difficiles, il est si facile de se tromper, d'être ce torero qui ne sait pas voir son toro, d'être là, au centre de tout, confronté à l'évidence de la justesse à créer, de l'adéquation à trouver. On sait depuis longtemps à quel point dans tous les Arts, l'évidence n'est jamais la facilité perçue mais la résultante d'une somme de travail. Tentez le saut de biche d'un danseur étoile pour voir.
Au centre, du ruedo, face aux contraintes, entouré des sympathisants incultes et hors du ruedo, là, tout proches, entouré des ''antis'', ceux qui ne comprendront jamais, ceux que ça dépasse, à qui on ne peut expliquer ce chemin si long qui construit un homme et une passion, sa culture et sa pensée et ce dessin qui en l'occurrence les prolonge. Il faut se débrouiller avec ça et parfois n'être compris qu'après sa mort tellement on avait d'avance.

Comme il est difficile au talent de passer inaperçu, cette réalisation de Nicolas Crégut a été sélectionnée dans la short-list des Wan Awards, un petit concours mondial d'Architecture aux mille cinq cents entrées, trois cent soixante-onze juges et soixante-douze pays...

Pourquoi je vous en parle ? Parce que les hommes de talent ne courent pas la rue aussi nombreux que les ''encierristes"" de Pamplona et que celui-là, du talent, il en a; puisqu'il supporte mon amitié depuis l'enfance... Je voulais donc lui dire un "chapeau l'artiste" public : Bravo Nico.  


lundi 26 janvier 2015

Bosque Ardora dixit Maja Lola

Z'avez vu ? Ca a pas traîné... L'Espagnole savante a embisté aussi sec... Le remugle bestial... la sexualité sylvestre... l'enchevêtrement corporel... les petits cris du marécage... elle est sortie du bois des fantasmes chaude-bouillante la Lola... ;-)   
 
Il faut déjà accepter que le flamenco puisse être multiforme (divers « palos », influence d’autres musicalités et expression d’autres régions et terroirs du sud et du levant) et il faut surtout admettre qu’il est « vivant » et donc évolutif et surprenant dans son enrichissement progressif et, espérons-le, sans fin ….

Ce festival nous a d’ailleurs donné une belle démonstration de ce métissage. Sonorités arabo-andalouses (oud et canun) accompagnant El Lebrijano, cuivres, piano et violon avec le fougueux El Grilo …)

De même, dans le domaine de la danse, si tu comptes réduire le Flamenco aux volants froufroutants à pois et aux zapateos, je ne m’étonne pas que tu te vautres  avec ironie dans les descriptions ridiculisant les sourcils Frida Kahlo de Rocío et les olfactions bestiales de l’animal traqué.

Et tu n’as retenu que ça, vil coyote ?

Et sa gestuelle ? Et ses enchevêtrements sophistiqués et étourdissants des corps ? Et la rythmique du mouvement en totale communion avec la musique et les cris et bruitages de la mystérieuse forêt ? …. L’illusion d’odeur de cet humus sylvestre se répandait presque dans la salle.

Oui. J’ai adoré. J’ai aimé dès le début la mise en scène originale par la projection plein écran des étendues d’eau clapotant, du galop sauvage de la cavalière et d’une forêt mystérieuse et embrumée se faisant écho de cris d’animaux.

J’ai trouvé beau le décor scénique dévoilé ensuite dans des teintes et frondaisons automnales (et oui, même l’arbre à l’envers, m’a semblé singulier par ses racines curieusement aériennes) donnant ainsi la profondeur et la dramaturgie à la chasse onirique qui allait se dérouler sous nos yeux.

Bien sûr, j’aime aussi le flamenco que tu décris. Le classique, celui qui se danse après un apprentissage et une passation et transmission dans les tablaos et les corrales, celui qui naît d’une impulsion quasi-génétique, spontanée et naturelle, qui sort des tripes ….. mais devant l’énergie créatrice de ce petit bout de femme, la virtuosité de chaque mouvement de son corps et, surtout, la gestuelle tellement surprenante, novatrice et époustouflante, j’ai effectivement été séduite et emportée par ce phénomène incandescent et animal.

Je parie que cet animal monstrueux et fascinant ne doit pas être encore répertorié en zoologie … qui sait, peut-être une mutante. Mais pourvu que de telles mutantes peuplent encore les forêts.

Forêt, Faune, Foufoune


Ça renardait l’autre soir au théâtre pour l’apothéose.  Ileno, et Rocio moulinant, un masque foxy sur la tête.  

Je ne suis pas moderne. J’aime pas quand les arbres sont à l’envers… Enfin, il est des occasions où je n’ai pas envie d’avant-gardisme contemporain. Par  exemple quand je vais voir, une fois l’an, un spectacle de flamenco. En bon quinqua rétrograde, je viens plutôt chercher le monde que j’ai connu et qui inexorablement s’éloigne de moi… J’adore le vieux serveur des tendidos de Las Ventas dans sa livrée faussement chic, veste bordeaux élimée, chemise blanche, cravate noire, le cheveu rabattu et gominé cachant la calvitie, et stylé grande maison pour servir le ‘’Wiki’’…. Mais peut-être n’existe-t-il déjà plus, c’était il y a quelques années... J’aime pas le petit homo branchouille, pull vert pistache et lunettes Mikli rouge, ouvertement désespéré par mon look, qui vient me déposer une assiette sophistiquée en tortillant son petit cul épilé, je préfère le serveur à l’ancienne de chez Duran à Figueras, dans son costard ‘’hôtellerie’’ démodé qui me sert la paella dans une vieille paella noire où les sucs se concentrent depuis des décennies… Mais peut-être n’existe-t-il déjà plus, c’était il y a quelques années… Alors pour le flamenco, dans mon fantasme de nostalgique assumé, mon imaginaire va vers la jupe volantée, la guitare, le feu de bois, le chemin poussiéreux du Rocio… D’ailleurs, je ne m’étais pas battu pour avoir des places. De même que j’ai rayé Israel Galvan de ma carte. C’est inopinément que je me suis retrouvé le postérieur dans un fauteuil d’orchestre de velours rouge à espérer une jolie Rocio. Je ne sais si c’est par comparaison facile, mais elle ne l’est plus, jolie, dans sa vilaine robe sylvestre, même si deux faunes lui couraient après dans le bosquet ardent, pour la pecho grave à coups de reins à peine suggestifs. Plutôt très réalistes. Et vas-y que je t’en mets un petit coup par devant ou par derrière, oh pardon. En plus, elle avait semble-t-il égaré sa pince à épiler depuis un temps certain, et pourtant je ne suis pas très sourcilleux. Vous êtes encore là ?

Non parce que, je reconnais que ma resena vaut autant qu’un compte rendu qu’écrirait Ribéry sur les progrès de la chirurgie esthétique maxillo-faciale, mais bon, vu que l’accès au théâtre n’est pas interdit à des béotiens comme moi et que la liberté d’expression, n’est-ce pas… gnagnagna, etc… ok ? Si c’est la première fois lecteur, que tu atterris sur ce blog et que tu ne comprends pas tout, c’est normal, faudra t’habituer.

Donc, deux faunes à demi nus reniflant qui la foufoune, qui le fessard d’une Rocio qui se pensait chasseresse avant de s’avouer la proie de toutes les convoitises jusqu’au manque de fantaisie d’un des chasseurs, c’est ça le pitch, comme il dit Ardisson avec son grand sourire niais. Standing ovation des entendus et applaudissements assis-courtois des décontenancés de la nostalgie. Ce qui serait bien c’est que mon ex-collaboratrice flamenca monte à la resena, je la cite, en tout cas, les index bien plantés dans le clavier, car elle a « adoré ». C’est vous dire si ça devait être bien.
 
photo Midi-Libre

lundi 19 janvier 2015

Pas Charlie...


Vu sur le net :



Cet ignoble attentat et le sentiment d’horreur qu’il suscite ne doit toutefois pas masquer la réalité. On peut penser que les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo représentaient l’insolence, la satire, l’anticonformisme l’intelligence et le courage, mais on ne peut pas dire qu’ils représentaient la liberté, la liberté d’expression, la liberté de penser.
 En 1996, les piliers de l’hebdomadaire (Cavanna, Charb et Val) lancent une pétition pour faire interdire le Front National. Pour les idées qu’il défend, pas pour des actes illégaux.
 Plus récemment, Charlie Hebdo s’en est violemment pris à Eric Zemmour et demandait de l’interdire d’antenne.
 Val, le Directeur de Charlie Hebdo s’est glorifié d’être “les héritiers des porteurs de valise du FLN''. La liberté d’expression ne peut être réservée à ceux qui sont politiquement corrects !
 Le chœur de louanges adressé aux dessinateurs de Charlie Hebdo a quelque chose de malsain et de dangereux pour la liberté lorsqu’il émane de personnes qui se sont illustrés pour leurs actions destinées à empêcher ceux qui ne pensent pas comme eux de s’exprimer.
 Je cite un article paru sur Boulevard Voltaire qui s’adresse aux politiques et journalistes :
 

 Vous êtes Charlie aujourd’hui, mais vous n’étiez pas Éric Zemmour hier, quand il s’est fait virer d’i-Télé pour raisons politiques. Pire encore : vous pétitionniez à tour de bras pour l’évincer du service public.
 Vous êtes Charlie, mais vous n’étiez pas mon ami Robert Redeker en 2006, quand un papier critiquant l’islam dans Le Figaro lui valut une tornade de haine : graves menaces de mort qui le gardent encore aujourd’hui sous protection policière, désaveu et silence de la classe intellectuelle et journalistique, lynchage dans les règles de l’art sur le plateau d’ ONPC .
 Vous êtes Charlie, mais vous n’étiez pas Clément Weill-Raynal, pour certains votre confrère, mis à pied de France 3 pour avoir révélé l’affaire du « mur des cons » dont il fut le plus triste fusillé.
 Vous êtes Charlie, mais vous n’étiez pas Robert Ménard à son licenciement, Michel Houellebecq, Renaud Camus ou Christine Tasin à leurs procès respectifs pour avoir critiqué l’islam.
 Vous êtes Charlie, mais vous trouvez normal que le FN soit exclu de la manifestation hommage de ce dimanche à laquelle tous les partis seront conviés, et alors même que vous défendez l’union nationale, dont notre pays a, en effet, plus que jamais besoin.

 
 Je partage totalement ce qui est écrit.
En tant que Chrétien et Catholique, je peux prier pour les victimes de cet attentat et pour leurs proches, mais je ne me sens pas pour autant obligé d’approuver tout ce qu’on fait ces dessinateurs et journalistes dont les actes ne correspondaient pas toujours aux grands sentiments dont on les pare aujourd’hui.  Un site internet vient de publier quelques unes de leurs “meilleures” caricatures, dont celle du Pape en train de sodomiser un enfant.
 Non vraiment, je ne suis pas Charlie …

vendredi 16 janvier 2015

François se Fourvoie...


Je crois que nous sommes un pays très original. Libertaire et épanouissant ce qui ne peut être compris par tous. Peut-être le seul pays où le blasphème n’est pas un délit. L’Argentin papal qui jusque là avait ma grande sympathie, s’est fendu hier à mon sens d’une bourde indigne qui va creuser profond le fossé entre anti et pro-cléricaux. Entre croyants convaincus et sympathisants ouverts qui, comme moi, attendent de mourir pour savoir s’il y a quelque chose ou si l’entourloupe est totale, après avoir subi tout petit déjà, un copieux endoctrinement sans libre arbitre possible. Je reconnais qu’au moins cela peut parfois rendre poli, gentil, serviable et pas trop con… C’est déjà énorme, donc je critique pas… trop.

Cette autorité morale, spirituelle, philosophique et religieuse a posément expliqué hier que la liberté d’expression avait sa limite, qu’elle ne devait pas moquer ou offenser la foi et illustrant son propos d’un exemple concret il indiqua à un type à côté de lui qui n’avait rien demandé (un évêque pédophile ? un vicaire onanique compulsif ? un cardinal impuissant ? un carriériste bouffi et frustré ?) que si celui-ci disait du mal de sa maman et ben il lui foutrait son poing dans la gueule ! Vu le contexte, les familles des victimes apprécieront !!! C’est un peu en filigranes comme s’il avait dit que dans ce cas la violence se justifiait, pas moins ! Hallucinotatoire et bouleversifiant, non ???

Un peu comme si la frustration et la colère rentrée de plusieurs décennies de moqueries salaces avait trouvée là, la soupape vengeresse vaticanesque qu’on était trop content de libérer… A sa place, j’aurais le prochain assassinat terroriste au nom de la susceptibilité à la liberté, sur la conscience. Vite en confession.

Quant au mot bien incriminant de ‘’Blasphème’’ brandi à tout va, quelque chose m’interpelle : quelle que soit l’attaque, la critique ou la moquerie, si elle vient d’un athée ou d’un croyant d’une autre religion, y-a-t-il vraiment blasphème ? Aurait-on dans la salle un distingué théologien ? Il me semble que cela relève plutôt de quelque chose comme le parjure, non ?

Par exemple, tu es aficionado et tu beugles à tout va que José Tomas est un naze, un sans-couilles qui ne torée que des chèvres et que son actuacion de Nîmes n’est pas importante dans l’Histoire de la tauromachie : ben là, il est évident que tu es un blasphémateur, doublé d’un con frustré atteint de toristite aiguë ou que, je sais pas moi, tu avais la myxomatose ce jour-là, mon petit lapin, ou que tu as trouvé-là une magnifique occasion de te poser en grand connoisseur à qui on ne la fait pas vu que toi, t’as quand même remarqué le brochito 3ème,  eu égard au parcours du mec, tu vois ?

Mais si tu es président révulsé du crac, ou amoureux des 30 millions d’amis et des dons qui vont avec, ou chroniqueur parisien bobo végétarien nuitamment indigné universel, ben là, tu ne blasphèmes pas quand tu dis que Tomas est un nullard, tout est normal ! Ou si tu bosses à Charlie Hebdo et que tu déclares que les aficionados sont des gros cons psychotiques : tu ne blasphèmes pas non plus...

Par contre, si tu es prêtre et que tu abuses de l’innocence d’un enfant alors là oui, tu blasphèmes, saloperie de salopard d’ecclésiastique salopeur ! Viole plutôt une bonne sœur pas épilée qui sent l’oignon doux des Cévennes, là oui ce sera plus torero, bougre de frustré du crucifix !

Quant à tous les iconophobes musulmans que je salue au passage, j’ai trouvé ça dans leur Coran :

Abraham (Ibrahim) dit à son père Azar : prendras-tu des idoles pour dieux ? Toi et ton peuple vous êtes dans un égarement évident. » « Et [Abraham] mit en pièces [les idoles], excepté la plus grande, afin qu'ils s'en prissent à elle de ce qui arriva » (6:74, 21:59)

Les idoles : statuettes ou autres dessins… Si ça peut aider à économiser quelques balles de Kalachnikov… mais là, je le reconnais, je me prends quasiment pour Dieu… ce qui n’est pas grave de la part d’un athée… si tout le monde suit… ? En tout cas, lorsque tu te retournes pour constater ce que les religions ont inspiré comme tueries au fil des millénaires, tu te sentirais plutôt, sinon fier, du moins pas trop merdeux, de ne pas ressentir de foi. Amen.

jeudi 15 janvier 2015

Rompe Cojones



A chacune des extrémités de la table, le corps de monsieur B dépasse d’au moins vingt centimètres. Parfois il ronfle, parfois il s’épanche. C’est un douloureux chronique qui de par sa stature hors norme m’a déjà coûté un vélo et un tapis de marche dont les manuels d’utilisation indiquaient discrètement que la charge maximum autorisée était de 150 Kg.

Trop tard.                                                                                                                                                
Il  est aussi doux, gentil et naïf que son air est patibulaire.

-       Franchement, monsieur Delon, avouez… une femme… entre nous, hein… on pourra dire ce qu’on voudra… mais quand même… bon, on parle, là…, y’a personne derrière le rideau …? Tout le monde est d’accord je crois… entre nous… une femme… c’est casse-couille quand même…

 -       C’est vrai.

D’un mot, d’un seul, je l’ai libéré. Il se tortille et jubile reprenant :
-       Ah ! Bien content que vous soyez d’accord… c’est casse-couille… ! C’est pas que je sois mito mais…

 -       Myso ?

 -       Ouais, mysogame, là, mais…

 -       Misogyne ?

 -       Aquesteco…

 -       Mais peut-être pas toutes, si ?

 -       Franchement… ça se saurait… demandez autour de vous… c’est plus fort qu’elles… faut qu’elles nous emmerdent…

 -       Peut-être ne se montre-t-on pas à hauteur de leurs attentes… ?

 -       C’est ça… ''les attentes''… je vais me flageller… sans moi monsieur Delon, sans moi… faut qu’elles nous emmerdent, c’est dans leurs gènes… moi, mon espagnole, j’ai tout fait pour elle… j’ai perdu tous mes amis, toute ma famille… personne pouvait la sentir… elle était trop canon, trop élégante, ils en bavaient de rage – sont tous gros et moches dans ma famille – je bossais comme un Turc, je faisais les courses, je bricolais, faisait le potager… cuisinais… je sais pas moi… ben elle était jamais contente… !

 -       Ah mais oh, vivre avec quelqu’un, c’est d’un compliqué… !

 -       Je vous le fait pas dire monsieur Delon… surtout avec une femme… elles sont tellement casse-couilles…

 -       Peut-être que nous aussi mais on ne le ressent pas comme ça….

 -       Pfffff…. Siouplait ! Vous rigolez, non… Nous on est brave, on fuit le conflit

 -       C’est ce qu’elles appellent notre lâcheté, je crois…

 -       N’importe quoi… nous tout ce qu’on veut, c’est pas être emmerdé… tranquille… on a peu d’ambition, nous… avoir la paix… or, tu sors du boulot où tout le monde t’a à peu près fait chier et sur qui tu tombes… ? La pire des casse-couilles !

 -       On fait catalyseur…

 -       C’est ça ! Tout ce qui les a contrarié dans la journée, des conneries en plus, dont elles te parlent avec une intensité de fin du monde alors que toi tu trouves ça con, mais con… elles te le déversent comme si tu en étais responsable, tsé… n’importe quoi….

 -       En plus si vous avez le malheur d’avoir une oreille distraite ou d’être d’un avis divergent de celui qu’elles veulent ent…

 -       C’est ça ! C’est exactement ça ! Si t’as le malheur de pas penser pareil – 90% des cas quoi, vu qu’t’es un homme mon bonhomme ! – t’es mort !!! Te sortent les grands mots : compassion, compréhension, remise en question et t’aurais pas vu mon capuchon, toi, le roi des cons… Ooooh putaaaaaain….

 -       HA ! Ha ! Ha ! … Dur la vie à deux…

 -       Dur, tu dis… ? Pardon, vous dites ? Vous savez pas que même maintenant qu’on est divorcés et qu’on ne vit plus ensemble, elle me cherche pour se disputer ???!!! J’y crois pas… Et moi, bonne poire qui vais lui rendre un service, faire une course, l’emmener à un RDV, bricoler un truc… et ben elle cherche à me les casser… !!! L’autre jour je lui ai dis : Oh ! Suffit ! Maintenant que je n’ai plus les avantages, je ne vais pas poursuivre avec les inconvénients !!!

 -       Sûr… !

 -       Qu’est-ce qu’elle m’a pas fait faire… J’ai même essayé de tuer un toro pour elle, c’est vous dire ! Mon pauvre, j’y connaissais rien, moi, dans les toros… mais bon, j’avais vu faire et je m’étais dit : franchement, planter un fer dans ce gros machin furibard, ça doit pas être très compliqué… c’est tellement con, un bovin… Macarel ! La rouste de ma vie !  Il n’a vu que moi… Total, moi qui avais fait ça pour qu’elle m’admire, elle qui me gonflait avec ses toreros de ''sa tierra'', toute ma vie, elle me l’a ressorti en riant pour me ridiculiser ! Rien qu’avec ça, elle me les a bien brisé menu, je vous assure… Une française encore, elle m’aurait trouvé courageux d’y aller… mais une espagnole, pensez… elle s’est bien marrée…

Voyez monsieur Delon, une femme… je vais vous expliquer… un jour, ça va… deux jours… ça va, trois jours… passe encore, mais le quatrième, c’est plus fort qu’elle, faut qu’elle vous les casse ! Y’a toujours un truc qui va pas… et si tout va bien, elle l’inventera pour vous les casser, c’est comme ça : la femme est casse-couilles… !

 -       Et nous, nos couilles, c’est quand même ce qu’on a de plus cher…lol…

 -       EXACTEMENT !!! On est pas bien entre hommes, là… !? Aqui lou…

 -       Oui, si, bon, enfin… ça dépend… si…

 -       Aquesteco ! Quelles casse-couilles !!!

La Pensée du jour

 
En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin.

Chamfort