lundi 29 juin 2015

La Pensée du jour

Nous sommes en guerre. Il faut se réveiller. Il faut le comprendre: il y a nous, il y a eux, Daech & co. Il faut se réveiller à la guerre, s'avouer que ces gens-là sont ici, parmi nous, dans nos pays ; que leurs idées et leur argent viennent d'un pays qui s'appelle l'Arabie Saoudite et ses satellites et qu'ils veulent nous tuer et détruire nos traces et nos murs. Il faut se réveiller, se battre, prendre les armes, frapper en premier, avant eux. Les chasser et les pourchasser et ne pas attendre que nos régimes le fassent car ils ont peur d'eux et espèrent leurs soutiens pour nous encercler. C'est une guerre. Ceux qui ne l'ont pas compris, vont mourir. Le monde est en guerre. Quand un des leurs appelle à l'ouverture d'une ambassade de Daech dans notre pays et que ce régime ne fait rien, c'est qu'il faut songer à se défendre par les mêmes moyens, défendre nos maisons et nos enfants, seuls et en ne comptant sur personne. Il faut les traquer et les déraciner et les réduire. Il faut frapper celui qui lèvera la main sur votre liberté, osera s'accaparer un Dieu, un livre ou même un mètre carré, ne pas se sentir coupable, ni hésitant, ni incompris, ni seul. l'humanité, c'est nous, pas eux. Ma Tunisie tu n'es pas seule.
Kamel Daoud

mardi 16 juin 2015

La Pensée du Jour

Faire présenter son fessard à la jeune "Ex escort-girl" en légendant "Zahia Peta" fallait oser... C'est certainement pour ça qu'à l'emplacement du front il n'est fait aucune mention du morceau quand même bien utile de "cerveau".
Le sien serait à consommer avec modération sur une tranche de pain grillé, salé, poivré, arrosé d'un jus de citron bio et saupoudré de persil haché.
Moi-Même

mercredi 3 juin 2015

La Pensée du jour

Je suis lent, je pense lentement, je parle lentement, je vis lentement...
C'est parfait pour un romancier.

Richard Ford

jeudi 28 mai 2015

La Pensée du Jour

Aujourd'hui, depuis ma chambre où le jour s'éteint, j'observe la clarté tamisée par le feuillage d'un grand tilleul. Peut-être la beauté n'est-elle que la ruse de la vie pour tenter de nous convaincre de rester encore un moment ici-bas ? Au cas où. L'aventure, l'amour. Vous savez ce que c'est, on se promet de ne plus y croire mais nous ne sommes que des humains : une offrande à notre charme déclinant et nous fonçons tête baissée dans les ennuis, comme le toro.
 
Philippe Aubert de Molay (extrait de sa nouvelle : "Leçon de Ténèbres" )

mardi 26 mai 2015

Torovision : Pitié pour les Oreilles

Revistero, c’est dur. Même en amateur. La difficulté d’aujourd’hui par exemple, est de rendre compte d’une corrida plutôt ennuyeuse sans trop vous plonger dans cet ennui. C’est dur, avoue…
Et pourquoi faudrait–il absolument que le récit soit divertissant ? Pointes-tu dans ton cerveau embrumé de triste sire post-imbibé. Eh bien parce que je suis comme ça moi, je suis gai ! Si vous voulez lire des trucs chiants, vous savez déjà où aller, non ? Moi, je ne vais pas écrire pour m’emmerder ou jouer au journaleux qui a un blog sérieux, t’es fou ou quoi ? Je dois prendre du plaisir et éventuellement, pour ceux capables de comprendre vaguement mon esprit, en donner.
Nous étions donc hier quelques milliers de masochistes déjà émoustillés par la brillante prestataire française de l’Eurovision à s’être, faute de pire, donnés rendez-vous devant des toros faibles et en plein vent, histoire de vérifier l’impossibilité de toréer dans ces conditions. Notez déjà l’effort. Des toros qui s’appelaient : El Torero !
Ne t’étonne pas qu’ils aient des problèmes après ça. Mal nés, non ? L’assoce des procureurs du Diable, serait bien avisée de faire revenir Chambon pour tenter d’expliquer quels conflits refoulés peuvent s’exercer dans le cortex d’un toro ainsi nommé...
Imagine lecteur, que se pointe un torero nommé : El Toro Bravo… Tu comprends le problème ? Or, ''psy pour toro'' ça n’existe pas… Seuls les toreros peuvent apporter une solution à leurs maux mais alors, finale, la solution.
Le prem… oh putain midi déjà ? Bon ben je reviendrai finir plus tard, les tristounets… en attendant passez-vous en boucle le tube de Lisa Angell, ça donne une mega pêche… à tte…

Hello, 18H31 je suis reviendu :


Le premier est pour Bautista. Il est… ? Faible ! Bien répondu. Alors un non-toro dans le vent, devant un torero qui transmet peu, autant écouter du Lisa Angell.

Le second est pour Fandiño. Il est… ? Faible ? Non, invalide. Faena insipide terminée par sept coups d’épée donnés depuis la tour de Tholozan… si, vous savez bien, la tour blanche et rouge, sur le coupe-feu, en lisière du camp des garrigues.

Le troisième échoit à Luque et son costume ''petit vomi d’Orangina et d’oursin’’. Il est ? Faiblement agenouillé, mal piqué, toréé haut pour quelques enchaînements pas très engagés – y’a du vent hé oh ! -  une oreille.

Au quatrième, on est à Lourdes : le toro pousse ! L’arène est en émoi, le croit exceptionnel, le toro normal… faut dire que lors des faiblards invalides, personne n’a moufté. Il a une de ces chances le Casas : plus personne ne bronche. Et encore pire, je me suis fait engueuler quand je suis allé acheter mes billets par une guichetière antipathique et chiante à souhait : une sorte de Lisa Angell de la taquilla ! Ouais, c’était moi, la rébarbative brune aux cheveux longs à l’esprit contrariant… Va faire un stage dans les autres taquillas, du Sud-Ouest  à Céret pour voir comment on reçoit un client gentiment, bourre de grande cougourde ! Plus agressive que les six toros réunis, sa graçiosité !!!

C’est un état policier la France ou quoi ? Faut demander pardon d’acheter des tickets pour voir des toros invalides maintenant ??? Tu cries sur les tendidos, tu pourris dans des cachots, c’est ça ? Le toro n’est pas comme la guichetière, il est de bonne volonté et Bautista exploite le filon : deuxième pipique mise en valeur et planté perso de batônnets. Al sesgo por dentro, al violin à faux, al violin réussi, et al quiebro. S’il a la bouche fermée, ce toro n’est pas bien vaillant et la muleta reste haute pour l’aider à ne pas s’affaler.

Le conclave s’ébroue et les trois ménopausées à ma gauche qui après avoir consciencieusement harcelé leurs papis toute leur vie durant, ont décidé, maintenant qu’ils jouaient les taupes-modèles, de sortir en veuves joyeuses, pour emmerder leur tendido tout entier. Le Paso, Doble, et les mémés-quéquettes redoblent d’entrain, chantent et battent dans leurs petites mains ridées de ménagères rapaces. Puis, entame à genoux six fois répétée, soit six coups de coude – l’effroi – de mamie dans mon grill costal musculeux (traduisez par : mon flanc adipeux) la jambe contraire est souvent effacée et le bassin avancé à cornes passées mais bon, tout le monde est content, notamment Pauline. Et, moi, je suis arrivé à un tel point de jem’enfoutismeaficionado, que si Pauline est contente… ben moi aussi ! Etant donné que la seule chose dont on soit certain c’est que l’on va tous mourir, voyez le ridicule des doctes…

Ne comptez donc pas sur moi pour lui administrer par A+B un enseignement encyclopédique sur la tauromachie, me cago !

Mamie gémit et accouche de chaque passe en émettant bouche fermée un son contraint - mmm...- en se tortillant et en frottant sa cuisse… contre la mienne, histoire d’espérer y diluer un peu sa trouille solidaire. Bautista se décharge soudain de ses zapatillas et charge un peu plus la suerte. Mamie fait instantanément profiter le tendido du fruit de sa réflexion aficionada : il a des ampoules !!! Je regarde ses pieds tout aussi solidaires, couverts de petits pansements.

Trois tentatives de recibir incomprises par le noir de service. Captée à la quatrième et empalement subséquent. Bautista devient le spécialiste de la chose. Mamie, bras levés, au bord de la pâmoison, fait balloter de ses applaudissements ses chairs molles.   

RABEAU ! RÂÂBEAU ! éructe juste derrière nous, un énorme aficionadeau en chapeau de cow-beau venu avec sa femme et son feaux-terrier contempler ce spectacle pour amis des animeaux. Sa moitié désespérée tente de le calmer espérant que les liens du mariage d’avec ce beauf ne soient pas si évident pour l’arène, mais le type maintenant galvanisé par le regard des autres, amplifie sa quête – RÂBÔÔÔÔooo…- vomitive envers la présidence pas assez généreuse selon lui et distille quelques considérations peu amènes sur la compétence du palkeau. Le client rêvé pour Casas qui aura au moins réussi à en formater un. Mais mamie n’a pas dit son dernier meau et des cris suraigus violent nos tympans

Jean-Ba entame sa vuelta après que ''toro normal'' ait fait la sienne en y laissant ses deux oreilles – n’importe quoi -  la présidence vient de faire l’éclatante preuve de son incompétence ou de sa volonté de foutage de gueule du payant – au choix - en décochant le kleenex bleu.

Bautista se lance comme de bien entendu dans un jeu de frisbee interactif avec les couvre-chefs de la population.

Si vous suivez, le cinquième est pour Fandiño. Il l’attaque avec plus de sérieux et de détermination mais peine à transmettre quelque chose d’intéressant. Avec un vent fort et un toro faible, c’est difficile… et le type semble d’un naturel aussi déprimant et imaginatif que le texte de la chanson de Lisa Angell. Merci Goldman mais laisse maintenant la place à Stromäe…

L’interminable – trois heures - ''mornitude'' du gala de clôture des masos réunis prend enfin fin, on a faim ça tombe bien, et il n’y a pas plus qu’un noyau d’olive à relater sur la variété Luque.

On sort de l’arène dans une ambiance de fin du monde, entre chien et loup, les stands de saloperies estampillés ''toros'', la guinguette à churros, sont comme le Péruvien à l’angle du Quick, anachroniques ; les tentes de restauration dégueu, aux assiettes plastiques, sont quasi vides, et on se dit que si cette feria pas très fréquentée n’avait pas eu lieu, on n’en serait pas plus orphelin. Bref, on est aussi déprimés que lorsqu’on a constaté que certains ont réussi à donner quatre points à la nullissime prestation française de LISA ANGELL à l’Eurovision !

Le Prix Hemingway a été remporté par Philipe Aubert de Molay et je suis très très… fier de pronostiquer pour la deuxième année consécutive le vainqueur rien qu’à la lecture de l’intro ! Moi, j’avais fait l’impasse, c’est pas très sain d’espérer si fort, si longtemps, faut passer à autre chose, t'entends Lisa ?


 

samedi 23 mai 2015

Mano à Mano ou Espalda à Espalda ?


Pour réveiller la cité, réunissez des éléments aussi disparates que des hommes, des toros et du vent et enfermez-les dans une enceinte de barricades rouges façon tradition bouchère. Sauf que l'un est le digne représentant de la chaîne industrielle ''Carnivor'' à prononcer avec l'accent teuton ad hoc, générant du steack par méthode, rentable jusqu'au bout, toutes procédures de productivité digérées, tandis que l'autre correspondrait plus à votre artisan boucher de quartier, heureux de vous ficeler le rôti familial dominical en pensant à sa tendreté rapport à la dentition fragile de la vieille tante lucie qui fut sa cliente pendant tant d'années... ficelant avec du sentiment, quoi.

Le problème c'est que tous deux sont partants pour prendre de la matière première de première catégorie ce que l'aficionado traduit immédiatement par du recuit de traiteur plutôt, en daube. Bôah rien de scandaleux pour celui qui n'a vu des corridas qu'à Nîmes, certes, mais pour l'autre... Une fois donc admis en douceur – mais par quelle voie ? - que force et sauvagerie seront absentes de l'étalage, il reste l'édifiante opposition de style des deux épéistes professionnels.

Trois toros, ça lui fait peut-être trop, à Morante, alors pensez, un premier dont la trombine ne lui revient pas, qui l'a averti dès la première passe de capote, dans des rafales de Mistral et des nuages de sable en plus, quel mauvais goût... j'abrège sous les sifflets, se dit Morante, ces sifflets du vulgum pecus qui renforcent l'artiste dans sa singularité assumée, quel pied !

C'est là que bondit ''Supertorero'' qui n'aime rien tant que jaillir derrière l'échec d'un confrère pour montrer que ''le changement c'est maintenant'', que lui, dans les mêmes conditions, réussit. Un truc piqué à Ponce qui le pilote en mains propres. Pas comme un socialiste.
Mais c'est quoi cette psychologie du café du Commerce dans laquelle je me lance ce matin ? Vous êtes encore là ? 
Maître Carnivor, lui, tantôt brandit haut sa muleta comme un étendard cinglant en haut du mat de sa virilité où serait écrit ''regardez moi'' afin de faire vérifier à la foule, le désastreux impact de l'échelle de Beaufort, sauf que lui beau et fort est au sommet de l'escalafon et que peu lui importent ces rafales assassines ; tantôt il l'abaisse, baisse la main, ploie la ceinture, descend lisser les gravillons d'une piste devenue jardin japonais, passe en dessous des turbulences, furtif comme un avion sous les radars et décline un répertoire qu'il n'est pas utile de détailler, vous le connaissez... 360° inversés compris... oreille... Un revistero de ''Toros'', à la voix de stentor, dont les initiales du prénom sont JC et dont le nom évoque la carotte et le fauvisme apostrophe le palco : << Alors, ça y est ? Les soldes ont commencé ? >> sauf que l'arène était effectivement blanche, tellement la foule est inculte ! Oui, vous, là, qui lisez, bande d'incultes attachés aux symboles vains ! Genre ''le type qui n'oublie pas son mouchoir blanc bien rangé dans l'armoire entre deux sachets de lavande histoire d'imposer à tout prix sa volonté de beauf inculte qui comprend tchimoni à la corrida des toréadors''. Couillon, va.

Mais si Juli produit, Morante chante. Si Juli tranche de la viande, Morante distille l'essence d'un jus. Si Juli est le feu, Morante est, au bout de la chaîne, la goutte de l'alambic. Il distille après la pique, des véroniques lentes comme un Guadalquivir presque à sec. Il est le contraire de la vulgarité, il ne gueule pas, il gémit, se plaint, se contraint et se complaît dans la courbe. Il est doux, suave, en lui. Le toro est une cacahuète qu'il praline. Il enrobe, viril et féminin, distordant toute trajectoire droite, le menton de l'introverti sur le sternum quand l'autre le pointe vers la foule et les cieux, cherchant la clameur.

Sort le second du Juli et il y a là plus de vent et plus d'allant. Un peu plus de toro. La comparaison avec ce qui a précédé est rude. Pas d'âme, pas de sentiment, des passes, de l'abattage de passes. Puis un vilain trou à l'épée très en arrière et sur le côté, façon ''pneumothorax'' dixit mon voisin, meilleur en architecture qu'en médecine.

Les deux derniers toros et leurs matadors confirmeront ce que je viens de décrire. La redoutable efficacité d'un ogre qui détient dans sa muleta le meilleur rapport spectacle-prix de votre billet, tellement dénuée de toute la lumière que Morante apporte et démontre de l'art de toréer... A chacun de retenir les détails qui nourrissent sa sensibilité. Plus un dos à dos qu'un mano à mano. Que l'un sorte à hombros et l'autre pas, étant d'un ridicule achevé prônant la victoire du productivisme forcené face à toute la poésie inconstante et fragile de l'Art Andalou du toreo ressenti. Le plus frustrant, car il ne faut pas s'y habituer et continuer à le répéter, étant que tout ça, devant des toros forts et méchants eut été beaucoup plus intéressant.

Photo Nicolas Crégut 

Dans la peau d'un toro bravo


Sur le site de l'ONCT et signalé par "Terres taurines", on trouve - mais ça fait pas mal vous pouvez y aller -  un très intéressant article d'une vétérinaire, Sophie Malakian Verneuil qui arrive à se projeter dans la peau d'un toro pour nous faire ressentir le combat de son point de vue. Malheureusement le tercio de piques est absent de sa narration ce qui est frustrant à plusieurs titres !!! 

Sophie Malakian Verneuil