Série : Seul

Série : Seul
couvert

mercredi 26 novembre 2014

Selon Barthes


Selon Barthes, le rapport entre l’“écrivant” et le langage est un rapport essentiellement transitif: à travers sa parole, “l’écrivant” entend agir dans le monde. Pour lui, le langage n’est qu’un instrument de communication, qu’un médium grâce auquel il exprime, extériorise sa pensée. L’“écrivain”, par contre, conçoit le langage comme une structure autonome et “souveraine”; loin de le réduire à un simple instrument de communication, il le considère comme “un lieu dialectique où les choses se font et se défont, où il immerge sa propre subjectivité.” Contrairement donc à l’“écrivant”, l’“écrivain” ne transcende pas le langage. Il en résulte que l’écriture de l’écrivain ne saurait être transitive: la structure du monde tout comme celle du sujet énonciateur sont absorbées entièrement par la structure du langage. Au lieu d’utiliser le langage à des desseins représentationnels, l’écrivain travaille sa parole et s’absorbe entièrement dans le langage qu’il énonce. Ou encore, l’action de l’écrivain n’excède jamais le langage mais reste immanente à celui-ci: “elle s’exerce paradoxalement sur son propre instrument.” Sa relation au monde n’est jamais qu’indirecte, médiatisée par la structure du langage. Aussi est-il inutile d’exiger de la part de l’“écrivain” une œuvre engagée; celle-ci ne nous raconte ni le comment ni le pourquoi du monde, mais uniquement sa lutte avec le langage. Cela dit, la fondamentale non-extériorité de l’écrivain par rapport au langage n’annule pas la question, toute aussi essentielle, de la responsabilité. En effet, celui qui interroge le langage, interroge forcément le monde.

La Pensée du Jour



Un appareil photo n’a jamais fait de grandes images, pas plus qu’une machine à écrire n’a écrit un grand roman
Peter Adams

mardi 25 novembre 2014

B - A, BA : Lecture


Je vais encore vous parler de moi… Et vas-y qu’il est narcissique, l’égotique de service, etc, etc… que ne va-t-il pas encore se chuchoter…  En même temps, un web log, un blog ou « journal en ligne » n’est rien d’autre qu’un ‘’journal intime diffusé’’, faudrait assumer un jour…  Mais il y a tellement de choses difficiles à assumer…  Tiens, quand un type  qui écrit, entend le mot « écrivain » par exemple…  crois-tu, lecteur, qu’il  bombe le torse et se promène content de lui, en raclant la face dorsale de ses orteils comme Adam jouant les macs sur le goudron ? (… ? … pour le Macadam… ça y est… ? non… ? laisse tomber…) Bon, s’il est idiot, oui…  mais sinon ? Sinon, s’il en tient forcément un peu, mais pas trotrop, il ne le réalise pas, ne le prend pas pour lui, n’imagine pas endosser sérieusement le statut. D’ailleurs, penses-tu vraiment que dans la phrase : « Mais il y a tellement de choses difficiles à assumer » un écrivain aurait écrit « choses » ? Alors, tu me diras, lecteur perspicace : mais s’il n’y croit pas lui-même… ?

Et puis bon, qui est vraiment ce type ???

Est-ce l’auteur sensible qui sut dépeindre avec délicatesse les amours improbables d’un vilain nain torero rabougri avec une beauté altière et déliée ou le chroniqueur insatiable capable de t’entretenir du dernier plug anal géant qu’Anus et Uranus aient jamais vu s’ériger Place Vendôme au fil des siècles ? Cela dépend dans quel esprit et cadre il écrit, on rappellera une autre fois la dichotomie barthésienne, mais en gros, à l’écrivant, le blog, à l’écrivain la nouvelle.

Eh bien dans le cas d’un gus qui a du mal à endosser une veste estampillée ''écrivain'', parfois certains y croient pour lui, et essayent sincèrement de le lui faire admettre.  Les Avocats du Diable sont de cet acabit. On les croit mondains, ils sont passionnés. Ils te font sentir qu’ils t’aiment. Ils ont compris quelle sorte de fragiles nous sommes, malgré ce qu’on joue, de la moquerie à l’indifférence.  Ils te mettent en lumière jusqu’à la gêne. Ce n’est pas confortable mais, il en reste des particules nécessaires à ta composition. (si t’as pas lu Houellebecq laisse tomber…) Ils te font croire à toi-même. A chaque lecture publique d’un de tes textes, se dépose la même pellicule de réalité sur ton propre cœur, que celle chaque fois déposée par la mort d’un toro pour te faire admettre la tienne qui s’approche, inexorable. (lecteur, lectrice, jouis de ta vie, viiiiite, j’te jure… fuis cet écran et éclates-toi !) Sauf que là, c’est une pellicule de confiance, pleine de vie, un voile subliminal léger, une cristallisation bénéfique. Sur le moment, tu ne l’identifies pas vraiment mais tu en ressors plus motivé. En repartant, tu te rends compte, mais trop tard, que par pudeur, tu n’es pas assez allé au devant des gens.

Il y a cette jolie et distinguée Sétoise qui trouve « intéressant » d’être au contact des auteurs (‘di diou,…vite, qu’est-ce que je pourrais dire « d’intéressant » qu’elle ne soit pas venue pour rien) il y a cette femme venue au buffet te décocher dans le buffet de ton ego un encouragement piquant, cette autre sur le balcon qui t’adresse un chaleureux : « et continuez surtout, hein… » comme si c’était important pour elles, comme si elles avaient identifié que c’était important pour toi. Sachez mesdames les diablesses, (les messieurs eux, s’abstiennent, ils sont en compétition…) que malgré les maladresses polies bredouillées à ce moment-là, ces petites phrases sont tout sauf anodines, qu’il est très émouvant d’entendre résonner en vous l’écho de ce qui s’écrivit dans la solitude. Ca fait plaisir, on n'a finalement qu'un petit cœur tout mou, vous savez... Alors merci.  

Eh donc, comme ça, tu serais un ''écrivain'', marcus ? C’est quoi cette consonance qui tue à la fin du mot… vain… comme s’il était illusoire de le croire, de l’imaginer. Tu as commencé tellement tard, que de temps perdu… Je me souviens de cette libraire qui me complimentait : crois-le ou pas – je te tutoie lecteur, maintenant que nous sommes intimes - j’ai longtemps été persuadé qu’elle se foutait de moi. Je me souviens de cet article de Durand qui citait d’un ton badin « l’écrivain nimois marc Delon… » (il déconne ou quoi… ???) j’étais un peu resté à l’arrêt sur sa ligne, comme ''Iron'' mon chien, sur une place chaude désertée par la bécasse, essayant de découvrir où était l’embrouille…
Parce que, si tu veux, tant que je passe plus d’heures à masser qu’à écrire, j’aurais un peu de mal à le croire. Dans ma conso perso à l’année, y’a des hectolitres d’huile à l’arnica et quelques décilitres d’encre… vouais, mon rendement kinésithérapique est autrement plus élevé : je pratique plus de douleurs que de métaphores, plus de… ok vous avez compris pas la peine de s’étendre, sauf tout nu sur une de mes tables, ah,ahaaa… on bouffonne moins, là , hein… ?   

Bref, si tu crois que je viens dans ces petites sauteries en me la ''pétant GRANTECRIVAIN grave'', tu te vautres le paragraphe dans le dictionnaire jusqu’à l’explication de texte. Surtout quand le lecteur a la bonne idée de t’appeler dans l’après-midi pour te demander de lire la fin avec lui. Toi qui pensais jouir de ton texte bien à l’abri. Puis quand Béranger démarre, pulse de la syllabe de sa grosse voix, emplit le volume de la pièce de tes mots, sature l’espace de tes trouvailles, fait craquer les moulures de tes cagades et fait se décoller les faux plafonds en stuc de tes invraisemblances, tu te dis qu’au comble du ridicule tu vas sembler un eunuque au parloir, toi…quand il va s’agir d’articuler…

Le Béranger, il est redoutable, il te le gobe, ton texte, te l’ingère, te le digère et te le ''turborétropulse'' si bien, que tu découvres un truc inédit avec des surprises. Il interprète, quoi. Je pense d’ailleurs qu’à 95% le crépitement des applaudissements lui sont attribués ! (il est bon le salopard…non seulement tu chopes les suées froides dans la triste solitude nocturne pour  inventer des lignes immortelles – quasi - mais sur le fil, et même pas en loucedé, un fort en gueule vient t’en souffler les honneurs !)  

Bref, nonobstant l’incessant rappel préliminaire de tes nombreuses places de finalistes du PH qui ne sont que la confirmation douloureuse de la constance de ton plantage permanent au truc – lol - tu remercies le staff – merci – tu dis aux gens à bientôt j’espère – à bientôt j’espère – et tu ne peux que bêtement ''psychoter'' quand plusieurs personnes te font remarquer qu’à l’applaudimètre… ce qu’il faut d’urgence relativiser ceci pouvant être dû à l’ordre de passage, à la position de la lune par rapport aux auditeurs, à la phase en cours de leur digestion, sans compter que Sheila vendait plus de disques que Léo Ferré, Mouloudji et Reggiani réunis, ce qui est quand même un critère qui, s’il ne nous rajeunit pas, nous édifie. 
Bises brandade et tapenade.    

vendredi 21 novembre 2014

La Pensée du Jour


Une femme intelligente est une femme avec laquelle on peut être aussi bête que l'on veut.
P.Valéry

jeudi 20 novembre 2014

FUCKING CHRISTMAS


La France, cet ex-pays de la liberté, de la provocation, de l’humour, de la transgression, de l’innovation, de la sexualité, de l’art avant-gardiste, la France catholique, réductrice, conventionnelle et nœud-noeud l’a décidé : ''The Tree'' de Mc Carthy, un sapin de Noël détourné, ne doit pas ériger fièrement ses 24 mètres verdoyants et gonflés dans le ciel de la place Vendôme. Du coup c’est elle qui devient gonflante… cette France-là, bornée, bourgeoise et provinciale qui s’offusque au lieu de se cultiver. Se cultiver en regardant un sextoy ? Non, en essayant de comprendre l’idée qui préside à son érection. Certes, elle avait déjà du mal à comprendre sa propre idée présidant à l’élection du plug hollandien pour lequel elle s’était auto-lubrifiée avec tant de joie. Dans le TûT pour cinq ans, un avatar autrement plus piquant et préjudiciable qu’un épicéa de toile. Vous me haïssez, je sais. Z’avez qu’à pas lire...

Donc, comme l’a fait remarquer Ruquier un soir où l’on n’était pas couché, les cathos sont super calés, question sextoys. Ben oui, ils ont reconnu qu’il s’agissait d’un plug anal dont l’utilisation est quand même, comment dire, confidentielle et pointue. Rat-porc au sens unique déclenché par toute intromission depuis l'entrée des artistes (la peur du sens unique bis…) la tendance est fâcheuse de ne voyager que vers le tréfonds de l’intimité comme chacun sait ou le devrait, ce plug présente une base large qui empêche son utilisateur de se retrouver aux urgences à fuir le regard de praticiens rigolards...

Heureusement pour vos illusions, je suis tenu au secret médical… Si vous saviez ce qu’une infirmière qui l’était aussi, m’a raconté (elle doit penser qu’entre pro de santé elle ne viole rien…) de ce qu’elle avait vu passer dans son service. C’est du propre ! Enfin, façon de parler hein… on en retrouve des trucs dans l’ TûT de ceux qui ignorent tout de la loi du sens unique… et chez du beau monde en plus… de ceuss qui se présentent garants de la morale … si les voies du Seigneur sont impénétrables… il n’en est pas de même de celles de certains ecclé… Quoi ? Non j’ai rien dit… Ouais ok, du 4-16-4mm en PVC blanc, bon… Non c’est Nico, le métreur de Delta-Bois qui me demande… ‘’j’effervesce’’ en ce moment, un trois-en-un à moi tout seul : je fais le kiné – mal – mais au prix où on me paye j’ai même plus honte, l’éditorialiste – mal – mais vous payez pas pour lire, moindre mal… et le maître d’œuvre… mais c’est le proprio qui paye…il me le présente lubrifié dans le style mielleux qui le caractérise, (« un jour de travaux » mais en fait, quatre…) comme une attention gentille qu’il me fait... mais moi je sais bien que ça va lui faire du crédit d’impôt… Il n’y a pas pensé au mois de septembre quand il faisait bon et maintenant on va devoir fermer une semaine pour installer son crédit d’impôt sinon les patients seront congelés… je l’adore…

Tout ça pour dire, qu’apparemment, de ce pseudo sapin évocateur de plug anal, il serait logique de penser qu’il nous délivre le message que ben… Noël, on l’a dans l’TûT ! Comme une dénonciation de ce fait : la spiritualité de cette fête religieuse s’est diluée dans les entrailles matérialistes voraces d’une débauche consumériste effrénée. Enfin moi c’est ce que j’ai compris du truc… et pourtant je ne pense pas comme un communiste... je crois qu'il illustre qu’on ne pense plus qu’au plaisir en abandonnant le sens originel. C’est ce que cela m’évoque. En ce sens, Mc Carthy en transgressant, en choquant, en interpellant, atteint un but super-catho. C’est une interprétation possible en tout cas. C’est n’importe quoi, les cathos, de choper les boules devant ce sapin, franchement… vous devriez être contents... Y'a même un intégriste qui a frappé Mc Carthy par trois fois !

Et dire que jusqu’à mon entrée en sixième et la découverte ô combien traumatisante de la gent féminine ce sont les frères en soutane de Saint-Jean Baptiste de la Salle qui ont assuré mon éducation ! Je le leur rends mal, je le reconnais… mais va, merci pour la jouissance car s’ils ne m’avaient pas hérissé tant de barrières, quel plaisir éprouverais-je à les transgresser ?

Pour les universitaires que ma fantaisie ne serait pas arrivée à convaincre, cet extrait :

Dans ce paradigme de l’art contemporain, le beau n’est plus une valeur de référence (là encore, il faudrait statuer sur Tristan Tzara et les modernes), ni l’élévation spirituelle (paradigme classique), on y cultive plutôt le décept, relativement au spectateur, le hasard relativement aux matériaux, souvent aussi la transgression à l’égard des valeurs propres au monde qui gouvernent l’art moderne. En un mot, l’art contemporain se construit à partir d’un faisceau de distances : avec le matériau, les règles de la vie en société, le bon goût, les critères de l’art, etc.  .

Pour les universitaires consciencieux, ça vient de là :

mercredi 19 novembre 2014

CERET 2015


En trois notes :

Dolores Aguirre Ybarra
Juan Luis Fraile y Martin
Adolfo Martin Andres

Plus de détails ici :

céret de toros

mardi 18 novembre 2014

La Pensée du jour


Tous les arts sont comme des miroirs où l'homme connaît et reconnaît quelque chose de lui-même qu'il ignorait.
Alain