Juste accrochées

Juste accrochées
Atelier des Artistes, place aux herbes, Uzès

mardi 28 juin 2016

BREXIT : Saison 1 épisode 2...


Quand l’Islande joue, c’est un peu comme si la ville de Montpellier présentait une équipe à l’Euro… Sur leur rocher nordique zébré d’aurores boréales, ils ne sont pas plus de trois cent mille à observer encore les phénomènes qui présidèrent à la genèse de la terre. Une centaine de licenciés au football, vous avez bien lu… Tu m’étonnes que ça les excite de taper les grandes équipes… Car les Vikings, dont on rappelle que le sélectionneur est dentiste, sont solidaires et plein d’abnégation ! Je voulais me fendre d’une description sauvageonne de ce peuple mais l’écoute de la tribune de Daniel Morin sur France-Inter m’inhibe : c’est exactement toutes les outrances que j’aurais aimé écrire… Si j'avais le temps je vous fournirais le lien... cherchez-le si vous aimez rire... alors je décline au lieu de plagier, c’est plus sport. Il dit par exemple, qu’en plein été il fait -70° et que les gars s’amusent à chasser la baleine à mains nues… j’adore… Je riais tout seul au volant de ma voiture entre deux soins à domicile. Sont-ils professionnels d’ailleurs ? Ou bien sont-ils facteur,  boucher-charcutier ou Kiné ? Je l’ignore, ce qui corrobore au passage le fait que vous ne lisez pas un vrai journaliste qui se serait documenté, lui. Moi, c’est juste parce que le zélé monsieur ‘’A’’ n’est pas venu honorer son rendez-vous de 17H que je vous écris ce billet. Je remarque qu’au fil des victoires de la France, ses moulinets de bras sont plus amples et ses douleurs moins prégnantes… comme quoi…
J’ai voulu aller à Lyon dimanche dernier pour entendre chanter les Irlandais : 655 euros était le prix du billet le moins cher que j’ai trouvé… alors voyons, divisé par 16,13 euros il aurait fallu que je visse 40 patients pour me l’offrir soit deux jours de travail, enfin quatre, net, puisque je suis à 50% de frais… c’est un sport populaire le football…
Pour nous Français, pas de problème, on les battra, les Papas Noël. Les Anglais ont été pris à leur propre jeu, en plus déterminé. Mais nous, on est des latins, nous… on va les ''dévarier'' (mot nîmois pas français), les faire tourner en bourrique avec notre petit jeu technique étriqué en triangle… Les Grizzlys vont courir après la baballe en s’énervant : il n’y a rien de plus épuisant…
Bon, sinon ? Autre chose ? Crois pas… Ah si, le pot de verni-décrochage à la galerie d’Uzès pour mon expo… ben c’est demain mercredi 29 à partir de 18H30… si vous ne voulez pas le dribbler… voyons voir à combien j’en suis maintenant… ? 540… ''amis'' sur FB… déconnez pas les aminches, ne venez pas tous, y’aurait pas assez à boire !!! 54, ça ferait 10%... encore trop…(non, c’est le galeriste, l’apéro) Allez, 1% ce serait bien : 5,4 amateur d’Art mais fortunés alors, ça, se serait bien. A demain, donc.
Attendez, cliquez pas, au fait, je vous ai pas dit… l’autre jour j’ai eu l’occasion de discuter avec un couple dans la galerie qui regardait mes photos… c’était rigolo…la dame, gentille, séduite, intéressée, bienveillante, une femme quoi, me posait des questions pleines de sensibilité et de finesse.  A côté, son bourru s’emmerdait ferme… au bout d’un moment, excédé de nos accointances stylistiques il a frappé :
- Eééh c’est quoi votre appareil photo ?
  
Genre, fais pas le malin, moi aussi j’en ferais de belles si j’avais ton matos ! J’ai répondu poliment par un tacle dans les tibias pour casser sa morgue : euh j’ai un Holga à 20 euros… se retrouvant au sol décontenancé, je lui ai marché sur le tibia : puis un vieux 6x6 qui date de la guerre… et pendant qu’il encaissait, l’ai achevé d’un : ça c’est avec mon vieux Nikon, un numérique, vous savez ces apn qui sortent des fichiers natifs dégueus…
Voulant se relever, il y est allé d’un assez stupide :
- Et la plaque ? Derrière, la plaque, comment on la met ?

Du coup, je l’ai re-snobé d’un distant et étonné :
- Euh… je l’ignore, monsieur, faudrait demander au labo…
 
Un islandais bourru à la conduite de balle un peu fruste, que sa femme s’est empressée de ramener à son garage de bricolo, un peu honteuse, le sortant de la galerie au plus vite pour que se termine cet entretien qui poussait la photographie dans ses plus avant-gardistes concepts. Non, je jure, je suis pas si prétentieux, il était vraiment bourru l’Islandais. Mais dimanche prochain, on s’en sortira, il faut juste leur faire des tours de magie, ils y sont très sensibles.


image Reuters (avec un bel apn et un super gros zoom...)

lundi 27 juin 2016

La Pensée du Jour




PARTE MÉDICO: Manuel Escribano sufre «una cornada en el triángulo de Scarpa de 12-14 centímetros, con arrancamiento completo de la vena femoral y de safena interna. Evisceración de testículo izquierdo con pérdida de superficie escrotal. Cuadro hemorrágico severo con shock hipotérmico. Pronóstico muy grave».

mercredi 15 juin 2016

Dalton Trumbo, le talent pour viatique

Pour qui aime le cinéma, se pique d’écrire ou entretient un léger anti-américanisme primaire, cumulez les plaisirs à venir ou barrez les mentions inutiles, il faut aller voir ce film qui en pleine guerre froide montre une société paranoïaque en plein délire de suspicion se plaisant à confondre un communiste avec un traître ou un espion. Donald Trumbo n’est pas celui-ci, il est le plus talentueux des scénaristes d’un Hollywood qui soudain le rejette alors que ce qui plait à Trumbo dans le communisme, c’est cette idée, peut-être fausse, en tout cas d’un idéal séduisant, d’une certaine fraternité humaine. Au travers de son fils qui l’interroge sur ce qu’est un communiste il l’explique ainsi :
-       Toi si tu voyais quelqu’un qui a faim, tu regarderais ailleurs, tu lui dirais de chercher un travail ou tu partagerais ton sandwich ?
-       Je lui donnerais la moitié de mon sandwich…
-       Ben voilà, tu es communiste !
Bon, dans la vraie vie, nous savons bien que les Roumains par exemple, ne virent jamais la belle couleur ensoleillée des oranges que les apparatchiks du régime de Caucescu stockaient égoïstement dans leur frigo… Il y a la philosophie du truc, plaisante dans les livres et puis ce qu’en font les hommes qui l’appliquent dans leurs faits et méfaits…
Trumbo croupira une petite année en prison usant de stratagèmes pour arriver à nourrir malgré tout sa famille, en continuant à écrire des scénari signés par un autre. Car ce qu’on ne pourra jamais lui prendre, c’est son talent. Alors il va bosser comme un fou, bosser comme un ouvrier, dans la fumée de ses cigarettes, dans son bain, le jour, la nuit, il va créer, écrire, phosphorer non-stop pour jouir du jet de la création, gérer ses inspirations nombreuses, pour entendre ce bourdonnement du cerveau, ce souffle qui pulse dans la forge de la création quand on sent que c’est bon, quand on sent que ça vient et que ça se marie fidèlement avec les idées qu’on voulait coucher.
D’autres, remporteront les Oscars de ses textes, seront médiatisés à sa place, un peu penauds, un peu merdeux… car le génie c’est lui, définitivement, mouchant ses ennemis en triomphant avec son talent pour viatique.

mardi 7 juin 2016

Moi, Pisse-Vinaigre...


 
Casas a communiqué... il est moins drôle qu'avant... ou alors c'est qu'à force on s'est lassé... comme dans un vieux couple où même les meilleures blagues ne font plus rire, où l'on ne se supporte plus à force des différences...  à force de constater à quel point on te prend pour un imbécile... ( Serait il devenu à la tauromachie, ce que Hollande est à la politique ? ) Paye et tais-toi c'est à peu près ce qu'il nous dit Casas, dans le journal d'avant-hier... vu que 99,99%  (d'après ses calculs) le plébiscitent, le reste étant constitué d'une cinquantaine de pisse-vinaigre. Moi, toi, vous, lui... des pisse-vinaigre... jamais content... et gnagnagna... des persifleurs... aigris....jaloux... 
 
Bon... mais là ce n'était qu'un teaser, je bosse de temps en temps quand même... ce matin il me faut me rendre chez une flopée de gens qui ne pourront jamais se déplacer jusqu'à l'arène... du lit au fauteuil tout au plus... à bientôt... si j'ai toujours envie... aujourd'hui ça m'aurait amusé... plus tard pas sûr... c'est tellement "trop" ce qu'il dit sur lui et les toros... et dire que ça va gérer Madrid bientôt... faudra leur expliquer là-bas, sa théorie des toros luxueux éboulés sur le sable à la grande satisfaction de 99,99% des aficionados...

Parfois, je suis content de m'occuper de poissons, tu peux pas savoir... je n'irais les accrocher à Uzès que demain finalement.
 
Communiquant, c'est un métier, tu sais, lecteur.

dimanche 5 juin 2016

JULIETA



Dès l’entame du générique, par ce plan fixe d’un magnifique drapé rouge délicatement mu par la poitrine d’une femme où bat un cœur qui souffre, on sait qu’on est chez Almodovar et qu’il va s’agir d’explorer les liens du sang. 

Mais cette fois-ci, rien dans l’écriture de spectaculaire, baroque, typique ou ‘’espagnol’’. Plutôt l’universalité de la douleur du manque. Plus pernicieux et incompréhensible encore que le deuil, la disparition voulue de son enfant, sans traces ni explications, laissant le tourment habiter tout entier une mère rongée par l’ignorance et son questionnement, entre fatalité et culpabilité. Sans pathos, avec légèreté et surprises, ce film n’est pourtant pas lourd à consommer, ne vous laissez pas décourager par la gravité de ce drame dont la sortie est optimiste : on est espagnol ou on ne l’est pas !

Un grand film qui torée lentement, dans la pureté et la douceur, la charge lancinante, vibrante, profonde, d’une essentielle question suggérée par trois nouvelles d’Alice Munro :

Peut-on vivre sans ceux que l’on aime ?