Série : Seul

Série : Seul
Rameur

mardi 30 septembre 2014

Pourquoi pourquoi, hein ?

Je voulais faire ma coquette, ne pas prévenir, rester dans l'ombre. Je suis le spécialiste du contraste et de l'embrouille, du ''je t'aime moi non plus'', du ''je le fais mais ne l'annonce pas''... compliqué du ciboulot le garçon. Puis bon, relent inopiné de la bonne éducation donnée par ma maman, j'ai soudain réalisé que vis à vis des organisateurs de la manifestation, ce n'était pas très, très amical, ni respectueux de leur travail, de le passer sous silence... Et puis vis à vis de mon éditeur qu'à fait rien qu'à dépenser des sous, oh !
Alors au cas où la GRANDIOSE notoriété de mi bloggo pouvait rameuter une personne et demie...
Non Gina, ne venez pas siouplait, Maja Lola non plus, ne venez pas assister à mon plantage en public, lààààà, sages, devant la TV avec vos pépitos respectifs, quieto... je vous raconterai...
Imaginez, moi, conférencier... ouarfff je me marre grave... le problème c'est que je suis curieux... émotif mais curieux... sale défaut... sinon je suis tellement bien, à l'abri de mon écran, dans la pénombre de mon bureau... Moi y'en a jamais pris la parole en public... moi trouille à fond... vous pas venir siouplait... moi pas mauvais-mauvais à l'écrit mais caguette à l'oral. De plus les mecs pour venir m'entendre déblatérer devront raquer 23 euros !!! Putain la grosse hontasse !!! The big shame of the world !!! Payer pour m'écouter ???!!! Et tout ça sur mes frêles épaules ??? Vous avez mesuré que si ça se trouve je vais me ridiculiser en tentant de fuir par-dessous la moquette en faisant sauter toutes les barres de seuil ? Chtoung ! Chtoung ! Chtoung ! Tu vois la scène lecteur ? Je suis plus volumineux qu'un ragondin !
Si encore c'était dans le Sud-Ouest, à la bonne franquette, entre deux litrons de Madiran et quelques gésiers confits... mais non... là y'a cocktail après... ouf ça, au moins, pour justifier les 23 euros, c'est bien... je me défausse allègrement sur le Champ et les petits fours. Si seulement il y avait une réponse péremptoire à la question... Mais non, même pas !
 

mercredi 24 septembre 2014

La Pensée du jour



Conseil d'hygiène intime : il faut mettre la moelle de l'épée dans le poil de l'aimée.

Marcel Duchamp

mardi 23 septembre 2014

Le Toro qui avait un bon son

Il faut se rendre à l’évidence : réunir trois artistes majeurs comme Finito de Cordoba, Morante de la Puebla et Manzanares, ne remplit plus l’arène. Il est vrai qu’à Nîmes, on a pris la mauvaise habitude de se résigner face à la faiblesse chronique des toros.  Ca ne décourage pas vraiment  mais ne doit pas non plus, on l’espère, créer d’engouement ! C’est un peu comme notre rapport à la politique, quoi… On a donc assisté au défilé habituel de toros faibles sortant au ralenti, aussi désabusé qu’un militant PS jadis intensément rosifié d’enthousiasme avant que ne l’afflige la pâleur de la honte. (eh, oh, ça va, hein… je suis gentil je trouve… parce que depuis deux ans et demi, si j’avais voulu me défouler, y’avait matière, hein…)


On passera rapido sur les nimoiseries ordinaires consistant en l’occurrence à attribuer un trophée après le troisième avis – en pleine despedida Chavaniesque ! *-  et à la montée au créneau transgressive de Casas himself s’insurgeant sur  la bêtise d’un règlement  brimant les artistes. Il y aurait à discuter, l’Art ayant  montré qu’au contraire, les contraintes suscitent souvent plus de créativité… (débattez entre vous, moi je bosse, je dois pétrir des lombaires de « sans-dents » ça fait des boulettes brunes – crasse ou bronzage ? - Mystère… Mais j’ai bien peur qu’ils n’aient pas pu acheter d’Ambre Solaire…)


Et on arrive enfin à ce qu’on peut retenir, comme la deuxième prestation de Finito dont Cordoue n’aurait pas renié l’art, même si le revistero a pu le trouver trop distancié. Mais le clou de ce spectacle fut sans conteste la faena au troisième toro qui réunit trois virtuoses. L’animal émit soudain un retentissant – Schlak ! – à moins qu’il se fût agi d’un – Plek ! – en tout cas les pierres du vieil amphithéâtre en diffusèrent l’écho sec jusqu’à nos tripes déjà malmenées et du coup on avait nous aussi, mal au genou. Alors quoi ? Fissure du plateau tibial ? Tendon rompu ? Ligament dilacéré ? L’autopsie ne nous le dira pas car tout le monde s’en fout. Toujours est-il que l’animal supprima immédiatement l’appui de ce membre à la façon d’Iron – mon chien – quand il est à l’arrêt sur libellule… (Je raconte bien, hein… je sens pedroplan captivé et même, même, un léger frémissement du fléchisseur commun superficiel par lequel on taquine le clavier quand on est moins inhibé que vous tous, anonymes timorés du commentaire) et que Manzanares dépité, partit chercher l’épée, la vraie, la lourde, celle qui ne tranche pas que l’ersatz de beurre, ce Saint-Hubert mollasson farci d’omega 3 auquel je m’astreins pour préserver la nouvelle palpitation de mon cœur.


Bon, maintenant que les gens sérieux sont repartis lire les colonnes de ''TOROS'' et que nous sommes entre intimes vu que vous connaissez même la composition de mes tartines matutinales, il est temps de vous expliquer à quelle conjonction sensible je dus soudain faire face : le toro reposa son antérieure au sol car sa noblesse le prédisposait à la charge, et Manzanares le reçut comme il se doit, souple de ceinture, alluré, majestueux. Des gradins dégringolèrent les premières notes du concerto d’Aranjuez, lentes, profondes, servies par un trompettiste appliqué, ce qui réduisit ma déglutition tandis qu’un frisson parcourut rapidement ma peau ; En bas, ce toro à la race insensible au handicap, qui avait un bon son, poursuivait, patte en appui - Aaaah si seulement mes patients pouvaient montrer la même race...! - avec abnégation, la muleta que lui présentait un jeune homme inspiré ; et puis la couleur des notes de cette trompette dans mon oreille comme le taraud cuivré d'une Espagne toujours hospitalière à ma sensibilité ; et sur mon épaule une tête, un parfum familier, des cheveux qui caressaient le territoire de ma joue soudain traversée de la loupe d'une larme scrutant l'intensité de ce nouveau bonheur, aussi improbable et beau que l'accord subtil d'un homme rationnel, civilisé, avec l'animalité radicale d'un toro au combat.

 

Moquez-vous les gens, j'ai sombré dans le lyrisme. M'en fous.

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* Chavanieu René : en quelque sorte le doyen de l'aficion nîmoise, volontiers raillé par les uns ou admiré par les autres, intransigeant sur un règlement qu'il essaye de faire respecter à la lettre, à la seconde près - pour les avisos par exemple - ou le calcul du taux horaire du piquero "qui pour ce prix pourrait piquer un peu mieux..."
Son grand plaisir avant de se rendre à la conférence où tel ou tel club taurin l'avait invité, c'était de passer au préalable à l'abattoir récupérer certains morceaux de choix, les émincer et les cuire à la plancha, avant d'avouer à ces dames à la première remarque superlative sur ce fumet si particulier, qu'elles venaient de consommer de bonnes grosses couilles de toro...                   
Un chafouin-mutin le chacha...

photo France bleu.fr

Parole de Bisounours : la corrida c'est cruel IV


lundi 22 septembre 2014

UN : SIX fois UN, UN.



Perera seul contre lui




Le numéro un de la temporada - parait-il - torée comme on philosophe au café du commerce : sans tenir compte de l’œuvre des auteurs précédents et l'état de la pensée contemporaine sur le sujet.
Pour son seul contre six, il n’a donc tenu aucun compte de l’apport de celui de Castaño, ou plus récemment de celui, réussi, parait-il – je vois de moins en moins de courses… et encore, j’étais invité pour Perera, merci le Diable - de Juan Bautista.
Car, finalement et en toute logique, la recette, s’il y en a une, tient en un mot : la variété !
Castaño devant les Miuras varia la mise en scène ; les suertes, son toreo, les prestations de sa cuadrilla, lui le corto… et réussit à écrire une histoire singulière dont on se souvient. Bautista varia les élevages, les encastes, son toreo, lui qui sait si peu transmettre… et marqua les esprits d’une course intéressante à suivre.
Perrera, lui, est invariable. Il ne se pose vraisemblablement pas de questions. Il unicise ( c’est pas français mais peut le devenir, je tente…) il uniformise et reproduit… Ce n’est pas de la peinture, c’est de la sérigraphie, un serial-faener invariant, tous les meurtres sont commis avec le même mode opératoire, le même toro six fois, le même toreo six fois, dans le même mètre carré de l’arène six fois, avec le même esprit six fois, un non créatif à la puissance six…
Bon… et ben vas-y, entraîne-toi, puis si on te dérange, tu le dis…
Celui qui est assis tout près, encore, peut-être s’est-il aperçu de quelques savoureuses différences ? Mais le type – moi – qui étais à l’opposé de sa querencia forcenée là-bas, à cent mètres, tu sais ce qu’il a vu de loin… ? Six faenas ''mondialisées'', six séquences aux mêmes enchaînements, sur six jumeaux cornus au moral, comportement et faiblesse, identiquement désespérants. Tu avais déjà compris, lecteur, et tu trouves que je paraphrase ? Eh bien, comme ça tu auras une idée.
Et tu sais quoi ? Les gens applaudissent et les oreilles tombent, six, non, cinq, parce que le sixième medio-toro eut l’outrecuidance de se démarquer légèrement de ses frères.

Ouf ! Sinon, au final apothéotique de l’ennui, on aurait eu droit.
Ouf ! Sinon, au final apothéotique de l’ennui, on aurait eu droit.
Ouf ! Sinon, au final apothéotique de l’ennui, on aurait eu droit.
Ouf ! Sinon, au final apothéotique de l’ennui, on aurait eu droit.
Ouf ! Sinon, au final apothéotique de l’ennui, on aurait eu droit.
Ouf ! Sinon, au final apothéotique de l’ennui, on aurait eu droit.

Alors ''un'' comme numéro 1 ? Non, comme le préfixe qui ne différencie pas, fait se rejoindre, unifie.

photo piquée à l'express.fr (vous ne voulez pas m'embaucher à l'Express ? Je sais en faire des mieux que ça où pattes et pieds ne sont pas coupés...)

mardi 16 septembre 2014

La Pensée du jour

Pour l'homme, l'état de nature est un état qui n'existe plus, qui n'a peut-être point existé, qui probablement n'existera jamais.
Jean-Jacques Rousseau