vendredi 10 avril 2015

La Pensée du Jour


Mr Guitry comment voyez-vous la vie amoureuse ?

C'est très simple : on se veut et on s'enlace ; puis on se lasse et on s'en veut...

vendredi 3 avril 2015

Eco Edito

Ca va la vie ? Z’êtes toujours pétés de tunes, z’avez des projets, tout va bien, vos vacances sont déjà réservées ? Moi, depuis le scootard rosifié, je rame… Y’a qu’à voir le blog… il y a désormais plus de resenas cinématographiques que tauromachiques… la raison ? Les places à 6 euros au lieu de 60… Finies les escapades madrilènes ou autres… remarquez, rien perdu parait-il… et puis vous avez lu Durand ? Voir toréer un torero sentencieux je sais pas si ça m’attire… moi j’ai besoin de trouver le type intelligent, pour l’admirer… alors un type qui twitte des sentences à deux balles, comme "Aucun rêve n'est petit et aucun rêve n'est assez grand'', ça gâche…
Eh oui, le socialo m’a appauvri… il a augmenté les impôts, de ceux qui travaillent vraiment, et même des autres, tant qu’il a pu, ce qui a toujours été sa mesure de créativité maximum, question économie. C’est fou, désormais j’erre dans les allées du supermarché effrayé par les étiquettes : tout est cher… Avant, je les regardais même pas, pire, je prenais ce qui était cher pour que ce soit bon… Maintenant, je fais des raids à 40 euros chez Aldi, entouré d'autres pauvres, pour être moins affolé par ce qui fuit… J'achète tous les mauvais produits, de ceux qui enlaidissent, chargés en sucre, sel, gras, huile de palme, bourrés d'additifs cancérigènes, des produits pas chers. L'autre jour, j'ai trouvé seize yaourts chimiquement aromatisés, pour 1,69 euros ! Je m'en suis régalé. Nous faisons la queue, une longue queue, parce qu'il n'y a qu'une caissière, car chez Aldi aussi, même le patron est pauvre.
Il a cité son ennemi, la Finance, comme si on pouvait s’affranchir du monde dans lequel on vit, avant de redescendre sur terre et de remplacer l’idéologue ministre grandiloquent par un financier. C’est ça qui est bien avec les politiques : ils peuvent te dire un truc en te regardant au fond des yeux avant de faire l’inverse. Et tout continue, no pasa nada… Quatre élections plus tard, il sait que les gens le vomissent mais il y va toujours de sa bonne blague dispensée de son sourire niais, poursuivant en pleine forme ce que Mitterand appelle son niquennat… << il les baise toutes, les journalistes, les actrices, toutes…>> confirme l’ex-ministre de la culture, hilare. Tout va bien pour François 1er, il besogne, il trombine, il lime, il… enfin, sûr que côtoyer des gazelles aussi sexy que Martine Aubry et Angela Merkel appelle à des compensations, je ne lapide pas.
 Après le ''nain stressé'', le ''nain ravi'' donc, dont le lieutenant ''nain sanguin'' explique qu’il faut maintenant baisser les impôts. Vouais. Bien vu. En ne les augmentant pas tant, on aurait gagné du temps, et le temps… Il est mal dans sa peau, nain sanguin, il ne peut parler sans devenir tout rouge et s’énerver… C’est un catalan qui aime l’Espagne, ça crée des troubles. Au fait, il adore la course camarguaise… les deux ou trois fois où je l’ai croisé au sortir d’une arène, c’était corrida, mais ça, non, il ne peut plus le dire, rapport à 2017… tandis que la course à la cocarde c’est hallal, kasher, catho, proto, bio et écolo, no problemo.
Je pense qu’avec ''nain queutard de ouf'', pote de Dodo la saumure, la gestion du pays aurait été plus réaliste, mais bon, l’incontinent du canal spermatique aurait semé la panique à l’Elysée. J’vous dis pas les poursuites de couloir, les pelotages de boudoir, les tétons débraillés, les braguettes ouvertes, les fellations d’alcôves, les pénés furtives, les… vous avez remarqué le crescendo ? Sûr que vous imaginiez ce qui devait suivre… et ben non, vous n’aurez pas le plaisir de le lire !
Donc alors, voyons, perspective de dépense pour une journée à la feria du riz :
S’y rendre, en revenir, 20 euros, deux places pas trop moches 120 euros, un apéro moyen 30 euros (ouais un apéro de plouc, au pastaga...) un restau sympa 50 euros, total : 220 euros c’est rigolo. Multiplie pour les trois jours : Tu vas en bouffer du riz dans les semaines qui vont suivre !
Autre alternative : emmener ta compagne à la mer :
Beauté grandiose du paysage, gratuit ; marcher au bord de l’eau en la tenant par la taille, gratuit ; baisers volés, réclamés, refusés, obtenus, avec et sans la langue, gratuit ; regarder comme elle est belle, craquer devant son sourire, gratuit ; caresser ses jolies jambes au soleil, gratuit ; prendre un apéritif les yeux dans les yeux, gratuit ; emporter un pique-nique sympa avec du bon vin et tout et tout, pas gratuit mais pas plus cher qu’à la maison (je te rappelle lecteur, que tu es quasi obligé de te nourrir quotidiennement) ; Si tu es moins rat, s’offrir un petit restau de poisson, 60 euros, se caler dans la dune pour une sieste affectueuse en regardant au loin miroiter la Méditerranée, gratuit ; s’arrêter au retour au bord des petites routes, pour observer les toros au campo sans gros con déblatérant sur l’art de toréer ou beauf vociférant un Mata-lo ! des familles, GRATUIT.
Total de l’alternative haute 60 euros. Différentiel : 160. Que tu multiplies par trois.
Je ne crois donc pas que tu liras ici des resenas GRATUITES de rizottis arlésiens lecteur… d’autant que, ça paraît pas mais, pour écrire des textes spirituels, ça me coûte des connexions de neurones qu’il faut bien nourrir. 

lundi 30 mars 2015

Défis

Pour moi, ce matin, se lever était déjà un défi. A la vérité, m'endormir en avait été un autre. Quand la gamberge de tout ce qu'il y aurait à faire durant le week-end se met en route, les moutons s'égaillent dans la forêt environnante. Plus moyen d'en voir sauter un. Et puis la douche, brûlante, fenêtre ouverte. J'aime bien sentir l'air du matin, me décaler du faisceau de la douche au zénith, avoir froid, puis me réchauffer à nouveau sous l'averse chaude. L'eau chaude réveille : vaso-dilatation, irrigation des moindres zones – eh oh, ça va, hein – réveil généralisé subséquent.



Je suis allé récupérer le courrier de la semaine abandonné dans la boîte. Il m'est devenu pénible d'ouvrir le courrier. Il faut dire que n'arrivent que des lettres contrariantes, des pubs, des factures. Nîmes Métropole m'écrit pour me dire que mon installation d'assainissement d'eau est non conforme. Que ça va me coûter entre sept et quinze mille euros. Très drôle. Depuis quinze ans ma fosse septique marche très bien, ne dégage pas d'odeur, remplit son rôle. Ils me disent que c'est pour la santé des voisins que je vais devoir agir. Je projette de leur chiader une lettre où je leur expliquerai sans équivoque que je les emmerde, la SPANC... et que je convoquerai plutôt la pompe à merde que la pompe à fric. Qu'ils se retournent contre le terrassier qui m'a équipé, et qu'il vienne réparer ce qu'il a mal foutu : je ne suis ni compétent ni responsable de son travail, moi. Si je vais manger dans un restaurant où les plats sont mauvais, je ne crois pas que l'inspection de l'hygiène m'oblige en tant que client et propriétaire de mon repas à nettoyer les cuisines et remplacer les vivres avariées, ou à cuisiner un autre plat, si ?



La première gorgée de mon café juste moulu – 85% Arabica, 15% Robusta – me réveille un peu mieux. J'aime le bruit du moulin qui broie les grains luisants, libérant l'arôme juste pour ma tasse. Avec délectation je pense à vos dosettes colorées qui propulsent le prix du café au kilo cinquante fois plus cher que son cours. A ce compte-là je rembourse ma machine à café deux fois l'an mais bon, continuez avec vos dosettes, c'est joli, ça plaît à madame, etc, ok, ok, chacun son jus.



Au troisième expresso je deviens plus sociable, le centre de la parole se remet en branle et je décrète que cette fougasse est vraiment excellente, grasse à souhait, son papier d'emballage tout maculé... une vraie pompe à huile. Il serait plus judicieux d'aller courir. Je pense qu'à l'heure où ferme le bureau de vote, je glisserai mon bulletin dans l'urne peu de temps avant que Fandino glisse sa première épée léthale. J'ai de gros doutes sur sa capacité à animer un seul contre six qui est un marathon tellement révélateur. Les premières infos ne sont pas en faveur d'un moment d'anthologie. Je viens d'envoyer un sms à un ami présent dans les tendidos de Las Ventas à qui j'ai demandé : Alors ? Fandiño ? Sur une échelle de un à dix ?

Pour le moment, trois. Me répond-il...



Je ne suis pas vraiment surpris mais quand j'ai moi le défi d'aller voter et de monter une table de jardin Ikea dans la journée, lui, ce jeune homme, se présente devant six toros de respect avec un chiffon et une épée. A Madrid. Chacun son destin. Ça y est, la confirmation est venue : il s'est lourdement planté. Il n'empêche, il garde tout mon respect, même si mon index écorché a saigné un peu, au montage de la table. Sa blessure à lui sera tellement profonde qu'il y a un danger qu'elle ne cicatrise jamais voire s'infecte et l'ampute d'une grande partie de cette si nécessaire conviction qu'il doit falloir pour se présenter à la tête d'un toro. 

vendredi 27 mars 2015

Voler de ses propres ailes

Birdman de Alejandro Gonzalez Inarritu
 
 
Supposons :  vous êtes un torero d’opérette mondialement connu. Vous chantez agréablement dans les théâtres du monde entier. Votre costume de ‘’toréador’’ est très seyant et vous donne fière allure. Les femmes, notamment, pensent que vous portez beau. Vous vous déplacez avec la superbe du héraut de bon augure. Vous prenez des postures de héros. Votre muleta virevolte à chacun de vos demi-tours et vos effets de manche envoient jusqu’au fond de la salle le scintillement élégant de celui qu’on n’oubliera pas. Des années durant vous en avez profité, vous avez pu ouvrir les bras, bomber le torse et cambrer les reins, vous élancer et survoler le commun des mortels, ces blattes atterrées. Vous étiez ''Birdman’’. Icare n’était qu’un moineau désailé et vous faisiez vôtre cette devise << Peu importe à l’aiglon qui plane, le piaillement des oiseaux de basse-cour >>

C’est déjà pas mal, non ? Beaucoup s’en contenteraient, beaucoup considèreraient avoir atteint leur but. Seulement voilà, si le public vous adule, vos pairs, eux, ne sont pas dupes, pas plus que votre for intérieur face au miroir. Ce que vous aimeriez vous, c’est savoir enfin ce que vous valez. Vous confronter vraiment au métier. Faire sortir le toro de la vérité. Que le super ego chasse le super héros qui vous hante comme un démon personnel - alors les Amerlocks, on copie le gainsbard du Gainsbourg cinématographique ? Quitter les planches pour le sable de l’arène. Et encore, pas avec du Domecq précuit de festival pour empresa arrangeante. Non, avec du brut, du sauvage, de l’encorné farci de pièges, nu sur la plancha, pour claquer enfin la gueule du tendido siete, seul, et six fois de suite.  

Et donc en tant qu’acteur, là où l’exigence est la plus forte, Broadway à qui on ne la fait pas, qui en a tant vu, tant jugé, qui sait voir, déjouer faux-semblants et vérités. Qui sait de quoi on parle quand on met en scène  la nouvelle de Carver : What we talk about when we talk about love ?

Alors on suit ce film haletant qui se déroule en une même unité de temps et de lieu comme un plan séquence unique poursuivi jusqu’à son terme dans le suspens et l’investissement maximum d’un être qui veut savoir s’il a les qualités fondamentales pour être aimé dans la voie qu’il s’est choisie. Avec un casting qui a d'autant plus de sens quand on fait jouer le rôle titre par Michael Keaton qui sort ainsi d'une traversée du désert de plus de quinze ans.

mercredi 25 mars 2015

Tuons comme Léon

Un Homme Idéal de Yann Goslan




Aaaah l’écriture…. Le point de départ est la frustration intolérable d’une ambition déçue, de la souffrance d’un manque de reconnaissance. Imaginez : vous vous piquez d’écrire et unfortunately, les maisons d’édition restent hermétiques à votre ‘’génie’’… Ha, Ha Ha… ça rappelle des choses à quelqu’un ? Je veux les noms… vous serez publiés ! En tant que ratés s’entend. Allez zou, un petit coup de canif dans les entrailles, histoire de se rééduquer l’ego, non ? Vraiment pas ? Ils sont où les ratés du prix Hemingway par exemple, hein ? Les pas vainqueurs, les même pas finalistes, les bouffis-indignés qui écrivent à la direction pour s’indigner de pas avoir été choisis, hein ? Même pas honte ??? Non mais dis donc, espèce de gros raté pétri de ‘’GRANDECRIVISME’’ sors de ta bouffissure ! Tu veux que je te montre l’exemple ? Raté 1er : Delon ! Allez envoie ton nom GRANCOUILLONDEPROSATEUR… (et allez… encore un wagon d’ennemis sournois)

Oh pardon... reprenons : Et donc comme tous les ratés, ou, soyons plus délicats, comme tous les pas encore révélés, Niney, alias Mathieu Vasseur, survit d’expédients, de petits boulots comme débarrasseur de caves et de greniers et un jour lui tombe dans les mains du haut d’une armoire, un manuscrit : le journal d’un appelé en Algérie. C’est percutant dès la première phrase :
<< Ce matin, j’ai tué un homme >>
et Mathieu, piètre écrivain mais bon lecteur, identifie que ce journal peut faire mouche. C’est pour lui une révélation, ça peut être comme ça la littérature, pas besoin de mots savants dont quatre-vingts pour cent de la population ignorent le sens. Ca peut être simple, direct, à l’os, impressionnant de vérité, la preuve, il est le premier fasciné. Alors, cette maison à vider ayant été déclarée appartenir à un homme seul dont la dépouille n’a pas été réclamée, il s’approprie l’œuvre, la recopie, la signe, l’envoie et … bingo, prix Renaudot ! Fortune, Amour, Gloire, Ray-ban, BMW, etc.

Mais quand on initie une procédure à l’envers, on ne se rend pas toujours compte des conséquences à venir. Rétropédalage assuré. Il faut par exemple réaliser en urgence, au moment même où l’éditeur vous annonce qu’il veut vous publier, qu’il va falloir tout savoir de cette guerre d’Algérie pour justifier ne serait-ce que le travail de documentation supposé. Il faut apprendre les postures et tirades de l’Ecrivain, soutenir les interviews, bref, apparaître crédible par rapport à la qualité de son œuvre. Ne pas décevoir, mais, si donner le change est possible dans le temps béni de la séduction, dans la durée, les inévitables complications rappliquent plus vite qu’une charge de fellaghas déchaînés. Alors, quand l’étau se resserre, pour ne rien perdre, dans cette urgence absolue, si tuer permet de fuir dignement la réalité, tuons. Comme Léon Vauban le fit en Algérie entre deux paragraphes de son journal.
Le type d'engrenage traité aussi, on s'en souvient, par Woody Allen dans Match Point

Mais ici, la fin éminemment plus cruelle et spectaculaire, n’a pu sortir que du cerveau malade d’un de ces écrivains au cerveau persillé de ce truc appelé talent, car... non, je ne vous explique pas. Il vous faudra donc vous déplacer pour la connaître. D'autant que, pour tout vous dire lecteurs, je n'ai pas que ça à f... on soupire dans la salle d'attente... Allez-y, je vous y encourage car << ça vaut le voyage >> comme ils disent chez Michelin.

lundi 23 mars 2015

Fumette Story

Inherent vice de Paul Thomas Anderson

Alors là... j'avoue, je n'ai pas tout compris... c'est peut-être pour ça que j'ai aimé.
Enfin, aimé, c'est peut-être un peu fort. Disons que je n'ai pas détesté me faire enfumer deux heures et demie durant, par ce ''power flower thriller'' jointé et déjanté, par sympathique réminiscence nostalgique des Seventies. Eh ouais, je suis assez vieux pour les avoir traversées.
Tout en ayant ressenti la déception d'une musique de film pas à la hauteur alors que l'époque avait pourtant produit du choix psychédélique à la bonne fragrance de marijuana.
Joaquim Phoenix alias Doc Sportello plante un détective halluciné sous permanente inhalation herbeuse exotique. C'est comme un Puzzle géant, un labyrinthe incompréhensible, une jungle inextricable. Et au bout de... pas longtemps, on est aussi perdus que le Doc, à croire que la fumée de ses pétards traverse l'écran. On balance en danger de quitter prématurément la salle entre l'envie du décrochage et l'intérêt de l'image mais au fil des tafs tirées par une loco Sportello à faire pâlir celle de la ligne Anduze-Saint-Jean du Gard, et une fois admise l'idée qu'on restera enfumé par l'énigme brumeuse, on perd la force de s'en aller et on laisse, dépité, planer le planant scénario que chaque information supplémentaire devrait contribuer à dénouer – c'est notre vœu de spectateur – mais complique encore un peu plus. Or, si le Doc vaporetto fume pour oublier, nous, à qui cela pourrait faire passer le temps, on se rappelle que désormais tout est interdit. Des fois qu'il y aurait un détecteur de fumée brumisateur de mousse apyre au-dessus de nos têtes...
Bref, faut pas y aller avec un esprit sain et rationnel, un raisonnement logique ou une quête impatiente de vérité : passez d'abord à la Bodeguita écluser trois Mojitos, rejoignez, titubant, la salle obscure en tirant sur votre puro négligemment écrasé d'une rotation pointée de l'avant pied sur le trottoir du Sémaphore sous le regard horrifié-répprobateur des enseignants socialistes de la Rome française et de la Madrid languedocienne, faites-vous tancer par le caissier de ce haut lieu de la culture nîmois pour lui avoir demandé s'il restait encore des places au fond alors qu'il en a vendu quatre... calez-vous dans votre fauteuil de la rangée du fond, donc, et, jambes allongées, yeux mi-clos, c'est parti pour la fumette embrumée du tendre Doc Sportello qui a comme nous tous, gardé dans un coin de sa tête un souvenir ému de son premier émoi, un vice propre à l'amour, qui l'amènera à s'enfoncer dans ce pétrin glauque et fumant.