Onda cero elche

Onda cero elche
Un Osborne de Guernica

jeudi 26 décembre 2013

Scoop raté...

Cela fait peut-être deux mois maintenant, que par l'entremise de Gina et de ses amis américains, j'ai sa traduction d'une nouvelle inédite (parce que refusée à l'époque) d'Hemingway. Cette histoire de nouvelle seulement découverte aujourd'hui m'avait grandement excité et je m'apprêtais au scoop national en avant-première !!! Mais le choc fut grand je la découvris : moi qui aime cet auteur je trouvais cette nouvelle-ci très mauvaise, ridicule pour tout dire... (le replacement du duodénum...! ) et dépité, je l'oubliais... je suis persuadé que présenté au prix Hemingway, elle ne passerait pas la sélection pour compter parmi les finalistes... j'avais fait bosser Gina pour rien, sollicité ses amis pour rien... etc... Remarquez, elle a un effet rassurant cette nouvelle, elle montre que l'on s'améliore, qu'une oeuvre de jeunesse est grandement perfectible ! Aujourd'hui je la découvre livrée par la lettre de l'Atelier Baie et il est intéressant, même rigolo, de comparer la traduction... là où le traducteur de l'Atelier Baie voit dans la deuxième phrase "ces Américains que l'on rencontre trop souvent dans les lieux arrosés", Gina y voit des "stations thermales"... Ce n'est pas moi qui trancherait mais bon, Hemingway n'ayant jamais été très connu pour aimer l'eau... Donc je vous la livre aussi pour les cuistres qui ne seraient pas abonnés à la lettre et pour ceux qui le sont, pour jouir de la comparaison. 

 Ma Vie dans l'arène avec Donald Ogden Stewart 

 Avant, j'avais souvent rencontré Stewart dans l'arène, mais sans lui accorder une attention particulière. Il semblait être un de ces types d’Américains qu'on rencontre trop fréquemment, seulement dans les stations thermales du continent. La première remarque que Stewart m'eût jamais adressée, fut sur La Place de Toros de Pampelune : 
 « Fais attention, ce toro est fou ». 
Comme une fois, j'avais connu, plutôt bien, l'épouse de l'ambassadeur américain d'Espagne quand elle voyageait en Europe, je savais quelques tournures américaines et bien entendu, je pensais que le gars voulait signifier que le taureau était en colère. 
 « Ca n'a rien d'exceptionnel dans ces circonstances », dis-je en choisissant un paquet de banderilles. 
 « Que diable, non», dit Stewart. 
Ceci était un peu exagéré même venant d’un Américain, aussi ne répondis-je pas, mais, d'un simple geste de la main, je renvoyai mes peones et me préparai à exciter le taureau pour poser les banderilles. Mais comme j'allais exciter le quadrupède, je remarquai un truc pas ordinaire. Les yeux du taureau étaient fixés sur Stewart. Je me tournai vers Stewart et dis avec un ton que je jugeai poli :
« Mon vieux, sois gentil et simplement, recule-toi de cette barrière ». 
« Je te dis que ce taureau est fou », cria Stewart. 

A cette époque, la foule s'occupait des affaires et commença à crier des encouragements à Stewart et à me hurler des insultes. 
 « On veut Don Stewart » était la rengaine de leurs acclamations et je vis bientôt qu'ils avaient confondu son prénom avec un titre espagnol et prenant Stewart pour un compatriote, ils essayaient d'en faire un héros national. 
 « Donnez-nous Don », me criait presque dans les oreilles un type à la grosse figure rouge. « Rendez-nous notre fric », criaient les autres. « Rendez -nous notre fric et donnez-nous Don », combina la figure rouge. 
 « On veut Don Stewart » commença à crier toute une section des arènes remplie de jeunes voyous. « Dites donc », beuglait par-dessus la rumeur, un gigantesque Espagnol à boucles d'oreilles en agitant un pistolet automatique au-dessus du mugissement. « Dites donc. Donnez-nous Don Stewart ». 
 Juste à ce moment-là, on me lança une tomate mûre en pleine figure. C'était presque du cricket et je me tournai vers la foule. Je levai la main pour obtenir le silence et la foule se calma. Je vis que je conservais encore mon ancienne popularité et comme je m'essuyais la tomate des yeux avec le mouchoir que m'avait donné la Reine Mère, je décidai de donner une leçon à la horde inconstante. 
 « Hombres » dis-je, « Mujeres, Bambinos », usant de mon dialecte castillan, « je suis à bout ». Ca me prit un bon quart d'heure pour dire ceci en castillan, mais je fus payé en retour par le grondement des acclamations qui s'élevèrent tout comme je finissais. « Don stewart, Don stewart, Don Stewart » martelaient les voyous. Le gros Espagnol juste derrière moi, semblait pris d'un désir sanguinaire. « Don », marmottait-il, « Don ». Puis empoignant la barrière métallique, son visage devenant violacé jusqu'à ce que j'en sois complètement affligé, « Il les tue ! Il les mange vivants » ! 
 Je me tournai, saluai la foule avec le plus de grâce possible et tendis mon épée et ma muleta à Stewart qui les accepta avec un murmure de remerciement. Il se détourna de moi après une rapide et ferme poignée de main, et s'adressa à la foule. « Hombres ! Femini ! Piccoli ! » commença-t-il, employant mon andalou maternel. « Y a-t-il un docteur dans la maison » ? Un individu plutôt miteux se détacha d'un groupe, probablement d'étudiants en médecine, et se dressa devant lui. « J'ai dit un docteur », ajouta Stewart d'une voix rude. Le type se rassit. « j'ai cru que vous demandiez un dentiste », murmura-t-il. « N'y a-t-il pas de docteur dans la maison » ? implora Stewart. « Nada, Nada,», cria la populace. « Il y avait un docteur mais il est saoul ». 
 « Dieu merci », me murmura Stewart en un rapide aparté. « Je suis un Scientifique Chrétien ». Je commençai à aimer ce gars. Retirant son chapeau melon, non, maintenant je me rappelle, - Stewart ne portait jamais ce chapeau dans l'arène, c'était une casquette, abaissée sur ses yeux -, Stewart s'adressa encore à la foule. « Je vous jure que je tuerai ce taureau ou qu'il me tuera » ; il prononça ce serment en vieux castillan. Il y eut un semblant d'applaudissement pour le choix du langage. Stewart se tourna vers le public et lança son épée et sa muleta. Un silence de mort retomba. « Il va le tuer à mains nues », cria quelqu'un. Derrière moi, l'Espagnol assoiffé de sang se balançait de l'avant à l'arrière. « Il les tue », murmura-t-il. « Il les mange vivants ». 
Stewart me saisit par la main. « Hemingway, m'assisteras-tu ? » demanda-t-il. Je fixai son clair regard gris. « Jusqu'à la mort », dis-je. Stewart sauta brusquement de côté. « Ne mentionne pas ce mot », ajouta-t-il. 
Stewart fit un grand pas vers le taureau et comme le taureau chargeait, Stewart chargea. Je n'avais jamais vu une chose pareille depuis la mort du Gallito. Il y eut un moment de confusion que j'ai de peine à reconstituer maintenant et je me rappelle seulement Stewart et le taureau se secouant mutuellement, tournant et tournant autour de l'arène. Ensuite ce fut fini et Stewart se redressa nettement pour laisser l'animal tomber. Il l'avait tué à mains nues. 
Pauvre type, il était horrible à voir. Ses côtes ressortaient comme les baleines d'un vieux corset. Il tenait son pancréas de la main gauche. Comme je le rejoignais, un petit garçon qui avait couru depuis les barricades, se baissa dans le sable et ramassa un objet. Il le tendit à Stewart qui, rapidement s'en empara pour le remettre en place. C'était son duodénum. « Tu ferais mieux de laver ça », lui recommandai-je fortement. « Peu importe » dit Stewart et il s'évanouit.

Quand il reprit connaissance, nous étions environnés de gens. Ils essayaient de découper des souvenirs de son habit. Déjà un joyeux trafic se mettait en place partout dans l'arène. Stewart me fit un signe. Je me penchai tout près. Il me murmura à l'oreille. « Dis-leur ce que j'avais fait à Philadelphia Jack O'Brien», ajouta-t-il d'une voix rauque. Je ne connaissais pas le monsieur en question. Mais j'avais vu Stewart en action avec ce dingue de taureau. Peut-être laissai-je vagabonder un peu mon imagination ; mais tenant Stewart dans mes bras, je leur racontai. Dans mon meilleur vieux castillan que j'avais réservé au vingt-et-unième anniversaire de mon fils, je leur racontai. Stewart ouvrit les yeux une seule fois pendant que je parlais. « Tu'l eu... dis gamin », ajouta-t-il. « Tu'l eu... dis ». 
Par chance, le pauvre gars se remit.

mercredi 25 décembre 2013

Le cadeau de Noël de "Photosmotstoros"



C'est pas mal, plus de quatre vingt-sept millions de "vues"... Faut dire que Karmin est une virtuose qui glose supersonique et sans orthophoniste. Une remarquable performeuse ! Bien sûr vous autres branchés des réseaux sociaux, vous la connaissiez déjà - ben oui, c'est vous les 87 millions... Pour les réfractaires à l'étalage public et les retors aux amis électriques comme moi, c'est une découverte toute récente grâce aux débroussailleurs du net que sont mes fils et donc aussi sec, je vous la présente. Car c'est comme ça, maintenant les fins de soirées de Noël, on ne les passe plus à se marrer en faisant les fous avec les derniers jouets offerts mais encore devant un écran, à s'échanger les découvertes et coups de coeur. Ma foi, pour Karmin je veux bien... Réglé plein cadre, le visionnage siouplait et avec du volume le son du caisson.
Au fait, le chapon préalablement poché dans un fonds de légumes avant d'être enfourné, ça fonctionne : super moelleux !