Onda cero elche

Onda cero elche
Un Osborne de Guernica

dimanche 27 février 2011

Cano

Après les travailleuses occasionnelles Gina y Maja Lola, douces agnelles bienveillantes, j'ouvre grand la porte du blog et un loup entre dans la bergerie : JLB ! Il vient de m'envoyer son premier texte et je le passe aussi sec sur le seul critère qui prévale à mes yeux : le plaisir supposé pris par nos lecteurs. Personnellement, des anecdotes comme celle-là où transpirent l'Espagne et l'aficion, j'en redemande.

photo de www.madrimasd.org

Depuis le temps que dans les arènes d’Espagne, Francisco Cano Lorenza passe à côté de moi, sur son éternel chemin entre la sortie du patio de caballos où il mitraille les toreros se préparant au paseo, et sa place dans le burladero des photographes. Depuis le temps qu’il me salue comme des dizaines d’autres personnes sur son passage, sans trop prêter attention aux visages.


¡ Hola Canito ! Il soulève sa casquette blanche devant les personnages importants. Il envoie des baisers aux amis dans les gradins. ¡ Hola Paco !


Il a quatre-vingt-dix-neuf ans aujourd’hui et au cas où des señoritos incultes l’ignoreraient, il a inscrit le chiffre 1912 tout autour de cette fameuse casquette. Il raconte qu’il en tient chez lui une autre, identique, sur laquelle il a fait broder 2012. Cent ans ! Soixante-douze ans à photographier des toros, des toreros, des artistes, des écrivains.


Cano n’a jamais été un grand photographe, privilégiant la qualité du cliché, le cadrage, la lumière, le décor, puis le papier, le traitement, etc. Cano mitraille. Tout. Et comme il a un flair infaillible, un culot monstre et une chance insolente, il est toujours là quand il faut. Il était donc normal qu’il fut à Linares le 28 août 1947. Linares théâtre des jeux de la mort et du hasard.


C’était il y a quelques années à Séville, en avril, par un matin de « cielo andaluz », j’allais lire les comptes-rendus de la corrida de la veille à la terrasse de La Leyenda. Le groupe des vieux habitués s’était déjà emparé de trois tables et la discussion battait son plein. Il y avait Manuel Risueño, Fernando Dominguez, Pepe Peña, Pepe Lerdo de Tejada, Manolo Carmona, Julio Perez « El Vito », Alfonso qui avait conduit tant de camions chargés de toros, el Presidente des abonnés de la Maestranza toujours aussi grincheux et vindicatif et d’autres vénérables. Le Vito m’aperçut et me fit signe de m’asseoir avec eux. J’offrais des cafés et j’ouvrais tout grand mes oreilles.


Au bout d’un moment, arriva vers nous Cano et son épouse. ¡ Hola Cano ! ¡ Hola Canito ! ¡ Hola Paco ! Ils parlaient d’un peu tout, el Presidente s’énervait.


Paco, l’autre jour j’ai vu machin qui m’a dit que l’année dernière tu avais fait une photo de lui et de sa femme en barrera, tu lui avais dit que tu la lui ferais passer et tu as oublié…

¡ Hombre ! si tu savais combien de gens je photographie comme ça et ensuite je perds les clichés, je ne sais plus ce que j’en ai fait, j’en ai partout, j’ai du mal maintenant à les trier. Qu’il attende, peut être que dans vingt ans je la retrouverai sa photo !


- Cano, ça te fait quel âge maintenant ?


- Quatre-vingt-quatorze.


- Tu en as vu des toros, des toreros, des accidents…


- ! Hombre ! Ne m’en parle pas !


Et là, quelqu’un pose LA question dont je n’aurais jamais soupçonné qu’elle eut pu encore lui être posée.


- Et Manolete, Paco, tu y étais aussi ?


- ¡ Claro !


- Et alors, comment ça s’est passé ?


Je n’en crois pas mes oreilles. Je me dis que c’est pas vrai… Cano, il ne va quand même pas, pour la millionième fois raconter la mort de Manolete, le 28 août 1947 à Linares ! A tous ces vieux briscards qui connaissent l’histoire par cœur ? Hé bien si, il l’a fait ! Debout sur le trottoir, sa casquette blanche repoussée en arrière, mimant la faena avec ses mains déformées par l’arthrose, il nous a raconté comment Islero avait pris Manolete. Et soixante ans plus tard il y avait encore de l’émotion dans sa voix, de l’émotion aussi dans ses yeux rougis de vieillard. Sa femme, fluette, habillée très simplement d’un tailleur beige, tenant à deux mains un sac à main marron, est tout le temps restée derrière lui, effacée, silencieuse mais hochant la tête pour ponctuer les étapes du drame et en même temps nous faire comprendre que c’était la vérité, que cela s’était bien passé ainsi.


- C’est terrible ! Le pauvre ! Quel malheur !


Un peu plus tard, en jetant un œil sur les premières pages de l’ABC, d’El País et du Diario de Sevilla, j’ai cru lire qu'hier, à Linares, le grand Manolete avait été tué par un toro. Photos de Cano.


JLB

mercredi 23 février 2011

Et mon expo ?



Bon alors et mon expo ? Tout le monde s'en fout, c'est ça ? Vous ne me demandez rien ? Vous ne m'assaillez pas de questions ? Et bien pour la peine je vais vous expliquer les deux trois trucs rigolos ou mystérieux qui me sont arrivés. Si je ne me mélange pas les asas qui sont maintenant devenus les isos sans que je comprenne pourquoi d'ailleurs, il y avait quatre photographes : Polo, Dezzan, Marquez et mézigue qui exposait sur le mur jouxtant celui de Marquez, brillant vainqueur du prix toreria. Un fondu du post-traitement qui avait choisi un concept diamétralement opposé au mien : de la couleur, des rendus surnaturels, des photos ''individuelles'' sans thème commun. Mais spectaculaires. Le garçon est talentueux et si j'avais fait partie du jury c'est pour lui que j'aurais voté aussi. Il ne fallait pas afficher son nom tant que le jury n'était pas passé... une insulte pour certains artistes qui peuvent prétendre à ce qu'on reconnaisse leur facture ! Mais bon, anonymat respecté sauf qu'une peintre est venue me dire qu'il fallait que j'enlève mon nom... Maaaais je ne l'ai pas mis, je ne peux l'enlever ! Lui rétorquè-je la voix pleine de conviction. Et ça, alors ? Me fit-elle, l'oeil étincelent de celle qui a raison en me montrant du doigt mon bandeau papier qui indiquait l'intitulé de mon expo : "Manolo de Pablo-Romero, mayoral"....
Gentille... et puis j'en ai eu un autre, qu'est venu me dire, triomphant :
- Vous avez fait une erreur, je le connais ce mayoral, c'est "Manolo Munoz" qu'il s'appelle, pas "Pablo-Romero" !
- Euh... oui... je savais... mais voyez-vous, c'est fait exprès... j'ai pensé qu'il incarnait tellement les toros de cette famille qui l'emploie depuis des lustres que je l'ai baptisé ainsi à dessein, pour symboliser tout ça....
Il a réflechi un moment, puis est reparti en haussant les épaules : qu'ils sont cons ces artistes ! qu'il devait penser...
Le truc mystérieux c'est que j'ai formellement reconnu une photo vue dans le caveau des Romarins à Domazan chez ce viticulteur qui organise chaque année son petit concours. J'en fait part à l'auteur, Marquez, et là il me dit que c'est impossible, que c'est la première fois qu'il expose en France, qu'il ne connait pas ce concours, etc. Mettons que je devienne confus... mais bon, ce portrait avec la montera tenue en travers du visage pourtant... je sais que je l'ai vu... on dirait Manolete, presque, et j'avais des témoins ! Et ils confirment ! Ouf, j'ai encore toute ma dopamine... Alors c'est quoi le truc ? Aurait-il été piraté ? Un photographe indélicat aurait-il photographié sa photo pour concourir en imposteur...? Faudrait avoir le temps d'appeler la cave des Romarins mais je n'ai pas le temps : tout le monde veut se faire soigner en ce moment. C'est marrant parce que ça m'est arrivé à Cuba : le photographe venu à l'hôtel nous montrer ses photos à appris qu'une de ses photos était vendue dix fois moins cher au marché de l'artisanat... Il y a filé fissa pour vérifier.


Le truc plus rigolo, même s'il est à mes dépens c'est qu'à la dernière limite de l'expo, dimanche après-midi, on est venu me chercher sur la place de la mairie où je prenais un peu l'air :

- Oh, marc, vite, y'a un type qui te cherche, il veut t'acheter une photo !

Un évènement vous pensez quand on considère que la dernière fois, une seule oeuvre avait été vendue lors de cette expo... Je rentre dans la chapelle et d'ici que j'atteigne mon alcôve où mes oeuvres attendent sagement le quidam, deux, trois types me stressent de plus belle :

- Là-bas, il t'attend, il en veut une...
je tombe sur un jeune couple qui me complimente sur mes photos et patati et patata, ça change un peu de ce que l'on a l'habitude de voir, tout ça... je ne suis pas forcément d'accord avec eux car je trouve cette série très classique, au contraire... mais bon, tout va bien jusqu'à ce que j'annonce le prix : 50 euros pour un 30x45 contrecollé sur comatex et prêt à être accroché dans le salon. Seuls le mur et le clou ne sont pas fournis. Et là, je sens immédiatement un désintérêt s'emparer d'eux. Ils sont déçus. Cette photo ne vaut pas grand chose, la preuve, même l'auteur n'y croit pas avec ce prix merdique qu'il a fixé... Je sens le truc et essaye de rattraper le coup :

- J'ai un métier, moi vous savez, je n'essaye pas d'en vivre, je ne suis pas un artiste, alors je pratique des prix modiques et si ça peut faire plaisir à des aficionados...

Mais à leurs oreilles ça m'enfonce un peu plus dans les oubliettes : je ne suis pas un artiste et le tarif n'ajoute aucune crédibilité à la valeur de la photo ! Ils se détournent et aussi sec se décident pour une photo de l'Espagnol à trois cent euros. J'ai bien fait de venir, on apprend toujours quelque chose !

Finalement j'en ai vendu deux, mais comme il s'agit de personnes que je connais, il est à suspecter que ce soit par charité chrétienne...


Dernière annonce, cette petite expo est exportable, si elle intéresse un pan de mur quelconque de France ou de Navarre ou d'ailleurs - ce serait logique que Pablo-Romero à Nîmes s'y intéresse... mais bon, comme on n'est jamais prophète en son pays et qu'on n'aime pas s'imposer.... - un coup de fil peut contribuer à étudier la proposition.

dimanche 20 février 2011

Susana y su malito






Que ne nous a-t-elle pas fait Suzana Zaragoza, l'artiste invitée par Toreria ? Une Espagnole pur jus, pur sucre et pur fruit. Pur suc. Elle est venue me brancher au débotté alors que je ne m’étais pas encore aperçu de sa présence pourtant … je cherche un qualificatif… y’en aurait tellement qui conviendraient… comment les synthétiser… sa présence pourtant « évidente » je dirais, car Suzana n’est pas le genre de femme passe-muraille qu’on ne remarque pas. La planta gitana ! De donde eres ? Triana ? No ! Valencia… ! Ah bon… ? Pourtant… tienne mucho la caja dé una andaloucia… Enfin voyez, comme d’hab que je baragouinais, tandis qu’elle m’inondait à toute allure de vocables inconnus auquels j’acquiesçais pour avoir l’air le moins con possible. Et vas-y qu’elle m’accrochait le bras, qu’elle m’envoyait ses mèches de jais à la face, qu’elle pressait ses seins sur ma poitrine : que ne m’a-t-elle pas fait, Suzana ! Avant moi, elle avait entrepris un picador de passage qui étais tout rouge… et semblait en avoir plus peur qu’un tio de cinq ans au trapio de cuirassé : la présence de sa femme non loin, peut-être… Suzana m’a emmené devant ses tableaux, me les a expliqué, j’ai rien capté, évidemment, et puis elle m’a montré le capote dédicacé à son intention par Morante et Suzana d’un coup, m’a demandé où étais su nino… ! Ca j’ai compris. N’ayant pu, en guise de réponse, ne lui produire qu’une mimique relativement hébétée, elle a dû se résoudre à balayer la salle d’un regard panoramique pour repérer la poussette semi-abandonnée au milieu de la chapelle où se contorsionnait le malito, trop incommodé d’être ainsi ficelé depuis lurette. C’est alors que Suzana a décidé de changer de chaussures. Elle a quitté de magnifiques bottes de peausserie fine où dansaient des pompons, pour, on le suppose, se mettre enfin plus à l’aise. Elle a donc sorti des escarpins noirs avec des talons de douze centimètres, muy « gitanosexy », à faire jouer des castagnettes dans leurs tombes, les côtelettes de tous les flamencos d’Ibérie ! Ca a créé comme un centre d’intérêt – ben tiens ! – et un demi cercle d’hommes qui passaient par là s’est instantanément créé – ben tiens bis – pour jouir du spectacle, un de ces petits cadeaux de la vie, que nous font parfois des femmes généreuses et belles. En toute pseudo innocence. Au premier rang, votre serviteur, dans un but évidemment purement documentaire, pour vous rendre compte honnêtement de la spontanéité de l’artiste. Du coup, survoltée par l’objectif, elle en a profité pour nous gratifier d’un remontage de bas noirs auto-fixants qui intensifia la lueur des prunelles mâles, ce qui la réjouissait mucho. Histoire de vérifier si sa récente maternité n’avait pas ternit l’attractivité de ses charmes sur l’autre sexe. Elle a été bien rassurée… J’ai déclenché… schlak-schlak-schlak… pour vous… et lorsque j’ai contrôlé sur mon écran, il s’est passé un phénomène bizarre : j’avais une escouade de type sur le dos qui louchaient par-dessus mon épaule, soudain passionnés par cet art, la photographie. Volte face et avertissement : Oh ! faut payer pour voir, 50 euros le 30x45cm ! Réflexe d’exposant. L’escouade s’est alors dissoute, penaude, sous les arches de la chapelle : pas de miracle. Les pleutres ! Les radins ! Les couards… venus se rincer l’œil gratos comme des miséreux de la sexualité, tous libidos-dépendants… Maaaaais si Suzana incendie la lande, Suzana n’éteint pas les flammèches laissées dans son sillage… D’autant que le mari était revenu, et avait sorti le vermisseau contorsionniste malito de la poussette pour compenser un peu les défaillances maternelles de l’artiste. C’est le moment qu’elle choisit pour danser la Sévillana avec Thierry l’organisateur, à qui j’ai laissé les yeux rouges pour illustrer l’effet bouillant que ça devait lui faire, de frôler la créature…

Enfin, elle m’a présenté ''le malito'' – seul son regard morne a réussi à me faire comprendre ce que ''malito'' voulait dire – avant de lui donner la têtée, eh non, au biberon… ce qui rasséréna le maladou quelque peu. J'ai donc passé une partie de l'après-midi à photographier Suzana - mal - elle contrôlait mes clichés et quand elle se trouvait moche elle éclatait d'un grand rire (elle...) en rejetant sa tête en arrière et en criant : photoshop, photoshop ! Pour m'indiquer que je devais la retoucher... Enfin, elle me nomma son photographe officiel et n’avait qu’à me regarder et bouger un peu son index pour que j’obtempère quand il fallait la shooter, comme ici, tout contre le torero local. Fou, non ? Bon, allez… je vous quitte, faut que j’aille décrocher l’expo. Si je la revois, je lui fais la bise pour vous, ok.

Quant à son art, il est visible ici :

www.susanazaragoza.es

samedi 19 février 2011

A toutes les apprenties "Conchita" et leurs avocates :

" la littérature n'est jamais la vie telle qu'on l'a vécue ; elle en est inspirée mais elle est surtout acte de création"

Serge Doubrovsky

Jeudi dernier dans "La grande librairie" France 5

vendredi 18 février 2011

Une idée de sortie pour AZER

En cette fin de semaine, Toreria organise l'expo des egos d'une trentaine de personnes ci-après dénommées ''artistes'' faute de mieux. Cela se passe Chapelle Sainte Anne qui j'espère vous verra venir. Tous les détails sur la portada de toreria.net. J'imagine que cela va ressembler à une grande kermesse artistico-sympathique où ''Azer'' célèbre commentateur anonyme du blog devrait croiser un maximum d'amateurs de tortures sanguinaires amoureux du thème : le toro et son combat. Pour sa part votre bloggeur préféré a choisi non pas des bèèèèèlles photos sans rapport entre elles, mais au contraire une série assez cohérente qui s'intitule :

"Manolo de Pablo-Romero, mayoral"

Veuillez trouver plus bas le texte d'accompagnement, ne reste plus donc qu'à passer voir les photos. Je ne sais pas si on a la possibilité de les vendre mais tant qu'à faire pour éviter de les stocker après l'expo des années durant dans mon garage, les 30x45 seront à 50 euros - c'est la crise, les prix sont bas - et la muy grande unique et magnifique en 60x90 à 250 euros - ben tiens, vous savez combien elle me coûte à moi...? - Inutile de vous dire que les tirages sont limités ne serait-ce que par le fait que je n'en vendrais pas tous les matins... Si Azer pouvait passer avec un seau de sang de boeuf afin de les souiller ça me ferait une pub d'enfer, merci.

Manolo de Pablo-Romero, mayoral

Comme la taupe sait tout de la terre, experte à cheminer dans ses souterrains labyrinthiques en gardant le cap, comme elle respire son humus, discrimine son azote, son phosphore et ses enzymes, comme elle analyse ses acides humiques et fulviques, évalue ses cations métalliques et ses podzols, comme elle vit de ses exsudats et de ses miellats, Manolo sait tout des toros.

Il les fait naître, les couve de son œil de superviseur, les renifle de son flair de conocedor tout autant que leurs mères, puis les nourrit et les marque au feu du fer rouge et de sa passion. Marie-Carmen sa femme, dit même que certains jours, il est toro. Par discrétion nous ne l’avons pas interrogée plus avant. Manolo connaît tous ses ‘’toros’’, individuellement. Un jour qu’il fallait refermer une barrière, une vache restait plantée là :

- Euh… Manolo, je peux y aller là, tu es sûr ?

- Si, claro !

Et quand il s’avança, elle détala. Un peu plus loin même cas de figure et le type confiant, s’avança spontanément avant que Manolo ne le rappelle d’urgence :

- Stop ! malheureux… recule, vite, pas avec celle là !

Lors des mondanités qui donnent aux spectateurs privilégiés des tientas privées l’illusion d’entrer dans le temple sacré une coupe de Cava dans une main et une tartine de jabugo dans l’autre, on ne demande pas vraiment son avis à l’homme de la terre, à l’humble campesino taiseux qui en sait pourtant sur les toros, aussi long que Luis Miguel Dominguin en savait sur les petits boutons de nacre des corsages féminins, le Cordobes sur l’ivresse d’une opulence enfin gagnée, ou Nicollin sur les poubelles. Mais pour qui ne dédaigne pas voyager jusqu’à l’aube, il ne faut pas le provoquer longtemps, Manolo, pour qu’il s’élance à bout de souffle, tout vibrant de sa propre narration vers les contrées fascinantes des toros de Pablo-Romero. Les plus beaux toros de la planète d’après… l’unanimité.

Des toros qui de Guerrita à Ordonez auront fait suer de grosses gouttes à une cohorte de toreros aux fortunes diverses devant cet « animal fuerte, con caja, enmorillado pero no alto de agujas, chato de hocico, ancho de pecho, estrecho de sienes y bien conformado de cuerna » Dans son bureau où le computer n’a pas encore supplanté la machine à écrire, ils trônent sur les murs en noir et blanc, les cardenos. Comme un bonheur arrive souvent accompagné, Manolo a un vrai talent de conteur, une joie de l’anecdote et un humour sans faille. Sa maison secondaire du Rocio est un véritable musée, non loin de la belle église où l’histoire ne dit pas s’il brûle parfois un cierge pour que ses toros sortent tous comme le ‘’Joyerito’’ de Madrid. Un toro déferlant qui inonda Las Ventas de son tempérament tsunamique, ressuscitant le souvenir qu’avaient les aficionados de l’encaste. Alors, après les quinze heures de route enfin torchées, quand on s’accroche, épuisés, courbaturés, sales, affamés et parfumés au gasoil, au bastingage rouillé de la mauvaise remorque qui nous emmène au milieu du campo et de ses magnifiques gris ; quand on aperçoit sa silhouette fière galoper droit sur nous et nous accueillir d’un amical ‘’Locos de Franceses !‘’ de son timbre de voix si chaleureux, on est heureux. Comprenne qui pourra… Sinon, c’est pas grave, on ne vous en voudra pas de rester sur votre canapé à bourrer votre Chesepeake Bay Retriever de chocolat.

lundi 14 février 2011

Pour info...

ici dans les commentaires, on recommence à s'amuser... :
http://photosmotstoros.blogspot.com/2010/05/et-cest-qui-le-fauve.html

Finalement je la bats, ma coulpe, mais pour l'amitié déçue.

J’étais plutôt parti pour écrire un pamphlet sur la liberté d’expression. Et sur la liberté de l’écriture. J’avais même un fichier Word qui attendait sagement la torrentielle pulsion avec ce titre : Droit de Moque. Ouais. Parce que de la langue française aussi, je voulais me moquer… Vous me connaissez, j’aurais pu me déchaîner ! Je me suis privé de cette jubilation, pour toi, ‘’Conchita’’ qui n’est pas celle qu’on croit. Mais au fait, vous ne savez toujours pas de quoi je parle. Figurez-vous qu’une personne a cru se reconnaître dans le personnage dénommé ‘’Conchita’’ du texte ‘’Voyage au campo 1’’ de novembre dernier. Un huissier a capturé mon écran – Schlak ! – il va comparer tout ça dans quinze jours, la police a enregistré une plainte et je vais être présenté à un tribunal. Si. Le motif ? Injures et violation du droit à l’image… Alors évidemment, dans un premier temps, je suis tombé des nues. Je me suis dit : mais je ne nomme personne ! La photo a été prise dans un lieu public ! Et puis, ils n’ont rien compris… Je les aime avec tendresse, moi, mes personnages, et dans ce cas, comme très souvent dans la mécanique de l’écriture, ils sont la synthèse de plusieurs, allègrement mixés dans leurs petits travers bien humains dont je suis certainement affublé moi-même et que d’autres pourraient décrire pour mon grand plaisir ! Qui veut écrire un truc bien ironico-senti sur les hommes, groupe dont je fais partie ? Mes colonnes vous sont grandes ouvertes. Au besoin dans un droit de réponse. L’écriture est libre, mâtinée de mon imagination, de ma fantaisie, ce n’est pas un rapport de précision exhaustif ! J’aurais pu vous parler de JF Khan qui n’est toujours pas emprisonné alors qu’il traite Sarkozy de fou, de voyou de la République, des chroniqueurs sur les ondes à côté desquels je suis un enfant dans le déchaînement, du droit d’amuser, ben merde alors, enfin, bref, faire valoir des arguments.

Et puis j’en ai parlé à ma compagne. J’ai une compagne, comment dire, ''homéotherme'', jamais aucune passion ne la détourne de la maîtrise d’elle-même. Elle est calme. Elle est raisonnable. Un roc, pendant que je m’éparpille. J’ai un côté très féminin (manquerait plus que les chiennes de garde me fassent un procès pour corollaire abusif entre féminité et éparpillement…) elle a un côté très masculin… (et je vais arrêter de parler d’elle sinon je vais être privé de soupe pendant une semaine… Ah ! Voyez ! Elle non plus n’aime pas qu’on parle d’elle…)

Elle a commencé par me pilonner de cette allusion :

- Tu ne te rends pas compte comme tu peux être blessant, parfois…

J’ai ravalé ma salive, ce n’était pas le moment de faire le mariole…

- Tu adores te moquer, c’est ton passe-temps favori, mais tout le monde n’est pas obligé d’apprécier…

J’ai ''gulpé'' à nouveau, attendant sans mot dire la suite. Avec elle, j’ai le point de vue de la catholique charitable, voyez, toujours du côté de l'opprimé, qui n’a jamais lu Charlie-Hebdo, Gotlieb, le Canard Enchaîné… J’attendais sans mot dire car quelqu’un qui parle si peu, il ne faut jamais l’interrompre. J’étais suspendu à ses lèvres ni pulpeuses ni pincées. ''Regular'' ses lèvres… et son discours itou :

- Tu ne connais pas ses fragilités, elle a sûrement souffert de ce que tu as écrit

- Mais je te dis que ce n’est pas spécialement elle, je n’ai nommé personne ! C’est inspiré d’un mélange de personnes, j’en reçois vingt par jour depuis vingt-cinq ans, le tout boosté par mon délire d’écriture !!!

- Mais c’est ‘’elle’’ aussi, parmi les autres, et puis ce n’est pas une fiction, c’est un récit de voyage…

- C’est un récit et une fiction, je mélange et je n’avais pas en tête de la décrire elle, fidèlement… c’est vrai que j’ai repris peut-être des éléments qui la concernent, mais pas seulement et les lecteurs du blog ne peuvent pas savoir de qui il s’agit !

- Et les gens du voyage ? Et qui le sait, que tu n’avais pas en tête de la décrire fidèlement ?

Elle n’a pas rajouté ''jeune écervelé'', enfin… ''vieil écervelé'', mais je l’ai entendu. Eh oui c’est comme ça, je n’ai pas une admiratrice inconditionnelle à mes côtés, oh non, j’ai une moitié critique. Comme tout ce que dit ma compagne compte double, je suis allé réfléchir avec une pioche. Oui parce que c’est très utile, la pioche, pour réfléchir. C’est lourd, ça casse le dos, on peut se fendre le pied en deux d’un seul coup. Six trous, six… depuis six heures du matin aujourd’hui et aussi le week-end dernier. Quatre-vingts sur quatre-vingts par cinquante de profondeur. Rappelez-vous : Oléiculteur en herbe… Vu que monsieur le maire a dit qu’il ne cèdera pas sur les magnifiques arbres séculaires des boulevards, je plante à tout va chez moi. Mais je perds le fil, hein ? Ah oui mais c’est mon style, vous le savez… Quand je pense que des avocats, un huissier, un juge vont revenir ici passer le blog au peigne fin… j’espère qu’ils ne sont pas dénués d’humour et que ça leur fera une récré, sinon je suis mort… Enfin, en même temps, j’ai pas volé, j’ai pas tué, je ne suis multirécidiviste que de l’humour. Seulement voilà, cela ne doit pas être aux dépens de quelqu’un qui en manque. Je l’ai compris au troisième trou, quand le pic de la pioche a rencontré ce rocher qui m’a renvoyé une onde de choc à enflammer l’insertion épicondylienne… DOïïïïïïnggggggg…. Alors ça a fait ''Tilt'', enfin… DOïïïng. Je me suis rappelé que quelqu’un m’avait dit après un texte :

- Dis donc, Antoine Martin, pour qui tu l’as fait passer dans ton dernier post… !

Et je n’avais rien compris. Comment ? Martin ?

- Mais tu rigoles… je l’adore Antoine Martin… et je l’admire en plus !

- Ouais ben relis à jeun et tu verras…

- Mais n’importe quoi, Martin le roi du troisième degré, il ne pigerait pas le deuxième ? Meuh c’est toi qu’es trop triste !

- Et ben ça va bien… ok… crois ce que tu veux…

Putain, j’en avais pas dormi, dis donc… Etait-il possible que j’ai pu être indélicat avec Antoine ??? Cette idée m’a taraudé quelques jours. Mais je n’avais pas de trou à faire, aucune transplantation, rien. M’en foutais des olives, à l’époque ! Je suis donc resté dans l’indécision en me disant qu’il n’était pas possible qu’un type aussi intelligent qu’Antoine Martin y ait vu autre chose qu’une amicale histoire. Mais un autre ami m’a dit il n’y a pas bien longtemps au téléphone, après avoir découvert mon blog :

- Dis donc, j’espère que tu ne parleras jamais de moi !

Et là j’ai entendu au loin, la voix de sa femme crier depuis sa cuisine :

- Demande-lui combien il faut lui donner pour qu’il ne parle pas de nous !

Donc, Desproges avait raison, on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui.

Pour l’affaire qui me concerne, je me fie à ma compagne et progresse dans la réflexion grâce à ses propos. Elle est le phare auquel se rallie mon raisonnement : elle m’envoie des flashs intenses, brefs et lumineux, stroboscopiques, qui soudain arrêtent net mes élucubrations et me révèlent un éclairage différent. Je dois l’admettre car il serait idiot de penser que tout le monde pense par les mêmes critères de la même grille de lecture que la mienne. Par exemple sur la notion d’obésité à laquelle j’ai fait allusion : s’il y a quelqu’un qui n’a pas de tabou sur le corps, c’est bien un professionnel de santé. Ma définition est médicale, c'est-à-dire que l’obésité commence à partir de cinq kilos de surpoids. C'est-à-dire qu’avec mes vingt kilos de plus je suis aussi obèse que… n’importe quel obèse ! Je n’ai pas la chance de métaboliser tout ce que je mange, mais je préfère assumer d’aimer manger plutôt que d’avoir une silhouette plus convenable. Alors, Je stigmatise ou je campe mon personnage quand j’y fais allusion ? Est-il écrit quelque part que les obèses sont d’abominables gros dégoûtants ou ai-je de la tendresse pour eux ? Qui plus que moi rentre dans le creux de leurs plis quand je les entreprends sans retenue sur ma table de massage ? Qui, plus que moi les traite sans différence avec les bien-foutus, quand je leur prodigue mes soins ? De qui parlais-je quand j’ai écris ça ? D’une Conchita que j’ai connue ? De façon générique de toutes ces mamies dont ma grand-mère faisait partie, amoureuses des gros gâteaux crémeux goulûment dégustés dans les salons de thé ? Ou expressément de celle qui a cru se reconnaître ? Choisissez et tentez de le prouver surtout !

Mais bon, dans un esprit d’apaisement dont je sais pourtant bien qu’il n’annulera pas les poursuites, j’ai retiré ce texte ''Voyage au campo 1''. J’ai retiré aussi la photographie, car il semble qu’en la matière, la règle soit simple :

Nul n’a le droit d’utiliser l’image d’autrui sans son autorisation.

Alors même si :

1- Ce personnage n’était pas, dans mon esprit, censé décrire fidèlement et exclusivement celle qui s’y est reconnue, mais provenait d’une inspiration plurielle, kaléidoscopique et exagérée par ma fantaisie naturelle, mon goût pour la caricature et ma jubilation d’écrire des personnages pittoresques désincarnés. (Oui, on peut être obèse et désincarné littérairement, parfaitement ! )

2- Même s’il était impossible à un lecteur lambda de ce blog à l’audience quasi-confidentielle, de faire un rapprochement quelconque avec un personnage existant.

3- Même si cela ne peut donc qu’éventuellement concerner une frange partielle des 49 personnes restantes du car qui auraient lu ici et établi un rapprochement. Soit ils ont reconnus des similitudes pour les avoir déjà remarquées et ce texte ne leur a rien appris de plus… soit n’ayant rien remarqué ils ont du mal à associer quelqu’un a cette caricature ou l’ayant associé trouvent évidemment que j’ai exagéré puisque, encore une fois, mon récit était la synthèse de diverses observations, ce qui fracture de plus en plus tout préjudice éventuel, me semble-t-il.

4- Même si la photo n’est parue qu’un mois après cet article sans aucun lien avec lui, dans un post sans commentaires.

5- Même s’il me semble qu’un écrivain (oui,si petit soit-il…) s’inspire toujours de la vie pour la transformer, la caricaturer, la refaçonner à sa main

6- Même si je suis étonné qu’une personne avec qui j’avais des rapports amicaux ait en première intention mobilisé un avocat au lieu de me contacter directement ( il a suffit d’un SMS à Aurélie pour que je retire toutes ses photos par exemple, ce qui crée un précédent de bonne volonté avérée, messieurs-dames…)

7- Même si pour toutes ces raisons et malgré l’éclairage du phare éblouissant sus-cité, j’ai beaucoup de mal à me sentir coupable de quoi que ce soit…

8- Même si je trouve cette démarche absolument contre-productive pour la plaignante elle-même, car maintenant tout le monde, même ceux qui ne s'étaient rendus compte de rien, va s'interroger sur son identité...

… Eh bien je m’excuse quand même, parce que la personne qui s’est sentie ‘’Conchetisée’’ je l’aime bien, que je n’ai jamais eu l’intention de l’attrister, que je n'ai aucun a-priori négatif sur elle...

Mais, ces excuses sont du registre amical, pas juridique, elles sont là pour démontrer à la soi-disant ‘’Conchita’’ que je ne voulais en rien lui nuire et regrette de l’avoir contrariée. Par contre, sur un plan juridique, si cela devait aller plus loin, je mettrais quiconque au défi de prouver qu’une entreprise littéraire qui caricature, embrasse le pittoresque à bras le corps, qui s’affranchit de toute véracité dans le style par le lâchage consciencieux des chevaux de l’imagination, peut se comprendre comme un évangile indiscutable. Apprenez à lire la littérature ! Achetez des bouquins, les filles ! On se reportera d’ailleurs utilement au commentaire que je fais à Jérôme dans ''Voyage au campo 6'' qui précise que dans tous mes écrits, la vérité n’est pas ce que l’on doit rechercher. Non, Simon Casas n’est pas un extra-terrestre comme je le sous-entends dans la resena du retour de José Tomas à Barcelone ! Cinq cent soixante-cinq posts à ce jour, cinq cent soixante-cinq procès en perspective ?

jeudi 10 février 2011

Faites quelque chose pour nous...


Pour nous, les Nîmois, mais pour vous aussi quand vous venez, vous pourriez signer au bas d'une feuille. Ca ne vous fatiguerait pas beaucoup et ça nous donnerait plus de poids. La mairie de Nîmes qui a déjà choisi le futur transport collectif le plus polluant qui soit, un tram-bus à double étage, bref un gros bus à gros moteur diesel, veut, pour l'aménagement de son passage, couper quelques quatre-vingts mahousses costauds séculaires de quinze tonnes et plus : les beaux micocouliers et autres platanes des boulevards sous la frondaison desquels il fait si bon vivre à Nîmes. Ils ont déjà fait miauler les tronçonneuses... si fort que quelques-uns sont allés sous les arbres au risque d'être estourbis pour arrêter le massacre. Vous connaissez Nîmes ? C'est une très belle ville dont je suis amoureux. Je l'aime, ce n'est pas raisonnable mais c'est comme ça... Elle réussit son intégration progressive à la nature quand on en quitte le centre, offrant ses chemins de garrigue aux promeneurs qui peuvent parfois par-dessus les murs, chiper quelques branches de lilas ou d'amandier en fleurs. Et en plein centre, l'été, sur ses boulevards on est si bien et c'est si beau, grâce à ces arbres...

On peut remarquer deux évidences :
La mairie si prompte à nous demander des permis (mais pas à les délivrer...) s'est affranchi de celui d'aménager, commençant l'abattage alors qu'elle n'en avait pas encore l'autorisation... C'est ce qu'a dit la Justice interrogée en référé par les verdâtres venus se renseigner... C'est chouette l'exemple des politiques, ça donne tout de suite envie de respecter les lois... bref le tribunal a tout arrêté pour le moment.

Deuxièmement, on avait jamais entendu parler de cet abattage massif et crève-coeur, de magnifiques frondaisons qui mirent 150 ans à se développer, avant le premier miaulement de tronçonneuse... C'est ce qui s'appelle faire son coup en douce. Pas joli-joli... Et pourtant il en faudrait des feuilles vertes pour absorber tout le CO2 que le gros bubus va nous cracher à la figure ! Alors, les politiques tentent de nous endormir encore une fois - c'est vrai que c'est soporifique un politique... feu Frêche excepté - :


- il faut mettre les chiffres en perspective, on coupe 80 arbres mais on en replante 800... dont de magnifiques arbres à mouchoirs.


Mais franchement, entre quatre yeux les gars, qu'est-ce qu'on en a à faire des 800 scions maigroulets qui feront de l'ombre dans 150 ans en regard des magnifiques sujets, sains et épanouis qui ornent les boulevards ? Et votre histoire d'arbres à mouchoirs, là... c'est de l'ironie de mauvais goût ? On peut pleurer, c'est ça ?


Alors messieurs-dames faites un geste - non, pas un bras d'honneur - allez signer sur une feuille non issue de l'abattage d'un arbre, puisque électronique, pour que vive le magnifique ombrage d'une belle ville méditérranéene. C'est là :


http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2011N6343

photo issue de jssnews.com

jeudi 3 février 2011

Corrida Cévenole : Anduzz fait le Buzz...

Un des problèmes de l'uniforme, c'est qu'il n'est pas toujours bien porté. Surtout à Anduze, charmante localité gardoise, qui produit de magnifiques vases vernissés prisés des jardins chicos. En effet, même si dérailler non loin d'un quai de gare est assez logique, gazer de dangereux papis et mamies, hors-la-loi notoires sans casier, à la soixantaine passée, venus pacifiquement exprimer leur désaccord sur une voie privée, car on n'est effectivement même pas sur le domaine public, ne témoigne ni d'une grande clairvoyance, ni d'un hallucinant courage physique. Dormez confiants braves gens, nous sommes bien protégés.
Si vous voulez le voir en action, c'est à dire transfomer à lui tout seul une manif bon enfant en pagaille haineuse avec son beau costume de gendarme, c'est par là, au bas de l'article :
http://www.midilibre.com/articles/2011/02/03/A-LA-UNE-Le-directeur-general-de-la-gendarmerie-nationale-demande-l-ouverture-d-une-enquete-1526969.php5#contribution#reaction