Onda cero elche

Onda cero elche
Un Osborne de Guernica

jeudi 1 décembre 2016

Politico-Edito


Ça y est : Fillon et le diable ne font plus qu’un. La hargne peut se déchaîner contre le sourcilleux. La casse sociale ce sera lui, la dislocation de la sécu aussi, l’exploitation des masses laborieuses, l’islamophobie, l’homophobie, l’ultra-libéralisme thatcherien, l’ivg phobie, rajoutez tout ce que j’ai oublié… mais bien sûr…

Droopy après avoir battu le petit roquet bordelais parti bille en tête avec « son combiné téléphonique en mettant toute la gomme avec la super pêche faire ses courses à Prisunic » (rien de plus pathétique qu’un vieux qui veut faire jeune) et dont la prosopopée produit un petit amas de mousse / bave sur les lèvres qui dégoûte bien (à quoi ça tient le destin d’un pays, tout de même…) trace son sillon. Le type a réussi l’exploit, certainement dû à la théorie du bon moment après les spécimens essayés avant lui, de se faire élire – au moins par les membres de sa famille – en ne proclamant que des trucs anti-démagogiques qui auront finalement convaincu de son sérieux. J’avoue avoir été interloqué, avec d’autres peut-être, quand je l’avais entendu dire lors de sa première allocution de premier ministre de Sarkozy : « je suis en charge d’un pays en faillite »

Fillon c’est le type qui déboule dans le dortoir en pleine bataille de polochons et qui gueule un bon coup : Finies les Conneries ! Ca jette un froid, l’ambiance retombe aussi sec, tandis qu’hésitent les plumes dans l’atmosphère mais finalement tout le monde est bien content qu’un type crédible propose son arbitrage pour que la vie en commun se restructure un minimum.

Evidemment, pour ceux qui aimeraient restructurer à sa place en promettant n’importe quoi – on a vu avec le Grec, l’Italien et bientôt avec l’Américain orangifié, qu’il y a ce que l’on dit pour être élu et puis ce qu’on est obligé de faire une fois en prise avec la réalité – il est assez déstabilisant de constater qu’un type séduit en disant le genre d’évidence qui ne fait plus bander la société depuis longtemps : eh oui, redresser un pays ce n’est pas travailler 35 heures en en encaissant 39 mais plutôt travailler 39 en étant payé 37… ça s’appelle un petit effort, c’est pas glop, pas fun, pas cool, mais logiquement efficace.
Après, bon, faut pas non plus déconner, les salariés ne sont pas seuls responsables et le management de rentabilité dont se rendent coupables les grands groupes pour servir leurs actionnaires… il devrait y avoir une responsabilité sociale, une estimation globale du coût engendré pour la société qui viendrait amortir (Putain mais je suis de gauche ou quoi ? Si moi aussi je sors de gentils concepts fumeux irréalisables dans la vraie vie où va-t-on… le problème c’est qu’il n’y a rien entre une économie de marché soumise à la compétition et la pénurie organisée à la cubaine…)

Bref, il semble, que pour la droite au moins, les rigolos en tous genres, les idéologues, les laxistes, les bling-blings, les rondouillards rigolos, les démagos, les pédants pédagos, les naïfs, les hypocrites, toute la clique des bobos progressistes bardés de principes largués face à la violence ambiante, on n’en veut plus.

Je serais curieux de voir Fillon, le premier candidat de droite à l’œuvre en France… Oui, le premier, parce que Giscard le coupable du regroupement familial (merci pour l’héritage bordélique et raciste) Chirac le sumo gauchiste larvé et Sarko l’agité aux ministres rosifiés, c’était mou tout ça… J’adore l’analyse des grands experts parisiens comme Nathalie Saint-Cricq et consorts qui promettent l’amendement de son programme pour être élu. Je crois qu’ils n’ont pas compris à qui ils ont à faire avec Droopy… alors qu’ils sont (grassement) payés pour nous le traduire.

Et puis oh, laissez notre candidat tranquille, il n’est pas fait pour vous plaire, préparez-nous plutôt le vôtre. Mais bon, vu le succès des primaires de la droite, ça n’a pas l’air de s’organiser de gaieté de cœur du côté gauche, hein… sûr que, s’il n’y a que 500.000 fonctionnaires qui se déplacent… ça marque mal… la gauche ''démocratique'' veut, comme d’habitude, un plébiscite ou rien… hahahaha…
Pendant ce temps Flamby réfléchit toujours, horripilant la France entière qui a déjà décidé pour son cas personnel. La seule voie de sortie honorable serait de ne pas y aller selon la promesse faite en cas de courbe du chômage non inversée (+ 550000 sur le mandat )

Seule certitude, ce sera donc la voie qu’il n’empruntera pas.  

mercredi 16 novembre 2016

Les Lois de L'Apogée


Les personnages de Jean Le Gall, ne vivent pas la « croisière tranquille » dont rêvait le narrateur, à mesure que le roman se déroule dans cette France des années 80 à nos jours. La grande houle les soulève, les secoue et les ballotte durement. Quand la vague  déferle avec plus ou moins de force sur le rivage, elle éclabousse, bouscule, anéantit et aplatit sans merci.
 Pourquoi le titre ?
L’apogée, c’est, en astronomie,  nous rappelle l’auteur, le point où l’astre au cours de sa révolution autour de la terre est à la plus grande distance de celle-ci. Les astres de l’ouvrage, les trois personnages essentiels, soumis aux lois de l’astronomie, dépendent longtemps les uns des autres, chacun à son tour se trouvant astre principal ou satellite d’un autre. Greta Violante, la journaliste italienne, à l’image de son nom, eut besoin  de Jérôme Vatrigan qui l’aime après qu’elle l’eut interviewé lui, le gagnant du Goncourt à 23 ans, pour son unique roman. Puis, l’ayant épousé, Greta  quitta rapidement le journalisme pour le monde des affaires où elle se grisa de pouvoir jusqu’à ce qu’un magazine la désignât  « femme de l'année 2008 ». Ce fut alors Jérôme qui eut besoin d’elle pour éviter la faillite de sa maison d’édition après le succès d’un « Proust » plagié. Le frère de Jérôme, Antoine Vatrigan, médecin esthéticien, entra en politique,  fut député du Lot-et-Garonne, puis ministre des finances ; sûr de sa capacité à sauver la France, il moralisa à tour de bras, assomma de ses conseils Jérôme, mena   grand train  de vie avant sa  dégringolade à  la « Cazeneuve» !   Il eut besoin de Greta qu’il avait  longtemps méprisée, laquelle  eut aussi besoin de lui pour effacer une cicatrice compromettante mais utile à un détective allemand venu en France pour résoudre une affaire criminelle la concernant.
L’histoire est passionnante en soi ; elle se déroule lentement et longuement quand on assiste aux efforts des personnages  pour atteindre leur apogée par tous les moyens  y compris les plus douteux, puis s’accélère dans les dernières pages du roman grâce à l’intervention de personnages secondaires provoquant leur chute.
Jean Le Gall prend le temps, de la manière la plus naturelle et la plus réaliste possible, d’insérer l’histoire parmi  les remarques nombreuses, pertinentes, pénétrantes,  plus ou moins irrévérencieuses qu’il produit sur Tout et sur Tout le monde. Sur  les gens rencontrés, ceux qui existent en vrai, Bernard Madoff, Philippe Sollers, et de nombreux politiques nommés ou signalés par leurs particularités d’autant plus amusantes qu’elles sont  injurieuses, Sarkozy, Hollande, Moscovici.., les femmes de pouvoir, Ségolène, Aubry …, d’Ormesson,  Onfray aussi  qui, «depuis une dizaine d’années …ne dégonflait pas », ou alors, sur ceux qui sont inventés.
Son regard satirique se  porte sur la société, la vie politique, économique, les medias. Il parle de l’amour, des femmes qui ont « bousillé » la littérature, des vacanciers, des voyageurs, des Parisiens et des provinciaux, des parvenus toisant les domestiques. Le Gall insiste sur  la vanité et la cupidité des uns en pleine ascension, dans leurs hôtels particuliers, leurs châteaux, à l’Elysée, pendant leurs dîners, leurs repas d’affaire, les dîners pré-électoraux par exemple, et sur l’esprit de vengeance des autres souvent ignorés ou humiliés.
Il dénonce l’hypocrisie, « la probité passée de mode », les faux et les mensonges répandus partout, en Histoire et particulièrement en Politique quand sont évoqués la démocratie et le Gouvernement.  Les journalistes aussi sont soumis à une cinglante satire, attirés qu’ils sont par les apogées ou les faillites, tout comme les financiers, les banquiers d’affaire, les économistes et les consommateurs en tout genre.
Et surtout, l’auteur éditeur et écrivain dont Jérôme est le porte-parole, s’intéresse au milieu littéraire. On sait tout sur le livre, l’édition, les écrivains, les lecteurs, les prix littéraires où« nous voyons défiler… des jockeys de Grand prix en train de chevaucher des limaces ». Il aborde tous les genres littéraires, du roman à  la poésie qui s’écrit abondamment mais que personne ne lit, en passant par les magazines féminins, « véritable providence pour la bêtise ». Il nous avertit  que parmi les écrivains, il y a les nuls, ceux des prix,  ceux des invités de la télévision, et les autres ; il y a  des nuls aussi parmi les lecteurs, les lectrices surtout qui, aux bons livres préfèrent les « illisibles célèbres, ceux qui passent à la TV, ceux qui prospèrent et engrangent ».
On partage d’autant mieux la malice tranquille ou l’ironie mordante de l’auteur que son écriture  se plie avec aisance, souplesse et naturel à la variété des  contenus du roman :  soit que le narrateur relise des remarques, cite de nombreux adages, étale des souvenirs  enregistrés  sur des cassettes (nous sommes dans les années 80 !) soit qu’il entretienne une correspondance,  soit qu’il poursuive sa narration avec des extraits d’autres  romans ou de poésie, de nombreuses références, soit qu’il décrive  avec talent des paysages ou des personnages, qu’il plagie, ou  invente.
Finalement, ce grand roman  qui « cache son plan, sa trame et ses trucages », nous a passionnés, nous,  lecteurs, qui avons été  ballottés dans plein de directions et secoués autant que les personnages soumis aux dures lois contemporaines de L’Apogée. On se retrouve marqués, moins naïfs  et on se demande quel roman, après celui-ci, méritera d’être lu car le narrateur,            « comme un orme, représentant d’une espèce menacée », nous rappelle qu’il y a de grands écrivains,  Maupassant, Mauriac  Camus, Proust.., Toussaint, Houellebecq,  Fitzgerald… à ne pas délaisser.
                                                                                                     GINA

mercredi 9 novembre 2016

dimanche 6 novembre 2016

La Pensée du Jour



Brindis de El Pana :

à toutes les femmes qui ont apaisé ma soif, rassasié ma faim et m'ont protégé et accueilli sur leur poitrine et entre leurs cuisses, piliers de ma solitude. Que Dieu les bénisse pour avoir tant aimé

vendredi 21 octobre 2016

Ratonero








Ratonero était un toro de présence. C’était comme si, dix mètres tout autour de lui, il déplaçait une bulle impossible à comprimer qui dévastait tout sur son passage. Le jeu, il n’aimait pas ; la provocation, non plus. Les razets ? Ca l’horripilait. Des barreaux de respect ne l’empêchaient ni d’entrer avec élan là où on ne le voulait pas, ni d’en ressortir sans élan pourvu qu’il l’ait voulu. Car son frontal, dur comme un tronc de chêne qui aurait avalé une poutre composite d’acier était tout mou en comparaison de son mental. Alors, ‘’Ratonero’’ on lui met la majuscule s’il vous plaît, ne transigeait pas. Il n’aurait pas pu être premier secrétaire de parti, ériger du consensus mou sa ligne, non. C’est au nom du Toro Bravo qu’il agissait, de l’idée qu’on s’en fait, pas au nom de tous ces dégénérés de l’aficion, communicants d’oxymores, en des bullshits insensés comme ‘’toro artiste’’, ou au nom de ceux qui reconnaissent du mérite à un torero qui ‘’inventerait’’ son toro. Non, lui, s’il aurait été de très faible toréabilité, c’est pour d’autres raisons.


Ratonero, avait ceci d’émouvant que partout et toujours, il s’inventait lui-même, loin de concepts fumeux donnés à gober aux bobos de la pensée taurine. Qu’il dévastait et hachait menu tout ce qui entravait son passage : des barreaux derrière lesquels tous les autres animaux seraient restés interdits, éléphants compris, jusqu’aux barricades, en passant par d’autres amuse-cornes comme fûts métalliques, tables, estrades, madriers, escaliers, poutres, etc, soit tout se qui se dressait entre lui et sa volonté. Sans la ruse du renard ou la fourberie d’un félin, juste franc, noble et droit. C’était un toro. Bravoure et fierté entre les cornes. Droit devant, avec force et détermination, même si ça résiste, même si ça fait mal. Ce tempérament, c’est en grande partie le fantasme de l’objet de ma quête quand je me rends à l’arène. Tomber enfin sur un « rompe plaza » et jouir de l’éclat de la sauvagerie.
Cela m’a parfois interrogé : avais-je un esprit si malsain que la panique ressentie par d’autres pouvait me distraire ? Je ne crois pas. Il y a juste cette fascination de la peur inspirée, de cette force tellurique impossible à contrer, de cet esprit hermétique au consensus, du message de mort imminente qu’il déplace avec lui. Un message que seul un drap de serge molle peut fragmenter pourvu qu’il soit tenu par un bras courageux.
Etonnant, non ?

dimanche 16 octobre 2016

Edito à la con du fond qui prime


 



Vous vous rendez compte de ce que vous pourriez faire si vous étiez une star milliardaire ? Vous – oui je préfère ne parler que de vous - pourriez attraper les femmes par la chatte ! Miaouuuu ! A la DSK, sans sommations, bing, par ici minette !

Moi – maintenant je préfère parler de moi – ce n’est pas pour me valoriser, je suis un anti-Trump ; quand je deviens amoureux, je suis paralysé, je deviens niais – ouais, si tu veux, encore plus… - je bégaye, balbutie, trébuche, ne dors plus, prend un air absent, maigris, ne bois que de l’eau, rêvasse, entrevois les bonnes décisions mais prends les mauvaises, suis dépourvu d’arguments, ‘’j’attaque’’ à contretemps, genre ça fait deux plombes qu’elle stagne au bar à s’emmerder, à m’attendre peut-être, et au moment où elle cherche son manteau, je tente la plus nulle des propositions, prendre un verre t’sais… une vraie calamité…

Ben t’sais quoi lecteur ? Parfois, ça rend tout touchant, l’inaction, j’attendris, je dilate, j’émeus, elle finit par me plaindre et me demander de quoi qu’est-ce que céty qu’on attend parce que bon, ça va un moment mais si ça durait plus, on risquerait de choper les arcanettes… c’est par le cerveau néo-mammalien, moi, que je pécho. D’autant qu’il est pilonné de longue par le limbique qui lui intime l’urgence de se reproduire avant finish biologique. Bon, pour dire vrai, j’y suis bien obligé n’ayant jamais pu promouvoir le côté ''pété de tunes'' de la star milliardaire. 
C’est marrant comme la femme de star milliardaire, et elle seule, a d’instinct une tolérance maximale quant à l’infidélité de son mari, qu’on ne retrouve jamais dans la vie courante des pauvres types comme vous et moi… chai pas… doit y avoir une culture du ''je sais rien, j’ai rien vu, j’veux pas savoir'', quand la place est bonne.

Mais là, je deviens désagréable avec les femmes, c’est pas cool… enfin, une certaine catégorie, car bon, le Trump, là, il est riche bon ok, mais il ne pécho que les femmes qu’il mérite si t’analyses… tandis que nous… hein, toi, par exemple, ta femme, elle ne risquerait pas d’aller avec ce gros porcas de Trump ! Elle est sensible, pas vénale, cultivée, subtile et dotée d’un cerveau paléo-mammalien quasi atrophié – cherchez pas, ça veut dire qu’elle est bien… dans ma bouche… non… pas votre femme… le cerveau - donc ben voilà, t’es en rien pénalisé si tu réfléchis.

La dernière vidéo Trumpesque sexiste qui a provoqué un tollé chez les Amish, les puritains catho et les protestants austères, autant que chez nous tous, Ô indignation mondialisé que miss Obama relaya, le montre en train de dire à une petite fille de dix ans que lorsqu’elle en aura vingt, il sortira avec elle. Il n’a pas dit qu’il la violerait à douze ans ou même à vingt ans quand elle sera en âge de le choisir ou de l’écarter, non, rien de tout ça, juste qu’il serait son boy-friend dans dix ans. Une fanfaronnade imbécile, de gros bourrin à mèches blondes. 
Ce même jour, après le débat pour les primaires, j’ai regardé un reportage sur Le Pen puis un reportage sur Mitterand. Vous savez l’escroc patenté, le terroriste assumé (attentat contre De Gaulle) l’imposteur diabolique que vous aimiez tant et a qui vous avez donné les clefs pour quatorze ans, et bien devinez quoi ?

Qu’est-ce que cety que j’ai appris sur lui ? Lui n’a rien dit de tel à une petite fille de dix ans, il a juste attendu qu’elle en ait vingt et il l’a fait ! Anne Pingeot, vingt ans, dans son lit messieurs-dames ! Il en avait trente de plus. Alors ? Qu’est-ce qu’on en dit ? Qu’est-ce qu’on en pense ? C’est bien ? C’est pas bien ? Je sais, on ne va pas comparer un amour sincère à une coucherie interchangeable, n’est-ce pas ? Voir ''Lettre à Anne'' chez Galipette. Comme quoi, la forme, le fond, tout ça… Pffff… tu supporterais, toi, même mort, qu’on publie tes élucubrations amoureuses, soit le plus privé de tes émotions intimes tous cerveaux confondus ? 
M’enfin ???

Sinon, le rapport avec l’illustration vidéo de cet article ? Oui, parce que j’ai fini là, ça commence à t’énerver, mon style ''content de soi à raconter des conneries''. Parfois mes cerveaux se chevauchent t’sais lecteur, mais quand même, elle arrive à chanter deux notes à la fois, non ? Chant harmonique ça s’appelle. Et puis c'est rare et beau alors si l'article vous a lassé, vous n'avez pas tout perdu.

Et encore ne vous ai-je pas parlé du suicide Hollandien en sept cent pages… je ne le supporte plus… ni son image, ni sa voix, ni… rien… même pas pour me défouler… vite qu’il la ferme, qu’il se tire et qu’on passe à autre chose. De pire, éventuellement, m’en fous, mais sans lui. 
S’il se présente à nouveau c’est vraiment le roi.

vendredi 14 octobre 2016

La Pensée du Jour

Pas d'écrivain, pas de littérature
Pas de littérature, pas de livres
pas de livres, un Nobel quand même
                                                                                                          Môa

vendredi 7 octobre 2016

samedi 1 octobre 2016

1000 Signes

Oyez braves gens : un dimanche de pluie à tuer et toujours pas de cèpes dans les bois ? Le grand concours national Radio-France de la micro-nouvelle est là pour ça. Pas besoin d'écrire la nuit, pas de mot-clef à respecter, d'ancre à mouiller mais néanmoins un thème bateau : la liberté, et un nombre de signes correspondant environ à un tiers de page A4. Donc plus aucune excuse pour s'abstenir de ''testez votre talent d'écrivain'' comme ils disent. Pour les amateurs comme moi, donc. Merci de ne plus leur faire le coup du réfugié syrien traversant la Méditerranée, l'ai déjà pris (peut-être comme des centaines d'autres, vu l'actualité...) je sais pas moi, inventez, c'est vaste comme thème...

Tenez, parfois les cubains trouvent que la révolution c'est pas terrible et crient dans les rues : "Libertad", "Libertad" comme s'ils préfèreraient être prisonniers du capitalisme plutôt que d'être fiers d'être miséreux, pffff, n'importe quoi... comme quoi, l'idéologie, quand t'as rien à bouffer... 

Ou, je sais pas moi, vous pourriez décrire la course d'un type hors d'haleine, les pieds brûlés par le sable du désert, coupés par les cailloux, un type en haillons poursuivi à un jour par les chiens d'un shérif véreux, ou bien un... oh puis hé... z'êtes des concurrents après tout... l'année dernière, ils étaient 1600 à concourir... (2000 cette année ?) ouais, on a une micro chance pour le prix de la micro nouvelle, c'est comme ça... 

Et puis comme ça, quand le jury aura délibéré - et qu'on aura perdu - on pourrait les publier ici au moins, si ça vous tente...?

Qu'est-ce qu'on gagne ? Pas d'argent entre nous messieurs, des livres : tous les prix littéraires de la rentrée : cool, non ? 

mercredi 28 septembre 2016

La Pensée du Jour

<< A Madrid, il y a deux français : Zidane au real et Casas à Las Ventas >>
                                                         
                                                          Simon Casas

mardi 27 septembre 2016

Quête Terminée : Graal Atteint


Il y eut Don quichotte et Sancho Panza qui arpentèrent les sierras en quête d’ennemi, il y eut Laurel et Hardy tout aussi inséparables dont la différence prêtait à de savoureux quiproquos, il y eut Simon et Garfunkel pour chanter de concert, Starsky et Hutch poursuiveurs inlassables de vilains garçons, il y a toujours Wallis et Futuna pour émerger quelque part dans l’océan, et même Don Diego de la Vega pour se jouer du pataud sergent Garcia, il y eut los de José y juan, de fameux polémistes sur sable et bien mesdames et messieurs il faudra vous y faire, il y aura maintenant à Madrid… comme partout dans le monde, Bayer et Monsanto… ! Si ça ne vous fout pas la trouille, je ne sais plus quoi faire ! Imaginez… une semence productive à souhait, imperméable aux attaques parasites et… auto-stérile : ben tiens, pas cons les mecs, on ne va quand même pas produire une semence extraordinaire s’il n’est pas nécessaire de la racheter chaque année.

Bon… assez tourné autour du pot. Nous avons maintenant Casas et Las Ventas ( oh courge, rien que de l’écrire ça file la castapiane…) et ce soir, quand Simon se couchera dans son petit lit tout chaud plein de chocolat, juste avant de s’endormir, il aura vraisemblablement une pensée émue pour lui-même, le truc intime, indicible, seulement partageable avec son for intérieur :

Moi, Bernard Domb alias Simon Casas, moi le mal aimé, moi le controversé, moi le saltimbanque, le torero raté, l’artiste des impresarii, moi le communicant déchaîné, moi le doigteur de public ronchon, j’ai désormais les clefs de la cathédrale, la formule de la Mecque, le grand livre du Temple, Graal atteint. Avoir Madrid et mourir. Voilà. Profond le doigt, les détracteurs. Lubrifié brandade et tapenade.

A l'instar des réseaux sociaux nimo-nimois, les Madrilènes doivent-ils s’en réjouir ? No sé. Attention au prix des places quand même… Alors quoi, condamner quelqu’un avant de le voir à l’œuvre ? Mais aussi, c’est sa faute, pourquoi avoir mis cette veste de clown juste aujourd’hui ??? C’est de la provoc, un message subliminal nociceptif ou quoi ? Vous la trouverez sur FB, en cherchant...

Remarquez, s’il nous organise en octobre une course avec les sobreros de Madrid les plus monstrueux, une encerrona de cabrons corraleros imbuvables devant une triplette de morts de faim en quête d’ascenseur social genre réfugié syrien nouvellement converti au toreo, andalou amoureux éconduit désespéré et gitan psychotique, moi je dis, ce sera tout bénéf pour Nîmes.

Nîmes, vous savez, la << Madrid Française >> comme il nous l’a si souvent vendue. Oh putainggg… ça y est, j’ai identifié l’angoisse aficionada… comme quoi, hein, ça sert, l’écriture automatique : pourvu qu’il ne fasse jamais de Madrid la  << Nîmes Espagnole >> c’est à peu près tout ce qu’on lui demande. Mais bon, avec cette veste, y'a de quoi douter.

jeudi 22 septembre 2016

La Pensée du Jour

« À chaque fois que je vois un premier roman dédié à une épouse (ou un mari), je souris et je pense : il y a une personne qui sait. Ecrire est un boulot solitaire. Avoir quelqu’un qui croit en vous fait une sacrée différence. »
                                                                                                                                     Stephen King

TROPHEES


Trophées, le retour. Un marronnier. Au lendemain d’une feria de Nîmes, de n’importe quelle feria de Nîmes, la généreuse distribution de ''noneilles'' interpelle toujours…  On a bien compris que le succès médiatique d’une feria et surtout l’auto-promotion entretenue de la suivante, se mesure en nombre de tympans. C’est un marqueur indubitable.

De la tomate pourrie – qu’il faut penser transporter dans un sac étanche avant de se rendre à l’arène - à l’ovation debout en vuelta fleurie - … pour les fleurs aussi… - l’applaudimètre permet pourtant pas mal de nuances.

Car cette attribution de trophée est désormais tellement subjective que l’on parle de « sensibilité » prise en défaut quand on vous reproche d’en donner trop ou pas assez. L’inculture généralisée réelle ou feinte, a déjà fait disparaître les oreilles au mérite, les oreilles de lidia, celles des faenas non artistiques mais valeureuses, ayant contre toute attente réussi à tordre un toro dangereux.
Eh bien là, on s’en fout, pas de récompense, rien, no passa nada…

Autrement dit, le type vient de mener un combat extrêmement dangereux où son intégrité était en jeu, mais parce qu’il n’était pas possible ''d’enluminer'' la faena d’hypocrites passes décoratives à cornes passées qui pèsent sur l’ignare public, il ne s’en trouve pas un seul  pour dire au plus grand nombre en les interpellant : respect, bravo, ça c’était fort !

Or - comme dirait Yann Moix - quoi de plus émouvant et beau qu’un jeune homme courageux, acier et tissu en main, domine un monstre de colère et de sauvagerie ? mmm ? Personne pour accuser réception de sa valeur et de son courage ? Alors qu’on est prêt à excuser illico le monton de ceux qui auraient renoncé… A qui on peut certes s’identifier plus facilement grâce à notre médiocrité ordinaire.

Ne serait-ce pas judicieux qu’il y ait, quelque soit l’arène, de basiques critères d’attribution pour que ces trophées aient une valeur à dénominateur commun, partout compris ? Sur le principe logique qui autrefois régissait un peu mieux le truc, on pourrait revenir à plus de sagesse. La faena étant un ensemble complet se donnant pour but la suerte de matar, si celle-ci est ratée, pas d’oreille. C’est pas si grave ! Quand, à Nîmes même, dans les années quatre-vingt, Paco Ojeda commettait des faenas extraordinaires mais ratait sa première épée – et parfois sa treizième… - il ne coupait pas… ce qui ne l’empêchait pas de recevoir une vuelta triomphale et reconnaissante de ce qu’il nous avait fait voir à la muleta. L’attribution d’une oreille devrait rester un fait rare, pour une faena construite et bien terminée, la première récompense étant le salut applaudi à la barrière et la deuxième, la vuelta.

Certains ''empêchements'' devraient interdire la première oreille : une épée ratée on l’a déjà dit, un toro plus ou moins impotent aussi (on ne va quand même pas récompenser un type pour avoir occis un invalide ou un toro qu’il a fallu aider à tenir debout, si ?! ). Le fait de ne s'être jamais croisé, ou de n'avoir pas essayé de la main gauche. C'est même proverbial : les oreilles se gagnent de la main gauche, entendait-on il fut un temps...

L’attribution de deux oreilles devrait être un fait exceptionnel, devrait saluer une faena construite, maîtrisée, engagée, bien terminée et qui a confiné au sublime par l’inspiration artistique qui la guidait. Quand l’esthétique rejoint la domination et la transcende : rarissime !

La queue ajoutée à ces deux oreilles, alors là… on devrait réserver ça à quelque chose dont on parlera encore dans trente ans – et encore, je fais des concessions, j’avais écrit cinquante…-  quelque chose qu’on pourrait qualifier – en s’entendant bien sur la définition du mot quand même…- d’Historique avec un ''H'' majuscule, oui. Un truc vraiment marquant, qui a déversé des hectolitres d’encre et de pastis au sortir de la course. Un truc qui a fait frissonner, pleurer, régresser, qui a épanoui, je sais moi, un truc bouleversant quoi, qui reste dans la tête, comme un coin indélébile et se couche dans les livres. Et surtout, un truc obtenu devant un grand toro.

Pour imprimer la mémoire collective, il ne suffit pas de réussir quelques séries sur une jolie musique pour couper une queue… La faena brillante, réussie de Juan Bauptista, qui s’en souviendra dans trente, non vingt, non dix, non… bref, qui s’en souviendra l’année prochaine ? Oui, toi, peut-être, mais ''tu ne seras pas très nombreux !''

lundi 19 septembre 2016

Du Soporifique au Rêve éveillé




Dimanche matin j’avais oublié trois trucs : mon portable qui aurait pu me servir pour la prise de note, mes lunettes de soleil qui m’auraient aidé à supporter la luminosité agressive du matin et la défection de Roca Rey qui aurait pu me laisser au lit.


A Thomas Joubert avec sa gueule amanoletado jadis connu sous le sobriquet de ‘’Tomasito’’, échut le premier Victoriano del Rio qui  ne s’avéra pas, mais alors pas du tout, le toro de confirmation d’alternative rêvé. Et tant mieux. Non pas que l’on souhaite aux torero le moindre échec ou que l’on se réjouisse qu’il l’ait envoyé à l’infirmerie, pas du tout, mais simplement parce qu’on aime la corrida.


Toi y’en a pas comprendre ?


Alors, rappel : si la corrida est belle, c’est parce qu’elle est à peu près inconcevable, qu’on ne peut l’écrire à l’avance, qu’elle réserve des surprises, du danger, de l’aléatoire, qu’elle est prompte à te faire vibrer pourvu que le lissage du toreo 2.0 voulu par tous les forcenés de l’organisation ait malencontreusement laissé s’immiscer une ‘’erreur’’ surgie d’un fond de caste inopiné et inapproprié et donc particulièrement jouissif pour un aficionado qui ne fait pas se pisser de rire son avatar démoniaque, en se regardant devant la glace enfiler sa chemise de circonstance, tu sais, spécial corrida, avec plein de petits toros dessus.


Et ce premier toro, manso sur les bords, sérieux, très compliqué, méchantas, dangereux comme un toro sauvage quoi, bref, normal, comme devraient l’être tous les toros de combat, pour une fois ne représentait pas un référentiel collaborant mais un problème en piste dis-donc, l’outrecuidant… non mais oh ?! Ca va pas non ? On est à Nîmes quand même, merde ! C’est pas la peine de faire des brindis avec des gentils cui-cui dedans pour donner aux autres des aurochs à s’envoyer par-delà la gargamelle ! Trop de toro, donc pour Tomasito (plus joli que ‘’Thomas Joubert’’ pour un torero, non… ?) qui dès l’entame fut en retard d’une demi-seconde dans chaque suerte, ou le vit passer à trois, voire un millimètre de son corps de souffreteux élancé impavide et glabre ( j’ai lu quelque part que pour bien écrire il ne fallait pas employer trop d’adjectifs, c’est pour ça…) jusqu’à la collision prévisible car le gars semble écarter toute collusion avec l’ordinaire des petites compromissions anodines qui donnent tous les avantages ce dont abusera Manzanares aujourd’hui.


Collision par fauchage bilatéral des postérieures à la Teddy Riner, reprise encornée au sol et mise à feu en orbite d’où le facies amanoletado sera, par l’aléatoire des lois de la réception bordélique du tournoiement aérien, sorti en guise de train d’atterrissage amateur ce dont il résultera tout à la fois un Knock-Out des familles pour l’impétrant, une pâmoison brève de quelques cougars maternelles, ainsi que quelques clichés spectaculaires que leurs auteurs penseront extraordinaires.


JBJ en pleine maîtrise de ses moyens et du métier, expliquera aux néophytes en quelques séries comment ne pas douter avec un tel toro qui lors d’un cite bondira littéralement sur lui.


Manzanares entame son premier qui poussa au cheval en engageant la propulsion et sans plus vouloir sortir, en fentes avant par doblones puis abusera du pico pour citer cet adversaire du spinnaker qui lui sert de muleta. Pourquoi en faire plus puisque même la lame basse lui décrochera l’oreille ?


Le suivant est pour JBJ, il sort amoindri par la première pique et le torero écourtera donc la deuxième. Doblones doux, une série centrée, une décentrée, au choix, une autre sur un mètre carré sans céder un pouce de terrain. Un désarmé, cambio, trinchera dédaigneuse, pecho toreando, désarmé à nouveau en prépa de suerte à matar ce qui fait toujours mauvais effet et bascule instantanément ton statut de maestro dominateur en celui de clown égaré… Recibir concluant malgré la puntilla qui le relève pour un temps. Oreille.


Manzanares revint pour danser avec son toro à la belle robe chorreado qui charge son capote avec franchise. La première pique trasera le plaque au sol, tandis que la deuxième se plantera pas loin de l’épaule… La star ne se montrera pas motivée, trop de vent dans le spinnaker, des séries disparates, dilution, capitulation, que le suivant te dame le pion !


JBJ revient, et dès le capote, s’engage avec autorité pour une série commencée par ses amies véronique, delantale et chicuelina, rematée à une main. L’animal recevra ensuite deux gratouillis dorsaux avec ce bâton long et fin, par habitude désuète, appelé ''pique''.


 A peine le temps d’être déçu, qu’il s’empare des banderilles pour nous les planter por dentro, al quiebro et por… nous faire plaisir, al violin ! Entame de rodillas vite interrompue pour cause de haute probabilité d’incrustation imminente dans les tablas… mais l’homme se donne car Manza débouté et Tomasito ensuqué, une voie royale s’offre à lui pour triompher. Aranjuez déboule soudain par concerto des tendidos et avec lui la lenteur et la profondeur conséquentes. Des séries liées, inspirées, enracinées, un peu de gaucherie pour les chipoteurs en ce qui concerne la préparation des cites en cornet de poissons – c’est plus fluide chez Ponce…or, pour des poissons, la fluidité, c’est important - mais bon, sans conteste il est a gusto et pour une fois, transmet, sort du soporifique pour toréer comme dans un rêve et enfin conclut par un super recibir final pendant que des gros counas réclament l’indulto ! (vous vous reconnaissez ?) Juan bauptista s’assied sur l’estribo et attend la chute du cornupète… Que demande le peuple ? Deux oreilles bien sûr… et bien, non, ça ne lui suffit pas, il veut le rabo… alors là, n’importe quoi ! L’arène devient folle, le bobo avant de reprendre son TGV agite, frénétique, son mouchoir YSL comme si son honneur en dépendait, on veut le mayoral en piste ! On donne la vuelta à ce toro regular, faiblard sous la pique, le seul sentiment prévalant au palco étant : le peuple en veut ? Qu’on lui en donne ! On déglutit un peu, avec ce goût amer dans la bouche qui d’un bon moment passé se transforme en foutage de gueule généralisé. Pas de doute, on est bien à Nîmes.


Joubert alias Thomas, alias Tomasito, compté jusqu’à neuf, is back ! Son toro, un ‘’réglisse-menthe’’ bien armé prendra deux bonnes piques, propres, nettes, la troisième pour la forme, piquero raccompagné jusqu’à sa sortie par les applaudissements. Ce toro est le seul du lot à avoir rematé dans les tablas. Joubert joint les pieds, thomas cite de loin et Tomasito entame sa faena par statuaires puis est désarmé, cherche une zone déventée, reprend par séries brouillonnes, il est évident qu’il n’a pas le métier de ses compagnons de course mais il ne cède jamais, se croise et résiste impavide aux charges, peu importe leur trajectoire, parfois séparées de lui par un papier JOB qui attendrait du Pall Mall, comme lors de molinetes donnés de face.


Il en termine lui aussi par un recibir caïda concluant, délivrant le conclave de tout complexe à exiger deux pavillons auriculaux-glorieux comme pour le soigner de sa ''bouffe''subie avec le premier.


Une course pas superlative mais où l’on s’emmerda quand même moins qu’à beaucoup d’autres.


Pour l’aprem ne comptez pas sur moi, je ne m’y suis pas déplacé. Tout ceci n’est que mon avis, vous l’avez lu gratuitement et n’y étiez en rien obligé… ok ?