Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

mardi 30 mars 2010

Cartels DENIM


Ascension : Festival pour Haïti
Oliver, Tomasito, Duffau
le matin (novillada) et
Castella en solo
pour l'après-midi
Bétail même pas précisé...
Pentecôte :
Mercredi 19 Mai : Miura pour Padilla, Rafaellillo, Savalli
Jeudi 20 Mai : Nunez Del Cuvillo pour Aparicio, Tomas, Castella
Vendredi 21 Mai : José Vazquez pour Bautista, Tejela, Macias
Samedi 22 Mai : Garcigrande pour Ponce, Juli, Luque
Fuente Ymbro pour Jimenez, Barrera, Pinar
Dimanche 23 Mai : Pedro Domecq pour Conde, Morante de la Puebla
Samuel Flores pour Ponce, Luque, Capea
Lundi 24 Mai : rejon pour Hernandez, Mendoza, Lupi
différents élevages non précisés pour El Juli-Castella

dimanche 28 mars 2010

PUB pour ARLES...





Ce n'était pourtant pas encore le premier Avril, non, c'était le 27 mars et comme les organisateurs l'avaient dûment annoncé par voie de presse, comme l'indiquait l'affiche face au portail des corrales sur le chemin viscinal du sonnailler on pouvait visiter les toros dès samedi 11h. Samedi 27... on était bien le 27, samedi 27 ?

Mais à onze heures et demie devant ledit portail et malgré la vingtaine de personnes qui attendaient bien sagement, le cadenas remplissait toujours son rôle...

De l'autre côté, on nous apercevait bien mais on faisait comme si... on n'était pas là...

Il a fallu aller au contact, cinq cents mètres plus loin, à un autre portail, pour avoir une explication. Pas ouvert avant l'inauguration officielle à 18h30 ! What ? Mais attendez, l'affiche que vous avez collée là, regardez-la, que dit-elle ? On vient de Nimes pour vous faire de la pub, annoncer l'événement sur nos blogs et vous nous dites que c'est pas possible d'entrer faire trois photos ? Soyez gentils, allez demander à un responsable s'il ne pourrait pas nous laisser dix minutes dans l'enceinte, vu que votre com est déficiente, qu'on ne soit pas venus pour rien. Par courtoisie, pour nous, vos clients, allez, un petit effort, allez demander monsieur le portier, s'il vous plait. Et la réponse a fusé : Non. Après nous avoir fait sentir qu'on emmerdait. Eh oui, ce n'était pas eux qui s'étaient trompés et bredouillaient gênés une gentille petite explication confuse pour avoir fait déplacer tous ces gens inutilement. Non, on était des emmerdeurs.
Bon... donc on repart comme des emmerdeurs bredouilles et vous vous en tamponnez les nouilles, c'est ça ? Bon... Je dois vieillir... Je suis de plus en plus allergique aux malotrus et sensible aux attentions urbaines. Là, c'est ce qu'on appelle des méthodes de caraques.

Y'avait quoi dans les corrales ce matin-là ? Un stage d'afeïtado ? Un concours de limes ? Perfectionnement d'arreglado ? Ma foi, on ne saura jamais vu que nous autres la clientèle, on a droit à autant d'égard qu'une bouse.

Alors tant pis on va montrer à nouveau la tête d'un Miura de l'an dernier tiens, voilàààà :

Ouaip... je sais ... ça calme la frustration de n'avoir pu rentrer.

vendredi 26 mars 2010

Dans le mille

Il arrive que tout s’harmonise. Angles arrondis. Courbes accentuées et danger centrifugé. Que la main se baisse et que la taille s’infléchisse. Qu’un toro circonspect s’abandonne à la circumduction. Que la circonférence de l’arène gronde au rond-point de la satisfaction. Que du giratoire de passes s’épanouissent les ellipses, enflent les courbes et se rengorgent les sceptiques. Qu’au mitan de l’après-midi, le redondel soit stimulé d’un écho né au centre exact et s’épanouissant jusqu’au public comme se propage aux berges d’un lac, l’onde d’un jet de pierre. Dans les moments parfaits, pour le cercle d’initiés en orbite des toros comme pour l’œil cyclopéen du photographe, le tout se circonscrit dans un tout petit rond central. Epicentre du toreo, giron de la création et cœur de cible. Seul jean Mineur fait mieux avec son piolet sur la cible entoilée du cinéma.


jeudi 25 mars 2010

Parle à ton fils.


Femmes trophées, Hommes désirables.


Mon fils m’avait prévenu :

- en Night-club il n’y a ''que'' des footballeurs…
- Comment ça ?

Avais-je répondu non sans à propos, en bon papounet soucieux des fréquentations du fiston. Ils ne sont pas au lit en train de récupérer de leurs efforts ?

- les vrais peut-être, mais si tu veux avoir de bonnes chances de sortir avec la fille avec qui tu discutes, t’as plutôt intérêt à lui dire que t’es footballeur qu’écrivain, ou juriste... D'ailleurs t’as une majorité de mecs qui se présentent sous ce statut…. succès assuré, tu vois pourquoi ?

- ah bon ? Euh ben non, je vois pas… De mon temps c’était plutôt l’inverse : l’écrivain jouissait d’un prestige certain tandis que le pauvre type qui tapait dans un ballon…

- ben oui mais à l’époque il n’y avait peut-être pas que des petites putes dans les boites !

- Oh mais, Jérémie, comme tu y vas ! Ne parle pas comme ça de ces fraîches jeunes filles quand même… !

- Ah ouais, fraîches ? Frigides même, si elles t’ont vu garer ta corsa pourrie sur le parking ! Si tu arrives en Porsche Cayman, par contre… c’est fou l’ébullition que tu provoques, tu deviens instantanément séduisant… Au fait, t’en connais beaucoup des écrivains qui gagnent 200 000 euros par mois, toi ?

- … mais finalement, c’est un super avantage… t’es sûr d’écarter les p… enfin les vénales : quand tu es fauché et que ça se voit, tu as au moins la garantie qu’on s’intéresse à toi, pour toi ! Nous, on a bien trouvé de jolies femmes alors qu’on les emmenait faire des dérapages en cabriolet sur la plage de l’Espiguette… elles en attrapaient des fou-rires et des coups de soleil et on repartait à la première attaque de mosquitos…

- Ah ! en cabriolet quand même !

- Oui, enfin, avec ta mère, en 2cv… C’est décapotable comme bagnole…. Non je te dis, quand t’es fauché et qu’elles te parlent c’est qu’elles s’intéressent vraiment à toi !

- Ouais… ben maintenant l’Espiguette et les mosquitos ça ne les ferait plus rire ! C’est plutôt à l’Odysseum de Montpellier et avec ta carte bleue qu’elles montrent leurs sourires ! Et sinon, il reste les petits boudins qui affluent comme les knackis dans un apéro, implorant qu’un les croque…

- Et alors ? Tu préfères avoir une bimbo con comme la mort à ton bras pour ton fric, ou une fille intéressante et sensible qui t’apporte un réel échange constructif ?

- Ben je préfère un réel échange constructif avec une très jolie fille intelligente, sensible et désintéressée…. Tiens au fait, pour voir à quoi ressemblent les femmes de footballeurs je t’avais fait passer un lien : tu es allé voir ?

- Oui ! Pas frileuses... Madame Kaka elle a onze ans et demi, non ? Sinon, formidable, hein, l’authenticité des Ribery ?

- Oui… enfin… on peut être authentique sans renier l’existence des orthodontistes quand même !

- Moi, j’ai un faible pour Madame Buffon, tu sais, Buffon, le goal de l’Italie...

- Tout à fait !

- C’est son chemisier, je crois. Ces dentelles délicates, c’est si féminin.

- Oui, les dentelles papounet, c’est cela, oui…

- Non, je te jure c’est très significatif le choix du vêtement… et ce qu’elle porte est très seyant, très féminin, donc ça suggère toute la délicatesse qu’on peut lui prêter, comme ça, à priori…

- Mais bien sûr papounet, bien sûr… d’autant que c’est avec ses yeux timides et romantiques qu’elle te regarde en face, hein … ? Ben moi je te dis que si Buffon était ouvrier chez Fiat elle l’aurait trouvé très laid, la jeune femme délicate !

- Tu es trop cynique malgré ton âge Jérémie ! Le merveilleux existe, on le rencontre parfois…

- Oui, surtout en boite… t’as un succès fou avec les inconnues tant que tu ne leur as pas payé un coup à boire… et puis dès qu’elles sont désaltérées tu ne les revois plus… c’est la tournante des tournées qu’elles pratiquent !

- Eh bien ça prouve la dépendance des mâles à la séduction, ça prouve que les « boites » ce n’est pas la vraie vie, ça prouve que les plus intéressantes n’y passent pas leur vie, ça prouve…

- Et maman tu l’as rencontrée où, déjà ?

- Euh… à l’hôpital je crois… attends…au centre hélio-marin du Grau du Roi… ou… à la Chouraskaïa peut-être…

- A la Chou ? la boite des homos de Camargue ? Ouarf !!!

- Ben tu vois... comme quoi… y’a pas de règle….
http://www.zarplanet.com/femme%20foot.htm

mercredi 24 mars 2010

Taurus Cultura




Salut les gens. Je me réadapte doucement à la vraie vie. C'est fou le nombre de personnes qui ont attendu que je parte pour se tordre ou se casser quelque chose. J'ai été un peu pris à la gorge à mon retour. Ils m'attendaient de pied mou - entorse oblige - avertis qu'ils étaient par le répondeur, que je rouvrais le 23...



Je vois que la Gina a super bossé ! Il était temps que je revienne insuffler ma vulgarité au blog, vous étiez en train de vous cultiver en loucedé par une enseignante-née. Il était temps de reparler argot et toros. La coquine, elle vous a refilé tout ce que je lui ai toujours refusé de passer (Darwin, Allègre) dont je subodorais que vous n'en aviez rien à tartir sur ce blog. Pire qu'une fusée Ariane, la Gina... elle s'est dit : c'est ma fenêtre de tir, l'est dans le désert, m'a filé carte blanche devant témoins, c'est ma chance ! Et blam ! A tout déversé ! Brave Gina tojours volontaire pour occuper le terrain déserté et rendre service.

Bon, sinon, qu'est-ce qui s'est passé en France ? La vague rose a déferlé, Frêche a vaincu haut la main au bout d'un grand bras d'honneur, Ségolène a vite fait sa déclaration avant la lourdaude Aubry histoire d'apparaitre subliminalement comme le vrai leader... J-L Hees le pauvre, directeur de France-Inter s'est excusé pour Guillon qui brocardait Besson : "une taupe du front national avec des yeux de fouine et un menton fuyant". Bientôt on ne pourra plus rien dire nulle part ! Les blogs non-alignés bientôt interdits ou quoi ??? Je ne l'ai jamais trouvé marrant, moi, ce Guillon... mais qu'on le laisse parler ! A mon sens, Didier Portes sur la même antenne vers midi, frappe plus fort et il est cent fois plus drôle, tendre et talentueux. Mais putain, comme on s'en foutait dans le désert !



Mais bon, le désert, une autre fois. Là, je voulais parler de deux évènements à venir :



La bonne surprise de la sortie d'el primero de Campos y Ruedos pour la féria d'Arles. Avec une erreur tactique cependant : ils auraient publié un de mes articles... comme des petits pains il se serait vendu... (oh ça va, je déconne hein françois, et je t'envoie ton chèque fissa de trente euros kif-kif... oui je parle arabe maintenant...). Un objet fait par des passionnés pour des passionnés, façonné par l'Atelier Baie à Nimes qui commit dernièrement le dernier livre de chroniques de jacques Durand. Un bel objet, donc. Pour être un privilégié il vous suffit d'envoyer un chèque de 29,50 euros (et le port alors ?) à :



François Bruschet 33 avenue Jean-Jaurès 30900 Nimes.



A la place de "Nimes" sur l'enveloppe on peut, si on est joueur, écrire "Madrid Tauromachique Française" et voir si ça arrive...
En prime, si vos mensurations égalent 90-60-90 et que vous êtes âgées de moins de "surtoutpasplus" vous avez donc son adresse pour aller chasser l'autographe (c'est Manuela qui va être contente...) . Si vous n'en faites pas l'acquisition, interdiction vous sera opposée de vous connecter sur "la Brega", "los Pinchos del Ciego", "Campos y Ruedos" et "Photosmotstoros", etc.... Vous serez seuls, quoi... avec "Terres Taurines". Oh non, pas ça... vous êtes-vous dit en allant quérir votre chéquier. C'est bien.
Autre chose : La sortie de "Manolete" au cinéma. En avant première au Kinépolis de Nimes mardi 30 mars à 19h45, les Avocats du diable vous convient à une soirée film-débat avec Anne Plantagenet à l'occasion de la sortie de son livre "Le Calife Foudroyé". Et pour les pragmatiques, six euros le ticket au lieu de douze en réservant à residence@audiable.com

De plus, Anne Plantagenet est très agréable à regarder (pour les photographes...) et intéressante à écouter. Guillon pourrait parler de ses yeux de biche, de son visage de Madone et de sa chevelure ondoyante que ça ne me ferait pas rire non plus.
Je rappelle qu'avec Adrien Brody joue Penelope Cruz. Qu'elle est belle, brune, madrilène, que ses yeux pulsent le feu, que son prénom rime avec... c'est ça, lope... Lope de Vega (une célèbre station de métro et accessoirement un dramaturge espagnol) que son nom évoque la croix, sacrifice volontiers consenti par tout homme normalement constitué attaché bras en cruz dans son lit, à sa merci. Penelope Cruz, une Pénélope que j'attendrais bras en croix, à sa merci, enfin vaincu, j'y crois pas, le désert ne m'a pas soigné et ce manso de Raul qui n'a pas poursuivi le traitement du divan... : Sin verguenza !

samedi 20 mars 2010

Poussées printanières



Darwin s'est interrogé sur une autre forme de sélection liée au sexe et il en développe une théorie complémentaire que Patrick Tort analyse pour nous dans L'Effet Darwin, ch.3. (Voir blog de sept. 2008) qui s'intitule Sélection sexuelle : beauté, choix d'objet, symbolisme et risque de mort.

La sélection sexuelle se comprend de deux manières :
- sélection de caractères qui se transmettent principalement à un seul sexe comme les ergots chez le coq.
- Sélection liée à la relation sexuelle et procréatrice (éventuellement en contradiction avec la sélection naturelle).
Les armes et les charmes constituent pour certains mâles des avantages que possèdent certains individus sur d'autres de même espèce et de même sexe, uniquement pour la reproduction : cornes plus développées chez certains cerfs, ergots plus acérés chez certains coqs, plumage plus brillant, crinière, chants plus virtuoses chez des oiseaux... La sélection repose alors sur une compétition dans l'affrontement périodique des mâles pour posséder une femelle en rut. Ses effets sont rarement une élimination définitive, le plus souvent une mise à l'écart des mâles vaincus au profit du vainqueur ; ils font partie des caractères sexuels secondaires dont la transmission comme celle de leurs modifications avantageuses, oblige à souligner l'efficience de l'hérédité attachée à un seul sexe. Le mâle favorisé est à même d'engendrer et de protéger une plus nombreuse descendance à laquelle il transmet cette supériorité.
Un organe ou un caractère peut être sélectionné à la fois comme utile à la survie et avantageux dans la compétition sexuelle. Par exemple, un mâle qui se différencie par un développement plus remarquable de ses organes locomoteurs et sensoriels laisse penser que sa supériorité organique lui est utile pour localiser et rejoindre la femelle. Il possède un avantage normalement adapté à cet usage comme à d'autres habitudes vitales, c’est-à-dire un avantage direct dans la lutte pour la vie avec pour résultat la production d'une nombreuse descendance.
Mais il est difficile de savoir exactement chez certaines espèces, si un organe ou un caractère sélectionné est utile à la survie, ou avantageux seulement dans la sexualité car parfois, la femelle a un mode de vie exactement semblable au mâle et survit dans le même milieu sans être pourvue des mêmes attributs. D’ailleurs le mâle qui en serait dépourvu vivrait tout aussi bien et s'accouplerait tout aussi bien. On pense alors que certains attributs ne jouent un rôle discriminatoire qu'entre mâles lors de la conquête de femelles. Comme cet avantage favorise le mâle le plus rapide et le mieux orienté, il s'agit bien alors de sélection sexuelle avec transmission de l'avantage sélectif à la descendance mâle mature.
Dans la nature, sélections naturelle et sexuelle sont souvent indiscernables dans leurs résultats (reproduction augmentée) et dans leur action (cas des organes mâles à usages multiples). Seule une réflexion théorique plutôt qu’un observation directe, pense Darwin, permet de donner la réponse. Il va jusqu'à dire que lorsque deux oiseaux déploient leur splendide plumage et se livrent à d'étranges contorsions devant une assemblée de femelles, on ne doute pas qu'ils soient guidés par l'instinct, mais « ils savent ce qu'ils font et c'est consciemment qu'ils exercent leurs capacités physiques et mentales » !!!
Les femelles ne participent pas à l'affrontement (pour de la nourriture ce serait différent).Les charmes déployés ne valent que compte tenu de la préférence des femelles. On n'est plus dans une situation de besoin mais de désir ; l'instrument pour y satisfaire n'est plus de l'ordre des armes mais de l'ordre des charmes, donc de la beauté. Par exemple Darwin observe que certains attributs très développés, cornes ou grosses mandibules dentées de coléoptères, pourraient rendre supérieurs les mâles dans les combats, permettre une meilleure saisie de la femelle pendant l'acte de copulation mais il n'hésite pas à penser que l'hypertrophie est plutôt due à une fonction ornementale. D'ailleurs dans la nature, on observe parfois des femelles qui s'éclipsent avec un jeune mâle qui n'est pas entré dans l'arène : ce serait fréquent chez les femelles du cerf commun d'Ecosse. En Russie les combats entre grands tétras sont souvent meurtriers!

Les combats sont nombreux chez des animaux dépourvus d'armes spécialisées : lièvres, écureuils, taureaux, chevaux sauvages, cerfs, éléphants.

En revanche un organe singularisé par un développement semblant bien approprié au combat, possède aussi d'autres usages : le bois des cerfs par exemple sont souvent impressionnants mais constituent des handicaps parfois mortels. ex. l'oiseau de paradis qui a développé de longues plumes décoratives se voit aujourd'hui affublé d'une vraie parure de noce au prix d'un alourdissement considérable qui rend parfois son vol hésitant ou impossible, d'une grande vulnérabilité subséquente et d'une diminution de vivacité face aux prédateurs. La beauté peut donc être fatale.
Finalement si la Sélection naturelle a développé des structures et des instincts permettant d'éviter la mort, la sélection sexuelle développe au contraire des structures, annexes physiques et comportements susceptibles d'exposer la vie, établissant une équation entre la beauté, la séduction et le risque.
Qu 'est-ce donc qui change dans l'espèce humaine, s'interrogeait Darwin, quand il devient évident que la parure tend à devenir un apanage de plus en plus exclusivement féminin? Du même coup l’homme se trouve relativement exclu de la supériorité ornementale. La sélection des caractères sexuels ornementaux a dû s'effectuer plutôt en faveur des femmes devenant ainsi plus belles que les hommes, plus expérimentées en matière d'ornements. Par chance, Darwin établit que plus on s'élève sur l’échelle de la classe des mammifères plus les caractères remarquables d'un sexe tendent à se transmettre à l'autre sexe dans la génération : loi de l'égale transmission des caractères aux deux sexes, (Ils sont sauvés car en plus par son rôle électif la femelle gouverne l'amélioration de l'espèce).
La seule sélection au bénéfice des hommes a dû être celle des armes, force physique, persévérance, courage et intelligence. Il se complaît dans la compétition qui conduit à l'ambition et à l'égoïsme, (qui en douterait ?), droits naturels et malheureux qu'il détient en naissant.

La femme n'aurait-elle pour elle que la beauté ? Par ses instincts généreux et son intelligence - conquise, dit Darwin -, elle est l'avenir de l'homme, elle se place sur la voie des avantages évolutifs les plus élevés et l'égoïsme du mâle est peu à peu appelé à se voir remplacé par l'altruisme. L'égalité des sexes est donc l'horizon des tendances évolutives morales les plus élevées grâce à l'éducation qui supplantera la sélection naturelle.
Gina

mercredi 17 mars 2010

Du toro à l'âne





Pour ne pas faillir à la mission taurine de ce blog, je ne résiste pas à cette évocation par Juan Ramon Jimenez dans Platero et moi, de ce beau texte classique qui valut à son auteur le prix Nobel en 1956. (on se rappelle bien sûr, que Platero est un âne)



La corrida



Sais-tu, Platero, ce que venaient faire les enfants ?
Ils venaient voir si je les laisserais t'emmener cet après-midi. Mais rassure-toi ! Je leur ai dit qu'il ne fallait même pas y songer...



Ils étaient comme des fous, Platero! Car le coeur du village ne bat plus que pour la corrida. Depuis l'aube, la fanfare, qui maintenant détonne époumonée, joue devant les tavernes, tandis que les voitures et chevaux montent et descendent la Rue Neuve. Derrière chez nous, dans la ruelle, on prépare pour la quadrille le ''Canari'', cette guimbarde jaune qui fait le bonheur des enfants. Déjà tous les patios se sont dépouillés de leurs fleurs pour les offrir aux présidentes. Et, dans les rues, je voudrais que tu voies déambuler tous ces lourdauds, avec leurs larges sombreros, leurs blouses, leur cigare, et leurs relents d'alcool et d'écurie...
Vers deux heures, Platero, en cet instant de solitude et de soleil où le jour est pareil à un trou de lumière, tandis que matadors et présidents s'habilleront, nous sortirons, toi et moi, par la petite porte du corral, et nous irons, longeant la ruelle, dans la campagne.



O qu'elle est belle, la campagne, en ces journées de fête où tout le monde la délaisse! C'est à peine si l'on aperçoit, dans une jeune vigne ou dans quelque jardin, un tout petit vieillard incliné sur les grappes vertes ou penché sur l'eau pure... Au loin s'élèvent, comme une couronne burlesque au-dessus du village, la clameur rauque des spectateurs, les applaudissements, la musique des arènes, tout un vacarme qui se perd tandis que nous marchons, d'un pas tranquille, vers la mer... Et notre âme, Platero, se sent alors la véritable reine de ce qu'elle possède par la grâce de son sentiment, la reine de ce grand corps sain de la nature qui, respectée, offre à celui qui le mérite, le spectacle serein de sa beauté resplendissante et éternelle.



Juan Ramon Jimenez

lundi 15 mars 2010

Un joli monde



Les Bisons de Broken Heart.

(Dan O'Brien)


C'est un roman qu'on se devait de présenter dans ce blog pour diverses raisons :
l'auteur a participé au concours du prix Hemingway et s'est trouvé finaliste donc publié dans le recueil analysé dans ce blog. La nouvelle de O' Brien traitait de la surprise d'un Américain en découvrant la Camargue et la corrida.
Ensuite ce roman est édité par Marion Mazauric au Diable Vauvert sous la traduction « Les Bisons du coeur brisé » avec une couverture très attrayante et colorée, très évocatrice, par ses lignes horizontales des Grandes Plaines du Nord-Ouest américain où se situe l'histoire.


C'est un roman écologiste qui exprime, loin des vérités rebattues, trop rebattues, à tort et à travers, l'amour et le souci de la planète, de la nature, de la Terre, des animaux et des gens. Il nous apprend que depuis des décennies, le protagoniste - qui n'est rien moins que l'auteur-narrateur lui- même -, aidait à la protection et à la réintroduction des faucons-pèlerins en voie de disparition. On connaît maintenant ses efforts pour réhabiliter des terres usées par les vaches et par la chimie de l'humaine cupidité. Pour cela il veut réintroduire des bisons dans son ranch, se soucie de leur survie et de leur bonheur jusque dans l'assiette des consommateurs, après avoir même réfléchi à la façon naturelle, - indienne -, de les abattre.
Autour du héros gravitent des personnages de ranchers, voisins plus ou moins attachés à leurs traditionnelles méthodes, curieux des siennes, favorables ou non à leur introduction. Une grande solidarité les unit, une forte sympathie, de la tendresse même. Alors le narrateur dit leurs difficultés, la solitude (les femmes ne supportent plus l'isolement « sans les femmes, pas de culture »), les dettes inhérentes à tous les budgets agricoles, la peur de l'échec, tout en s'enthousiasmant pour les beautés d'un ciel orageux, d'un soleil couchant, d'un paysage de neige, d'une campagne nimbée de brouillard. On croit lire du « Jim Harrison » dans Dalva, ou Légendes d'automne, l'alcoolisation et les grandes bouffes en moins. Comme chez Harrison, les allusions historiques sont nombreuses, explicatives parfois, émouvantes toujours.
Cela reste une belle histoire à suspense ! Ecrivain et professeur de lettres à ses heures pour subvenir aux dettes de son élevage, le héros-narrateur nous fait partager ses doutes, ses souffrances et ses échecs, même quand il dresse une clôture ruineuse, et jusqu'à la fin, on s'interroge sur sa réussite. Car les bisons ne sont pas des vaches ! et les petits, « les treize petits tas de fourrure » ne sont pas des veaux ! On assiste à l'adaptation de ces animaux au froid, à une nourriture de plantes qui, peu à peu, après avoir été éliminées, vont renaître et se développer jusqu'à ce que les terres retrouvent leur fertilité. On vit dans ces Grandes Plaines, on y traverse les saisons, la rigueur des hivers, la sècheresse, la chaleur des étés ; on connaît les particularités de la faune, de la flore et on ne s'ennuie pas plus que les personnages du roman.


Initiatique jamais didactique, il est passionnant, plein de tendresse. La réflexion s'élève sur le sens de la vie, la destruction du vivant, sa conservation, sa résurrection : l'optimisme l'emporte.
..
C'est une incitation à se rendre du côté du « Diable Vauvert ».


Gina

vendredi 12 mars 2010

loin du monde



Il est bon d'être seul
parce que la solitude est difficile.
Qu'une chose soit difficile
doit nous être une raison de plus
de nous y tenir.
Il est bon aussi d'aimer
car l'amour est difficile.


R. M. Rilke
Choisi par Ch. Janin en exergue d'un chapitre de son ouvrage sur Le Pôle nord

mercredi 10 mars 2010

A chacun son désert



Christine Janin, l'auteur de ce livre, je l'ai rencontrée quelquefois sur des sentiers de randonnée, qui me doublait de son poids plume et m'abandonnait son éclatant sourire et ses propos encourageants. Pour ceux qui n'en ont pas entendu parler, c'est une grande dame, connue pour ses activités de médecin au service des enfants cancéreux et leucémiques. Elle dirige depuis 1999 l'association « à chacun son Everest » et dans son centre de Chamonix rassemble des malades pour les changer d'air, et leur offrir le grand air, celui des sommets qu'elle affectionne d'autant plus qu'elle fut la première Française à atteindre l'Everest. en 1990.

Au printemps 1997, elle veut atteindre le Pôle Nord et associe à ce voyage des écoliers malades et leurs instituteurs. Une dizaine d'enfants d'hôpitaux devront la rejoindre à son arrivée.
D'où cet ouvrage où au fil des jours, du début mars à mai 97, Christine Janin livre son carnet de bord, raconte sa progression dans le désert glacé de l'océan Arctique en traîneau (une pulka) qui peut aussi servir de radeau, à partir de la Sibérie avec un coéquipier russe, Sergueï.


OBJECTIF POLE NORD

Vaincre le pôle pour les enfants,
(publié chez Albin Michel en 1997)


Cheminer sur de la glace, c'est comme franchir des dunes de sable et sûrement pire. Le vent constitue ici « des crêtes » de glace dont il faut tester sans arrêt la résistance puisque selon la température, la banquise fond. Chacun doit tirer sa pulka en se penchant, tirant, jouant des hanches, ou au contraire en poussant, descendant et contrôlant la glissade et les tendons. Parfois, ces crêtes sont de véritables murailles car soulevées dans une gigantesque éruption, les glaces se retrouvent cassées, enchevêtrées, figées à la verticale.
Christine et Sergueï circulent à skis, parfois à pied malgré les ampoules, à cause de la corne aux talons, les plaies aux cuisses ou quand les fixations des skis ne résistent pas. L'impression de ne pas avancer, et même de reculer est fréquente, la banquise dérive. Sa position est à contrôler sans arrêt.

... nous traversons un lac gelé, après avoir testé la résistance à coups de bâton...Les blocs de glace...font penser à des sorbets recouverts de vodka...Nous nous accoutumons aux craquements de la banquise qui se meut à vive allure au gré du vent et des marées. Les plaques de glace projetées les unes contre les autres se chevauchent...Nous faisons la trace à tour de rôle...


Le problème de ce raid ce sont les bras d'eau ; l'un s'avéra aussi large que le lac d'Annecy et la progression s'effectua alors dans un dédale de crêtes et de lacs, parmi les traces d'ours, à la recherche de voies. Ils faillirent alors se séparer :

des tonnes de glace se déplacent à vive allure...Sergueï franchit avec aisance un chenal relativement étroit. J'attends qu'il ait rejoint l'autre rive pour passer à mon tour. C'est alors que le chenal s'élargit sous mes pieds. La large veine d'eau se transforme en un torrent infranchissable, charriant d'énormes blocs de glace...Nous voilà donc séparés et c'est terrifiant...

Les corvées sont nombreuses et minutieuses : les bivouacs sont à constituer avec soin dans une tente à arceaux, de deux mètres sur un mètre cinquante, poids supplémentaire que Sergueï transporte sur sa pulka-. Les duvets sont à trois couches - mais gèleront quand même -, oie sur le corps, synthétique au milieu et fourrure polaire légère en surface. Le réchaud sert à réchauffer l'atmosphère encore ne faut-il pas être à court de fuel. Il faut brosser les vêtements et les duvets avant de rentrer dans la tente ou d'en sortir, faire fondre le col polaire quand il est gelé et tient debout. Les mises en route sont difficiles aussi : obtenir de l'eau de neige fondue, la dégeler ensuite. Tous les matins, tôt, l'un est chargé de la tente, du fuel, de l'enroulement de l'antenne radio, l'autre de la ligne anti-ours qui ne doit pas comporter de noeuds et qui déclenche un pétard dans le pire des cas. Chaque objet doit retrouver sa place précise sur les pulkas.
Il leur fait franchir au moins quinze kilomètres par jour pour honorer le rendez-vous de mai avec les jeunes - c'est rarement possible, le rendez-vous avec les enfants faillit être manqué, l'accès au pôle retardé soumis qu'il fut aux exigences de la banquise qui avait dérivé de cent kilomètres vers le sud et l'ouest – et puis il faut survivre par moins quarante ou cinquante degrés.
Parfois s'installent le découragement, le doute, la peur de ne pas réussir, le mal aux pieds, le froid dans des chaussons glacés, la sueur qui gèle, les tempêtes avec les « jours blancs », des marches de dix-sept heures pour gagner dix kilomètres, le dégoût des aliments, l'idée de mort et même l'envie de mourir. Dans cet « enfer blanc », même le calme Sergueï finit par désespérer de réussir et se remit à fumer!
Et les ours! Le jeudi 3 avril, tintamarre de casseroles, une ombre sur la tente : c'est un ours qui cherche à manger, tourne, renifle, farfouille, tourne encore, ne disparaît qu'au bout de demi-heure. Le mardi 8, même scénario, même bruit, même angoisse jusqu'à cinq heures du matin. Ils devront l'effrayer avec leurs armes !
Pourtant, dans cette osmose avec le grand beau désert blanc qui se dore ou se teinte de rose, de gris ou de blanc blanc, la joie l'emporte, les souffrances, les inquiétudes rapprochent les deux coéquipiers, conscients de leur infinie petitesse, de leur exiguïté d'humanoïdes ne communiquant qu'avec peu de mots dans une amitié généreuse et grandissante.

« Cet océan si grand, si blanc, si isolé du reste du monde, si dur pour l'être humain, efface la réalité des choses. L'océan Arctique imprime en moi la blancheur de son désert. Sur ce blanc, mes pensées prennent du relief. J'invente, je crée un monde où s'éliminent d'elles-mêmes les scories de la pensée. J'ai envie de faire le vide et surtout de vivre avec la nature qui m'offre des paysages dont je ne me lasse pas, différents au-delà de chaque obstacle, toujours inattendus.»


Sitôt victorieuse de ce pôle conquis par le coeur et les tripes, C. Janin se sent nostalgique de cette vie polaire « légère et bien rythmée », de ce face à face avec les éléments rudes et grandioses, qui s'avère toujours plus doux qu'avec les humains. Elle sait que l'attend un quotidien plus difficile parmi ses malades mais elle nous dit plus que jamais que le corps est une étonnante mécanique aux ressources illimitées quand l'auto-conviction le stimule.
Gina

dimanche 7 mars 2010

Réchauffement scientifique



Claude Allègre de l’Académie des Sciences


La science est le défi du XXI° S Plon, Août 2009.
Si vous souffrez un jour de cette invasion de mots savants et incompréhensibles, ou vaguement rattachés à ce que vos études vous ont fait appréhender quelques décennies plus tôt, et si vous décidez d’y voir plus clair dans ce fatras véhiculé par des journalistes de magazines ou d’émissions télévisées vantant ces merveilles d’ astronautes, de chirurgiens ou biologistes et autres.., si vous trouvez comme moi que finalement on se perd, que ce monde reste pourtant inquiétant, que plus on guérit de maladies plus elles semblent se multiplier et se préparent à vous harponner, feuilletez ou lisez plutôt avec soin le dernier « Allègre ». Vous ne le regretterez pas.


Claude Allègre parle comme le professeur qu’il est, à des élèves, il explique, remonte dans le temps, analyse l’actualité de toutes les sciences. En outre, il cite les savants, les prix Nobel, l’état des connaissances, les échecs et les succès, les gaspillages, les démarches abouties, prévues et les échecs. Il sait tout et nous dit tout dans un langage clair avec exemples à l’appui et émotion communicative à l’appui. Un livre de sciences dont le narrateur est un humain qui nous accompagne pour nous parler de tout.


Tout sur la physique, la géophysique, la chimie, la biologie, l’infiniment grand, le système solaire, les planètes et les galaxies, l’intérieur de la terre .. Il sait tout sur la chimie et ses avancées qui permettent aux autres sciences de progresser. Tout sur l’homme et ce qui le concerne avec les cellules, les nanotechnologies, les virus, les cellules souches, les maladies, le cerveau à explorer, les organes à réparer, le clonage, la maternité assistée. Les gènes, l’ADN, l’ARN, et la génétique. De la terre, son âge, sa formation, des planètes, des galaxies. Mais aussi de la tectonique des plaques, de la formation de cette terre et de l’apparition de l’homme.


Il parle des dernières découvertes ou inventions, de la grande merveille que constitue l’informatique, dit ses espoirs et ses inquiétudes face aux pesanteurs religieuses, aux superstitions, aux lobbies qui influencent les politiques, lesquels acceptent n’importe quoi par précaution et par politique !


Il situe notre pays et l’Europe dans le monde, regrette le frein au progrès, les retards imposés par les pesanteurs religieuses. Quoique les media aient voulu suggérer - ce n’est pas un naïf face au réchauffement et aux gaz à effet de serre -. Mais il pense qu’il est préférable de prévoir les inconvénients des retombées scientifiques que d’arrêter le progrès ou de se laisser dépasser par des pays – asiatiques entre autres -, qui ont compris « la bonne méthode ».


Sur le plan humain, politique, religieux, philosophique, Jean-Claude Allègre analyse, comprend les mentalités, le monde et les mondes. Il ne combat pas, il ménage, Dieu, les religions, la pensée de droite ou de gauche, et dit ce qu’il serait bon de privilégier ou de refuser à la manière d’un savant, d’un sage, pas d’un peureux précautionneux ou d’un prophète sûr d’avoir raison avec ce qui ne peut pas se prouver.


Vous sortez de cet ouvrage suffisamment documenté pour avoir envie d’écouter les savants, lire des articles, écouter et pas seulement entendre. Bref vous avez gravi quelques marches sur le tapis rouge de ce bel escalier sans fin qui s’appelle la science.


Gina

vendredi 5 mars 2010

ADIOS...

J'ai la nostalgie d'une de ces vieilles routes sinueuses et inhabitées qui mènent hors des villes... une route qui conduise aux confins de la terre... où l'esprit est libre...
Henry David Thoreau


jeudi 4 mars 2010

Restons dans le ton ...





Blason du Beau Tétin


Clément Marot

Le Beau Tetin Tetin refaict,
plus blanc qu'un oeuf,
Tetin de satin blanc tout neuf,
Tetin qui fait honte à la rose,
Tetin plus beau que nulle chose ;
Tetin dur, non pas Tetin, voyre,
Mais petite boule d'Ivoire,
Au milieu duquel est assise
Une fraize ou une cerise,
Que nul ne voit, ne touche aussi,
Mais je gaige qu'il est ainsi.
Tetin donc au petit bout rouge
Tetin qui jamais ne se bouge,
Soit pour venir, soit pour aller,
Soit pour courir, soit pour baller.
Tetin gauche, tetin mignon,
Tousjours loing de son compaignon,
Tetin qui porte temoignaige
Du demourant du personnage.
Quand on te voit il vient à mainctz
Une envie dedans les mains
De te taster, de te tenir ;
Mais il se faut bien contenir
D'en approcher, bon gré ma vie,
Car il viendroit une aultre envie.
O tetin ni grand ni petit,
Tetin meur, tetin d'appetit,
Tetin qui nuict et jour criez
Mariez moy tost, mariez !
Tetin qui t'enfles, et repoulses
Ton gorgerin de deux bons poulses,
A bon droict heureux on dira
Celluy qui de laict t'emplira
Faisant d'un tétin de pucelle,
Tétin de femme entière et belle.

Publié par Gina (qui s'entraîne à gérer le blog...)