Onda cero elche

Onda cero elche
Un Osborne de Guernica

samedi 31 octobre 2009

Do you like the blues ?

Evidemment vous n'avez pas fait l'effort, vous n'avez pas acheté le kit caisson de basses et enceintes -30 à 35 euros- nécessaire pour avoir un son correct. A mettre d'urgence sur la liste des cadeaux de Noël car cela change tout. Mais il y a fort à parier que vous êtes dotés du standard minimum, deux casseroles nasillardes en plastique injecté. C'est dommage. Vu qu'après moults efforts aidés par Lilian - un aficionado sympa qui s'y connait question PC et dont je n'hésite pas à pourrir la vie de famille dés que j'ai un problème - je suis enfin devenu assez intelligent pour inclure des vidéos sur le blog. Voici donc Leela James, parfaite inconnue pour moi jusqu'à ce que le hasard et l'amour du blues me fasse croiser sa route... D'ordinaire pour bien chanter le blues il faut avoir accumulé pas mal d'expériences, malheureuses surtout, connu des malheurs même, ruines, chagrins d'amour, deuils, avoir chargé le cornet de pas mal de susbstances fantaisistes, irrigué ses veines d'eau... de vie, bref avoir un chant profond à brailler de sa voix éraillée en essayant de tenir sa carcasse debout sans chialer au milieu de tous ces gens insupportablement heureux...
Ici rien de tout ça, on écoutera Leela James juste pour son art, pour sa jeunesse, pour son âme de panthère et sa coiffure de lionne, pour le grain de sa voix et de sa peau, ses coups de poings dans le vide et ses retraits du buste à la "Sugar" Ray Leonard, pour la naïveté de sa mimique quand elle demande :
Do you love Rock and Roll ?
Parce qu'elle aime le blues, ce flamenco noir Américain, pour ses gants de soirée à l'Opéra assorti avec son pantalon de treillis camouflé, pour ses racines Africaines, sa cuillère à thon en boucle d'oreille, pour ses seins qui tressautent dans son corsage, pour le lacet de ce corsage à dénouer, pour les premières notes, l'attaque de ce morceau, le son de sa musique, pour la longueur de ce morceau, pour le décolleté penché vers son public, pour sa passion qui transpire, pour ses musiciens, pour ses choristes, pour la lumière qu'elle allume dans le regard des gens, écoutez Leela James chanter "My Joy" et cela deviendra la vôtre.

mercredi 28 octobre 2009

Pourquoi allez-vous voir les corridas ?



Francis MARMANDE
Pourquoi vais-je aux toros ?
C’est bien la question ?
Ferait-on un recueil sur le thème :
pourquoi allez-vous au cinéma ? ou au théâtre ? ou à l’opéra ? au temple ? à la piscine ?
Donc, ce n’est pas du même ordre.

Répondons. Le plus sinistrement tentant, sous chantilly d’élans bucoliques et couche de pathos, c’est, j’imagine, de chanter l’amour, la passion, l’irrésistible.
Mon aller aux toros n’a qu’un rapport de loin à l’amour. (Il a pu m’arriver d’y aller par amour).
J’aime les gens, les femmes, les hommes, l’amour, la littérature, le vin, la musique, tous les musiciens de jazz sans exception ; j’aime Rebeyrolle, Goya, Eric Dolphy, la politique ; j’aime les manifs, la foule, la fête, les toros ; j’aime lire Bataille, Molière, dessiner ; j’aime jouer ma contrebasse Pöllmann au vernis foncé ; j’aime le haschich, le rire, l’étreinte, la douceur ; j’aime les enterrements, l’océan quand il était en vie, le vent de nord-nord-ouest sur l’Arzamendi, les planeurs sur Itxassou, presque tous mes souvenirs, je n’aime pas la corrida.
Aller aux toros n’est pas une question d’amour.
C’est plus grave.

En 1954, mes parents m’ont entraîné voir une corrida à Saint-Sébastien.
Ils m’en avaient parlé.
Ma mère, surtout.
Mon père, avec une petite caméra Kodak 8mm, avait filmé sommairement Conchita Cintron à Bayonne et une course de vaches à Hasparren. Je connaissais ces images. La corrida de Donostia de 1954 où toréait Chicuelo 2 m’a ravagé. La semaine avant, j’avais vu au théâtre de Bayonne une représentation sans doute médiocre du Malade imaginaire à l’usage des scolaires. J’en suis sidéré. J’ai tout juste 9 ans. Que des filles et des garçons jouent, disent à haute voix des mots écrits jadis, bougent, se choquent, sous de méchants éclairages, me paraît le comble de la vie.
Nous habitons alors un monde illimité sans télévision, sans moteurs à explosion, sans l’obsédante haine positive de la beauté qui règle l’urbanisme et le désir, sans la haine polpotienne des chichis qui s’est imposé partout. Un monde discret, en un sens, dont la domination (les classes sociales, l’église catholique, le pouvoir politique) est plus lourde, plus frontale. Un monde de franquisme accablant à Donostia, de frontière épaisse, de peur. Un monde aussi de règles opaques et de puritanisme obsédant. Je sais tout ça.

La vivacité, la folie, la témérité de Chicuelo 2 est, dans l’instant, la déchirure de ce monde. L’impossible, le réel même.

Au quatrième toro, il pleut.
Il pleut comme il sait pleuvoir au Pays Basque.
On devrait réserver le mot de pluie à ce que l’on connaît, et en inventer un pour ces trombes atlantiques que stockent les Pyrénées.
Si fait qu’après tergiversations d’usage (je le saurai plus tard), la corrida est interrompue au quatrième toro.
Je n’aime pas la corrida.
Pourquoi vais-je à la corrida ?
La question ne se pose même pas. Depuis cinquante ans, je parcours le monde à la recherche des deux toros qui ne sont jamais sortis à Donostia.
Il me manque deux toros qui doivent être par là.

mercredi 21 octobre 2009

MOI NON PLUS



Lucia Etxebarria : Je ne souffrirai plus par amour


Il ne s’agit pas ici de jérémiades féministes : ‘’souffrir par amour’’ nous concerne ou nous a tous concernés, hommes et femmes.
C’est un essai littéraire qui se lit comme un roman car l'auteure, en fine jeune psychologue (elle est née en Espagne en 1966), nous informe de tout ce que ses souffrances personnelles l'ont amenée à rechercher et à comprendre. Aussi, l’essai est-il pittoresque, très digeste quoique savamment documenté, nourri aussi d'exemples concrets, que Lucia Etxebarria a choisis dans sa vie que nous connaissons déjà à travers ses nombreux romans ( Amour, Prozac et autres curiosités, Aime-moi, por favor, Un Miracle en équilibre… soit un best-seller, un prix Nadal, un prix Primavera, Planeta...), et à travers des exemples empruntés à la vie quotidienne de ses amis, à la littérature, au cinéma.
D’emblée, Lucia Etxebarria secoue les idées fausses : ''nous n'avons pas le droit de réserver le mot « amour » à un type particulier de relation, qui serait la relation charnelle et passionnelle unissant deux êtres, et relèguerait dans une catégorie subalterne l'amour fraternel, maternel, ou encore celui que l'on ressent pour un ami très cher, voire pour un chien’’. Et bien sûr, ne pas confondre ''amour'' et ''passion''.
On est mis en garde contre ces clichés à la vie dure qui s’ instillent en nous dès la naissance comme par exemple, les hommes ne pleurent pas, dominent leurs émotions jusqu'à devenir ensuite, stressés, malheureux, alcooliques, violents ; les femmes se sacrifient, s'oublient, servent, doivent se marier, obéir au mépris de leur liberté et de leurs désirs, d’abord à leurs parents puis à leur partenaire et à la société entière qui les veut minces, belles jusqu’à la mort.
L’auteure récuse aussi le mythe de l'amour éternel, romantique, - une invention de l’Occident -, entretenu par la famille, l'Eglise, une certaine littérature, la télévision, ses publicités et ses telenovelas, Tout comme le mythe du bonheur en famille. Lisons plutôt :
''Cette famille nucléaire, idéale, heureuse et harmonieuse, est à considérer comme une utopie que ni toi ni moi – ni aucune famille normale – ne peut atteindre. Les familles normales se disputent, se jettent la vaisselle à la figure à chaque Noël quand ce ne sont pas des injures, supportent comme elles peuvent des belles-mères tracassières, des tantes célibataires donneuses de leçons, des beaux-frères tout orgueilleux de porter des caleçons aux armes de l’Athletico (et qui, par-dessus le marché, demandent qu’on offre à leur nouveau-né un bavoir assorti -mais si, si, ça existe), tantôt s’aiment et tantôt se détestent, se réconcilient quand c’est possible et survivent dans un rapport de force qui exige une diplomatie digne du protocole de Kyoto’’.
On se rappelle l’évocation d’une certaine « belle-sœur » par M. Delon dans ce blog.
L. E. tente d’expliquer les difficultés de la vie de couple selon des catégories où la psychologie range les Humains. La pire est celle des dépendants émotionnels, ceux qui ne savent pas rompre, se cramponnent à quelqu'un qui ne les aime pas, qui est parti au loin, qui aime ailleurs. L’anxieux, par exemple, recherche constamment la fusion avec l’autre qu’il a l’art de faire fuir en manifestant ses émotions positives ou négatives d’une manière exacerbée, explosive, jalouse, agressive. Les évitants craintifs ou anxieux, sont mal à l’aise dans leurs relations d’amitié ou d’intimité, peu confiants, inquiets, soucieux de protéger leur indépendance émotionnelle ou financière. Ils se méfient des contacts physiques, n’expriment pas leurs sentiments, se protègent par des barrières, travail, vice, passion, colère, silence, fausse maturité, distractions, dénigrement de l’autre, infidélité (autant pour soigner leur âme que pour des besoins physiques).
Heureusement, il y a les sûrs d’eux, toujours à l’aise dans leur relation de couple qui, tout en préservant leur autonomie, savent exprimer leurs griefs ouvertement sans le recours à des stratégies défensives ou destructrices.
Les difficultés relationnelles, explique L. Etxebarria, prennent naissance très tôt dans les familles où souvent on ne sait pas communiquer, où on surprotège, on compare, on tyrannise ou néglige ; cela se perpétue dans la société scolaire, religieuse où on interdit, dicte, sape l'estime de soi si bien que chacun se fabrique sa mauvaise « image de soi » à traîner toute sa vie d’autant plus que les media s’en mêlent qui, implicitement transmettent le message qu'une femme ne vaut que par son apparence et l'homme par ce qu'il fait.
Alors, L. E. très proche de nous, lecteurs qu’elle tutoie, cherche à nous conseiller et à nous secouer avec l’énergie et l’humour parfois caustique qui la caractérisent, - sans que son ouvrage soit une liste de recettes. On émerge d’un nuage de poussière, on voit plus clair. Mais, Il n’y aurait pas assez de thérapeutes pour tous, ni d’îlots de par le monde pour isoler nos autonomies reconquises.
GINA



lundi 19 octobre 2009

L'écrivain et le jet de l'éponge...



Floride, Key West, les années trente. Le jeune Alfred Colebrooks dit Blackpie, ''dérouille grave'' dans un de ses combats. Son entraîneur Shine Forbes jette sa serviette sur le ring pour signifier l'abandon de son poulain. Par trois fois, l'arbitre refuse d'interrompre la partie. Shine Forbes, furieux et inquiet pour Colebrooks, monte alors sur le ring et assène un violent coup de poing à l'arbitre. Cohue générale. Plus tard, Forbes apprend de la bouche de son manager que l'arbitre n'était autre qu'Ernest Hemingway.
Ce soir-là, l'entraîneur se rend au domicile du romancier pour s'excuser. Hemingway serre la main de Forbes et l'invite pour le lendemain. C'est ainsi que le jeune coach va devenir sparring-partner d'Hemingway...

samedi 17 octobre 2009

Cadeau...



J'ai fait un pesto à midi tiens... Sous l'influence du cours de cuisine Italienne donné mercredi dernier à la FNAC par une jeune femme qui venait y signer son livre sur le rizotto. Intéressant. Ail, basilic, parmesan, pignons de pin et huile d'olive, le tout à mixer dans le blender du super robot KitchenAid multi-fonctions en titanium à mouvement planétaire offert par votre mari qui rêvait de voir s'affairer devant lui vos hanches moulées dans le tablier cintré et vos mains farinées aller et venir pour élaborer de bons petits plats et finalement toujours rangé dans le placard étant donné l'expansionisme ordinaire de tous ses accessoires encombrant votre cuisine étriquée, qu'il faut laver un à un après chaque utilisation... Deuil ordinaire de la conjugalité... Excellent le pesto et trop facile. Et les pâtes ? Vous croyez savoir cuire les pâtes ? Aaha ! Laissez-moi rire ! Vous n'avez même pas dans votre minuscule cuisine de quoi stocker la mega casserole qu'elles nécessitent ! Un litre d'eau par portion, messieurs-dames. Et une cuillère à soupe rase de gros sel par portion. Une portion de pâtes c'est 100gr. Vous avez bien lu. Donc une pasta-party pour dix c'est dix litres d'eau : z'avez la casserole ad'hoc ? Et les dix cuillèrées de gros sel ? Avouez que cela vous aurait foutu la trouille de les immerger ! D'ailleurs cette Laura Zavan a commencé son cours ainsi : en France les pâtes sont toujours trop cuites et dans trop peu d'eau ! Bande de radins amateurs d'amidon ! Peu d'eau, donc moins d'énergie pour la chauffer et du temps de gagné sur le chrono de la journée, hein ? Gagne-petit, va ! Et bien sûr vous mangez ça à la française, sans cuillère à soupe pour enrouler les linguine élégamment, mais en les coupant connement en petits tronçons intransportables jusqu'à votre bouche ! Aaaah j'ai honte...
Je ne sais si dans les veines de l'Américaine Megan FOX coule du Valpolicello mais on dirait bien que l'Emilie-Romagne a quelque peu encodé son ADN. Quand j'ai aperçu ce baiser qu'elle nous adresse, j'ai instantanément pensé à Monica Belluci beauté universelle partout vantée qui ne m'est soudain plus apparue que sous la forme d'une mémère bouffie de soupe au pistou et indurée au piccorino. J'ai pensé à vous, mesdames, qui toutes voulez tendre vers cet idéal. Alors cet exemple est pour vous, allez, une deuxième pin-up pour les un an du blog. Pour moi, l'intérêt est purement professionnel : un quadriceps comme ça, on n'en voit pas tous les jours. Oh que oui qu'on clique sur la photo... Mais vous fulminez parce que l'été est fini et que le basilic, déjà, a gelé. Alors voilà de quoi dépanner le blender d'après Laura Zavan :
Deux poignées de Roquette, des pistaches non salées, quelques noix, parmesan (vingt mois d'affinage minimum) ail, huile d'olive (ou, variante, Mascarpone pour des crostinis à l'apéritif) mixez ! Le rapport avec les toros ? Aucun, si ce n'est que j'ai un rabo de toro à confire au vin rouge, donc je vous quitte là.

jeudi 15 octobre 2009

Vaseline et Politique



Moi, je, incarnation présumée du bon sens populaire, au même titre que vous ou vous, voudrais vous parler aujourd’hui des politiques. Plus je les écoute moins je les comprends. ''FISTONAPISTON'', Sarkozy deuxième, ne doute de rien. Forcément. Sur les marchés, serrant les mains, lui qui sort de l’œuf, explique la vie, donne des solutions-minutes à des sexagénaires conseillés avec condescendance. Il ne doute de rien vous dis-je… Il se prépare à diriger l’EPAD le vaisseau amiral de l’économie française. Sa formation ? Lycéen. Il doit avoir deux diplômes quand même, le brevet des collèges et le bac lequel est obtenu par 80% des gens. Pasqua nous assure qu’il est un garçon brillant. On est rassuré, surtout si ça émane de la bouche de Pasqua. Pensez, 23 ans et en deuxième année de droit. Mon fils je ne t’ai sûrement pas assez félicité, tu étais toi, en cinquième année au même âge. D’autant que comme tu es un garçon normalement sensible, modeste et intelligent, tu ne cherches pas à en remontrer aux aînés mais à apprendre d’eux, couillon que tu es.
Les garçons dont jouissait Mitterrand en Thaïlande avaient-ils au moins dix-huit ans ? Ou enfin l’âge légal de la majorité dans ce pays ? Est-ce vraiment l’inquiétude du client en proie au désir devant tous les possibles ? Telle est la question. Parce que pour le reste je n’ai pas tout compris. Je l’ai écouté avec attention pourtant, ce fameux soir dans le journal de vingt heures. Il a dit : ‘’je condamne fermement le tourisme sexuel’’. C’est bien, enfin, l’homme étant ce qu’il est, le fait que les pauvres aspirent la richesse des frustrés sexuels, c’est bien ou pas, pour eux, je n’en sais rien. Mettons que, pour un ministre interrogé devant son pays, ce soit la réponse à donner. Sauf que deux phrases auparavant il avait dit : ‘’Oui, je suis allé en Thaïlande user de rapports tarifés’’ On attendait à ce moment-là, la question qui tue de la part de la journaliste, un perfide mais logique :
- Et…condamner quelque chose que l’on pratique est-ce bien crédible ?
Mais non, ça ne lui est pas venu. Ella a demandé, puisqu’il avait insisté sur la juste nécessité de différencier homosexualité et pédophilie :
- Et…comment pouvez-vous être sûrs que ces personnes étaient majeures ?
- La différence est quand même évidente entre un boxeur de quarante ans et un jeune homme !

Mmmmouais…. Donc il nous demande de croire l’hypothèse selon laquelle dans un pays où se prostituent des milliers de jeunes au visage lisse et au corps harmonieux, il aurait lui, dégoté un vieux boxeur basané et boursouflé des tabassages professionnels consciencieux successifs. Bon…pourquoi pas, le look mauvais garçon destroy ça pourrait pas être sexy ? Et tout non coupable étant présumé innocent, on lui accorde le bénéfice du doute. Mais alors, quel putain de doute !

Quant à l’affaire concernant un Polansky immédiatement défendu, je m’excuse, mais même sans parler de viol, si une très jolie jeune fille de treize ans s’offrait à moi, la moindre des jugeotes serait de lui indiquer d’aller jouer ailleurs. En fait je suis peut-être frustré because seules les mamies octogénaires me couvrent de compliments : Aouah dorrrrteur, que vous avez les mains chaudes…. En ce sens, il est pas très chouette le type, même si on aime ses films ; En tout cas dans les pays développés, car la Cubaine que je soigne en ce moment, m’apprend que sa mère a douze ans de plus qu’elle, et qu’elle a un frère… aîné ! La chaleur des Caraïbes sans doute. Quant à violer une enfant, alors là…. Et quant à défendre, scandalisé, l’idée qu’un violeur d’enfant puisse ne pas avoir de compte à rendre à la justice sous prétexte que c’est ancien ou qu’il s’agit d’un artiste, même si cela vous parait être un concept provincial bourgeois monsieur le sinistre, il faut souffrir que le bon sens populaire que vous administrez s’en offusque, tant cela se rapproche plus d’une sympathie pédophilique que de l’idée élémentaire de la protection de l’enfance. Cela lance comme un pont avec ce qui vous est reproché et il est alors plus difficile de vous croire. Je veux dire, dans la France profonde, celle des ploucs, des culs-terreux, des bien-pensants aux idées près du bonnet, nous. Le peuple, quoi. Evidemment qu’une posture littéraire à la Houellebecq dans ‘’Plateforme’’ ça a une autre portée et qu’on a besoin de cet écrivain et de son talent. Pour autant a-t-on envie qu’il nous administre ? Nommer un Mitterrand à la culture ? Mais oui, bien joué l’omni-président, la culture c’est forcément de gauche, n’est-ce pas ? Et ce patronyme qui claque à la mémoire collective de l’Histoire récente, quelle belle ouverture dans votre gouvernement. Et vu que vous déciderez de tout, le ministre potiche à son poste godillot flatte son ego et votre ouverture. Regular. No pasa nada…
Au cas où vous n’auriez pas compris pourquoi le bon peuple est en crise avec ses politiques on va le repréciser : c’est qu’il ne cesse de ressentir qu’avec ou sans vaseline l’essentiel est bien de nous le mettre. Profond. Je sais, c’est pas chic. Et puis ce n’était pas possible que vous l’ignoriez encore. Mais ça m’a fait plaisir. Pourtant, une question en suspens me taraudera toujours : est-ce que nous, à votre place, nous deviendrions aussi comme ça ?
photo AFP Loïc Venance

mercredi 14 octobre 2009

Cadeau...

Coucou c'est moi le blog... Pour mes un an je m'offre une Pin-Up torera, celle de didier Merceret.

mardi 13 octobre 2009

Un an le blog, un...



Alors... ? Le temps est passé vite ? Un an et quasiment 365 posts...! Autant vous le dire tout de suite, l'exploit (oui...j'aime bien qualifier modestement mes actions ) ne se rééditera pas...
Je n'écris plus à cause de ce blog ! Enfin je n'écris plus que dans ce blog, et des conneries encore, ouais... C'est rapide, c'est jetable, cela s'oublie jour après jour... Mais à quoi est-ce que j'aspire vraiment, hein ? A finir ''the'' roman, le mien. Celui qui remportera le prix ''Marc Delon'' que je serai content de m'auto décerner. Il désigne et couronne un projet mené à bien. J'en ai fait lire l'ébauche à deux profs de littérature moderne : une toute jeune, une retraitée. Bilan ? Gé-nial ! Ouais je sais, ça compte pas, ce sont des amies... tant qu'un éditeur n'accepte pas de dépenser des sous pour vous, ça compte pas... Et pour convaincre un éditeur faudrait que je participe à un truc télévisé genre ''Kaka-lanto'', ''Fort Connard'', ''Papa cherche à tirer un coup'' ou ''Un vomi presque confit'', je sais pas, être déjà connu de la France entière pour lui assurer un minimum de ventes. Après, ce qui me plairait vraiment, ce serait d'être mis en charpie sur la place publique dans mon émission préférée ''On n'est pas couché'' par Zeymour et Naulleau (orthographe non garantie) Vous ne connaissez pas ? Eh oui, ça commence à minuit et finit à trois heures, faut vraiment être motivé quand on n'a jamais compris comment fonctionnait un magnétoscope. Pensez un peu : 659 romans et à peine quarante invités qui subissent le tir croisé d'un éditeur de gauche et d'un journaliste de droite... Un réel privilège. Tous ces écrivains, plus ou moins écrivains parfois, s'offusquent de ce qu'ils entendent, se débattent, contre-attaquent, essayent même de se prémunir par des déclarations préalables tant ils les ont à zéro. Moi, je jubilerai de me faire assassiner ainsi dans cette émission ! les critiques même acerbes et dégradantes seraient une onction extrême d'huiles essentielles, de baume réparateur, un viatique au goût de miel... Finir mon premier roman, oui, mais je n'ai pas sept bras ni neuf vies ni deux cerveaux. Et ma vie est bien trop trépidante pour que j'arrive à m'y couler tout entier, qu'il m'absorbe et que je me débatte en lui. J'ai le chic pour me créer toujours de nouvelles contraintes qui m'empêchent de mener à bien mes projets. Ou alors, postuler à La Laune, la résidence d'écrivain du Diable Vauvert, au milieu des moustiques et des marais ? Trouver enfin la concentration ? C'est gratuit comme hôtel il paraît... ouais pas tant que ça en fait... c'est du gagnant-donnant voyez... faut animer un atelier, des conférences... mais c'est que je n'ai aucune compétence pour captiver un auditoire moi... bon, je sais jongler avec trois balles, ou, plus palpitant, avec trois oeufs frais, je sais faire l'aïoli, (surtout quand je viens de jongler) la daube de joue de boeuf, j'ai deux ou trois blagues du milieu médical bien grasses et dégueu, certes, mais ça suffit pas, si ? Et puis, qui me gagne le fric dont j'ai besoin pour payer ma maison pendant que je me débats avec mes phrases entre deux raids de mosquitos affamés sur ma peau de bébé ?
Bon alors, qu'est-ce qu'on fait avec ce blog ?
On arrête ?
Un an, c'est bon comme dose, non ?
On continue mais moins ''frénétiquement'' ?
Histoire de finir ''the'' roman ?
Bon, ok, on va faire ça... et même, si ça se trouve, je vous fais lire un extrait, un jour. Vous parlez d'un privilège... Mais je veux des retours, hein, y'aura intérêt à le commenter ! Non parce que vous êtes deux cents à venir tous les jours, mais des commentateurs y'en a moins d'une dizaine... Lecteurs de l'ombre...

dimanche 11 octobre 2009

Don d'Obliquité







VRAC D'ARENE II






















Petit Dictionnaire des Ecrivains du Gard

Serge Velay, Michel Boissard et Catherinne Bernié-Boissard proposent ce très intéressant opus. Très intéressant car il ne rompt pas avec la fonction principale d’un dictionnaire : beaucoup apprendre aux lecteurs. Il compte plus de deux cents entrées, du Moyen Age à nos jours. Ne figurent pas seulement dans ces pages ceux qui sont nés dans ce département, l’ont habité ou y sont morts mais aussi ceux qui y ont séjourné ou encore en ont été inspirés. Au fil des pages, on découvre alors du plus insignifiant (euh… moi… ) jusqu’aux plus prestigieux vainqueurs des prix Nobel et Goncourt un formidable éventail de personnalités aussi riches que diverses, souvent singulières tels ces auteurs qui n’ont écrit qu’un seul livre de toute leur vie – mais quel livre - .
Les mouvements littéraires se recoupent avec l’Histoire et les destins de ces auteurs, le style très plaisant, les portraits très bien sentis, rendent avec l’intérêt intrinsèque de ce dictionnaire, la lecture vraiment passionnante. Il nous donne surtout l'envie de découvrir beaucoup d'auteurs et le désir de nombreux livres. Plus près de notre passion vous y retrouverez bien sûr Alain Montcouquiol, Antoine Martin, Robert Bérard et Simon Casas par exemple. Un extrait du portrait de ce dernier vous ferait-il plaisir puisqu’on a évoqué sa personnalité ici il y a quelques jours ? Allez, rien que pour vous, alors :
Organisateur de corrida, apoderado, éleveur de toros et directeur d’arènes, Simon Casas s’affirme comme un mixte du Nabab et de Numa Roumestan, ces personnages méridionaux hauts en couleurs et forts en gueule créés par Alphonse Daudet. A ce Casas-ci, correspond son deuxième livre ''Tâches d’encre et de sang’’. Le stylo a remplacé la muleta. Quand l’écriture témoigne elle est juste de ton et sobrement rigoureuse ; lorsqu’elle emprunte le versant de la philosophie et du lyrisme, elle spécule sur l’emphase. Comme si elle cherchait à faire oublier qu’il y a – en effet et selon le titre du dernier récit de Simon Casas – ''L’envers de la cape’’. Autrement dit, passé le leurre du strass et des paillettes, en guise d’ors et de lumières, la vérité d’une aventure de jeunesse inachevée.

255 pages, 12 euros, édition Alcide. Ne reste plus qu'à espérer qu'il soit le premier d'une collection couvrant tout notre territoire.



Quatrième de couverture :
André Gide, prix Nobel de littérature, Jean Paulhan, éminence de la N.R.F. chez Gallimard, Francis Ponge, auteur d'une des oeuvres les plus remarquables du XXe siècle, André Chamson, Jean-Pierre Chabrol, dont les écrits sont attachés aux Cévennes, Jean Carrière, lauréat Goncourt aussi célèbre qu'incompris, le nimois Alphone Daudet, autant de noms justement célébrés pour leur universalité. Terre d'inspiration par ses paysages, terre d'accueil par son histoire, terre de résistance avec ses réboussiers, le Gard est une terre d'écriture. Cette singularité invitait à l'exhaustivité. Les auteurs dressent au gré de quelque deux cents notices et portraits, un formidable panorama de la vie littéraire du département, avec une plume aussi alerte que colorée.

Regard troublant




samedi 10 octobre 2009

Désert Américain



Oublions un temps le Sahara marocain souvent évoqué dans ce blog et envolons-nous vers le Far-West aux noms enchanteurs, Sonora Desert, Mohave Desert, Joshua Park, Arizona, California, Utah. On connaît les belles images de relief érodé rouge, ocre, beige clair, saupoudré de buissons épineux ou d'arbres ou d'herbes épineuses sur de grands espaces que des heures de route exposent au découragement du touriste. A perte de vue, une falaise escarpée, sculptée, surmontée d'un roc extravagant, puis d'autres qui ont changé de couleur, toujours aussi dressées avec la même arrogance fière, puis, au lointain, des pitons noirs volcaniques, des falaises plus claires et soudain des amas infernaux de boulders en déséquilibre, roulés, entassés ou éparpillés, rouges ici, gris anthracite là-bas, et la route, elle, avec des ondulations souples, qui offre sa perspective montante, ascendante, droite, déterminée, infiniment illimitée...
Les étendues sablonneuses rappelant le Sahara sont rares, on les appelle dunes et ce sont des curiosités signalées aux visiteurs. Des tempêtes de sable se soulèvent en beaux nuages ocres qui parfois interdisent toute circulation routière.
Mais le plus souvent pourtant ce sont la végétation et la faune qui assurent la particularité de ces déserts.
L'Arizona, au sud, avec le désert du Sonora est le royaume des cactus candélabres, ou saguaros, - à prononcer soyaro, là-bas, si vous voulez qu'on vous comprenne-. Il pousse parmi des buissons de créosote et s'accompagne d'une variétés d'herbes toutes épineuses et fleuries de mars à août, plus ou moins hautes, fines toujours charnues comme nos figuiers de barbarie.
Si on quitte le Sonora pour se diriger vers la Californie, le désert change, les ocotillos ont remplacé les saguaros et vers le Joshua Park, parmi les éboulis granitiques, des arbres comme de grands conifères de montagnes, pelés par endroits présentent des bouts de tiges recouverts d 'épines. Superbes. Vers le nord de l'Arizona, vers Flagstaff et les montagnes, le saguaro peu à peu est remplacé par des figuiers de barbarie géants, puis par d'autres variétés d'agaves qu'on retrouve au nord, vers l'Utah, et le Nouveau Mexique, et selon les ondulations de la route, des bouquets de buissons épineux vert foncé, puis au ras du sol des clairs, et des pins ponderosos (ce nom !) et d'autres dont les pommes de pin ont des écailles épineuses, le pinion pine, le douglas, le bruce... qui se partagent différemment l'espace, selon les directions ou selon l'altitude.
Parmi ces plantes, une curiosité, le tumbleweed, cette herbe qui, une fois sèche, roule, poussée par le vent, effraie les chevaux dans les films mais aussi dans la réalité, s'accroche aux clôtures avec plus d'efficacité que des barbelés. C'est dans cette flore que vit le coyote ; on l'entend souvent et on peut réussir au moins une fois à le rencontrer tout comme le roadrunner, ce coucou, tueur de serpents que la paresse fait courir mais empêche de voler...

La prose poétique d'Yves Berger ressuscite merveilleusement tout ce coin des USA dans La Pierre et le Saguaro.
Décédé, il y a cinq ou six ans, l'écrivain que j'avais rencontré au Carré d'Art nimois, à l'occasion du Salon de la biographie avait présenté son Dictionnaire Amoureux de l'Amérique (et malheureusement quelques bien-pensants détenteurs de vérité – unique - l'avaient attaqué dans ses sentiments).
On vient de rééditer chez Grasset l'ensemble de son oeuvre et notamment La Pierre et le Saguaro où se situe la plus belle peinture de ce Sud-Ouest américain , (disons plutôt Far West) qu'il parcourut, à cheval et à pied dans ses coins les plus reculés, profonds ou élevés, car ces déserts s'enfoncent dans les arroyos et les canyons, ou grimpent haut sur les confins des Rocheuses. « La terre...des béances à sec, des rios à sec, des arroyos à sec, des canyons, des entonnoirs, des marmites, des chaudrons, mille plaies, balafres et cicatrices ; au ciel où tout s'élance répondait la terre où tout se creuse pour une soif jamais étanchée. »
L'émerveillement de son parcours jaillit dans toutes ses phrases où il s'exclame constamment que la beauté est dans tout, qu'il en ressent une émotion joyeuse, mélancolique, ou triste. Car, comme chez Le Clézio, chez ceux qui parcourent ces déserts ou qui y séjournent, la contemplation renvoie à la condition de l'homme, sa petitesse, le grain de sable qu'il représente à l'échelle du temps géologique qui a vu les dinosaures, ou devant les effets de l'érosion qui a pris son temps pour tout sculpter ou arrondir. Le Colorado « cela fait dix millions d'années qu'il la travaille (la terre), ronge, desquame, écaille, délite, décompose et enfin brise, couche après couche, de sorte que plus il s'enfonce dans le canyon qu'il creuse, plus il révèle l'ancienneté de la terre...»
Et on ne contemple pas sans s'intéresser aux habitants, à leur histoire passée et présente.
Les tribus indiennes, Navajos, Utes, Hopis, Zunis sont éléments du décor. Les voici disséminées à perte de vue, vivant de ces deux ou trois vaches au kilomètre carré, qu'on aperçoit, points noirs piquetant une terre claire, elle-même pointillée d'un vert tout pâle. De temps en temps, un long camping-car, a mobil home , seul au pied d'une falaise à la John Ford, avec des chevaux parqués près des voitures, des « trucks », aussi nombreux que dans des entrepôts. Ou bien ces habitations se regroupent, s'alignent, se disséminent, s'accompagnent parfois d'une cabane en planches, d'un vieil hogan, d'une vraie maison basse américaine, coquette avec toujours, des voitures, beaucoup de voitures. On est dans les réservations. Vie misérable ? Non, les Indiens choisissent cette liberté de l'espace, disent-ils, parfois ils continuent à refuser l'électricité, parfois ils ouvrent des casinos très lucratifs, - tous les contrastes sont permis. Les éoliennes, seules dans le lointain, moulinent pour l'eau, la lumière, et la poésie. « comment tant d'espace à jamais infranchissable, immuable tel le destin d'un Hopi des plateaux, comment ce que nous connaissions de l'été violent, de l'hiver âpre et comment la vision de rares silhouettes sorties sans raison de leur cabane et perdues là-bas dans le lointain de la plaine, gorges de l'enfer et trous d'espaces surchauffés par les mesas rassemblées pour un encerclement des hommes et des choses, pour un étouffement de l'air, oui comment ce spectacle pouvait-il susciter en nous, avec la tristesse et l'admiration une espèce de paix ? »
Ailleurs, une oasis dresse ses palmiers, soit de grands plumeaux élancés, soit comme à Palm Spring, banlieue de Los Angeles, de grands barbus inclinés ou desséchés par le vent. Ou alors, des feuillus, le cottonwood, le plus célèbre dans lequel le Navajo va sculpter ses cachinas. Des Indiens habitent parfois ces oasis dont ils font payer l'entrée ; ils ne manquent pas d'offrir à la vente leurs poteries, leurs cachinas et leurs turquoises.

Yves Berger en homme de science, anthropologue, poète et philosophe fait revivre ces déserts, reconstruit et enrichit toutes ces images de westerns au crible de ses émotions et mieux que quiconque nous transporte dans les air lines de son enthousiasme.
GINA

vendredi 9 octobre 2009

VRAC D'ARENE I














































Pourquoi allez-vous voir les corridas ?



Monsieur Delon,


Un ami du cercle taurin Palois a fait votre connaissance à Céret et m’a remis votre lettre aux aficionados. Il s’agit de M. Desvignes. Je vais donc essayer de m’exprimer.
Présentation :
ex technicienne de labo, Elf, à Lacq. Première corrida en nocturne à Dax avec un frère et une belle sœur, il y a environ trente ans - découverte - seul fait marquant :
trente descabellos de Chibanga, un noir. Erreur de parcours, me suis-je dit pour ce monsieur. Puis, au hasard, quelques-unes dans le sud-ouest :
Bayonne, Mont de Marsan, Saint Sever, Aire, Vic, Dax. Mon budget étant plus ‘’ favorable ’’ et une voiture, m’ont permis de rayonner. Je me déplace seule sauf pour les voyages organisés par le comité d’entreprise ou une pena.

Pourquoi aller aux corridas ? Une bouffée d’oxygène, une récréation, une stimulation ensuite, un spectacle, une récompense.
J’ai appris certains termes techniques mais ne m’en gargarise pas, et ne suis pas une puriste. La Corrida, c’est ce que je ressens. La tête, les yeux, le cœur, les tripes.
J’aime voir jaillir les toros des torils, la beauté des costumes, le geste esquissé, un sourire,
le duel homme-bête ou la danse. L’émotion ne se commande pas, ne se définit pas.
Elle sévit. Je n’ai jamais quitté les arènes avant la fin du spectacle, malgré parfois le froid ou les trombes d’eau. J’ai eu les larmes aux yeux la première fois que j’ai vu les cabestros ramener le fauve comme un toutou.

Mon engouement va crescendo. Novilladas dans le sud-ouest, dans les petits villages, voyages en Espagne en groupe, à Nîmes, visites de ganaderias.
Signes particuliers : j’achète quelques revues, suis abonnée à Semana Grande, découpe les articles sur les journaux, stocke les billets sur lesquels je note les cartels, les couleurs des costumes, les trophées. Je note le maximum de ce que je vois lors des corridas, n’hésitant pas à demander le nom du président et de ses assesseurs, l’heure de départ et l’heure de la fin. Je fais signer aussi des personnes du mundillo que j’interpelle fort poliment et qui souvent, me remercient, un comble !

Au hasard, un jour, si vous apercevez une petite bonne femme, avec un cahier sur un gradin, ce sera moi. Je ne m’offre pas de barreras mais descends si des places sont disponibles. Je ramasse un peu de sable des arènes, que je date. Je ne rouspète pas car je respecte trop l’homme. Par contre enthousiasmée, je vais m’écrier :
« très bien ! ».

Je suis allée à Avignon du 16 au 22 juillet donc impasse sur Mont de Marsan et Céret peu avant : plus de places dans les hôtels. Je suis allée en Avignon par le train et ai écourté mon séjour au festival, d’un jour, afin d’être à Orthez le dimanche.
12, 13, 14 août Bayonne avec ‘’ Don Juan dans le ruedo ‘’ un soir.
J’ai déjà vingt-trois spectacles cette année. Je me dépêche à la sortie pour féliciter le bon acteur. Je fais des photos… avec les appareils jetables, pour le souvenir, donc rien d’artistique.
Je ne sais pas si j’ai répondu à votre attente, je me tiens à votre disposition si vous souhaitez des réponses plus précises. La passion ne se commande pas, elle vit en soi. Veuillez agréer M. Delon, mes salutations distinguées et aficionados.
Bonjour à votre belle ville de Nîmes. La première fois que j’y suis allée, c’était pour l’alternative de El Juli.......

Marcelle DUVIGNAU.

jeudi 8 octobre 2009

mercredi 7 octobre 2009

Mort De Rire




Mais que faisait ce toro à se rouler soudain par terre en se tenant les côtes ? Il riait messieurs-dames ! Un cas unique, inexplicable, si ce n'est peut-être par la faculté qu'il avait de lire, et, justement, ce jour-là dans l'arène, traînaient partout des suppléments gratuits du quotidien "La Marseillaise" qui donnait une interwiew de Simon Casas. Le titre ?


"Quand j'admets une erreur, j'essaie de la rectifier".


C'est beau... et c'est triste. Admettre déjà, c'est pas facile, hein, mais, dire "essayer" c'est le plus souvent avouer ne pas y arriver. Pas rassurant tout ça...

Allez, rip ! (équivalent français de lol : rions un peu ) Morceaux choisis de l'entretien :
Cette temporada 2009 permettra de voir à l'oeuvre les six figuras qui dominent le toreo actuel. Est-ce un soulagement pour vous que d'être parvenu à concocter de telles affiches ?
Effectivement, comme vous le dites, Nimes sera la seule arène au monde à présenter toutes les vedettes qui dominent la tauromachie actuelle. Tomas n'était ni à Madrid ni à Séville, Perera n'est pas allé à Séville et ils seront présents à Nimes ! Alors ce n'est pas la première fois que cela arrive, mais cette année cela se matérialise davantage car les plus importantes plazas ont connu toutes les difficultés pour engager ces figuras.
Les négociations deviennent de plus en plus compliquées ?
Tout à fait ! L'effet Tomas se fait sentir et les plus grandes figuras ont tendance à aligner leur prix sur lui. Ajoutez à cela un contexte de crise économique dont on sent les effets partout. Malgré tout, comme je l'ai souvent fait, il y a un moment où je donne la priorité à l'intérêt général, au prestige des arènes de Nimes et à ma notoriété d'artiste car je ne suis ni commerçant ni spéculateur. Je gère mon métier à partir de conceptions et de critères artistiques quitte à sacrifier mon intérêt pécunier.
Ces vendanges ont, en tous cas sur le papier, belle allure. N'est-ce pas le petit plus qui peut faire la différence dans la course au marché madrilène ?
Je ne suis pas seulement empresa des arènes de Nimes, je suis impresario international. C'est vrai que je fais partie des trois ou quatre plus importantes entreprises de production d'évènements tauromachiques, alors quand je réalise de très bons cartels pour Nimes c'est bien entendu pour cette ville que j'aime, mais c'est également dans le cadre d'une stratégie internationale.
Le spectacle dans les arènes dépend aussi pour beaucoup des toros. Lors de la conférence de presse de présentation des cartels, vous avez annoncé que le bétail allait surprendre de par sa présentation et sa qualité. N'est-ce pas là, l'aveu d'avoir un peu péché dans ce domaine lors des précédents exercices ?
Il n'y a que les imbéciles qui ne reconnaissent pas leurs erreurs. Je reconnais que ces dernières années, la présentation de certains lots de toros, je dis bien certains, étaient un peu en dessous de ce qu'on doit voir dans les arènes de Nimes. Quand j'admets une erreur, j'essaie de la rectifier. Le péché ce n'est pas de se tromper, c'est de ne pas le reconnaître.
On célèbre cette année les 150 ans de la ganaderia Yonnet. Comment analysez-vous cette longévité et le succès d'un homme, Hubert, qui a consacré une vie entière pour l'élevage ?
Hubert Yonnet est bien plus qu'un éleveur, c'est un précurseur. C'est un monument de la tauromachie française et je suis très sensible à cela. Car, si lui est un précurseur au niveau de l'élevage français, moi je suis un précurseur de l'existence et de la reconnaissance des toreros français. La rencontre d'Hubert Yonnet et de Simon Casas sur le sable des arènes de Nimes c'est donc une rencontre de précurseurs qui s'inscrit en toute logique.

Voilà, fin de l'interwiew... Quand on aura enfin précisé que le libellé de présentation de l'article précisait au-dessus du titre que : "... l'empresa de l'amphi gardois, Simon Casas, nous livre quelques impressions non sans un zeste d'humilité" on comprendra d'autant mieux l'hilarité incontrôlable de ce toro devant cette nouvelle leçon de Com.

mardi 6 octobre 2009

HORS SAISON

La lumière était crue, les filles presque nues. Elles se déplaçaient, déhanchées du déséquilibre de cette déambulation précautionneuse sur les galets brûlants de la plage qui martyrisaient leurs petits pieds. On pouvait les rattraper. Parfois un garçon les dépassait en courant – même pas mal – pour plonger dans l’eau sous leurs yeux – même pas froide – , de préférence en les éclaboussant. Leurs longs cheveux ondulaient dans la brise chaude. Elles replaçaient sans cesse cette mèche rebelle derrière une oreille attentive. Leur peau fleurait le monoï, enveloppe exotique et délicate de satin luisant sous le soleil. Elles l’étalaient sur leurs membres fuselés de gestes doux qui se perdaient dans l’au-delà. Allongées, elles se retournaient nonchalamment, postures fugaces fanées aussi vites qu’écloses à nos regards subjugués, soulignant de spectaculaires aspects de leur anatomie. On imposait l’impassibilité à nos traits, on feignait l’indifférence tandis que se réprimaient secrètement d’interminables érections dans le sable chaud. Certains vécurent des amours vite consommées, d’autres restèrent tenu en haleine par le rêve et l’inhibition. D’autres crurent au grand amour, eurent cette chance d’oindre eux-mêmes le monoï sur les peaux fantastiques. Ils les embrassèrent goulûment sur la terre, sous l’eau, dans l’air des nuits de pleine lune et au bord de la piscine, sous le parasol dont le cercle d’ombre délimitait exactement leur bulle de félicité, isolée du monde et de ses cyniques réalités. Des instants précieux avant la mort. Avant qu’un fils ne rechigne à payer l’entretien de leur tombe. Et puis les orages éclatérent, les matins se levèrent plus froids et la brise plus agressive. Et puisque, été consumé il ne servait plus à rien, vacanciers partis, amours envolées et nuages efficaces, il a préféré sombrer dans la piscine, noyer sa mélancolie, mouiller toile et mât et faire un peu nager ses baleines. Hors saison.

Mort Deux Fois