lundi 28 mars 2011

Parfois la littérature s’essaye à décrire une telle beauté qu’elle tend vers l’universel, quitte sa racine par un élan sublime, trans-genre, pour s’élever vers des sommets rares et émouvants. La sublimation est en chimie ce passage d’un corps solide à l’état gazeux. Ou en psychanalyse « le processus par lequel l’énergie d’une pulsion sexuelle est déplacée sur des buts socialement valorisés » Pour le son, c’est la note bleue, celle qui ne s’entend qu’à une certaine heure de la nuit, qu’à une certaine dose d’épuisement, quand la technique va de soi, souffle et muscles relâchés, laissant enfin l’âme pulser. Alors la note peut arriver à évoquer dans notre cœur, une couleur. Comme l’on peut dire d’un toro qu’il a un bon son, lui qui n’a rien d’un instrument de musique. Parce qu’il est bon, dans son galop comme dans son port de tête, que son rythme permet, parce qu’il répète à l’envie. La note bleue, la note trouble, intime, qui brouille le regard et dresse les poils, quand il est évident qu’un torero profond convoque l’enjeu suprême au prix accepté du rouge sang. Mesdames et messieurs, le printemps est là, la saison va commencer.

samedi 26 mars 2011

La Pensée du jour

L'humour est une langue étrangère, certains nécessitent des sous-titres.
Guy Bedos

Limpieza



Fabrice Lucchini horripilant coiffeur de banlieue reconverti en passeur de mots ébouriffant de cabotinage, campe dans ce film, enfin sobrement, un rôle de directeur de cabinet conseil en gestion de patrimoine. Sa vie parisienne est bien réglée selon les conventions bourgeoises du début de ces années soixante où les concierges sont encore des matrones régnant sur le petit peuple des bonnes, leur interdisant par exemple l’usage d’un ascenseur réservé aux propriétaires, pour regagner leurs chambrettes mansardées. A ce sixième étage, se développe un autre monde. Celui des misérables dont personne ne se préoccupe, qui ont fui les malheurs de la guerre fratricide. Des femmes seules, venues en France gagner leur dignité par le travail. Entre elles, malgré leurs conditions de vie spartiates, voire épouvantables, sanitaires bouchés, absence d’eau courante ou chaude, circule la joie, la solidarité, l’aficion à la vie propre à leur peuple.



Peu à peu, le financier parisien que l’on aurait pu penser un tantinet étriqué, se révèle être un esprit ouvert et attentif à ces femmes dont l’exotisme joyeux l’intrigue et l’émerveille : ne sont-elles pas au boulot depuis l’aube jusqu’au soir sans jamais se plaindre ni revendiquer ?



L’arrivée de la belle Maria qui m’a étrangement rappelé ‘’ma’’ serveuse d’Extremadure dans ses manières, humbles et décidées à la fois, l’incite à leur porter une attention encore plus aiguë. Aussi, lorsque sa bourgeoise justement interprétée par Sandrine Kimberlain, ne cessant de se plaindre de ses « épuisantes journées » passées à boire le thé, jouer au Bridge et médire des autres, lui interdira le domicile conjugal au prétexte angoissé d’une maîtresse imaginaire, c’est avec bonheur qu’il ira s’installer dans une des chambres de bonne vacante, de l’immeuble Haussmanien où il jouira désormais de la chaleur humaine des Espagnoles, chants et paellas compris. Il se fera un plaisir d’améliorer leurs conditions de vie, avant que son regard toujours plus captivé par la grâce de ''Maja Maria'' fasse de ce sixième étage l’ultime palier avant le 7è ciel tout de gratitude qu’elle lui offrira dans son petit lit d’exilé où il dira ne s’être jamais senti aussi libre. Comme on le comprend.



Alors, qu’est-ce qui triomphera pour ce conseiller financier ? La rentable et sécuritaire culpabilité judéo-chrétienne ou le ruineux amour du risque amoureux et son grisant dividende libidineux ?


On se gardera de répondre à la question pour que vous fassiez un effort dans le même sens que le sien, et rejoigniez la toile la plus proche de chez vous. En somme, celui de l’action plutôt que de l’obligation… Krach boursier en vue.

jeudi 24 mars 2011

En attendant dimanche...


Pour en finir avec le FN. Je veux dire, pour en finir avec les considérations qu’il inspire. Et peut-être pas pour en finir de vous offusquer. Il y a un truc qui ne cesse pas de me choquer, moi un homme simple qui réfléchis simplement mais j’espère pas de manière simpliste. Voilà un quart de siècle qu’on se plaint que ce parti existe. Qu’on brandit sa dangerosité, voulant à peine débattre avec lui quand on ne quitte pas carrément le plateau télé dés qu’un de ses représentants apparaît – il n’y a pas si longtemps – rappelez-vous.
Effectivement le papounet parachutiste dérapait souvent et n’inclinait pas vraiment au débat. Mais peu importe, mon interrogation n’est pas là, elle est beaucoup plus pragmatique. Depuis très longtemps, je me dis et certainement beaucoup d’autres avec moi, que les renseignements généraux existent, la DGSE ou je ne sais comment cela s’appelle de nos jours, mais bon, ils savent tout des mouvances de ce parti, de son origine, de ses inspirations, de ses leaders, etc… et tous les gouvernements l'ont maintenu. Il était peut-être pratique d’avoir un épouvantail à agiter de temps en temps, tant qu’il restait à 10%. Personne n’a dit, attention, c’est trop dangereux ou indigne, on dissout, pas d’existence légale possible. On diabolise – mot officiel - dans le discours, mais dans les faits, rien… on autorise les gens à être séduits par cette sensibilité, à voter pour leurs représentants. Alors le pauvre type que je suis ne comprend plus, car pour lui de deux choses l’une : ou il est avéré qu’il renferme une haine xénophobe, indigne et dangereuse pour la République et on l’interdit - on s’y pliera sans que cela n’attriste - , ou on l’autorise et on le considère lui et ses millions d’électeurs avec, comme un parti digne d’être combattu au même titre que les autres, en proposant ses idées, dont il faut alors accepter qu'elles soient représentées. Car nous sommes justement en République, où toute idée et sensibilité a le droit d’être exposée. La République et la démocratie ce n’est pas : ''seules mes idées que je partage avec moi-même'' sont bonnes et légitimes et celles des autres empaffés sont indignes. C’est pas du tout ça, la République. La preuve, ce blog, qui fait accéder son écrivant à plus de démocratie. Ce que les intolérants nomment ''dérapages''.

Car enfin on va en arriver à quoi ? Quand il fera 50% des voix, que pensera l’autre moitié du pays ? Qu’il faut faire la guerre civile ? Qu’il y a une moitié de racistes à égorger ? C’est ça la pensée démocratique ? Le respect des idées, du combat politique et du résultat des urnes ? (je m'inspire des pédagogues, je mets les phrases importantes en plus gros pour que mes lecteurs débiles sachent ousskecety ksé crucial...) C’est quoi cette rhétorique de grands chevaux sur lesquels on monte systématiquement, de ''front républicain'' à lui opposer absolument dans toute élection ? S’il n’a rien de républicain, qu’on l’interdise ! Dans ma vie personnelle, me cago - influence chulienne - qu’il existe ou pas, ce parti. Mais s’il est légal ça veut dire quoi de mépriser ses milliers d’électeurs comme s’il s’agissaient de parias ? Faire preuve de « valeurs républicaines » c'est faire comme si les problèmes identifiés par le FN n’existaient pas ? Que ce ne soient que vues de l’esprit d’indignes racistes ? Des racistes qui auraient accueilli des Espagnols, des Portugais, des Vietnamiens, des Africains, etc sans problèmes ? Ca pose question au minimum, non ? Elle est où l’erreur ?

Continuez braves tolérants dans cette hypocrisie qui, mois après mois, lui élargit le boulevard de la victoire future ! Des empaffés dis-tu Ludovic Pautier dans ton commentaire que je n’ai pas passé. Mais un empaffé élu par le peuple, ça reste un élu, non ? Plus légitime que toi et moi. Et ça traduit quoi ? Crois-tu que les gens qui ne sont pas prêts à voter FN ne s’interrogent pas sur le sens à donner à ce vote impressionnant ? Car un tel score avec 75% des Français qui ne sont pas allés voter au premier tour des élections cantonales -55% d’abstentionnistes et 20% de bulletins nuls- et avec un quart des cantons non représentés, cela ne vous interpelle pas ? Que cela induise que Marine le Pen sera au second tour des présidentielles en éliminant le représentant d’un parti jadis majeur dans le paysage Français ne vous interpelle pas ? Cela ne traduit rien d’autre que, par exemple, les gens seraient des empaffés ? Et c’est tout ? Et on élude ?
Tu ne me penses pas racialiste ludo, dis-tu ? Je dois sans doute te remercier sauf que je ne sais pas ce que ça veut dire ''racialiste''… mais je le suis peut-être car j’aime les gitanes pour leurs grands yeux noirs et les aréoles brunes de leurs seins – j’ai toujours trouvé qu’un texte était meilleur avec un peu d’érotisme – j’aime les Suédoises pour leurs cheveux d’or et leur peau de lait, j’aime les Orientales dans le calice desquelles je coulerais volontiers mon miel toutes fleurs.

Alors, je vais vous dire, moi, ce qu'il ne faut pas dire, je vais vous raconter, moi, pourquoi les gens votent pour eux :

Dans le village d’Isa qui nous dit que les écologistes sont arrivés en tête, quand un écologiste donc, veut garer sa voiture, il le fait dans le pré à côté de sa ferme, au milieu des canards. Dans mon quartier, quand on veut ta place de parking, on te crève tes pneus. A répétition. Plusieurs fois par semaine. Jusqu’à ce que tu dégages de là. Quand on veut ton local commercial, on te brise tes vitrines. Tous les mois. Jusqu’à ce qu’aucun assureur ne veuille te couvrir et que tu t'en ailles, écoeuré. Quand on veut ton appartement pour se ‘’ghettoïser’’ (comme le croient les gentils naïfs qui les victimisent) entre amis, on fait du bruit toutes les nuits. Le fais-tu remarquer de façon urbaine ? On crame ta bagnole. Quand tu fais remarquer à un type qu’il ne devrait pas vidanger son huile moteur sur le trottoir, on crame des poubelles dans ton immeuble au risque de te tuer. Toi et ceux d’à-côté qu’ils ne connaissent même pas. Leurs frères peut-être… Et pas un écolo pour dénoncer cette pollution sauvage et répétée, bien sûr. Eux qui n'ont absolument pas peur de l'étranger s'en tiennent loin, mais loin... Trop humaniste pour faire une telle remarque, l’écolo. Dans mon quartier, le centre commercial, après quelques années, était haché menu, taggué, brisé, etc… on vient de le refaire… le parking est déjà fermé pour dégradations, l’ascenseur de surface qui dressait sa colonne de verre sur l’esplanade est cassé, vitre par vitre, méthodiquement. Schlecker le droguiste par trop braqué a reçu l’ordre de sa maison mère de partir. D’autres nouvelles de ses dernières semaines dans mon quartier qu’il ne faudrait pas dire pour arrêter de fournir le FN en voix ? Les ATSEM des écoles sont emmerdées tous les jours parce que les repas ne sont pas Hallal.
- Pourquoi ne le faites-vous pas manger hallal chez vous puisque ni votre femme ni vous ne travaillez ?
Celle qui a dit ça s’est fait agresser, trois jours d’hosto.
A Lille chez Aubry, tout est déjà Hallal dans les cantines et même les piscines ont des horaires pour femmes musulmanes et leurs ''djellabas de nage'' ça doit être ''républicain'', sûrement… On me fournit en cervicalgies en ce moment : le cours de l’or ayant grimpé en flèche, les colliers sont arrachés des cous fripés. Enfin, que des cous Français, mais les racistes, c’est nous, évidemment, qui n’arrêtons pas de provoquer en faisant briller les 18 carats dans le soleil du Sud-Est.
On ne parlera pas des pucelles traitées de pute parce qu’elles portent une jupe, ni des assassins, poignardeurs et autre ''défenestreurs'' d’habitude qui animent le quartier. Les associations qui organisent ciné de plein air l’été, choisissent des films pour la jeunesse avec une judicieuse logique implacable : Taxi 1,2 ou 3 où la police est copieusement raillée et où les délinquants de la vraie vie comme samy Naceri tiennent le rôle du héros suprême. Implacablement judicieux, le signal envoyé…

Et des humanistes de pacotille, auto-proclamés en public, des peureux en fait, qui ne se confrontent à ça que dans les idées, nous conseilleraient de ne pas raconter tout ça ??? Mais vous êtes complètement largués de la réalité, les mecs… complètement ! Atterrissez ! Réveillez-vous les bisounours ! Je ne dis même pas que ce qu’ils font est mal, tiens, mettons que ce soit super de fracasser les mémés au sol – si ça vous amuse -, mais je vous dis ce qu’ils font, ces délinquants ! Pour que vous compreniez enfin pourquoi la volonté populaire de vous remplacer à vos postes de gentils élus se fait jour. Dans ces conditions, donner des conseils et des leçons à ceux qui vivent ça, me parait légèrement indécent.

Je me rappelle de l’arrivée ''triomphale'' du candidat Clary – communiste – il y a quelques années et de l’échauffourée qui avait suivie. Oh, il n’était pas bousculé par des Skinheads, non, mais par son bon petit peuple d’ouvriers et de pauvres vieux. Il avait vite arrêté de sourire dans ce quartier traditionnellement considéré comme un fief de ses idées.

- Vous ne comprenez rien ! Vous ne savez pas ce qui se passe ici, donnez-moi votre villa pour un mois et prenez mon appartement, vous comprendrez plus vite ! lui criaient les gens…

Alors je vous le ré-assène braves tolérants sélectifs, par votre discours et votre attitude, la promotion du FN, sa montée en puissance inexorable, c’est vous qui l’assurez ; son accession au pouvoir, c’est vous qui en serez responsable. Même si ça vous fait mal au cul. (langage violent proctologique non dénué de fondement, du sud-est ) Comme vous aura fait mal au cul de lire qu’à Cuba, c’est la misère noire que j’ai constatée. Pourtant, vous le dire n’aura pas servi quelque chose qui pourrait ressembler à un anti-communisme primaire, pas du tout. Ce n’est pas mon problème, je suis beaucoup moins politisé que vous ne le pensez. Je fais partie des 75% qui ne se sont pas déplacés au premier tour. Pour le second par contre, vous m’y aurez précipité, à l’isoloir ! C’est juste votre sensibilité qui ne le supporte pas. C’est juste un fait : les idées humanistes de la révolution cubaine sont séduisantes oui, et conduisent ce peuple à vivre dans la misère depuis cinquante ans. Cela donne-t-il envie d’un capitalisme effréné ? Non. Pourquoi ne pourrait-on pas dire tout ça ? Aucune idée...
photo obtenue ici : http://www.lepost.fr/article/2009/05/08/1527621_quand-l-equipe-de-marine-le-pen-harcele-l-express-fr-pour-changer-cette-photo.html

mardi 22 mars 2011

Wasabi Français et Ippon Marocain

Lettre à monsieur Klein

Les cas désespérés sont les cas les plus beaux. Les pieds les moins crottés sont les pieds les plus bots. C’est ce qui fait la différence entre vous et moi, Monsieur K. Ne doutant pas une seconde de faire partie des commentateurs du blog « Des photos, des mots et des toros » que vous traitez de cons, je m’accorde avec le visa de Marc Delon le droit de vous répondre. Je le fais ici puisqu’en écrivant chez vous, on y risque la censure.

Faut-il saisir la Halde à la suite de vos propos imbéciles sur la disparité Sud-Ouest – Sud-Est ? Et plus encore lorsque vous les rapportez aux scores du Front National. C’est tout ce que vous avez comme arguments ? C’est minable. Vous devenez grandiloquent en vous référant à votre « patrie de Montaigne » où l’on ferait preuve de plus courtoises manières. Je ne doute pas de la courtoisie de Montaigne mais s’il m’invitait à emprunter un couloir, je ne passerai pas devant lui. Alors laissez le où il est. Et si nous nous amusions à nous jeter à la face les bons et mauvais grands personnages de nos régions, nous en aurions pour un moment. Nous autres, du Sud-Est, nous ne voudrions surtout pas vous détourner de vos joutes paranoïaques avec A. Viard. Parce que c’est lui, parce que c’est vous.

Votre article sur le Japon, publié ailleurs, est un digest habile à l’usage de vos affidés. En deux voyages vous savez TOUT du Japon. C’est extraordinaire ! J’ai lu à un moment : « vivant pendant cinq avec mes amis Nohara ». Vous avez oublié de dire cinq quoi. Cinq jours, cinq semaines, cinq mois, cinq ans ou cinq siècles ? On aimerait savoir. Peut être cinq jours vous ont-ils suffis tant vos qualités de buvard sociétal (j’ai bien dit buvard… bavard c’est plus tard) vous permettent d’assimiler en des temps records tous les problèmes du Monde, qu’ils soient dans les banlieues, les prisons, les commissariats de police, les arènes ou les coulisses de Trie-Sur-Baïse lors du concours de cris du cochon.

En un week-end, vous assommez la collégialité planétaire des linguistes japonisants en révélant que le « non » n’existait pas dans cette langue. Après la pierre de Rosette voici le caillou d’Orthez ! Un ami qui a vécu plus de dix ans là bas s’en est étranglé de rire. Il m’a affirmé qu’un « étranger » ne parvient jamais à parler parfaitement le japonais. Dussé-je y vivre cinquante ans je n’acquerrai jamais les intonations entre alto et basse, gutturalité et susurrement, aboiement et feulement. M’a dit le copain. Qui a également été très amusé de votre façon de concevoir les rapports sociaux de ce pays. Certes, en bon compatriote de l’adorable Montaigne, vous n’avez jamais du avoir l’occasion de vous engueuler sec avec un nippon. C’est bien ! Mais ça vous aurait permis de savoir à quel point le japonais peut être cruel et impitoyable. Envoie ce type faire des affaires avec eux, m’a dit le copain. Vous n’avez pas « touristé » (ce qui ne vous a pas évité d’en mettre partout). C’est bien ça ! Vous avez dormi dans de jolis temples zen, de jolis dojos d’art martiaux, des auberges traditionnelles et même sur des tatamis. Nous sommes épatés. Mais vous ne nous dites pas que vous pratiquez le judo et autres arts martiaux. Oh ! le Modeste ! (avec ou sans Pompon).

Je vous laisse à vos aimables japonisations qui ne sont que « thèse de l’anti culture » pour vous dire surtout mon indignation quant à la façon dont vous traitez les hommes de la Sécurité Civile française qui interviennent là bas. Vous osez les traiter de « quasi-touristes humanitaires qui batifolent dans les ruines… ».Vous étiez un blogueur infatueux et atrabilaire, vous devenez un sale type. Ce que vous écrivez là est ignoble. Vous êtes méchant C’est cela que vous apprenez à vos élèves ? Et si mes semelles sont crottées car il est vrai que je vis dans une campagne profonde, vos paroles, M. Klein, exhalent une haleine fétide et fielleuse.

Il est heureux pour le Japon que vous n’ayez pas les moyens d’y vivre longtemps : sa culture en eut été dévastée, son peuple anéanti, plus encore que par la Grande Vague qui arrivera un jour.

Je vous souhaite en tout cas une chose, Monsieur K., c’est que parmi les « quasi-touristes humanitaires » qui sont actuellement au nord du Japon, il n’y en ait point quelqu’un d’aficionado qui vous croisera un jour à la sortie des arènes.

JLB

video

dimanche 20 mars 2011

Après la résolution de l'ONU, la mienne...

Salut les gens. Vous me connaissez… j’ai un avis sur tout… je n’aurais pas pu m’empêcher de vous dire que depuis hier soir avec la victoire du quinze de France et le premier dégommage des blindés sanguinaires j’avais un peu moins honte d’être Français. Alors vous m’auriez répondu :

- Ouais mais le nain coléreux, il était trop content de jouer avec ses petits soldats pour décharger son agressivité et si la Lybie produisait des merguez au lieu du pétrole il s’en serait peut-être foutu, du massacre annoncé !

ce à quoi j’aurais rétorqué :

- ouais mais pétrole ou merguez si ça peut sauver des vies… quitte à mourir, autant que ce soit les sanguinaires.

Et puis je vous aurais donné mon avis sur les cantonales aussi : percée des verts par effet ''Fukushima'', percée du front par effet ''ras le bol'' (avec la main au sommet dudit front passant d’une tempe à l’autre) et puis percée des abstentionnistes aussi.


Bref, la routine, la mangeoire à Delon, où vous venez brouter jour après jour, et vous faire ''conchiter'' à l’occasion. (c’est pas dans le dico) Mais vous savez quoi ? J’en ai marre de vous ! Je sens ma colère monter il faut vite que j’arrête d'écrire…


Vous me donnez envie de revoir Clint Eastwood dans ''l’inspecteur Harry'', dans ''Impitoyable'', dans ''Pale Rider'' pour l’effet cathartique que ça procure. Ouais, dégommer, virtuellement, hein, pour respirer mieux. Je prendrais mon fusil, je laisserais la baie du salon ouverte et je tirerais autant de cartouches de douze vers mes voisins que Clint de bastos de 357 magnum. Mais moi ce serait des balles à blanc. Je les soigne les gens, je ne les dégomme pas.


Ouais… et ta gueule, vous tous. Râââaaaah…ça va déjà mieux… Tout ça pour dire que j’arrête ce glob à la noc car figure-toi lecteur que je tu m'insupportes soudain, d’une part, et que d’autre part, j’ai mieux à faire que de vous fournir l’occasion de vous tartifler, pisseuses perfides et chiants de tous bords. Où qu’elle est mon île déserte ? Que je m’y naufrage avec volupté, loin de vous ? Qui m’aime reste où il est !

Z’en revenez pas hein ? Ca y est, delon pète un câble comme disent les vététistes, vous vous dites. Faux, j'ai jamais été aussi zen. Bande d'aficionados, de charitables, de catholiques, de… chai pû tiens… de n’importe quoi qui vous fait zhonte ! Bon enfin, quand je dis que j’arrête ce glob à la noc, c’est jusqu’à ce que j’ai envie de le reprendre, hein… 48 heures s’il le faut, j’en sais rien… ou six mois… je sais pas, je vous dis. Mais c'est vrai, j'ai des trucs plus intéressants encore, à faire. Mais vous allez voir : on vit très bien sans moi ! En attendant je ne publierai même pas vos commentaires à la noc sur ce post - ben si, finalement - qui vont s’avalancher comme missiles Tomahawk sur Khadafi. Je vous laisse avec la profondeur d’une véronique de Julio Aparicio, si je la retrouve, c’est encore ce qui peut vous faire le plus de bien. Parce que les toreros au moins, du plus couard au plus intrépide, sans précautions, ils s’offrent. Comme mon discours.

PS : Je viens d'être alerté par une connaissance sur le fait que mon nom apparait sur le blog conjoint des amis du sud-ouest. Incidemment placé dans le genre, tiens, en contre exemple parfait de notre exemplaire attitude citons-le. Comme c'est bas... N'ont plus très envie d'être amis on dirait... C'est dingue le net : t'as l'impression de t'adresser à la planète et en fait c'est clochemerle sur midouze... Je suis si important que ça que vous soyez obligé de vous déterminer par rapport à Môa ? Serais-je un courant de pensée à moi tout seul ?

En tout cas trois remarques, puisque l'ambiance se tend :

(tiens une petite au passage : Quel est le seul pays au monde où l'on ne vend pas de Viagra ? Langue au chat ? ahum... Au Boukistan ! Bon, ok, je reprends...)

- Cet article ci-dessus a été écrit avant de vous lire, n'a aucun lien de réponse envers vous. Rien que ce post-scriptum :

- Pourquoi suis-je cité en contre-exemple parfait de votre ''humanisme'' proclamé ? Quel rapport votre humanisme brandi à l'endroit du Japon et ma personne ? J'ai pas trouvé... Serais-je coupable de ''touristisation aggravée'' partout où je me rends ? En tout cas, tu as là, Xavier, une occasion en or de ne pas touristiser : prend le premier avion et va aider tes amis, c'est le moment, ils en ont besoin.

- Si on ne me comprend pas, qu'on veuille s'inquiéter un peu plus, ou se rassurer, qui sait, on a mon email perso et on peut demander... je suis gentil et je parle facilement. Même que je ne me fâche pas avec ceux qui ne pensent pas comme moi, c'est rare, n'est-ce pas... Sinon, on peut aussi relire la moindre ligne de mon blog, à tête neutre et reposée, sans volonté d'amalgames hâtifs qui serviraient bêtement un racisme anti-delonien indigne de gens aussi sensibles et (j'allais écrire ''intelligent'' mais j'ai de plus en plus de doutes...) que vous. Être humaniste - encore que ce soit les autres qui puissent le dire, ça ne s'auto-proclame pas si immodestement en principe ! - et cultivé, ne suffit pas, il faut aussi savoir observer ob-jec-ti-ve-ment le coin de la rue. C'est peut-être le plus difficile, il faut le faire sans dogme, calmement, mais sans précautions non plus, appeler un chat un chat, ce qui ne manque pas d'attirer moults suspicions honteuses. Pas grave, quand on sait qui on est. Plus compromettant pour ceux qui les profèrent, je trouve.

Amitiés indéfectibles moins conviviales maintenues, d'autant qu'internautiques et virtuelles. Tiens, ''Chulo'', pour info : il y a quelques heures je te défendais encore âprement auprès de quelqu'un qui te hais... Putain le mélodrâââme... ;-)

dimanche 13 mars 2011

Edito catastrophique...




Week-end tsunamique. Triple peine pour le Japon. Stupeur et tremblements tout d’abord, puis engloutissement sous vague scélérate et enfin saupoudrage radioactif pour les rescapés. Vingt-six morts… puis quarante-quatre… des centaines… le Japon s’en sort bien, il était paré. Les immeubles avaient des entretoises. C’est cela, oui… quelques dizaines de milliers plus vraisemblablement, au bilan final. Au milieu de la désolation, le Japonais stoïque reste digne. On est loin des peuples méditerranéens, pas de scène d’hystérie, d’incantations célestes pathétiques ou de décompensation psychiatrique publique. Kedale. Le Nippon se domine. Jaunit juste un peu plus son teint de martyrisé chronique qui n’aurait pas de jus de citron sous la main et dont le stock de citrate de bétaïne aurait été emporté par le raz de marée. Hépatique, peut-être, mais sans jamais de crise de foi. Les envois divins, il faut savoir les digérer. L’Hara Kiri jaune résiste à tout. L’île satellite principale s’est quand même déplacée de 2,40 mètres et on ne sait si les tours qui avaient pris un ballant de battant d’horloge seront habitables. Au-dessus de toutes ces considérations en plane une autre, quasi Tchernobylesque. A part ça, tout va bien, le Nippon moyen conserve une gnaque d’enfer.




Chez les Bleus, les Verts qui ne ratent jamais une occasion de se fissurer l’atome de la réflexion rient jaune sur l’air de ‘’je vous l’avais dit’’ quant au bien fondé de l’autonomie nucléaire hexagonale tandis que leur leader Cécile, Duflot amarrée montante à la tête de ce mouvement, refuse obstinément de répondre à la question, certes peu politique mais pas sûr, nous l’allons voir, de :



- Quel est votre plat préféré ?


Réponse interdite par son conseiller en communication ! Non, ce n’est pas du mercure, pourtant, c’est du… ? Du… ? Confit de porc… ! Capito ? Non ? Attendez que je vous parle du raz de Marine, vous allez comprendre. C’est l’autre évènement du week-end, il a fait fleurir moults débats affolés et indignés depuis une semaine. Wouarfff !!! Qu’est-ce qu’on se marre !! Il n’y avait que les politologues qui n’étaient pas au courant que les petites gens n’en pouvaient plus ! Qu’est-ce qu’ils ne nous ont pas sorti comme raisonnements fumeux et conceptuels en langage abscons, con…


Tout un poème, un magnifique exemple de la profondeur des douves qui séparent les cerveaux de l’élite et les andouilles du peuple dans lesquels je me range fissa. Enfin, quand je dis fissa… je provoque chouïa quand même, je le reconnais. Le peuple franchouillard du quartier de la Goutte d’or par exemple, qui s’est vu interdire son apéro géant crânement baptisé ‘’pinard et saucisson’’ au motif de « trouble potentiel à l’ordre public » tandis que dans les mêmes rues, quand sont prosternés sur le bitume, des centaines de Musulmans en prière barrant la circulation, l’ordre public est assuré. Tout se dit à propos de cet apéritif, qu’il aurait été récupéré par l’extrême droite ou encore que SOS racisme se serait bien fait avoir en obtenant son interdiction lui donnant ainsi un écho inespéré dans sa résultante imparable : manger du saucisson à Paris est désormais perçu comme un acte raciste provocateur. Moi je dis, il aurait au moins fallu que cela puisse se tenir une fois : à quoi aurait-on assisté ? Le moindre musulman approchant timidement aurait-il été lapidé sans pitié ou lui aurait-on tendu amicalement un ballon de rouge pour l’accueillir ? Eh ben on ne saura jamais… Si, si, j’en connais des musulmans qui boivent du pinard, moi. Et même qui mangent du porc. Je pencherais pour l’accueil amical, dans ma naïveté. Si, comme quand on est chez soi et qu’on veut mettre les visiteurs à l’aise. Car je suis persuadé que le peuple français est parmi les peuples les plus ouverts et les moins racistes qui soient. Malgré ce qu’on nous serine tous les jours. 24%, franchement, c’est pas bezef ! j’aurais aimé 48%. Ben oui… à quatorze mois des élections, qu’est-ce qu’on s’en fout de dire, ce qu’on ne pense pas, histoire de prévenir, d’envoyer un signal, ‘’d’électrochoquer’’ un peu les dirigeants, à peu de frais, pour qu’ils arrêtent de faire comme si le problème n’existait pas. Se confronter aux problèmes de fond, sans hypocrisie, c’est ça qu’on leur demande ! Qu’ils arrêtent de nous faire le coup du dédain, le « je vous en prie, cessez de stigmatiser les minorités par votre xénophobie latente »


Hé les politiciens et les politologues, tous couillons confondus, vous vous en occuperez quand du problème majeur qui mine la société française ? Quand le raz de marine sera à 51 % ? Et que l’apéro pinard et saucisson hebdomadaire sera obligatoire sous peine de déportation automatique ?


Un qui n'aura pas perdu son temps pendant la catastrophe asiatique et relancé sa guerre tribale, c'est bien Khadafi qui a choisi lui, comme loisir de son week-end, de ''Ras Lanoufé'' les insurgés. Maintenant l'ONU, choisis ton camp et vite sinon, comme ils l'ont promis, raz de marée de sang pour Benghazi... Mais ça pose problème quand même, ce devoir d'ingérence supposé. Peut-on se charger de la vérité de l'histoire d'un peuple à sa place ?


Sinon j’ai récemment fait une découverte : moi qui ai souvent dit des petites choses comme ça, oh, pas aussi bien analysées et formulées, certes, plutôt ressenties d’instinct, mais quand même, dans le même sens, et qui ai donc toujours été suspecté de vilaines tares, quelle n’a pas été ma satisfaction de découvrir les arguments de cette dame qui Ô jubilation supplémentaire, ne s’appelle pas Marine mais Malika. Désolé pour le surlignage, je ne sais comment on l’enlève.


Malika je me prosterne à vos pieds que je baise goulûment en vous remerciant de votre clairvoyante et sensée analyse dont je prescris la lecture à tous ceux qui se reconnaîtront, trois fois par jour, un quart d’heure avant le saucisson. Déroulez m'ssieurs-dames, c'est plus bas :

en sélectionnant le texte qui suit, les parties surlignées seront plus lisibles (trouvaille d'une landaise)
































Malika Sorel :
> “La France s’autodétruit sans rendre service aux immigrés”
Octobre 2010 - Propos recueillis par

Charlotte d’Ornellas
>

Ancien ingénieur d’affaires et de recrutement de cadres de PME, aujourd’hui membre du Haut Conseil à l’intégration, Malika Sorel a passé ses dix premières années en France, avant de suivre ses parents en Algérie où elle suit sa scolarité. Après avoir terminé l’école polytechnique d’Alger, elle revient en France, où elle suit le troisième cycle de Sciences po. En 2007, elle publie le Puzzle de l'intégration – les Pièces qui vous manquent (Mille et une nuits). Elle y explique que la question de l’immigration-intégration doit être traitée globalement et non plus de façon sectorielle, qu’il faut cesser d’octroyer la nationalité française à des personnes qui ne sont pas prêtes, psychologiquement et moralement, à l’assumer, et s’appliquer, en revanche, à faire respecter la loi française par tous, sans exception.




Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?




Les émeutes de 2005 m’ont poussée à écrire ce livre parce que je me sentais responsable de n’avoir, alors, rien dit. Moralement, mais aussi sur le plan affectif, je ne supportais plus cette injustice vis-à-vis du peuple français : les Français sont bâillonnés ; et quand ils osent s’exprimer, on leur fait un procès en racisme ou en xénophobie alors qu’ils veulent simplement préserver leur identité. Mes origines me permettaient, peut-être, de dire que la véritable victime de l’immigration est le peuple français.




Vous parlez beaucoup du rôle délétère de la « repentance ». Non seulement pour les Français, mais pour les immigrés eux-mêmes…




Le rôle des élites françaises a toujours été déterminant dans l’instrumentalisation de l’histoire. La décolonisation a traumatisé tout le monde, soit ! Mais il devrait tout de même être possible, cinquante ans après des drames partagés, de traiter sereinement du passé, avec ses ombres et ses lumières, au lieu de renier son histoire en se laissant enfermer dans la dialectique culpabilisation-victimisation. Or, c’est malheureusement ce qui se passe. Le discours dominant ne parle que des « horreurs » de la colonisation, et plus personne n’écoute le peuple français, qui est pourtant le plus légitime pour parler objectivement des problèmes engendrés par l’immigration… De surcroît, transformer les Français de souche en bourreaux n’a fait qu’injecter le poison de la haine dans le coeur des enfants issus de l’immigration. La France s’autodétruit sans rendre service aux immigrés, puisqu’on attribue leurs erreurs, ou encore leur manque d’investissement, à la société. Une excuse facile qu’ils reprennent pour ne pas assumer leurs responsabilités. A partir du moment où l’on enferme des gens dans le rôle de victimes, on leur envoie le signal que tout leur est dû. Or, cela n’est pas vrai. La France fait beaucoup pour les immigrés et leurs descendants, et ceux-ci ont encore énormément à faire pour se rapprocher des Français de souche européenne, en particulier les Maghrébins et les Africains dont la culture reste très éloignée de celle de leur pays d’accueil. Il fallait d’emblée être ferme et affirmer que nos valeurs fondamentales ne changeraient pas. On a fait l’inverse. Dans ces conditions, il est naturel qu’ils développent de moins en moins d’efforts pour respecter les normes collectives françaises. Ils sont convaincus que celles-ci vont changer pour s’adapter à eux. Il faut aussi dire aux populations d’origine étrangère tout ce que l’Etat fait pour elles, l’argent qui est injecté dans tous les domaines : c’est ainsi qu’on aidera les enfants de l’immigration à se construire le socle de reconnaissance sans lequel rien d’harmonieux ne sera jamais possible. Ce n’est pas en se flagellant qu’on fera aimer la France aux enfants et aux adolescents des banlieues. Bien au contraire.Notre comportement relève parfois de la psychiatrie !




Pourquoi l’idée de « discrimination positive » est-elle dangereuse à vos yeux ?




Parce que c’est une escroquerie. L’intégration n’est pas un ascenseur automatique, mais un parcours semé d’obstacles ! L’idée que l’on puisse progresser dans la société de manière passive est absurde. C’est un engagement sur plusieurs générations, la famille entière doit s’engager autour du projet éducatif. Aujourd’hui, beaucoup d’élèves ne font plus rien. Il faut arrêter de les bercer de mensonges :pour réussir, il faut se prendre en main. Et puis la « discrimination positive » est injurieuse pour les immigrés eux-mêmes : on part du principe que les gens issus de l’immigration n’y arriveront pas seuls parce que les Français les détesteraient. C’est zéro pointé sur toute la ligne. Quand vous travaillez dans une équipe, il faut acquérir sa légitimité auprès des autres. Si vous n’avez pas respecté le même processus de sélection, c’est impossible. Pour devenir légitimes, les personnes issues de l’immigration doivent se plier aux mêmes exigences que les autres.




Vous êtes également très sévère avec la Halde…




Elle joue un rôle d’exaspération et de crispation entre les groupes. Elle passe le plus clair de son temps à exacerber les tensions en disant que les gens issus de l’immigration sont victimes de notre société, alors que c’est l’ignorance des codes sociaux et culturels qui empêche les jeunes d’être recrutés. Cela avait été parfaitement mis en évidence par l’analyse d’entretiens d’embauche auxquels la sociologue Jacqueline Costa-Lascoux avait assisté. Le fait qu’on accepte d’eux ce qu’on n’accepterait jamais des autres ne fait que les enfermer dans leurs propres codes culturels. J’ajoute que je prends comme une bonne nouvelle la mise sous tutelle de la Halde. Mais il faut, à terme, qu’elle disparaisse. Le système judiciaire français est là pour traiter des vraies affaires de discrimination. On n’a nul besoin d’une institution qui participe, vraisemblablement sans le vouloir, à dresser les gens les uns contre les autres.




Qu’opposer, alors, aux doctrines que vous dénoncez ?




Rien d’autre que le modèle d’intégration républicain qui fonctionnait très bien ! On doit accueillir les gens dans la communauté française et non l’inverse. Ils doivent respecter le système français. Si on avait fait ça, on aurait suscité le désir d’intégration. Mais comment y parvenir quand on injecte 200 000 nouveaux entrants par an dans une société déjà en proie à des difficultés majeures ? C’est irresponsable, grave et fondamentalement dangereux. Il est évident que là réside le défi des prochaines années : si l’on continue comme aujourd’hui, nous irons vers des troubles majeurs. Trop de gens arrivés récemment n’éprouvent plus le besoin de respecter la loi de la République, et reconstituent leurs sociétés d’origine sur le territoire français… Si rien n’est fait pour y mettre un terme, la pression va devenir rapidement intenable.




Quelle pression, justement, exercent ces sociétés reconstituées ?




Dans les cultures maghrébines et africaines, le groupe prend possession de l’individu. Or, plus la société est déstructurée et permet des accommodements, plus les membres des groupes mieux structurés sont tentés de bafouer les règles françaises, qu’on peut défier à moindre risque. La culture de l’école de la République que les enfants ramènent à la maison est aussitôt rejetée parce qu’elle ne correspond pas aux normes culturelles d’origine. Le racisme anti-blanc est une réalité. L’insulte suprême utilisée, c’est «céfranc ». Les professeurs nous le disent : être sérieux en cours, c’est déjà, pour certains, vouloir devenir français : une honte, car assimilé à une traîtrise. Les bons élèves sont, de ce fait, de plus en plus soumis à des pressions par les enfants issus de la même origine culturelle. Le fait que les institutions françaises – la police et l’école – soient attaquées n’est évidemment pas anodin. Or, on continue à excuser les auteurs de ces attaques, à les déresponsabiliser en invoquant leurs conditions sociales. Or, ces mêmes populations, avec des conditions sociales nettement inférieures, ne se comportent pas ainsi dans leur pays d’origine. C’est bien la preuve que l’attitude de notre société a joué un rôle déterminant dans l’apparition des problèmes que nous connaissons.




Vous accusez le droit du sol. Pourquoi ?




Devenir français est un processus qui doit être personnel, car il faut être prêt à assumer d’inscrire ses propres descendants dans un nouvel arbre généalogique qui n’est pas celui de ses ascendants biologiques et culturels. Il y a là une véritable rupture, très difficile à assumer. C’est pourquoi, aujourd’hui, pour une multitude de raisons, peu de gens ont le désir de devenir français. Ils prennent les papiers parce qu’ils savent que c’est le sésame avec lequel ils n’auront plus jamais faim. Ils sont honnêtes et l’avouent : je ne suis pas français, j’ai juste les papiers. C’est la classe politique, dans son ensemble, qui ment et occulte ce que signifie l’identité française. La communauté française reste pour l’instant silencieuse car elle est bâillonnée mais, comme dans tous les pays du monde, elle n’est pas prête à accepter comme françaises des populations étrangères à son identité. Il y a aujourd’hui, en France, une négation fondamentale du droit des Français à être français.




Quelle distinction faites-vous entre insertion et intégration ?




L’intégration, c’est le fait d’assumer l’héritage du peuple français, de porter soi-même les valeurs et les principes des Français, de les transmettre à ses propres enfants. Il y a une forte dimension affective et morale. On ne peut pas exiger cette étape, elle est trop personnelle, trop intime. En revanche, l’insertion est absolument non négociable, c’est le respect des règles et lois de la société. Nombre de ces règles sont tacites. Elles ne sont pas nécessairement inscrites dans des lois. L’insertion dans la société française constitue une étape indispensable avant l’intégration dans la communauté nationale française. C’est ce que ne respecte pas le droit du sol.




L’une des plus grandes erreurs a été, selon vous, de dégrader l’apprentissage de la langue et de la culture française. Pourquoi ?




L’école de la République a un savoir à transmettre, qui crée un référentiel commun à tous les enfants. La langue est un passeport culturel pour naviguer dans la société française. On les a empêchés de pouvoir le faire en revoyant nos exigences sans cesse à la baisse. Pis, l’école s’est mise à verser dans le relativisme culturel, et même à leur transmettre des éléments de leur référentiel culturel alors que c’est bien la seule chose que leurs familles leur transmettent. Aimer une langue est un tremplin pour aimer un peuple. Au travers de la langue, des textes de littérature et aussi des contes et des chansons enfantines, c’est bien la culture qui est transmise. Aujourd’hui, dans les rues, dans les cours d’école, on ne parle plus français. C’est un signe sans équivoque du réel refus d’intégration. Sans compter qu’un enfant qui ne peut s’exprimer et se faire comprendre du fait de la pauvreté de son langage a une plus grande propension à devenir violent. Commençons donc par accentuer l’effort sur la maternelle et sur les premières classes de l’école primaire, en réduisant les effectifs par classe et en mettant l’accent sur la transmission de la langue. Revoyons aussi le circuit des allocations. Il faut impérativement que cet argent aille en priorité au projet éducatif, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. A chaque rentrée scolaire, au lieu de remettre aux parents un chèque qui, souvent, sera envoyé dans le pays d’origine, donnons un cartable, des cahiers et des livres directement à l’enfant.




Que pensez-vous de la déchéance de nationalité ? Il faut la mettre en place. Et il faut cesser de donner la nationalité à tout le monde. Les gens qui risquent aujourd’hui la déchéance de nationalité n’auraient jamais dû l’obtenir. Il faut vraiment que les politiques s’occupent de toutes ces questions très rapidement. Beaucoup, parmi eux, sont habités par la peur car les populations de l’immigration leur apparaissent comme ayant facilement recours à la violence. Il va pourtant falloir avoir le courage de traiter toutes les dimensions de ce sujet. C’est dans l’intérêt de tous. Notre société est chaque jour plus déstabilisée. C’est la cohésion nationale qui est désormais en jeu ! Tout accepter met la France par terre.




jeudi 10 mars 2011

Ultrasonothérapie



Quand elle s’allonge sur ma table avec sa grande culotte enveloppante en pur coton blanc, on dirait un phoque se prélassant sur la banquise. (procès) Elle gît, affalée sans résistance, bras ballants, faisant corps avec la mousse de la table dans laquelle elle s’incruste. Sa peau est presque aussi blanche que le pur coton oxygéné. Etonnamment blanche pour une femme d’un si grand sud. A chaque séance, elle pose les mêmes questions avec un fort accent et sa voix tonitrue les mots comme si j’étais loin :

- C’est normal que j’ai mal là, dorrrteur ?


- C’est logique en tout cas, que vous ayez mal là… c’est souvent le cas, au sommet de la cyphose, juste là !


- Aïe, oui, c’est lààààà…. C’est grave la cyphose ?

- Ben y’a des jolies petites cyphoses de rien du tout et puis des majeures, déformantes…


- On l’a à la naissance la cyphose, non ?


- Beuh… non…pas spécialement…. Enfin, on a tous une cypho-lordose, c’est comme ça qu’on est construit… dos voûté et reins cambrés, en exagérant…mais ça ne se voit pas à la naissance si tout est normal…. faut différencier le physiologique du pathologique, ça dépend du degré, quoi…


- Et la mienne ? Elle est sociologique ou …


- Plutôt pathologique puisque vous venez la faire soigner… elle est accentuée par votre spondylarthrite ankylosante


- Noooon…. C’est un rhumatisme flammatoire que j’ai….


- Ben oui, c’est ça ! … de la colonne vertébrale ! c’est ce que dit le mot « spondylarthrite »


- Votre mot, il dit ''rhumatisme flammatoire de la colonne'' à lui tout seul ?


- Voilà !


- Je suis née dans une poche, moi…


- Une poche ? Comment ça, une poche ? Comme un agneau ?


- C’est ça ! Comme un oiseau ! une poche fine… que le docteur il a dû donner un coup de ciseaux dedans pour me voir…. Une poche fiiiiiine….toute fine… une enveloppe…. une pochette… tu comprends ?

- Euh….ben ….non….pas bien ….

- Dans une poche fine… ! Comme un oiseau…. !


- Bon, bon…. D’accord… Mais quel rapport avec la cyphose ?

- Ben c’est la poche ! Toute roulée dans la poche qui m’a donnée la cyphose !!!

- Naaaaannn…. Ça n’a pas de rapport, madame B !


- Tu y crois pas ?


- Non…


- Et ben vas-y…. demande à ma mère et à ma tante qui m’ont vu naître, si j’avais pas la cyphose dans la poche…


- Et alors ? Elles sont orthopédistes ?

- Pas pédistes, non, mais elles ont vu la poche fine de l’oiseau !

- En tout cas ce nouvel appareil va vous faire du bien, certainement, vous me direz… je viens de l’acquérir et votre retour m’intéresse…


- C’est l’électricité ?


- Non, ce sont des ultrasons


- Avec de l’électricité ?


- Non, rien que des ultrasons !


- Il est pas électrique ?!?


- Il envoie des ultrasons… en pulsé à 10, 20 et 50% , ou en continu…


- Mais il est branché sur la prise !

- Ah ben, oui ! Evidemment ! mais il n’envoie pas des courants, il envoie des ULTRASONS !


- C’est ça… grâce à la prise…

Silence. On n’entend plus que le tic-tac de la minuterie de la lampe à infra-rouge et le glissé de la tête de l’ultrason ainsi que le bip que la maison Chattanooga, USA, a cru bon de rajouter pour indiquer que le contact de la tête n’était pas parfait : y’a intérêt à virer à plat si on ne veut pas être saoulé par les progrès de la modernité. En décembre 1983, j’avais acheté la rolls de l’ultrason, un Berrardo. Un frenchy. Il n'était pas carrossé par Pininfarina, celui-là... un design de ringard, carré comme un tank, un costaud démodé, des grosses lampes qui mettaient un bail à chauffer, le poids d’un âne mort, mais fiable et puissant et super efficace à sa vitesse de croisière. Il vient soi-disant de rendre l’âme, après 28 ans de loyaux services sans une panne, dix heures par jour. Il en a vu et soulagé, celui-là, des chutes de reins. Je suspecte plutôt mon fournisseur de ne plus savoir le réparer, indigné qu’il est de sa longévité. Et moi, j’allais bientôt dépenser en ‘’réparations’’ le montant du prix d’un neuf. Il m’a d’ailleurs fait incidemment passer les promos de printemps sur les prix des US, Chattanooga en tête. Du coup je l’ai dribblé : je l’ai acheté à une jeune consoeur qui a abandonné le libéral au bout de six mois. Elle avait des ‘’pics’’ de sept patients par jour… quand je lui ai dit qu’en ce moment, j’en avais trente par jour, elle a ‘’halluciné’’. D’autant plus facilement qu’elle est mal voyante. Son mari par contre, plombier de son état était visiblement épanoui, il nous a dit qu’il était ''pété de tunes''… que plombier, actuellement, c’était un peu comme ''roi du pétrole'' question revenus, que sa kiné de femme n’avait plus besoin de travailler ou alors pour se distraire… Tu seras plombier mon fils. Envoie chier tous tes profs du lycée Daudet, soude du cuivre, cintre des tuyaux, ne répare pas des boyaux….

Avec le nouvel appareil à ultrasons, plus besoin de réfléchir : tu fais venir la liste des pathologies et il te donne les paramètres du protocole de traitement… Pour éviter de froisser ta susceptibilité de professionnel aguerri, il te précise quand même qu’existe la possibilité de créer tes propres programmes selon ce que tu crois avoir observé d’après ta pratique. L’expérience ça s’appelle. J’vais pas me gêner, parce que soulager une tendinopathie en quatre minutes, c’est au bas mot de l’optimisme inconsidéré ou alors de la magie. Dans le fond, c’est peut-être ça, les US modernes sont magiques ? En tout cas, ils sont moitié moins puissants que ceux du générateur Berrardo à cause d’une nouvelle législation. ‘’Défois’’ que les kinés qui sortent maintenant des écoles seraient plus cons qu’avant et tentés de faire bouillir des cervelets… Alors deux fois moins puissants et plus magiques ? Vouais, ça se tient… C’est comme les nouvelles lampes à infra-rouge : elles ont une grille maintenant… ''défois'' (même pas honte…) que les patients seraient devenus assez cons pour aller farfouiller la circline de 400 watts à pleines mains… en vingt-huit ans je n’ai jamais rencontré le cas mais sait-on jamais… un ''finger-suicide''…

- J’ai la maladie de clown, aussi….

M’assène madame B, de sa voix stridente, me sortant bruyamment de mes réflexions

- Pardon ?


- De clown ! j’ai la flammation des zintinstins aussi !!!


- Aaaah… la maladie de Crohn !


- Oui enfin, ça fait mal aux zinstinstins, quoi…


- Ah bon… eh bien… vous n’avez pas de chance…


- C’est pas la poche fine, ça ?


- Non, non… sûrement pas !

- Dorrrteur ! On dirait ça va mieux le dos… c’est moins mal… c’est l’électricité tu crois ?

- Les ultrasons oui, ça soulage…
- Aaaaaah je savais que ça me ferait du bien l’électricité sur la maladie de la poche fine… merci dorrrteur…. Tu es gentil…. Allez, tu vois, je te l’avais dit… à jeudi même heure, inch ‘ Allah…

mardi 8 mars 2011

Milonga Triste



Une lectrice qui ne dit pas son nom, m'adresse aujourd'hui, journée de la femme, ce texte. Comment ne pas lui offrir "mon public" ? Comment ne pas offrir à mon public cette saeta ? Alors j'ai cherché sur le net une photo pour illustrer... Le choix est vaste, des robes fendues, des cuisses entrouvertes et des mollets grimpants... des smokings et des queues de cheval de jais qui virevoltent, mais celle-là va, comment dire, au-delà du cliché, n'est-ce pas ? Elle est de "National Géographic".

Bandonéon qui déchire langoureusement le silence. Voix chaude mais sans le sirop du « crooner » (« Garganta con arena » dit la chanson éponyme) …. Evocatrice plutôt d’une nostalgie où se mêle une plainte profonde à la fois triste et sensuelle mâtinée de canaille.
L’écoute d’un tango « porteño » invite à une émotion intérieure, profonde, vraie. Cette plainte, ce « quejío » sort des profondeurs sombres, tristes, troubles, inavouables …
Nîmes. Place du Chapitre. Un soir d’été léger où la promenade vespérale insouciante et sans but tend à en remémorer d’autres, plus lointaines, plus « al sur », plus odorantes dans les excès du jasmin.
Le « quejío » est là. Le cœur s’arrête. Les yeux découvrent captivés, hypnotisés, ces couples qui glissent en effleurant le sol, corps confondus, épousés, yeux fermés. Contact harmonieux, sensualité magique d’une totale osmose entre musique et danse.
Et puis la magie opère, l’envie vous saisit. Cette musique obsessionnelle et belle vous invite à vous y soumettre, vous y abandonner. Les « tangueros » présents vous en parlent tout en échangeant sur ces airs si ancrés dans votre mémoire, souvenir des chansons de « Carlitos » que grand’mère et maman vous ont tant chantées et que vous vous surprenez à fredonner, les couplets réapparaissant si facilement, comme ces comptines inoubliables.
« Si vous ressentez et vibrez sur cette musique, venez danser, venez la découvrir …. ». Lieux de cours, horaires faciles, téléphones échangés ….
Temps de réflexion. L’aventure me tente, le temps me manque ( ?), plutôt la disponibilité ( ?)
C’est un dîner qui me fait revoir un couple de mes connaissances perdu de vue depuis longtemps. Ils seront la clé qui m’ouvrira la porte que je ne me décidais pas à franchir.
Armée d’une motivation extraordinaire, je découvre bien vite que les choses sont bien plus « complexes » que je ne l’imaginais. Certaines améliorables, d’autres insurmontables.
Parmi les améliorables, la nécessité de s’abandonner à l’homme qui mène, dirige, oriente : c’est lui, le « jefe ». Bon, là j’avoue le plaisir de l’abandon …. Un « lâcher prise » très agréable d’ailleurs.
Parmi les insurmontables, une, et de taille : découvrir des partenaires inconnus car si tu n’arrives pas avec tout le matériel (chaussures à talons –très hauts- et le cavalier qui va avec) les choses se compliquent. Le tango argentin nécessite une proximité physique condition sine qua non à l’évolution des danseurs (perception, ressenti, intuition, yeux fermés, joue contre joue) de ce que ton cavalier veut te faire exécuter, tout inspiré qu’il est par la musique.
Bon, là, on va commencer à aborder le divan du psy (très nombreux d’ailleurs en Argentine). Et de l’éducation judéo-chrétienne, et des inhibitions, et tralala, et tralalère …
J’ai donc rangé mes jolies chaussures à talons hauts et à brides (hechas en Buenos Aires, si señor) dans leur sac spécial à cordon coulissant. Je les garde précieusement, comme une relique, symbole d’un rêve inatteignable ….. mais ce sont ceux-là les plus beaux.

samedi 5 mars 2011

On n'a pas le con d'être aussi droit.


On célèbre Gainsbourg. On récupère Gainsbourg. On nous bourre de Gainsbourg parce qu’il n’y en a plus comme lui, et comme le talent se barre on s’encanaille de Gainsbarre.
Je me rappelle le Gainsbourg que je rencontrais il y a bien longtemps au tabac bordélique qui fait l’angle de la rue de l’Université et de la rue des Saints-Pères, au Bistrot de Paris de la rue de Lille, calé avec sérénité à sa table numéro quarante-six, chez Lipp devant un hareng pomme à l’huile ou encore rue de Verneuil quand j’allais passer des heures à admirer le travail des relieurs de livres de AJB.
Salut. Salut. Ca va ? Ouais.
Et je me rappelle une immense gentillesse.
Je crois qu’il était plus facile aux artistes – on disait « les célébrités » pas « les people »- en ces temps là d’être gentils dans la rue. Les fans, les groupies, les beaufs, les bobos, les gens quoi, savaient se tenir et ne les harcelaient pas. Saint-Germain-des-Prés était un village où tout le monde se connaissait, se croisait en s’appréciant, en se détestant ou même en faisant la pute. Il n’était pas devenu cette réserve naturelle qu’il est aujourd’hui, encombrée d’amerloques, de japonais, de chinois et d’artistes de mes deux qui jouent aux germanopratins à la terrasse du Flore ou de La Palette. Les librairies n’avaient pas encore été remplacées par les infâmes marchands de fringues. Pourquoi y en a-t-il autant d’ailleurs, si c’est pour nous habiller tous du même noir sinistre ?
En déjeunant avec Anna Karina d’une tomate mozzarella sur la petite table de la cuisine, je cherchais à retrouver dans quel pays, dans quel district, sous quel soleil exactement elle avait, avec Gainsbourg, créé cette magnifique chanson. Mais depuis quelques temps déjà, elle ne retirait plus ses énormes lunettes aux verres trop foncés, comme si les Gainsbourg, les Godard et les Vadim avaient brillé à son côté d’un feu trop intense.
J’ai revu Gainsbourg plus tard à Nîmes. J’avais un copain légionnaire –simple soldat du rang- au 2ème REI de cette ville. Il se prénommait Zbignew, il était polonais et n’avait aucune famille, personne, ni en Pologne ni ailleurs. Nous avions bu et sympathisé dans un bar de la Place des Carmes. Lorsqu’il revenait de longs mois de mission, il claquait ses économies en bringues indescriptibles. Il m’appelait pour me dire qu’il était de retour à Nîmes et m’invitait à le suivre dans tous les rades et les bordels de France ! Un légionnaire du rang n’avait droit ni à un compte en banque, ni à un véhicule, ni à une vie de famille. Alors il claquait tout très vite. Ensuite j’ai fait la connaissance du Colonel François qui commandait le 2ème REI de Nîmes. Un géant, une allure pas croyable, adoré par ses hommes qu’il régalait généreusement lorsqu’il faisait la tournée des bars de la ville. Ce qu’il appelait ses « dégagements », c'est-à-dire ses repas dans la salle voûtée de la caserne, suivis des virées nocturnes étaient redoutables. Jusqu’au petit matin nous buvions et, partis une dizaine nous arrivions à l’aube à trois ou quatre seulement. Le colonel, à chaque fois, nous invitait dans sa villa, réveillait sa femme pour nous servir d’autres alcools ! Deux ou trois verres plus tard, il s’éclipsait, revenait vêtu d’un survêtement de sport, s’excusait et partait faire son footing.
Un jour de 14 juillet, le Colonel François eut la malencontreuse idée, alors qu’il défilait sur les Champs-Elysées à la tête de ses légionnaires, de saluer d’une drôle de façon l’une des personnalités assise à la droite de Tonton dans la tribune présidentielle. L’avant-bras droit se tendit entre sa tempe et le ciel et la main gauche vint frapper le biceps droit… Lors de la réception dans les jardins de l’Elysée, un officier supérieur ami vint lui dire que son geste alimentait toutes les conversations et avait agacé Mitterand lui même. Il risquait gros ! Comment s’en sortir ? Un autre officier lui glissa à l’oreille que le seul, présent à cette réception, qui pouvait le sauver, était…Gainsbourg. On trouva Gainsbourg, on lui raconta, il se marra et « pas de problème mon colon, on va aller voir Tonton ». L’artiste présenta le soldat au président qui faisait la gueule. L’artiste plaida. Le soldat se fit tout petit. La mansuétude mitterrandienne parut acquise.
Quelques mois plus tard, le Colonel François m’invita à l’anniversaire de la bataille de Camerone en me confiant qu’il y aurait Serge Gainsbourg. Ce qui n’était pas rien, à l’époque, après l’épisode de « La Marseillaise reggae » et de « La Marseillaise » de Strasbourg ! Mais depuis l’incident du 14 juillet dernier, le chanteur et le colonel étaient copains comme cochon. Et, de vrai, Gainsbourg hilare débarqua à l’aéroport de Nîmes-Garons en fin d’après-midi, fit son cirque parce qu’il aurait préféré une 2CV pour rejoindre la caserne et traversa l’immense cour d’honneur sous les vivats des légionnaires et de la population. Il offrit un whisky de 1928 (son année de naissance) au colon qui lui remit médailles, fanions et certificats de bonne légionnarité et la fiesta commença. Inoubliable. Pour avoir, ce soir là, félicité l’artiste dépenaillé à propos de l’article « On a pas le con d’être aussi Droit » qu’il avait écrit en réponse à Michel Droit qui braillait sottement son indignation à propos de la version reggae de « La Marseillaise », je fus obligé de vider avec lui pas mal de godets. Zbigniew, complètement déchiré, lui parlait en polonais.
Il n’en reste pas moins qu’en 1986, le Colonel François fut, sans tambour ni trompette, exfiltré du 2ème REI de Nîmes et confiné dans des bureaux proches de Paris où il s’ennuya à mourir. Grâce à Gainsbourg, il était resté dans l’armée et avait conservé son grade.
Voila pourquoi la Légion Etrangère ne tire plus sur Gainsbourg et pourquoi Gainsbourg a aimé la Légion Etrangère.

JLB

mercredi 2 mars 2011

Pleure avec elle


Parce qu'elle faisait partie des ces "êtres si félés qu'ils laissent passer la lumière", parce qu'elle avait crucifié là avec quelle déchirante humanité toute l'indifférente morgue de sa profession, parce que la sensibilité de cette âme et les rides de son visage durent souvent s'effacer devant la vacuité d'un joli cul plus consensuel, parce qu'on l'aimait, reprenons encore une fois ses larmes en pleine face.