Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

lundi 23 juillet 2012

samedi 21 juillet 2012

LE MILO DU SOIR 3/4 : "Un beau souci"

 Je sais vous êtes accro maintenant... hier soir j'ai oublié, non ?

LE MILO DU SOIR 3/4 : "Un beau souci"

mardi 17 juillet 2012

Stop ! Aitor Lara Photographe...

Ici, un photographe intéressant, merci Yannick de me l'avoir signalé, c'est ici :
http://www.aitorlara.com/

Little Big Man

Ils avaient pour nom, Calerito, Caralegre, Chumbero, Cocinero, Artillero et Caloroso, ils étaient beaux, armés et batailleurs mais, malgré tous leurs atouts ne purent mettre Robleno hors de combat. Il restait Dinamitero le sobrero dans les corrales dont on aurait bien voulu savoir pourquoi il avait inspiré ce nom-là à son éleveur mais il n'est pas sorti. La sortie des toros... justement, fut déjà un spectacle réjouissant. A quoi se référer pour les évoquer ? Pour les plus festifs d'entre vous, habitués des cocktails, à six bouchons de Champagne de bouteilles précédemment secouées par un barman farceur, sauf que les bouchons avaient quatre ans et sept mois pour le plus niais et cinq ans et quatre mois pour l'aîné, qu'ils étaient armés de dagues respectables, elles-même propulsées par cinq ou six quintaux et qu'il n'y pas beaucoup de mondains disponibles pour aguanter ça. Plus viril serait de comparer leur entrée en piste à des missiles sol-sol à tendance frappe chirurgicale charpentière tant ils eurent de propension à tenter une restructuration méthodique du ruedo. De belles sorties... à refiler l'envie à tout torero normalement constitué de rentrer chez lui, prétextant par exemple qu'il aurait oublié d'éteindre sa gazinière. Mais « Papoose couillu » comme les indiens auraient pu le nommer, n'est pas de cette sorte. Il est un des plus testostéroné du circuit, on le savait, et il l'a démontré encore. Une grande course qui éclipse les deux autres dont les Moreno de Silva que j'attendais sans doute trop, et qui termine en beauté le Céret 2012. On peut parler d'un réel exploit de lidiador qui conçut parfois d'émouvantes séries très liées et souvent passées très près de la ceinture, sans douter et en contraignant. Cela s'appelle toréer et n'est pas si souvent vu que cela ces derniers temps. Bien sûr, il y eût un fada pour gueuler et gueuler encore assénant toute sa science de phrases toutes faites telles que « à chaque toro sa lidia » ce qu'était précisément en train d'exposer Little big man sous ses yeux qui ne le voyaient pas. « Et a chaque arène son andouille » aurait-on pu rétorquer à ce patient psy en mal de reconnaissance qui voulait être héros à la place du héros en peinant publiquement à connecter ses deux neurones.

Pour revenir à l'essentiel, et même si deux courses ne se comparent pas vraiment, j'avoue avoir éprouvé par rapport à l'enthousiasme général un léger bémol tant j'avais encore dans la rétine la prestation de Castaño face aux Miuras, à mon sens plus importante par le surcroît de répertoire, moins court que celui de Robleno dont le changement de main dans le dos moult fois répété semble être l'acmé de son toreo. Et aussi, détail qui tue, la présence parmi les Miuras, d'un très grand toro. Pour filer une métaphore judicieuse - merci Fabien – si Robleno a écrit talentueusement six fois la même nouvelle, un Castaño de plus de vocabulaire a évoqué une dimension supérieure, celle du roman, du récit épique dont les toros étaient les chapitres et son toreo l'énigme flamboyante.

Il n'empêche, une grande tarde de toros pour Céret et un convaincant ''Little Big Man'' qui inspira à l'arène une authentique reconnaissance.

lundi 16 juillet 2012

Les Mega Super Boles de Picoulat....


Les Albères m'ayant rendu à la garrigue, il faut bien se fendre au préalable de cette confidence : 
 
Il est des sherpas obsédés par leur fardeaux précieux. Vrais ou faux-tographes peu importe, ces gens en déplacement, en reportage, ne font pas un pas sans que la courroie de leur sac ne leur scie l'épaule. Laisseriez-vous les prunelles de vos yeux dans le coffre de la voiture au risque qu'un velociraptor vous les subtilise ? Or, donc, partout et tout le temps, vous vous déplacez avec, vous avez le souci de tenir tout ça, là, entre vos jambes, au restaurant, et encore sur le dos, toutes bretelles chaussées, pour vous cogner sans arrêt à la foule qui vous freine et vous entraîne. Vous devenez quasi parano, vous emmerdez tout le monde, quand vous partez pisser par exemple :

  • Tu me le gardes, hein ?

    Et l'on sent l'angoisse de la possibilité du rapt dans votre voix, car comment ce type qui n'est pas photographe, qui n'a pas la moindre conscience de ce que représente pour vous la charge émotive de la technique ''immortalisante'', serait-il capable de veiller sur elle, de garantir une surveillance de tous les instants ? Eh bien vous savez quoi ? Vous partez pisser avec, c'est le mieux. Et la charge qui scie les trapèzes, écrase les disques et colle au dos par la transpiration qu'elle génère, vous fait pisser heureux, insouciant, dégagé de tout stress, la tête renversée dans la lumière du néon blafard, ému de ressentir le plaisir de se soulager être conjugué à la présence gluante et pesante de votre trésor irremplaçable. Car ce prix à payer, ce handicap constant, cet effort, ce souci, n'est rien face au plaisir de la contre-partie : la découverte de ses photos, leur exploitation, leur partage, les souvenirs futurs...

C'est pour ça, quand l'écran du PC vous dit que le périphérique n'est pas connecté, que votre carte mémoire n'existe pas, quand l'appareil photo vous dit soudain qu'il n'y a plus qu'à la formater, que vous ne visionnez plus rien, malgré que vous soyez venu vous asseoir une heure avant le paseo sur le plus inconfortable béton de tendido de la planète taurine pour choper cette place tant convoitée du petit escalier où cela ne gêne personne que vous posiez votre séant et d'où vous êtes si bien pour photographier ces magnifiques Escolar Gil, enfin bref, il faut bien se rendre à la réalité, quand un pro diagnostique que votre carte mémoire sur laquelle tout Céret était couvert a irrémédiablement GRILLEE, tu as bien lu, lecteur, grillée comme ton toast du matin, sans pouvoir récupérer la moindre photo et bien tu les as les mega super boles de picoulat dans ta gorge et pour longtemps....

PS ; j'en ai fait deux-trois avec l'Iphone, voilà pourquoi vous en voyez une au-dessus...

jeudi 12 juillet 2012

Sixième Encierro

Oualou... et suivantes aussi... car je suis largué, les toros sont partis, je ne les rattraperai plus, en tout cas ceux de Pamplona car je vais maintenant poursuivre ceux de Céret. Ce sera je crois ma première corrida complète de Moreno de Silva et c'est une expérience qui ne se rate pas. Hasta pronto, j'ai bien aimé ce rythme quotidien des encierros qui "m'obligeait" à produire mon petit papier chaque jour.

Cinquième encierro



La faute à Laurent. Aux Pinas Coladas ont succédé les Mojitos pendant que le rosé attendait au frais. Moi, l'alcool, je le fuis, mais lui, il me poursuit. Il y a toujours un gus pour t'obliger à goûter ça. Ou ça. Avant je m'opposais, catégorique. Maintenant je goûte à tout, au moins ton hôte te fout la paix pendant ce temps. Je consens pour que ça passe plus vite. Ça vous rappelle peut-être quelque chose, madame.

C'était sous les frondaisons de sa terrasse en bois et le rhum m'échauffait le sang aussi sûrement que les cigales quasi déchaînées pour leur dernier baroud et barouf crépusculaire, assourdissaient nos discussions.
C'est là que Jean qui revenait de New-York nous a raconté sa plus mémorable encierro vécue au Zimbabwe. Putain, …ça existe alors, un kiné riche… ? NYC, camping-safari sur les bords du lac Kariba, la clââaasse, faudra que je lui demande comment qu'on fait.

Enfin bref, ils étaient arrivés sur les rives dorées du lac Kariba pour planter leur tente et après un repas frugal, alors que la nuit était tombée, noire et impénétrable tatatâaan... la terre se mit à trembler. D'instinct, tout le monde sortit de la tente rejoignant le guide déjà aux aguets, tentant ce comprendre ce qui se passait. L'onde qui hachait la terre se fit plus courte et l'on pouvait maintenant percevoir un grondement sourd qui venait en s'amplifiant.
(il raconte bien, hein, mon copain...? lisez-le...)
    La pomme d'Adam du guide faisait des aller-retours rapides dans sa gorge...

C'était maintenant un véritable fracas qui venait droit sur nous. La terre semblait s'ouvrir, et les arbres s'abattre, on ne contrôlait plus le tremblement de nos jambes et puis soudain, des centaines d'yeux jaunes et bridés luisaient dans la nuit.

  • Des Buffles caffer-caffer... une centaine... chuchota le guide puis, se reprenant, il hurla qu'il fallait courir jusqu'aux 4x4, là-bas, et détala soudain nous entraînant dans son sillage.

Et la course folle, éperdue, s'engagea. Evidemment, à chaque seconde, le troupeau de Buffles reprenait du terrain et notre avance fondait aussi sûrement que vos économies soumises à un train de mesures socialistes... Des trains... c'est exactement l'impression qu'on avait, d'être poursuivis par des trains, un gigantesque rouleau compresseur qui broyait tout sur son passage. Nous n'avions aucun droit à l'erreur, la moindre chute et on était laminés sous la multitude. Les arbres ne résistant pas ils ne pouvaient en aucun cas constituer un abri pour laisser passer la charge infernale, pas une grille pour s'accrocher, une porte cochère pour se tapir ou un soupirail pour s'y glisser en catastrophe. Rien, le plat de la main comme paysage et les cornes dures dans le dos et les sabots assassins toujours plus près. Et puis les 4x4 salvateurs, enfin, sous lesquels nous nous jetâmes, écorchés, suants et hors d'haleine mais vivants. Et le bruit de fin du monde du rouleau compresseur que rien n'aurait arrêté, puis le nuage de poussière suspendue, comme une gangue enveloppante, douce et terrible chargée des cendres de toutes les morts... On attendit longtemps, tapis dans la nuit sous les mécaniques de cambouis qu'elle se dépose et que passe avec elle ce remugle de fauves qui hérissait nos poils.

Quand il a terminé son récit le rhum avait aussi chargé dans mes neurones et je voyais des éléphants partout. La preuve, je me croyais sur le lac Kibari et non Kariba, c'est vous dire...

A Pamplona ? Rien. Que du noble, 3'18'' à cause d'un cornalon faiblard d'un astifino à damner une hémorroïde. De Fuente Ymbro.

mardi 10 juillet 2012

Quatrième Encierro



Retour chez Marius. Une place pile-poil devant le bar, je clignote. Dedans, il y a un peu plus de monde dont le ''peintre des haricots'' et Chinito, je reconnais leurs silhouettes à contre-jour. Comme si elles s’étaient concertées, les têtes se tournent vers nous pour assister au créneau et d’un coup j’ai le vague sentiment de devoir le réussir… Braquer en torero pour garer le coche dans son chiquero. Coup de bol, impec… du premier coup et au cordeau : dans le même ensemble, les têtes se retournent à nouveau indifférentes, tant ce qui est normal est désespérant pour l’aficionado. Les regards reviennent dans l’axe de la ridicule télé que Marius propose. A mon avis personne ne s’est risqué à lui faire la remarque sur la petitesse de l’écran sous peine de se faire instamment prier d’aller regarder autre chose ailleurs, queue entre les jambes et oreilles rabattues.

Comme le créneau, très propres les El Pilar qui se sont élancés depuis les corrales del Gas à l’assaut de Santo Domingo. Intéressants pour les coureurs, moins pour les spectateurs. Nobles et rapides. Courir, pas encorner, làaaa…. sage. Quatre contusions point barre. C’est la crise ou quoi ? Plus de pubs sur les ‘’Asparragos de Navarra’’ qui me gonflaient tant et qui maintenant me manquent : voyez le danger du conditionnement ? Le café de Marius coûte 1,30 euros et il est bon. Fougassette non Halal avalée, j’en reprends un en ramenant ma tasse sur le comptoir comme tout le monde ici, eu égard à sa déambulation qui semble difficile, pour qu’il la débarrasse. Mais il s’en saisit et me sert à nouveau dedans ! Comme à la casa…. Quoique… moi, parfois chez moi, j’en prends une autre ou je la lave, tellement je suis snob : j’aime pas voir la mousse qui reste collée aux parois… Et un peu de vaisselle en moins…

Sur l’écran rien et en 2’22’’. Todo perfecto, inintéressant comme un créneau réussi. Louise qui sur l’envie de revenir ici s’est habillée ce matin en 2’’22’’’ extirpe sa juvénile gaieté et sa lumineuse tenue acidulée de cet antre de vieux aficionados grincheux et grisonnants, laissant retomber le lieu dans l’ombre de son ombre.

Personne ne nous regarde plus, je sors du créneau en cornada de pare-chocs…







lundi 9 juillet 2012

Troisième Encierro

On ne devrait pas faire d’enfant. Début juillet en tout cas, on devrait pouvoir regarder les encierros tranquillement, sans enfant à transférer à une mamie ou à faire garder je ne sais où par je ne sais quelle gardienne déjà partie en vacances. Surtout, ce devrait être dévolu à la mère et puis basta… Quoi ? Elles les ont mis au monde, non ? Elles ont eu dans leur giron toute la puissance du monde et le mystère de la vie alors que nous, misérables jardiniers déposeurs frénétiques de petite graine exténuante n’en tirons aucune expérience gravide ni gloire paternelle. On savait tous les soucis que ça ferait, mais bon, on s’est dévoués puisque, l'air de rien, on était génétiquement programmés. Et je passe tout le travail de fond pour préparer le terrain… toute la subtilité des amendements nécessaires… les hommes me comprendront… Dans ces conditions, encore heureux que nous n’en récoltions pas les vergetures sur le ventre, les kilos indécrochables, les varices dans les jambes et les crevasses sur les seins… ! Non, mais oh… y’a une justice quand même…

La chef de service, miss sparadrap, s’étant carapatée à 7h30 – une quasi grass-mat pour une infirmière - pour nurser ses sacro-saintes patientes chéries dont il ne serait pas élégant – oh non ! - de dire qu’elles se retrouvent au matin à invoquer plutôt le Manneken Pis bruxellois avec une couche double ouate à la main que San Fermin avec un journal, cela semblant néanmoins être une supputation réaliste, c’est encore à moi qu’il échut de gérer la tonitruante présence de Louise, dans les starting-blocks de la forme dès l’ouverture de ses yeux. Chez moi, c’est plus… progressif… A 7h48 j’ai compris qu’on ne serait pas au bar, en place, prêts à déguster la fougassette aux grattons et le chocolat au lait. Vite, brancher l’ordi, qui déconne, évidemment, et enfin connexion à 8h04 soit l’encierro passée… J’ai chopé les arcanettes de bon matin comme on dit à Aigues-Mortes… le différé c’est pas le direct… tout le sel n’y est pas, mais bon, j’ai vu… les Cebada Gago dont le dernier, bouche ouverte avant le tunnel, et affalé en piste après : bonne course pour ce soir… mais qui sait ?

Sinon todo perfecto, 3’38’’ de promenade cornupète urbaine, dos cornadas de piernas, izquierda y derecha. Rien que de très normal. Un encierro socialiste donc, où la foule ''tous ensemble, tous ensemble, tous…’’ revendiquait le grand frisson syndical navarrais. Le toubib cravaté est venu rejoindre la bimbo télévisuelle dans sa blouse blanche immaculée ; On sent bien qu’il déçoit la bimbo dans son laconique et synthétique bilan. Elle voulait une tercera cornada mais no, il n’a pas cédé, contusion ! a-t-il répondu et le cuistre n’avait même pas une bugnette de sangre sur sa blouse ni même un pli sur la blouse ou une mèche de cheveux en bataille : il ne revenait vraiment pas du front d’où on voulait d’extraordinaires nouvelles à l’hémoglobine.

Je sais pas moi, un truc bien gore genre, un testicule arraché au diamant de la corne aussitôt transplanté dans la gorge d’un touriste Américain dont le grand oncle aurait été pigiste dans le journal où Hemingway avait publié son premier article. Ou tiens, ça, c’est bien : après l’éviscération d’un japonais dans telefonica, le corni veleto repartant guilleret, content de son forfait, aurait déroulé l’intestin grêle de l’hépatique Asiatique au fil des mètres, comme une guirlande de Noël, les cadeaux en moins. La bobine de l’évidé restant stoïque comme il se doit, en digne représentant d’un peuple capable de bouffer des nouilles lubrifiées avec deux baguettes de bois dur. Comprenne qui pourra.







dimanche 8 juillet 2012

Deuxième Encierro

Hier soir, c'est Louise qui me l'a demandé :
  • Papa, on ira voir l'encierro ? J'aime l'ambiance de ces petits bars... on y va hein papa ?
  • Hum demain c'est dimanche, je ne sais même pas s'ils sont ouverts et puis ça nous fait nous lever tôt... on la regardera sur internet demain, plutôt...
Pas fâché avec ma responsabilité de père qui ne tient pas spécialement à faire prendre goût aux bistrots, à ma fille de neuf ans...
Aujourd'hui c'est Miura qui s'y colle. Le premier rejoindra l'arène en à peine 2'10'' dégommant absolument tout ce qui avait l'impudence de gêner son passage. Bon, c'est vrai qu'il avait un peu les toreros au ''Muchacho Redondo'' puisque il doit être lidié le soir même. Mais bon cela semblait plus impérieux que pour ses frères. Avant que la foule ne le temple dans le haut de estafeta, fallait voir avec quelle facilité il doublait des mecs qui sprintaient comme si leur vie en dépendait. Enfin... leur vie en dépendait... mais il n'aura donné que des roustes de boxeur sans jamais trouer personne comme si ça ne valait pas le coup de corne, toutes ses mouches blanches affolées. A voir certaines séquences au ralenti on peut vraiment en déduire que certains ont brûlé des cierges à la vierge de Guadalupe (elle existe ? C'est un nom comme ça, qui m'est venu...)
Entre les inconscients, les touristes encanaillés, les lents qui ont toujours l'impression que le tio va se ramener dans dix minutes alors qu'il est à dix centièmes de seconde, les encombrants qui cherchent encore pourquoi ils sont là, ceux qui pourront se la péter en disant qu'ils y étaient, on peut dire que la vierge exauce la volonté des mères, à tour de bras...
Les Miuras vont toujours vite, les Miuras, ne le répétez pas ça tuerait un peu le mythe déjà mort par d'autres aspects, sont parmi les les plus trouillards des individualités toros. C'est notamment pour ça qu'ils sont très dangereux quand ils se retrouvent seuls. Dans la course, observez-les, ils ont une pétoche bleue de perdre le contact avec le reste du troupeau. Faut les voir ''artéguer'' après une chute, pour recoller au peloton comme si s'en retrouver isolé était la pire plaie de leur vie de noirs bovins à l'instinct grégaire. Mais bon, on peut pas dire que chez les hommes en blanc, les fêtes de San-Fermin ne poursuivent pas le même but. Sauf qu'eux mettent quelque chose comme 358 jours pour faire le parcours et que les coups de cornes ils ne les donnent pas mais rêvent de les recevoir. Allez vous étonner après ça que certains préfèrent tout rejeter en bloc plutôt que d'essayer de percevoir l'âme de ce peuple aux trumeaux toujours en éveil sur le pavé de la calle estafeta abandonnant son logis pour des gîtes à la noix.

samedi 7 juillet 2012

Premier Encierro



Après avoir vérifié que mon antenne parabolique qui me fournit 418 chaînes ne me fournissait pas celle des encierros de Pamplona, nous avons gagné la ville. Nous nous sommes d'abord arrêtés à la boulangerie de notre quartier car Marius ne fait pas l'effort. Il ne s'emmerde plus, Marius, à fournir des fougassettes aux grattons à ses clients. Si un incongru de comptoir demande un croissant, d'un geste économe autant qu'évasif, il allude la présence de boulangeries dans le coin.

Dans la boulangerie du four à chaux de la route d'Uzès, toute une équipe d'éboueurs en gilet fluo prenait le petit-déjeuner sur les quelques tables du magasin. Du coup, dans la file des clients, on sentait comme une réticence à acheter sa baguette. Mais personne ne chaussant de microscope sur le nez pour observer les miasmes qu'ils répandaient dans un local qui devrait être exempt de microbes et bactéries variadas, personne n'osait renoncer par peur anti-humaniste de stigmatisation d'une population au labeur ingrat. Pas glop. Les miasmes sur la boulange, pas la peur...

Et donc, Louise que j'ai sortie du lit au prétexte des toros, et moi, nous sommes allés au bar Méditerranée chez Marius. Tout juste si on ose entrer : la grille métallique est entrouverte de la stricte largeur de la porte, pas plus. Dedans, pénombre et courant d'air et très faible assistance : Un arenero rigolard excité par le danger, s'empresse de rappeler qu'il y était une année, et qu'un type s'était fait prendre, et, détail primordial l'ancrant dans la remarquable anecdote : devant lui, là..., qu'il s'était fait prendre, le type.

Deux autres types au comptoir, évoquent l'absence d'Alain et de Lucien (Nimeno et Chinito) l'un étant à Eauze, l'autre ayant dit qu'il viendrait et qui en écrase vraisemblablement encore sur son oreiller. Et aussi de Viallat, le ''peintre des haricots'' comme on l'appelle à Nîmes où le niveau culturel général empêche d'appréhender noblement le digne représentant du mouvement support/surface. Enfin, une dame déjà ménopausée fume sa cibiche sur le pas de la porte histoire de faire semblant de ne pas nous envoyer sa fumée qu'un courant d'air précis nous dirige exactement dans le pif. Mais bon, on va pas stigmatiser une population déjà toxico, mieux vaut que Louise se noircisse un peu les alvéoles. On a le sens du sacrifice dans la famille.

On demande précautionneusement à Marius un petit noir et on tente même une audace : si ça le dérangerait pas trop de faire un petit chocolat au lait ? Il avise d'un œil bougon la trombine fraîche de Louise ce qui lui fissure peut-être un peu le cœur et alors il s'exécute sans un mot. La télé a changé, plus contrastée que celle de l'année dernière mais l'écran a rétréci... C'est un peu juste pour admirer les vaisseaux de Dolores Aguirre qui courent, nobles, le parcours en 2'53''. Bilan ?

Cornada de pierna à Santo-Domingo.
Fracture de rodilla à Mercaderes.
Luxation de hombro à Estafeta.
Fougassettes avalées tous miasmes ignorés.

Ah oui, et puis un ramassage ultime du toro-balai, d'un résidu de snobisme crocheté par une corne et traîné jusqu'au tunnel rapport à une camiseta de trop grande qualité dont la trame ne voulait pas céder. Bien sûr j'ai raté la photo de la matinée : quand l'arenero que vous voyez de dos a levé les bras au ciel, deux secondes, index pointés, pour figurer le putain de berceau d'un tio... la télé était au milieu de ses bras, tout était parfait, sinon que je trempais une aile de ma fougassette dans mon café.

jeudi 5 juillet 2012

Comment ça, je n'écris plus ?

Voilà, c’est bon, j’arrive… suis pas aux pièces, merde… si j’ai rien à dire j’ai rien à dire… mais ouais, ça dépend comment j’le dis… et puis comment ça, je n’écris pas ? Ben, si, seulement, parfois, quand je me relis, j’ai pitié… de vous et de moi… alors je reporte….
Et puis c’est qu’il y avait le foot, le soir… Tous ceux qui faisaient la fine bouche sur l’équipe d’Espagne ont eu à digérer la réponse cinglante : Chorizo 4 – Antipasti 0.
Et heureusement que ça s’arrêtait à 90 minutes car le cinquième but et les suivants se profilaient…
La Roja n’est pas composée de mammifères originaux, ils sont paresseux comme tous les mammifères, alors quand une équipe joue à 40 Km/h, ils se mettent à 45 pour l’emporter. Pas besoin de franchir le mur du son pour toiser l’équipe de bras cassés qui ne se sentent pas plus français que moi namibien… Par contre, là, pour la finale, ils ont lâché les chevaux et montré comment on atomisait une très bonne équipe quand on haussait le ton... ne restaient plus aux Italiens que les larmes.

Que ça doit être dur de jouer contre les champions de la passe à dix… Car si conduire le ballon est intéressant au point d’amortir un peu la fatigue, courir après un ballon que tu n’arrives pas à toucher, à garder, à relancer, te mets des kilos de tourbe dans les shoes. Aussi fatigant que de toréer un manso perdido distraito y mal educado… Cela faisait très longtemps que Buffone ne s’était pas retourné quatre fois vers ses buts. Et dire que Balotelli confirmant son QI de cannelloni évidé avait cru bon d’annoncer qu’il invitait Shakira pour « qu’elle voit ce qu’il allait faire à son Boy-friend Piqué… » Comme Nasri ou à peu près, le garçon doit gagner 890.000 euros mensuels… sûr qu’à ce tarif on peut se payer le luxe d’être con ou l’envie de dire merde à son prochain.

Fillon aussi, a marqué un but. Hollande ayant confié à Migaud le socialiste, arbitre de la cour des comptes, la responsabilité d’un audit, celui–ci en a conclu qu’il fallait absolument diminuer les dépenses publiques et renflouer les recettes par les deux méthodes suivantes : contenir voire abaisser le nombre de fonctionnaires et réévaluer la TVA… soit exactement ce que l’honni Sarkosy avait engagé… Mais, manque de pot, comme « Le changement c’est maintenant », le nain normal avait juste décidé du contraire pour être élu… Alors y’a plus qu’une solution, attendez juste le 2 Août pour connaître l’augmentation de votre CSG et des diverses taxes et impôts appelés. Mais pas de jérémiades, hein, on vous avait prévenu.

Il y avait le foot, et maintenant les RIP d’Arles… et la vie de festivalier baroudeur de la nuit, c’est pas facile quand il faut se lever quelques heures après pour aller bosser… Ne pas confondre avec le jap de service en vacances ou l’écolo altermondialiste intermittent de l’alloc qui promène toute l’année. Je produis moi, monsieur, bon, du soin, mais je produis… et je remets les autres en production plus vite. L’autre soir j’étais écoeuré : mon voisin organisateur de spectacle m’a rendu encore un peu plus réac-facho que je ne le suis déjà : il m’a prouvé par A + B que la plupart des intermittents du ''pestacle’’ gagnait trois mille euros par mois toute l’année en bossant six mois en moyenne ! Tu m’étonnes qu’ils aient toujours des grandes idées bien nobles à faire valoir !!! Macarel… c’est ça que j’aurais dû faire, moi, intermittent du pestacle permanent…
Et puis j’étais occupé à la préparation d’une expo photo aussi… je vous tiens au courant… plutôt du portrait, non, pas d'africaines... ce sera plutôt pour les tauromaches… pour les vendanges je pense… ou ailleurs, en France, si vous me trouvez des lieux, lecteurs… mais bon, vu que je ne suis pas prévoyant et qu’en France tout le monde se la pète ''artiste’’, et pense à exposer avant d’avoir compris comment obtenir une grande profondeur de champ ou un joli flou d'arrière plan… je crois bien que les lieux dédiés sont pris trois ans à l’avance… Bon enfin, vous me contactez si vous avez une piste ou une idée… je compte la faire tourner cette expo… Tiens en Novembre à Saint-Sever, ce ne serait pas possible ? Ouh-ouh… y’a quelqu’un de là-bas ? J’y connais personne, moi… Céret c'est trop tard, Orthez, c’est trop tard, The Moun, c’est trop tard, Dax… j’en sais rien, j’ai envoyé le chulo m’acheter de la vanille farcie de clous rouillés à Madagascar (pour le poids, pour la vendre plus cher, pendant que nous autres, bobos on croit au Bio de là-bas…) Bon, j’espère qu’il connaît bien l’île, le chulo, parce que moi je connais quelqu’un qui s’y rend et on lui dit souvent :

- Si tu vas là-bas tu meurs, là-bas (de l’autre côté) tu meurs… là, ça va, tu peux y aller…

Mieux vaut écouter les conseils ! D’ailleurs, dernièrement, les deux français, petit couple d’amoureux, qui étaient allés sur la plage pas recommandée, sont morts, assassinés, alors qu’ils avaient été prévenus. Pourquoi finir sur un truc si triste ? Je me demande… vu que je ne suis même pas en période ''pisse-copie’’… ça a dû m’impressionner. Je suis un sentimental intermittent, moi, qu’est-ce que vous croyez.









Quelques séquences n°2