Un Don qui choque

Un Don qui choque
Qui Chipote ?

mercredi 28 novembre 2012

Archéologie : sixties post JC

Edito : Chronique d'une mort annoncée

De n'avoir jamais été encarté à l'UMP, enfin l'ex UMP, eh ben on en est bien content, en ce moment... de n'avoir jamais été encarté nulle part aussi, d'ailleurs... car finalement, rien de mieux pour prouver son étroitesse de vue que de s'encarter quelque part en pleine conscience roidie qu'aucune idée d'en face n'est bonne et qu'on va passer le temps entre soi à répéter ce que l'on est programmé pour penser, entendre et répandre... entre la trombine pathétique de l'Epagneul Français malheureux et l'insupportable bobine du Jagd-Terrier décomplexé que roquet-nain acariâtre bordelais tentait de rapprocher, et tout ce pataquès tragi-comique à décomplexifier, voilà une confirmation de plus que n'importe quel nain relativement normal doit fuir la politique en courant s'il n'est pas armé pour être le requin des requins ou le génial faux-cul dont la parole d'homme ne vaut rien. (Une qualité qui ne s'apprend peut-être pas à Sciences-Po mais s'acquiert d'instinct, sûrement parce qu'elle « va de soi... »)

Remarquez, il y a de ces urgences qui me foutent beaucoup plus la trouille : j'ai cru comprendre qu'il était plus ou moins acquis que la Grèce ne nous tendrait qu'un doigt en guise de remboursement ainsi que vraisemblablement le Portugal et l'Espagne. Il est vrai que chez les Grecs se transmet depuis l'Antiquité une légende comme quoi mieux vaudrait toujours raser les murs et jamais se pencher en avant pour lacer son soulier afin d'éviter d'être ''chaussé''. Une info intéressante à connaître quand on sait que l'Europe devant tant de doigts fièrement brandis, se tournera alors vers la France pour éponger, en l'estoquant, dans une sorte de chronique de mort annoncée vers laquelle elle glisse depuis trente ans, les dettes de tous, auprès d'un pays qui fut un temps si riche et arrogant qu'il pensa pouvoir accueillir les plaies des pourchassés, les doléances des opprimés, la misère des affamés, l'endoctrinement des écervelés, la pauvreté des non qualifiés, la rancoeur des colonisés, les avec ou sans papiers, j'en oublie sûrement et des plus assistés, le tout en donnant des leçons pompeuses sur la tolérance, les droits de l'homme, la démocratie, l'humanisme, le Kama-Sutra, le Camembert dont elle n'a même pas protégé le nom tellement elle est con, le French Kiss, etc, etc, etc... et pourquoi pas, la corrida tant qu'on y est (de temps en temps je m'oblige à un mot plus stimulant pour ma clientèle de niche : Ouarf, couchés ! ) C'est sans doute la raison pour laquelle les valeurs d'économie solidaire, de commerce dit équitable, de troc éthique voire d'assoces à la noix grassement subventionnées sont regardés avec tant de méfiance par les « travailleurs » dont les gauchos ne parlent jamais, ceux qui sont bien au-delà des trente-cinq heures. D'autant que cela profite surtout aux sans talents, sans diplômes, sans grande énergie pour bosser, quoi... Oh putain le discours réac du salodedrouat ! Pire que Copé, dis donc... Ben oui mais ça vous fait du bien de lire de temps en temps un truc pas consensuel bien dérangeant qu'il est vilain de penser au beau milieu de la ''bonté'' ambiante de mes Marseillaises (variété de figues provençales encore appelée ''couilles du Pape''... détail croustillant non mentionné en raison du Pape, non plus de la figue, les personnages religieux (et le fruit laxatif) me filant une castapiane souvent proportionnelle à leur rang hiérarchique...)

Mais maintenant se dressent des Don Quichotte en marinière, que même l'Audrey elle veut Pulvar, qui partout où il passe, crie au scandale en agitant, pédant, les syllabes de son accent mondain tandis qu'il semble que le plus urgent pour les trois millions de chômeurs soit de savoir si le mariage est oui ou non pour tous, soit le droit de s'entre-déchirer en se « prenant la tête un max » comme le disent mes ados scoliotiques à qui je ne demande plus d'abdos jambes en l'air, tant ils puent des chaussettes, les puceaux ! Euh, pourceaux... enfin c'est pareil.
Et vas-y que je te pulvérise mon bactéricide mentholé sur ta chaussette devant tout le monde, ado purulent nauséabond de l'agassin, afin que te titille l'idée d'une bonne douche bi-hebdomadaire d'avant séance si la quotidienne est impossible à obtenir et non pas le simple maquillage trimestriel à l'Aqua Velva, de ton acné surinfectée, petit porcelet obsédé par ton dépucelage !

Le mariage, ce tour de magie à grand renfort de contraintes maximum qui pousse à la haine les ex-amoureux transis pourtant autrefois si idéalistes et passionnés, vers son inéluctable avenir : la mort de l'amour. Tatâtaaaan... ça fait longtemps que vous ne lui avez pas French Kissé sa petite langue devenue si critique et persifleuse à votre endroit au fil des années ? Faites un test dans la cuisine, profitez, si elle a les mains dans la pâte à pizza, ou dans l'évier, choisissez un moment où ce n'est vraiment pas le moment, un de ces moments où autrefois votre audace la surprenait si agréablement... prenez doucement sa tête, tournez-là vers vous et tentez de lui rouler une de ces pelles du temps jadis : bien franche au niveau de l'investigation, sensuelle au niveau de la visite, prometteuse au niveau de l'envie, audacieuse langagière linguale... pressez-là contre vous, voire pressez une fesse, un sein, quelque chose, démerdez-vous un peu pour être ouvertement érotique...
Comment à-t-elle réagi ? Y a-t-il une une contraction réflexe du sterno-cléido-mastoïdien contro-latéral pour se détourner de votre bouche ? Un léger et instinctif mouvement de retrait de la tête ? Avant de se raviser et de rester stoïque, en plein devoir conjugal vaguement contraint ? La bouche avait-elle tendance à se fermer insensiblement au fil du baiser ou s'ouvrait-elle à de nouvelles péripéties ? Ou s'est-elle au contraire abandonnée toute à sa joie ? A-t-elle frémi ? Prolongé le baiser ? Blotti ses seins contre vôtre torse ? Bref, votre couple est-il fini, sur le plan amoureux ? (Vous allez voir que bientôt je vais passer dans les rangs en demandant : Combien de rapports par mois, ici ?...) Eh oui, c'est bien moi, avec mon côté « Johnny-fous-la-merde...  sexologue refoulé » Bon ben, bon test, hein... mais venez pas pleurer, après, hein, oh, fallait pas venir lire ici, c'est dangereux.

Et dire qu'avant, il y eût l'amour à mort, si prometteur, souvenez-vous, vous lui courriez après, la renversiez sur le canapé, elle riait aux éclats et vous la chevauchiez comme un cosaque, (ben oui mais à l'époque ça l'amusait...en fait c'est parce que tout est super bien calculé : tant qu'elles n'ont pas de bébés, ça les amuse toujours très beaucoup...) dans toutes les pièces de la maison, dans toutes les positions, variantes, occurrences (si l'on peut se permettre...) selon tous les jeux de rôles et encore n'avait-on pas tous les petits canards coquins, tous les Magic Rabbit vibrants et pistonnants, tous les plugs-in rotatoires, tous les eggs à poule, télécommandés, tous les Viagras... bon j'arrête, défois - oui, je sais Gina, c pas français, défois, même pas honte... - qu'on nous lirait au parti communiste ou du côté du catèch où ma fille fait semblant d'apprendre la vie du petit zézu histoire de rassurer sa mère... et d'ailleurs, c'est bien comme ça que nos enfants sont venus au monde, bêtement, par incontinence spermatique – non, pas au catèch, t'es fou ou quoi ? Sur le canapé... ou ailleurs... putain, j'espère que mon fils ne lit pas... je déconne hein, fiston...- pas en conscience de repeupler notre beau pays, pour le plaisir d'être dirigés par Hollande et Copé, style garde à vous, honneur et patrie, l'étendard avec gland est levé, ça non...

Jusqu'à la constatation morbide : Ce sale jour, où toucher les fesses de votre moitié vous a soudain fait autant d'effet que de toucher les votres ! Peut-être même avec un peu d'affection en moins, saligot ! Et alors, la mort dans l'âme, subitement, tous les défauts, toutes les manies, tous les tics, toutes les aversions inspirées par l'autre, qui couvaient à bas bruit, explosaient à votre face et il fallut une sagesse héroïque pour tenir bon.

A ce stade un conseil d'ami : que personne n'infirme ou ne confirme rien du tout dans les commentaires et vos couples iront pour le mieux, no passa nada... quieto pepito...

Car perdre cette complicité amoureuse dans un couple, serait à peu près aussi dramatique que pour un aficionado qui aurait raté le 16 septembre, de lire dans la rubrique nécrologique que ça y est, c'est terminé, il est mort le soleil, quand tu m'as quitté.

samedi 24 novembre 2012

Un débat bien RIGOLO grâce à E. de Fontenay...


Fantasmatador Littéraire

A travers trois formes d’écriture, plus toreristas que toristas, Denis Podalydès réalise une approche de la passion tauromachique. Un simple journal relatant ses déplacements au fil de corridas, deux monologues où s’expriment deux toreros aux trajectoires originales et le récit d’une faena de l’auteur … la finalité étant de nous amener vers l’illustration d’une universalité d’approche de la corrida dans tout ce qu’elle véhicule d’émotions, de contradictions, de peurs et d’angoisses.

JOURNAL

Podalydès ne décrit pas le bien ou le mal fondé des gestes, admet son ignorance aficionada … il attend tout simplement l’émotion. Non pas celle à sens unique , pourvoyeuse de simple spectacle qui s’achèverait par une tertulia enflammée à la redondance de postures devenues courantes, voire ennuyeuses. Il recherche le détonateur interactif de questionnements, d’angoisses, de paroxysmes que l’auteur rend accessibles à travers son expérience personnelle de comédien.
Et c’est bien là que le livre détient tout son intérêt à la fois personnel pour l’auteur mais déculpabilisant et libératoire pour le lecteur lambda, celui qui prend plaisir à un spectacle taurin sans complexes ni calcul, vierge de tout à priori dictatorial sur la « chose taurine » telle que décrétée par le dogme.
Podalydès pose un regard dénué de tout à priori sur un geste noble d’un torero, une attitude brave d’un bicho, une souffrance d’un cheval agonisant, un regard horrifié d’un spectateur ou une joie éclatante d’une foule … Tel un peintre naturaliste, il réalise avec innocence et vérité le paysage qui s’offre à ses yeux …
Voilà pour une première lecture. Car la seconde (et les suivantes) découlent bien sûr de ce que l’écrivain en fait … son questionnement profond, ses angoisses surgissant, ses réminiscences de souvenirs d’enfance, son impact sur son travail de comédien, l’apprentissage d’une langue qu’il ignore et le fascine, le suivi du déplacement du torero hors ruedo où l’auteur se passionne pour ses gestes, ses tics, ses attitudes …. Podalydès ne s’interdit rien : des plazas importantes aux petites arènes locales du Languedoc, entre Café du Commerce et Café du Centre, sa quête pleine d’illusion reste intacte, comme un enfant devant un monde magique. Il écrit avec une fraîcheur, une limpidité dans la description de sa réflexion désarmantes et vraies.
L’œil observe et restitue avec la précision d’une caméra … sauf que cette dernière n’est que la technique factuelle et froide alors que l’œil de l’écrivain lui confère toute la profondeur de son ressenti allant jusqu’à une autre dimension : celle de l’émotion, du décorticage au scalpel de ce que tout spectateur trouve dans ce spectacle pas toujours axé vers les joies, les cris, les peurs, mais aussi vers la mélancolie, l’enfermement, l’angoisse, trouvant « une raison à leur déraison, la possibilité instantanée d’un transfert radical ».
Serait-ce l’alternance de tous ces états qui serait la raison d’être de la corrida ?
Il réalise souvent seul son voyage initiatique (hôtels, rues désertes), spectateur d’un environnement où il n’entre pas …. « les bons aficionados prennent le temps d’être ensemble, parlent et vivent ensemble ».

MONOLOGUES

Deux toreros singuliers …
Joselito Adame qui, défiant la mort et ressuscitant son oncle mort dans l’arène, ne craint pas la blessure mais la reçoit comme le sceau de reconnaissance de son « état » de torero, bravant le toro avec la fierté d’un jeune diestro issu d’un milieu plus que défavorisé … les petites et modestes arènes de Millas lui donnent l’opportunité de démontrer sa bravoure à travers une cornada qui le fait flirter avec la mort …
Lui qui, enfant, toréait un chien et ne s’intéressait pas aux filles mais aurait tant voulu savoir danser, dans un monologue intense, nourri, fouillé et enthousiaste affronte, provoque et combat à présent le toro avec la fougue de sa jeunesse.

José Tomás qui, dans un mutisme abyssal avance parmi les toros  ressuscité d’une  « première mort » mexicaine  où enrichi d’un sang salvateur il a été amené à une nouvelle naissance.
Affirmant ne pas exister sous le poids de ce néant d’où il revient, il traverse en silence le « rêve d’un autre ». Sa nuit l’enveloppe, l’entoure d’un halo ahurissant. Extraterrestre sans nom ni existence … la nature sauvage et marine l’accueille pour une pêche silencieuse, aqueuse, parfois ennuyeuse où seule la Playstation le fait « parler » et l’Atletico fantasmer …
Les tientas privées, le mépris de la peur, « le meilleur, ou paye cher pour le voir et on ne le voit pas souvent ».
Je reviens … « je n’ai rien à vous dire. Je ne parle pas » … « Je suis déjà mort ».

LA PEUR, MATAMORE

Podalydès fait un parallèle avec le Matamore de Corneille où l’illusion et le rêve porteur de l’épopée dont la puissance onirique « renverse les murailles », va jusqu’à la fuite couarde devant un adversaire avéré. Mais pas de disparition du Matamore : comme un bretteur éternellement renaissant, Matador-Matamore et Matamore-Matador apprennent à vivre ensemble « jusqu’à ce qu’ils puissent enfin se reconnaître mutuellement, s’accepter tels quels et fraterniser ».
Cape et muleta achetées en 1999 à Bayonne deviennent les outils pour la messe de toreo de salon que le comédien ne cessera plus d’exercer dès que son travail le lui permet. Allant jusqu’à provoquer quelques braves taureaux bourguignons, voire un veau helvète « taquiné » au K-Way.
Son obstination passionnelle le mène même à toréer sa compagne, Rose, devant des spectateurs hébétés. Cette même Rose qui, devant une effroyable blessure, décidera de ne plus assister à une corrida.
Peu importe, le torero Podalydès déploie sa passion à travers tous les actes, occasions, évènements : une  rebolera  de cape dans une scène de Ruy Blas, et, pourquoi pas, tenter gaoneras et chicuelinas ?
Matamore de salon sans toro, il singe José Tomás jusqu’à se trouver un jour devant une vachette qui donne lieu à des souvenirs terribles d’une jument retorse montée dans son enfance … « Ma peur se doublait toujours d’une rêverie héroïque et je passais alternativement de l’état de terreur à l’état chevaleresque ».
Désir de peur. Jouer à se faire peur. Il se découvre torero imaginaire, Matamore.
Et c’est dans une petit arène, en présence de famille et amis, que dans ce désir chronique de jouer à se faire peur, il se donne en spectacle … piètre spectacle où le Matamore perd pied et n’arrive plus à se « servir de sa peur » : il se découvre torero imaginaire.
Seul le taiseux José Tomás, héros onirique puis réellement présent auprès de lui pour une photo contre les pierres des arènes, réussit à cristalliser admiration et culte qui permettent aux angoisses et déceptions de l’auteur de laisser la porte ouverte à cette soif Matamore universelle et éternelle.

                                                                                      Maja Lola

jeudi 22 novembre 2012

La Pensée du Jour

A Gaza, le cessez le feu a été fêté par des tirs de joie.
                                             un journaliste TV

mardi 20 novembre 2012

Piqûre de rappel

Réflexions d'une lectrice



Il y a dans toutes ces nouvelles comme quelque chose qui tourne autour, sans tout à fait y entrer vraiment, sans doute parce qu’on ne peut pas, sans doute parce que c’est l’impossible, l’inatteignable, l’injustifiable, l’insaisissable, ce qui a lieu dans cet espace focal de l’arène, si improbable et si réel, œil de toutes les visions, pupille de l’éclat fugitif.


Mais c’est pourtant « l’insondable noyau de nuit » qui est proposé comme défi aux participants de ce concours.


Tous ces auteurs pratiquent l’humour, le décalage, la distance ou la proximité, tendre, ironique, tragique ou insondable. Certains s’engagent dans leur récit, émus et émouvants.


La première nouvelle MOSQUITO de Jean Didier Laurent, lauréat 2012, est un monologue – confession à l’écriture parlée, qui tisse habilement la trame d’une culpabilité et se termine sur un coup de théâtre pathétique et dérisoire.


Bel écho en somme à La Musica Callada Del Toreo d’Alberti dont une phrase est mise en exergue.


J’ai été touchée par l’histoire paradoxale d’un journaliste anti-taurin finalement mis dans la situation de reconnaître que l’affrontement dans l’arène ne relève pas de la tricherie : Même s’il m’en coûte, d’Adrian Martin Albo .


Mais ma préférence va sans conteste à RIGOR MORTIS de Patrice Quiot.


Il y a là un mélange très fort de poésie et de fantastique. La geste taurine condensée dans un geste nocturne unique, extrême, essence de la Marisma. La phrase brève halète et soudain se perd en illuminations bibliques ou mozarabes. Enfin on frôle les dépassements qui m’attachent à la Corrida et on relit ce texte comme une liturgie.

Un remerciement à tous ces auteurs d’avoir su ouvrir des mondes en quelques pages .

                                                                 Viviane Gatineau

lundi 19 novembre 2012

The Parti



L'Union pour la Magouille Présidentielle a voté réalisant un rare exploit : les deux candidats ont gagné ! Tel que. Fillon l'emporte avec 50% des voix devançant son rival de 224 voix. Si. Mais là où ça se corse comme dirait Valls, c'est que Copé l'emporte aussi. Si. Avec également 50% des voix et 1058 voix d'avance. Imparable. C'était bien la peine de se moquer de martine et de Ségolène... Et dire que c'était la seule élection que l'UMP ne pouvait pas perdre ! Un troisième gagant aussi peut-être : Sarkozy !
Quant à Pécresse, soit elle a des boules de Geisha télécommandées par Fillon depuis sa poche, soit le type derrière lui flatte la croupe en loucedé mais bon, y'a quelque chose...  

dimanche 18 novembre 2012

Edito de Chaud lapin


Mmmmpff... m'ennuie... me lève tard, me lave plus... traîne... bosse non-stop et paye quand même des agios... fait chier... c'est l'hiver qui arrive en plus... moins de lumière... plus d'impôts... mini-dépression quoi. Ce blog m'emmerde... et cette pression insidieuse que vous me flanquez, à venir voir, en silence, par centaines, si par hasard j'aurais pas écrit la moindre connerie. Rien d'autre à foutre ? Tout ça parce que j'ai des talents comiques et que pour une part vous vous reconnaissez dans mes élucubrations... Non, je ne fais pas le mec faussement emmerdé et tout bien fier à l'intérieur dedans, ça m'a saôulé, ça m'a bien soigné, tout m'est égal ou presque concernant l'antenne du net... Depuis que j'ai redécouvert l'insondable beauté de la connerie humaine, son désir d'exister et tout et tout.... D'ailleurs, j'ai tenté de le lourder ce blog, en loucedé à des gonzesses distinguées en leur refilant du taf – ouaaaaais c'd'l'argot ce morningue qui m'défoule, ça gêne quelqu'un ? Ben tu cliques, couillon ! Regarde moi-le ce petit maso qui rigole comme un bossu devant son écran... – mais bon, la gonzesse distinguée, c'est très occupé comme gonzesse, l'a pas k'ca à faire de resener des bouquins, tsais... bon alors vas-y qu'on attend et qu'on attend et que me v'la pour meubler un peu vu que la lecture du reste de la toile te filerais volontiers le ratabomi comme ils disent à Saint Laurent d'Aigouze.
Bon alors, petit test au passage : quand je dis que le reste des blogs c'est caca :

a) j'me la pète grave assumant ma prétention ?

b) je vérifie que vous seriez pas devenus si cons que vous pourriez le croire ?

 c) je me purge cathartiquement tant sur le plan technique que tactique en laissant à penser que je ne le pense pas, tout en me soulageant de le dire sous couvert de la plaisanterie ?

Putain chui pas en forme, je pensais pouvoir aller jusqu'à E ou F, comme ça... en retournant le truc de toutes les façons, mais je bloque à c... neurones du dimanche matin... faut dire que Môsieur mon fils m'avait chargé d'une mission : aller le chercher à trois plombes de la noche à sa soirée... taxi perso, tsé pour Môsieur et sa copine... et toi tu t'exécutes pardi, what else ? Tout ça parce qu'il y a dix-sept ans tu as concédé un moment d'abandon à sa mère, sa mère avec qui.... bon c'est bon, ça ne vous regarde pas, bande de followers lubriques, iniques et sataniques (et toristiques, en plus, si l'on veut bien analyser froidement...)

Pour le blog, j'attendais que l'envie revienne... elle n'est toujours pas là mais voyez, je m'y mets quand même... est-ce qu'au moins je m'amuse ? Ce qui est quand même la seule ambition du truc ? Même plus... Y'aurait de quoi se déchaîner pourtant, avec ''Normalito'' nain rose et normal aux commandes... qué rire ! Enfin, en attendant de cracher au bassinet, profitez vite, marrez-vous. Mais encore lui, ça va, il est énarque... mais l'aut' là, pour nous diriger, le prof de deustche sprache, tu parles d'une qualif ! Et ça vous fout pas la trouille, vous ? Bon...

L'aut'jour, tu me croiras ou pas lecteur entourloupé par ton dernier vote idéologique dont tu te mords les - bip - et sans pain, j'ai rêvé de Tri-eur-vaïll-lleur... je jure que c'est vrai, que ce n'est pas une création littéraire... je raconte ? C'est chaud, hein, je préviens... me demande si ça peut pas me jeter en prison même, un rêve comme ça... ou m'offrir un stage de rééducation en Sibérie. Elle était belle, Valérie... nue, bien sûr, à quatre pattes, attachée sur mon lit... je jure... tel que... l'écume aux lèvres, la rare beauté des beautés en colère... fallait voir comme je la fessais, faut dire... elle hurlait de rage, la fesse hésitant entre l'hyperhémie tétanique et l'inflammation émolliente, et secouait sa crinière blond vénitien, lançait des regards de feu, se blessait poignets et chevilles en ruant pour se libérer de ses liens... t'avais pas envie de la détacher, tsais, tant flottait la certitude que tu passerais alors le plus mauvais quart d'heure de ta vie... elle proférait des menaces de mort mais plus elle menaçait, plus c'était excitant... ! Sa taille fine qui se plissait par les contorsions des magnifiques hanches épanouies dont les courbes affolantes auraient converties pas seulement DSK à l'économie sociale, trop facile, mais Poutou à l'économie libérale forcenée, voire à l'exode en paradis fiscal avec projet d'exploitation des masses par esclavage.
Cependant il y avait un truc qui me gênait, comme une présence dérangeante... quand je me suis retourné, il y avait des types planqués derrière les rideaux : un nain tout sanguin, Manuel Valls qui croquait nerveusement dans un figatelli les yeux exorbités, un autre petit faune, Benoît Hamon qui me faisait signe de la fouetter avec le bouquet de roses tenu côté fleurs pour que les épines châtient les courbes qui rendaient les hommes fous, et puis jack Lang aussi, et le vert statique asiatique toujours bien Placé pour mirer depuis les fentes qui lui servent d'yeux et plus je la fouettais avec les tiges épineuses, et plus les gouttelettes de sang perlaient et plus les rugissements indignés de ses râles m'excitaient tandis que ses fesses rougeoyaient... cela s'agitait maintenant de manière assez convulsive je dois dire, derrière les rideaux... José Bové passant soudain la tête pour hurler qu'on le ferait aussi à la Joly Eva... je m'approchais alors de Valérie dans l'état matinal (vagal et mental ! ) que vous imaginez et...

  • Dis, tu voulais pas aller faire du bois pour la cheminée … ?!?!?

que me criait ma compagne de bon matin – onze heures à peu près – avec dans la voix l'intonation de celle qui bosse dans la maison depuis potron-minet et que la vie d'artiste révulse... Bon, c'est vrai que dans un couple s'il n'y en a pas au moins un comme ça, c'est le bordel... mais bon, pour un dimanche matin et en plein rêve Heyrautique Teuton, c'est violent...
Rhââââaaa toucher les Teutons d'Angela Merkel... émouvoir le peuple allemand, quoi.... peut-être le prochain rêve.

Enfin, je vais jardiner un peu, remuer quelques mètres cubes de terre et quelques calos de pierre et tout ça va rentrer dans l'ordre... sinon, quoi de neuf ? Après la lecture de tous les revisteros qui n'avaient pas vu la course et qui m'ont prouvé par a + b que la tafiole tomasique n'était qu'un pitre couard ventilant le mufle ladré de bédigues précontraintes, j'ai enfin accédé à la demande animaliste de ma fille en lui offrant un lapin pour son birthday.

Fallait voir comme elle était contente... déjà que je suis son demi-Dieu... ouais, j'ai quand même trouvé une femme qui m'aime : ma fille... alors là, depuis, elle me vénère au plus haut point comme si j'étais arrivé à incarner à moi tout seul un mixte de Harry Poter, KiriKou et Obélix. On a cherché un nom longtemps, en vain, écumant le net et l'imagination de chacun avant que je baptise la petite femelle ''Biseptine'' vu qu'on est obligé de se vaporiser le produit éponyme désinfectant à chaque contact avec ce lagomorphe tellement fada qu'il nous griffe à chaque fois qu'on le sort ou rentre de sa cage. Louise exceptée, parce que elle est en empathie avec lui, qu'elle a un toucher bienveillant, des gestes doux et des caresses rassurantes préalables. De l'art de savoir manipuler le râble. Comme le fit ''Normalito'' avec vous pour se faire élire, quoi. Jouissez, maintenant ! Le Kama-Sutra de la taxe et de l'impôt arrive !!! Je sais, avec le gel socialo-humaniste hydro-soluble ça passe mieux...

Bon ben, j'en ai marre, ça ira pour aujourd'hui, non ? Bientôt de chouettes nouvelles d'un éditeur qui m'a contacté pour vous diffuser. Et ce n'est pas un rêve. Même que, si ça se trouve, il est socialiste aussi, le mec : faut qu'j'y renvoie son contrat signé fissa avant qu'il ne change d'avis !

samedi 10 novembre 2012

"Me faltaron huevos"





Il faut garder à l'esprit qu'aguanter la charge d'un toro n'est pas vraiment quelque chose de naturel, une évidence tranquille qui va de soi. Nous le savons et avons tous dans un coin de la tête quelle pitoyable image nous donnerions de nous si d'aventure, un soir de cuite et de brumes cérébrales, nous allions fouler le sable d'une arène, comme ça, pour voir. Ce serait tout vu, ce serait ridicule mais logique et prévisible. Par contre, lorsqu'il s'agit d'un homme en habit de lumière avec un long apprentissage derrière lui, soudain frappé de terreur panique, c'est plus spectaculaire. Seul devant son écran, on n'a pourtant pas très envie de se moquer car sa prestation ressemble étrangement à celle qu'on serait soi-même capable de produire, nous autres humains ordinaires. Quitte à être accusé de fixette, question huevos, je me demande au passage combien de ceux qui ont trouvé la corrida de Tomas "sin toros" seraient descendus leur faire deux passes avec un drap de lit accroché au bout de la perche de Renaud Lavillenie... 
Comme le bruit permet d'apprécier le silence, cette espantada qui le poursuivra plus assidûment qu'un toro tout au long cours de sa vie, nous rappelle en écho l'héroïque stoïcisme de certains dont on a vu parfois lors d'épiques combats qu'ils mettaient consciemment leur vie en jeu. 

mercredi 7 novembre 2012

Votre cerveau reptilien

ici, où l'on constate toujours la même chose : que ceux qui condamnent la corrida pensent l'avoir digérée tant dans ce qu'elle véhicule que dans les inclinations qui poussent le peuple à aller la voir, et bien sûr se trompent avec l'assurance qui sied à leur statut d'intellectuel :

http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-n%C2%B0-89-octobre-2012/

lundi 5 novembre 2012

Interprète




On peut considérer les mots comme les toros des auteurs. Ceux qui dénigrent la dernière prestation de Tomas, seule manière dans le contexte pour essayer d'exister un peu malgré l'inconsciente gifle magistrale reçue à l'ego, auraient sans doute trouvé que les "je voulais voir ta soeur et on a vu ta mère" ou les "chauffe Marcel chauffe" de cette chanson ne renfermaient pas le génie et la littérarité des poésies de Rimbaud, une objection tout à fait recevable quand elle était interprétée par l'ordinaire médiocrité de tous ceux qui n'étaient pas Brel. Seulement, voilà, quand c'était Brel, il n'y avait plus qu'à pleurer. Sur son propre sort, ou du bonheur de la résonance infligée. Selon qu'on aimait la vie ou pas. Bonne nuit...

dimanche 4 novembre 2012

Pour les Photographes Productifs

Vous êtes mort. Et maintenant ?

De Brooks Jensen traduit de l'Américain par Gina
 
Il m'a été rappelé (une fois encore) que je suis mortel. Je suis raisonnablement certain que la plupart d'entre vous le sont aussi. Et même si ce n'est pas une chose sur laquelle nous préférons nous appesantir, sa réalité est indéniable et ses implications sur notre travail artistique inévitables. Nous savons tous que nous avons besoin d'une volonté juridique pour gérer nos affaires finales, mais quoi ? au sujet de tout ce travail artistique que nous avons produit – toute une vie de créativité qui nécessitera notre attention quand nous avons nous-mêmes été déversés dans l'encre du réservoir d'entretien. Je ne veux pas finir en levant les yeux vers le visage de mes enfants qui, à mon dernier souffle, me demandent :

« Papa, que ferons-nous de toutes tes photos ?

Ma plus grande peur est qu'à ma mort, la dernière demeure de mon oeuvre finale soit le chevalet dans le jardin de devant , lors de mon « estate sale », offerte au marchandage des chasseurs, à côté des lampes et des meubles.

- Pour 50 cents.

- Une boîte.

Et qu' elle ne se vende pas.



Le problème augmente quand on considère ces trésors pendant les générations du baby-boom qui devinrent passionnées de photographie dans le sillage des maîtres du milieu du XX° S. et qui ont toutes désormais des boîtes sur boîtes d'épreuves finales emmêlées, nichées dans le placard et rêvant d'un pardon, un jour pour avoir été incarcérées. Si je suis vraiment tranquille, dans le silence de la nuit, je peux presque entendre leurs petites voix crier, libre, je veux être libre. Mais alors, suis-je peut-être en train de rêver.



Bien sûr, suivant les traces de ces grands Maîtres de la photographie, nous avons tous réalisé ce fastidieux travail de les archiver pour les mettre en sécurité.

On nous a assurés que notre travail nous survivrait pendant des générations, ou pour citer le Buzz Lightyear, pour «  l'éternité et au-delà ! »

Sommes-nous vraiment sûrs que cela soit une bonne idée? Puisque, vraiment, vous et moi n'allons pas durer au-delà d'une éternité, quelqu'un, quelque part devra assumer la responsabilité de prendre soin ( ou de disposer) de ces récalcitrants objets fabriqués, sans acide.

D'un côté, elles ne sont pas de l'Art (avec un A majuscule), comme elles peuvent très bien devenir pour nos héritiers Albatros avec un A majuscule.



Ansel Adams eut une solution formidable. En 1974, il s'entendit avec l'Université de l'Arizona pour fonder Le Centre pour la Creative Photography de Tucson. Ce centre devint un dépôt permanent d'archives pour les siennes (et pour celles d'un grand nombre de photographes) où elles pourraient être conservées à perpétuité. Son oeuvre et celle d'Edward Weston, de Paul Strand, d'Eugene Smith, et de nombreux, nombreux autres, est par chance emmagasinée par des professionnels qui savent comment s 'occuper de ces matériaux et les sauvegarder pour les futures générations. C'est une fabuleuse ressource où certainement chaque photographe mérite une place .

« Choses que je dois faire avant de mourir », une liste.

Pendant que vous êtes là, cependant, je vous recommande de ne pas leur demander s'ils ont un quelconque intérêt à accepter vos archives dans la collection. L'idée derrière la tête du Centre fut extraordinaire mais une fois que les vannes se furent ouvertes, l'université découvrit rapidement combien le travail photographique était devenu rentable. Demande après demande après demande parvenait d'un héritier après un autre, après un autre à la recherche d'un endroit permanent pour garder les précieuses archives d'oeuvres d'art de papa, de maman ou de grand papa à mesure qu 'elles se multipliaient.

Sagement ils fermèrent les vannes et les boulonnèrent fort. Puis ils les maintinrent soudées. Puis ils les enfermèrent à clé avec une clé elfique et l'enterrèrent quelque part dans le désert d'Arizona de sorte que d'autres seraient découragés de présenter leur travail - sauf à la suite d'un arrangement très spécial ou d'une invitation.

Dommage, vous et moi ne sommes pas Ansel Adams sinon la longévité de notre travail serait maintenant assurée. Arrivés une génération plus tard, le problème pour nous se pose encore.

Peut-être suis-je plus conscient de la vraie nature du problème que le photographe moyen à cause de ma position dans l'édition.

Je ne peux pas vous dire combien de fois quelque membre restant de ma famille m'a approché pour me demander mon avis sur ce qu'ils devraient faire de la chère précieuse pile de tirages du vieux Papa. Pire, avec chaque année qui passe et le vieillissement des baby-boomers, le problème collectif se développe à la tonne.

La sagesse conventionnelle est que notre université alma mater serait ravie de recueillir notre précieux travail artistique. Malheureusement, de telles fantaisies ne tiennent pas compte de la principale difficulté qu'affronte l'institution qui accepte de tels dons : la responsabilité de les préserver et de les archiver. Ce n'est pas une entreprise bon marché. En outre, simplement posséder quelque oeuvre d'art, plus ou moins, n'a aucun sens sauf s'il y a quelque raison de la conserver, de l'étudier, d'écrire à son sujet, de la considérer dans une perspective d'histoire ou même d' exposition possible.



 Toutes ces activités nécessitent un financement. Il ne serait pas surprenant alors que la plupart des universités répondent aux demandes d'un photographe de déposer ses archives dans leurs collections, qu'elles en acceptent à l'idée - dès lors que vous pouvez financer leur conservation.
J'entends souvent les sommes du genre 80,000 $ à 100,000 $, comme étant le montant galvaudé qui est typiquement demandé par une université pour la sauvegarde et l'administration de la moindre archive modeste de photographies. Je ne peux accuser l'université parce que ses dépenses sont réelles et prévisibles. Cependant, ça me frappe comme du sel saupoudré sur une blessure quand le photographe a financé toute la durée de sa vie sa création artistique et qu'ensuite, regardant la réalité en face, il doit aussi garantir sa préservation à long terme.

Une famille que je connais ( qui doit rester anonyme) possède à peu près mille photographies d'un membre de sa famille dont vous reconnaîtriez le nom, j'en suis sûr. Ils ont essayé pendant des années de trouver un conservatoire longue durée pour cette importante collection – seulement pour découvrir que c'était à peu près impossible d'avoir une solution qui ne s'élève pas au niveau de « mi-six » de financement.
Je connais un autre photographe, encore très connu et respecté, qui est mort avec cinq mille photographies finies et emmêlées pour lesquelles aucune mesure n'avait été prise pour une préservation à long terme. Les membres survivants sont fatigués d'essayer de trouver une maison permanente de conservation de ces oeuvres qui pendant ce temps ne font rien, qu'occuper un certain volume dans l'univers – pas d'expositions, pas de publications, pas d'essais critiques, pas de recherche historique, rien. Si cela était le problème isolé d'un ou deux photographes, ce ne serait pas la peine de l'examiner davantage. Mais ce n'est ni isolé ni unique. Pour chacun d'entre nous – dont la plupart sont quoi qu'il en soit moins célèbres qu' Ansel Adams (ahem...) – le problème subsiste pour nos familles et en conséquences pour nous.

J'ai énormément réfléchi à cela et développé un peu de stratégie personnelle qu'il peut être utile de partager. Parce que je ne suis pas encore mort ce qui suit est une théorie pas expérimentée. Je regrette de ne pas être capable d'en offrir des commentaires s'il est finalement prouvé qu'elle a marché.

Aussi, voici mon approche de gestion avec mon propre manque d'archivage.



Disperse While I Am Alive : Dispersion tant que je suis vivant



Je ne peux pas imaginer qu'il puisse exister quelqu'un, à n'importe quel moment plus intéressé que moi à développer un public pour son travail. Il semble évident, donc, que c'est idiot pour moi d'assumer que quelques tiers, après ma mort auront plus de succès que moi en distribuant mes oeuvres. Simplement ils ne peuvent pas être aussi motivés que moi. Nonobstant, Bérénice Abbott, c'est une stratégie douteuse que de planifier simultanément un anonymat temporaire et une célébrité posthume.

Conséquemment, mon attitude consiste à avoir une responsabilité envers mon travail, envers moi-même et envers ma famille pour répandre autant de mes productions que je pourrai de par le monde pendant que je suis encore vivant et capable de le faire.

Dit simplement, j'accepte la responsabilité pour la distribution de mes oeuvres avec autant d'engagement et de passion que j'en ai pour les produire. Une défaillance de ma part aurait pour résultat une intenable responsabilité d'archives tant soit peu volumineuses et pas distribuées ce qui, je sais, deviendrait un fardeau pour ceux que je laisse après moi.
Simplement je ne peux pas me résoudre à être égoïste et imposer cette responsabilité à des membres de ma famille qui ne s'y attendraient pas et peut-être ne voudraient pas.



Reasonable Pricing : Prix raisonnable



Pour faciliter la distribution de mon travail, je reconnais le rôle que le marketing et le prix ont eu, soit la poursuite de ces objectifs, soit leur interruption. La phrase qui revient souvent est « ils ont fixé un prix tel qu'on dirait qu'ils veulent la garder ». Je souris et pense à la photographie artistique dans une galerie typique. Si vous fixez votre photographie à 500 $, vous la possèderez sûrement encore à votre mort. Dans ce cas, pourquoi ne pas fixer le prix à 1 million ? Il n'y aura pas de différence fonctionnelle, mais vous aurez 2000 fois plus de potentiel de vantardise. Au lieu de dire « mon travail ne se vend pas pour 500 $ », vous pouvez dire « mon travail ne se vend pas pour 1 million » - et penser à quel point vous vous sentirez mieux.

Alors que j'essaie le mieux possible de donner un prix juste – si bien que je peux assurer du financement pour produire encore plus de travail d'art avec le produit de mon travail – et si bien que quelqu'un qui s'accorde par l'esthétique et l'émotion avec quelque chose que j'ai produit ne s'interdit pas de le posséder s'il le désire. C'est une simple stratégie de distribution mais une qui semble avoir marché avec succès depuis l'aube de la civilisation avec tout ce qui se négocie « mains dans la propriété » – excepté, à savoir, le monde fou de l'inflation moderne des prix de l'art. Mais j'ai tellement parlé de cela, ailleurs, que je passe à autre chose.



Sunset Clause : clause d'extinction



La plupart des photographes d'art produisent au cours de leur vie, des tas d'oeuvres. C'est une activité cumulative. Si vous arrivez comme à moi, au seuil de la vieillesse, vous avez probablement une considérable pile de négatifs ou de dossiers de digitaux dont vous pouvez faire de drôles de bons tirages. Mais est-ce vraiment nécessaire que ce que vous avez fait autour de vos vingt ans soit encore disponible à la vente dans vos soixante ? Il y a quelque chose dans le domaine photographique qui se prête à un excès de poursuite d'acquisition. Nous sommes un peu comme les chasseurs de trophées qui accumulent et accumulent et accumulent, mais n'abandonnent jamais. Certes c'est sûr que cela fait partie du plaisir en photographie. Mais une des implications de cette approche est qu'à mesure que votre carrière évolue, le catalogue de vos tirages disponibles peut gonfler dans des proportions déraisonnables. Cela n'a pas d'importance mais complique le problème de la dispersion et de la distribution de votre travail.

Pensant à cela, ma stratégie consiste souvent à employer une clause d'extinction sur n'importe laquelle de mes productions. Je ne justifie pas d'éditions limitées. J'en ai souvent discuté autre part, mais je mets souvent une clause d'extinction sur un projet ou un produit simplement pour qu'il ne traîne pas à perpétuité. Je me suis souvent appuyé sur ces plus vieilles images comme sur les « taux de cholestérol ». Elles traînent et nous accablent avec notre travail passé – même si, occasionnellement, c'est une chose raisonnable à faire. Je pense que c'est mieux de laisser aller, d'avancer, de permettre la croissance artistique – et sa réciproque, la retraite – comme faisant partie du processus.



Projects : Projets



Pour moi, une des stratégies qui m'aide à me maintenir sur la bonne voie est de produire des projets finis plutôt que des piles de tirages. Ces piles ont tendance à aller nulle part sauf dans la boîte de stockage longue durée. Les projets, que ce soient des livres, des folios, des chapbooks, PDF, ou n'importe quoi – ont une durée de distribution de loin plus facile et plus confortable. Peut-être cela a-t-il à voir avec le fait que lorsqu'un projet est fini, j'ai fini. Fini est différent de produit. C'est plus facile de laisser aller quand un

projet est fini que quand c'est une copie qui a un potentiel d'exposition, de vente ou autre avenir fantasmé. Une grande copie de scène de montagne que je réalise aujourd'hui peut aller avec une grande copie de scène que je ferai dans Vingt ans – et aussi faire partie d'une exposition que je peux faire dans trente ans – c'est ainsi que je pensais dans ma jeunesse. Plutôt s'en tenir à l'ensemble de toutes ces épreuves parce que la future exposition rétrospective risque d'en avoir besoin.

Cependant j'ai découvert que les épreuves que j'ai réalisées il y a vingt ans n'accompagnent presque jamais bien ce que j'ai fait hier parce que tant de choses ont changé – matériaux, méthodes de présentation, moi.

A la place, si je travaille sur des projets qui sont complétés maintenant, je trouve plus facile d'avancer artistiquement - et cela me permet de me laisser aller plus facilement.



The Gift Economy : L'Economie du don



J'essaie de rester discipliné quand je pense obtenir que mes oeuvres soient répandues dans le monde et ne pas me polariser sur leur vente. Oui, vendre ses oeuvres est important. Mais au lieu de mettre toute mon énergie uniquement dans leur vente, je trouve beaucoup plus rentable de penser en terme de distribution. La distribution peut ou non impliquer le commerce. Dans ce merveilleux livre intitulé The Gift,Lewis Hyde fait grand cas de ce qu'il appelle « l'économie du don ». Autrement dit, c'est une vertu karmique que de répandre son oeuvre artistique sans exiger un échange commercial ou financier. Je donne d'énormes quantités de mes oeuvres. Cela me donne une grande joie et cela donne (j'espère) une grande joie au bénéficiaire ; cela peut même donner grande joie à ses amis qui voient mes oeuvres alors qu'ils n'en auraient pas eu l'occasion ; et vraisemblablement cela donnera grande joie à mes héritiers qui ne seront plus sollicités pour disperser cette partie de mon travail. Au cours de ma vie, j'ai donné littéralement des milliers de photographies, folios, chapbooks et des dizaines de milliers de fichiers pdf. Je ne vois aucune implication négative à avoir procédé ainsi, pas une. De même, je n'y vois qu'un bienfait pour mes oeuvres que j'ai rangées dans mon placard – et cela concerne plutôt les courbes d'apprentissage et les leçons acquises en les produisant. Mais pour la véritable oeuvre d'art elle-même qui sommeille dans mon placard, c'est une existence parfaitement dénuée de vertu.



What I Do Keep (Ce que je garde)



Je produis pour distribuer ; quoi qu'il y ait en plus, je jette. Je ne garde ni des épreuves ni des tests d'impression. Je ne produis ni garde un inventaire d'images « pour le cas où » : je ne vois aucun avantage à thésauriser mes propres productions. Si ce n'est pas un projet fini, je peux le pousser hors du nid, le jeter. Puis jeter davantage. Et comme un dernier acte de miséricorde envers mes êtres chers, je jette un petit peu plus. Les grandes poubelles tiennent une place importante dans ma stratégie.

Cependant, je cherche assurément à être pragmatique à ce sujet et je sens le besoin de garder des choses. A un certain moment, il peut être pratique qu'il y ait une collection représentative des oeuvres que j'ai faites dans ma vie .Je ne sens aucune compulsion à faire que cela soit une collection complète, mais je me sens parfaitement heureux en ayant seulement un échantillon représentatif des choses que j'ai faites. Avec ces idées en tête, je garde quelques tirages, folios, chapbooks etc. Souvent ils sont numérotés A/Ps, ou occasionnellement la queue d'un long cycle de productions numérotées. Qui sait, à un certain moment, quelqu'un peut trouver une valeur ou historique, ou digne de la recherche, ou même de l'exposition en ayant à un endroit précis une collection d'échantillons bien représentatifs. Si c'est le cas, c'est important pour moi de leur faciliter la tâche. Cependant si mon travail n'a jamais de valeur, ce sera au moins pour ma famille une quantité relativement facile à disperser si je m'occupe de la température ambiante.



Conclusion

Je suppose qu'il n' est pas forcément nécessaire qu'on se préoccupe de tout cela. On peut juste continuer à produire et laisser la responsabilité de s'en débrouiller sur les épaules de quelqu'un d'autre. Cela peut être un point de vue parfaitement acceptable pour quelques-uns, mais à moi cela paraît beaucoup plus sensé d'être un peu plus dynamique dans ma carrière post-mortem d'artiste, en faisant les choses maintenant, tant que j'ai le temps et la santé de mon côté avant ma mort. Dans un de ces étranges rebondissements de logique, je crois que ce travail de distribution de mes oeuvres de mon vivant, je l'aide vraiment à rester en vie après ma mort. Le travail artistique entre les mains de quelqu'un qui l'apprécie semble avoir une destinée plus vivante que s'il est rangé sous clé dans un coffre quelque part, par quelque inconnu, pour une durée inconnue qui, à la suite de certaines circonstances fortuites , lui donne vie dans un avenir inconnu. Je préfère le « ici et maintenant » et je préfère insuffler vie à mes oeuvres tant que j'ai encore du souffle moi-même.