Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

jeudi 25 avril 2013

Hemingway 2013, le prix

Pour ceux que les chiffres stimulent sachez ceci Ô concurrents et auditeurs-lecteurs du prix Hemingway :

L'édition 2013 aura à se dépêtrer de 164 propositions, 87 en espingouin, 76 en françouze et une en ricain d'un acadien égaré. Elles viennent de France, Espagne, Italie, Argentine, Mexique, Colombie, Vénézuela, Cuba, Canada.

29 sont écrites par des femmes - n'importe quoi... et les tartes aux pommes alors ? Qui les fait en cuisine pendant ce temps...? -

19 nouvelles en constituent la short-list finale. On ne sait pas encore qui ils sont et on vous le dira dès qu'on pourra décevoir 18 personnes, 19 même, car le gagnant est absolument infoutu de savoir son éventuel succès avant que le jury ne se bourre la truffe au restau gastro précédant l'annonce officielle en déblatérant vaguement entre deux lampées d'Aloxe-Corton de ta survie littéraire égotique. Si c'est pas entre deux rototos à l'ail...

Des libations, délirépassion, des lippes et des actions ou des libé-rations de désihinbition ou un truc comme ça, que ça s'appelle. Savent mêm pu, dan l'éta ki son... Bref, c'est là qu'il y en a 18 qui sont gentiment remerciés, à qui on va trouver toutes les qualités du monde, des mecs vraiment doués... et plein d'esprit... du style... et de l'imagination à revendre... etc... afin qu'ils ne régressent pas trop durant leur déception, sauf que ben... c'est pas eux. A suivre donc, notamment pour connaître bientôt les 18 couillons qui en auront éliminé 146 et ne pourront donc s'empêcher d'espérer en vain. Pourvu que je n'en fasse pas partie car comme une andouille j'ai encore envoyé ma bafouille... Personne n'est assez con pour songer ouvrir la grand porte de la calle Alcala à Las Ventas... et pourtant... ça doit être bon quand ça arrive, hein ?

Jacques Durand, 18 avril 2013, extrait...

Pour les pingres qui ne se seraient pas encore abonnés à la lettre taurine de Durand, ces quelques gouttes de l'élixir. A prendre un quart d'heure après le dîner, au calme, avant de s'endormir.

... Solo de Manzanares. Son premier. la Maestranza comme un oeuf. 6 toros d'élevage différents dont un Victorino Martin. La rumeur de friture des grandes corridas. Les revendeurs du marché noir gueulent leurs ordres dans leur portable. Le grésillement de la bourse. A l'heure du calamar frit le tendido sol grimpait à 500 euros...

...Et puis, à la nuit, la lumière manzanariste revient. Plutôt que de le siffler ou de se taire ce qui est pire, Séville, avant la sortie de Guason de Juan Pedro Domecq, l'applaudit, l'ovationne, le console. Séville, à la différence de Madrid, n'est pas une arène de jugement dernier. Elle veut voir la magnificence du toreo. Manzanares qu'elle chérit dispense cette magnificence du toreo. Alors elle l'encourage pour qu'il accouche, qu'il soit lui et elle, elle... 

lundi 22 avril 2013

Brève



Corrida concours de Saragosse : 800 entrées payantes !

mercredi 17 avril 2013

Séville, Sévillanes, Sévillanités, Sévillanissime

<< Trente kilomètres. Dans quelques instants, s’il me plaît et une fois encore, je mangerai Séville. La Giralda, la plus belle glace à la pistache du monde, je la lécherai. Ce sera mon dessert mais, auparavant, j’aurai dévoré la Maestranza et mon visage heureux en sera barbouillé de crème rose et blanche >>

Sévillanes   de Jean Cau, 1987  ( édit. Atlantica )

L’auteur file vers Séville,  une amante en réserve, longtemps  délaissée, qu’il brûle de retrouver en espérant qu’elle n’a pas changé. Cela nous vaut une épopée autobiographique et picaresque dont les titres de chapitres nous renvoient aussitôt à Cervantès. Jean Cau a de la culture, de l’humour, de la familiarité et une connaissance étendue des mœurs de Séville et de l’Espagne. Au gré de ses caprices, nous  suivons tout ce qu’il communique de son exubérante passion. 
Dans Séville, on  observe les places, les statues, les rues, les coins et recoins célèbres marqués par l’Histoire, la Maestranza, les églises, toutes, certains hôtels qu’occupèrent les célébrités tauromachiques, les restaurants, leur cuisine, ses odeurs et  ses boissons. On rencontre les gens qu’il connaît déjà ou qu’il découvre par hasard, qui alimentent ses connaissances d’autres connaissances réalistes ou romancées, mythiques ou très actuelles et quotidiennes. Des aficionados, bien sûr,  malades hallucinés confinés  dans la secte de  leur aficion « portée au rouge », des toreros, anciens ou actuels, des célébrités, des gitans, des mendiants, des nains toreros, des cireurs de bottes, des vendeuses d’œillets, des muletiers. Et quelques personnages, le Curro par exemple, « enfui de la plaza… pour éviter les coussins noirs qui, comme un vol de corbeaux hors du gradin natal, allaient s’abattre sur lui… »

Ailleurs ce sont les Vierges rivalisant de coquetterie, et les Christs échappés des sacristies, puis  le peuple quand il  est « en crue »,  en processions de Semaine Sainte,  en délire de feria, « en armada qui se veut invincible » avant la Coupe d’Europe de football, ou  quand il se regroupe bruyant et bavard dans les bars, sur les places, devant  les casitas abandonnées à la guitare et au flamenco.

L’épopée picaresque s’intéresse aussi au merveilleux sorti des retables, des églises et des cimetières dans des anecdotes pittoresques inhérentes à la culture de tous les Sévillans. Un détour inattendu par l’Italie, pour les beautés artistiques, historiques et religieuses de cette  autre amante en réserve, par comparaison avec l’Espagne, nous la fera plus subtilement apprécier : « Italie aux joyeuses églises, aux statues pensives… qui s’est enivrée de couleurs, l’Espagne, d’or ».
Au passage, les réflexions sont nombreuses sur l’Histoire, l’Inquisition, les mœurs,  le machisme,  le gitanisme, la tauromachie, la politique et la corrida. L’auteur s’étonne  et s’amuse de toute une intelligentsia parisienne qui  se pique d’aficion mais qui est « Ô stupeur, de gauche. De gauche ! Rodrigue qui l’eût cru, Chimène, qui l’eût dit, Que la Gauche aux toros un jour se convertît ! ».
Il égratigne volontiers le tourisme, préoccupé qu’il est de voir au moins sa Séville, sinon son Espagne rester pure, fidèle à ses  traditions. Il s’en prend aux modes, à l’américanisme des « guitares électriques qui raclent le rock… » et dresse un diagnostic féroce de certaines mœurs : «L’Espagne ne pue plus délicieusement l’huile d’olive... Elle n’est plus, cette Andalousie des éventails et des paupières baissées …Elle s’est épluchée de ses volants et de ses châles… »

Le vagabondage espagnol est aussi voyage intérieur, connaissance approfondie de soi-même. Jean Cau nous confie ses doutes sur les raisons de son entrée en aficion,  cette passion pas partout avouable, dans le  sud de la France, chez lui, passons, mais à Paris !  Et puis cette passion serait-elle en train de mourir ? Il  est arrivé à l’auteur de se lasser de Séville, de faire un saut à Saragosse. Un jour, d’humeur morose, il écrit longuement son marasme et sa nostalgie de Paris : « j’en ai assez des toros, des grosses gitanes… et de leurs oeillets, des oranges amères, des retables trop dorés, du chorizo trop rouge, des litanies…, des caroubiers…, des pommes d’Adam des chanteurs flamencos… ». 
 Il a rencontré des aficionados blasés qui s’ennuient sur les gradins, et la pureté naïve des mœurs sévillanes ne le rend-elle pas un peu hautain et ironique par moments ? Que deviendra la corrida dans ce monde moderne ?
Même son écriture le préoccupe, lui, « torero de plume » qui a la passion « torère »  de la littérature (de l’art et de l’Histoire, devrions-nous ajouter). 
La réédition judicieuse de ce livre, toujours d’actualité, par Atlantica, l’aurait rassuré comme elle convainc les lecteurs, de la pérennité de la belle littérature :  « Sévillanes »  les maintient sous le charme par << la musique de sa prose qui emporte tout dans son flot harmonieux >>
                                                                                     GINA 

Rais de lumière

Javier Manzano, jeune pigiste à l'AFP remporte un prix Pulitzer notamment pour cette photo qualifiée de chef-d'oeuvre du photo-journalisme. Prise en Syrie le 18 octobre 2012.

mardi 16 avril 2013

Rions un peu...

Oui parce que des comptes bancaires à zéro (Benguigui) ou a cent huit euros (Valls) le jour de la déclaration, des surfaces "d'environ" 120m2 et des valeurs qui ne correspondent en rien au prix moyen du mètre carré des régions concernées ce qu'une simple recherche sur internet confirme en quelques minutes, des doublons de LDD interdits par la loi (Montebourg), des voitures de dix ou quinze ans d'âge, de marque étrangère en plus pour soutenir l'industrie française... à la valeur de rachat sous-estimée (le RAV 4 à trois mille euros de je ne sais plus qui, estimé à une côte trois fois plus élevée sur la Centrale.fr...) une fois de plus on nous sert une farce dont la principale déclaration est qu'on nous prend vraiment pour des cons finis. C'est là, bonne marrade :

http://www.declarations-patrimoine.gouvernement.fr/

lundi 15 avril 2013

Déclaration de Patrimoine

Bon alors moi, j’ai un « Vélo Solex », un noir, un 3800, acheté aux puces pour me rappeler l’engin avec lequel je faisais des courses avec mes copains sur la contre-allée de l’avenue Feuchères en essayant toutes sortes de carburants maison… On avait même réussi à faire rougir les ailettes d’un cylindre. D’autres allaient vraiment vite avec leur « Malaguti » sport… nous, je crois bien qu’on avait déjà du second degré car ce qui nous plaisait, c’était de contraindre ces escargots vélocypédiques à aller vite et sentir alors leur carcasse trembler sous la contrainte… un peu comme les jeunes filles de bonne famille toutes bien catholiques et polies dont on sentait les petits corps palpiter d’émotion quand elles se laissaient étreindre malgré les mises en garde psycho-rigides de leurs parents… Pervers, va…


J’ai donc aussi une maison… même qu’elle vaudrait à elle toute seule plus que les trois – dont une en Corse - déclarées par la ministre Carlotti, si l’on en croit la valeur qu’elle leur donne… (595.000 E) elle n’achète que des bicoques de trois petits cochons ou quoi ? Ouais puis vaut mieux, hein, au cas ou trois fois deux cent cinquante mille te rendrait ipso facto tout autant qu’illico, redevable de l’ISF…


Je ne comprends pas bien le sens de cette « transparence » qui fait bien rire tant qu’on ne publie pas aussi le patrimoine du conjoint… Si ça se trouve ils ont tous couru chez leur notaire pour basculer les propriétés sur madame ou monsieur. C’est le divorce qui va faire cher…


C’est quoi le but, au fait ? On serait un bien sympathique humaniste de gauche en ne possédant qu’un mazet défraîchi à la toiture qui fuit, et un super-salaud exploiteur de son prochain si on avait une belle et grande demeure ? Faut-il s’apercevoir aujourd’hui que beaucoup d’ouvriers fauchés votent à droite et que de grands bourgeois votent à gauche ?


Pauvre Hollande qui a lui-même mis la barre des riches à quatre mille euros mensuels le foyer fiscal avant de déclarer qu’il ne les aimait pas, les riches : il va enfin se rendre compte qu’il ne s’est entouré que de gens qu’il n’aime pas. Cruelle révélation ou farce populiste ?


Je viens aussi de m’acheter un super gros 4x4 de beauf, haut, long, qui fait rien qu’à être pas pratique en ville tout en la polluant. Enfin polluer… au même titre que les monospaces, les fourgonnettes et autres petits camions à qui on ne le reproche jamais. Même que si on me voit passer dans cette voiture à cinquante mille euros on peut me croire riche, lecteur, c’est pas marqué dessus qu’elle avait déjà dix ans et quatre-vingt-dix mille kilomètres quand j'ai pu l'acquérir, vu que ce sont des Japonais consciencieux et responsables qui l’ont construite et qu’il en résulte une facture en rien comparable à celle des branleurs grévistes de franchouillards OHQ de mon… Achète une voiture française de dix ans d’âge pour voir… A part Cécile Duflot de la Logorrhée qui croit bon de préciser que sa Twingo a dix ans et vaut mille cinq cents euros… Quelle honte… cent mille euros sur son compte courant et au lieu de soutenir l’industrie française en changeant de Renault tous les trois ans comme tout le monde, elle pollue avec un vieux modèle peut-être même pas catalysé !!!


Bon, je sais, je m’accorde trop d’importance, mon patrimoine ne vous intéresse pas, il n’y a pas à m’élire. Sauf peut-être bloggueur le plus réboussié de la ville de Nîmes.


N’est-ce pas la ministre Delaunay au patrimoine de 5,4 millions d’euros qui a précisé que « son pouvoir de rébellion n’était pas indexé sur le montant de sa fortune » ? Aaaah c’est ça être de gauche… ? Le pouvoir de rébellion… Trop fun… Je peux te dire lecteur que j’en connais des gauchistes grand teint, tout serviles au capitalisme, moi… C’est d’ailleurs la meilleure des postures sociales : tu t’adaptes au fond mais tu te rebelles en apparence en société : trop comfortébeul, la posture… le coeur humaniste et le portefeuille helvétique, c’est le top…. L’Aston Martin au garage de ta gentilhommière parisienne et la dedeuch pour le marché de Marmande d’où tu viens, tsé, trop cool ! Eh bien rebellez-vous Delaunay ! Tous les sans papiers sans domiciles fixes dans vos maisons, tous les camps Roms du coin dans vos jardins, des restos du cœur dans vos cuisines, allez, de la rébellion Foutre-Dieu, un peu d’imagination ! C’est elle, je crois, qui a cru bon de préciser que de toute façon elle ne s’était jamais sentie riche ou n’avait jamais vécu riche. Rôôôôoooo… alors làaaa… trop tro forte la richesse humaniste dont on ne s’aperçoit même pas… personne ne l’avait encore faite celle-là… la richesse que c’est comme si qu’elle y était pas… rôuuuuu… la grosse maligne…. La richesse drapée de vertus rosies qui dit les yeux dans les yeux que c’est pas comme si c’était qu’un gros vilain de droite qui l’avait accumulée aux dépens des braves gens, évidemment… la richesse pauvre… celle dont on est victime… qui vous tombe dessus de naissance, qu’elle est si naturelle, tellement constitutive de son mode de vie quoi, qu’il est indigne qu’on se la voie reprochée… rôôôôoooooo…. tro tro bon la richesse qui déteint pas sur la personne...


J’adore le coup de « les yeux dans les yeux » aussi… Te rends-tu comptes lecteur, de l’avancée dans la confiance mutuelle entre l’administration fiscale et toi, dorénavant ? Non ? Ecoute ça : un matin un type débarque sur ton lieu de travail et t’avertit sans rire qu’il va s’agir pour lui d’initier un contrôle fiscal à ton endroit (et en général, rien qu’à ses mots, tu te figurais tout de suite à quel endroit tu allais l'avoir…) Et bien tout ça est fi-ni : tu le fixes soudain, les yeux dans les yeux, et tu lui dis que non, jamais de la vie, t’as jamais caché de revenus ou fraudé, promis, juré, ni aujourd'hui ni avant, les yeux dans les yeux, craché !
Et ben là, normalement, avec un contrôleur fiscal normal, le type te dit ok, s’excuse d’avoir douté, ne déclenche pas d’enquête et… tourne les talons. Elle est pas belle la vie ? Il en est qui feraient mieux d’être retraités déclarés, à patrimonio, tiens. Enfin au moins on se marre avec la vie politique française, c’est déjà beaucoup et gratuit. Ah, et puis j'ai des appareils photo aussi, et un blog, avec des lecteurs en or.

mardi 9 avril 2013

Le Fauve et l'Animal politique

A l’affût sur le cuir de buffle de mon canapé, j’étais happé par la beauté du Serengeti. Une beauté à retrouver la foi. L’énorme troupeau de gnous mu par son instinct migratoire, s’étirait en un galop apparemment désordonné dont les vues aériennes révélaient la cohérence. Nous traversions avec eux des paysages à couper le souffle. Dans la grande plaine, les hyènes, en bandes sournoises, convoitaient les faibles. Les femelles gnous interrompaient parfois leur galop automatique pour mettre bas des rejetons que des lionnes venaient croquer à leur croupe, encore gluants des humeurs utérines. Tout cela était d’une naturelle sauvagerie, d’une incroyable beauté radicalement incompréhensible à un adhérent végétarien de la SPA. Dont on peut remarquer d’ailleurs rien que par son arrivée dans ce texte, à quel point il détonne, jure et pollue cette Tanzanie où il se sentirait si mal, lui, l’ami des animaux dont il ignore tout.


Il suffisait de zapper pour arriver dans une autre jungle télévisuelle où d’autres fauves aux dents très longues qu’on avait élus pour nous servir, s’envoyaient à la gueule par des rugissements couvrant ceux du voisin, des menaces d’une perfide agressivité pour cacher qu’ils s’étaient servis. Si la sauvagerie des fauves du Serengeti n’était conditionnée que par la nécessité de vivre, celle du plateau télé en panique n’était motivée que par la nécessité de ne pas mourir politiquement.


Les gnous aussi innombrables que des millions d’euros sur les comptes suisses d’humanistes vertueux roses ou bleus, entreprirent de traverser la rivière Mara. Chaque individu caché par la multitude, conscient du danger et acceptant le principe du tribut sacrificiel hasardeux. Comme des contrevenants d’un peuple traqué par une administration fiscale. Naviguant toujours entre deux eaux, les crocodiles hypocrites guettaient les bonnes opportunités pour stocker des options roboratives et voter des lois auxquelles ils n’imaginaient pas se soumettre.
De jeunes gnous faibles étaient emportés par le courant, d’autres étaient stockés dans le compte courant des estomacs insatiables des fauves aux dents si longues et à la peau si dure que même morts ils finissaient parfois en porte-monnaie ou en sacs à main de journalistes assez fascinées pour copuler avec les animaux politiques et dont il ne fallait alors plus attendre aucune soif d’objective information. C’était fascinant.


Quand le zapping fou prit fin et qu’il fallut aller se coucher pour être capable de travailler le lendemain et gagner les clopinettes d’usage, on avait compris d’évidence ce que les fauves du Serengeti irradiaient de beauté biblique et ceux de l’hémicycle, d’abjection cynique. Avec peut-être cette transversale sentence que si partout s’appliquait la loi du plus fort, il y avait un univers muet où la cruauté était nécessaire et noble et un autre violent ou l’annonce fallacieuse de préceptes rabâchés amuseurs des foules comme « liberté, égalité, fraternité » ne correspondait à rien qui puisse régir la nature humaine, jamais. Seuls quelques cyniques manipulateurs qu’il faut dorénavant éviter de qualifier péjorativement de ''fauves'' tant les vrais apparaissent sympathiques, feignaient d’y croire pour mieux mener le troupeau dans lequel quelques-uns aussi naïfs que des gnous se persuadaient que l’Homme était bon, pour que leur système de pensée ne s’écroule point face à l’avidité génétique de l’animal politique. Chassez le naturel... etc. Comme un gnou.

mercredi 3 avril 2013

CAHUZAC imposé à 75%

Dans la famille de la gÔche humaniste vierge de toute cupidité, celle du socialisme moral et bon, celle du gouvernement de l’exemplarité auto-proclamée, je voudrais le père Lafraude Dubudget chargé de poursuivre les délinquants et autres menteurs par omission de revenus oubliés. Trop top ! S’il s’agissait d’une fiction ou d’une comédie, on reprocherait au scénariste de forcer le trait. Là, c’est dans la vie, et c’est juste parfait. Ca fait tellement longtemps que s'exprime, hautaine, cette gauche drapée dans son armure de chevalier blanc intouchée par les sentiments humains, pure et droite qu'elle serait, flottant diaphane sur son nuage éthéré d'immaculée fiabilité. 



Et moi qui croyais que c’était normal d’avoir un compte en Suisse, que tout le monde en avait… pas vous et moi, non, mais les riches. J’aimerais monter au micro de l’assemblée nationale et gueuler ceci :

 « Qui n’a pas de putain de gros compte en Suisse, ici ??? »

Je vous fiche mon billet (de cinq euros, hé… suis adhérent d'une association de gestion agréée, moi...) que pas un ne lèverait la main !

On ne peut pas fiscaliser une économie à outrance et s’étonner ensuite que les gens qui ont du talent, de la compétence et du mérite, qui bossent dur, soient tentés d'en planquer un peu à gauche, ou à droite, enfin où ils peuvent, après s’être rendu compte que huit mois sur douze ils travaillaient pour un état qui ne s’applique pas les mêmes grilles d’imposition et sponsorise grassement une bande de Jean-foutre constitutionnels ! Si ? Mon cul, oui…

Non, là c’est juste l’erreur de casting qui pèche… ce serait comme payer le salaire d'un avant-centre du Barça à un amputé bilatéral, voyez... ou confier la direction d'un Casino à un braqueur, ou nommer DSK conférencier d'un séminaire de jeunes nonnes traitant des voeux de chasteté... ou (allez, vous en voulez un autre ?) toréer de salon avec un anti-corrida pour mener le carreton... (encore ? chai pô moi, nommer Pedrito administrateur du Cac 40 ? Analyser le quotient intellectuel à partir du cerveau de C-----a ?) il ne pouvait pas rester implanteur de cheveux place Breteuil, le type, au lieu de changer de cap ? Implanter sagement à un tarif prohibitif et jouir des week-ends de luxe sponsorisés par les labos ? Meeuoaa… socialiste de mes pellicules, va ! Attends lecteur, il y avait déjà un signe là : quand tu as pu acquérir une qualification telle qu'elle pourrait rendre de nobles, réels et grands services de santé à tes concitoyens et que tu obliques pour mettre ce savoir faire au service du regarnissage de touffe de ouf, c'est que tu aimes le capillo-tractage de tunes jusqu'à ton compte bancaire ! C'est quand même un parcours tiré par les cheveux eu égard à tes études, non ? D’instinct je me suis toujours méfié des types qui trempaient dans la moumoute, moi. Des rétifs à qui l'épithète ne suffit plus. Ça m’a toujours shampouiné, enfin chafouiné, les perruquiers. De même que les mecs qui n’ont plus qu’une mèche qu’ils laissent pousser, longue, longue, comme une liste de vertus socialistes supposées et qu'ils rabattent sur leur calvitie, nous la révélant alors de ridicule façon. C’est fou ce que le cheveu fait perdre la boule, Bill !

De l’importance du libellé des questions.

Mais rétablissons un peu de vérité dans cette affaire. Non, Cahuzac n’est pas un menteur, il répond honnêtement aux questions mal formulées :

- Avez-vous un compte en Suisse ?

- Non

C’est franc et juste. Il en avait deux. Plus près de nous on lui posa encore la question, c’était toujours non, il avait transféré les fonds à Singapour ! Ainsi fonds, fonds, fonds, les petites marionnettes… que nous élisons.
Bref, résumons : nous sommes en présence d’un ministre du budget, patron de l’administration fiscale, super limier aux basques de la fraude, sport au combien national d’un peuple qui ne reconnaît plus à ses gouvernants la légitimité de ses ponctions et de leurs attributions, qui a caché au fisc l’apport de ces revenus dont on espère une origine peu crapuleuse ou au moins qu’ils ne soient pas des pots de vins ayant influencé les décisions du cabinet de Claude Evin dont il était le collaborateur entre 1988 et 1993.

Sinon, Allôooo, quoi…. !

Je me demande si au point où on en est, le Français moyen est si indigné que ça… s’il n’est pas intimement persuadé que pour être un bon politique il faut être un bon menteur, un bon fraudeur, un bon truqueur, un bon empapaouteur, un bon séducteur sinon comment envisager de conduire un peuple à soi ? On apprend à l'instant que dès 2008 les douanes savaient... qui a donc ordonné le secret à cette époque ? Ca va chier ! Les cerveaux de gauche s'immolent par le sexe et le fric, gare à la morale tant prêchée... Qui abhorrez vous le plus mesdames ? Le gros baiseur lubrique ou le gros fraudeur cynique ? Les deux nous faisaient la nique ! Bâaah... tout ça est tellement humain !

Si jamais on se demandait comment reconnecter les Français avec le monde politique, il faudrait d’abord je crois, éviter de l’imposer à la marge à 75% juste pour un bénéfice de pétoule de taureau de symbole idéologique à la noix et dévastateur signal à tous les investisseurs, pendant qu’on fraude soi-même comme un gros enfoiré de sans vergogne – je suis allé sur le blog de Cahuzac pour lui dire tout le mal que j’en pensais mais on ne peut laisser de commentaires : c’est dommage de n’être point curieux des réactions de ses administrés… - il faudrait, que les quarante pour cent de gens non représentés à l’assemblée nationale, le soient. Peu en importe le prix, ça ressemblerait à ça, une vraie démocratie. Il faudrait aussi comptabiliser les bulletins blancs et comme en Suisse, filer une amende à tous les beaufs qui ne bougent pas leur cul pour aller voter. (~ 90 euros là-bas)

Je note que le justiciable blasphémateur républicain réunit toutes les circonstances aggravantes pour écoper du maximum de la peine encourue soit 375000 euros et cinq ans de prison : mais nous verrons bien de quoi il retournera ! En attendant c’est Obélix qui doit bien rigoler.

Dans cet océan de merde, surnage je trouve un très beau moment, une réaction sincère, un honnête homme sans doute, un socialiste comme l’était mon grand-père, solidaire et idéaliste, une belle indignation, une vraie, pas un objet littéraire creux, mais un cri du cœur, plein de sens et d’amertume, qui serait à poings fermés rentré dans le lard de Cahuzac-le-fraudeur s’il avait été en face de lui à ce moment-là. Une réaction qui met les larmes aux yeux, elle sort du cœur blessé de Gérard Filoche et réconcilierait presque avec l’autre gauche, la vraie, celle des terroirs et pas des barons parisiens plus hypocrites que des sangliers en rut ! Pourquoi des sangliers en rut ? Je sais pas, ça m’est venu comme ça, grouïiiik.

mardi 2 avril 2013

Choc d'Aficionadisation

Les corridas dites toristas ont-elles un avenir ? Je vous rappelle que si je pose la question, c’est que nous vivons une époque où les adultes jeunes qui montent à Paris pour la première fois, font de la visite du parc Euro-Disney, le clou de leur déplacement. Au cas où il n’y aurait pas plus intéressant à voir dans la capitale.



Qui en effet pour accepter de réfléchir ou apprendre, se poser des problèmes, comprendre, bref faire un petit effort intellectuel – le vilain mot – plutôt que de se divertir connement ? Un pour cent de la population peut-être ? Déjà qu’on paye pour sortir, si en plus on ne se marre pas… si tout ne roule pas comme sur des roulettes, s’il y a des couacs dans l’harmonie factice, dans la mélodie facile, il y a des chances que le « si j’aurais su j’aurais pas venu », soit aussitôt pensé.



Un torerista grand teint et déclaré fier de l’être, aime à me provoquer entre le vélo et le tapis de marche :



- Valencia ? J’y étais : lors des ''corridas d’encastes'', Victorino et Miura, un tiers d’arène à peine… ils sont où tous ces aficionados qu’en somme vos blogs sont censés représenter là, les CyR, Brega, Vingt passes, vous…. En fait vous représentez tripette à vous tous ! Y’a dégun sur les gradins quand se trouve un cartel que vous pourriez promouvoir !!!



- Non, non, moi je me représente déjà à grand peine alors représenter les autres… disons que nous n’avons pas la même sensibilité…



- Quelle sensibilité ? Ils n’en n’ont aucune ! Ils ne comprennent rien au toreo ! A l’art de toréer ! Ils prennent le Fundi et Rafaellillo pour des grands toreros ! Robleno pour un artiste ! Ouarfff ! Dans cinq ans plus personne ne parlera d’eux ! Ils ne comprennent rien, c’est des ânes !



- Et inversement, tous ceux qui font des triomphes et quémandent des oreilles pour des tricheries profilées devant des chèvres, ''c’est pas des ânes'' ?



- Meuh non, vous n’y comprenez riiiiiieeenennn…. Vous parlez de choses d’un autre temps, vous vous gargarisez de fantasmes du temps de Pierre Cordelier, tiens des « terrains » par exemple… n’importe quoi…



- Quoi n’importe quoi ?



- C’est une vue de l’esprit les « terrains » , ça n’existe pas !



- Comment ça, ça n’existe pas ? Vous rigolez ou quoi ? Ah bien sûr, avec les « chèvres » produites aujourd’hui, ils sont moins capables de vous les faire sentir les terrains, dégénérés qu’ils sont !!!



- Ça n’existe pas je vous dis ! Vous vous gargarisez avec des concepts fumeux qui ne correspondent à rien….



- Alors y’a pas de manso alors ??? ça n’existe pas le manso ? Ni le querencioso ? Ce sont des vues de l’esprit ???



- Et à Campo abierto, ils sont où les terrains alors, hein, ils sont où ???



- Ah ben c’est plus exactement pareil, sûr que l’enceinte fermée augmente la notion de terrains, celui qu’il est plus dangereux de fouler, celui qui déclenche la charge, ce…



- Pouaaaaaaaah… n’importe quoi… terrains mon cul… c’est des conneries tout ça…. !!!!



- J’y crois pas… vous aimeriez que ça n’existe pas, qu’il ne puisse y avoir aucune considération de ce genre, que les toros soient si bêtement toréables que tout ça ne rime à rien, voilà la vérité… ! Qu’on puisse les dribbler dans tous les sens pour faire le show… Et même, en horizon ouvert, à campo abierto il y en a aussi, des terrains, même s’ils sont plus dilués, au moins celui de la charge, vers le cheval, celui de la bravoure et puis celui de la fuite, de l’autre côté, pré grand ouvert, où rejoindre le troupeau ! Sinon on verrait quoi pendant l’accoso y derribo ? On déterminerait quoi ? Rien !



- Bôaaaaa mort de rire… ‘’the terrain of the bravoure’’… ouaaaarffff !



- Bon ben, après le quart d’heure de vélo, stepper, puis assiette de Freeman yeux fermés puisque mÔsieur préfère être sourd et aveugle…



Lundi de Pâques à Arles, corrida de gala et de clôture, sous la pluie, certes, avec, dixit Midi-Libre qui a sûrement arrondi vers le haut, quatre mille spectateurs stoïques sous leurs parapluies, moulés dans leurs préservatifs translucides qu’un petit malin achète en Chine dix centimes et revends trois euros. Un putain de capitaliste qui doit voter à gauche pour faire genre, j’ai un cœur d’or… encore un…



Quatre mille spectateurs… Seulement parce qu’il pleuvait ? Je ne crois pas. La location, y compris les jours radieux, n’a jamais décollé parait-il… J’imagine qu’au minimum le double devait être espéré par l’organisateur. Alors, la météo ? La crise ?



Mouais…



Surtout le cartel, non ? Des Victorinos certes – fracaso valencian quelques jours avant des cousins d'Adolfo Martin– choix d’élevage dont la moitié se fout bien et à qui la ganaderia n’évoque aucune caractéristique particulière, et deux honnêtes et valeureux – mais Tapie comptait plus de fans que Rocard… - ouvriers-toreros. Enfin, le concept du mano à mano vendu comme un plus évènementiel et que nombre d’aficionados considèrent au contraire comme une perte potentielle. Et puis, et puis, une lente mais régulière désaffection du public semble-t-il, d’autant plus quand l’affiche demande des connaissances pour être interprétée. Sacré Cahuzac, va.