Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

vendredi 29 mai 2009

Bien lotis, tenir sur le confetti...



Hier donc, cartel de luxe - Juli, Castella, Aparicio - avec le défi à distance de tenir mieux que le compadre son sitio à tout prix face à des animaux médusés...
Epargnés par la cavalerie, les toros ont tenu le coup pour se prêter à la démonstration. Sans rien transmettre d'émouvant ce qui du coup a privé beaucoup de spectateurs du moindre intérêt à suivre les débats. La vieille histoire. Vous ne donneriez pas comme adversaire à Mike Tyson votre grand-mère, si ? Ce serait du gâchis qu'un type si fort n'ait à assommer qu'une frêle mère-grand... Et l'on sait bien ce qui lui arriverait : Tyson dans une pulsion de combat irrépressible lui arracherait l'oreille ! Eh bien c'est exactement ce qui s'est passé. Et sept fois, encore... Tiens du coup j'invente un proverbe immobilier :
A bon lotissement échoit toujours une zone pavillonnaire !
Et maintenant, cap vers le sud-ouest...

POURQUOI ALLEZ-VOUS VOIR LES CORRIDAS ?



Ah...! Antoine Martin... Voilà un candidat sérieux pour le prix Hemingway. D'ailleurs, si je publie aujourd'hui son aimable contribution à la question récurrente de ce blog, c'est qu'il est mon pronostic. Comme ça, d'instinct, je n'ai aucune information, mais si lui ne le gagne pas, je ne vois pas qui pourrait... Or il concourt depuis quelques années maintenant. Et moi, chaque fois que je le lis, j'éprouve un drôle de sentiment mêlé : une jubilation teinté d'anéantissement devant tant de virtuosité. C'est ainsi que j'aimerais écrire un jour mais, soyons réalistes, c'est inaccessible. Bref, si Antoine Martin gagne, ce ne sera que justice ! En attendant qu'il nous offre sa copita, voilà ce qu'il m'avait envoyé spontanément à une époque où l'on ne se connaissait pas encore. Sympa, non ?









Une carte postale en couleurs naturelles


Certainement, les parents s’étaient saignés à trois ou quatre veines et à tempérament pour avoir cette cuisine, la table à deux rallonges télescopiques, le buffet aux vastes rangements, les six chaises profilées à l’américaine, pour avoir cette belle cuisine en formica. L’ensemble reluisait dans des nuances céladon veinées d’un vert plus soutenu, et c’était ça qui valait le coup d’œil. Le vendeur l’avait dit : voilà le coloris au dernier cri de la mode des Arts ménagers. Pour le reste, on ne trouvait pas mieux sur le marché, comme mobilier fonctionnel, hygiénique et facile d’entretien.

Sur l’appui du buffet, il y avait une carte postale, posée entre autres objets décoratifs ou d’agrément, une rose des sables, une poupée en costume de savoyarde, un bouquet de piques à escargots, il y avait une carte postale en couleurs. On ignorait qui l’avait envoyée et si même quelqu’un l’avait jamais écrite. Peut-être n’était-ce qu’une pièce inexplicablement distinguée parmi la nombreuse pacotille qu’on ramenait en souvenir, tous les ans, du séjour d’août au pays natal. On ne savait pas, au juste. Et personne ne se soucia jamais de la retourner, pour voir à élucider le cas.

La plupart des cartes postales se bornent à offrir une illustration unique sur le recto. Pas celle-ci. Celle-ci appartenait à la catégorie de ces missives enluminées qui prétendent épuiser, en une mosaïque grossière de quatre clichés, tous les aspects d’un paysage, d’un lieu ou ( comment dire ?) d’un concept. Il est de moindres ambitions. A l’intersection de ces médianes formées par ces quatre images, l’imprimeur de la carte postale avait pavoisé d’une sorte d’oriflamme en trompe-l’œil, un petit calicot rouge et jaune, on disait sang et or, parce qu’on n’avait pas peur des mots, ni du ridicule, sur quoi se détachait, en fortes capitales noires, le simple nom ESPANA.

La première photo, en haut à gauche de la carte, montrait la vue aérienne d’une plage vautrée sous les a-plats d’un soleil que les techniques d’héliogravure s‘appliquaient à rendre plus radieux encore. Des parasols au bord de la grande bleue, des pédalos sur elle, et rideau sur les malheurs fratricides de naguère, et place aux plaisirs balnéaires pour touristes gyrovagues. Des bains de sang aux bains de mer, ainsi allait le sens de l’histoire. Désormais, il fallait le comprendre, la rengaine Cuando calienta el sol allait lentement, mais sûrement, prendre le pas sur l’hymne franquiste Cara al sol. C’était ce que disait la première photo de la carte postale.

A la droite de cette marine, dans le coin opposé, triomphait la reproduction d’une paella d’excellentes dimensions et de très bonne apparence. À vu d’œil, rien n’y manquait, ni le grain copieux, orangé à force d’être pigmenté de jaune safran, ni le rouge fluorescent des poivrons en lamelles, ni le verni des coquilles de moules hospitalièrement ouvertes. Cette représentation presque sulpicienne du riz en gloire annonçait que le temps des longues disettes d’après-guerre était clos, qu’il y avait maintenant à boire et à manger, dans ce pays, et à bon compte, au moins pour les visiteurs à fortes devises, si ces messieurs-dames voulaient bien se donner la peine de passer les Pyrénées. C’était ce que disait la deuxième photo de la carte postale.

Tout de suite au-dessous, en suivant le sens horaire, était figée une de ces scènes qu’on dit de genre. Au premier plan, une femme exagérément brune, les bras déroulés en arc, les mains chaussées de lourdes castagnettes, donnait une danse immobile aux longs volants de sa robe carmin. En retrait d’elle, chemise blanche, un guitariste, qui n’avait pas exactement la tête du type à qui on achèterait sans crainte une voiture d’occasion, singeait un accord de musique. Derrière encore, minuscule au fond du tableau, on distinguait un petit âne empomponné et chargé de toutes sortes d’alcarazas. Le tout, ce trio, planté dans un décor aveuglant de chaux, et l’on devinait facile qu’un tel cirque venait en référence, on dirait même en déférence, aux coutumes de toujours, au folklore séculaire, à la tradition. Mais une tradition enfin bien comprise, bien administrée, un peu putassière, qui saurait aguicher l’Europe opulente, l’Europe pâle, celle des belles voitures, des blondes maigres et des gros rubiconds. C’était ce que disait la troisième photo de la carte postale.

Et voilà. Restait la dernière vignette, à l’angle inférieur gauche, qui donnait sens à l’ensemble et qui, dans quelque mesure, le justifiait. On y voyait le portrait d’un jeune homme à la mèche trop longue, à la moue trop rageuse, au costume bien trop enguirlandé, avec ses épaulières tellement dorées qu’elles semblaient ciselées dans de l’or même. A la maison, malgré les origines, on se foutait du tiers comme du quart de l’art de tuer des taureaux, mais on savait, car le monde entier le savait, le nom de ce toréador en quadrichromie. Ce qu’on comprendrait beaucoup plus tard, c’était le genre de syncrétisme qu’était en train de réaliser la tauromachie d’El Cordobes, une tauromachie tonifiante comme un plongeon dans la Méditerranée, roborative comme un bon riz à l’espagnole, grotesque, pathétique et vitale comme le flamenco qui se tramait dans ces cabarets de la Costa Brava.

En ce temps-là, la cuisine ne servait pas seulement à préparer les repas. La cuisine, en ce temps-là, était la principale cellule du parti familial. On y mangeait, on y causait, on y écoutait la radio, sous peu on y regardait la télévision, on y bâclait un brin de toilette, en hiver, devant la cuisinière bois et charbon. On y faisait aussi ses devoirs, les coudes contre le vert apaisant de le table en formica. C’était alors qu’on en bavait sur la règle de trois, qu’on en chiait, tranchons le mot, pour essayer de s’entrer dans le crâne et d’apprendre par cœur les vers poussifs d’Emilie Verhaeren ; dans le livre d’histoire, le duc de Guise était plus grand mort que vivant (un peu comme Manolete) et Michel de l’Hospital prêchait la tolérance ; dans celui de morale, Bernard Palissy illustrait la vertu de persévérance en faisant cramer tous les meubles du ménage ; la Loire prenait sa source au mont Gerbier-de-Jonc et le participe passé s’obstinait à s’accorder un peu comme bon lui semblait. On n’en avait pas lourd à faire, de tout ça, mais il fallait ce qu’il fallait, on devait se résigner à se le coller dans le cigare : travailler bien à l’école, on serinait, c’était le bon moyen de devenir le moins étranger, dans ce pays. D’espérer être un jour quelqu’un, dans ce pays.

Mais en face, sur la desserte du buffet, le regard appuyé du jeune homme de la carte postale suggérait qu’un autre monde, le vrai, sans doute, était ailleurs, loin des leçons de choses et de la preuve par neuf, loin des jeudis après-midi à peiner sur la composition française du lendemain, un monde où les habits du dimanche étaient cousus d’or et la fortune moins inaccessible que le trésor de Long John Silver. C’était ce que me disait la quatrième photo de la carte postale. Des fois je pense que c’est à cause de ça que je vais aux corridas.


Antoine Martin

jeudi 28 mai 2009

LE JEU ET L'ENJEU



Une photographie de corrida doit-elle nécessairement représenter un geste maîtrisé, académique, pour être décrétée intéressante ? Si j'ai envie de reparler du combat épique que mena Rafaellillo face à ce cinquième Miura hier, c'est parce que je reviens de la corrida du jour-sept oreilles- et que je m'y suis fait ch... Oui, celle-là même dont vous lirez les superlatifs en gros titres dés demain. Que dis-je, dés ce matin puisque le supplément gratuit du journal distribué à l'entrée de l'arène titrait déjà : "Un cartel de luxe pour chavirer les arènes". C'est bon... la houle médiatique a fonctionné, elles ont chaviré, sombré, coulé à pic, même. Rien a redire, todo perfecto, la bonne moyenne en tout, des toros pas trop faibles, des démonstrations attendues rivalisant de maîtrise, tout était strictement conforme à la prédiction. Des toros sans piquant ni transmission mais qui stoppaient net quand on le leur demandait, repartaient sur le toque pour finir les 360° quasi rituels depuis Ojeda. Todo perfecto. Un petit jeu de bon aloi, pour seulement déterminer qui couperait le plus d'ore-reilles et ouvrirait la po-porte des con-con su-suls... Ben voilà, ça c'est fait...
Rafaellillo lui, avait une tout autre problématique à gérer, un véritable enjeu : occire le monstre avant de se faire tuer. Ca change évidemment tout. On a payé et on ne peut même pas se détendre, ni sourire. Une boule monte et descend dans la gorge : ce type ne va quand même pas avoir le mauvais goût de se faire étriper là, sous nos yeux ?! Plus d'une fois il s'en est fallu de trés peu ! Alors quand le grand toro s'est abattu dans un grand bruit mat en faisant trembler le sol sous les pieds de ce titan d'à peine un mètre soixante et dix et que celui-ci a enfin pu lever les bras au ciel face aux regards admiratifs d'El Juli et de Meca présents dans le callejon, que croyez-vous que le public exigea ? Une vuelta triomphale aux cris de To re ro ! To re ro ! ?
Non, rien... Applaudissements discrets à la barrière, alors que ce jeune type venait de nous offrir l'éventualité de perdre sa vie pour nous. Mais, sûr, ça n'était qu'un enjeu incapable de couper une oreille alors que dans les amphithêatres romains c'est bien connu, ce qu'on veut c'est du pain et des jeux.












































DRAME ET DRAME...



La une du Midi-Libre titre sur ce qui lui parait être le fait le plus marquant de cette première corrida : l'absence de trophées. Un drame qui occulte la disparition de ce qui faisait que Miura était Miura. Autre dramatique et scandaleuse constatation dûment relevée par Padilla et Luc Jalabert le papa dépité - attention préparez-vous, c'est cruel - :
"la musique n'a même pas joué !"
Non ? Si !
Et le père de Juan Bauptista de poursuivre :
"j'espère qu'il n'aura plus envie mais alors, plus envie du tout de toréer des Miuras... je suis affligé par la froideur du public et le manque de sensibilité de la présidence... Une course de toros de Miuras sans même faire jouer la musique...Tout est dit ! Il ne faut pas toréer des Miuras, la présidence et le public ne donnent pas assez d'importance à la prestation. C'est bien dommage. Puisse ce comportement encourager mon fils à ne plus combattre de Miura"
Sûr ! Mieux vaut, pour devenir un grand maestro, una figura, toréer des saucisses invalides devant une présidence amie dégoulinante de sensibilité (expression synonyme de "distributrice d'oreilles"). Cependant, pendant qu'on se regardait le nombril et pleurnichait sur les flagrantes injustices dont ce public indigne était capable, à mille kilomètres de là, dans le ruedo de las Ventas à Madrid, un corridon de Palha non-épointés soufflait à la tauromachie éternelle toute sa vérité. J'ai piqué cette photo sur le blog espagnol "Toro, Torero y Aficion". Est-il vraiment besoin de la commenter ? Ce jeune homme, israel Lancho, crucifié par l'estomac sur la corne d'un toro ayant toutes ses capacités, ne reprendra pas une ration de cocido madrileño de sitôt. A regarder la corne gauche, si la droite est symétrique il en a une bonne longueur dans le ventre. Il a 29 ans et n'a toréé l'année passée que six fois. Se présenter à cette course, être blessé, rendent toute sa dignité à la corrida, à des années lumières des considérations nimoises décidément jamais dans les cordes de l'authenticité. Ce n'est certainement pas les Zalduendos de ce jour qui y participeront. Quant à fustiger un public à qui on envoie depuis des années des signaux aussi dévoyés que l'indulto de caniches invalides et abrutis, quand on a chassé les aficionados sur d'autres gradins moins superficiels, c'est un peu facile d'incriminer d'une quelconque responsabilité le public restant. Sauf qu'il y a une autre possibilité non évoquée : que celui-ci ait été suffisamment averti pour se sentir plus déçu de ne pas retrouver les Miuras plutôt que de compatir au manque d'ambiance festive ? Autour de moi en tout cas c'est ce qui était regretté.
Vous voulez que je vous dise ? J'adore José Tomas, je l'adore tellement que je revends mes places sur Nimes, pas envie de le voir devant les saucissettes asthéniques, il mérite bien mieux, je ne le rate jamais à Barcelonne par exemple. Dés vendredi après-midi, départ pour Vic où j'espère ressentir l'essence. Car je suis le contraire d'un blasé, je suis une allumette ambulante qui ne cherche qu'à s'enflammer !

mercredi 27 mai 2009

MIURA à 16,53%




16,53% c'est, à la décimale près, l'exacte proportion de Miura qu'il y avait à voir cet après-midi à Nimes. Je vous épargne le calcul, cela équivaut à un sur six. Mais pas plus qu'une hirondelle, un seul Miura ne peut faire le printemps. Quand vous achetez une Patek Philippe ou une Jaeger-Lecoultre vous lisez chaque heure sur un objet hors du commun. Quand vous achetez une Porsche ou une Aston-Martin, le luxe des équipements, la volupté du cuir Connolly, la musicalité du feulement des cylindres vous emplissent d'un bonheur ineffable : vous bénéficiez des caractéristiques recherchées. Eh bien pour agrémenter la série des vieux passéistes grincheux et leur fameux "c'était mieux avant" il faut se rappeler "qu'avant" on allait pas voir une corrida de Miura mais une Miurada. On se déplaçait volontiers de très loin. "Miurada" ça voulait tout dire, c'était vraiment des toros différents. Je n'ai jamais su quel "intelligent" de service qui présidait aux destinées de cette ganaderia avait décidé un funeste jour de je ne sais quelle manipulation génétique ou croisement secret ou volonté d'abâtardissement par sélection, mais en tout cas c'est réussi : 83,47% de déchets donc aujourd'hui à Nimes... Gâchis vraiment total car s'il n'y avait qu'une ganaderia sur terre pouvant se permettre de continuer à sortir des toros -à continuer à en vendre autant- identiques à leurs frères d'il y a deux siècles, sans céder à la pression des modes, sur son seul nom, c'était bien Miura !


Six Miuras sur six, berceau étroit et cornicortos soit l'inverse des caractéristiques de cette origine... Cinq d'entre eux faibles et naïfs... "Miura faible et naïf" quasi oxymore chez ceux d'antan (oui je sais, rien que "d'antan" ça fait ringard...) Or, je suis assez vieux (de mon temps, gngnagnngn...) pour avoir vu des courses qui laissaient lessivés sur les gradins tant la tension nerveuse était extrême. Béziers en 1983 par exemple, un très grand souvenir.
Las, malgré le "soin" apporté au choix des exemplaires dévolus à Juan Bauptista -je vous dis pas comme peuvent être providentiel les sorteos, parfois- Curro Carro, l'expert des corrales auquel Midi-Libre ouvrait ses colonnes humoristiques, ne pourra pas encore visser sa plaque de Devin-Grand-Médium car il s'est planté, lui qui prédisait un triomphe de Juan Bauptista devant les bestiaux de Zahariche à l'instar de celui d'Ojeda. La deuxième prédiction était pour dimanche je crois, avec un indulto annoncé pour... ? Enfin bref, c'est dans le canard de Dimanche dernier, consultez vos tablettes ! Et moi qui trouvais à la corrida le mérite d'être le seul spectacle non écrit d'avance... ça m'a foutu un choc : on pouvait donc tout prévoir et l'organisation y travaillait : ben merde alors ! Pourtant, question prestation aléatoire, Curro Caro se posait un peu là ; y'avait pas plus fortiche ! De son temps où il passait du pire au meilleur en passant par l'espantada il n'était pas si pétri de certitudes !!!
Enfin il est sorti Zabaleto, en cinquième position, negro mulato ou réglisse-dos-menthe-ventre si vous préférez, à exactement 20 heures 04 -voir photo en en-tête- et là, la faille de San Andreas s'est rouverte sous nos pieds, Zabaleto 602 kg de sentido était un "méchantas" comme cela faisait longtemps qu'on en avait pas observé. Il ne lui manquait qu'une armure plus ouverte pour être un terrorifique bestiau. Heureusement, il échut au plus aguerri des combattants de fond de ruedos, Rafaellillo-le-vaillant. Le vaillant pur et dur n'est pas un artiste, c'est un vaillant au mental, que la difficulté ne décompose pas mais galvanise. Le vaillant est issu d'une anomalie psychique. Là où l'unanimité conclurait qu'il faut se sauvegarder d'urgence, le vaillant, cette exception, s'offre et augmente la prise de risque. Dans le civil on appelle ça un fou. En habit de lumière c'est "Torero" qu'on dit, allez comprendre. D'autant que, constatez vous même en visitant les sites taurins, dans la plupart des cas sur les photos, le garrot du toro culmine à la ceinture du torero. Oui, beaucoup de toreros sont de grands spécialistes du raticide. Mais là, non... allez d'accord, je vous mets une autre petite photo pour que vous puissiez juger... (on clique) Si, il est bien là, juste derrière et debout, on voit ses cheveux derrière la banderille... Il y a trois jours c'était pas mieux devant les Dolores Aguirre d'Alès. Alors chapeau, petit homme ! Rafaellillo n'est pas grand, mais il est vaillant, le Kirikou des ruedos... Discret en plus, pas gueulard pour deux sous comme Padilla le flibustier à rouflaquettes suspecté de radicalisation avec l'âge : j'ai l'impression qu'il veut devenir le sosie de Pepe Hillo ! Le journal décidément plein d'humour nous l'avait annoncé trois jours plus tôt épaule luxée et là il plantait allègrement les banderilles al violin et exhortait les foules à grands renforts de secousses brachiales : c'est des farceurs à Midi-Libre, hein ? Parce que mes patients, après une luxation, ils ont le bras collé au corps dans une écharpe et mettent plusieurs semaines rien que pour se gratter l'oreille, voyez...? Ou alors il est chargé à la cocaïne ? Ce qui expliquerait certaines excentricités !
juan Bauptista est un torero qui m'a toujours laissé froid. Les Miuras ne lui ont pas permis de me réchauffer. J'oubliais : une tarde de grand Mistral !!! Ce qui n'a rien facilité !

lundi 25 mai 2009

Question de style : Salvador Cortes

on clique sur les photos...










Kinécrivain masserait Jury...

Kinécrivaillon vaillant dispenserait gracieusement massage torista par pétrissage tridigital des côtelettes des membres du jury du prix Hemingway. Gratos. Tout bénévole. Ferait pas payer quoi... ni prier. Déductible des impôts sur fausse facture en plus. Installation furtive sous l'arche de l'arène face au palais de justice. Qu'elle soit rendue. Tomber la chemise. Huile fournie. Glissade assurée. Expérience unique. Oreilles comprises. Merci Eddie Pons.

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PRIX HEMINGWAY 2009
Programme Officiel

Balade littéraire sur le chemin des Verres en feria de Nîmes
Jeudi 28 mai – 21 h 30 DÎNER-LECTURE
Lecture de nouvelles du recueil Arequipa, Restaurant IT - 14, rue Auguste (près de la Maison Carrée). Philippe Béranger lit La grâce des taureau de Dan O’ Brian, Annick Mallardeau lit Topographie de l ‘enfer, d’Antoine Martin + “espontaneo” de Jérôme Fesquet, qui lit Vegas Arenas, de Michel Jeltsch
Vendredi 29 mai – 21 h 30REMISE DU PRIX HEMINGWAY 2009 A l’issue de la corrida – piste des arènes. Entrée libre par la porte « présidence » face aux 3 Maures
Suivie de la NUIT HEMINGWAY dans les ARÈNES de NÎMES
Lecture de la nouvelle lauréate et des finalistes 2009dans les chiqueros + lieux insolites ou secrets des arènes. Entrée libre par la porte « patio de caballos » Cocktail offert par l’UCTPR
Samedi 30 mai – de 15 h 30 à 18 h 00 RENCONTRE et DÉDICACES Avec les auteurs du recueil Arequipa Librairie Teissier – 11, rue Régale
Samedi 30 mai – 21 h 30LECTURE SURPRISE de deux nouvelles du recueil Arequipa à l’Alegria - Espace Chouleur – 6, rue FresquePhilippe Béranger lit Fin de course, de Nicolas Ancion, François Kopania lit Torero, pointure 36, de Gerald Gruhn
Lundi 1er juin – 14 h 00LECTURE DE LA NOUVELLE LAURÉATE 2009 par François Marthouret dans les jardins de l‘Hôtel Imperator Concorde Quai de la Fontaine – Entrée libre

dimanche 24 mai 2009

MAUVAISE NOUVELLE...


L'organisation du prix Hemingway annonce que les nouvelles finalistes pour 2009 sont :


Feria de Glace ; L’étoile et le soleil noir ; Maestros et mozos ; Corrida parisienne ; Taureau Blond ; L’aficionado ; El nino azul ; Going to the Rodeo ( Rodéo) ; John de Vauvert ; Le pyjama de lumière ; Taureau taureau ; Les 7 vies de Lluvia ; Bufalorida ; Sanctuaires ; Le vieux taureau ; Mon frère d’ A ; Pentecôteavic ; L’année du boeuf ; Rendez-Vous ; Le frère de Perez ; Deux oreilles et un coeur.


La mauvaise mienne n'y figurant pas, autant que je vous l'inflige tout de suite et qu'on n'en parle plus. Voici donc :




"La Mouche de Sa Majesté"







Pepin, d’un revers de main agacé, chassa la mouche qui chatouillait son front perlé de sueur. Elle vrombit une seconde près de son tympan avant d’aller ricocher nerveusement sur la vitre. Il la suivit du regard. Quoi de plus bêtement obstiné qu’une mouche ? A chaque impact, elle s’affolait un peu plus, reprenant son élan pour buter de plus belle, plus excitée qu’à la tentative précédente, bientôt affolée d’être prisonnière de l’espace surchauffé entre la fenêtre et le rideau. Elle s’en échappa pourtant, volant enfin au long cours, guillerette sous la rotation lente des pales poussiéreuses du ventilateur de plafond en opérant de brusques changements de direction pleins de décision qui semblaient obéir à un ordre impérieux. Puis elle vint se poser sur les pieds du cadavre et enfin sur son nez.

C’est vrai que ça sent les pieds, ici, pensa Pepin réceptif au message subliminal tandis qu’il constatait avec effroi l’entrée de l’insecte dans la narine gauche. Il hésita longtemps à intervenir tout en surveillant l’orifice nasal puis avisa un crayon de papier bien appointé qui traînait sur la table de nuit et s’en saisit. Contournant le grandiose lit à baldaquin de bois foncé et torsadé, il se courba au-dessus du visage du mort, main levée, crayon profilé, attendant recibiendo la sortie du diptère zélé.

Soudain, on toussa derrière lui. Il se redressa d’un bond, constatant que toute la famille du défunt était entrée en silence foulant l’épaisse moquette de laine, et le regardait mi-consternée, mi-interrogative.

C’est la mouche ! dit-il levant les mains au ciel avec la bonne foi d’un footballeur Italien essayant de se disculper d’une faute évidente.

La famille éplorée investit la chambre, encercla le lit et il en profita pour s’éclipser à reculons. Sa mission pour les pompes funèbres Ramon y Ramon était accomplie. Il exercerait maintenant son second métier, peon de cuadrilla et se rendrait place Santa-Ana à l’hôtel Reina Victoria pour rejoindre le torero qu’il devait habiller.

Dans les salons autour du hall, de beaux messieurs en costume sombre et mocassins de cuir lisaient leur journal dans des fauteuils profonds, s’épiant de temps à autre d’un coup d’oeil furtif, décoché par-dessus les colonnes imprimées. Au comptoir du bar, de belles femmes croisaient et décroisaient leurs jambes gainées de soie dans un crissement léger qui électrisait leurs interlocuteurs et prenaient appui de leurs hauts talons sur les repose-pieds en inox des tabourets. Il ignora cette population représentative de tous les palaces du monde pour s’enquérir du numéro de chambre du maestro.

Euh… vous parlez de celui qui est venu s’habiller, monsieur ?
Oui, c’est ça.
Alors…deuxième étage, chambre 226, monsieur…

Il monta dans l’ascenseur avec une de ces créatures irréelle qui planta ses yeux verts emplis de mépris dans les siens jusqu’à les lui décrocher de son décolleté. Encore une de ces logiques féminines hermétiques aux hommes : à quoi bon découvrir ''jusqu'au fils'' (Hasta el hijo, au nom du père, du fils...) ce qu’il était interdit de regarder ? Et le col roulé alors, c’est pour les chiens ? Puis il se renfrogna. Ces femmes-là n’étaient pas pour lui, elles ne s’intéressaient qu’aux toreros. A croire qu’il fallait avoir du sang sur les mains pour parcourir leurs merveilleux paysages. Pourquoi prenaient-elles le droit de vous toiser, énième mystère du genre féminin que Pepin renonçait à percer.

Il frappa à la porte de la chambre et entra. A l’intérieur l’ambiance était lourde, les mines graves. On s’y croisait sans mot dire, chacun à son occupation. Pepin reconnaissait bien là, cette tension qui précède le grand voyage vers le monde paisible des rêves de taureaux. Le costume de lumière, sur une chaise, comme d’habitude. Un rayon de soleil en frappait les épaulettes qui éclaboussaient les murs de pépites colorées. D’abord les chaussettes, roses. Plutôt une couleur pour poupée Barbie, se dit-il, en lui enfilant la première. Etonnant parti pris que de vêtir la virilité de rose pastel mais dans ce monde qui trouvait normal de tuer des bestiaux de six cents kilos avec un chiffon et une épée, poser la question aurait été déplacé. Les deux autres subalternes s’ennuyaient ferme, discutaient à voix basse, poussant parfois de profonds soupirs.

C’est le matador qui avait tenu à la présence de toute l’équipe. On assistait autrefois au lever du Roi, eh bien, il y avait de nos jours l’habillage du torero. La problématique du pantalon était réelle. Il fallait placer les attributs virils d’un côté et ensuite soupeser littéralement l’homme dans le vêtement empesé pour qu’il l’habitât convenablement. La rigidité n’aidait pas. Le picador appuyé sur le chambranle d’une porte s’évadait par téléphone portable interposé. Avec sa petite amie, sans doute, vu ses sourires béats qui lui donnaient cet air niais, anachronique dans la solennité du moment. Car affronter cette solitude n’était pas donné à tout le monde et la gravité de rituels immuables y préparait un peu. Seul pour cette course, pas une mince affaire ; qui, pour lutter contre six anges noirs, six taureaux, six ambassadeurs de l’au-delà, qui, pour envisager pareille éventualité sinon les toreros ?

Pepin en se dépatouillant maladroitement du problème de ses gros doigts de paysan et des tout petits boutons de la chemise blanche, pensa que c’étaient quand même de drôles de types, ceux qui s’habillaient de lumière. Après quoi couraient-ils, au fond ? Après la gloire ? La fortune ? L’aventure ? Les décolletés profonds et les jambes interminables ? Parcourant la planète taurine de place en place, cherchaient-ils à parfaire la connaissance d’eux-mêmes en révélant les mystères de l’animal fascinant ?

Durant le rituel de l’habillage, par respect, on observait le silence. Il fit claquer les bretelles sur les épaules du torero pour estimer leur tension. Adéquate. Pendant qu’on brossait une dernière fois la veste, Pepin jeta un œil sur la place Santa-Ana depuis la grande fenêtre. Des gitans débraillés et gueulards à la figure presque noire, mimaient une faena, selon le sang qui baignait leurs coeurs, sans contrôle ni modération, tout dans l’excès et le paroxysme, décomplexés, libres, sauvages, affranchis de toute bienséance et de la réprobation tacite des passants outrés. Il était fascinant de les voir ainsi démontrer au bas de l’hôtel où descendaient des maestros pleins de maîtrise retenue, la joie de leur aficion éclose en une spontanéité juvénile. Les gitans n’avaient pas honte de leur enfance et aucune bégueulerie ou affliction ne les empêchaient de la retrouver. Malgré tout, on s’apercevait vite que leur interprétation glissait vers la satire du statut de matador, qu’elle ne représentait pas seulement avec naïveté leur admiration. Des malins ces types, dans leur inculture.

Ne restaient plus que les zapatillas à chausser, facile, et la chaquetilla à enfiler, plus ardu. Mais maintenant enfin, il était habillé. Pepin était fier, il en avait fini avec cette corvée. Comme quoi, avec du fric, on pouvait tout s’offrir, y compris ce genre de mascarade…
On referma le couvercle du cercueil. Il eut le temps d’apercevoir la mouche s’y glisser. Celle-là au moins n’emmerderait plus personne. L’extravagant Salvador Valdano Torres de Ybarguen mourrait certes en torero, mais finirait en terreau pour asticots. Il y avait une justice. Toute la cuadrilla embauchée pour l’occasion sortit en quête d’une bière plus rafraîchissante. Pepin rechigné, cracha dans le premier caniveau traversé :

Quelle honte… ! Mourir en torero alors qu’il a clampsé dans son plumard sans avoir jamais eu les couilles de se foutre devant un toro… Sin Verguenza !

Les autres opinèrent du chef sans émettre de commentaire. La mort, on ne la contrariait pas. Ils marchaient vite, absorbés dans leurs pensées, droit vers la Casa Patas. Des nuées de cyclomotoristes casqués, avec de grosses lunettes facettées bourdonnaient alentour en essaim nauséabond excité par l’orage. D’épais nuages bouchaient le ciel, il faisait lourd, les chemises collaient à la peau, l’air de la capitale était irrespirable, des odeurs putrides montaient des ruelles jonchées d’ordures et d’excréments. Un vrai temps de mouches.


Palha d'Alès : Piquants et piqués.



Si une corrida se juge aussi par rapport à elle-même, à l'aune de celle de la veille, les toros sortis aujourd'hui étaient un peu les toros "moins"... On a même cru un temps qu'ils n'étaient même pas toros Ô angoisse quand une vraisemblable erreur d'affichage annonça la naissance du premier en Septembre 2005 ! Sur son cuir heureusement, la marquage du fer corrigeait.
Moins grands et volumineux, moins méchants, moins armés, plus piquants que "terrorifiques". Plus "medio-formatés" pour servir et permettre le triomphe, ce que la triplette du jour - Cortes, Gijon, Padilla- ne sut pas. Je pègue, tu pègues, nous péguons des passes sans âme ni sincérité, plutôt que de toréer... Avec malgré tout des toros, qui prenaient d'importantes rations de piques sans broncher, faiblir ou ouvrir la gueule. Mais de vrais toros avec de faux toreros, cela n'a jamais fait une grande corrida. Je sais, le toreo c'est trés dur, mais en même temps ce n'est pas moi qui les ai poussés dans cette arène. D'ailleurs on ne leur reprochera jamais avec véhémence de ne pas y arriver. De faire semblant d'essayer, si. A hauteur de l'admiration de principe qu'on leur porte en achetant son billet.

AGUIRRE LA MANSADA




Alès : Une mansada mais au moins puissante, bien armée, agressive, sauvage, de grand tamaño, qui inspirait le risque et le respect avec trois premiers mansos, tardos, broncos, mal élevés, plus racailles rebelles que cathos serviables, aux charges peu claires et posant de gros problèmes à des toreros quelque peu dépassés. Les trois derniers étaient plus toréables mais avec du fond et des pattes et il fallait être un vaillant comme Rafaelillo pour tenir en tête de gondole la puissance d'un train aussi haut que lui. Moins spectaculaire toutefois que celle de l'année passée, ce lot fut intéressant et ne suscita jamais la pitié trop souvent éprouvée dans ces indignités éhontément appelées corridas. Ce que fit Sanchez Vara fut bien fait mais... de loin. Et le niveau relevé de difficultés offertes par ses exemplaires ne permit pas à Savalli de construire. Visiblement pas encore assez de métier pour de tels adversaires, il faut bien débuter. Mais si rencontrer des toros qui combattent et ne collaborent pas fait douter, cela permet aussi de progresser plus vite et de quitter enfin le festival pour l'art martial. Un tout autre monde.

vendredi 22 mai 2009

Sang, sueur, passion, larmes, rires et danse : la vie


Ce post est impudique. Ce reportage ne concerne que les "Amis de Pablo Romero" et cette famille à laquelle ils se sont adressés. C'est une belle aventure humaine autour d'une histoire finalement triste qui ne vivra plus que de souvenirs. Les toros ne sont plus ce qu'ils étaient, la famille a perdu l'élevage, à tous les sens du terme la fortune a changé de main. Seulement voilà, parce que ces toros sont parmi les plus beaux de la planète, parce que cet élevage restera quoi qu'il advienne y compris éventuel complet étiolement assumé, une primordiale contribution à l'histoire de la tauromachie, il nous a semblé important de porter au plus haut de nos forces la mise en valeur de ce patrimoine. Et c'est à nous et à notre passion manifestée que cette famille a confié le fond concernant toute l'histoire de la ganaderia. Si les toros s'appellent maintenant "Partido de Resina" du nom de la finca où ils naissent, c'est qu'ils n'ont pas voulu vendre leur nom avec leurs biens, un patronyme qu'ils ont jugé digne de nous confier. Je sais, c'est un peu grandiloquent mais personne n'est obligé de pleurer avec nous. Car on en a vu des yeux rouges, des rictus d'émotion, des face à face intenses, des têtes qui se détournaient au creux d'hospitalières épaules quand mon objectif voyeur s'approchait. Chez cette famille espagnole tout d'abord, découvrant avec quel soin on exposait son histoire et puis le fait d'avoir baptisé cette salle du nom d'Hervé Gabourdès, cet ami qu'un avion ne voulut pas nous rendre, disparu avec sa femme et ses enfants. Alors avant, assis sur les bars ou les chaises pliantes vertes qui pincent les culs, on a écouté l'assemblée générale d'une oreille impatiente puis on a montré et découvert notre petit musée personnel. Et pendant ce temps, par une fenêtre, je voyais les enfants s'approprier l'estrade abandonnée par les adultes. Je voyais ce garçon tout de jaune vêtu (blasphème, sacrilège et mauvail oeil tauromachique, le jaune...!) jouer sans vergogne avec le toro "empaillé" que partout ailleurs il serait interdit de toucher. Nous on rafistolera si besoin. Et puis on est redescendu, on a bu et on a mangé et bu encore et on a ri et on a dansé des choses légères, des Sévillanes, parce qu'on ne peut pas être profond tout le temps, parce qu'il faut bien évacuer les tensions, on a parlé toro encore et encore jusqu'à s'essouffler, on a projeté des images, écouté de la musique, parce que l'âme espagnole est grave et festive et répond à cet écho confusément vibrant en nos poitrines, se sentir vivant, être heureux que la mort nous laisse un répit, on parlait tellement qu'il fallait bien boire de temps en temps et puis trinquer avec les amis et se remettre à danser où assurer les palmas pour s'enivrer de l'ivresse des autres, pour capter les étincelles des regards, toutes les forces de vie disponibles, les pousser, les soutenir, les porter si bien que soudain une toute petite fille est sortie du rang pour lever les mains aux cieux et cueillir le fruit comme elle l'avait vu faire par les femmes et alors quand on a vu s'avancer Jaime pour danser avec elle, on a su qu'on avait peut-être pas fait tout ça pour rien, qu'on avait réussi le passage du témoin, que longtemps encore on entendrait parler des Pablo Romero, aussi un peu, grâce à nous.























































































































jeudi 21 mai 2009

Week-end chargé...




Week-end chargé que celui de l'Ascension pour l'aficionado nimois membre des "Amis de Pablo-Romero".

Cela commençait hier soir dans la MAaaaaaagnifique bodega au parfum andalou que tous ceux qui y ont posé un pied veulent intégrer absolument s'arrogeant tout de go défenseurs du toro qui combat comme s'ils avaient soudain été frappés par la foudre de l'évidence... Mais ceci est un autre débat... De gauche à droite, Pierre Dupuy ex-directeur de la revue "TOROS", jacques Durand ex-coureur d'encierros pampelonnaises, Jaime de Pablo Romero ex-ganadero de l'élevage éponyme, Manolo Munoz ex-employé de Jaime et actuel mayoral de ladite ganaderia y Serge Sanchez président à vie de l'association. Le thème de la communication : Antonio Ordonnez et les toros de Pablo-Romero. Un thème qui sera repris pour la première exposition de notre petit musée flambant neuf, ouvert dés Pentecôte.


Quand Jaime de Pablo-Romero est arrivé, il a embrassé Serge Sanchez mais pas Manolo Munoz. J'ai plutôt ressenti dans la très cordiale poignée de main échangée, tout le respect mutuel qui anima leur relation d'employeur à employé à la tête de cet élevage durant de longues années. Très vite, fusèrent entre eux des appartés complices et des sourires entendus en réaction à ce qui était dit. Il est évident que ces deux personnages ont d'innombrables souvenirs et anecdotes en commun et que ces retrouvailles leur procuraient du plaisir. Ils n'avaient visiblement pas besoin des autres pour passer un bon moment et Serge Sanchez se fit un devoir de les interrompre traduisant leurs appartés pour en faire bénéficier les auditeurs. On essaya de cerner la personnalité du maestro Ordonnez, chacun y allant de son anecdote. Pierre Dupuy expliqua qu'à l'époque s'il l'admirait, il ne l'estimait pas car ses réactions étaient parfois orgueuilleuses et déroutantes. Pourtant sur la foi de leur ami commun Pierre Cordelier, le maestro s'avérait un ami extrêmement généreux et attentionné. Et qu'il avait finalement toute confiance dans le jugement de Cordelier très avisé en relations humaines. Jacques Durand indiqua qu'Ordonnez aimait faire la fête avec Hemingway et parfois courrir l'encierro ce qui lui valut un jour une cornada. Il aimait aussi dire aux enfants de ne pas plonger dans la piscine pour éviter de mouiller Orson avec les éclaboussures. Orson Welles est enterré dans son jardin.

(j'espère que j'ai tout bien compris, on m'avait déjà fait goûter au nouveau champagne de la bodega : du Lafitte, et boire, écouter, retenir, photographier, faire la bise aux copines, et des abrazos aux copains, ça faisait finalement beaucoup pour moi tout seul). Etait-ce lui qui sillonnait les rues de Pampelune à l'aube pour retrouver la carcasse effondrée d'Ernest Hemingway ? Je crois bien aussi... En tout cas le gros type qui s'effondra un jour sur Albaladejo au cours d'une bousculade sur un trottoir était bien l'écrivain américain... Coma éthylique ou bagarre ? Ernest pratiquait les deux...

Pierre Dupuy rappela en bon juriste que la dilution des empires ganaderos peut aussi s'expliquer par la succession : si au siècle précédent on envoyait deux fils dans l'armée, deux dans le clergé, qu'on écartait les filles des affaires pour que finalement la ganaderia reste à l'aîné, il n'en fut plus de même peu après et avec une richesse foncière égale à celle des Pablo-Romero (15 000 hectares) chacun revendiquait désormais ses droits et le ganadero ne se retrouvait plus qu'avec un neuvième de tout ça. Jaime précisa à ce moment-là que lui n'avait même pas hérité de la ganaderia mais avait du l'acquérir suite au décés de son frère de 47 ans.

En correspondance avec la resena madrilène d'El Pais tout récemment publiée ici, je retiendrai l'illustration des rapports différents qui régnaient à l'époque entre toreros et ganaderos par l'anecdote que nous conta Jaime de Pablo Romero.
C'était une année difficile pour Ordonnez qui jusque-là n'avait pas vraiment triomphé dans cette temporada. Or, le cycle Isidril se terminait par une corrida de Pablo Romero au cartel de laquelle il figurait. Il voulait frapper un grand coup et triompher pour achever le cycle en marquant les esprits. Il téléphona au père de jaime alors en charge de la ganaderia, Félipe je crois, lui demandant s'il pouvait passer à la finca. Bien sûr, venez. Il vint seul et ils parlèrent longuement, de tout et de rien, de la famille, de la politique, d'agriculture et Félipe sentait bien qu'il avait un désir secret puisqu'il ne partait jamais...

Voulez-vous déjeuner avec nous Antonio ? proposa-t-il et Ordonnez accepta l'invitation. Ils burent, mangèrent et burent encore, fumèrent un gros cigare cubain en sirotant des cafés et jamais Antonio ne semblait vouloir partir. Félipe avait compris mais ne bronchait pas, il avait tout son temps...

Enfin quand ils se levèrent et qu'il était temps de partir, Ordonnez timidement demanda :

- Don Félipe, croyez-vous qu'il serait possible de voir les toros de ma course avant de partir ?

El le ganadero lui répondit :

- Non Antonio, ce n'est pas possible. D'ailleurs, ne te soucie pas des toros, ce n'est pas de ta responsabilité. Ta responsabilité à toi c'est de les toréer. La mienne est de te les donner beaux, puissants et bien armés. Et ça, sois tranquille, je m'en occupe...


Quand le défaut d'intelligence miaule l'irrespect du Roi



Lilian Peille me fait passer cette resena d'Antonio Lorca dans El Pais, éloquente sur la démarche qui préside au montage d'une corrida de garantie débouchant sur un fracaso de catégorie. Lorca pose à mon sens la bonne question : Où est l'intelligence ?
On peut en effet se demander quel avantage il y a à choisir, et pour Madrid, des toritos invalides pour des torerazos au sommet de leur art, chacun capable de tuer une ganaderia de senors-toros dans la journée. Peut-être faudrait-il commencer par renvoyer tous les veedores-parasites, reprendre le contact direct empresa-ganaderos et demander aux toreros qu'ils ne s'intérèssent aux toros qu'une fois face à eux sur le sable des ruedos dans la magnifique incertitude du danger et de l'aléatoire, seule et nécessaire condition pour garder sa dignité à la corrida.
Toros de Núñez del Cuvillo, muy mal presentados en general; inválidos, mansos y descastados. Destacó por su nobleza el anovillado quinto.
Apunten los nombres: Julián López, El Juli; Manuel Jesús, El Cid, y Miguel Ángel Perera. He aquí tres antitaurinos declarados, que ayer hicieron profesión de fe en la mismísima plaza de las Ventas. Son tres figuras, por supuesto; figuras que están acompañadas por una pléyade de veedores que van al campo, se reúnen con el ganadero, quien les muestra los toros que tiene apartados para Madrid. Los veedores los ven, que para eso están, y emiten su veredicto: "Éste, sí; quítame el 24; mueve el jabonero que me parece que puede embestir; ése, no; aquél tampoco me gusta...". Y, claro, faltan toros, y el ganadero, que está para servir a su cliente, les enseña otros que tenía previstos para plazas de inferior categoría. Siguen los veedores: "Ese castaño sí que es bonito; vaya hechuras que tiene aquel negro listón...". Y el ganadero guarda silencio, esconde los que tenía preparados, embarca la corrida elegida, la aprueban los veterinarios -porque no se olvide que el cartel lo forman tres figuras, la expectación está por las nubes y a ver quién es el presidente valiente que rechaza los toros y se expone a que los toreros se nieguen a torear- y los animales salen al ruedo de Madrid.

Y, entonces, el público se siente estafado porque comprueba que ha venido a ver toros y le ofrecen gatos que, además, demuestran una invalidez enfermiza y una mansedumbre y ausencia de casta desesperante.
Pero quede claro que, con la complicidad de la autoridad, los principales responsables son los tres toreros antes citados. Ellos son los que permitieron que ayer se celebrara un simulacro de corrida, una triste caricatura de una fiesta que está basada en toros encastados y poderosos, y no en tullidos borregos que se desploman antes de finalizar la primera carrera. Pero las figuras esperan que uno meta la cabeza, derroche nobleza y les permita demostrar todo el arte que llevan dentro. Pero cometen un error de principiante: esos toros que ayer trajeron a Madrid son idóneos para plazas de segunda y tercera, donde estas tres figuras les hubieran cortado orejas y rabos varios. Pero, en Madrid, no. En esta plaza, esos toros son el cuerpo de un fraude.
Sin embargo, hay algo inexplicable en toda esta historia: ¿qué necesidad tienen El Juli, un torero en un momento extraordinario de poderío y sapiencia; El Cid, un torerazo que, quizá, no atraviese su mejor momento; y Perera, que derrocha firmeza y valentía, de hacer este ridículo tan espantoso en esta plaza? Incomprensible, pero cierto. ¿Dónde está la inteligencia? ¿Quiénes son los consejeros de estos tres señores?
Pero lo cierto es que, entre los tres infligieron un feo bajonazo a la fiesta de los toros. Y si los toreros -las figuras- le pierden el respeto a la fiesta, al toro y al público, ¿quién defenderá este espectáculo de tantos sartenazos como está recibiendo? Si el milagro diario es que la gente siga llenando las plazas y pagando un dineral para que reciban a cambio una vergonzosa estafa...
No tiene explicación racional que El Juli se haya prestado a esta pantomima. Es, hoy por hoy, un torero que raya la perfección técnica, y así lo demostró ante su amorfo lote. Las dos faenas tuvieron pasajes de toreo auténtico, con el toro embebido en la muleta, por ambos lados, pero nadie le hizo caso. El ambiente estaba enrarecido desde el primer novillote y nada tuvo ya importancia.
El Cid tampoco tiene perdón. No parece que disfrute de un momento dulce, lo cual es normal en la vida de cualquier figura. Pero lo de ayer... Primero, intenta ponerse bonito con una birria de torete borracho, que fue el segundo de la tarde; después, permitió que lo desbordara un becerrote, al que banderilleó muy bien Alcalareño, que tuvo motor en el tercio final y con el que no se acopló en ningún momento. Algún natural surgió con largura, pero en un conjunto de pases acelerados y destemplados, en una pelea desigual de la que salió triunfador el novillo. Se colocó mal con la derecha, usó el pico y toda ilusión se diluyó con más pena que gloria.
¿Y Perera? Este torero necesita un toro codicioso para que luzca su firmeza y la hondura de su brillante toreo. Su primero, una birria; una buena tanda de derechazos en el sexto, y muy pesado cuando el toro se paró.
Si no hay respeto, señores toreros, ustedes y no otros acabarán con los toros.
Por cierto, la fiesta tiene la suerte de que el Rey sea aficionado. Pero don Juan Carlos tiene la negra: raro es el día que viene que no le dan gato por liebre. Si es que estos taurinos no respetan ni la Monarquía...

photo Alvaro Garcia

mercredi 20 mai 2009

LOS ENANOS encore...



Insatiable chercheuse de sens, Gina soudain interpellée par la tradition des nains toreros a demandé à une amie professeur d'Histoire ce qu'elle pouvait lui dire à ce sujet. Voici donc la réponse d'Annie Ferrer :
Au sujet des nains, on constate que c'est à partir de Charles Quint que les souverains espagnols affichent un goût malsain qui les pousse à s'entourer de nains, d'infirmes, de fous ou de bouffons qui les divertissaient. Les peintres de cour ont représenté très souvent et à la demande du roi, ces êtres anormaux ou difformes qui vivaient à la cour et dont les portraits ornaient les demeures royales. Philippe II et ensuite Philippe IV ont continué cette tradition mais c'est dans la cour baroque de ce dernier que Velazquez trouvera les figures les plus marquantes.
A noter que les artistes espagnols qui recherchaient dans un sujet plus le caractère que la beauté n'ont jamais rechigné à peindre ces malheureux mais que c'est Velazquez qui leur a donné le plus d'humanité. La société espagnole elle même, a travers la littérature picaresque, semblait considérer que ce type de handicap permettait de gagner sa vie, en suscitant la pitié ou une curiosité malsaine et certains parents n'hésitaient pas à estropier leur enfant.
En marge de cette curieuse conception du handicap, il y a le goût de la parodie qui a toujours existé en Espagne où les chansons de geste ont fini par être tournées en dérision, où Don Quichotte, au départ, n'est qu'une imitation burlesque des romans de chevalerie, et où, à la cour de Philippe IV, les bouffons(sans tares physiques ou avec) parodient tout le monde : nobles, toreros... y compris le couple royal et cela en toute impunité (voir sur ce sujet LA CONTROVERSE DE VALLADOLID par Jean Claude Carrière).
J'ajouterai à toutes ces explications une interprétation très personnelle:
les Habsbourg,à force de consanguinité, étaient tellement dégénérés eux-mêmes qu'ils devaient se consoler en voyant pire!
Je pars en cure le 24 mai et serai de retour le 14 juin.
Bon... ben... merci beaucoup Annie pour ces précisions et bonne cure alors !
Photographie de Cristina Garcia Rodero in "Espagne Occulte"

mardi 19 mai 2009

JE SEICHE...



Il y a quelque temps, on s'est beaucoup moqué de moi sur un distingué forum de photographie haute résolution parce que j'avais expliqué le projet que je fomentais :
J'avais dans l'idée (Ô combien saugrenue) de tirer le portrait d'une femme noire en la parant de bijoux de ma fabrication, soit des boucles d'oreilles faites d'anneaux de bon diamètre où j'aurais suspendu accrochés par l'oeil (mais déjà morts...) de petits poissons argentés (jols) et un autre moins petit autour du cou (anchois). Je les aurais légèrement ''bombés'' d'une eau d'Evian en brumisateur afin qu'ils gouttent encore, suggérant ainsi leur toute récente extirpation de la mer patrie. Des gouttes translucides avec un éclairage rasant pour les mettre en valeur en un chemin guidant l'oeil sur la belle peau d'Ebène de Nathalie ("mon" modèle). Las ! ces pseudos artistes hyper conventionnels, au lieu de m'encourager, m'ont traité de tous les noms (d'oiseaux) et me proposèrent les variantes les plus loufoques pour assouvir leur instinct de (basse) raillerie... C'était une période où je ne devais pas être trop sûr de moi (si) : j'ai laissé tomber. Depuis, pourtant, j'ai vu plus imaginatif : comme cette femme coiffée d'une araignée de mer ou ici ce sexe (bijou lui aussi) glabre et coudé (pisser dans les coins ?) ''empégué'' d'une seiche venant épancher ici un peu d'encre. Enfin seiche c'est pas garanti, c'est peut-être un bébé pieuvre. L'octopussy nous donne en tous cas à voir qu'il y a un total look pour la zigounette et des esthéticiennes efficaces. Bon, peut-être pas chez vous en province, mais dans la capitale, oui. On pensait la mode réservée aux femmes : après le triangle des Bermudes (puisqu'on aime à venir s'y perdre) dense et foisonnant des années soixante-dix chanté par... qui déjà ? Léo Ferré ? dont seuls les quinquagénaires supportent parait-il désormais la vue (une jeune allemande a fait tout un flan de cette histoire dans son roman qui fait un tabac surtout lorsqu'elle vient lire à ses concitoyens les plus sulfureux passages, très strictement vêtue. Bof...) Les jeunes hommes sont effrayés, les quinquas non, vu qu'ils forniquaient en ce temps là déjà, sans avoir peur de ce qu'était une femme. Après, il y a eu l'avènement du rectangle en ''ticket de métro" de l'an 2000, mais désormais (si l'on accepte l'idée d'être bien renseigné) la tendance fashionista de la foufoune du XXIè siècle est à l'absence totale de pillosité, façon petit fille. Comment je le sais ? Maaaaaaaais, j'ai des amis gynécologues moi, monsieur ! Et donc apparemment la mode (glabritude...) aidant et la peur des jeunes filles pour la virilité authentiquement hirsute augmentant, voilà comment il faut désormais se présenter à elles pour ne pas les effaroucher. On peut dépéguer la seiche. Si je le fais ce portrait, je vous le montrerai. Vous alliez me le demander. Je sais. Comme le titre du livre de la jeune Allemande qui part à la découverte de son sexe. Z'auraient pas un siècle de retard en littérature, les Allemands, pour s'esbaudir de si peu ? Oublié, le titre. Frustrés ? L'esthétique du sexe : pensez-y en vous rasant. J'abuse des parenthèses si je veux.

vendredi 15 mai 2009

LA GRÂCE PANDEMIQUE



Mille cas de plus dans le monde, en vingt-quatre heures. Est-ce si anodin que ça ? Sur une échelle de six nous sommes en alerte cinq. L'alerte cinq, c'est ça :
''Propagation interhumaine du virus dans au moins deux pays d'une Région de l'OMS. Si la plupart des pays ne sont pas touchés à ce stade, la déclaration de la phase cinq est un signal fort indiquant qu'une pandémie est imminente et qu'il reste peu de temps pour finaliser l'organisation, la diffusion et la mise en oeuvre des moyens d'atténuation prévus.''
En phase cinq donc, la plupart des pays ne sont pas touchés... et...donc...là....?
Mais voyons ce qui décrit l'alerte six :
''Dite aussi phase de pandémie,elle se caractèrise par des flambées à l'échelon communautaire dans au moins un pays d'une autre Région de l'OMS en plus des critères définis à la phase cinq. La déclaration de cette phase indiquera qu'une pandémie est en cours.''
Bon...et donc...là, elle n'est pas en cours. Je veux bien... Non parce que, futiles et légèrement obsédés par les toros comme nous le sommes, il faut se rappeler que phase six égale corridas interdites ! Tout rassemblement proscrit ! Couple amoureux à peine toléré, triolisme réprouvé ! Comment fera la France si elle ne peut plus manifester ? M'est avis qu'elle organisera des contre-manifestations pour revendiquer la ré-autorisation des manifestations, la France. Si à la veille des férias de Vic et de Nimes tombait l'interdiction formelle, vous imaginez ? Tous les toros graciés par la porcine... C'est le moment de brûler un cierge !
Non, pas pour la sauvegarde de nos spectacles favoris, pour les malades, bande d'aficionados indignes !!!

jeudi 14 mai 2009

Le Nu



Une belle photo de nu n'est pas du tout une photo de belle femme nue. Aucun rapport. C'est avant tout une idée, un clin d'oeil, une astuce, une audace, un message. Parfois la combinaison de ces notions avec, cerise sur le gâteau, une belle lumière. Ici ce n'est pas l'admiration d'un physique hors normes qui rend cette photo intéressante mais plutôt ce point d'équilibre rompu qui soudain nous précipite avec le sujet dans un avenir encore impossible à cerner. On espère que, pour elle et pour nous, plus dure ne sera pas la chute. Qu'une eau tiède et profonde l'accueillera ou mieux, que quelqu'un l'attend, à bras ouverts, espérant son plongeon confiant. Mais parfois on attend et personne ne s'élance, parfois on s'élance et personne pour accueillir. Et on s'est alors jeté à l'eau pour rien. Le plus triste serait d'être malheureux chacun de son côté sans le savoir. Mais bon... cette photo peut aussi inspirer tout autre chose, quelque chose de gai par exemple...

mardi 12 mai 2009

QUESTION DE STYLE : ESPLA AL VIOLIN




Si j'ai mis la plus spectaculaire photo en premier-celle où il semble arrêter la charge de ce toro d'une main- cette série doit plutôt se lire de bas en haut.