Onda cero elche

Onda cero elche
Un Osborne de Guernica

jeudi 26 décembre 2013

Scoop raté...

Cela fait peut-être deux mois maintenant, que par l'entremise de Gina et de ses amis américains, j'ai sa traduction d'une nouvelle inédite (parce que refusée à l'époque) d'Hemingway. Cette histoire de nouvelle seulement découverte aujourd'hui m'avait grandement excité et je m'apprêtais au scoop national en avant-première !!! Mais le choc fut grand je la découvris : moi qui aime cet auteur je trouvais cette nouvelle-ci très mauvaise, ridicule pour tout dire... (le replacement du duodénum...! ) et dépité, je l'oubliais... je suis persuadé que présenté au prix Hemingway, elle ne passerait pas la sélection pour compter parmi les finalistes... j'avais fait bosser Gina pour rien, sollicité ses amis pour rien... etc... Remarquez, elle a un effet rassurant cette nouvelle, elle montre que l'on s'améliore, qu'une oeuvre de jeunesse est grandement perfectible ! Aujourd'hui je la découvre livrée par la lettre de l'Atelier Baie et il est intéressant, même rigolo, de comparer la traduction... là où le traducteur de l'Atelier Baie voit dans la deuxième phrase "ces Américains que l'on rencontre trop souvent dans les lieux arrosés", Gina y voit des "stations thermales"... Ce n'est pas moi qui trancherait mais bon, Hemingway n'ayant jamais été très connu pour aimer l'eau... Donc je vous la livre aussi pour les cuistres qui ne seraient pas abonnés à la lettre et pour ceux qui le sont, pour jouir de la comparaison. 

 Ma Vie dans l'arène avec Donald Ogden Stewart 

 Avant, j'avais souvent rencontré Stewart dans l'arène, mais sans lui accorder une attention particulière. Il semblait être un de ces types d’Américains qu'on rencontre trop fréquemment, seulement dans les stations thermales du continent. La première remarque que Stewart m'eût jamais adressée, fut sur La Place de Toros de Pampelune : 
 « Fais attention, ce toro est fou ». 
Comme une fois, j'avais connu, plutôt bien, l'épouse de l'ambassadeur américain d'Espagne quand elle voyageait en Europe, je savais quelques tournures américaines et bien entendu, je pensais que le gars voulait signifier que le taureau était en colère. 
 « Ca n'a rien d'exceptionnel dans ces circonstances », dis-je en choisissant un paquet de banderilles. 
 « Que diable, non», dit Stewart. 
Ceci était un peu exagéré même venant d’un Américain, aussi ne répondis-je pas, mais, d'un simple geste de la main, je renvoyai mes peones et me préparai à exciter le taureau pour poser les banderilles. Mais comme j'allais exciter le quadrupède, je remarquai un truc pas ordinaire. Les yeux du taureau étaient fixés sur Stewart. Je me tournai vers Stewart et dis avec un ton que je jugeai poli :
« Mon vieux, sois gentil et simplement, recule-toi de cette barrière ». 
« Je te dis que ce taureau est fou », cria Stewart. 

A cette époque, la foule s'occupait des affaires et commença à crier des encouragements à Stewart et à me hurler des insultes. 
 « On veut Don Stewart » était la rengaine de leurs acclamations et je vis bientôt qu'ils avaient confondu son prénom avec un titre espagnol et prenant Stewart pour un compatriote, ils essayaient d'en faire un héros national. 
 « Donnez-nous Don », me criait presque dans les oreilles un type à la grosse figure rouge. « Rendez-nous notre fric », criaient les autres. « Rendez -nous notre fric et donnez-nous Don », combina la figure rouge. 
 « On veut Don Stewart » commença à crier toute une section des arènes remplie de jeunes voyous. « Dites donc », beuglait par-dessus la rumeur, un gigantesque Espagnol à boucles d'oreilles en agitant un pistolet automatique au-dessus du mugissement. « Dites donc. Donnez-nous Don Stewart ». 
 Juste à ce moment-là, on me lança une tomate mûre en pleine figure. C'était presque du cricket et je me tournai vers la foule. Je levai la main pour obtenir le silence et la foule se calma. Je vis que je conservais encore mon ancienne popularité et comme je m'essuyais la tomate des yeux avec le mouchoir que m'avait donné la Reine Mère, je décidai de donner une leçon à la horde inconstante. 
 « Hombres » dis-je, « Mujeres, Bambinos », usant de mon dialecte castillan, « je suis à bout ». Ca me prit un bon quart d'heure pour dire ceci en castillan, mais je fus payé en retour par le grondement des acclamations qui s'élevèrent tout comme je finissais. « Don stewart, Don stewart, Don Stewart » martelaient les voyous. Le gros Espagnol juste derrière moi, semblait pris d'un désir sanguinaire. « Don », marmottait-il, « Don ». Puis empoignant la barrière métallique, son visage devenant violacé jusqu'à ce que j'en sois complètement affligé, « Il les tue ! Il les mange vivants » ! 
 Je me tournai, saluai la foule avec le plus de grâce possible et tendis mon épée et ma muleta à Stewart qui les accepta avec un murmure de remerciement. Il se détourna de moi après une rapide et ferme poignée de main, et s'adressa à la foule. « Hombres ! Femini ! Piccoli ! » commença-t-il, employant mon andalou maternel. « Y a-t-il un docteur dans la maison » ? Un individu plutôt miteux se détacha d'un groupe, probablement d'étudiants en médecine, et se dressa devant lui. « J'ai dit un docteur », ajouta Stewart d'une voix rude. Le type se rassit. « j'ai cru que vous demandiez un dentiste », murmura-t-il. « N'y a-t-il pas de docteur dans la maison » ? implora Stewart. « Nada, Nada,», cria la populace. « Il y avait un docteur mais il est saoul ». 
 « Dieu merci », me murmura Stewart en un rapide aparté. « Je suis un Scientifique Chrétien ». Je commençai à aimer ce gars. Retirant son chapeau melon, non, maintenant je me rappelle, - Stewart ne portait jamais ce chapeau dans l'arène, c'était une casquette, abaissée sur ses yeux -, Stewart s'adressa encore à la foule. « Je vous jure que je tuerai ce taureau ou qu'il me tuera » ; il prononça ce serment en vieux castillan. Il y eut un semblant d'applaudissement pour le choix du langage. Stewart se tourna vers le public et lança son épée et sa muleta. Un silence de mort retomba. « Il va le tuer à mains nues », cria quelqu'un. Derrière moi, l'Espagnol assoiffé de sang se balançait de l'avant à l'arrière. « Il les tue », murmura-t-il. « Il les mange vivants ». 
Stewart me saisit par la main. « Hemingway, m'assisteras-tu ? » demanda-t-il. Je fixai son clair regard gris. « Jusqu'à la mort », dis-je. Stewart sauta brusquement de côté. « Ne mentionne pas ce mot », ajouta-t-il. 
Stewart fit un grand pas vers le taureau et comme le taureau chargeait, Stewart chargea. Je n'avais jamais vu une chose pareille depuis la mort du Gallito. Il y eut un moment de confusion que j'ai de peine à reconstituer maintenant et je me rappelle seulement Stewart et le taureau se secouant mutuellement, tournant et tournant autour de l'arène. Ensuite ce fut fini et Stewart se redressa nettement pour laisser l'animal tomber. Il l'avait tué à mains nues. 
Pauvre type, il était horrible à voir. Ses côtes ressortaient comme les baleines d'un vieux corset. Il tenait son pancréas de la main gauche. Comme je le rejoignais, un petit garçon qui avait couru depuis les barricades, se baissa dans le sable et ramassa un objet. Il le tendit à Stewart qui, rapidement s'en empara pour le remettre en place. C'était son duodénum. « Tu ferais mieux de laver ça », lui recommandai-je fortement. « Peu importe » dit Stewart et il s'évanouit.

Quand il reprit connaissance, nous étions environnés de gens. Ils essayaient de découper des souvenirs de son habit. Déjà un joyeux trafic se mettait en place partout dans l'arène. Stewart me fit un signe. Je me penchai tout près. Il me murmura à l'oreille. « Dis-leur ce que j'avais fait à Philadelphia Jack O'Brien», ajouta-t-il d'une voix rauque. Je ne connaissais pas le monsieur en question. Mais j'avais vu Stewart en action avec ce dingue de taureau. Peut-être laissai-je vagabonder un peu mon imagination ; mais tenant Stewart dans mes bras, je leur racontai. Dans mon meilleur vieux castillan que j'avais réservé au vingt-et-unième anniversaire de mon fils, je leur racontai. Stewart ouvrit les yeux une seule fois pendant que je parlais. « Tu'l eu... dis gamin », ajouta-t-il. « Tu'l eu... dis ». 
Par chance, le pauvre gars se remit.

mercredi 25 décembre 2013

Le cadeau de Noël de "Photosmotstoros"



C'est pas mal, plus de quatre vingt-sept millions de "vues"... Faut dire que Karmin est une virtuose qui glose supersonique et sans orthophoniste. Une remarquable performeuse ! Bien sûr vous autres branchés des réseaux sociaux, vous la connaissiez déjà - ben oui, c'est vous les 87 millions... Pour les réfractaires à l'étalage public et les retors aux amis électriques comme moi, c'est une découverte toute récente grâce aux débroussailleurs du net que sont mes fils et donc aussi sec, je vous la présente. Car c'est comme ça, maintenant les fins de soirées de Noël, on ne les passe plus à se marrer en faisant les fous avec les derniers jouets offerts mais encore devant un écran, à s'échanger les découvertes et coups de coeur. Ma foi, pour Karmin je veux bien... Réglé plein cadre, le visionnage siouplait et avec du volume le son du caisson.
Au fait, le chapon préalablement poché dans un fonds de légumes avant d'être enfourné, ça fonctionne : super moelleux ! 

jeudi 28 novembre 2013

Une loi bandante

Le socialisme pense que l’homme est bon. Le socialisme pense que, par hasard, s’il ne l’était pas, il faut le rééduquer d’urgence afin que cette théorie se justifie. Lorsque le socialisme pulse depuis l’esprit hygiéniste d’une jeune femme intransigeante qui n’a pas encore digéré le recul de la vie, privilège de l’âge, cela donne la pensée de NVB. 

Najat Vallaud Belkacem doit vomir le socialisme à la DSK, c’est sûr. Elle a un combat : éradiquer la prostitution. Rien de moins. Quand tu es une femme, jeune, moderne, socialiste, psychorigide, hygiéniste et intransigeante, tu peux penser sans rire que tu vas y arriver. Trop forte… Comme le disait un humoriste Belge l’autre jour sur France-Inter (pourtant…) après le tome 1 ‘’Abolir la Prostitution’’ que sera le tome 2 ? ‘’Ne mourrez plus, apprenez à voler…’’ ? Bonne chance Najat, on est avec toi… 

Tu veux que je t’explique comment on fait dans les rigoristes pays musulmans où tu dois être très fière que la prostitution n’est tout simplement pas possible comme l’Arabie Saoudite ? En ben c’est simple, ça arrive par avion entier sur Marrakech, ça réserve des Hôtels entier et… en avant le bunga-bunga, youhouuuu… mais à part ça, ça n’existe pas. Les proxos, les réseaux, la misère ? Même pas mal…

 Tout ça pour dire qu’on ne va pas réprimer le plus fort désir humain parce qu’on risque une amende de 1500 euros… et que ça s’organisera autrement avec ou sans ton accord de prude hypocrite jolie Najat… Ben oui… qu’est-ce que tu crois ? Tu ne serais pas socialiste par hasard pour croire de telles naïvetés ??? Croire que celui qui ne pense pas opportun d’essayer d’empêcher la prostitution se complait dans le crime, est complice ou indifférent à la traite des blanches, à l’esclavage ou à la misère humaine est aussi naïf que de croire que l’aficionado va à l’arène par vice malsain, pour se repaître de cruauté. La vérité la plus vraisemblable est que NVB ignore tout de l’amour, de la sexualité, de l’influence, du trouble, du désir, du fantasme, de l’affect, du pouvoir, des liens, de l’âme, qu’elle est comme ces jeunes célibataires qui expliquent à la caméra combien elles regrettent amèrement d’être seules en des termes d’une exigence telle qu’au bout de cinq minutes tu n’en peux plus de les écouter, tu n’éprouves qu’un désir, pas leur faire l’amour, non, toutes fermes et jolies qu’elles soient, mais les fuir, au plus vite, au plus loin. 

L’Espagne pour le sujet, est plus moderne et réaliste mais nous c’est vrai, nous sommes la voix de la morale (y’a qu’à voir vivre nos dirigeants…) nous nous devons d’indiquer au monde comment il faut penser, parce que vendre son corps c’est vilain, criminogène, indigne, etc. C’est tout ce que tu veux, Najat, sur le papier d’une ordonnance, d’une loi ou d’un traité, dans la théorie quoi, il est possible que tu aies raison je te le concède, que ta position soit plus défendable et honorable dans l’absolu… mais si l’on pousse cet absolu encore plus loin, déboule la nature humaine et là, j’ai peur que quelques détails t’aient échappé dans ton ''choc de simplification''. 

Au taré qui m’opposerait : et ta fille tu voudrais qu’elle soit une pute ? Je répondrais juste : mais quel con ! Ce n’est pas le niveau de lecture ! 

Les dépités de l’Assemblée Nationale vont devoir petit doigt sur la couture du pantalon voter ta loi que tu juges certainement être une avancée sociale majeure. Au-delà du bouton obéissant sur lequel ils vont appuyer, peut-être certain clients de putes avec plus de conviction que les autres comme pour laver soudain leur conscience, ( oui parce que c’est justement ça la nature humaine : on n’est pas à l’abri de ses contradictions ! ) j’aimerais bien connaître leurs pensées intimes sur l’étendue d’un problème aussi vaste qu’on sera fier de feindre de circonscrire en légiférant. Quant à toutes les putes, hommes ou femmes qui sous des dehors sociaux acceptables sont les pires putes par qui la terre ait jamais été arpentée, alors là… 

Tiens, le politique par exemple : a-t-il le moyen d’exercer sa charge dans son âme et conscience sans être parfois la pute d’entre les putes pour arriver à se faire désirer et provoquer l’érection d’un peuple à la suite de ses idées ? Allons, soyons sérieux… 

La loi sur la pénalisation du client ? Une loi très clitoridienne, pour titiller les consciences et agacer le désir, un touche-pipi pour ados de la pensée, socialos bien-pensants, enseignants cathos et frustrés du gland, qui ne changera pas d’un soupir, l’humanité.

lundi 25 novembre 2013

Laure Adler et les Quarante Lubriques

Pas d'érection



C'était diabolique, les flammes de l'enfer où l'on se précipitait tout droit sans amertume, léchaient les parois de l'âtre où se consumaient nos fantasmes, toutes les salopes, tous les queutards impénitents de la ville, quarante privilégiés planqués derrière ''l'amour de la littérature'' qui avaient en hâte réservé leur place par retour de courriel alléché, pressaient leurs fesses hospitalières dans la salon décadent au remugle de foutre... jouir... aaaaah oui, enfin jouir sans contraintes, entre nous, entre soi, tous ensemble, scellés épaule contre épaule par l'espoir de la partouze finale, butinant les chairs de ses voisines, les besognant d'importance là, par terre, sur les tomettes, dans un immense gémissement jamais rassasié au mitan des geysers de sperme à l'assaut des boiseries dans la lumière Barry Lindonienne des bougies dont les flammes faseyaient comme des verges pompant leur altitude à la recherche de leur tumescence renouvelée, soutenues par la voix chaude d'une lectrice croisant et décroisant ses jambes seulement gainées de voile de nylon dont le léger crissement électrisait toute particule mâle évoluant dans le boudoir rehaussé d'or tandis que le sillage de son parfum flottait encore, capiteux, envoûtant, entre les rangées bondées de monomaniaques lubriques bondables... Rhâââaahhh... lovely...



Bon, ça, c'était dans ma tête malade pendant le trajet aller... vers cette soirée de lecture érotique organisée par le diable... la réalité sur place maintenant ? On se calme. Déjà si l'on se souvient du physique de Marguerite Duras... Bon ben... L'homme assis dans le couloir – titre du texte lu – c'était pas elle qu'il regardait, je vous en fiche mon billet. Ah bravo... c'est élégant ça comme remarque, tiens... Ben oui, mais moi, je ne peux écrire que ce que je pense, c'est comme ça... Enfin, Laure Adler traverse la salle après un discours sans filet et bien ficelé de ''little fish'' – son nom d'Indien - le communiquant maison au suffixe tout trouvé (niquant) pour une telle soirée, Jol Liby alias ''libydo'' quand il donne le ''la'' de cette présentation, l'homme-poisson qui jamais ne débande quand il s'agit de haranguer, sort. Todo perfecto. De puta madre.



Laure Adler s'assoit dans un fauteuil de chez RBC, à oreilles (j'avais des mots pour déflorer ces initiales mais je ne voudrais pas tomber dans le graveleux où je me vautre peut-être déjà sous le circonflexe de votre sourcil concupiscent) sans doute pour mieux provoquer l'écoute. Elle ne porte à mon grand désarroi, ni robenijupenibas mais un pantalon bien couvrant engoncé dans des bottes nordiques fourrées... bon... puis démarre la lecture d'une voix monocorde dénuée d'émotion sur le ton de l'énumération d'une liste, dont la première phrase commute instantanément chez votre serviteur préféré chaud bouillant comme un Cubain en salsa, un érotisme annoncé et espéré, en intellectualisme rigide et froid, frigide et roide, psychorigifrigorifiant. En gros l'histoire d'un voyeur éjaculateur précoce qui mate une meuf qu'à rien trouvé de plus confortable que de se titiller l'abricot allongée sur les cailloux d'une allée... Oui mais vous, l'été, vous lisiez Duras quand je lisais San Antonio... Puis il la ballotte du bout du pied comme une chiffe molle histoire de voir si elle est bien molle et soumise, avant de la torgnoler par mornifles de paluches en trombine, à la demande expresse de l'impétrante enfin pénétrée... Ouais... font c'qui veulent, hein... mais moi, cela ne m'a rien évoqué qui vaille la peine d'être vécu ! A la réflexion, le ton très neutre et la diction parfaite, jamais accrochée de la lectrice, pouvait aussi donner au texte toute sa place, c'est selon... 



Cette première partie ne fut donc pas la plus intéressante à mes oreilles ni à ma...''bip''. Par contre les précisions que nous apporta Laure Adler qui vient de publier une biographie de cet écrivain lorsque nous lui posâmes des questions, fut passionnante. Nonobstant le gros lourdaud qui lui demanda si après la torgnole, la femme avait porté plainte auprès des gendarmes... oh putain... consternation dans les rangs... on avait honte pour lui et pour nous... sa femme essayait en vain de disparaître sous les tomettes... sauf que je crois bien qu'il s'agit d'un plancher de chêne finalement... disposé en chevrons, même. Et qu'en fait je n'en sais rien s'il était accompagné...



Enfin, après qu'il se soit tu, Laure Adler nous affranchit de quelques considérations sur la vie et le style de l'auteur – la recherche de l'épure – parait-il, dont on ne s'était absolument pas rendu compte dans ce texte aux descriptions si longues et minutieuses qu'elles empêchaient le plaisir créé de la représentation mentale, ces images qui naissent de la littérature. 
C'est là que les Dobermans de Gina se sont déchaînés... Elle a choisi pour son Iphone, la seule sonnerie qu'Eichmann himself n'aurait pas reniée... des aboiements de chiens agressifs... et c'était peut-être bien une cravache de cuir qui dépassait de son sac... Evidemment la logique féminine étant ce qu'elle est, au lieu de commuter prestement l'interrupteur de son mobile (en haut à gauche sur la tranche, gina, pour la prochaine fois...) elle entreprit d'étouffer les clébards avec son écharpe, au fond de son sac à main, en plongeant au milieu des travées des obsédés associés ce qui rendait les vociférations canines encore plus pathétiques et réalistes tout en entretenant une sexy-ambiguïté avec son lubrique de la rangée précédente... J'espère qu'elle sera rayée de la liste des prochains privilégiés par naturelle mesure de rétorsion. Un bon plan pour le lourdaud, peut-être.



Pas de petite photo de cette soirée malheureusement, le vestiaire de l'entrée m'ayant subtilisé mon duffle-coat avec mon mobile in the pocket. Ah si, une dernière chose : la soirée était sponsorisée par un mécène, sûrement la raison pour laquelle on nous servit des minis-gâteaux à l'apéritif – il espérait qu'on ait déjà mangé...- et que je me suis vu refuser une deuxième coupette de Roederer... un mini-mécène donc, à qui le barman physionomiste coûta certainement plus cher que le Champ ! Merci quand même... je critique, je critique mais c'est pour amuser les foules, hein, une bonne soirée à recommencer avec, plus d'érotisme encore.

jeudi 21 novembre 2013

Pour Johann Strauss...

La Pensée du jour



Une coupe du monde sans moi... je ne pense pas que je la suivrais...

Zlatan Ibrahimovic


mardi 19 novembre 2013

Se qualifier

Pour se qualifier, le bon plan c’est de faire ce qu’il faut pour éviter les barrages. Trop tard. Eviter ces matchs coupe-gorges où ne gagne pas le plus fort mais celui qui a faim. Celui à qui le goulag est promis s’il ne se bat pas assez bien. Leur entraîneur l’a précisé : « nous n’avons peut-être pas de vedettes dans l’équipe mais chacun sait que ce n’est pas la peine de se présenter sur le terrain si ce n’est pas pour tout donner jusqu’à la dernière seconde » Le plus motivé, le premier sur la balle, celui qui par sa détermination fait échouer la technique léchée, celle dont les chevilles distinguées s’indigneraient presque de ces méthodes vulgaires d’engagement total. T’as compris Evra ?

Oui mais voilà, pour ces laborieux de la balle au pied, ces ouvriers qui bâtissent au pays et pas à l’étranger déracinant, le maillot, l’équipe, le pays correspondent à de vraies motivations. On ne voit pas leurs femmes secouer dans les tribunes des drapeaux algériens. Eh non… Que pourrait-on avoir à foutre de la France quand dans la banlieue où l’on a grandit, il était de bon ton de s’insurger et vomir tout ce qui la représentait, que pourrait-on avoir à foutre de la France quand son bonheur personnel est ailleurs, en Angleterre ou en Allemagne où l’on vit et travaille ? A quoi peut correspondre ''jouer pour la France'' ? Si, peut-être le standing, l’occasion de fournir la vitrine du mercato où potentialiser l’action de ses bourses, sa carrière propre, sa valeur marchande, de mercenaire au plus offrant, apatride professionnel entraîné à n’avoir que pour seul sentiment d’appartenance son régime fiscal, mais pas plus. Je hais par contre l’idée volontiers émise en ce moment qu’on ne peut se reconnaître dans cette équipe de noirs et d’arabes… Pour trois raisons principales :

 - On ne peut pas en vouloir aux gens pour ce qu’ils sont…
 - On ne peut pas avoir colonisé la moitié du monde et renier le droit à ceux qu’on a ‘’obligé’’, de porter notre nationalité…
 - Les blancs pure souche n’ont qu’à courir aussi vite et aussi longtemps avec autant de talent pour avoir la possibilité de leur disputer la sélection…

 Par contre, d’avoir cette mentalité de merde, ça on peut leur en vouloir. Fallait depuis l’épisode du car, sortir tous ces décérébrés milliardaires plus assez motivés. Fallait reconstruire avec des jeunes morts de faim, qui voulaient bouffer du cuir et du gazon. Fallait… Les journalistes peuvent-ils écrire qu’il fallait virer tous ces petits cons, imbus de leurs aptitudes de baballe avec leurs airs de lascars ringards ? Non, ils aimeraient tellement partir au Brésil avec eux… Faudra attendre encore un peu pour qu’ils se déchaînent, foutu pour foutu… Et tu sais quoi lecteur ? Si ça se trouve ils vont s’arracher la peau du scrotum (il est temps que cet article se termine je sens monter l’ordurier défoulatoire…) et se qualifier, faire chavirer le stade, les commentateurs et la France de bonheur… Le tireur fou va surgir, dégommer leur goal à la chevrotine et on va le marquer ce troisième but !!!
Et tout le monde dira que ces petits cons, ils sont géniaux ! Et ce grand écart-là, ça c’est du sport !

dimanche 20 octobre 2013

Le "Léonarda me fas caga" édito...

Au secours... arrêtez ce cirque... mais quel pays de nouilles dégénérées nous faisons !!!
Yes, Facho 1er, mézigue, is back. L'exécution d'une décision de justice serait d'une violence inouïe, pensez, arrêter la route d'un bus pour pecho Leonarda devant ses cop's, quel scandale ! Il y aurait des territoires comme ça, qu'il faudrait sanctuariser, l'école, l'hôpital, l'église où pileraient net les lois de la République, où il ne serait point humaniste d'appliquer l'état de droit... et ce sont parfois des députés, juristes de métier, qui nous expliquent la chose... Au secours... le pays le plus con du monde a encore frappé... ! Qu'il est beau l'humanisme galopant qui gagne tout le monde quand il s'agit d'idées de principe lointaines... Qu'y aurait-il à gagner à dénoncer l’hypocrisie sinon se faire haïr et encore accuser de raciste comme je m'y prête ici et maintenant, sous vos yeux réjouis d'adhésion ou révulsés de haine ? 

Mais l'humanisme à sa porte, qui pour l'appliquer ? Des villages entiers se révoltent quand il s'agit d'installer chez eux une simple maison de rééducation pour ados qui ont fait des bêtises au lieu de contribuer à leur réintégration sociale, leur donner un chance collectivement, mais là, pour la lointaine et médiatisée Léonarda qu'est-ce qu'on s'indigne, personnellement ! Et le papa Rom qui dialogue en direct avec Flamby par medias interposés, elle est pas bonne celle-là ? 

« l'Hollande y nous prend pour des zanimos, ou quoi ? » 
 
Meuh... c'est toi le gros zanimo à des années-lumière de la moindre pensée intelligente et noble, avec tes gros sabots de profiteur professionnel qui n'a jamais voulu travailler. Soit. Ça peut même être un point de vue philosophique, la paresse, mais alors développe savamment ou tais-toi, par pitié !

T'as vu, Valls, (on se tutoie entres camarades de droite...) comme ton propre camp t'as immédiatement ''fascisé'' avant même de chercher à comprendre ? Ça leur fout une de ces trouilles que tu soit un type droit avec une logique cohérente en tête... Peuvent pas supporter ! Ils voudraient que la France ne soit qu'une « Rainbow Family «  géante, t'sais... sauf dans leur gentilhommière bien sûr. Et dire qu'ils sont tellement débiles qu'ils ne se rendent même pas compte qu'à se couper ainsi de l'opinion publique, ils offrent au FN quelques centaines de milliers de voix supplémentaires, les bourrins... Tu vas voir qu'il ne sera pas nécessaire de picoler de la gnôle pour voir plusieurs Brignoles ! Entre parenthèses, une petite ville que je connais très bien où ne règne chez les gens pas plus de bas sentiments qu'ailleurs. C'est juste que les gens veulent que l'on regarde et considère leurs problèmes au lieu de les injurier quand ils les dénoncent. Comme partout, mèfi !

Ceci dit, il paraîtrait qu'il y ait de l'amateurisme, il se dit que la mère et la fille ne seraient pas expulsables car... italiennes ! Va comprendre quelque chose, lecteur... mais le meilleur c'est le signal mou et flou décoché par Flamby... là, on touche au sublime... les policiers ont manqué de discernement, la loi doit s'appliquer, mais Léonarda peut revenir si elle le désire. Normal, quoi. Parce que si c'est ultra violent de l'attraper dans son bus scolaire, la séparer de sa famille l'est infiniment moins ! Comme serait moral et légitime qu'on subventionne une illégale toute sa vie durant. Et là, le fait que le peuple suive Valls à 75% n'interpelle personne... Bon... En attendant, dans la course effréné à l'humanisme, ce nouveau viatique existentiel dont on se parfume à outrance chez toute bonne âme gauchie, les écolos ont qualifié Hollande « d'inhumain »... On n'a pas fini de se marrer... !

Alors qu'avons-nous d'autre en rayon question actu pour cet édito... ah oui, vingt-quatre cornadas, vingt-quatre. C'est ce qu'à récolté un cycliste Allemand qui pédalait avec madame sur les bords du Vaccarès. Il en est mort. D'après ce que l'on a compris, sa femme ayant été chargée prem's, il est monté au quite, l'héroïque teuton, avec son VTT comme muleta... Le Blohorn l'a ramené dans le cercado dont il avait sauté la barrière à la faveur d'une pelea générale et s'est couché dessus après l'avoir occis sous les yeux de sa femme. Comme un lion sur sa proie. Pas touche, pas bougé, c'est à moi. Une idée pour les militants du CRAC pour le 27 Octobre : et si au lieu de venir nous faire chier à Rodilhan, vous alliez pédaler du côté du Vaccarès ? Puisque vous beuglez non-stop que ces bovins ne sont pas agressifs, qu'on peut les caresser, tout comme Fadjen le gentil toro écolo. Mmmm ? C'est comme pour l'immigration, confronter son utopie idéologique verrouillée à la grandeur d'âme, à la vraie vie, réserve parfois des surprises douloureuses. La réalité que ça s'appelle. Le socialisme comme tremplin du FN, c'est dur à digérer mais vous commencez à capter... Je sais, vous me haïssez. Ah, voyez que vous êtes capable de ne pas aimer tout le monde... c'est bien, vous progressez.

vendredi 18 octobre 2013

La Bonne Lettre d'un Dangereux Socialiste... ;-)


Monsieur le Délégué, 

J'ai pris connaissance de votre courrier en date du 12 septembre dernier, dans lequel vous exprimez le souhait de connaître ma position sur l'abolition de la corrida dont vous avez fait votre cheval de bataille. Je vous remercie au passage de solliciter, pour la première fois, le Député des Landes mais aussi le Président d'un des départements les plus taurins de France.

Vous n'êtes pas sans savoir qu'au plan juridique, la question de l'abolition de la corrida a été tranchée par une décision du Conseil constitutionnel en date du 2l septembre 2012. Rejetant un recours que vous aviez intenté avec d'autres associations, la haute juridiction a notamment considéré que le critère de « tradition locale ininterrompue » inscrit dans le code pénal est      « précis, objectif et rationnel ». Organiser des corridas dans certaines régions françaises, dont la nôtre, est donc parfaitement conforme à la constitution. 

Que vous regrettiez cette décision est une chose, mais comme vous l'écrivez dans votre lettre, la règle de droit doit s'appliquer à tous et de la même manière. Dans ces conditions, je trouve pour le moins désolant et même inquiétant d'un point de vue démocratique, que vous affirmiez sans vergogne : « Désormais, la corrida est génératrice de troubles à l'ordre public ». 

Ce qui est générateur de troubles à l'ordre public du point de vue du droit, c'est bien que votre association organise des manifestations sans déclaration et donc sans autorisation préalable de la ville où elles se déroulent et de la Préfecture dont elles dépendent. Plus grave encore, c'est que vous ne teniez aucun compte d'un arrêté municipal réglementant une manifestation à Dax, bref que vous ignoriez l'état de droit et les principes républicains dont vous vous réclamez par ailleurs dans votre courrier. Ce point est d'autant plus sensible que votre mouvement a reçu, dans un passé récent, le soutien de personnalités pour le moins contestables. Je pense précisément à Laurent Louis, ce député belge ouvertement xénophobe ou bien encore à cette militante animaliste, qui assistait à votre dernière assemblée générale, et qu'il n'y a pas si longtemps à Paris s'affichait aux côtés de groupuscules extrémistes ayant tristement défrayé la chronique des faits divers. 
Pour justifier votre « combat », vous faites référence à «  une montée en puissance du nombre de personnes hostiles à la corrida », aux «  nombreux électeurs préoccupés par le sort des animaux », à «  la volonté populaire ».  

Je reconnais qu'en matière de lobbying et d'actions sur le terrain, votre association fait preuve d'une organisation quasi-militaire et que vos manifestations sont très méthodiques jusque dans le contournement de la loi. Mais on ne peut se prévaloir de quelques milliers de supporteurs sur les réseaux sociaux et d'une poignée de militants actifs sur le terrain pour conclure à la désapprobation d'une majorité de Français. S'agissant des électeurs, je puis vous assurer, pour les fréquenter tous les jours, qu'ils sont avant tout préoccupés par leur situation en temps de crise économique et sociale. Cela dit, je n'éluderai pas les questions éthiques et même, j'ose le mot, de morale, liées au spectacle taurin. Je comprends la sensibilité des personnes qui ne veulent pas imaginer et encore moins voir un animal blessé et mourant dans une arène. Mais en retour, acceptez la sensibilité d'aficionados, qui ne voient pas la même chose qu'eux. Aucun aficionado que je connais ne va aux arènes pour voir souffrir un animal. Il va aux arènes pour admirer. Admirer un taureau qui combat, admirer un homme qui a le courage d'affronter cet animal jusqu'à risquer sa vie. 

ll y a toujours plusieurs façons de voir un spectacle. Je pourrais vous raconter le spectacle de ces grands-pères, qui le dimanche dans mon canton de Chalosse s'adonnent paisiblement au plaisir de la pêche à la ligne, sous le regard admiratif de leurs petits-enfants. Je pourrais aussi vous raconter quelque chose d'abominable, l'hameçon qui meurtrit la bouche du poisson, l'animal qui achève sa lente agonie en se débattant dans un seau jusqu'à l'asphyxie. J'ai déjà eu l'occasion de le dire publiquement : Je suis frappé de la montée en puissance d'une nouvelle forme d'ordre moral, qui consiste justement à vouloir imposer son point de vue et sa sensibilité à autrui par tous les moyens, y compris la violence, comme à Rion-des-Landes. Sans compter, puisque nous parlons d'éthique, que les mots ont un sens et une histoire parfois douloureuse. A parler de « torture », de « barbarie » ou bien encore de « sévices » à propos de la tauromachie, à mettre sur le même plan la mort d'un animal et la mort d'un être humain, on en vient facilement à trouver aussi naturel de tuer un homme qu'un animal. Cette négation du propre de l'homme et du processus d'hominisation nous ramène aux pires tragédies de notre histoire. Au final, je ne suis pas sûr que la cause animale ait beaucoup à y gagner. Mais je suis certain que l'humanisme a beaucoup à y perdre. 
Je vous prie de croire, Monsieur le Délégué, à l'assurance de ma considération distinguée. 
Bien à vous, Henri Emmanuelli

mercredi 16 octobre 2013

Analyse du PH 2013

C’est une resena forcément subjective, comme toute appréciation sur quelque geste artistique que ce soit : ce sont des émotions, des sentiments, des rires ou des tristesses.

Pour moi, deux nouvelles restent fixées, campées, quelques autres en filigrane.

Incontestablement, la nouvelle de Miguel Sanchez Robles "L’ultime tragédie païenne de l’Occident", non parce qu’ elle est lauréate, mais parce que, dès les premières lignes, on est pris, embarqués, qualité essentielle pour un genre bref. Parce qu’en trois lignes, il est capable d’assembler des détails disparates pour en faire surgir un caractère. Parce que ces détails font passer, sans en avoir l’air, du trivial au métaphysique, du quotidien à l’éternel.

<< Mon père fumait comme vit un vieux chien, sans réaliser qu’il fumait autant, mais en comprenant parfaitement que le fait de vivre consiste seulement à tuer peu à peu un rossignol >> (p.20) Parce qu’une tendresse immense affleure de ces pages, un amour passionné de la vie comme une Fiesta Brava d’où l’on ne sort jamais indemne. C’est écrit d’avance ! 

L’autre nouvelle est celle de Marc Delon, "Cuban Missile Crisis" non parce qu’il est l’artisan de ce Blog, ni pour le flatter, mais pour la bonne raison que là aussi, nous trouvons une écriture forte et une atmosphère à faire tourbillonner les cendres d’Hemingway à Ronda. J’avais, très modestement, suivi ses presque débuts, et je m’acharnais, malgré son entêtement poli, à lui faire supprimer un trop plein d’adjectifs et une complaisance fantasmatique de Kiné en goguette. Quelques années plus tard, s’il continue à se lâcher sur son blog, il a réduit à l’os cette évocation d’un bar cubain et de ceux qui le hantent : Lupita au centre, cette petite louve solaire–obscure, comme surgie d’un enfer radieux pour faire luire les yeux avinés et les innocences lointaines, pour consoler ces hommes en orbite autour d’elle, « consciente » et généreuse. Des personnages haut en couleurs gravés à la pointe forte.

Son style est un mélange habile et percutant de niveaux de langage qui, par leur collision non ostentatoire, mais subreptice, capte la vigilance du lecteur, à la fois langage parlé et savamment artificiel (au sens originel). De l’humour aussi, à foison et une connaissance intime des êtres humains auxquels se "frotte" quotidiennement Marc Delon, quand il ne les "frotte" pas lui-même.

Et quelle chute ! jusqu’à la dernière ligne, on se demande où est la nouvelle taurine. La réponse ultime pourrait porter le nom de "Cuban Missile Crisis"

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PS : J’ai aussi apprécié le dialogue quasi théologique du pape avec Dieu, dans son confessionnal vide, et son actualité franciscaine :

« Quand la doctrine contredit la conviction, il faut changer de doctrine. »

Viviane Gatineau

dimanche 6 octobre 2013

Rainbow Family

A Dourbies, c'est tipi ! Ils sont les petits enfants de Woodstock canal historique aux aïeux embourgeoisés, ils aiment la paix, l'amour et la liberté, n'essayent d'avoir de règles que les leurs, Peace and Love, près de la nature, l'humaine et la nourricière. Ils ont comme chaque année investi en catimini un territoire sans en référer à son propriétaire car demander une permission c'est le plus souvent se la voir interdire. Ils sont cools, pacifistes, tolérants, anarco-bucoliques, naïfs ou clairvoyants, allez savoir qui détient au plus près LA vérité... ? Dans une clairière cévenole, le temps d'une lune, pour un mois et demi ils ont planté tipis et yourtes autour du ''chapeau magique'' qui chaque jour se remplit de biftons anonymes permettant d'assurer l'intendance de la gentille collectivité. Ce sont des familles à spectre large d'où peut-être, le ''rainbow'' emblématique, ils tentent de s'affranchir des codes moraux étriqués comme la fidélité que seuls les couples ont fait rimer avec exclusivité : reproche-t-on à un ami son infidélité au prétexte qu'il a d'autres amis ? Expliquait l'autre jour sur les ondes un distingué commentateur... Ils siègent en conseil sous le tipi principal, assis en rond, soumettant à leurs sagaces sensibilités toute décision à ne pas prendre, se passant le témoin d'un micro d'un nouveau genre sans décibels boostés, le ''bâton de parole'', une sorte de chasse-mouche de chef Baoulé pour parler ou ne rien dire, selon l'envie, silence salvateur au milieu de la cacophonie ambiante préoccupée – Valls l'aurait-il passé à Duflot ? Aurait-il eu les mêmes mots après les trois cent trente morts de Lampedusa ? Dont on est ici très loin en allant chasser en billebaude le cèpe et autres psilocybes plus hallucinogènes que l'édito de la revue TOROS tentant d'identifier les raisons de sa plongée (!) 

(Non, vous dirais finalement rien là-dessus, j'écrirais perso à son dirlo au cas où un avis extérieur l'intéresserait, ça va chier ! Enfin, cool, rainbow-cacouner... Non ? ça l'intéresse pas ? Oui je sais, ben je lui écrirais quand même, peut-être... il apprendra deux ou trois trucs dont il ne se doute apparemment pas)

Mais tout se perd et il paraîtrait qu'un bobo gratteur de feu de camp scout aurait remplacé à la Fender Stratocaster le génie subversif, virtuose, imaginatif, sauvage, dantesque, et corrosif de Jimmy Hendrix, et qu'on l'écouterait aussi religieusement en se tenant par la main et en dodelinant doucement du cap. Ben merde alors, ils seraient dégénérés eux aussi ? Plus de drogue, pas d'alcool, rien que des câlins. Des gros câlins, itératifs et interchangeables, donneurs d'orgasmes sans phase de longues concertations où le mâle réprime avec civilité sa pulsion démoniaque tandis que minaude flattée la femelle... Plutôt un ''tu veux ou tu veux pas'' sous tipis riquiquis. J'ai failli m'y rendre, non pas pour les câlins, pour ça pas besoin d'être dans l'inconfort et la boue, non, pour la photographie ! J'avais là un vrai sujet, ethno-bobo-archéo etc ! Hélas, déjà fait, merci internet de couper court à toute velléité de série originale... Enfin j'hésitais quand même encore un peu quand j'ai reçu ma taxe foncière... et là... j'avais plus qu'à foncer au boulot pour renflouer la trésorerie, afin de payer mon tipi en dur. Et puis bon, on a beau dire, on n'est pas habitué à la lenteur, le bâton de parole aurait tourné pendant trois jours rien que pour savoir si je pouvais shooter tranquille... ça m'aurait vite Rainbow-gavé. J'avais des idées, pourtant... je voulais m'intéresser au food circle végétarien et sa conséquence naturelle, l'organisation du Rainbow-Cacouna en plein bois... c'est vrai quoi, c'est important la gestion des déchets organiques chez les écolos... Y a-t-il un trône commun où chacun va déposer l'offrande de ce lourd fardeau qu'il recouvre d'une Rainbow-Louche de copeaux de Cèdre (du Liban) ou chacun va-t-il déposer un joli Rainbow-Bronze des bois au hasard de sa route qu'un gentil halluciné tentera de cueillir ? Ma foi... l'essentiel c'est que tout le monde soit cool en attendant l'effondrement de Babylone, non ? Rigolez pas, bande de cyniques pragmatiques, au train où vont les choses, c'est peut-être ce qui nous attend, la régression sylvestre.

PS : le premier qui me sort "Le recours aux forêts" d'Onfray pour étaler sa culture gagne une Rainbow-Rouste (c'est des caresses et des bisous)

mercredi 18 septembre 2013

Je passe à la radio...

Normalement, si l'intervieweur a dit vrai, il se peut que vous m'entendiez déblatérer sur diverses considérations littérataurines à 19 H, là :

http://www.radiosysteme.fr/

Bon courage. Avec l'appli TuneIn on peut aussi l'écouter sur son smartphone ou après en podcast. Mais j'ai pas dit que c'était à ne pas rater...

Cerebro a Cerebro Juli-Manzanares

Le 14, la foule avait misé sur le mano à mano très convenu dans le circuit, El Juli – Manzanares annoncé devant des Garcigrande et n'est pas repartie déçue. Une opposition consensuelle entre deux figuras qui peut atténuer cette légère frustration qui m'étreint lorsqu'il manque un troisième larron. Car il y a là assez de bagage technique et artistique pour ne pas perdre au change, pourvu que sortent des toros. De Garcigrande il n'en sortit que quatre et c'est toujours désagréable, de voir l'annonce d'un lot finalement bricolée sans aucune explication. Des toros qui pour au moins deux d'entre eux manquèrent d'un capillaire d'obtenir le batacazo, les cinq et six révélant bien les personnalités des toreros respectifs. Sans que jamais on ne puisse savoir ce qu'il serait advenu des uns s'il avaient touché les autres ce qui relativise toute analyse d'interprétation du style vous en conviendrez, ou pas, je m'en fous  ;-)

On ne voudrait pas jouer les psy du café du Commerce, mais on peut quand même se demander à observer les rictus et mimiques du Juli dans le patio de caballo, si le combat des toros ne lui prendrait pas un peu le chou. Je me souviens avoir titré il y a quelque temps : 
« Et c'est qui le fauve ? » 
tant sa rage déterminée était impressionnante. Car ce type te fait peur à force de te renvoyer ta propre médiocrité ! S'il m'était permis, je lui conseillerais de s'initier un peu à la relaxation progressive de Jacobson... pour tenter de redevenir humain... regardez, même Sarkosy se repose maintenant... certes les Français l'y ont contraint, ils avaient envie d'être plus imposés tellement leur problème de gestion des investissements était devenu prégnant. Dorénavant tout est normal, citron pressé. Eh, oh, les gauchos de la pampa humaniste, ne partez pas, j'ai pas fini.

Car enfin, voilà un type dont l'aficion a volé l'enfance douce et naïve, qui s'est envoyé dès l'aube de sa vie des cornupètes retors comme nous des fougassettes aux grotillons de hallouf au p'tit dèj, qui tatait du piquant de la corne quand nous tétions encore de veloutés tétons et pas seulement pour nous alimenter ! Exact, à tout moment ce blog peut devenir d'un érotisme torride car chez moi cela survient comme le duende chez Javier Conde, à tout bout, c'est dire. A moins, va savoir, lecteur, que sentant qu'il m'échappe – enfin du repos - j'essaye désespérément de le retenir ? Bon, bref, je ne suis pas allongé sur ton canapé et j'arrête avant que tu me piques du fric pour me lire. Mais j'en suis où lecteur, dis-moi ? Parce que moi, dès que je vois ou imagine un sein, ça y est... je divague... oh putain, si mes patientes lisent ça... meuh noooon je rigoooole.... enfin, ne vous déshabillez pas trop quand même... vous imaginez dans quel état je rentre le soir, mmm ? Et sur qui je tombe ?
Pujadas ! 
Le petit espagnol informatif. Idéale, la soupape. Surtout quand il invite Normal 1er. Ouuuh-lààà comment retombe-je sur mes pattes maintenant ?

Donc Juli est psy, maniaque, obsédé, bipolaire et tout et tout. Et hop. Diagnostic non validé par la médecine. Mais je crois sincèrement qu'il a un problème : je pense qu'il s'est convaincu que les toros doivent lui obéir... comme un caniche de cirque à son dresseur lequel présente l'avantage de le nourrir. Quand ce n'est pas le cas, la moulinette à rumsteack s'enclenche au-to-mati-que-ment et broyer une bestiasse de 600 Kg avec une grille en tergal dans ton hachoir, c'est pas pratique. D'où la rage. Et comme c'est devenu une urgence quasi-psychiatrique faut que ça passe sinon il n'est pas bien du tout. Or, aucune faculté, si ce n'est celle de dire des conneries, ne recommande le toreo sous Lexomil. Laisse ça aux écrivains qui ne risquent qu'un puntazo de stylo bille sur le gros orteil. Au cinquième toro – oui, on commence là, sinon en bon aficionado de la parenthèse j'aurais encore quatre pages à tartiner, or pense à tes impôts, à ta taxe foncière socialiste qui voyage déjà vers ta BAL de salaud de propriétaire, et tu verras qu'il te faut aller travailler. Comment ça y'en a pas du travail ? Tu rigoles ou quoi ? Ah bien sûr si tu le cherches au bistrot ou à pôle emploi, tu risques pas d'en trouver ! Non, un seul principe : bouge-toi le cul ! Auto-entreprends, achète – aaaah eh oui, faut investir un peu parfois... grand pionnier de l'économie, va ! - tondeuse, tronçonneuse, débroussailleuse, truelle et propose tes services ! Rien que dans ma patientèle, j'en ai des mémés qui cherchent un factotum... et tu sais quoi ? Parfois c'est moi qui leur fais ! Et gratis, alors ça m'arrangerait que tu te le bouges et pas seulement le samedi soir pour aller danser la salsa ! Qui pour déboucher un évier, qui pour abattre un arbre, qui pour faire des courses, qui pour monter un muret ou ranger des stères de bois etc... elles cherchent désespérément ! N'écoute pas ce qu'on te dit, y'en a partout du travail, faut aller le chercher, c'est tout. Par exemple, qu'est-ce que tu fous là, à lire mes bêtises en t'esquintant les yeux, hein ? Au lieu de transpirer dans les ronciers ? J'ai du travail, moi ! Va, chercher ! Rapporte ! Maletilla !

Et donc le Juli, bosseur patenté, lui, tomba sur un retors qu'il lui fallut mettre à sa main moyennant moult ressorts combatifs de guérilla zootechnique heurtée, âpre mais finalement convaincante. En rien moissonneuse d'oreilles pourtant. D'art nulle trace, ce combat n'en appelait d'ailleurs pas, encore fallait-il l'engager et le remporter et là, on peut compter sur le Señor Julian Lopez..

C'est donc avec d'autant plus de stupeur qu'il dût prendre la claque monumentale de toreria administrée par un Manzanares inspiré, calme, doux, magnifique de temple et d'empaque, dominant un bon toro, toréant comme dans un rêve, au travers de nuages poussés par une brise céleste dans les plis sirupeux et magiques de sa muleta qui érodait passe après passe sa puissance, sans effusion parasite, humblement, en héritier universel de l'art de toréer, propageant dans les gorges et les tripes des chanceux présents, l'ivresse syncrétique des émotions humaines. Pas plus. Jusqu'à ce qu'enfin l'âme de ce toro soit si pure et nue qu'elle demande à s'envoler, chargeant une dernière fois à la rencontre libératrice de l'épée qui l'attendait, intransigeante et roide. Deux oreilles et la queue, le moins que l'on puisse offrir pour le remercier.

mardi 17 septembre 2013

Je hais le matin...

Si j'avais trouvé mon tee-shirt "je hais le matin", j'aurais pu le revêtir. Se lever de bon matin pour aller voir des Zalduendo, avouez, c'est déprimant. La veille au soir déjà, on y pense avec dégoût. Il y a des noms comme ça, qu'on ne souhaiterait plus voir sur un cartel, comme ''Ponce'', malgré l'immense torero qu'il fut et le respect qu'on lui doit et ''Zalduendo'' devenu aussi répulsif à l'aficionado que le Fly-Tox aux mosquitos. On va donc faire court, car point besoin de s'étendre sur ce pourquoi on s'est levé alors qu'étendu on aurait été si bien, dans son petit lit tout chaud plein de chocolat. C'est ce que je disais à mes enfants pour les encourager à aller se coucher. Toros et toreros n'étaient pas bien réveillés, le toreo soporifique et les gradins somnolents. Avec un soleil à fermer les yeux derrière les filtres à UV.

Ponce est devenu une sorte de vieux marquis emprunté dont la souplesse et l'harmonie ont quitté le corps. Ce serait un peu comme aller voir un paysan de Villamanrique de la Condesa qui nous aurait enchanté à pied en 1982 et 83, enfourcher un pur-sang andalou au prétexte que ça lui plairait, le canasson. Ben fais-en chez toi, Paco !
Mais là, quand même, on était restait couché. Pas fou. 

Je me rappelle vaguement d'un Vegahermosa fada assez énigmatique pour le revistero moyen, un manso qui lorgna d'abord vers le toril et le callejon puis fit illusion d'une certaine bravoure au cheval avant de s'y endormir lui aussi puis poursuivit avec une certaine noblesse le leurre de Castella avant de terminer distraito : n'importe quoi ! Vous savez le canif Suisse polyvalent avec lequel on n'arrive même pas à visser une vis ? Si, c'est peut-être lui qui arriva à démonter deux longueurs de barrière, pas sûr. Ca m'avait réveillé momentanément en tout cas.

Perrera fut superficiellement esthétique et basta. Ca vous a plu ?

Heureusement en suivant, la nouvelle "El Silencio'' très bien lue par Arnaud Agnel, avec beaucoup de sensbilité, une grande faena dans les jardins de l'impé. Cuba Libre et toats à la brandade à gogo qui plus est. Pour se réveiller.

dimanche 15 septembre 2013

Oreille de poids, Banderilles de sang

Bon, on commence par la fin ? Mais sans être sûr de remonter jusqu'au début hein, deux spectacles par jour, je ne tiens plus le rythme. Y'a la vie à côté lecteur, sais-tu, et je te rappelles que tu lis gratuit. Cette après-midi, Miurada pour Castaño et Robleno. Cela se passe à Nîmes.

Castano et Robleno sont dans un ruedo, une galère, entre enfin sort, un toro, que reste-il ? Du toreo ? Pas sûr....

Le premier, est un invalide qui s'écroule à chaque foulée : dépitée la foule, eh...

Le deuxième est faiblissime, mou du genou, pas comme un gnou : en colère le public.

Le troisième est faiblard, il a du lard, le salopard : écoeuré le payant.

Le quatrième relève chouïa l'intérêt. La pareja banderillera de Castaño alias ''Lame tranchante'' et ''Forcados arthrosique'' congédie le troisième larron, peon lambda sans apodo qui venait bêtement les aider à tourner les bestiaux à la cape. Pffff... n'importe quoi, car leurs collègues de ruedo aujourd'hui se la joueraient plutôt recortadores... et donc à toi à moi, à cuerpo limpio, vas-y que je te fais le quite, merci, je t'en prie, après toi, à moi, vas-y, etc... jusqu'au renoncement déboussolé du bestiau qui n'avait pas pris son comprimé de Nautamine. Sauf qu'un Miura n'est pas vraiment connu s'il est cornu, pour avoir une charge très claire, un galop rectiligne et une embestida propre, voyez ? Quand il en a une. M'enfin, ce coup-ci, ça passe, en tremendisme de bon aloi, réveillant le conclave qui commençait à se geler après s'être brûlé au soleil. Castano pas mal sans plus, le public, vous, qui demande une oreille, quelle bande d'incultes, Burgoa tient bon, todo perfecto.

Avec le cinquième, sort un Miura de chez Miura. Certes pas de cornes cauchemardesques ça non... mais un Miura comme les moins de trente ans n'ont pu en connaître. Un vrai. Un Miura. Un mental de Miura, indifférent à tout, ne poursuivant que son but sans être pour le moins du monde altéré par ce que l'on tente de lui infliger et surtout pas par les quatre ou six piques selon les témoignages divers tous avariés par l'apéro géant. Le public, toi, toujours aussi inculte, qui croit toujours avoir à faire aux invalides sortis au début, s'insurge dès la troisième pique alors qu'il n'en a été que revigoré ; t'es gentil, public, mais tu es nul : bien sûr qu'il les lui faut toutes, ces piques, n'as-tu rien remarqué de différent avec cet exemplaire...? En bas, la tension monte. C'est un toro chauffeur de salle. Le genre de toro que personne ne veut mais dont tout le monde se régale. Sur les tendidos s'entend. La chance, c'est qu'il tombe sur Robleno qui n'en est pas à sa première surprise partie. Il s'engage courageusement à sa tête et la lui tient. Ca bout. Tout peut basculer, le petit homme partir sur orbite, étendre ses intestins au fil des cornes, être laminé par les sabots de ''Dejalo'' qui soutiennent 615 Kg, dissocié de la charpente, atomisé des viscères, renégocié du morphotype, déstructuré du mésencéphale – ben oui mais je me régale, ce qui est quand même le but principal de cette resena... - défragmenté du bocal, pilonné du rectum, débobiné de l'entendement, détoxifié de la fémorale alors que toi lecteur, tu n'as pas osé moufter à ta belle-mère au cours du repas dominical que tu n'as même pas eu les huevos de fuir pour cause de feria, qu'elle recommençait à te dissoudre la myéline des nerfs avec ses remarques désobligeantes sur l'aide et l'écoute que tu n'apportes pas à ta moitié, son tout, sa fille bien aimée. D'ailleurs tu as rêvé tantôt belle-maman en vuelta triomphale exhibant tes oreilles à la foule, secouant ses bras aux triceps flageolants et l'exhortant ainsi : 
- Voyez, qu'il ne l'écoutait pas ! 
Encore peux-tu te vanter d'avoir évité le pire car elle avait pinché deux fois dans le hors sujet flagrant...

Mais Robleno n'est pas toi. Tu le sais tellement bien que tu payes pour le voir. Il parvient à lier des séries très valeureuses, exposées devant cet alimaña qui aurait défait 90% de l'escalafon font font les petites marionnettes. Une oreille de grand poids qu'il a tenu à se garder.

Aguileño, le sixième toro, malgré ses 632 Kg, n'est pas aussi redoutable que son frère mais... quand même ! Du côté de la pareja del arte banderillera, on ne le juge pas avec le sérieux qui conviendrait. La corrida est allée à mas, le public est chaud, réactif, galvanisé par le combat qu'à livré Robleno, bref, les banderilleros de Castaño sentent souffler le vent de la gloire et de la légende sur leurs traje de luces... et recommencent leur numéro de recortadores amateurs. Adalid fin banderillero se présente. Le toro charge comme le faisait ma Ford Escort XR3i quand j'accélérais fort, en cherchant sa route, et il en résulte un enfermement contre les planches avec cornada dans le mollet ou le creux poplité. Mais si le sang coule noyant son bas, Adalid ne veut pas rater sa sortie malgré l'intervention de son maestro qui tente de l'arrêter et seul à ce moment-là, à rester lucide : courir avec une cornada dans le mollet n'est pas un bonne idée... mais c'est aussi toute la grandeur du défi tauromachique. Ce que ''Lame tranchante'' perd en impulsion du pas lors de sa course, il le récoltera en kératine into the bide. Fin banderillero il est, mais aussi fin comme JOB. Le papier à cigarettes, je précise pour les moins de trente ans qui ignorent tout des petits paquets bleu ciel, des Miuras, et du toreo devant leur mufle. Cela se voit à sa course empruntée et au voile devant ses yeux, que l'idée est très risquée, une course dont le style est loin de rappeler la foulée puissante et déterminée de Bolt qui fuse comme une balle de Colt, plus vite que la flèche tirée qu'il mime à chaque victoire. 
Lui, Adalid, c'est plutôt une saeta qu'il lance vers le ciel quand il se targue de ne jamais s'entraîner et deviendra les ''targets'' des cornes d'Aguileño et à l'heure où j'écris il est opéré à la clinique Kennedy pour inventaire méticuleux et cicatrisant d'orifices artificiels. Suerte Adalid, bonne convalescence et ne pas oublier de muscler un peu quadriceps, ischios-jambiers, fessiers et … lucidité. Enfin, si tu veux garder ton piquant job.

jeudi 5 septembre 2013

OUAF !

Moi aussi j'aime les animaux. Enfin, surtout dans mon assiette, accommodés et cuits. Pour les autres, comment dire, je les admire plutôt mais sans les aimer. C'est merveilleux d'admirer un être vivant si différent de nous. La souplesse du félin. La locomotion puissante du taureau ou du buffle. La vitesse bondissante d'une gazelle... La beauté de leurs robes... Extraordinaire, non ? C'est peut-être ce que lui disait Jean Cau, distingué tauromache en février 1962 quand elle le reçut chez elle ? Alors comme ça on reçoit des tortionnaires ? Source JLB.



Je suspecte par contre ceux qui les adorent plus que de raison, d'avoir du mal à s'entendre avec leurs semblables. S'entendre avec un animal – et j'écarte là le toreo puisqu'il ne s'agit pas de ''s'entendre'' avec un toro mais de le combattre - , ne nécessite ni ne recrute aucune forme d'intelligence. La preuve, BB.... Si les anthropomorphistes maladifs savaient vraiment ce que pense d'eux, leur chien... il y aurait de graves décompensations.



Ce présumé amour éperdu d'eux-mêmes, qu'ils se complaisent à lire dans leurs yeux, cette fidélité si bien vantée que l'on oublie qu'elle rime avec gamelle. Eh oui les bisounours, c'est la gamelle qui la suscite, la motive, l'entretien. Pas l'amour humain, un amour supposé qu'il est si rassurant de lire dans la douceur du regard de son Golden Retriever de bobo auquel on prête toutes les intelligences et toute les sensibilités – il ne lui manque que la parole – 

A ta naïveté, pour employer un mot convenable, il ne manque rien, sois-en sûr. Mais dans son regard si doux, devant sa bouille incapable de générer le moindre reproche jamais, tu vois l'amour béat et infini que tu voudrais que l'on te porte. On sait depuis longtemps que 90% des ''je t'aime'' veulent dire ''aime-moi''...

Tout entier dévolu à l'admiration de ta personne adulée, c'est la façon dont tu penses que ton chien t'aime. Sais-tu que croyant cela tu es parfois plus conne (ou con, hein, mais le féminin me défoule plus, je le reconnais... or ce blog est mon traitement, vous l'aviez compris depuis le temps ? Le fric que j'économise à 60 euros le texte...) que ton chien même ??? 
Car que crois-tu que ferais ton chien si tu cannais sans que personne ne s'inquiète de toi ? Il te boufferait, un jour ou l'autre, pour subsister lui-même ! Cela s'est toujours vérifié. Cela finit comme ça, l'amour canin, par les crocs.



S'il parlait Tobby, il te dirait qu'il en a marre d'aller pisser tenu en laisse en bas de ta maison sur le béton du trottoir, que pisser dans la nature contre des fourrés odorants la truffe dans le soleil est un plaisir, marre de bouffer des croquettes industrielles alors qu'il se trouve des genoux de veau à rouziguer, marre de subir la logorrhée de la toiletteuse hystérique, marre qu'on lui parle comme à un petit d'homme. Lui, Tobby, ce qu'il voudrait, ce serait s'échapper, courir la lande, courir, courir, jusqu'à s'épuiser, se souiller dans les marais, se vautrer sur une charogne pour couvrir son odeur avec la sienne, bouffer des merdes d'autres chiens, dézinguer la chatte de la voisine croisée sur son chemin ( pour le double sens vous êtes seul responsable...) choper du volatile, le dévorer tout cru puis s'endormir la truffe ensanglantée dans la bonne odeur des collines provençales.



Il ne peut te le dire, mais ça l'emmerde tes canapés de velours parisiens et tes coussins de soie, tes rideaux, tes bibelots, les accessoires ridicules dont tu l'affubles parfois, en déblatérant qu'il est tout beau au milieu de tes copines. Cette odeur de produit ménager avec lequel ta bonne ou toi-même astiquez frénétiquement le carrelage comme si votre honneur en dépendait et sur lequel il dérape, lamentable sous la compassion contrite de la petite famille.


Seulement voilà, il est paresseux Tobby... alors il s'en accommode : maintenant imagine ta vie d'homme ''en chien paresseux'' : ta maîtresse qui ne peut s'empêcher de te complimenter à chaque fois qu'elle te croise... qui s'adresse à toi sur un ton langoureux sans jamais élever la voix, qui te gronde, gros vilain toutou, amoureusement, fière qu'elle est de tes bêtises qui l'amusent tant... qui te veux toujours auprès de ses belles cuisses fuselées quand elle regarde la télé, te caressant, autant dire te masturbant à longueur de temps dans tous tes petits endroits secrets, Ghâââaa... qui te porte ta gamelle, tous les soirs, sans que tu aies à parcourir des kilomètres angoissés pour voler ta pitance, qui t'emmène même tirer un petit coup avec Carlotta la femelle dégénérée (elle n'a jamais chassé, elle...) de son amie Chantal, que tu besognes comme un sagouin sous le voyeurisme des maîtresses. Mais aucun homme n'est si bien traité !!!



Alors petit à petit tu rêves moins aux lueurs de l'aube sur les marais, où t'emmenait ton maître avant que la société n'ait raison de sa barbarie qui s'étalait comme une tâche ringarde au front de ta bourgeoise dans les repas humanistes de la capitale, tu rêves moins à ces vols de canards que tu mordillais tout chauds jadis, la truffe emplumée, avalant leurs dernier soupir de ta gueule de voyou comblé. Tu te rappelles les détours que tu faisais pour les ''schmâcker'' un peu plus alors que, là-bas, ton maître t'appelait ? Comme tu ralentissais dans les roseaux, comme tu faisais semblant de ne pouvoir franchir les roubines ? La sensation de liberté qui t'étreignait, que dis-je, la quasi ivresse que tu ressentais de toutes ces émotions qui passionnaient ta race depuis des siècles... Retouver et rapporter, qu'elles que soient les conditions, à la terre brûlante comme à l'eau glacée, quel que soit le poids de la pièce, grive ou grouse, c'est ça ton métier. Ce pourquoi tu étais originellement produit et sélectionné là-bas, dans les Highlands embrumés. 

Puis ton retour triste à la ville et ses odeurs immondes, à l'immeuble haussmanien et à la profondeur des tapis où tu t'enfouissais deux jours et deux nuits durant, pour te remettre de la belle fatigue de ces émotions. Avec tous ces canards qui roulaient sous tes paupières. Ne te levant que pour aller dire bonjour aux enfants qui rentraient de l'école, pisser sur ton réverbère ou pour honorer la gamelle qu'elle te collait devant la truffe, maugréant envers celui qui t'avait ainsi mis dans un ''état pas possible'' (retour à la case toiletteuse hystéro) en t'offrant cette parenthèse salvatrice...



Bien sûr, cette sédentarité gavée aux macarons de Ladurée et aux chocolats fins t'a rendu obèse et tu serais désormais bien incapable de patauger dans le marais comme cette fois où tu t'étais ouvert le dos sur des fils de fer barbelés – sept points de sutures, 415 euros chez le véto dans le 16e ardt...- coursé par un cocardier en furie. Qu'est-ce qu'elle lui avait passé comme savon, ta maîtresse, à son époux... le pauvre il avait sans doute tringlé – enfin dans le sens de privation, hein...- pendant des mois, en représailles conjugales ! Inutile de te dire que les canards - de gentilles petites bêtes que le malotru avait sauvagement plombé - étaient allés se faire plumer chez Plumeau en toute conspiration avec la femme de ménage. On avait préféré pleurer sur leur dépouille en toute solidarité animale et refusé de manger les petits cadavres histoire de bien souligner la vacuité barbare de la quête chasseresse. Celle-là même que les écolos qui n'ont jamais eu peur de la métaphore lapidaire, dénomment la "mort-loisir". Non mais.



Tu erres donc, invalide bouffi, du canapé au tapis, t'as même parfois envie de te pisser dessus tellement tu t'ennuies, car on ''t'aime'' de plus en plus... pour te consoler on te fait bouffer à chaque instant... on ne te sors plus, ça te fatiguerais trop... Au prétexte de l'amour des humains, on organise le raccourcissement de ton espérance de vie et puis après avoir encore engraissé le véto qui a toujours dit que ça valait le coup de tenter ça ou ça, avis auquel ta maîtresse a toujours souscrit pour ne pas déroger à son amour, tu as quand même fini, malgré l'acharnement thérapeutique à te garder en vie – le gain des jours d'hospitalisation... - par casser ta truffe, non sans avoir ouïe qu'elle avait prévu pour la famille une excursion à l'élevage d'où tu proviens afin de te remplacer au plus tôt. La salope. (Ding ! Mot compte double, encore 60 euros d'économisé...) Bien sûr un élevage de beauté, pas de travail. Une sélection sur la dégénérescence, pas sur les aptitudes naturelles. Elle s'est précipitée pour être à nouveau aimée, inconditionnellement, par ce même regard d'implorant de la gamelle qu'il est si gratifiant de prendre pour des sentiments. Car, ah oui, détail, tu penses bien qu'elle est seule maintenant, que le type s'est enfui avec une qui le regardait lui, qui aimait son attitude virile de chasseur ayant gardé ce sixième sens avec la nature et ne bêtifiait pas sur un putain de clebs à la noix. Hein, zézette ? 
 

Car avec ces gens-là, moins tu parles, plus tu es chien, mieux tu es compris. Moins tu parles, plus tu as faim, plus tu implores du regard, plus tu exprimes ton amour. Il suffit d'être sans aspérités, passions reniées, coeur cloué, doux au toucher, admiratif du regard et sur sa tombe, la Brigitte, elle se repaîtra de cet épitaphe :



Souvent déçue par les hommes, jamais par mon chien.



Et pour cause... attends qu'ils fassent des chiens qui parlent... 
Brigitte, c'est toujours quand elle se tait qu'on l'aime. C'est là qu'on lui trouvait du chien. Ouaf !