Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

lundi 27 février 2012

Le Fouzytou Edito

Ce qui est bien c'est que « The Artist » a obtenu ses Oscars. Parce que depuis un mois que l'angoissante question occupait toute la scène culturelle française, ça au moins, c'est fait. L'acteur, nain Dujardin cinématographique Brice de Nice et OSS 117 oscarisé, fallait le faire. C'est vrai qu'ils l'ont fait en mettant les formes : en le tournant là-bas, avec des employés ricains et un chef de campagne roi du lobbying. Ça aide. Bref, on va pouvoir se recentrer sur la campagne minable initiée pour notre République, volontiers empreinte de simplisme. Nous les avons tous caricaturés : le nain fou, le consensuel mou, la xénophobe semi-démente, le Béarnais balbutiant, la grande gueule rougeoyante, qui d'autre, ah oui, la verte de rage qui t'emmerde, au fait, graciosa Lepage. Et Poutou aussi qui embrassera peut-être la carrière de candidat, s'il a ses signatures, parce qu'il faut bien plaindre un mec. Pour toucher le fond on est paré, quoi. En tête, Sarko-le-fou et Flamby-le-mou caracolent en prenant bien soin de lâcher Hun à Hun de dessous leur selle, quelques steaks pourris pour contaminer l'autre dans le plus grand mépris réciproque. Cinq ans après qu'il ait fêté sa victoire au Fouquets avec ce grand intellectuel qu'est Johnny Halliday, Sarkosy a cru bon de faire amende honorable publiquement. Sûr, le détail était important. Venant d'une bonne famille de Neuilly il eût peut-être été plus judicieux d'aller griller avec hypocrisie quelques merguez sur un feu de palettes devant une baraque de chantier avec le noyau dur de la CGT locale. Je crois que même à l'école primaire, les enfants n'en sont plus là. Nous avons aussi en magasin un récent sondage chez les socialistes encartés qui montre que 20% d'entre eux trouvent que Marine Le Pen a bien identifié et depuis longtemps, les problèmes que traverse la société française. Si. Les 80% restant peuvent toujours essayer de se consoler en espérant que chez les Bleus le chiffre aurait peut-être doublé, qui sait ? Les USA n'en finissent plus de s'excuser parce qu'un caporal-chef aurait brûlé des exemplaires du Coran, ignorant la portée de son geste ou avouant son imbécillité en le l'ignorant pas, on ne sait. Grosse enquête en cours. Bien sûr, qu'on brûle en face depuis lurette des Saintes Bibles, des drapeaux nationaux, des effigies et même tout récemment des pancartes ''Saint-Valentin'' juste pour le plaisir, si l'on ose le dire ainsi, ne suscite aucun reproche, aucune demande d'excuse, aucune indignation. On s'étonnera ensuite que chacun veuille rester chez soi entre soi. C'est qu'on doit montrer l'exemple de la tolérance, nous. Pire, signaler la différence est raciste.

Un autre sondage montre qu'une majorité de Français trouve que Sarkosy mène une politique trop à droite. Si, aussi. Cruel reproche il est vrai au cas où il aurait été élu pour faire une politique de gauche... Bref, le pays est peut-être centriste... Las, Bayrou ne décolle pas. Il malmène peut-être moins notre langue mais il est trop lent. Les journalistes à la logorrhée ''fogielisée'' ont horreur des pauses et des silences et coupent l'ex-agriculteur à tout bout de champ.

C'est dommage, plus je réfléchis, plus j'aime la lenteur. Celle avec laquelle on espère les faveurs d'une femme en décodant ses délicats et progressifs signaux et non pas la crudité d'un marché sexuel vulgairement mis sur la table, la lenteur d'un capote dans l'arène traînant en rond sur son erre alors que défile le navire amiral du danger autour de l'axe sublime, la lenteur des projets photographiques pensés, plus que le mitraillage aussitôt Kleenexifié par le bouton ''poubelle'' de boîtiers très sophistiqués. Bayrou semble avoir un bon diagnostic, le premier avancé sur la crise de la dette, il n'est pas vendu au Cac 40 et à la finance comme l'immigré slave, il se dit prêt à piocher sans dogmes, dans les compétences de droite et de gauche pour s'entourer. Trop beau pour être possible. Je respecte la gauche, la vraie, inadaptée au monde cruel qu'il est naïf de feindre d'ignorer mais avec des convictions peut-être capables de changer quelque chose et/ou de nous ruiner aussi sec. Ruinés et heureux ? A voir. Sauf qu'ailleurs on a déjà vu qu'ils devenaient les riches et opprimaient plus sûrement encore, l'espoir de s'en sortir individuellement en moins. Peut-être serait-ce différent en France ? Mais moi j'ai horreur de la réglementation à outrance, je suis un ultra-libéral forcené, sauf qu'il n'est pas économique mais psychique, comme tout bon français je crois. ''Bon'' n'étant pas ici un jugement de valeur ou un critère de pureté, mais rien que le sentiment prégnant de liberté auquel l'esprit frondeur de notre pays nous habitue depuis tout petit. Qui dans ce pays aime qu'on pense, décide ou agisse à sa place, bien endoctriné dans les rangs de tel ou tel appareil ? Vous ? Ça m'étonnerait ! Le pire pour moi, c'est le rose embourgeoisé, plus préoccupé de ne déplaire à personne qu'à teinter la société dans la masse de ses convictions d'ailleurs absentes, floues, toujours inabouties pour reculer aussi sec ou avancer prudemment en se recommandant fils spirituel d'un Machiavel qui le fut assez pour baiser deux fois son propre pays. Scusez m'sieurs-dames c'est ce que je pense que vous êtes venus lire, non ? ''Rapport'' à ma sensibilité à moi, c'est comme ça...

Au fait, elle vaut combien la salade de mâche au Fouquets ? Parce qu'aujourd'hui on apprend que le repas pris par Hollande "Chez Laurent" a coûté 262 euros : salade de mâche 140 euros (elle est hallucinogène ou quoi ?) carré d'agneau 92 euros et ananas rôti 30 euros... Vous savez quoi ? Je suis sûr que vous et moi, même riche, une salade à 140 euros on prend pas : on a trop les pieds sur terre... D'autant qu'en Catalogne, pour 90 euros, tu as le menu d'un deux étoiles Michelin qui t'es servi avec sympathie, tandis qu'à Paris, non seulement on est fier de t'entuber, mais en plus on te méprise ouvertement. Mais les très riches ont toujours eu besoin de ces lieux sélectifs par le tarif pratiqué où, entre soi, on est servi avec morgue par des connards aguerris qui te facturent la bouteille d'eau plus cher qu'un Château La Tour des Côtes du Rhône.

Enfin, parfois quand même, le politique montre l'exemple de la prévoyance, en se prémunissant avec responsabilité des menaces de la crise : les députés se sont votés (à l'unanimité ?) une augmentation de leur indemnité de départ. Elle était égale à six mois, elle sera désormais de soixante mois. Tel que, les gens... Dépités ? Sûr que trois cent mille euros c'est mieux que trente mille, pour voir venir. L'heure étant à la précarité. C'est nous qui casquons, les ultra-libéraux comme les communistes. Ça débecte bien, hein... ? Parfois nous souffrons de trop ''d'adaptabilité'', faudrait tout péter... (ça y est, je suis fiché aux RG...) Certains, toutefois, sont partis pour. Comme me le disait mon carrossier arabe à mon grand ahurissement en me raccompagnant :

- j'vous jure M. Delon, moi et tous les arabes de souche que je connais, on vote Le Pen !

- Oh... ? Nooon...

- Si ! J'te jure !

- Bande de racistes ! (je jure, je lui ai dit ça et ça m'a bien fait rire !)

- J'y m'en fous, j'y vote Le Pen !

- Maaaais les arabes n'aiment pas Le Pen, voyons... !?!

- Les Algériens, cy tout ! Mais les Tinisiens comme moi et les Marocains, si !

- Je le crois pas... déjà nous les ''français tête de mort'' si on dit ça, on est des salauds...

- Vous les français, scusi-moi, hein, M. Delon, mais vous les français, on vous chie sur la gueule, jamais vous vous révoltez !!! Ti comprends ?

- Bôôaa on est magnanimes et tolérants, on essaye de montrer l'exemple...

- Voilà, c'est c'que j'te dis, vous êtes trop cons !

dimanche 26 février 2012

mercredi 22 février 2012

PUB : El Jipe poète

Jean-Philippe Combe plus connu ici comme commentateur occasionnel sous l'apodo de "El Jipe", publie chez Bouquineo de la poésie. Oui, messieurs-dames. S'il nous avait fait parvenir une version papier - treize euros - il aurait eu ici même pour pas cher donc, une critique en bonne et due forme d'une Gina toujours bienveillante... Hélas, mystère des auteurs ombrageux, cela n'a pas été possible. Radinisme ? Timiditisme ? Inhibitisme ? Grand-banditisme ? Je ne suis pas arrivé à comprendre... En tout cas, ça commence bien, y'a une femme nue en couverture. Voici donc seulement l'endroit où vous pourrez espournifler la chose :
Ej Jipe poète

lundi 20 février 2012

LENSWORK


Ca y est, un de mes cadeaux de Noël est enfin arrivé. Une revue américaine bimestrielle de petit format 18x22cm à peu près : LensWork. Ouais. Un laconique "Travail d'optique" en titre, sobre et efficace. Ici, on n'est pas dans le racolage ou le sensationnel ni dans la tendance, non, on est chez les vraistographes, pas les fashionistas, plutôt les laboureurs, qui creusent leur sillon depuis des décennies, chez ceux qui maîtrisent leur chambre et en sortent tout le potentiel. (pas celle à coucher counas !)
Alors quand on ouvre cette revue, elle vous "pète à la gueule", jamais ne s'était vue pareille qualité de reproduction. Apparemment tout ne sera jamais qu'en noir et blanc (eh oui, ducon, c'est triste !) même les clowns. Dans ce numéro, un portfolio du grand portraitiste Shelby Lee Adams m'a décalqué la rétine. Ouais mec, c'est come cety que j'te cause, marre des blogs distingués au langage soutenu. C'est du lourd, et "Shelby m'a tuer", ça c'est sûr ! Rassurez-vous, vous pourrez les voir ici plus bas, naviguez un peu dans la colonne de droite, et de ses portfolios prenez les claques, fauxtographes ! Pour mon anniversaire vous pourriez vous cotiser pour m'offrir son livre "Salt and Truth", ben quoi, à quatre cents, ça ne vous ferait pas plus que dix centimes d'euros chacun et je vous rappelle que vous venez ici presque tous les jours pour nada. Salopards de lecteurs planqués, va... Misérables de l'exhibition, couilles molles du comming-out, inhibés du commentaire, encatanés de la prise de position, mous du gland et de la roupette, tiédasses du consensuel, gros... mais qu'est-ce que j'ai moi ce soir ? C'est ce jour de vacances que j'ai accolé au week-end, je suis pas habitué... si je travaille pas dix heures par jour je pète le feu ! C'est le premier Juin, mon birthday, vous avez le temps de vous organiser !

http://shelby-lee-adams.blogspot.com/

On peut éventuellement s'abonner à cette revue en ligne, mais bon, vu que j'ai dépassé le demi-siècle mon univers c'est le papier - la preuve, j'écris à l'ordi...- et même, même, que ces zenfoirés d'ultra-libéraux qui pensent rien qu'à la tune en écrasant le petit peuple, (on est en campagne oui ou merde ?) ils ont pensé à un truc moins cher que l'achat unitaire de tirages : la vente de portfolios ! Vous verrez tout ça par vous même... en googelisant "Lenswork" les potos, j'vais pas non plus tout vous mâcher déjà que j'vous fais découvrir...
Allez, à plus, je retourne là où s'exprime la "photography and the creative process", interwiews and portfolios, Fine Art special editions... et en plus j'améliore jactance et comprenelle en "chakespéare language", bullshits !
Allez, j'vous laisse avec la Troy trombine... un fermier montagnard ultra-libéral sûrement plus humain que la majorité de nos bobos à la con ! Evidemment on lui clique sur le pif pour lui donner toute sa mesure. Quoi kessiya ? Ca m'énerve moi, la mer en hiver !

mardi 14 février 2012

Je n'écris pas ce que je fais et ne fais pas ce que j'écris...














Lecteur, tu ne sais pas lire. C’est ce que je vais finir par croire. La littérature s’entend. Bonne ou mauvaise, mais la littérature, tu ne sais pas la lire. Je croise des mecs à mon cabinet ou aux halles, des mecs qui ergotent :


- Mais celle dont tu as parlé là, qui t’a offert du thé… elle est pas du tout comme t’as dit… il devient fou ou quoi le Delon que j’me suis dit en y repensant… parce que je l’ai croisée, moi, l’aut’jour entre mon massage et mon plateau d’équilibre…
- Et alors ?
- Ben elle est pas du tout comme t’as dit… rien à voir avec Leila Bekhti !!!
- Et donc…
- Ben j’ai rien compris du coup…
- Tu rigoles ou quoi… ?
- Ben quoi ? Non… pourquoi ? kessiya ?
- Parce qu’il n’y a rien à comprendre, juste lire un histoire que j’ai pondue !
- Ben oui, mais si c’est faux !?
- Parce que toi, tu crois que tout ce que j’écris c’est recta ce qui s’est passé ???
- Ben, bien sûr !
- Mais ma parole, t’es une vraie Conchita, alors !!!
- Beuquôâ ?...
- Tu sais pas qu’un écrivain ça a un peu d’imagination ? Que ça écrit des fictions ?
- Ouais mais toi, t’es pas écrivain, t’es Delon !
- Bon ok, j’ai pas la carrure pour être appelé comme ça, ça je veux bien, ça m’emmerde un peu d’ailleurs mais je le ressens aussi comme ça, mais bon… ça empêche pas d’avoir un peu d’imagination tu vois, comme de la broderie que tu décrirais et qui ne serait jamais arrivée sur un canevas qui existe, lui… tu vois ?
- Humpfff… moi la broderie…et donc de tout ce que tu racontes rien n’est vrai ?
- Rien à 90% ou rien à 30%, ça dépend ! Pourquoi ? Tu voudrais connaître ma vraie vie que tu crois absolument passionnante ?
- Beuh non mais, bon, si c’est même pas vrai…
- C’est donc plus intéressant ! La création que ça s’appelle, no limit !!!
- Ouais…c’est moins… chai pas…terre à terre…
- Ben alors ? Justement ! Tu le fais exprès ou quoi ? C’est libre ! C’est magique ! C’est ce qu’on en fait ! C’est super !?!


Aujourd’hui, lecteur ''aconchité'', lecteur scolaire, du premier degré, tu vas peut-être comprendre, car toi qui vas te reconnaître – vous êtes au moins deux – tu vas bien te rendre compte que lorsqu’on en a parlé, on n’a pas dit exactement tout ça comme je le présente aujourd’hui, mmm ? Eh ben, voilà, c’est tout pareil ! Non mais. Font chier, putain… Si ça se trouve, sur les quatre cents seize qui m’ont lu l’autre jour, y’en a seize qui savent lire. Quelques femmes, tapies dans l’ombre de leur anonymat, qui m’apprécient… si… que je fais marrer… je sais qu’elles sont là… j’ai des preuves parfois… plus fines, plus intelligentes, "sensitive"… jusqu’à la pointe de leurs… stylos (je ne leur plairais plus si j’étais grivois… par contre quand je pète un câble de grossièreté, elles se régalent… effet catharsympathique que ça s’appelle…) C’est pour ça que c’est con, les blogs, la vérité est dans les livres, c’est là qu’on trouve ceux qui savent lire !

Quoi, tu dis ? T’as qu’à te faire éditer ? Pas faux… Sûr qu’on n’est pas aidés, entre moi qui n’écris pas assez bien pour être édité et toi qui ne sais pas lire, lecteur, on nourrit comme qui dirait la sphère médiocre de la toile. Quoique… Loana fait bien des livres, elle. Mais là c’est pour du pognon pas pour de la littérature… Et le blog c’est gratos j’te signale. Illisible et gratos. A chier, donc… Loana au moins, ne raconte pas des PIP, elle a de vrais gros seins. Même que sans imagination, ils restent visibles à l’œil nu. Alors avec elle lecteur, c’est plus facile : sans imagination, le regard vide et le téton plein, tu sais toujours où tu en es. La pauvre, depuis deux jours que je me suis auto-proclamé aimant les gens, je ne devrais plus me moquer. C’est parce que je ne trouve pas de chute à ce texte… ah ben tiens j’entends les talons de madame "D" qui arpentent la salle d’attente. Oh putain et madame "Ben B" qui brûle, là-bas, sous l’infra-rouge… j’lai oubliée… Alors, lecteur désemparé, c’est vrai qu’elle brûle ou pas ? Oh, p'tanggg, elle cloque oui ! Me restait pas un vieux tube de Biafine dans un tiroir ? Mais "si ça se trouve" comme dit l'autre, j'ai écrit ça dans un bar ou chez moi... Tu comprends ?

Edito à Toto

J'avais un grand dessein pour JLB... Je fomentais qu'il devienne l'envoyé spécial du blog, lui qui promène "de longue" en hispanie... parfois il aurait invité Maja Lola et tenté de l'ennivrer au fino de Jerez mais c'est elle qui l'aurait mis d'équerre en le faisant tournoyer en sévillanes jusqu'à plus soif... ils nous auraient raconté leurs aventures andalouses endiablées et antagonistes... on se serait bien marrés... j'aurais voulu qu'il nous conte de jolies anecdotes concernant les gens importants littéraro-taurins que la vie lui fit croiser... eh bien non... le roi du calembour s'est complu dans ce que j'ai baptisé "l'édito à Toto" en me précisant qu'il m'autorisait à le railler - ben tiens j'vais me gêner... j'ai jamais eu b'soin d'autorisation - d'où finalement ne surnagent que des commentaires sobre mi. Allez on l'encourage, il peut faire bien plus intéressant...



A moins lecteur, à moins, il me vient une idée...à moins qu'il m'aime et ne sache comment le dire ? Parce que bon... quand même... il m'envoie ça pour la Saint-Valentin ! Soit le seul jour de l'année où si l'on est intelligent, il ne faut pas offrir de fleurs à son amour... la bise, gros vilain !



Trêve des cons faiseurs à cause du froid et de l’actualité qui n’est pas enthousiasmante.


C’est vrai qu’il a fait froid partout. Malgré le teckel en tissus écossais (de mauvais goût) collé au bas de la porte de la cuisine, malgré le serpent jaune et vert également en tissus (il est laid et en plus il se barre) cent fois par jour repoussé du pied contre le bas de la porte du salon, le vent fou et glacé est passé partout. Même dans les joints mal assurés des blogs la bise se glissait et quand on allait voir ce qui s’y passait, on ne trouvait que le silence des paysages enneigés. La trêve je vous dis. Ça ne canardait plus. Difficile de tenir un fusil dans une tranchée avec les doigts gelés et les yeux qui pleurent.



Puis on a entendu une petite voix qui venait de là bas, du côté de Fotomotoro et on a aperçu un petit drapeau blanc qui s’agitait. Ohé ! je vous aime les gens ! Fotomotoro nous invitait même à la projection champêtre, sur un drap de lit, de « La grande illusion » et de « Joyeux Noël ». Je vous aime les gens. Mes « ennemis » aussi. Bon, c’est la trêve, on y va au cinéma ? On y va.



Mais nous aussi on t’aime Fotomotoro, surtout si dans ta popote tu nous mijotes un bon petit plat d’hiver (pourquoi petit ?). Tu ne vas pas nous faire le coup du « poulet au vin jaune et aux morilles » que tu as lamentablement loupé à Noël ?



Il est malin le Fotomotoro quand même ! Ne voilà-ti pas qu’il s’arrange pour réapparaitre, l’œil humide, au moment où Whitney Houston meurt à Los Angeles ? De nos larmes pour Ouini Iouton (comme dit mon copain Manolo) il s’arroge deux ou trois larmettes pour sa pomme et décrète que le monde entier l’aime. T’es pas gêné hein ?


Mais pourquoi faut-il que tu glisses dans tes apparitions bloggeuses, presque toujours, une lichette de mauvais goût ? Par exemple, dans ta dernière, cette femme assise qui enfile ses bas : mais c’est un monstre ! Elle est difforme ! Le mollet et le buste avec PIPS de Jeannie Longo. Et sa tête ? Un collage de Rachida Dati, de Nana Mouskouri sans lunettes, d’Yvonne Printemps et de Oum Kalsoum. Faut vraiment qu’on t’aime bien pour cliquer-gauche sur ce laideron.



Mais pourquoi cette propension, cher Fotomotoro, à pimenter ta cuisine de gratte-culs provocateurs que tu adores faire apparaître en contre-point du sucré-salé de ta bonne âme ? Pourquoi jeter en ricanant, dans ta marmite, ces cynorhodons de cynisme qui vont à ton talent comme piquette chez Troisgros ? Pourquoi cette posture ?



Oui oui, d’accord, c’est ton blog, tu en fais ce que tu veux et tu y mets ce que tu veux mais tu me permettras de penser que le jour où, fier comme un bar-tabac, tu nous as présenté ta dernière trouvaille bloggante « Etre loin » du québécois expatrié, j’ai été consterné. Je trouve ce blog stupide. Humour, ironie avance son auteur. Pas de chance le canadien, si je compare aujourd’hui Whitney Houston à Céline Dion… Y a pas foto motoro.



Je suis sûr que le tabernacle, il doit adorer l’émission anglaise « Life’s too short » de ce tordu de Ricky Gervais (traduction : riche à gerber). Evidemment, tabernacle il aime aussi Damien Hirst et ses animaux tronçonnés inclus dans la résine. Je me rappelle, lorsque j’ai visité en 1997 à Londres, à la Royal Academy ( !) l’exposition « Sensation » montée par Charles Saatchi avec des œuvres de D. Hirst : la boucle était bouclée avec la « Merde d’artiste » de Piero Manzoni en 1961.



Bon, si ça te fait rire…


Tu aimes les gens, mais tu vois moi je n’aime pas tout le monde.


Ce soir, je vais regarder les demi-finales des « Chirigotas » de Cadix. Pendant plusieurs jours, dans le « Gran téatro Falla » de la ville, des troupes de sept à douze comédiens-chanteurs amateurs se succèdent jusqu’à ce que l’on élise la meilleure. Affublés de déguisements incroyables, ils chantent et miment essentiellement l’actualité espagnole et locale (gaditana), avec beaucoup d’humour et de férocité aussi. Rythmes musicaux, instruments, variété des voix, tout est codifié et très sérieux. Evidemment, les textes sont truffés de dialecte local difficile à comprendre. Ludo doit connaître ! C’est sur CanalSur.A voir et à écouter.



Tu vois, cher Fotomotoro, tout finit par des chansons.



We will always love you !



¡ Aliquindoï ! *



JLB



* Fais gaffe ! en dialecte de Cadix.

lundi 13 février 2012

Lytro ou pas assez : mise au point

La prochaine révolution de la photographie numérique arrive et elle est de taille. Finies les théories diaphragmatiques induisant la profondeur de champ ? En tout cas, la mise au point choisie en post-traitement et non plus à la prise de vue arrive. Par de nouveaux appareils et aussi par le biais de logiciels. On pourra désormais choisir dans la photo, le plan que l'on voudra net ! Je ne sais pas si tout le monde se rend bien compte mais il s'agit d'une véritable révolution ! Si ! Il n'empêche pour les champions du flou de bougé, ça ne changera rien...

Pour mieux se rendre compte voir là : après le petit téléchargement sur chaque photo, en cliquant une fois on change le plan de netteté dans la ''profondeur'' de l'image. C'est magique.

oui, c'est là

samedi 11 février 2012

Bon Week-End

La magie de la musique, qu'elle provienne de civilisations dites supérieures ou quasi primaires dont les supérieures s'inspirent très souvent trouvant en elles des ferments captivants est de créer parfois de ces mélodies capables de rappeler aux quinquas de quoi ils peuvent être nostalgiques alors que ce sont des jeunes gens qui la jouent et viennent de la composer. J'ai revu instantanément dans ce clip comment mes parents pouvaient s'aimer ou se disputer, comment ils se moquaient des habitudes de leurs propres parents, j'ai vu l'universalité du transport amoureux, la maladresse touchante de l'érotisme des années soixante, j'ai ressenti comment les notes de cette mélodie m'emportaient irrésistiblement vers d'émouvants souvenirs d'amours si pures qu'elles ne surent jamais, tous ces regards croisés avouant une attirance restée muette et comment mon fils de dix-sept ans à côté de moi, qui me faisait découvrir ce morceau, était aussi instinctivement sensible à ce contenu subliminal et universel. Je ne sais pas s'il est possible que vous compreniez ce que je veux dire car je suis là, dans un état d'esprit particulier qui prédomine je crois chez tous ceux qui écrivent, qui fouillent au fond d'eux-mêmes. Cela se nomme nostalgie et peut subitement être renfloué par quelques notes. Je vous aime, les gens. Mes ''ennemis'' aussi. Comprenne qui pourra. Bon week-end.

samedi 4 février 2012

Le Fumeur de Souvenirs

Quand je l'avais rencontré dans l'arène, je l'avais interrogé mais tout avait dû s'embrouiller dans ma tête. Il m'avait annoncé un livre composé de trois nouvelles de fiction pure et c'est à cela que je m'attendais en lisant ''Le Fumeur de Souvenirs''. Mais pas du tout... sans doute me parlait-il d'un autre projet à venir, tant dans une œuvre est étiré le temps qui sépare celui qui l'écrit de celui qui la lit. Car ce livre-là s'apparenterait plutôt à une compilation d'anecdotes pittoresques, une trentaine, sauf que, dit comme ça, c'est assez vulgaire alors que, et peut-être à l'insu de son auteur, il s'agit de bien plus. A l'heure d'en parler, je me souviens de quelques lignes de Jean-Michel Mariou son éditeur, où il défendait l'idée que c'était dans les marges que la tauromachie s'appréhendait finalement le mieux. A ce titre, ce livre est une sorte de trésor national, un héritage précieux, un indispensable contributeur au parfum éternel de la tauromachie, celui par lequel le peuple du toro se sait lié sans savoir forcément se le dire ou l'expliquer à d'autres, même avec cinquante raisons philosophiques dûment listées dont la somme sera toujours moins convaincante qu'une seule page de Montcouquiol, mais sait se retrouver instantanément complice dans cette saveur naïve, outrancière, latine et romantique de l'âme espagnole. Puissiez-vous vous compter parmi eux et jouir de ces récits ou petit à petit y entrer grâce à eux, comme on y entre avant même d'ouvrir le livre, par cette photo noir et blanc où l'on voit El Rubio qu'on pourrait prendre au premier abord pour un coiffeur décoiffé, attacher avec soin de ses gros doigts noueux, la coleta dans les cheveux d'Alain ce qui vaut déjà les quatorze euros demandés pour ce livre.

J'ai lu ce fumeur de souvenirs écrit par un type qui vient de s'arrêter de griller des gitanes après plus d'un demi-siècle de dévouement auprès de la Seita, selon son mode d'emploi décrit en ''quat de couv'' par cette ranchera mexicaine :

j'ai allumé un souvenir

et lentement je l'ai fumé.

Ces mots disent tellement bien le plaisir qu'il peut y avoir à allumer un module cubain et à s'enfoncer avec lui par ses nuages voluptueux dans les pages ouatées d'Alain Montcouquiol à la rencontre de nos semblables.

S'il voit lui, de sa fenêtre un type intimer à son chien l'ordre de s'asseoir au pied de la statue de son frère pour donner sur l'immense place de l'amphithéâtre, dans la solitude de la nuit profonde, des passes de muleta mimées avec art, nous le voyons nous, mis en abîme, hiératique et silencieux à sa fenêtre, observer en retrait depuis sa pénombre, les méandres de l'âme humaine. De son écriture simple et humble, qui résonne en nous comme un acquiescement permanent en écho à ses descriptions savoureuses, ne s'égrène pas seulement une liste d'anecdotes truculentes mais se met en place le puzzle de l'aficion à l'humain, aux toros et à la vie. L'humain à la fois si fragile et déterminé, ce qu'incarnait parfaitement Nimeno II sur le sable, l'humain qui nous fait rire jusqu'au larmes comme Abelardo dans ''Gloria Bendita'', qui ne croit que ce qu'il voit sans prendre la distance qu'imposerait pourtant le film qu'on est en train de tourner et s'enquiert sérieusement du tarif pratiqué par deux actrices jouant des rôles de putes ou nous incline à pleurer dans un sourire comme au pied de ce sapin de Noël volé, ou avec Iginio dans ''Jour de Toussaint dans le Michoacan'', tellement seul qu'il se plaît à se recueillir sur la tombe de ''parents'' homonymes adoptés-morts.

Est-ce d'ailleurs l'influence de cette Amérique du Sud qui décale tout à coup le factuel de ces récits pour soudain basculer dans une magie poétique ? Peut-être... car la tauromachie comme la littérature, n'ont pas de réponses péremptoires à donner, juste des sensibilités à exprimer, pour voir et comprendre le monde autrement et celle d'Alain Montcouquiol, une nouvelle fois, vous touchera, juste là, en plein coeur. Cigare fumé et livre fermé, on a envie d'aller le voir pour lui donner un abrazo de gala et lui dire juste ''merci''.