Onda cero elche

Onda cero elche
Un Osborne de Guernica

lundi 30 août 2010

Drôle d'été.


J’ai passé un drôle d’été. Je veux dire, un été avec un drôle de rapport à la corrida. J’ai visionné mentalement et plus ou moins confusément, de loin en loin, les plazas où sortaient les toros. Je me disais, tiens, ce week-end c’est à Céret, tous les copains y sont… mais moi, je n’y étais pas. Je me disais, là, Pampelune ! Pampelune où je dis chaque année que je vais aller mais je ne trouve jamais personne pour m’accompagner. J’ai tellement besoin de partager. Il parait qu’un jeune coureur a payé de sa vie, cette année. Sa mère et sa sœur n’ont pas dû comprendre, ses amis, si. Mais moi, je n’y étais pas. L’année prochaine, je serai un peu plus grand, j’aurai moins peur et j’irai, seul, au besoin. C’est parfait la solitude pour quelqu’un qui veut écrire. On acquiert un recul plus grand, une distance qui aiguise l’acuité avec laquelle percevoir le monde et les gens. A deux, on est en autosuffisance, en boucle, en circuit fermé, pas ouvert aux autres. En groupe on est plus idiots et donc plus gais. Mieux vaut alors avoir la mémoire courte pendant les interminables apéros statiques car les histoires qui elles, circulent, sont chaque fois un peu moins drôles que la dernière fois… : il arrive fatalement un moment où il est plus facile de ressasser les aventures passées que se frotter à d’autres. Je veux m’insurger contre ça. Ruer encore dans les brancards et l’Espagne y est propice.
A Azpeitia, tiens, y’en a une aujourd’hui… C’est pas loin d’Hondarrabie, ça, non ? Quelle mémorable tournée de tapas on s’était offerte là-bas… un bar après l’autre… moi, ce n'était pas tellement pour boire, mais plutôt pour manger… puntillitas, iberico de bellota, croquettes maison, boquerones, pintxos illimités, un festival… mais bon, il faut bien faire glisser quand même… Les Espagnols sortaient avec leurs bébés endimanchés à l’extrême comme si leur moralité, leur fortune ou leur rang social en dépendait et les poupons laissaient des sillages puissants ''d’Agua de Sévilla'', des effluves de fleurs d’oranger qui s’échappaient des frous-frous en dentelle des landaus. Puis, une fois assis en terrasse, ils se passaient la descendance précieuse de bras en bras, tout autour de la table pour que toute la rambla voie la merveille, et sa belle robe aussi, qui irait encore dans deux mois, on l’avait prévue assez longue pour en amortir la dépense tant on s’était pour l’acquérir, autant saigné qu’un José Tomas sur le sable d’Aguascalientes. Mais à Azpeita cette année, je n’y étais pas.
A Barcelone, non plus, donc, puisqu’il nous manquait si fort, le liturgique. Bien sûr, on aurait pu y aller pour signifier notre indépendance d’un doigt vengeur aux antis du trottoir d’en face toujours peinturlurés en rouge mais on n’est pas si cons. Et puis les corridas sont passées, une à une, sans que je me déplace : pas le moral, pas l’argent, chaleur caniculaire, panne de clim dans la voiture, eau cristalline de la piscine, enfant à garder, cartels convenus, élevages inintéressants, incertitude absente, aquoibonisme latent, conscience devenue aiguë de s’emmerder lors de 90% des courses…
Même la placita de Saint Laurent d’Aigouze, qui me plait tant, adossée à l’église avec les toros qui sortent de la Sacristie, prêts à vous administrer l’extrême onction, je ne l’ai pas fréquentée. Avant, il y a bien longtemps, si je n’avais pas plus à faire, pavlovien total, il suffisait qu’on annonce le mufle d’un toro quelque part et j’accourais. Une vraie chair à taquilla pour les empresas. Un fond d’investissement sur pied. Maintenant, ils ont un mal fou à me faire raquer au bassinet – j’aime bien parler argot, vous avez remarqué ?- j’ai comme qui dirait des cactus au bout des paluches vu que le larfouille s’amincit d’année en année, en inversion proportionnelle au seuil d’excitation qui s'élève.
Sans parler de la pression sociale, devant cette marginalité criarde de mal élevé, cette culpabilité assumée de sécher la réunion de famille autour de la nouvelle communiante pour assister à des meurtres indignes, seul égoïste passionné à fuir les devoirs familiaux pour assister à cette mascarade d’indulto. La honte de la belle-famille, c’est le gendre aficionado. Tandis que tous vos beaux-frères, eux, sont comme il faut, ne sont passionnés que par leur femme, leurs enfants, leurs parents et leurs réunions de famille… Leurs discours sont propres, ils parlent de leur travail, des camps Scout de leurs bambins, du dernier discours du Pape… Comment font-ils ? Sont-ils moins vivants que moi ? Sont-ils plus sages, plus mûrs ? Puis-je leur dire moi, que dans un bar de Triana une pute roumaine s’est accrochée à mon cou durant deux heures en écrasant ses gros seins sur ma poitrine pendant qu’elle m’expliquait dans quelle misère vivait son pays ? Que j’en avais pour ainsi dire la preuve sous la main car la pauvre fille n’avait apparemment rien à se mettre… Je peux leur dire, ça ? Que ce fut une rencontre humaine rare au cours de laquelle je pris un cours fulminant d’humanité essentielle et de géo-politique pratique et concret, seulement interrompus par ses ''Fucky-Fucky ?'' implorants ? Que cette fille était chouette, qu’elle ne voulait finalement que de la tendresse, qu’elle ma bouleversé, qu’elle m’a appris que les putes ne sont pas des putes mais des femmes fragiles. Est-ce que je peux leur dire, ça, entre le fromage et le gâteau ? Qu’aucun sermon de leurs curés pédophiles, jamais, n’a eu la déchirante humanité de la confession spontanée de cette pute roumaine saoule… qui au lieu de m’exciter, m’a rendu amer jusqu’à la frustration de ne pouvoir la sortir de là comme une petite sœur égarée que l’on récupère. A qui puis-je dire que j’y ai pensé des mois, tentant d’imaginer sa vie, espérant qu’elle ne ferait pas de mauvaise rencontre (Hortefeux, tout ça…) je ne vois que vous.

La compagne elle, ne dit rien ; mais vous sentez tout le magnétisme de son regard par lequel elle tente de vous retenir. Elle vous jauge. Peut-être aimerait-elle être comme vous : dire « ciao ! » à la communiante dans son aube virginale pour se jeter sur vos traces, peut-être aimerait-elle que vous sentiez sa solitude et restiez là, avec elle. Mais elle ne veut pas le dire, non, elle veut que vous le compreniez. Ce n’est pas possible, vous n’êtes pas parfait et votre esprit est déjà là-bas. Sur le pas de la porte, vous avez envie de lui dire comme elle est belle, comme vous l’admirez, comme vous vous trouvez idiot de l’abandonner elle et votre enfant, pour six toritos de merde trafiqués par le mundillo pour décevoir la pureté de votre espoir. Et vous partez. Mais vous partez parce qu’elle est là, avec la certitude qu'elle vous attend, sinon vous n’auriez pas le goût de vous en aller… Le sait-elle ? Evidemment vous avez toujours eu cette pudeur lâche, de ne pas lui dire.

Mais à Saint-Laurent d’Aigouze comme ailleurs, cet été, je n’y étais pas. Nonobstant, je vois un maximum de courses non désirées à cause d’amis généreux. Car l’aficionado est ainsi fait qu’il préfère être ce masochiste, relatant le fracaso, se flagellant en public de s’être encore déplacé pour rien, plutôt que de vivre la frustration de n’y être point allé. C’est cul ''nonobstant'' comme mot, je ne l’emploierai plus ou alors, juste pour vous emmerder. Non moi, j’aimerais aller dans les quelques rares pueblos espagnols où l’on peut encore voir quelque chose de populaire. Une aficion à l’os. Essentielle, authentique. Pas celle des grands hôtels et de leurs fontaines de Champagne. Je ne suis pas un révolutionnaire pourtant, mais j’ai toujours préféré le tinto de la casa, bien râpeux. J’ai toujours préféré la droite saucisson et la gauche ballon de rouge, que la droite Champagne et la gauche caviar.

Si je pouvais prendre une année ''sympathique'' - c’est une année où l’on ne travaille pas, faut être pharmacien, ou notaire, ou retraité, buraliste peut-être, sinon on ne peut pas - je me ferais mon petit road-script taurin de pueblo en feria, avec obligation d’écrire et de photographier tous les jours. ''Ruedos around the Pueblos'' qu’il s’appellerait, mon livre, à l’issue… Il intéresserait au moins… trois cents personnes, au haut mot… plus ceux qui me plaindraient, m’encourageraient, m’achèteraient par amitié, pitié, compassion, solidarité, vous, là. Pour goûter une fois encore aux crevettes de Sanlucar de Barrameda, à la spontanéité du peuple espagnol, à l’anis de Chinchon aussi vertigineux que la pente de son arène, à l’émotion de jeunes femmes très fragiles, pour respirer la combustion lente et âcre des cierges de l’église du Rocio, pour entendre souffrir les maestros de renom devant les redoutables vaches braves des placitas de tientas, etc...
Pour tout ce que l’on sait de cette Espagne un jour si fort étreinte, qu’elle nous tient dans l’attente fébrile de ses retrouvailles ardentes de maîtresse farouche, émouvante, inconstante, susceptible, jalouse et possessive mais terriblement vivante.

samedi 28 août 2010

Bugnettes à Buñol.











130 tonnes, une heure, bien mûres : Feu !
La Tomatina de Buñol est à la tomate ce que l'avalanche est au flocon de neige. Il faut être espagnol pour faire ça, non ? Depuis 1940, on se gerbe amicalement à la gueule assez de dicotylédones gamopétales pour se noyer dans la sauce rouge. Certains disent que c'est parti d'une bataille d'écoliers devant l'étal d'un épicier, puis des écoliers sur les passants ; d'autres affirment que la population avait bombardé les élus locaux pour protester contre l'absence de fête dans leur village ; d'autres encore que... enfin il y a autant de versions que de petits producteurs. De nos jours, les jeunes ne se demandent plus d'où ça vient mais s'accordent à pulvériser en une heure et pas une minute de plus, les 130 tonnes de solanacées fournies. Que font les anti-gaspi et les zanti-coulis ? Ils végètent et s'indignent, rouges de colère, persuadés que ces tomates crient quand elles s'écrasent et sont enlevées directement de la bouche des enfants mourant de faim dans le monde.




vendredi 27 août 2010

La Pensée du Jour

"J'emmerde ce pays de cons"

Simon Casas

Imaginez, je me rends comme chaque matin chez mon buraliste préféré qui m'accueille toujours par un plus ou moins discret : "ami des bêtes, bonjour..." faisant référence à mon inclination coupable pour les corridas. Le Rom qui campe sur ses marches m'a déjà gratifié de son bonjour obséquieux et intéréssé. Evidemment de moi il n'a rien à foutre, ce qui n'est pas vraiment critiquable puisque la réciproque est vraie, je l'avoue. C'est mon fric qu'il veut. Voudrait. Personne dans la journée ne me dit bonjour aussi gracieusement. Il me pose un problème ce Rom... il me renvoie tous les jours et dès le matin, l'épineux problème de l'immigration mais à l'échelle personnelle. Je me sentirais presque coupable de sortir toute cette monnaie de ma poche et à la trier devant lui pour constituer l'appoint de la dépense du journal sans rien lui refiler. Oui mais voilà, il me semble que si je lui file du fric, je cautionne l'idée que ça peut être un projet de vie de rester assis là, toute la journée, depuis 8 heures le matin, à mendier. Et ça, je ne peux y adhérer ; ce n'est ni démagogique ni charitable mais j'avoue que de contribuer à lui faire croire ça, me contrarierait plus que de me séparer d'un peu de monnaie. Oui, si vous voulez vous pouvez en profiter pour vous indigner. Si ça se trouve, c'est vrai, je suis un salaud. Ou un radin. "Radinovic" p'têt bien, qu'ils m'appellent entre eux... En poursuivant jusqu'à la Sécu, en passant par la poste, je sais que je vais rencontrer aussi sa femme puis sa fille. Ils ont mis en place une quête filtrante dans tout le quartier. En plus quand je redémarre, son nez est juste à la hauteur de mon 3,2 litres DID turbo-compressé de 165 CV non catalysé, qui ne lui envoie pas une bouffée d'air pur des Balkans dans les alvéoles... ça non ! Au fait, ça y est, ne comptant plus sauter les dunes du Sahara durant les trois prochaines années, je m'en sépare pas plus tard que la semaine prochaine redevenant illico un citoyen plus éco-présentable. Je ne verrai plus, dans mon rétroviseur, les jeunes filles babacools pédaler, pochette indienne en bandoulière sur le sarouel et chandail en poils de clebs de Sainte-Enimie m'invectiver à grand renforts de medius vengeurs et enfumés. D'une énoooorme bagnole blanche à tête de Touareg rouge, je passe à une petite noire qui pourra se garer dans les parkings souterrains claustrophobigènes... j'ai tout calculé : 40 E de crédit en moins, 60 euros de carburant en moins - ben tiens, l'autre monstre fallait l'alimenter ! - 300 euros de prime d'assurance en moins : pas mal, non, 1500 roros de moins par an grâce à l'adoption du célèbre TDI teuton. Oui, parce que ça y est : j'ai enfin admis que "Kiné", c'était mort pour gagner sa vie... je sais vous ne me croyez pas... personne ne nous croit... mais faudra bien qu'un jour j'écrive là-dessus, pour vous persuader. (Casas ! Casas !... ouais ça va, il arrive...) Mais que les empresas calment leur espoir, ce budget ainsi libéré se sera pas employé à courir les arènes, vu les spectacles indigents proposés.

Ce matin, donc, (Aaaaaaaaah... soupire l'aficionado obtus que rien d'autre n'intéresse que ses chers petits toritos en guimauve ressucée) c'est Nadia la petite vendeuse du buraliste qui m'a servi. Il n'y a pas si longtemps (et allez... patiente encore, aficionado de pacotille qui ferais mieux de parcourir "Genèse de la corrida" du Tio Pepe que de perdre du temps ici...) elle me donnait du "Bonjour monsieur" rougissant, qui avec l'ordinaire des jours qui passent, s'est unilatéralement mué en un "Salut Marco" des plus familiers dans le plus pur style Pied Noir. "Bâ, bâ, bâ... comme il sent bon le Marco ce matin..." Je crois que je vais changer de crémerie, moi, entre le Rom hypocrite et la vendeuse en surchauffe ça devient un parcours de réac de droite sexuellement harcelé pour quérir son canard. Bref, (je me régale...) maintenant que nonante pour cent des lecteurs nous ont lâchés et qu'on est entre nous, venons en au fait ! De quoi on devait parler déjà...? Voyons... remontons voir le titre... gnagna... ah oui ! "Tous Cons" par Casas Simon. Un best-seller jouissif, un filon, pour la dérision.

Quand mon oeil enfin arriva à quitter les yeux noirs que me roulait Nadia en frôlant ma main pour me rendre la monnaie - j'avais pas dit plus haut que j'avais fait l'appoint ? - j'aperçus alors de mon célèbre oeil de Lynx fureteur, dans le coin supérieur gauche de "La Gazette de Nimes" entassé non loin du guichet où je viens naïf et inquiet, vérifier quotidiennement mon pouvoir de séduction de quinquagénaire non inscrit sur Meetic-Affinity sur les poulettes trentenaires, ce titre on ne peut plus racoleur pour un emmerdeur comme votre serviteur qui s'empressa donc d'en faire la maxime de la "pensée du jour" : "J'emmerde ce pays de cons". Ah oui, mais vous le saviez déjà. Bon ben ça fait rien, maintenant j'ai plus le temps, je reprendrai un autre jour, ça vous apprendra à applaudir le toreo profilé, les séries indigestes au seul prétexte qu'elles se terminent et à gueuler "INDULTO" comme des veaux pour vous donner un semblant de conscience animaliste.

La Gazette. Simon Casas, que répondez-vous à Jean-François Jaillette, journaliste à Marianne, qui sous-entend que vous avez gardé pour vous l'argent de deux corridas de bienfaisance, l'une en 2004 et l'autre en mai dernier avec Sébastien Castella au profit d'Haïti ?

Simon Casas. Que son article, c'est du papier cul. J'ai répondu sincèrement aux questions de ce monsieur et je suis tout simplement scandalisé par ce qui en est ressorti. Jean-François Kahn est un gros âne ambitieux qui ne cherche que la polémique. Si je le croise, je vais lui mettre mon poing dans la gueule.

Pourquoi ne pas avoir porté plainte contre le journal ?

J'y ai pensé, mais je me réserve plutôt le droit de porter plainte contre X en désignant les anticorridas pour harcèlement. Ce sont eux qui sont derrière tout ça.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que cet article n'est qu'une action de plus dirigée contre ma personne. J'ai créé la tauromachie française et certains ne le supporteront jamais. J'ai déjà subi des attentats au cocktail molotov, des insultes racistes, des lettres anonymes... ça commence à bien faire ! J'ai une paire de couilles, j'ai des convictions et j'emmerde ce pays de cons !
Mais que répondez-vous sur le fond ?
Ecoutez, moi, je n'ai rien à cacher. S'il n'y a eu aucun versement à caractère humanitaire après la corrida de 2004 ( ndlr: en faveur des sinistrés du Rhône), c'est parce qu'on a fini déficitaire. Je ne me suis pas plaint et j'ai continué à me bouger le cul. Pour la corrida de cette année (ndlr: en faveur d'Haïti), tous mes collaborateurs étaient bénévoles. Les 150.000 euros qui ont déjà été transmis à l'association Enfants-Bonheur ont permis de donner un toit à des dizaines d'enfants en Haïti. Mais ça, personne n'y pense.
Pourquoi avoir laissé un tel intervalle (13 mai-30 juillet) entre la corrida de bienfaisance et l'envoi de ce premier chèque ?
Pour plusieurs raisons très simples. Après la feria de Pentecôte, nous sommes allés aux impôts pour demander une exonération de TVA, dont le dossier est en cours de traitement à Paris. Quand le journaliste de Marianne parle de 300000 à 500000 euros de recettes, il oublie les charges. C'est une honte. Le résultat net est presque deux fois moins important. J'ai eu la politesse d'attendre l'accord de Sébastien Castella, fin Juillet, pour l'envoi de ce premier chèque. C'est lui le maître d'oeuvre, c'est lui qui a mis sa vie en danger.
Une réunion est-elle prévue entre tous les acteurs de cette manifestation ?
Oui, Sébastien Castella remettra symboliquement les chèques et les comptes de la corrida à l'association Enfants-Bonheur, en présence de son président Thierry Lhermitte, le 19 ou le 20 septembre prochain à Nîmes. Après, je pense que je vais m'exiler de France et prendre la nationalité espagnole. Je ne veux plus avoir à me justifier devant des conservateurs bouffés d'amertume.
Personne ne trouve grâce ici à vos yeux ?

Si, je tiens à remercier Sébastien Castella, la ville de Nîmes, les gens qui ont collaboré en faveur d'Haïti, ceux qui ont payé leur place, et je l'espère l'administration fiscale pour son aide. Quant à tous les autres je leur dis merde.

Source La Gazette n°586- Du 26 Août au 1er septembre 2010.

mardi 24 août 2010

MALETILLAS


De la guerre d'Espagne on connait surtout les photographies de Robert Capa et notamment celle du combattant fauché en pleine course au sommet d'une colline dont on se demande maintenant si elle n'aurait pas été mise en scène. On a en tout cas jamais vu le négatif qui aurait peut-être permis de mieux l'étudier. Certains disent même que la mort de ce soldat serait due à cette photo. Ce combattant ayant posé à la demande de Capa et un tireur isolé en aurait profité.



Mais un autre photographe, Agusti Centelles est sorti il y a quelques années du relatif anonymat où on l'avait laissé grâce à la sortie d'un livre - Agusti Centelles 1909-1985 éditions Actes Sud 30x25,5cm 258p, 55 euros - et d'une exposition présentant son travail. Un travail de photographe engagé et non de reporter venu couvrir un évènement. La différence est argumentée dans un article de Rue 89 dont voici les extraits les plus explicites.








La grande question de l'exposition : c'était quoi, l'engagement ?
Cet accroc à son professionnalisme, (allusion à son refus de couvrir la retirada vers le camp d'internement d'Argelès alors qu'il en était) jamais démenti avant guerre et pendant, est une défaite dans la défaite. Paradoxalement, c'est la preuve d'un engagement total auprès des siens ; d'où la question principale planant sur cette exposition :
C'est quoi, l'engagement ? Ou plutôt, c'était quoi ?
Une réponse est dans un texte formidable du livre accompagnant l'exposition (« un regard juste versus juste un regard ») proposé par l'artiste et théoricien
Joan Fontcuberta :

« Les théories actuelles du photojournalisme ont mis en avant la notion de neutralité. Le professionnalisme se définit même précisément par le refus de la partialité qui nous mènerait à la pure propagande.
Nous trouvons aujourd'hui candides et vaines les tentatives de ces pionniers qui, n'obéissant ni à des codes déontologiques imposés ni à des traités de style, s'en tenaient à leur propre conscience et manifestaient leur humble intention de changer la réalité : la photographie comme outil de transformation du monde. Propagande ? »
Réponse de la photographe nord-américaine Dorothéa Lange citée, dans la foulée, par Fontcuberta :

« Tout ce que croit un individu est propagande. Plus tu crois intensément et profondément en quelque chose, plus grand propagandiste tu deviens. Conviction, propagande, foi, je ne sais pas, je n'ai jamais pu considérer que ces termes étaient pernicieux. » (« Aperture », New York, 1982).


Non, Agusti Centelles n'est pas « le Capa espagnol »
A ce coin de l'histoire, on devine que de nombreux riverains pensent aux photographes de la même époque sur le même terrain, et bien sûr à
Capa. Combien de gazettes ont -et vont encore- qualifier d'Agusti Centelles de « Capa espagnol ».
Raccourci erroné. D'abord il est catalan… Ensuite, Gervasio Sanchez, photographe et journaliste au Heraldo de Aragon, argumente, dans un autre article du livre intitulé le « photographe universel » :

« Trois raisons différencient Centelles de ces dizaines de photographes qui se sont aventurés intensément dans la guerre (d'Espagne) et en ont tiré des images d'une grande justesse :
Ils ont couvert la guerre des autres,
Ils n'ont jamais été inquiétés dans l'exercice de leur métier-
iIs ont bénéficié d'une reconnaissance publique -même si certains moururent très jeunes. »
Autrement dit : la proximité et la sincérité du fait photographique seraient relativisées par le parachutage…
Centelles, c'est bien l'anti-Capa sur toute la ligne. Ava Gardner ne l'attend pas au bar du Ritz de Barcelone. Sa mallette n'est pas une valise mystère. Il ne fera pas un prototype flamboyant, idéal pour la profession et le roman.








On retiendra quand même pour l'anecdote, le point commun de leur mallette perdue. Après la défaite de 1939, comme des milliers d’autres Espagnols, Agusti Centelles prit le chemin de l’exil et fut interné dans le camp de réfugiés de Bram, en France, où il continua à exercer son métier avec des moyens extrêmement précaires. Quand il prit la décision de fuir la France occupée et de retourner clandestinement en Espagne, il fut contraint de cacher plusieurs milliers de négatifs dans une maison de Carcassonne pour protéger l’identité de tous ceux qui auraient pu être reconnus par la police fasciste. (source site jeu de paume)


Il confia donc sa valise à une famille audoise chez qui il alla la rechercher trente-deux ans plus tard. Robert Capa, lui, les abandonne dans son studio parisien en fuyant aux USA, l'entrée des troupes allemandes. Il estimera les avoir perdus et mourra sans les revoir, en 1954. Ces négatifs réapparaitront cinquante ans plus tard dans les affaires d'un général diplomate ayant servi sous pancho Villa au Mexique ! Avec ses négatifs se trouvent ceux de Gerda Taro sa femme et de David Seymour alias "CHIM" avec qui il fondera l'agence Magnum.
Photo 1 : Capa.
Photos 2, 3 et 4 : Centelles







L'épouse infidèle

Et je l'ai menée vers la rive
pensant qu'elle était encore fille
alors qu'elle avait un mari.
C'était la nuit de la Saint-jacques,
on se sentait presque obligé.
Les lumières se sont éteintes,
les grillons se sont enflammés.
Au détour des dernières rues
j'ai touché des seins qui dormaient,
et ils se sont ouverts soudain
comme jacinthes et bouquets.
A mes oreilles résonnait
l'amidon du jupon de femme,
autant qu'une pièce de soie
qui serait fendue par dix lames.
Les arbres se sont mis à croître
sans lumière argentée aux cimes
tandis qu'un horizon de chiens
aboie à cent lieues de la rive.
*
Par-delà les joncs et les ronces,
par-delà les mûres sauvages,
sous la touffe de ses cheveux
j'ai creusé un trou dans la vase.
Moi, j'ai enlevé ma cravate
et elle a enlevé sa robe.
Moi ma ceinture avec mon arme,
elle ses trois linges de corps.
Ni les nards ni les coquillages
n'ont un teint aussi délicat,
ni les verreries à miroirs
ne brillent avec tant d'éclat.
Ses cuisses m'échappaient sans cesse
comme des poissons que l'on piège,
à moitié pleines de chaleur
et à moitié pleines de neige.
Cette nuit-là j'ai parcouru
le meilleur de tous les chemins,
sur une pouliche de nacre
sans étrier ni bride en main.
je suis homme et ne veux pas dire
les choses qu'elles m'avait dites,
les lumières de la raison
mettent à mes mots leur limite.
Souillée de baisers et de sable,
je l'ai ramenée de la rive,
au moment où contre les airs
se battaient les épées des lys.
Comme un vrai Gitan que je suis,
j'ai fais ce que je devais faire.
Pour coudre je lui ai donné
un nécessaire en satin clair.
Je ne veux pas être amoureux
car elle a dit qu'elle était fille
alors qu'elle était mariée
quand je la menais vers la rive.
Un matin, ce poème est arrivé dans ma boite aux lettres... Avec d'autres, dans un petit livre précieux. Il est de Frederico Garcia Lorca. Merci.

lundi 23 août 2010

Toute Honte Bue...

Une honte a ravaler cul sec, que ce slogan publicitaire pour des bouteilles de vin rosé baptisées
"INDULTO" qui précise : "L'esprit feria par excellence"...
Vue dans l'arène de Béziers... A la bonne vôtre, donc... Me Cago, comme dirait le Chulo...
là :
http://www.jies-arles.com/article-feria-de-beziers-2010-miurada-du-15-aout-quelques-images-55840827-comments.html#comment66516470

Chulo tel qu'en lui-même...

J'y crois pas... le Chulo s'émancipe ! Chulo bloggeur, c'est le scoop du jour. ADIOS CHULO est né. Et il prévient dans le sous-titre : coups de coeur, coups de sang ! Ça va dépoter messieurs-dames ! Un nouveau Spiderman tauromachique rejoint la toile pour tisser quelques aspérités sur la façade lisse des informateurs alignés sur les intérêts du mundillo. A moins que, pénétré de la responsabilité de webmaster dudit blog, il s'assagisse, allez savoir... En tout cas moi, ça m'intéresse un torrent d'aficion qui soudain déboule sur nous et ne se base pas sur l'idolâtrie des figuras mais, plus émouvant, sur l'admiration de l'animal fascinant. Comme m'intéresse aussi le recul que peut avoir quelqu'un qui voit des courses depuis... quelques lunes, assez pour ne pas applaudir à la fin de chaque série mais qui a des références en rayon pour traduire son ressentiment. Suerte, donc, chulo...
http://adioschulo.blogspot.com/2010/08/adios-chulo.html#comments

Carnets de Ruedos...




Canis Lupus et Petit Minus






El Lobo hurlant son désespoir à la pleine lune de ses ambitions, s’élançait furieusement sur le dos du fauve. Question toreo il avait les crocs, il aurait bien aimé agiter un peu plus souvent le petit chaperon rouge devant le mufle des bêtes noires, mais, le désir ou la volonté, seuls, n’ont jamais suffi et dans la forêt de contrats, la trace est plus qu’aléatoire, la recherche au sang plus que complexe. Aussi n’aura-t-il jamais pu s’essouffler entre les murs de pierre des grands amphithéâtres romains où ne grognent pourtant trop souvent que de petits cochons faciles à tourmenter pour des figuras maniérées. La horde médiatisée court d’autres territoires quand lui doit se produire au mitan des vieilles planches disjointes de la ''Monumental Marius Lescot'' si pompeusement qualifiée parce qu’il s’agit de la plus petite arène de France et de Navarre et, mon oreille à couper, du monde. Nous sommes à Gimeaux prés d’Arles, quelques années en arrière, et, quand le frontal du toro heurte l’enceinte, tout le premier rang, c'est-à-dire le seul, plus exactement le cercle que font les spectateurs debout, estime le choc en direct, amortissant l’onde de la structure, de leurs poitrines. Dans les avant-bras se jauge l’impact de la cornada qu’il y avait à prendre alors que le ventre des câbles en vibre encore à l’unisson des ventres aficionados.
Un peon s’est abrité de justesse derrière un burladero que le coup de corne a malmené : une épaisse planche pourrie avec des gros ''cloutas'' rouillés s’est fait la malle. Le peon l’a balancée en force par-dessus bord sans se soucier d'ensuquer un spectateur, qui n’a qu’à l’esquiver d’un retrait du buste plein de toreria et depuis, elle pourrit un peu plus dans le jardin de celui qui l’emporta furtivement parce que l’idée de détenir une relique de la plus petite arène du monde lui botta. El Lobo s’élança furieusement sur le dos de l'autre fauve tandis que de l’autre côté d’une palissade pompeusement nommée ''arène'', le petit garçon ajustait solennellement son coude pour entrer à matar. Ces deux photos ont trente secondes et deux mètres cinquante d’écart, soit toute une traître vie. Sûr qu’au même âge, El Lobo avait une aussi pure aficion et plus de facilité à rêver de triomphes. Sûr qu’il était aussi fier, de se camper ainsi, prêt à couper des oreilles qu’il aurait promenées encore tièdes et dégoulinantes, triomphant toutes canines apparentes, tout au long d’un ruedo, fût-il le plus petit du monde.

Sûr, qu’aujourd'hui il doit parfois encore y penser quand il vous sert le pastis sur la place du Forum, avec cette lueur de détresse résiduelle de loup insatisfait qui rêvait plutôt d'étancher votre soif d'aficion.

vendredi 20 août 2010

Waiting for the Bulls...

La série éponyme s'est enrichie dans ma galerie, sur Darqroom, là :

jeudi 19 août 2010

Pourquoi allez-vous voir les corridas ?

Estoquer la mort

La passion tauromachique n ‘est pas quantifiable ou, plus exactement, pour la comprendre il faut la vivre ! Le profond respect que chaque aficionado porte à sa majesté le taureau de combat, ainsi que l’admiration sans faille que nous avons pour chaque torero ne peuvent pas s’expliquer par de simples mots. Dès lors répondre à la question « Pourquoi allez-vous voir les corridas ? » n’est pas chose aisée. Peur-être est-il plus simple d’exprimer ce que va chercher l’aficionado que je suis, dans la rencontre des deux solitudes que sont le toro et son matador.

Le premier torero fut l’homme des cavernes qui, régulièrement, abandonnait sa grotte protectrice pour affronter l’auroch. Au cours des premiers balbutiements de l’humanité, lentement mais inexorablement, un concept s’inscrivait douloureusement parfois : l’intelligence était plus forte que la masse musculaire. C’est le fondement même de la tauromachie où la verticalité, remarquablement symbolisée par l’attitude du torero, s’oppose à l’horizontalité, si bien représentée par la charge du toro. La corrida, combat et Art, est aussi symbole. Si la corrida a résisté au temps, c’est qu’elle porte en elle une sérieuse espérance de vérité. Elle symbolise la vie. Comme le toro, l’homme mûrit, grandit avec l’épreuve, aspire à atteindre l’intemporalité dans une bien curieuse corrida dont il sait qu’il ne sortira pas vainqueur. Tout au plus, peut-il espérer que ses faits et gestes plaideront pour sa mémoire. Peut-être, aller aux arènes, c’est aller en quête de vérité… !

Jean Cocteau a écrit : « En tauromachie, il n’y a pas de haine. Il n’y a que de la peur et de l’amour ». c’est vrai ! Jamais un torero blessé, aussi grave que soit sa blessure, ne se plaindra. Chaque torero respecte le toro qu’il combat. Il sait qu’il peut tout lui donner ou tout lui enlever. Y compris la vie !…

Etant responsable de l’antenne médico chirurgicale des arènes de Fréjus et participant régulièrement aux différentes équipes de garde dans les arènes du Sud-Est, j’ai été amené, maintes fois, à m’occuper de toreros blessés : jamais, j’ai bien écrit jamais, je ne les ai entendu proférer une parole désagréable à l’encontre de leur toro. Les exemples abondent. Je me souviens tout particulièrement de CONRADO GIL BELMONTE, horriblement blessé à Fréjus le 14 juillet 1998. ce fut certainement une des cornadas les plus graves jamais survenues en France. La corne avait arraché quasiment tout le haut de la cuisse gauche, avait rompu la veine fémorale et sectionnée la veine saphène interne. Trois trajets, dont un transfixant, labouraient les muscles et l’axe vasculaire de l’infortuné torero. C’est un moribond qui arriva à l’infirmerie ! De ces terribles moments, je me souviens tout particulièrement de la main du matador agrippée à mon bras. De seconde en seconde, je percevait la force de sa main décliner. La bonne organisation de l’infirmerie, la ferme détermination de chacun de nous, l’excellente constitution de GIL BELMONTE ainsi que la chance (sans laquelle, face à un toro comme face à sa propre existence, rien n’est possible ) expliquent l’heureuse évolution de cette affreuse cornada. A peine le matador fut-il déchoqué qu’il murmura plus qu’il ne le dit : « Je veux retourner en piste ». Pas un mot sur la douleur, pas un mot contre son toro ! Il resta dix jours à l’hôpital (dont 3 en réanimation) de Fréjus. Il n’avait qu’une idée : reprendre le chemin des arènes. Des exemples comme celui de CONRADO GIL BELMONTE, je pourrais en citer des dizaines d’autres. Nous sommes à des années-lumières des frasques footballistiques où des sportifs de haut niveau majorent la douleur pour mieux fausser un match. Je n’ai pas à rougir de côtoyer les toreros. Ce sont des hommes qui m’ont enseigné la dignité, vocable qui, à l’époque de la mondialisation et des organismes génétiquement modifiés peut paraître désuet…Raison de plus pour respecter les toreros !


Il m’est aussi arrivé, en privé et une fois dans un festival taurin qui eût pour cadre les arènes de Fréjus, d’avoir la naïve candeur de vouloir toréer. J’ai pu ainsi découvrir une constatation ( mais je me doutais déjà de son existence ! ) : il est plus facile de jouer les revisteros (ce qui m’arrive souvent ) que se croire torero (ce qui m’est arrivé trop souvent !). En tauromachie, la mort et l’inconnue sont les deux invitées permanentes. Comme en médecine ! Cela explique peut-être pourquoi beaucoup de médecins vont régulièrement aux arènes.

En fait, NIMENO II me fit comprendre qu’il y avait une sorte de similitude entre la médecine et la tauromachie. C’était à Fréjus le 20 juillet 1986. au terme d’une corrida de OLIVEIRA IRMAOS très intéressante, il avait avec GALLITO DE ZAFRA et VICTOR MENDES, ses compagnons de cartel, obtenu un grand succès. Le soir venu, alors que nous discutions très amicalement de la course, il me dit, soudain sérieux : « En fait, les toreros et les médecins ont le même but : essayer d’estoquer la Mort ». Depuis la fin tragique de Nimeno II, cette phrase tourne et retourne dans ma tête…

Que trouvez-vous dans la corrida ? Qu’y cherchez-vous ? Quel signifiant contient-elle à vos yeux ? Telles sont les questions que vous posez.

Comment y répondre ? En quelques mots seulement. La corrida n’est qu’humanité. Voilà pourquoi elle est intemporelle. Voilà pourquoi elle est férocement adulée et farouchement rejetée.

Dans un monde évanescent ou la consensus mou est érigé en dogme absolu, la corrida a l’immense mérite de ne pas laisser indifférent… Longue vie à la corrida de toros !

Christian DERBUEL.

jeudi 12 août 2010

L'Homme est un Loup pour l'Homme...



Suite à la décision catalane édictant que les corridas, c’est caca, les sondages n’ont pas manqué de s’emballer : alors qu’en 2007 50% des sondés se déclaraient favorables à l’interdiction de la corrida, ils sont aujourd’hui 66%. C’est de notre faute aussi. On ne sait pas poser les bonnes questions au populo. Si j’en avais les moyens je commanderais ce sondage :

Êtes-vous pour ou contre la daube de toro ?

Là, à une majorité supérieure à celle d’une élection opposant Chirac à Le Pen, le peuple français répondrait :
« Pour ! »
On aurait alors beau jeu de mettre le doigt, notre gros doigt d’aficionado scrofuleux, sur leur hypocrisie purulente d'anti, leur veule et majeure hypocrisie geignarde surtout rétive à la forme. Car je rappelle à l’aimable lectorat que pour rendre la daube comestible, il faut qu’ait d'abord été ''cadavéré'' l'animal dont elle est issue. Sinon, c’est pas pratique. Cette modalité ne se contournant pas, il n’est alors qu’à considérer l’arène comme un abattoir de luxe où les toxines ne s’accumulent pas dans vos steacks futurs mais s’évanouissent, cela a été démontré. C’est bien plus sain mais on voit le sang couler et il est rouge sur le sable clair. Ca tranche. Un peu comme le couteau égorgeur du sacrificateur Hallal lorsque l’effroyable machinerie entraîne le bovidé dans un looping mortifère, les quatre fers en l’air, gorge offerte à la lame et geyser de sang subséquent. On notera d’ailleurs au passage que cette position sur le dos, gorge offerte, est celle, typique, adoptée par les loups mâles face au dominant : c’est la soumission totale et je trouve très honorable et symptomatique, qu’à l’inverse, dans le combat ritualisé de la corrida, jusqu’à l’ultime seconde le toro puisse infliger des blessures et souvent les plus graves à cette seconde-là, justement. Et qu’on ne me dise pas qu’en ce qui concerne la viande non musulmane le coup de ''matador'' entre les deux yeux est une surprise totale pour le bovin. J’ai vu toutes ces images, ces exécutions Hallal ou pas et l’on constate très bien la terrible anxiété de ces animaux bien avant que n’arrive le coup fatal. Cet affolement désespéré qui passe dans leurs yeux, je ne l'ai jamais constaté chez un toro bravo.
Je pense que durant la guerre, pour un soldat des forces alliées, l’idée de mourir sur le front du combat était moins désagréable que la perspective d’être gazé dans un camp comme un rat. Je fais référence là, à l’animal rongeur mais il me semble me souvenir aussi que c’était la dénomination employée par les Nazis quand ils parlaient des Juifs. On leur infligeait donc une mort de rat.

Poser cette question, ''Pour ou contre la daube de toro ?'', ce serait un peu reproduire la façon dont s’étonnait le bon sens paysan de Paco Ojeda qui disait :

« Ma foi, je ne comprends pas bien ce débat… quitte à être un bovin élevé pour la boucherie autant être magnifié un quart d’heure avant sa mort dans une arène, non… ? Où est le problème ? »

Eh bien le problème M.Ojeda, par rapport à l’abattoir discret, c’est qu’on en fait un spectacle. Le problème c’est l’hypocrite sensibilité des gens, volontiers résumée par le terme ''sensiblerie''. Elle n'épargne même pas l'arène où l'on entend de majuscules broncas lorqu'un cheval est rechargé au sol alors qu'il ne risque rien et qu'il n'y a pas si longtemps le public était debout pour applaudir la force démontrée par le toro...


J’ai toujours défendu l’idée que le dégoût des antis et leur agressivité à notre endroit se nourrissait essentiellement de l’incompréhension totale dans laquelle les plongeaient ces conclaves assistant au rituel sacrificiel tauromachique :
Comment des gens normalement constitués, équilibrés par ailleurs, pouvaient-ils se commettre à jouir sereinement de ces tourments sur animaux ? Un mystère… seulement accessible à ceux capables d’aller vers l’âme du peuple espagnol en un long voyage initiatique, autant dire inaccessible à ces dogmatiques-là, prompts à tout récuser en bloc vu que pour eux l’indignité est telle qu’il n’y a pas à argumenter : ceux qui ne la comprennent pas ne sont plus du genre humain. Comme tout serait simple si le monde se partageait de si simpliste façon.

Car enfin, des morceaux de cadavres d’animaux divers, emballés sous cellophane dans les rayons frigorifiques des hypermarchés, cela ne les choque pas. Pas plus que les dorades s’étouffant dans les filets. Non, car là, c’est alimentaire, c’est de première nécessité et surtout immémorial : l’homme s’est toujours nourri des animaux. Et personne autour pour applaudir. Les végétariens expliqueraient autre chose et mon propos n’est pas d’énumérer la banalité de tout ce qui serait inacceptable pour rendre plus acceptable une habitude controversée.

Sauf que nous considérons, nous autres ''barbares-aficonados'', non sans logique et pragmatisme je crois, que l’arène est le plus digne des abattoirs, celui qui respecte le mieux l’animal (hurlez antis, résonnez vuvuzelas haineuses) de loin le plus digne en ce qu’il cherche à révéler les qualités de son comportement, plutôt qu’à les nier. Il faut bien sûr pour cela, un préalable : être arrivé à sortir de l’adolescence attardée, celle qui croit que l’on punit son chien quand on le sort au jardin parce que l’on est soi-même frileux, celle qui accumule les peluches de couvre-lit, celle qui imagine qu’un ours ou un toro peuvent se caresser dans la nature si jamais on a la ''chance'' d’en croiser un… La condition expresse préalable est d’admettre la place réaliste de l’homme sur cette planète : celle du prédateur suprême incontestée qui élève et gère les populations animales pour son compte et régule les sauvages.

On subodore que la daube de taureau Camargue, AOC s’il vous plait, ne connaissant pas les affres de la corrida, est bien plus digeste à leurs estomacs délicats pétris d’anthropomorphisme bisounoursien. Concernant la tauromachie, il leur faut contourner un hic sérieux : ce combat méditerranéen loin de décimer la population de ces animaux, l’entretient. L’arrêter, par contre, ne garantirait pas leur survie, en tout cas pas celle de la diversité de leurs encastes. Déjà que, hein... chut... Il faut tellement d’investissement humain et de passion pour une telle aventure… Cela entretient aussi les immenses espaces, les biotopes dans lesquels, malgré leurs théories aimables, on ne les voit jamais tenter de les caresser. Il n’y a en effet pas d’activité plus écologique que l’élevage du toro bravo. Mais chez ces dogmatiques-là madame, on ne pense pas, non…, on idéalise gentiment un contournement imaginaire du problème. Car ils sont gentils, eux. C’est ce qui les démarque le plus de nous, les vilains sanguinaires abrutis.

Or, donc… pour cuisiner une daube de toro, voyons les modalités :

1) on a vu qu’il était préférable qu’il soit mort. (sinon c’est pas pratique…)
2) Aux fins de le tuer, il est nécessaire de l’élever. (pas naquit, pas mouru…)
3) On ne prélève que les intérêts d’un capital-cheptel (y’a l’année suivante…)

Voyons maintenant la conclusion :

Si l’arène n’est plus à ciel ouvert, si elle est aussi étroite qu’un couloir lugubre puant le sang, les abattis, la pisse, la merde, si on a fait sortir les curieux (très important), si le matador est humble, seulement vêtu d’une blouse uniforme non moule-bite, au point qu'aucune femme ne lui envoie d’œillet rouge, si l’instinct de mort des animaux est librement amplifié par ce contexte angoissant et que la viande est consommable, les zantis sont nos zamis : pour la plupart ils en croquent, de la daube !

Bon je sais, cette démonstration à la con, risque de ne pas suffire et vous avez toujours la possibilité d’apprendre par cœur les « Cinquante Raisons de défendre la Corrida » du loup philosophe pour trouver des arguments… mais outre que je n’ai pas les neurones pour lutter avec lui, (Ahoouuuuuuuuu… j’en hurle ma douleur à la lune) j’ai voulu rester au niveau pâquerettes, celui du bon sens paysan parce que déjà là, ça se défend bien je trouve, la corrida.


Personnellement, la daube, je ne l’achète pas en boite, je la fais et quand je la pose sur le plus petit brûleur de ma cuisinière à minuit et que je l’enlève à sept heures du matin, j’ai eu le temps de réfléchir à tout ça et ce n’est pas l’odeur alléchante qui envahit l’atmosphère de la maison au petit matin qui fera vaciller mes convictions. Aux antis qui contre toute attente auraient été bousculés par ce texte, veuillez me considérer beauf, viandard et sanguinaire, cela devrait vous aider à supporter la réalité.

dimanche 8 août 2010

L'Auteur Incorrigible et la Correctrice d'Edition



Y’a de ces métiers, j’vous jure… tu planches sur ta nouvelle des nuits durant, tu reprends tu corriges, t’envoies un truc qui t’a vidé ; tu en a fais des efforts pour rendre une copie propre, irréprochable même, soi-disant, et là, l’éditeur t’explique que mmoui, ta nouvelle, on va la prendre pour le recueil, mais que, en résumé, il faut la diviser par deux. Pas moins. Et là, tu recommences, tu dégraisses, tu expurges, tu coupes, tu tranches, tu simplifies, bref tu violes ta nature profonde pour déconstruire tout ce qui t’excitais lors du premier jet. Aaah la jubilation du premier jet. L'éjaculation de la créativité que tu es parfois capable de maintenir encore et encore... Mais maintenant, tu dois travailler, Rraaaâ l’horrible mot, toi qui n’écrivais que pour t’échapper du travail. Tu plies l’échine sous l’ergographisme imposé. Tu dois supprimer consciencieusement, toutes tes digressions jubilatoires qui n’obéissent pas aux canons de la nouvelle, qui « ne tendent pas vers le but ultime » tout ce qui faisait que c’était toi, tout ce qui te démarquait des autres, dans toute ta différence à la noix, tout ce qui te plaisait quand tu créais, libre, effervescent et léger, affranchi de toute contrainte, quand tu planais, hors du temps réel et des convenances. Tu dois te renier. Rentrer dans le rang. Amputer les élucubrations. Comment on pourrait appeler ça ? Les scories deloniennes ? Le delonnisme ? Tant ça ne peut être que tes défauts propres-à-toi-personnellement-tu. Tenter de te rapprocher des autres, meilleurs que toi certes, mais bien trop classiques pour toi, en qui jamais, tu ne te reconnaîtras, gros prétentieux que tu es. Môsieur se trouve singulier mais il jacte pas encore parfaitement sa langue maternelle ! A cinquante et... enfin à l'âge qu'il a. Tout ça parce que le pauvre petit lecteur serait décontenancé, parce qu’il est paresseux et que tu te dois d’être compris par lui, qui a dépensé quinze euros pour t’acheter un peu de ta merdique gloriole, ce dont tu dois lui être éternellement reconnaissant.

Entre-temps, tu t’es fourvoyé dans l’exercice du blog où tu débloques à tout va, le blog qui t’empêche d’écrire vraiment parce que c’est plus facile un textounet de temps en temps sur une idée comme ça, qu’un truc à respiration plus ample, structuré et prenant. Petit à petit tu sens la pression des deux cents clampins qui s’y connectent quotidiennement. Deux cents c’est rien, mais ils sont ceux-là mêmes qui te font mousser, à qui tu as l’impression de devoir leur ration de mots, deux cents personnes qui t’aiment bien ou te haïssent et se connectent pour vérifier leurs sentiments à ton égard. Que tu intéresses quoi. Chez qui tu rentres tous les jours. Ils te le disent parfois :
« Putain , je te jure quand je me connecte et qu’il n’y a rien ça me manque presque… »
Comment, ''presque'' ? Fais chier, merde, faut que ça te manque vraiment ! Seulement, à celui à qui ça manquerait vraiment, tu lui dirais :
« Mais, Oh, prends ton Lysanxia et fous-moi la paix ! »
Deux centaines dont les retours sont souvent gratifiants, il paraîtrait que c'est marrant ce que tu écris, mais toi tu n’as qu’une certitude qui compte, c’est qu’aucun éditeur au grand jamais ne se commettra à utiliser le moindre de ces textes.

Alors, ça y est, tu l’as divisée par deux ta nouvelle, tu as enlevé tout ce qui faisait que c’était bien toi, tu as enlevé comme on te l’avait demandé, quinze mille signes, tu savais pas jusque là, que c’était des « signes » que tu écrivais, non tu pensais que c’était des émotions, des réflexions, des inventions, des suggestions habiles, mais non, gros prétentieux de ta race, GRANTECRIVAIN de tes couilles, t’était qu’un pondeur de « signes » qui se regardait écrire.

Enfin, cette version désarômatisée, tu la corriges du mieux que tu peux, en y revenant inlassablement, chaque fois en espaçant les lectures de quelques jours afin de refaire une virginité à ton esprit par rapport à cette émanation de toi, qui est tellement toi, que tu ne la lis jamais avec le recul qui s’imposerait. Alors tu l’envoies à une ''amie'' que tu n’as jamais vue mais dont tu sens qu’elle ne peut devenir qu’une amie si tu en juges à la façon dont elle te perçoit et t’apprécie. Ben oui, comme t'es à peu près faible comme tout le monde, tu as tendance à trouver amicaux les gens qui le sont avec toi... Tu ne lui envoies pas pour avoir une approbation, non, mais pour une appréciation. Et là, son retour n’est pas équivoque :
Super ! te dit-elle et même plus…, de la version acceptée. Elle est gentille je te dis. T’es content mais le doute t’étreint toujours et quelques jours après tu lui envoies la version originelle et là pas d’équivoque non plus, le retour est fulgurant, enjoué, passionné : cette version refusée est la meilleure, celle qu’elle préfère, et de loin, sans contestation possible ! Alors là, t’es écoeuré-content : y’a des gens qui t’aiment tel que tu es, selon tes choix mais l’éditeur n’en fait pas partie. Ou il a des impératifs qui t’échappent.

Bref, la version courte et édulcorée, c’est l’officielle, elle te plait moins, mais tu reconnais qu’elle sera beaucoup plus digeste ce qui est emmerdant si t’avais décidé d’être indigeste. Mais bon, enfin, tu en es débarrassé. Ca sert à ça en fait d'être édité, à se débarrasser d'un texte qui encombrait l'esprit. C'est vous dire s'il y a du travail pour débarrasser tout le local neuronal.

Quoique, débarrassé de ce texte c’est ce que tu crois, car là, une Egyptienne, je ne peux imaginer qu'elle n'est pas une femme, te renvoie ta nouvelle, truffée d'hiéroglyphes incompréhensibles et rebutants censés t’expliquer (je pense qu’elle me dirait qu’il faut une virgule après ''rebutants'') tout ce qui clochait, accents à l’envers, espaces entre les mots, virgules à déplacer, fautes d'orthographe, de grammaire, de syntaxe… et te demande, à toi dont le texte te sort maintenant par les yeux, de vérifier si tu es d’accord. Je plains l’homme qui vit avec elle… ils ne doivent pas communiquer souvent vu que son boulot demande une concentration extrême et qu’elle ne doit pas souffrir d’être interrompue sans arrêt. Je l’imagine chaussée de fines lunettes et vêtue d’un chemisier strict à col Mao et ne choisissant pas ses soutiens gorges pour valoriser sa poitrine mais pour assurer le confort d'un bon maintien. Mais c’que j’en dis c’est pour amuser la galerie vu que si ça se trouve, c’est un gros poilu de mec. Ca ne change rien si ce n’est que je plains alors sa femme. S’il a pu s’en trouver une, pointilleux comme il est…
Bref, un auteur et sa correctrice ce sont deux personnes qui se regardent les yeux dans les yeux mais ne se comprennent jamais.

Bien sûr, comme pour tout courrier, je l’ai laissé traîner ce travail quelques jours, en ayant dans la tête le souci de m’y replonger. Cette année c'était le luxe, il y avait même un lexique déchiffrant le sens de tous les signes cabalistiques... Heureusement, que le Dieu des scribouillards soit béni, quand je l’ai relu le 5 juillet ce courrier, il était stipulé que faute de réponse le 4, la correction serait réputée admise. Ouf ! Va por ti ! Bon, par snobisme j’aurais bien aimé la contrarier un peu, la correctrice, sur le terme de ''Nîmes'' qu’elle me reproche d’écrire ''Nimes'', vous savez, la ville avec un accent. Tiens le correcteur automatique de Word est d’accord avec elle, il vient de me le souligner en rouge. M’en fous, je maintiens, même si l’usage est contraire, que Nîmes doit perdre son accent, donc son slogan. Voui. J’avais soigné la femme d’un inspecteur d’Académie, linguiste distingué, philosophe affirmé qui écrivait des articles dans des revues spécialisées au côté des pointures du genre, comme Derrida.
J’adorais parler avec lui, enfin l'écouter surtout car j'ai rarement rencontré une intelligence aussi vive. Au point que nous négligions le Parkinson de sa femme. Et oui je le reconnais, la sécu me payait pour de passionnants échanges intellectuels : bien fait pour son trou, elle qui ne nous augmente que tous les quinze ans. Et un jour, ce monsieur m’avait expliqué que logiquement, lorsque ''Nîsmes'' avait perdu son ''s'' il aurait du perdre aussi son accent circonflexe qui ne se justifiait plus du tout. Et toc. Prends ça, la correctrice. Avec ce monsieur, t'aurais eu un interlocuteur avec qui locuter grave. J'ai perdu l'occasion de faire mon savant. Oui je sais, c’est mesquin et elle s’en fout, elle applique, rigide et scolaire, le règlement de l’usage en cours. Bon et ben justement, règle numéro un, portez des soutifs à balconnets, madame, sublimez votre féminité ! Y’a des femmes, j’vous jure, faudrait toujours leur mettre les points sur les ''i''.

PS : JOL STP ne me présente jamais cette dame…
PPS : ''ergographisme'' et ''désaromatisé'' ça doit pas exister, quel plaisir de les utiliser.

vendredi 6 août 2010

Cuisine Interne

Le mundillo en ces temps particulièrements décriés, a toujours su donner une image harmonieuse de l'élégance de ses rapports professionnels... Ici pour suivre la Nimoiserie qui continue :

http://www.terrestaurines.com/forum/actus/actuchro1.php

jeudi 5 août 2010

Et si c'était faux ?



J'ai des doutes... Serait-il possible que mon esprit soit tellement malade qu'il reçoive des messages subliminaux itératifs, à la lecture pourtant anodine d'entrefilets que seule mon incorrigible curiosité me porte à lire ? Bon, en tout cas, cela me fait des posts pour le blog parce que j'ai pas trop d'idées en ce moment, comme vous le remarquez. Et puis c'est l'été, alors soyons légers...
Alors voilà, je lis dans mon journal que va se tenir pas plus tard que ce soir dans la Graaaaandiose plaza du Grau du Roi, quasi plagesque, un spectacle réunissant Javier San José, Manuel Manzanares et la rejoneadora Saray Maria. What ? Dé qué ? Are you joking ? Are you going to foutre you of my trombine ? And pire, for those wich want to buy a ticket to see this abominable mascarada ? Do you see what i mean ? No ? No passa nada, lesson :
javier San José (javier : Conde, San : Juan, José : Tomas)
Manuel Manzanares (Manuel : Benitez "El Cordobes, Manzanares : josé marie)
Y el ponpon : Saray Maria pour Marie Sara of course.
Fortiche, le pastiche, non ? Joviale l'enculette estivale... Effectivement, quand l'arène se remplit de vacanciers, oui, ceux là-même qui ont été peints et dépeints par Dubout, il est concevable qu'ils aient confusément retenus des bribes phonétiques de célébrités et que par vague analogie alzheimerisée, ces sons fassent "tilt" dans leur esprit et comme par magie, ils se rendent à l'arène !
Disons un peu comme moi en matière de golf qui crois savoir que cela se joue dans les bois parce qu'un tigre aime bien putter.
Non ? Ah mais oh... j'écris pour les universitaires, moi, pas pour les clampins... Tigre Bois, le champion... Tiger Wood, si vous êtes bouchés.... qui fit ses excuses publiques pour son addiction au sexe, vous voyez pas ? Bon, c'est pas grave, on reste amis. C'est une addiction le sexe ? Mais naturelle alors, non ? Rien de pathologique, si ? Y'a débat, je sens...
Alors, je me rends moi aussi, et décide aujourd'hui de signer mes écrits de sorte qu'ils plaisent au populo : Mac Lévi
Il n'empêche, et si c'était faux, je serais un brave médisant, moi...

mardi 3 août 2010

Et voilà… J’étais bien tranquillement installé dans la moiteur de l’été, sans envie aucune, quand ce titre de journal me sortit de ma torpeur : La feria d’Abou Dhabi est attribuée à Simon Casas. Enfin ça revenait à ça. J’ai tout de suite regardé le coin droit de la page, mais non, on n’était pas le premier avril mais le cinq août. Le jour d’aujourd’hui quoi, comme disent les excités du pléonasme télévisé. Me sont revenues les paroles de Casas sur France-Inter : « nous ne sommes pas des expansionnistes ». Mais bon, faut reconnaître, il y a des offres qui ne se refusent pas. Même le Louvre a fait les yeux doux. Et nous, on ne va pas tarder à bander avec les oreilles – comme des filles mais avec une tendance maso - quand on écoutera les grands écarts lyriques par lesquels Simon va nous justifier une implantation taurine au pays des dromadaires. On doit se faire chier à Abou Dahbi, non ? Et puis, réalisez un peu quel pied ça va être pour un créatif comme lui, d’embobiner ces Cheikhs archi-provisionnés sur un territoire absolument vierge de connaissances taurines… le fantasme absolu… ce serait comme… chai pas moi… un éditeur (qu’aurait des puits de pétrole aussi) qui vous dirait :
- Tiens, voilà cinquante millions d’euros, des stylos et des pages blanches, écris ce qui t’amuse, j’en ferai un best-seller.
Ou alors qu’à trente ans on vous dise :
- Tu vois cette jeune vierge là-bas ? C’est la plus belle femme du monde, elle veut tout connaître de l’amour et du plaisir et elle t’a choisi comme initiateur pour une année. Le cadre ? L’île d’Arros, prêtée par Liliane. Vous courrez tout nus dans les vergers de l’île pour cueillir tous ses fruits juteux… Bon seule contrainte, de temps en temps Woerth vient y bronzer, tout paradis a son serpent.
Trop jouissif ! L’éclate pure et simple pour Saint Simon ! Il sera le producteur, le philosophe, l’impresario, le prédicateur, l’artiste suprême, que sais-je encore, le prophète quasiment, une sorte de demi-Dieu enturbanné et djellabatisé. J’vous dis pas tous les amis qu’il va voir se faufiler dans son sillage. Et puis on ne prendra que les meilleurs, là-bas, dans tous les domaines. Allez savoir s’il n’est pas déjà en relation avec les sommités généticiennes du monde moderne pour créer le toro à quatre oreilles, celui qui permet des triomphes majuscules… Nouvel a été approché et on croise très fort les doigts pour que ce soit pour dessiner l’arène et non l’affiche ! En ce qui concerne les bouts d’habits de lumière, Lacroix est pressenti évidemment. Pour les alguacillilas je verrais bien Claudia Schiffer et Adriana Karembeu, enfin pas de la teinte, de la vraie blonde quoi, choisie sur foufoune.
Ouaaaah le luxe… vous imaginez ? Pour le peon qui a commencé sa carrière en Extremadure … finir dans le jacuzzi en marbre d’une suite de palace tapissé de feuilles d’or…. ? Entre deux impulsions subaquatiques, il va chialer en se remémorant su abuela fusillée pour avoir volé quatre oranges dans le cortijo voisin pour délivrer sa progéniture des coups de cornes de la famine !
Ah putain, Simon-le-Pionnier, si tu n’existais pas, faudrait qu’un écrivain t’invente dans un de ses romans. D’ailleurs va savoir si un des candidats du prix H qui viennent espournifler par ici, ne va pas nous pondre une nouvelle arabo-andalouse de bon aloi. Verts, qu’ils sont les antis. Et les resenas de Zocato ? Vous les imaginez ses resenas bercées par la brise chaude des cordons dunaires et les roulements d’embounigue des danseuses orientales ? Chaud-bouillant qu’il va être le Zocato ! Et qui vous dit que je ne finirai pas moi-même pétrisseur de cellulite Abou Dhabieuse et passeur de savoir taurin franchisseur de dunes ? j’ai le 4x4, déjà. Ah ben non, on a dit qu'on prenait que les meilleurs... Inch Allah, tous à la gamelle !

Débat

Bon allez, un petit conseil en passant : dépêchez-vous d'aller écouter ça :
http://http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/index.php?id=93945

il s'agit du "téléphone sonne" du vendredi 30 juillet