Un Don qui choque

Un Don qui choque
Qui Chipote ?

samedi 31 mars 2012

Jolie Marquise


Nîmes le 29/03/2012 Place de la Maison Carrée, 13H.

vendredi 30 mars 2012

Méprisance ou Bravitude ?


Bôôaaaah… allez, Dominique, tu vas aux putes, tu vas aux putes, reconnais-le, c'est pas si terrible que ça.

En sortant fait moi trois Pater et deux Avé et retournes chez Plumeau. Qu'est-ce qu'on a à lui tomber encore dessus ? Il n'aurait pas le droit de commenter ses bons plans Q avec ses collègues… ? De livrer des infos caliente sur les prestataires ? De recommander la cambrure affolante d'une telle ? La technique fellatoire aboutie d'une autre ? Eh ben quoi, quoi ? Qu'est-ce qui y'a ? On n'a pas le droit d'appeler un chat... une …chatte, peut-être ? Z'êtes trop catho pour mon blog ? Ben cliquez, allez, vite, dégagez d'ici ! Allons bon,… mais qu'est-ce qu'on peut devenir prudes… ! Vous croyiez quoi ? Que ces mecs plein de fric, de pouvoir et d'énergie, se contentaient de bouturer des géraniums ? De lire la collection Harlequin dans leur bibliothèque ouatée ?



Quelle « méprisance » (sic. Sarkosy) pour la vitalité de nos dirigeants ! Déjà que les fauchés-fatigués sont obsédés…... Noon le puissant aime le cul, madame… ! Et la bite ! Su polla !!! Et le cuir et le vinyl et le voile de nylon ! Et le fouet aussi ! Les chaînes et les menottes…, le sex toy vibro-percussif à virolles double, le shibari super-bondé, qu'est-ce que tu crois enfant de coeur naïf et désemparé ?! Il essaye tout, le puissant, durant son court passage dans le cosmos, il se lâche comme un chien, avec l'aide de la pilule bleue ! Et puis d'abord, comment penser que ces demoiselles seraient des professionnelles quand on est un gentleman ? Ne serait-ce alors point de la ''médisure'', mmm ? Comment admettre qu'une femme puisse résister à ton charme quand tu dégages naturellement tant de phéromones sauvageo-libidineuses ? Présentées par leurs parents en plus, enfin leurs tontons, un peu flingueurs, des policiers dont chacun sait qu'ils n'évoluent pas dans le vil monde et que leur morale inflexible se porte garant de leurs relations ? Serait-ce si étonnant que ça qu'une jeune femme qui vient à peine de te serrer la main s'attarde sur ta braguette ? Tu rigoles ou quoi ? T'es practico ou tu l'es pas !


Et puis d'ailleurs c'est quoi cette accusation de proxénétisme ? Il ne vit pas avec une pute que je sache ? Il ne perçoit pas de fluzz de ces professionnelles ! A moins, à moins, qu'un amalgame juridique puisse être constitué du fait que la prestation serait en quelque sorte im...…putée en frais sur la compta de telle ou telle entreprise… ? Par un tour de passe-passe, voyez ? Jouir gratuit, enfin… la jouissance remboursée par l'insécurité sociale... Rhââaâ double jouissance… tu sais…, un peu comme pour l'aficionado, Javier Conde devant un vrai toro…... ah non là ce serait plutôt ''peine perdue'', Ho !… je sais de quoi je parle, je l'ai vu à Madrid…, jamais vu un type courir si vite,… Husain Bolt c'est un paralytique emphysémateux en comparaison...

Noooonnn… DSK, proxo, j'y crois pas...… soyons sérieux, un mec richissime comac… vous n'y pensez pas… et puis le socialiste, hé, c'est connu, c'est irréprochable comme type, le socialiste,… y'a qu'à voir avec quelle force il te méprise quand tu l'es pas, t'es tout de suite fixé sur ta saloperie constitutive dans le moindre débat avec le rosissant de service, ça traîne pas lecteur tu sais, oh noooon...… t'es qu'un incompréhensible salaud de coupable et pis c'est tout ! L'ambiance de la table, en plein fromage en est tout de suite affectée…, pire, c'est la quasi consternation quand on se rend compte que tu ne penses pas droit ! Tout juste si t'as pas plus de tort que Mohamed Merah, même que c'est à cause de toi qu'il est devenu like that, le type.… Si !… Espèce de ghettoïseur de pauvre qui s'inquiète pour l'écran plat de sa villa. Pffff, nul ! Où y'a de la gêne y'a pas de plaisir, regarde son père,… quinze ans qu'il ne s'est pas occupé de lui et là, bing ! Je ''plainte'' contre la France, moi, monsieur, au cas où y'aurait de la tune à se faire sans risquer d'la taule à passer de la chnouf.


mercredi 28 mars 2012

Crépin pour Photosmotstoros, merci.

Je l'avais cité de loin, il n'était pas venu, je me suis croisé un peu plus et il est venu, Charles Crépin, à ma demande et amicalement, rendre compte de la partie de la conférence que j'avais raté. Qu'ils soit donc ici remercié. Au fait, je le connais Charles Crépin ? Je suppose que oui, au moins de vue... Je n'en sais rien... je connais un monton de types dont j'ignore le nom... la polémique continue dans les commentaires.


Lors de la conférence du 23 mars à Nîmes (
La corrida doit-elle s’adapter à la modernité ?) le sens précis « la modernité » n’aurait-il pas été défini par les intervenants ?



http://photosmotstoros.blogspot.fr/2012/03/la-corrida-doit-elle-sadapter-la.html



En réalité, Francis Wolff notamment s’est attaché à définir les termes du sujet dans le corps d’une dissertation que je vais essayer de vous rapporter. Mais Marc DELON ne m’en voudra sans doute pas de faire connaître mon point de vue personnel en contrepoint de ses piquants commentaires auxquels seul le chanceux Francis Wolff a échappé grâce à son éclipse prématurée de la conférence…




« Vingt passes, pas plus » : ces mots évoquent la perfection, la justesse, la finalité essentielle des passes, face à la fiereza d’un toro agressif qui impose sa lidia, antinomique du bonbon qui sert gentiment cent passes durant… M’en tenir à cette injonction péremptoire comme unique précepte m’aurait simplement conduit à répondre définitivement NON à la question, et même à écarter le thème de la modernité comme sujet possible de cette conférence. Mais la question n’est pas simple. En témoignent la pertinence et la richesse des arguments avancés par chaque intervenant en faveur du OUI comme du NON.


« Mourir fièrement, emporté par le torrent de la modernité mortifère de la corrida est une alternative », comme le dit « Pedrito ». Dénoncer cette modernité ne suffit donc pas. Critiquer COMPAN dès qu’il prononce « DOMECQ », devenu un nom commun dissonant, un exutoire commode pour l’aficionado, l’arbre qui cache la forêt, c’est un peu tout cela. Lui prêter l’intention de faciliter par ses positions « la vile sélection » de certains éleveurs n’a pas davantage de sens et ne sert qu’à dénaturer l’engagement d’un vétérinaire-aficionado, ou plutôt un aficionado vétérinaire passionné qui se bat depuis quarante ans pour mettre en valeur la force, la vigueur et l’intégrité du toro brave. Hubert COMPAN agit, « pour que la fête commence au premier tercio ». Pour la disparition de la bravoure, il faut voir ailleurs ! Que faisons nous de notre côté, sinon regarder et critiquer savamment chaque pique, sinon faire le constat d’un problème inquiétant, tout en continuant, sans bouger, de pérorer en feignant d’ignorer les causes profondes de la disparition annoncée du premier tercio ? Après, être d’accord ou pas avec les évolutions envisagées, c’est une autre question.


Venons-en au but de ce propos qui est de relater le discours de Francis Wolff. Pour soutenir ma mémoire, j’ai consulté les notes prises par un de mes proches lors de la conférence. D’abord, un conseil avant la dissertation : attention au hors sujet ! Analyser soigneusement les termes :


- La modernité, c’est à peu près l’époque où commence la corrida. Nous, aficionados, sommes les enfants de la modernité. Ensuite, ne pas confondre tauromachie et corrida.


- La tauromachie est diverse, avec sa part de drame, de religieux, de sport même, dans tout le monde méditerranéen et au delà.


- La corrida, c’est plus précis : elle s’est adaptée aux « temps modernes » (Joseph Bonaparte, 1808, établit la billetterie, préfigurant le spectacle de masse, facilité au début du XXe par le développement des chemins de fer. Elle est dans sa forme achevée depuis Paquiro (1835) qui en a fixé dans un traité la forme et les règles. Et nous aimerions que la corrida tienne sa place parallèlement à l’évolution des mœurs actuelles. La corrida doit-elle s’adapter à l’évolution des mœurs actuelle?


F. WOLFF a précisé en préambule de son intervention, « la tauromachie est coextensive de l’humanité : là où il y a eu des taureaux sauvages, il y a eu une forme de tauromachie. Cependant, la corrida proprement dite est récente : elle n’a acquis sa forme (…) qu’au cours de la première moitié du XIXe siècle, peu avant qu’elle ne s’installe en France. Elle est le fruit de la modernité. Il n’y a donc pas de sens à se demander si elle doit s’adapter à cette sensibilité moderne dont elle est issue. Il est vrai, pourtant, qu’elle n’a cessé d’évoluer, sous la triple pression de l’évolution de la « bravoure » du taureau, de la technique du toreo et des goûts des publics. Cette évolution est inévitable et il n’y a ni à s’en réjouir, ni à s’en plaindre ; elle va continuer, qu’on le veuille ou non. Toute la question est de savoir quelles sont les limites de cette évolution au-delà desquelles la corrida cesserait d’être elle-même et par conséquent renierait sa nature et perdrait son sens. La réponse est simple. Elle est contenue dans sa définition même : les trois tiers du combat et l’estocade finale (…) ».


- La corrida est un spectacle « urbain » : née dans les abattoirs de Séville, la corrida moderne est un spectacle « urbain » fortement pénétré par la ruralité, ce qui va se retrouver dans l’arène avec l’apport de l’agressivité naturelle et sauvage, et en fin de compte, de la bravoure.


-La corrida doit-elle évoluer pour respecter la sensibilité actuelle ? :


. moins de piques, poids réduit du taureau et, en définitive, tercio de piques édulcoré, serait suicidaire


. le combat violent serait-il devenu insupportable ? C’est absurde. Au contraire, un animal fragile et inapte au combat fait figure de victime, suggérant la compassion alors qu’un animal qui sans être attaqué combat naturellement force l’admiration. Le taureau reste un animal fier et agressif qui ne doit pas être « humanisé » (sensiblerie, immoralité).


- Pour autant, faut-il en conclure que tout changement est impossible ? : Oui et non


Ce qui ne doit pas changer


. la forme : elle est fixe. 3 tercios et la mort. Ex : la tragédie classique, comme le football ont trouvé chacun leur forme fixe. La tragédie, ça se joue en 5 actes, et ça finit mal. Le foot, ça se joue à onze, au pied, sur un terrain rectangulaire. Jouer à la main n’est plus du foot !


. la notion des terrains…


. l’art de l’esquive, la domination, l’adresse et la ruse


. la mort, où culmine la vérité


Ce qui peut changer : les archaïsmes qui ne rendent pas service à la corrida


. la corrida, c’est aussi cher que l’opéra, et on est moins bien assis que dans un stade de foot…


. où en sont les achats de billets sur le Net ? où sont les réseaux sociaux ? les réseaux d’entraide sur le web ? Quelle image positive pour la corrida ? (communication)


. Quid de la traçabilité ? Pas d’annonce claire de l’origine des encastes, pas de présentation des protagonistes (picadors, chevaux, cuadrillas…)


. archaïsmes propres à la Lidia : 2ème picador ( intérêt bassement corporatiste ?), poids du cheval, etc…


Conclusion :


Sur l’essentiel, F. WOLFF répond NON à la question posée, sans faire l’économie d’une réflexion sur une possible évolution, à la marge.





lundi 26 mars 2012

La corrida doit-elle s'adapter à la modernité ?




Fouzy-tôt Edit-tou








Français, né en France, élevé au camembert et aux aides sociales, il est mort déguisé en oxymore vestimentaire – djellaba pour le martyre et gilet pare-balles pour ne pas mourir et tuer encore – et se prélasse désormais en bon djihadiste parmi soixante-douze vierges amoureuses de lui, croyance finalement pas plus tarte que la bonté asexuée des anges du Paradis. La naïveté de certains commentateurs dans les diverses émissions me fait frémir. Son dernier geste ayant été, agonisant, un doigt d'honneur au RAID, ça en dit long sur la ''pureté'' de sa détermination. Si Manaudou à qui l'on ne demanderait volontiers que de nager plus pour nager mieux, attribue publiquement cette haine aux jeux vidéos, il est à craindre que le récent documentaire très intéressant sur la guerre d'Algérie où l'on voit des soldats français abattre de sang-froid des Bédouins inoffensifs sortant de leur tente ait été la dernière goutte de perfusion de haine que ces racistes vouent aux Français. Abel Chennouf était chrétien mais sur les plateaux médiatiques n'étaient invités que les représentants juifs et musulmans tant il semble être dans l'ordre des choses que le chrétien soit sacrifié. Il faut dire qu'il le doit un peu à lui-même à force de véhiculer au cours des siècles ce genre de principe :



« Si on te donne une gifle, tends l'autre joue »



Comme nous l'assénait Frère Pierre à l'école primaire religieuse où mes parents m'avaient inscrit espérant m'instiller inexorablement la foi ce qui, mauvais calcul, ne fit que renforcer ma méfiance innée à l'égard des crédules en soutane. La foi ou son absence n'étant qu'une affaire entre l'hypothétique très haut et soi qui s'affranchit souvent des intermédiaires plus ou moins névrosés, illuminés, hypocrites désemparés. Amen.



Finalement, vendredi dernier, j'ai décommandé les quatre ou cinq rendez-vous qui m'empêchaient d'aller à la conférence ''La corrida doit-elle s'affranchir de la modernité ?'' Oups, pardon... lapsus...



''La corrida doit-elle s'adapter à la modernité ?''



Salle comble sous les hauts plafonds de l'hôtel Impérator, avec des sièges parfois garnis de gens dont on sait qu'ils peinent à connecter deux neurones, mais bon... je suis vilain, je n'irai pas au Paradis. Premier écueil gênant, personne n'a, en préambule, défini ce qu'il était entendu par ''modernité''. Gênant par ce que, quand un aficionado ou un revistero emploie le mot, il entend quelque chose comme ''Tous les moyens, toutes les compromissions, tous les trucages, toutes les feintes, atteintes, fraudes, variations, tolérances, tous les petits arrangements divers et variés qui permettent de tricher avec l'authenticité d'un risque, l'intégrité d'un adversaire, bref la vérité d'un combat digne et admirable''. En tout cas c'est la mienne et je vous la soumets car elle est partagée largement...



C'est le classieux Don Prieto de la Cal, ganadero, que la mafia, s'il en faisait partie, pourrait surnommer ''L'élégant'' – j'ai même envoyé sa photo à Maja Lola pour la faire fantasmer un peu c'est vous dire...- qui ouvrit les débats sous l'oeil admiratif de la Marquise, sa maman, qui arborait un sidérant chignon inter-galactique à chevrons obliquement inter-pénétrés, que même les astronomes amateurs du télescope du Mont-Duplan n'avaient jamais observé dans la stratosphère... Sans doute une survivance nobiliaire d'une praticienne capillaire royale et baroque du barrio de Santa-Cruz de Séville, du moins c'est l'idée qui me vint. Et j'étais à jeun mais il est vrai, freshly debarqued de ma banlieue pas folichonne.



Et là, bonne surprise, pour les aficionados purs, naïfs et rêveurs que nous sommes, l'hidalgo ne transigeait pas. De son accent à couper des rondelles de chorizo à la hache, il démonta une à une et méthodiquement toutes les idées ''modernes'' sur le toro de combat, affirmant avec conviction l'importance qu'il y avait à ce que le toro soit sauvage et agressif, non réduit par ces contentions abusives pour le manipuler, comme par exemple la pose de ces ignobles fundas, tandis que la marquise dont il est issu, opinait du chignon. Applaudissements nourris de tous les toreristas présents !!! C'est vous dire si l'on commençait à se marrer... Bien que j'aie senti l'envie de lui demander si cette noble position s'avérait compatible avec une viabilité économique. Las, il chaussa soudain d'infâmes lunettes panoramiques à verres épais, Ô injure à l'esthétique, qui transformèrent son image du tout au tout : je n'ai pas renvoyé une photo à Maja Lola pour la laisser flotter dans ses songes érotiques du pays natal, charitable que je suis. Hey men.


Deuxième intervenant, le sieur Hubert Compan vétérinaire de son état. De lui, on comprit très vite qu'il ne se posait plus la question qui nous réunissait ce soir là : sa réponse était oui depuis lurette et de plus, sa créativité naturelle l'avait poussé à réfléchir à moults dispositions pour, attention, je cite : « faire venir les gens aux arènes » sous-entendu ceux qui n'ont aucun cheminement en aficion, les béotiens qui doivent avoir du divertissement pour leur argent et à qui on doit faciliter la prise de plaisir. C'est un point de vue... Malheureusement, l'homme est sympathique, assez bon orateur et compétent dans son domaine ce qui émaille son discours d'un réel intérêt comme lorsqu'il nous apprend comme pour nous tancer nous autres – pourquoi dire ''toristas'' ? Disons admirateurs du toro, ça suffit - que ce sont les Domecq qui grâce à leur morphotype et à leur typologie musculaire sont les plus aptes au galop et donc à charger. Sauf que cela ne nous contrarie absolument pas et rend plus amère encore la vile sélection fomentée et facilitée par lui et ses confrères un peu, et ses employeurs cupides, beaucoup, pour les affadir !


Ce n'est certes pas le passionné de l'animal fascinant qui de ses rêveries d'exploits extraordinaires, cochonise, afeite, bref standardise le toro commode en vecteur automatique de pseudo triomphes. On pourrait même avec certaines de ses propositions être d'accord, si elles ne partaient d'un contre-sens ou d'une allégeance aux mauvaises manières. Quand il propose pour le tercio de varas, moins de sang et de blessures, plus de rencontres, plus brèves, pourquoi pas, vu que l'affaiblissement du toro est surtout consécutif à l'effort sur le caparaçon, sauf que si les piques étaient données au bon endroit au lieu de léser l'innervation de l'appareil locomoteur cela pourrait déjà être le cas... et quand il annonce la dernière trouvaille des Andalous, une pique avec la cruceta avant les cordes c'est quand même l'acceptation de l'idée inverse que vient d'exposer Don Prieto de la Cal avec son vœu de toros durs, forts, agressifs, sans concessions à leur brutalité naturelle. Quand on pense à la ration de fer que ''mangent'' sans broncher les senors toros qui inspirent du respect, on ne peut qu'être dubitatifs.


Bref, il a, lui, intégré le fait du medio-toro, ses propositions ne servant que l'adaptation à ce manque de force. Une mauvaise voie qui ne peut que tout faire régresser toujours plus, c'est mon avis.


Bourdeau, lui, autre vétérinaire, rompt avec son collègue et renoue avec l'essentiel. Hélas, il reste assis, est moins bon orateur et son intonation monotone hésite entre lire et dire, ce qui ne sert pas un discours plus proche du bon sens et de l'essence. Enfin, cela permet quand même au moral de remonter un peu.



Avec le quatrième intervenant on atteint les pointures annoncées : François Zumbiehl se lève et entre deux gorgées d'agua sin gas de l'ayuntamiento s'enflamme et nous met en garde face à l'attitude passive de l'aficion face à la combativité des zantis. Il n'a pas tort mais, je ne peux m'empêcher de penser qu'on ne peut pas non plus créer les conditions de l'emmerdement de l'aficion lors de 80% des courses et lui demander soudain de monter fissa au créneau du militantisme aigü. Ben voui, imparable. Il n'est pas contre la mode de l'indulto car un combat ne serait-ce qu'au niveau sémantique doit pouvoir envisager et justifier d'une victoire pour les deux parties prenantes et pourquoi un toro qui se serait bien battu ne serait-il pas grâcié, mmm ? Certes, et nous non plus, nous ne sommes pas contre... quand il est justifié ! Encore une fois il faut définir les critères préalablement. Ils existent au fait, alors, faut-il les abaisser pour grâcier des mollassons ou rester ambitieux dans la production de toros puissants ? Qu'est-ce qui est moderne, qu'est-ce qui est rétrograde ? J'avais même dans un ''Sentiments Aficionados'' proposé ''pire'' : qu'un toro qui a envoyé son adversaire à l'infirmerie ne se voie pas attribuer un autre tueur et puis éventuellement un autre encore jusqu'à ce que sa mort s'en suive : qu'il soit épargné s'il a mis son adversaire hors de combat ! Révolution dans les tendidos : les clampins n'en n'auraient plus pour leur argent. Pourtant, je pense que ce serait la moindre des dispositions éthiques pour être crédibles dans les grands raisonnements philosophiques que nous développons au café du Commerce. Zumbiehl propose d'associer le ganadero à la décision d'accorder la grâce. Cela semble en effet logique sauf quand vous imaginez un amphithéâtre rugissant de sa revendication et une empresa attentive - qui vous achète les toros...- voulez-vous alors être la personne la plus haïe du ruedo à qui on n'achètera rien l'année prochaine ? Mouais... la moindre des sagesses sera alors de feindre un intérêt reproducteur pour son élevage envers cet exemplaire plébiscité, puis de le bouffer entre amis autour d'une broche en rigolant de ce con de public qui y a cru. Cuit ? Zumbiehl fut quand même assez passionnant et l'on sentait sa propre passion dans son intervention... mais il fut trop long en entreprenant soudain de nous lire - mal - un passage de son dernier ouvrage qui n'en finissait plus tandis que grossissait le brouhaha dans la salle... les applaudissements qui crépitèrent à la fin marquant à mon avis plus la satisfaction à constater la fin de la lecture qu'à saluer le style ou le raisonnement. Alors qu'en tête à tête, la prose de cet aficionado cultivé est tout à fait digne d'intérêt.



La philosophie maintenant : Vous en serez privés car j'ai réussi à m'éclipser avant que Wolf soit annoncé par le modérateur. Après, c'eût été cavalier... Car j'avais deux enfants à récupérer, moi ! Dans deux quartiers différents de la ville ! Oui, car je fais un enfant tous les dix ans à peu près, et l'organisation n'est pas la même, lecteur. Alors si l'un d'entre vous veut bien rendre compte de son intervention dans mes colonnes qu'il m'envoie sa bafouille, et fissa, les lecteurs attendent.


Comme vous aurez sans doute remarqué que j'aime bien boucler les boucles, une dernière anecdote pas rigolote pour la fin : le lendemain matin dans une rue de mon quartier, je suivais une voiture qui roulait très lentement, s'arrêtait, ils scrutaient chaque maison. A son bord, deux jeunes arabes. J'ai suivi sans m'impatienter, sans klaxonner et en les observant. D'évidence, du repérage avant cambriolage. Quand ils ont tourné et se sont aperçus de ma présence, le passager a organisé sa main en revolver et a fait signe qu'il me tirait dessus, avant de disparaître en accélérant très fort. Je reconnais qu'en plein dans cette actualité dramatique cela ne m'a pas été agréable – euphémisme – alors je requiers vos avis, surtout ceux des indignés humanistes associés qui fréquentent assidûment ce blog. J'ai leur signalement – immat de voiture, etc – alors j'en fais quoi ? Que feriez-vous à ma place ? Réfléchissez bien. Merci de vos réponses.









mardi 20 mars 2012

La Pensée du Jour

"Le gouvernement de la Catalogne, pour d'obscures raisons politiques habillées en déclarations "humanitaires", vient d'interdire la corrida sur son territoire. A l'époque des infanticides et des néonaticides intensifs, c'est une bonne mesure, il faut sauver les taureaux. Il faut aussi interdire, par la même occasion, des centaines de toiles de Picasso, et aussi les courses de taureaux de Manet, son torero mort, son matador saluant, sa charmante Victorine "à l'espada", tout le travail trouble des choses. Des travelos déguisés en femmes, oui, des femmes raffinées en habits d'hommes, non. Les fleurs du mal n'ont plus rien à proposer à l'amateur. Proust, habile, a caché son jeu. Plus de corridas ? Mais bien sûr, et c'est normal. Un moine bouddhiste français, en robe safran, approuve cette sanction sensible.



Mais que serais-je, moi, minuscule peintre amateur, sans les grandes séances de 17 heures, autrefois, à la Monumental de Barcelone ? Sans les capes, les picadors, les banderilleros, les lentes et mortelles valses des muletas ? Sans le souvenir de Dominguin, royal, offrant, quand la nuit tombe, un taureau à la foule ? Sans l'excitation obscène des femmes au moment de la mise à mort ? "Ahora bien, chico, vamos a ver si sabes matar !" - "Nous allons voir si tu sais tuer !" -Des mères, des filles, des soeurs .... A quand l'interdiction de Guernica, ce tableau pénible ? Salut, Lola* !"


*Soeur de Picasso

Philppe Solers

lundi 19 mars 2012

Glissement



Madame R est déjà venue, deux heures plus tôt. Bien que je lui note son rendez-vous sur un petit bout de papier, elle se trompe souvent. Elle perd le petit papier ou elle arrive avec celui de la semaine passée.



Voyez que j’ai raison ! Clame-t-elle sûre de son horaire, ce qui la rassure, du moins l’espère-t-elle, sur sa forme mentale.



Mais la date ? Lui rétorquè-je parfois… est-ce la bonne date ?



Et là, la déception se lit sur son visage. C’est encore elle qui s’est trompée et ça la vexe. Elle voudrait avoir les idées aussi claires qu’un adulte jeune, mais, il n’y a rien à faire, tout s’embrouille quand on a commencé à glisser. Une fois, la date et l’horaire étaient exacts, c’est moi qui m’étais trompé de ligne sur l’agenda. Quelle victoire elle a remportée… Comme elle était heureuse de me dire sur un ton condescendant que voyez, les ''jeunes'' ne sont pas plus à l’abri d’un dribble neuronal que nous, les vieux. Sauf qu’elle a plutôt parlé de « mélange des pinceaux » puisqu’elle est d’une autre génération et qu’elle ne s’est jamais intéressée au football. Parfois elle arrive sans le petit papier et à une heure fantaisiste pour tenter d’être « prise entre deux ». Si vous pensez à autre chose c’est que vous fréquentez trop les sites porno gratuits sur le net. Car madame R est âgée, voyons. Et honorable. Mais coquine : la fréquentation assidue de feuilletons télévisés au suspens insoutenable la détourne parfois de son horaire rééducatif et elle joue celle qui s’est trompée. Bien contente, alors, de me vendre la non fiablité de ses neurones due à son âge, pour se justifier.



L’autre jour elle a renoncé à la marche sur le tapis. Trop mal au dos. On a soigné le dos, puis elle est partie. Dix minutes après une femme affolée a fait irruption dans le cabinet, me hurlant de venir vite. Les pompiers étaient déjà là. Madame R contre toute logique, avait choisi d’attaquer l’escalier de son hall d’entrée du côté où il n’y a pas de rampe. Personne n’a vu ce qui s’est passé ensuite sauf qu’on pouvait constater le fracas d’une chute dont certains se détournaient tellement il était impressionnant. De son avant-bras retourné saillaient les os d’une double fracture ouverte. Un flot de sang inondait le bitume du parking. La tête ouverte, tuméfiée et ensanglantée, madame R me montrait du doigt et répétait aux pompiers que j’étais son kiné et que je venais de lui soigner le dos. Dans ses yeux écarquillés brillait ce désarroi qu’ont souvent les vieux qui se sentent basculer de l’autre côté. Perdus qu’ils sont, comme leur regard.








jeudi 15 mars 2012

Le K Bayrou


Allez zou, une petite chanson pour détendre l'atmosphère...

Beaux Vins



Pour ceux qui n’achètent pas le Midi-Libre je vous transmets l’histoire de cet article où l’on explique une expérience d’élevage de bovin, race à viande, biberonné au tinto de la casa. S’inspirant du bœuf de Kobé, les Wagyu japonais désaltérés à la bière et massés au saké, mais aussi d’un élevage très chic de Vancouver dont la pitance est largement imbibée de pinard pour saouler les Angus locaux… Donc notre ami héraultais Tastavy – rajouter un ‘’n’’ à la fin pour être super-raccord – teste en ce moment la chose sur trois bêtes, deux Angus et un Camargue, tous castrés. Il est dit qu’il a découvert depuis Patxi Garmendia, un malin qui depuis sa finca de Burgos approvisionne les tables étoilées en entrecôtes à 150E le kilbar ! Il les nourrit aux céréales et tinto bio. Et donc notre ami Tastavy pas plus con qu’un autre, voire plus malin que beaucoup, après avoir déposé la marque ''Vinbovin'', a refilé du marc de sortie de cuve à ses bestiaux dès septembre, puis arrosé de piquette la ration des trois bêtes qui ne l’auraient pas boudé. Test dans l’assiette pour le congrès de la FNSEA le 28 mars à Montpellier. Comment on s’inscrit ? J’aimerais bien goûter ! Je suis producteur d’olives après tout… et je pourrais masser les bœufs… Si, allongés sur leur dos et pelotant leurs cuissots langoureusement… ça dépend combien on me paye… mais ça peut pas être pire que le tarif pour les humanoïdes…



Cette nouvelle m’inspire quelques réflexions assez fantaisistes : pour le camarguais, le plus souvent mangé en daube, on gagnerait peut-être un temps de préparation… peut-être que la marinade préalable, au tinto, sera inutile… ?



Et qu’en serait-il des bravos si on les élevait ainsi ? Tu te rends compte lecteur aficionado ? Va-t’en réussir un quiebro avec un tio à trois grammes qui tangue comme une toupie !



N’empêche… voilà la manière de clore le débat Halal / pas Halal : tous étourdis au pinard, voilà la solution ! Se pointer à l’abattoir, ivre mort…s’affaler les quatre fers en l’air et offrir enfin sa gorge, heureux du bouillonnement aussi rouge qu’un Faugères héraultais dans un verre. A la bonne vôtre, électeurs frileux !

mardi 13 mars 2012

La Pensée du jour

<< En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l'immigration pose aujourd'hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. La cote d'alerte est atteinte [...] C'est pourquoi nous disons : il faut arrêter l'immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Je précise bien : il faut stopper l'immigration officielle et clandestine. Il faut résoudre l'important problème posé dans la vie française par l'immigration >>
Georges Marchais le 6 janvier 1981

lundi 12 mars 2012

Et la lumière fut.

Au premier étage de cet immeuble cossu, je suis entré dans l'appartement surchauffé. C'est la femme de ménage qui m'a accueilli. Le torchon sur l'épaule et les pommettes en feu, elle se déplaçait avec l'entregent de ceux qui sont aux affaires. Elle me guida jusqu'à sa patronne, assénant au passage quelques coups de torchons réflexes à un abat-jour et à un gros dictionnaire qui trônait, indifférent, sur une étagère, méprisant les illettrés qui l'ignoraient avec constance. Comme cette jeune femme ''télé-réelle '' vomie par le plasma d'une dalle Samsung extra-slim cent seize centimètres dans la pénombre du salon, qui affirmait ses progrès pour la gestion des ses « contrariaisons ».


Vu la température ambiante, je savais que j'allais découvrir une personne très âgée. J'ai posé mon duffle-coat sur la bergère à oreilles en jetant un œil sur le thermostat du radiateur : 26°. Je l'ai baissé d'autorité à 22° sans le dire et en cachant la manœuvre avec mon corps. Je me suis présenté en parlant fort vu les ''bananes'' qui étaient planquées dans les énormes branches de ses lunettes à verre plus épais que des culs de bouteilles. Malgré la précaution oratoire over-boostée, Roselyne, triturant son torchon, répéta tout ce que je disais en hurlant contre les pavillons nonagénaires, à s'en faire péter les cordes vocales. Là, il sembla qu'elle comprit. Question de fréquence, sans doute. Je me mis à l'observer. Elle était toute petite, trop grosse, avec des bas de contention qui peinaient à contenir un oedème lymphatique majeur des mollets, de l'arthrose dans toutes les articulations, un Hallux Valgus bilatéral affolant qui avait obligé les deuxièmes orteils à surmonter les pouces, et les troisièmes à passer en-dessous en un impressionnant tricotage de phalanges trahissant sa peur panique des opérations. Déjà sourde et bientôt aveugle, le médecin avait demandé que passe un Kiné pour sa gonalgie gauche et la raideur de son épaule droite. Pour une fois je me suis mis à compatir. D'habitude, non, les douleurs des autres ne m'atteignent pas vraiment. D'autres sont là pour plaindre, comme les voisines, la femme de ménage ou la mercière. Nous, les soignants on doit soigner, sans pitié. Sinon devant toute cette misère, y'a plus qu'à aller pleurer dans un coin et tout arrêter. De plus, je commence à avoir vu mourir pas mal de jeunes et un vieux qui souffre, c'est un vieux encore en vie, il faut être réaliste. J'aurais bien aimé que maman ait ces putains de douleur trente ans de plus pour en arriver là. Alors qu'on ne me fasse pas chier avec ça. Mais ce jour-là, plus déprimé ou décomposé par la surchauffe ambiante, je compatissais.


Alors je l'ai entreprise. Conscienscieusement. Et bien sûr la différence d'avec le kiné précédent s'est ressentie, lui qui en avait marre de l'avoir dans sa tournée depuis des lustres, de la même façon que je dois bâcler sans le savoir ceux que je suis fatigué de voir. Parce qu'ils me tombent des doigts. Qu'ils n'ont plus besoin de moi depuis longtemps mais à qui le médecin prescrit toujours ces ordonnances de complaisance pour ne pas les perdre ; comme à ceux dont on ne sait plus quoi faire et qu'on occupe avec le kiné pour leur donner l'illusion d'une prise en charge ; ceux qui les exigent avec l'autorité de leur rang social, qui viennent chez nous comme chez les valets de leur confort, avec leurs douleurs tournantes et leurs exigences renouvelées ; à celles qui ''veulent du kiné'' comme on veut du sucre, parce que leur voisine en a eu de son médecin et que sinon c'est chez lui qu'elles iront, y'a pas de raison, surtout qu'elles ont cotisé assez cher et assez longtemps..., à celles qui essayent le kiné comme une éventualité entre les ventouses du gourou péruvien et les moxibustions du Chinois de service, à toutes celles-là qui vous appellent pour savoir si vous pratiquez la dernière méthode de soins à la mode des instituts à la con, lue dans les colonnes de Marie-Claire (vous la pratiquez en général depuis dix ans à peu près...) et qu'elle a trouvé génial de demander à son kiné au cas où l'on pourrait en magouiller le remboursement auprès de la Sécu alors que ça vaut ici le tiers... alors qu'il en refuse parfois à ceux, plus timorés, qui ne savent pas demander, qui souffrent et qui en auraient besoin pour reprendre le travail plus vite. Ou tout simplement parce qu'il est ignorant des services qu'on peut lui rendre.


Alors je l'ai entreprise consciencieusement, je me suis dit qu'elle était si âgée, qu'elle cumulait tant de pathologies, que sa souffrance et son handicap étaient si prégnants que sa vie en pâtissait sérieusement tous les jours. Alors j'ai fait de mon mieux. Pas juste une fois, ce qui est facile, mais à chaque fois. Jour après jour. Je la sentais intéressée par mon travail ; elle installait deux gros coussins derrière sa tête pour regarder mes mains quand j'étais sur son genou. Elle semblait absorbée à l'écoute de son épaule quand je la libérais petit à petit, là où on s'était contenté de lui coller des électrodes durant des années, pendant qu'on lisait le journal. C'est une grande contrainte que de travailler bien. Comme une jurisprudence qui empêcherait le moindre fléchissement à venir. Elle était si percluse de douleurs, la pauvre vieille dame.


Un jour, en me relevant rapidement du tabouret, j'ai heurté le bas de son lustre, une pointe métallique qui m'a fait saigner le crâne. Pendant que j'étais assis sur le rebord de la baignoire et que la brave Roselyne me comprimait la plaie en me tassant une compresse de toutes ses forces sur la tête, la mamie finissait de se rhabiller, là-bas. En riant aux éclats.

jeudi 8 mars 2012

Benoît Courti Photographe

Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de coeur pour un photographe. Des noirs effectivement très profonds dans DEEP BLACK et aussi des portraits magnifiques avec beaucoup de créativité. Superbe ! C'est là :
Benoit Courti

Journée de la femme...





icône du pays des indignés...

mardi 6 mars 2012

Marronnier Photographique

L’expression est ici particulièrement adaptée au travers de sens divers, autant journalistique, du sujet récurrent, que populaire quand le langage se mêle de traumatologie pour évoquer la tuméfaction de l’œil.



Petits, nous nous donnions parfois rendez-vous entre ''ennemis'' plus ou moins jurés, aux Jardins de la Fontaine, que d’aucuns pensaient être un havre de paix pour jeux innocents de chérubins blondinets ou d’amoureux bécoteurs transis. Tandis que de mignons chevaux à pédales divertissaient gentiment les enfants de bonne famille, ces jardins s’avéraient parfois très bien nommés en raison des pleurs déclenchés par les batailles rangées de tirs nourris, de munitions lâchées par les arbres de haute tige : des marrons qui jonchaient le sol en abondance. Jamais nous ne fûmes à court de munitions : plus on s’en ''escampait'' dans la trombine plus on en trouvait dans les allées ou sur la pelouse des massifs… C’était comme les barillets des colts de Clint Eastwood dans ses westerns spaghettis : il ne rechargeait jamais, mais jamais les balles ne lui manquaient. On écrasait les coques vertes hérissées de piquants d’un coup de talon, avant de sortir les beaux marrons luisants avec chaque fois la même satisfaction que lorsque sur les rives d’un lac étale on trouve enfin le galet plat et lisse renfermant les promesses de ricochets défiant la gravité. Sauf que là, c’était sur les caboches de ''l’ennemi'' qu’on rêvait de les faire rebondir. J’étais malheureusement assez adroit. Quand une cible était atteinte et que son œil tuméfié réapparaissait dans la cour de récré, on disait qu’il avait un ''marron''. Ce n’était pas forcément infâmant comme statut, car si l’on avait été touché et donc vaincu, cela prouvait aussi qu’on en était, de ces combattants qui prenaient des risques.

Alors, après cette brillantissime introduction (mais non, lecteur consterné, je me fous de ma propre gueule, capito ? t’es nouveau ici ou quoi ?) et dans l’optique de vous avertir, lecteurs aficionados assez abandonnés en ce moment, que la trombine marronisée de Padilla, va être un obligatoire balisage photographique de la saison 2012. On va en souper de l’œil-crevé-du-borgne-à-moitié-aveugle-qui-n’en-a-plus-qu’un… Déjà que ''Captain la flibuste'' avec ses rouflaquettes du XVIIIe était un pupille de la nation photographique abondamment reproduit, là, j’ai peur de l’indigestion. En tout cas, pour nous autres aficionados barbares et dégénérés qu’on fait rien qu’à être vilain dès qu’on voit du sang couler d’un gentil nanimo, car pour le quidam qui le découvrirait, il faut reconnaître que le vécu du type commence à lui conférer une sacrée tronche qui en fait vraiment une gueule à portrait archétypale - c’est un mot qui fait toujours bien - de combattant de la gent bovine. Et nous voilà tous devenus en conscience, interrogés par cet œil d’une question borgne sur ses exhibitions gratuites – sur le plan philosophique, hé ho ! - tous poursuivis comme Caïn par le voyeurisme ordinaire motivé par une prunelle fantôme. La diplopie guette les arènes : viendra-t-on voir les faenas de Padilla ou comment un handicapé trouve les ressources de se surpasser encore et toujours dans l’adversité pour nous faire croire à l’humain ? T’as vu, lecteur ? C’est là où je voulais en venir et je suis puéril si je veux. Et comme je conçois volontiers que du Delon tout seul ne suffise point à nourrir l’extrême avidité de vos cerveaux en demande permanente et aux neurones gloutons de culture, je vous remets un classique que vous apprîtes fatalement au bahut, de mon copain Victor, qui en l’occurrence m’a titillé l’inspiration de ce post, Ô lecteur matinal voire pluriquotidien compulsif. A moins que ce soit une autre moins existentielle question d’une grande myopie intellectuelle : le cyclone de Jerez a-t-il encore son œil ? Eh non, vous n’avez pas la bévue : je n’ai pas pu m’en empêcher. Vous êtes marron.











La conscience



Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas d'une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l'ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l'espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes
L'oeil à la même place au fond de l'horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l'on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l'eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l'enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l'aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu'il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d'Enos et les enfants de Seth ;
Et l'on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d'enfer ;
L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d'entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L'oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : " Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

dimanche 4 mars 2012

A commander chez Bouquineo.fr...

Divers (Divins) Alexandrins …

Jean-Philippe Combe


Il est des conjonctions étranges, des hasards heureux ….

Quel bonheur que les quiproquos, palabres delonnienes, railleries et pirouettes bloggesques aient permis la chance de me voir attribuer la douce « mission » de faire la reseña de ce livre de poèmes de Jean-Philippe Combe (alias El Jipe) : « Divers Alexandrins et Hélène ».

Parlons tout d’abord de « Divers Alexandrins » …

Ce recueil est un paysage mouvant. Il nous offre des instantanés inspirés où le poète nous prend par la main et nous accompagne avec délicatesse dans son parcours intemporel où le vivant, l’au-delà, l’onirique, le minéral, le végétal, l’animal, les éléments naturels, le diabolique, le divin, le bucolique, dans une conjonction harmonieusement composée et articulée se fondent, se confondent, s’affrontent, se désirent, se tuent …

Si le romantisme d’un Hugo, d’un Lamartine teintent en filigrane ces poèmes, c’est Baudelaire, non pas dans la malédiction de son empreinte mais dans une inspiration toute en petites touches évocatrices qui s’est présenté à ma lecture. Le culte voué au poète maudit et l’espoir futur de le rejoindre apparaît d’ailleurs dans un poème (L’enterrement de Charles Baudelaire).

Mais là où Baudelaire attirait doucement et langoureusement vers un ailleurs, JPC nous y entraîne par la musique des vers qui tanguent et nous tirent plutôt vers les profondeurs océanes (Le voyage sublime), par le piège obscur et toxique du cœur de la femme aimée (Ton cœur), le parfum capiteux des cheveux aimés et leur toucher sensuel (Le Monde).

Le romantisme qui se dégage de la nostalgie des lieux et du souvenir des instants passés (L’Effet Contraire), de l’envolée lyrique et amoureuse d’un idéaliste et la chute-couperet de l’amante (Une conversation), de l’onirisme autour de l’absence, de la mort, de la souffrance et de la séparation (Supplique pour retrouver l’être aimé), des vers enfouis, rêvés, imaginés en des rêves sombres (L’énigme), de la vibrante déclaration d’amour à la mer (La Mer), ramène à un Hugo, à un Lamartine.

Plus sombre … une quête lugubre et frissonnante (Quête funèbre) entraîne vers les obscurs romantiques, image d’abîmes infinis ….

Mais si les grands poètes sont forcément et de façon subliminale des inspirateurs, JPC écrit avec son émotion, et sa plume est bien singulière et personnelle.

Dans le « voyage » de ses poèmes, il aborde des thèmes qui lui sont certainement chers … Il nous livre ainsi des évocations sur les beautés de la nature mais souvent liées une communion empreinte de symbolisme : fusion entre vivants et éléments naturels, élans du cœur et souffrance (Le malaise du sol), retour dans la maison rurale des ancêtres (Sourire du Cantou), l’alpage accueillant et rassurant (L’Alpage) – « Le lavoir cherche un port sous les platanes » (Le Lavoir), les lieux pour échapper jadis aux tristesses enfantines (C’est par là que j’allais).

Des beautés de la nature, de sa sensibilité à la perception des lieux qui parlent, évoquent, aiment dans une fusion de l’espace en harmonie avec le cœur, l’esprit et l’émotion, la Foi n’est pas absente … une prière d’ascension pour un Serviteur divin (Tout a été souffrance) , les dérives d’une église dogmatique (Schisme, Possession), la fraîcheur candide et émerveillée d’un bambin qui décore l’arbre (Noël), la naissance divine universelle (Sois le Bienvenu), le choix de la foi et l’esprit contre le matériel (Apparition), la résistance à l’appel de la mort (Le Ciel me sauve).

Mais si le poète est inspiré par l’élévation, il est terrien et jouisseur et n’hésite pas à se laisser séduire par les étreintes torrides andalouses (Scène lointaine), par la passion bachique … « J’aime le vin plus que ma vie ! - Quand à minuit ma coupe est pleine – Et que mon œil semble ravi, - Ce fruit doré calme ma peine » (L’autre Fête), par une ode au café, compagnon indéfectible (Le Café), par l’évocation d’heures complices et amoureuses (Heures).

Puis les instants magiques que peuvent être l’aube et la nuit sont sublimés. La crainte du jour qui vient (Sous l’aube de velours), l’exaltation de la nuit et son évocation de rêves secrets (La nuit d’un rêveur), l’apparition de femmes vierges, pécheresses, femmes éternelles (La visite d’un fantôme).

Et l’aficionado se dévoile. La mort d’un torero, le mépris du toro envers lui et le refus d’un indulto, donnent des saynètes savoureuses.

Deux toreros ont les honneurs du poète : Lescarret et Nimeño II. Le premier pour un instant de grâce pendant une faena, le second salué par un vibrant hommage plein d’émotion … « Tu nous as salués en te levant vers Dieu – Et Nîmes t’a porté comme on quitte un héros – Nimeño, je connais ton dogme radieux ; - Naci Torero, moriré Torero ».

Enfin, j’ai volontairement évité d’être diserte sur la seconde partie du recueil intitulée : « Hélène ».

Ces poèmes écrits à la femme aimée sont tellement beaux et émouvants qu’il m’a semblé presque sacrilège de les évoquer ou en faire une reseña …. Ils sont comme des bijoux intimes et précieux que l’heureuse Hélène, objet de tant d’amour, devrait être seule à lire jalousement …. Quelle femme ne rêverait d’un tel hommage amoureux ?


« J’ai compté sur mes doigts chacune de tes Larmes » est le tribut vibrant du poète à l’alexandrin (L’Alexandre) qu’il aborde également par les angoisses existentielles du poète … « Alors je continue sur mon chemin de ronces – Poète affreux aux grands yeux tristes » …


Continuez, cher poète. Cheminez, rêvez, écrivez …. Nous ne sommes qu’attente.

Maja Lola


samedi 3 mars 2012

Tristeza do Brasil


Vous ai-je déjà entretenu de Vinicius de Moraes ? Combien d'après-midi adolescentes ai-je rêvassé dans ma chambre sur ses chansons ? A combien de vies palpitantes ai-je rêvé sur ces rythmes de Samba Brésilienne ? A combien d'écoutes attentives ai-je cédé, tentant de disséquer cette perfection musicale qui semblait sortir sans effort de l'âme de cet homme qui réunissait ce talent poétique, cette belle langue, cette voix si latine, ce sens du rythme enivrant parfois servi par un génial Baden Powell -Samba da Bençao- ou le fidèle ami Toquinho à la guitare, parfois accompagné par la belle Maria Bethânia dont ce poète disait "qu'elle chantait comme un jeune arbre en train de brûler" ? Je ne saurais le dire. Grâce à eux, j'avais épousé le Brésil, la fille d'Ipanema était mon amoureuse et je me rappelle avoir regardé une finale de coupe du monde de football évidemment gagnée par le roi Pelé en dansant comme un fou parmi ces footballeurs artistes géniaux même si j'étais moi devant ma télé, avec cette équipe dont les milieux de terrain étaient à l'époque aussi pédiatre (Tostao) ou ingénieur. Pauvre Ribéry. Je frappais le cuir avec eux qui dansaient la samba sur la pelouse jusqu'à crucifier leurs adversaires proprement saoulés par tant de classe et d'art. Dans les dribbles brésiliens se mêlaient les cuisses brunes des danseuses infatigables du carnaval de Rio, et perlaient de sueur leurs courbes affolantes pour le jeune homme congestionné que j'étais et dans les tribunes, inlassablement, des milliers de percussionnistes en transe poussaient leurs attaquants vers les buts adverses affolés. Dantesque et magique à la fois... je terminais le match plus épuisé que leurs adversaires mais avec un magnifique sentiment de plénitude et revenais enfin au calme avec la voix chaude de Maria Bethânia, avec la voix déchirante de Marcus Vinicius da Cruz de Melo Moraes (1913-1980) dont le nom était déjà à lui seul un poème. Il a publié des livres de poésie et écrit quatre cents chansons dont vous aurez
ici un aperçu (ouais... bon ben on tape son nom et on clique sur le choix Vinicius Maria Bethânia y Toquinho puis sur les titres les plus écoutés...! Vinicius En la fusa con Maria Bethânia y Toquinho)
Pelizco assuré ou sinon faites marcher votre assurance décès, car vous êtes mort.
Salavaaaaaaaaaaaaaaa !