Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

lundi 30 avril 2012

Où ça, hein ? Où ?


Fracaso Torero

Quitte a en heurter beaucoup, il me plaît que ce sous-titre, ''Fracaso Torero'' s'impose enfin. On a tellement lu ou assisté à des ''Fracaso ganadero'' qui ne disaient pas toujours leur nom... Au fait, où étaient-ils les purs et les durs, les revendiqués toristas pour ne même pas remplir l'arène de Saint-Martin de Crau qui nous a présenté un magnifique lot de señor toros ? Où étaient-ils les toreros courageux et dominateurs, prêts à prouver qu'on avait eu raison de leur accorder notre confiance ? Dans quel vestiaire avaient-ils laissé leur pundonor ? Jamais l'on a vu des belluaires comme Milian, Mendes ou Nimeno II abandonner délibérément ainsi, ne rien tenter, abdiquer avant même de partir au combat. Eux au moins étaient toreros, chacun avec leurs moyens mais savaient hisser leur mental jusqu'à inspirer du respect au public. Nul doute qu'avec des toreros de cette trempe on aurait vu une très grande course, au moins sur le plan de l'intensité du combat. Un lot homogène de toros de combat, c'est devenu suffisamment rare pour se démarquer des chihuahuas dégénérés servis d'ordinaire jusqu'à l'écoeurement, qu'il faut regretter que deux toreros sur trois se soient abstenus.

Ah certes, quand sort un vrai lot de toros, de cinq ans à cinq ans et demi, de 530 à 560 Kg, fort et pas niais pour deux sous, évidemment, le tri se fait très vite. Même si l'on admet qu'à Sergio Aguilar échut le lot le plus compliqué, on se rappelle l'avoir connu beaucoup plus impavide, à Vic notamment devant des Escolar Gil. Mais à cinq ans et demi un toro apprend beaucoup plus vite et le premier de la course le dégagea rapidement cherchant à l'encorner au sol, puis coupa les trajectoires pour venir ''plein fer'' sur le torero qui ne sut pas le conduire dans la contrainte. Son second encaissa sans broncher, six rencontres, sans trébucher, sans ouvrir la bouche, dont cinq piques majeures qui semblaient le revigorer. Où étaient-ils alors les débats fumeux sur l'armement de la pique ? La taille du fer, etc ?

Où était-il Essau Fernandez face à son lot ? Pas dans le cacho en tout cas sur son premier qu'il fit passer, loin, très loin, sans jamais tenter de toréer. Et surtout pas devant son second à qui il ne voulut donner aucun capotazo pour le conduire au cheval, puis aucun muletazo, rien, avant de le tuer immédiatement et honteusement sous les sifflets de la ''foule''. Nul. Absent. Dépassé par une caste vécue comme une anomalie à laquelle il n'était pas question de se confronter. Naufrage. Fracaso. Retour urgent à l'apprentissage recommandé.

Seul Tomasito tenta de surnager, comme un bouchon ballotté sur la houle noire. Il récolta deux trophées, crânement sur son premier puis indûment avec une présidence qui tint à étaler sa méconnaissance au conclave, sur un second adversaire qu'il ne domina jamais. Vous l'aurez compris il y avait hier à Saint-martin de Crau, de grands toros de Cebada Gago qui auraient mérité une vuelta à l'ancienne, au sixième, pour honorer l'ensemble du lot et des toreros très très en dessous. Eux aussi, vu leur abandon sans vergogne auraient mérité d'assister à cette vuelta pour saluer la caste vive dont ils étaient incapables à la technique comme au mental, de tirer  le moindre parti.


Merci à la Unica de m'avoir permis l'accès au callejon pour mieux rendre compte des corridas.

dimanche 29 avril 2012

Dire Adieu

Aux chatouilleux de la narine et susceptibles de l'histamine ce conseil : n'allez pas à Saint Martin de Crau ! Il y règne un micro-climat réunissant le ''Maxima Triumvirat'' de l'allergène incontrôlable, le PPP : pollen, poussière, poils. De platanes, de terre battue et de chevaux... Nous étions donc quelques milliers à éternuer frénétiquement dans cette arène de béton qui assistait à la retirada de Julien Lescarret.

Raccrocher. Dire Adieu. Miletto l'a déjà fait et voilà donc Lescarret qui l'imite. Quelle décision honorable et lourde de sens. Quelle nostalgie a dû les envahir. Commuter soudain son destin dans la banalité de la vie. Réappartenir à la norme, oublier le romantisme de l'aventure, la poésie du chemin, les marrades de bord de route avec la cuadrilla, les rêves du bivouac des hostals ou des palaces. L'anonymat, soudain. Le ''rentrer dans le rang'' à déglutir. L'odieux soulagement de l'entourage à découvrir. L'abandon de l'amour du public, de l'aura du héros, du respect spontanément ressenti, des claques dans le dos. Comme elles vous faisait chier ces claques amicales dans le dos : Suerte Julien ! Et comme elles vont manquer dès demain.

Que manquait-il aux deux Julien ? Ils avaient le courage, la technique, la détermination, le contrôle de leurs émotions et pourtant cela n'a pas suffi à faire décoller leurs carrières. Peut-être leur manquait-il dix kilos de muscles, dix centimètres, dix pour cent de talent singulier, dix onces d'art, le plus d'une personnalité forte qui s'exprime d'évidence et marque les esprits. Peut-être ne fallait-il pas contrôler si bien ses émotions. Ce truc en plus, qui ne s'explique pas et vous habite ou non. Qui transparaît ou... vous rend plutôt transparent. Enfin... Saint Martin de Crau lui a dit son affection et sa gratitude d'un petit discours bien senti et a cru devoir l'affubler d'un de ces cadres lourdingues de carrelage ou de photos dont l'aficion a le secret exclusif du mauvais goût.

De cette course je retiens la réflexion d'un spectateur à l'entrée du premier toro :

« Eh bé... la balance est fausse et le coiffeur est doué... ! »

Une vuelta indue au deuxième toro.

La tranquillité d'un Delgado, pas sûr que cela valait une oreille.

Le sourire de la ''prisonnière de la buvette'' qui donnait envie de se désaltérer. On lui payait sa boisson puis on lui disait adieu, comme un torero quitte le ruedo, à regrets.

Pour une resena sérieuse et exhaustive j'enjoins d'aller consulter ''Torobravo.fr'', j'y souscris des deux mains.

jeudi 26 avril 2012

Facho contre Bobo ? II

PH : la conférence de presse


Il a un côté maso le petit jol, non ? Je ne comprends pas pourquoi il tient tant à ce que je me pointe chaque saison à la conférence de presse du prix Hemingway... Il me prend pour un journaliste ou quoi ? En plus, chaque fois, il se croit obligé de dire un mot gentil sur moi, genre : participant régulier du prix (ce qu'on peut tout aussi bien traduire par looser patenté du prix...) blogger génial, etc.... putain j'te dis pas la gueule des journaleux comme ils me toisent instantanément avec mépris... puis ils arrivent ici, découvrent ce blog de facho en campagne, et c'est bon, je suis étiqueté pour la vie...
Il tient à ce que je vienne, alors que plus polémique que moi, y'a pas, et que je ne partage à peu près aucune des évolutions de ce prix... A commencer par les sponsors : à Nîmes, de tout temps les Nîmois savent que la bonne brandade, c'est la Mouton, pas la Raymond... eh oui... or Hemingway était un mec authentique, un couillu qui ne dédaignait pas affronter des fauves et se bagarrer sur les pontons de Key West et aurait sans nul doute préféré l'aïoli à la mayonnaise, et la brandade goûtue, péchue, âpre, grise et épaisse, qui broie aussi la peau et les arêtes, à cette émulsion crémeuse pour petites filles allergiques à la morue... Oui, j'insiste.

Et d'une... de deux, moi, c'est le Berger blanc que j'aime, pas le Ricard ! Avouez... ça partait mal... Remarquez, tant que cela ne concerne pas la nourriture spirituelle, ce n'est guère roboratif et on pourra toujours faire comme ma voisine qui branla de la tartine jusqu'à virer sa tapenade sur l'assise en cuir d'un joli fauteuil de l'Impé... Et sais-tu pourquoi lecteur ? Je t'explique : parce que, pour faire chic, la pseudo brandade et autres tapenades de couleur variables ne sont pas tartinées comme l'aurait fait ''Papa'' sur une tranche de bon pain, eh non... elles sont façonnées en quenelle, à la cuillère à soupe comme on te l'apprend chez Vatel... il n'y a aucune prise entre le parpaing et le mortier : c'est de la quenelle hôtelière de mémère délicatement déposée sur un ''toooâaast''.... Quêteur d'authentique, passe ton chemin, tout cela est bien trop précieux pour moi, rustre consommé. Vivement que je puisse embarquer sur un ''Pilar'' quelconque, en bermuda et chemise déchirée pour aller pêcher le Marlin un puro à la boca dans la baie de la Havane.
Bon alors, après qu'est-ce qu'on a ? Ben toujours pareil, le prix est décerné par un jury qui se bourre la gueule avant la délibération, au restau, c'est donc pour ça que l'année où Martin a été élu ils ont choisi la mauvaise nouvelle alors que sous pseudo il en avait écrit une autre quasi géniale...
Moi je dis, une idée comme ça en passant aux organisateurs du prix, que le mec qui a été finaliste mettons, cinq ou six fois, doit ressentir une telle frustration qu'on devrait lui prendre en charge une année alcoolique (ouais tout comme le vainqueur du prix, parce que tu comprends offrir l'open bar de l'Impé à un Vosgien, ça ne mange pas de pain...tandis qu'à un looser nîmois patenté qui écluserait en temps réel...là oui...) 
 
Donc toujours pareil, il y a de plus en plus de nouvelles, de mieux en mieux écrites – sauf qu'il y en a pas eu qui m'ont plus régalé que la toute première de Deck... - et qu'apparemment le sommet de la branlette intellectuelle liby-dîneuse serait que le prochain gagnant soit une gagnante et anti-corrida de surcroît, ce qui serait la preuve irréfutable que le prix serait un prix littéraire et non une engeance pro-corrida... Bon, anti-corrida encore je veux bien... mais une femme ! Faut pas déconner !
Là, ''Sponsor-Ricard'' a élevé la voix et jeté un petit froid dans l'assistance en précisant qu'il faudrait alors s'adresser à Berger Blanc ou autre pour sponsoriser... du coup Jol-y-jumper a pirouetté qu'une ouverture d'esprit ne pouvait aller jusqu'à une fracture du crâne ce qui n'a fait rire que lui (et moi...) tellement sa vanne est tombée à plat. Pire, je suis sûr que si Don Ernesto avait été parmi nous, il aurait sifflé le reste de son daïquiri cul sec et serait venu décalquer d'une droite monumentale la trombine de dandy de ''petit poisson méditerranéen'', même qu'on aurait même pas pu faire de la brandade Raymond avec les restes...
Autre ''curiosité'' le prix Hemingway n'est pas, comme tous les autres prix littéraires de la création, unique. Il est double... un effet de l'alcoolisation peut-être, vu qu'il aura en 2013, son jumeau à Madrid... J'avoue ne pas bien comprendre le concept... (je te l'avais dit qu'il ne fallait pas que je vienne...) La péripétie étant annoncée comme un événement heureux et semblant séduire brandade et Pernod, enfin le jaune, quoi... ma foi... enfin, mon foie... Il y aura donc deux gagnants... un peu comme si le Renaudot avait un gagnant dans chaque pays... Ont-ils seulement un instant pensé à mon ego déjà over-surdimensionné ? Non, parce que moi, si je gagne un jour sur le sable de Las Ventas, j'en pète ! Quoi lecteur ? Il n'y a aucune chance ? Ouais, pas faux... salaud, va... M'est avis, plutôt, qu'ils se sont fait toréer par doblones par un Casas jamais à court d'une idée, très content d'importer le truc sur ses nouvelles terres.
Enfin, l'essentiel étant qu'au fil de la lecture des deux cent deux nouvelles de l'année, le jury soudain reçoive l'électrocution de la mienne, une bombinette écrite dans le seul but de n'avoir pas à espérer cette année, qui va leur péter à la gueule, j'vous dis pas avec quelle force ! Mais si ça se trouve, ils seront tellement bourrés que c'est celle qu'ils vont préférer, noun di Diou !
Non, finalement comme innovation marquante et approuvée je ne vois guère que la présence du sourire de Fabienne Comte, diabolique collaboratrice au visage d'ange, encore plus doux qu'une brandade Raymond.

Votez Hollande ! II

La victoire de François Hollande est à peu près acquise, et elle risque d'être éclatante. Le moment est idéal pour se déclarer sarkozyste. La question n'est pas de savoir qui l'emportera en mai 2012. On a longtemps été convaincu dur comme fer que ce serait M. Strauss-Kahn. On a pu croire que ce serait Mme Aubry. On a même pu imaginer que, par un coup du sort, ce serait Mme Le Pen. Il n'est pas tout à fait exclu que M. Bayrou, M. Mélenchon, M. Montebourg se soient monté le bourrichon jusqu'à se persuader de leur chance de l'emporter. Tout sauf Sarkozy. N'importe qui sauf Sarkozy. Ce sera M. Hollande. François Hollande est un parfait honnête homme. Il est intelligent, charmant, cultivé, et même spirituel. Il y a chez cet homme-là un mélange de doux rêveur et de professeur Nimbus égaré dans la politique qui le rend sympathique. Il est mondialement connu en Corrèze. Ce n'est pas lui qui irait courir les établissements de luxe sur les Champs-Élysées, ni les suites des grands hôtels à New York ou à Lille, ni les yachts des milliardaires. Il ferait, je le dis sans affectation et sans crainte, un excellent président de la IVe République. Ou plutôt de la IIIe. Par temps calme et sans nuages. Il n'est jamais trop bas. Mais pas non plus trop haut. C'est une espèce d'entre-deux: un pis-aller historique. Ce n'est pas Mitterrand: ce serait plutôt Guy Mollet. Ce n'est pas Jaurès ni Léon Blum: c'est Albert Lebrun. Ce n'est pas Clemenceau: c'est Deschanel. Il parle un joli français. Et sa syntaxe est impeccable. On pourrait peut-être l'élire à l'Académie française.
Ce serait très bien. Mais en aucun cas à la tête de la Ve République , par gros temps et avis de tempête. C'est vrai: Sarkozy en a trop fait. Hollande, c'est l'inverse. Car n'avoir rien fait est un immense avantage, mais il ne faut pas en abuser. Il n'est pas exclu, il est même possible ou plus que possible, que M. Hollande soit élu en mai prochain président de la République. C'est qu'à eux deux, M. Hollande et le PS, qui sont assez loin d'être d'accord entre eux -je ne parle même pas de M. Mélenchon ni de Mme Joly dont ils ont absolument besoin pour gagner et dont les idées sont radicalement opposées à celles de M. Hollande, ont des arguments de poids : la retraite à 60 ans (quand la durée de vie ne cesse de s'allonger), 60.000 nouveaux fonctionnaires (quand il s'agit surtout de réduire les dépenses publiques), 30% de baisse sur les traitements du président et des ministres (même M. Jean-Marie Le Pen, de glorieuse mémoire, n'a jamais osé aller aussi loin dans le populisme et la démagogie).
Avec des atouts comme ceux-là, on a de bonnes chances de gagner. Aussi n'est-ce pas dans la perspective de l'élection de 2012 que je me situe. C'est avec le souci du jugement de l'histoire. M. Sarkozy, autant le reconnaitre, a fait pas mal d'erreurs. À voir comment se présente la campagne d'un Parti socialiste qui semble n'avoir pas appris grand-chose des leçons de son temps, ce sera bien pire avec lui qu'avec M. Sarkozy. Les déclarations d'intention ne valent rien. Il faut des exemples vivants. M. Zapatero, en Espagne, est un homme plus qu'estimable. Il est socialiste. Le chômage en Espagne est plus du double du nôtre. M. Papandréou en Grèce est socialiste. Est-ce le sort de la Grèce que nous souhaitons pour la France? M. Sarkozy a été plus attaqué, plus vilipendé, plus trainé dans la boue qu'aucun dirigeant depuis de longues années. Il a pourtant maintenu le pays hors de l'eau au cours d'une des pires crises que nous ayons jamais connues. Il n'est même pas impossible que Mme Merkel et lui aient sauvé l'Europe et l'euro. Pour affronter le jugement de l'histoire, je choisis le camp, à peu près cohérent, Sarkozy-Fillon-Juppé contre le camp, incohérent jusqu'à l'absurde, Hollande (Hollande président ? On croit rêver, disait Fabius) -Aubry-Joly-Mélenchon. Bonaparte Premier consul prétendait que le seul crime en politique consistait à avoir des ambitions plus hautes que ses capacités. Je suis sûr que François Hollande lui-même a des cauchemars la nuit à l'idée d'être appelé demain à diriger le pays avec le concours des amis de toutes sortes et étrangement bariolés que lui a réservés le destin.
Je veux bien croire -je n'en suis pas si sûr que pour 2012 les dés sont déjà jetés, que les handicaps du président sortant sont bien lourds pour être surmontés, que le retard est trop rude pour être rattrapé. J'imagine très bien l'explosion d'enthousiasme sur la place de la Bastille ce soir de mai 2012 où l'élection de M. François Hollande à la magistrature suprême sera enfin annoncée. Je me demande seulement dans quel état sera la France en 2014 ou en 2015.
                                                                              Jean d'Ormesson

mercredi 25 avril 2012

Facho contre Bobo ? I


Puttaingggg.... on dirait du Marc Delon interviewé par Ludovic Pautier....

mardi 24 avril 2012

Votez Hollande ! I

Les résultats de mon analyse d'urne

Cheminade 0,25 % : pas glop, ne pourra pas jouer avec ses fusées dans le ciel.

Arthaud 0,57% : semble avoir raté un pan entier de l'Histoire et aussi de l'histoire des alliances de cette campagne - front de gauche qui incluait le PC - en intervenant toujours avec derrière elle une banderole précisant qu'elle est une candidate communiste comme si cela était une étiquette rentable pour la pêche aux voix.... la dernière fois qu'ils se sont présentés seuls, ils ont fait 1,9%.

Poutou 1,15% : ouvrier-candidat ''pour de rire'', séquestrer les patrons entre potes et réquisitionner les entreprises c'était un peu court comme programme économique autour du brasero à merguez grillées à la braise de bois de palettes. Que quelqu'un les prévienne que ces palettes sont saturées de solvants chimiques et qu'en plus d'être pauvres, il vaudrait mieux éviter puisque faire se peut, d'être aussi malades. Sympa le gars. Avait appris ses arguments par cœur et son regard trahissait parfois un pathétique désarroi. Volontiers ''poutounégiaïre'', je lui fais un gros poutou à lui et à tous ses poteaux itou. Tant qu'ils ne sont pas élus.

Dupont-Aignan 1,80% : dur pour l'ego. J'ai bien aimé quand il s'est frité avec Denisot et Apathie, insistant pour que ces derniers volontiers donneurs de leçons à son endroit disent à tous combien ils gagnaient pour prouver qu'ils avaient beau être pétris de bons sentiments, ils ne pouvaient vivre les problèmes abordés. Ceux-ci déclinant l'invite, il leur précisa que s'ils préféraient assumer la honte de cette couardise c'est que leurs salaires étaient si extravagants, que les Français en seraient écoeurés. J'ai bien rigolé. Mais bon, les circonstances ne sont pas réunies pour vérifier s'il a l'étoffe d'un De Gaulle dont il se réclame oubliant qu'il n'y a plus guère que quatre anciens combattants qui voient de qui il s'agit. Sans déconner, les jeunes ne savent déjà pas lire ni orthographier – ça s'écrit comme ça ? - si en plus il faut qu'ils sachent qui est qui ou a fait quoi, on s'en sort plus...

Eva Joly, putain ! 2,27% : sous-marin rose envoyé sonder les eaux nationales pour lancer quelques torpilles sur la route du Destroyer Sarko et vendetti... Mais il n'y aura guère eu que l'escalier qu'elle descendit plus vite que les sondages. A noter, quand même, de jolis effets de lunettes. Quand on est con, on est con, chantait Brassens. Et les plus cons de la campagne ce sont bien les EELV. A l'heure où pour vendre le moindre yaourt on le met en scène dans la biosphère verdoyante et alors qu'ils avaient dans leur rang un candidat à 10% (un chouette Hulot) ils nous ont inventé la candidate la plus inaudible et étrangère à l'esprit français en qui personne ne pouvait se reconnaître : que ces farouches opposants au nucléaire aient ainsi tenu à ''atomiser'' leur électorat est une délectation de plus. Il est vraisemblable que le PS épongera leur dette (campagne non remboursée)

Bayrou 9,11% : comme il doit mépriser ses concitoyens à c't'heure.... Le seul naïf qui pensait que les électeurs étaient adultes, c'est lui. Qu'ils pouvaient écouter, comprendre un discours de vérité sans fioritures. Qu'ils pouvaient, comme ils le font au sein de leur famille, bien gérer, se désendetter au lieu de projeter des rêves avec l'argent qu'ils n'ont pas. Pars-tu au ski, kiné, alors que tu es à moins trois mille à la banque ? Oui, parce qu'un Kiné est souvent à moins trois mille, c'est normal, ça ne l'effraie d'ailleurs plus. Eh bien non... Palois, les gens voulaient rê-ver ! Les gens préfèrent entendre ce qu'ils ne croient pas une seule seconde mais qui les fait fantasmer : c'est pourtant simple ! Tu es trop entier ? Tu ne sais pas enjoliver ? Omettre ? Mentir ? Mais alors pourquoi t'être jeté en politique ?


Mélenchon 11,11% : Mister Borborygmes, la grande gueule, le tribun, autre sous-marin rose en plongée pour agréger au PS les voix éparses des gauchistes non encartés qui auraient pu être tentés par Pout-Pout et Arthaud... Bien joué Méluche ! Hilare il était ! Ça j'ai remarqué : plus le candidat est à gauche plus il sourit d'avoir fait un plus mauvais score que celui qui était pressenti... En 2002, prenant le reportage en cours, je m'étais planté : elle était tellement heureuse Ségolène d'avoir perdu, que j'avais cru qu'elle était notre présidente... Tous chez Hollande et sans conditions ! Voilà ce qu'il a déclaré Mélenchon ! J'te dis pas la gueule des communistes cocufiés en beauté ! Le SMIC à 1700, vous l'aviez cru, bande de nazes ? Eh ben allez vous brosser... Trop fort mister ''prise de la Bastille'' bis.

Le Pen 18,06% : je suis déçu, mon institut de sondage perso, le pif, les discussions avec ma patientèle arabe, tout concordait, elle allait crever les 20%. Pour moi, mais on dirait bien que je suis seul à le dire, l'extrême droite régresse. Mais je sais faire une addition, moi et 16,86 + 2,34 (Mégret) ça fait plus de 19% ! Et donc là, ça fait moins ! Mais ça a l'air d'être bien puisque ça fait l'événement...
Eh oui lecteur, tant que la bien-pensance généralisée continuera de nier les problèmes dûment identifiés par eux depuis des lustres, son score augmentera, les Français tapotant ainsi sur l'épaule des autres politiques en leur disant : écoutez-la, ces problèmes nous préoccupent, on en souffre au quotidien, gérez-les sinon, la prochaine fois on lui donnera 25% des voix. Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elle gagne. Comme je vous l'avais expliqué – mais je sais que personne ne me croit ; m'en fous l'aurais dit quand même...- tous mes patients d'origine arabe ont voté pour elle principalement pour qu'on arrête d'accueillir d'autres frères à eux afin de ne pas fragiliser la dotation des aides sociales ! En clair z'ont peur qu'à force, ''couic'', quoi... Ils trouvent déjà ça si extraordinaire toutes ces allocations... Ben tiens, si c'est pas du réalisme politique, ça ! Vous aurez certainement constaté que le Gard est le champion de France du FN ?! On a honte ou pas ? J'hésite... je pense que le score est proportionnel à la ''délinquance ethnique'' croisée... ça fait longtemps que tu ne t'es plus promené dans les rues du centre de Nîmes lecteur ? C'est devenu le quart-monde... tu ne croises plus un Blanc, tous les commerces ferment, remplacés qu'ils sont par les Kebabs qui ne blanchiraient pas que les sandwichs... J'exagère ? Ouais, un petit peu... Eh bien figure-toi lecteur, qu'à Nîmes-ville c'est Hollande qui arrive en tête, si ! C'est-y pas qu'on est gentils par ici, mmm ? Après, c'est l'émigré hongrois et ensuite seulement la Marine nationale : alors c'est pas de l'humanisme ça, peut-être ???

Sarkosy, l'affreux Sarko à nez crochu, le nain de jardin à talonnettes, le fou furieux, le roquet belliqueux, l'indigne sire qui devait être balayé par le tsunami rosissant 27,18% soit 1,50 de moins que ''Fraise des Bois''. Et pourtant, les sondeurs continuent de promettre 56 contre 44% pour le second tour en sa défaveur. 'tention aux roquets belliqueux messieurs-dames... au Fox-Terrier buté qui jamais ne lâche les couilles de sa proie... attendez le soir du 6 mai pour vous réjouir.

Hollande 28,68%. Flamby, mime officiel de la miterrandie, toujours marqué à la culotte par son ex qu'il a visiblement intérêt à nommer à un bon poste, rosit de bonheur à vue d'oeil, pendant que les mâchoires Aubryennes se contractent de plus en plus... Méluche est hilare, mission accomplie, Moscovici toujours fidèle, Montebourg toujours empressé de bien faire, Valls les zygomatiques toujours tétanisés, Fabius toujours fielleux ne crie pas sur les toits qu'il faut donner le droit de vote aux étrangers, ça ferait fuir les voix frontistes qui se reportent sur eux. Celles de ces frontistes-là ne sont pas indignes, ils les veulent bien.
Une petite anecdote pour la fin : comme moi vous avez peut-être reçu ce mail qui affirme que 75% (beau score!) des collaborateurs de sa campagne sont des Arabes (pour simplifier hein, lecteur, ne le prends pas en mauvaise part comme tu te plais à le faire)  dont 75% (encore) auraient été condamnés par la Justice française. En pareil cas, la première idée qui me vient c'est que ce sont des e-mails calomnieux d'adversaires haineux qui ne savent plus quoi inventer pour porter des coups bas et les gens qui me les envoient me font – qu'ils le lisent ici – copieusement chier. Comme les grosses blagues, dessins pseudo-humoristiques prisés du troisième âge, pièces jointes à ouvrir, etc dont on encombre ma boîte mail...
Mais l'autre jour, une amie m'en parle en me disant qu'elle est allée vérifier sur son site et que oui, son organigramme de campagne serait (je ne suis pas allé vérifier...) à 75% (beau score!) composé de personnes ''comme là-bas''. C'est bizarre, me dit-elle : que cette population soit représentée proportionnellement à son effectif dans le pays, normal, mais il n'y a quand même pas 75% (beau score ! ) d'Arabes en France ! Ensuite, me dit-elle, je suis allée vérifier cette histoire de condamnations... elle en a les moyens, elle est magistrate. Je les rentre dans le fichier poursuit-elle et.... c'est vrai ! Les trois-quarts ont été condamnés !!! Et là trop c'est trop, quoi... qu'elle me dit, la juge de gauche...
Alors là, moi je dis : Hollande chapeau ! Bel exemple d'humanisme désintéressé et d'ouverture d'esprit, de tolérance et de charité dont j'avoue n'être pas capable. L'homme est bon, il n'y a plus aucun doute. Mais moi, dans l'isoloir, j'en aurais un puissant, de doute, te concernant. Et pourtant je te jure, je n'aurais pas voulu voter pour ''talonnettes''. Je me sens un peu, au sortir du labo d'analyses, aussi barbouillé que le traje de luces de Morante l'autre jour à Séville, quand il n'avait pas envie d'être là : acide urique et noir. Beeeuurrrk.

lundi 23 avril 2012

La Pensée du Jour

Fidèle... il est facile à celui qui n'a jamais eu de propositons de dire qu'il est fidèle, c'est un peu comme celui qui prétend être honnête... il n'en sait rien, s'il n'a pas fait de politique...
                                                                                                Anne Roumanof

samedi 21 avril 2012

YO : SI !

Si la perspective rosifiante et probable d'avoir Martine Aubry en habit de premier ministre vous file la ''cagagne'', vous pourrez toujours un puro dans une main et un mojito dans l'autre, vous en consoler un peu avec l'album de Roberto Fonseca. Car les régimes totalitaires et l'embargo du cousin américain ont du bon : les enfants ne sont pas chacun dans leur coin prostrés leur console à la main ou devant la télévision à se gaver de Pop-Corn. Ils font du sport en groupe et jouent de la musique en bandas... Ce qui nous donne un jour, d'élégants boxeurs et de virtuoses solistes. Pour l'éducation des enfants, la privation de liberté et l'impossibilité du choix ont quelque chose de bon. Après, achetant leurs disques, on souhaiterait participer davantage à leur émancipation qu'au financement du parti communiste cubain mais rien n'est moins sûr...
Dans ce disque souffle toute l'énergie de l'Afrique et tous les sortilèges vaudou des Caraïbes, toute l'alegria de cette île, à la conquête du monde au fil des octaves par le vecteur de l'universalité du Jazz. Pour peu qu'à ce genre musical votre oreille soit réceptive. Je l'avais découvert en concert à la Havane et sa prestation époustouflante nous avait tous transportés. C'est donc sans aucune appréhension que j'ai couru chez le disquaire acheter son album quand sa sortie a été annoncée. Avec "YO" Roberto Fonseca se met à nu pour nous entretenir de lui, en musique et graphisme aussi, magnifiquement servi par sa plastique et le talent de Carlos Pericas pour la photographie. A acquérir sans tarder vu le second tour qui approche à grand pas. Poutouniens, Cheminadistes, Arthaudiens, Mélenchonistes et Hollandais, vous la voulez la Martine, cette injure vivante à la laïcité, à la république, à l'économie, à la féminité et au bon sens, eh bien vous l'aurez. Peut-être vous remboursera-t-elle l'achat du disque Cubain au titre de la diversité culturelle solidaire, c'est à dire la bonne, de gauche, qui sait ? Bonnes urnes.


jeudi 19 avril 2012

Antoine Martin Plombier


Le Chauffe-eau

C’est drôle comme cet objet, mentionné en gros caractères sur la couverture de l’ouvrage (édité chez le Diable vauvert) intéresse les écrivains. Tandis que Barthes et Perec célébraient cette chose, signe d’une bonne intégration à la société consumériste des années 50, Quim Monzo puis Houellebecq et maintenant A. Martin le préfèrent en panne. A première vue, on s’étonne aussi de voir associées à ce terme qu’on pourrait juger trivial en littérature, les abstractions modestement écrites sur la couverture « Histoire de l’humanité, fragment 1 » ou « épopée ».

C’est vrai, Cumulus est bien personnage d’épopée. Une bête malade, incontinente, diabolique qui développe toutes les avanies possibles pour mettre à l’épreuve le père, protagoniste du récit. Pour dompter Cumulus, franchir les difficultés croissantes dues aux pannes successives, il devra vaincre sa nature lymphatique, s’accommoder d’un manque d’aides et de la lenteur à réagir - comme on pouvait s’y attendre - du Plombier. On suit sa difficile évolution quand, à ses hésitations et dérobades au travail, à sa procrastination encombrée de prétextes, succèdent un essai infructueux et enfin une réussite qui le transforme en personnage presque heureux et confiant.

Ce décalage qu’annoncent les différents titres se retrouve forcément dans l’écriture. A. Martin met au service de ce grand voyage initiatique du père combattant le chauffe-eau, de grands moyens littéraires qui ne laissent pas de nous amuser. Le narrateur omniscient proche des lecteurs que nous sommes nous avertit de temps en temps que le combat va durer. Le récit progresse en chapitres courts dont certains, qui figurent en italique en alternance avec les autres, sont de véritables trésors littéraires, des mises en abyme d’épopée. D’un registre très soutenu à tonalité biblique, épique et fantastique, ils correspondent à des arrêts, à des réflexions, aux fantasmes du père qui, hésitant et inquiet, s’interroge sur son essence et celle des choses dans un style pompeux avec un lexique propre à susciter notre inquiétude face à l’étrangeté de certains phénomènes – en l’occurrence l’électricité et le tartre !

« le père eut un songe » ou « le père eut une vision »… : Les mers s’évaporaient qui formaient des nuages.

Les nuages se résolvaient en précipitations.

Les précipitations se conjuraient en ruisseaux, en rivières…en fleuves, en estuaires…Le père vit des cumulo-nimbus qui s’ouvraient en averse, des deltas qui s’écartelaient dans les océans. Il vit des glaciers profonds et des cloaques…et il vit que toute l’humidité du monde se déversait chez lui, par le groupe de sécurité du chauffe-eau »

Ou alors : « le tartre, cette poudre si claire, si suave, n’était que le vil produit de la sale alchimie du chauffe-eau, une œuvre au noir de couleur blanche qui diffusait en sournois dans les nervures de la maison. Peu à peu, les tuyauteries s’enfarinaient, les robinets devenaient chenus…les conduites étaient prises de calcaire, menaçant d’une embolie plombifère… »

Dans les autres chapitres ordinaires - nous dirions réalistes -, le lexique de la religion, de la maladie ( tous les accessoires étant par moments, personnifiés), du combat, voisine avec les termes techniques, les passages didactiques (dans la satire de « l’homme de l’Art plombier » qui sait tout du haut de son savoir-faire), ou les passages lyriques quand le héros se lamente ou supplie ou se réjouit : « Ô le retour déconfit devant la famille, ô les silences agacés, ô les commentaires vitriolés…Heureuses les familles que l’exorcisme paternel tenait protégées des goules de la panne. » ce qui n’interdit pas les termes argotiques, l’utilisation d’ adages tronqués ou transformés, d’extraits de chants, de mots d’esprit, de jeux sur l’ambiguïté des mots dont raffole l’auteur peut-être avec excès parfois. Ce constant décalage entre de savants procédés stylistiques manipulés avec tant de talent et d’aisance pour ce quotidien chauffe-eau entretient l’humour tout au long du texte.

Quand on se dégage de l’emprise de cette tonalité légère et amusante, on perçoit ce fragment d’Histoire de l’humanité, la critique de ce monde où la technique nous possède, où on l’utilise sans réfléchir et sans compter, où elle nous soumet à la toute puissance de l’homme de Savoir et à celle de l’argent. Le récit réhabilite le père, cet oublié des médias ( le plus souvent réduit au cinéma ou en littérature à un sexe vagabond). C’est un être solitaire, esseulé et inquiet, victime des clichés de fausse suprématie véhiculés à son endroit à travers les siècles, objet à tout faire, ballotté de responsabilités en exigences ou caprices ou impatiences familiaux. Même l’amitié n’existe pas, qui ne partage pas les joies, ricane et c’est tout (et sait tout).

Et si le bonheur, nous signifie A. Martin emporté par l’ivresse de la langue, était dans la création littéraire ?

Gina

dimanche 15 avril 2012

A mi, no me gusta hablar...

''Morarte'' de Anderduque n'est pas un film, pas vraiment un reportage ni un documentaire. C'est, et déjà le verbe être ainsi conjugué, semble péremptoire et on lui rajoutera donc ''peut-être'', une trace partielle et aléatoire d'un des types les plus insaisissables que vous puissiez rencontrer : Morante de la Puebla. ''Morarte'' contraction capillo-tractée de ''amor'' et ''arte'' rapporté à ''Morante'', olé, putain.

A l'issue de ce ''film'', on se demande si le type est fou, ou égotique surdimensionné ou romantique décalé, à moins qu'il ne s'agisse tout simplement d'une typologie standard de ''torero Andalou'' ce qui nous est déjà terriblement exotique, vous en conviendrez.

Aux réalisateurs du ''film'' il a donné deux jours, pas plus, pour graviter autour de lui. Il a demandé qu'on ne le voie pas toréer mais on le voit quand même un peu, il a voulu que ce soit tourné comme un poème, ou composé comme une musique. Et qu'y voit-on ? José Galan maquillé en toro dansant dans un théâtre de Cadix en contre-chant des images du maestro. On a donc notamment la chance de voir tienter un type en pantalon vert pomme et tee-shirt japonais, un puro cubano toujours à la bouche et coiffé d'un chapeau ad'hoc quand on est torero de là-bas. On s'aperçoit qu'il écoute du flamenco partout et tout le temps : en toréant, en voiture, dans la salle de bains, etc...

Pour le reste, l'oeuvre n'étant pas encore sous-titrée, pour comprendre les vieux aficionados andalous dans les bars, sans la traduction de l'obligeante Maja Lola qui brillait par son absence, bonjour ! Nous avons donc eu la chance d'assister en avant-première en France à la projection de cet oTni dont Valade parfois valable (adjoint au maire) fit fuser l'idée de le reprogrammer à Nîmes lors du festival flamenco de janvier prochain, soit une raison supplémentaire pour y ramener sa fraise (hein Ludo?)

Morante nous apprend qu'il vit seul (chez papa et maman?) et que c'est très bien comme ça. Puceau, abstinent ou client régulier des puticlubs, on ne sait et il est vulgaire de se poser la question, alors pourquoi venez-vous la lire ici où ne règne jamais aucune garantie d'y échapper ? Ce travail tend à expliquer par quel lien, un homme de cette terre, va un jour, rencontrer un toro qui lui est destiné. Un toro de sa terre, qui vit là, non loin, et l'attend, peut-être pour fusionner avec lui, dans le tourbillon de l'amour, du courage et de leur destinée commune, dans un temps où en quelque sorte il ne ''s'appartient'' plus, n'est plus que le produit d'un instinct, d'une âme, d'une culture et d'un psychisme teinté dans la masse, à l'Andalousie natale. Peut-être... ou peut-être pas.

Je me suis souvenu de ce vieil aficionado féru de Séville, qui m'avait dit un jour :

- Il y a beaucoup d'aficionados qui connaissent des trucs sur les toreros, bien moins, qui savent quoi que ce soit sur les toros et enfin très peu qui savent quelque chose non pas, sur l'art du toreo, mais savent reconnaître l'art dans le toreo.

Morante contribue à nous enseigner un peu de ce mystère y compris par défaut quand les réalisateurs nous livrent l'anecdote de cette approche tentée encombrée de perches micros et de caméras en bandoulière, tendant fébrilement ces appendices interrogateurs métalliques et agressifs et leurs questions impudiques et avides, ne recevant de la figura après un long silence pesant et un regard les toisant de bas en haut, qu'un laconique :

- a mi, no me gusta hablar...


Soit, par cette courte déclaration, toute la difficulté à rendre compte de façon documentaire d'un être décalé qui est dans l'amour, le parfum, l'âme, le mystère d'un art éphémère, impalpable et indicible auquel personne finalement y compris et peut-être même surtout les taurins, si pénétrés de certitudes, ne comprennent... rien. Pour lui, Morante le ''Belmontien'' et aussi pour Tomas plutôt d'obédience galliste (Joselito ''El Gallo'' ) un autre parallèle développé par l'auteur dans la discussion qui suivit. Comme d'habitude les absents peuvent s'en mordre les doigts.

La peña Morante de Nîmes étant à l'initiative de la venue de ce ''film'' chez nous, peut-être pouvez vous faire de même chez vous - une idée en passant - en les invitant, peut-être en vous connectant là :

www.morarte.tv


Tendidos

mercredi 11 avril 2012

Tous pour un, un pour six.



Sur le papier, le cartel alléchait : deux hommes doués et profonds de la saison passée, Mora et Fandino et le jeune Dufau pour la belle opportunité de cette corrida de clôture avec un lot de Fuente Ymbro qui se divise en deux, trois et trois. Les trois premiers, des bouse-brothers jusqu'à l'invalidité pour le premier remplacé par un sobrero de Palla.


Or, les toreros présents ont plutôt l'habitude des toros sur lesquels il faut peser, que l'on doit réduire coûte que coûte, plutôt que d'accompagner les sub-claquants en soins palliatifs. A ce jeu et selon l'aléatoire du sorteo, c'est Fandino malgré la facilité congénitale de Mora à embarquer les cornus dans ses capes, qui tirera les plus remarquables séries de naturelles. Le cinquième à l'allure ''boxer bringé'' n'est certes pas un niais mais est encore trop faible pour émouvoir au combat face au puissant et délié David Mora.


Heureusement le sixième, avec sa longue poussée au cheval. Avec les naturelles de Fandino, c'est l'agressivité du sixième toro qui sauvera la course et le combat honnête et plein d'abnégation que lui livrera Dufau, crânement, jusqu'à se faire prendre sans mal mais d'un avertissement à décomposer beaucoup de bien classés de l'escalafon. Et on le verra revenir au combat en torero, sans sourciller, au mépris du grand danger que cet animal distillait. Celui-ci n'avait rien à voir avec ses frères de race. Rien de commun, ni leurs lacunes ni leur faiblesse ni leur galop débonnaire, ni leur mental de victime. Non, bravoure et allant du meilleur sang Domecq. Celui-là m'a impressionné par sa caste, par la race de sa colère, sa sauvagerie, ses appuis brusquement freinés pour rester à la baston, son obstination à dégager l'adversaire, ses coups de cornes pour tuer, celui-là était un toro de combat. Il était temps. Un Dufau mal récompensé par un public quittant précipitamment l'amphithéâtre devenu glacial, parce qu'il avait envie de se soulager la vessie, parce qu'il y risquait la corne de la bronchite. A chacun ses peurs, n'est pas torero qui veut.


Je ne rendrai pas compte de la corrida gériatrique, ne m'y étant pas déplacé pour garder mes souvenirs de Ruiz Miguel, Victor Mendes et El Fundi, du temps de leur splendeur...

Bar à la Placette

lundi 9 avril 2012

Une Miurada comme on n'en veut pas

Le toro de Miura a-t-il eu raison de s'adapter à la modernité ? Me cago ! S'il n'y en avait qu'un, apte à s'arroger conservatoire du toro bravo de l'an 1800 sans avoir à en souffrir d'un point de vue commercial, c'était bien lui ! Je sais, je l'ai déjà dit, ben je répète ! Car le lecteur du début s'est fatigué de ma prose et le lectorat s'est renouvelé ! Quel intérêt à le rendre ainsi toreable ? Quel avantage acquis à lui lécher de suaves faenas quand il a du mal à tenir debout ? A part aider a écrire une page de faussaire de l'histoire du ganado ? Les Miuras ont changé et ne sont plus des Miuras. Une fois n'est pas coutume, j'ai parcouru Terres Taurines dont la première phrase du compte rendu de la course est la constatation inverse : les Miuras sont toujours des Miuras. Bon... si on a sept ou huit ans, d'accord... mais si on en a cinquante, pas du tout... pour ceusse qui douteraient procurez-vous la Miurada de Béziers en 1983, qu'on rigole... Il y a à peu près autant d'écart de caste qu'entre François Mitterrand et François Hollande. L'un est un insipide ultra-libéral rosifié tout flasque tandis que l'autre, tout hérissé d'épines acérées exhalait un capiteux parfum d'intrigues machiavéliques... (la preuve, vous-même, à la lectures de ces descriptions un peu olé-olé vous avez instantanément compris qui est qui...) Je n'ai d'ailleurs jamais compris comment d'honnêtes gens si prompts à mettre leur probité en avant puissent nous le désigner comme leur champion... Avez-vous remarqué le ridicule de ce que Christophe Barbier de l'Express nomme le ''mimétisme de tribune'' de Hollande qui singe la gestuelle du feu prestigieux aîné pour se donner l'épaisseur qu'il n'a pas... ? Pathétique... Alors évidemment oui, quelques évanescents rappels du mimétisme de ruedo peuvent tilter au souvenir (tu as vu, lecteur, comment on retombe sur ses papattes l'air de rien …?) de l'aficionado, comme celui-ci, qui cherchait cou étiré et mufle au ciel les mains des banderilleros, ou le sixième, seul toro fait du lot, aux cinq ans révolus, impasse combative périlleuse dans laquelle Savalli s'engagea comme le sportif ''Kinder Bueno'' qu'il est, au lieu d'investiguer intelligemment comme un Sherlock Holmes...

De nos jours quatre vingt-dix pour cent des toreros peuvent tuer des Miuras alors qu'il fut un temps où quatre vingt-dix pour cent déclinaient l'offre arguant qu'ils avaient ''piscine'' ou ''théâtre'' ce jour-là, tandis que les neuf pour cent restant, protestaient du moyen létal offert pour leur suicide alors qu'ils en connaissaient d'autres, bien moins terrifiants et douloureux, le ''pour cent'' qui s'y collait restant blotti jusqu'à l'habillage de lumière, dans les bras doux et palpitants de leur douce et tendre afin qu'ils se rappelassent du principal intérêt qu'il y avait à ne pas être vaporisé dans la stratosphère prématurément.

Donc moi j'imagine des réunions secrètes d'empresas policées qui seraient venues rendre visite à Don Eduardo Miura il y a une dizaine d'années et qui lui auraient à peu près tenu ce discours, petit doigt en l'air sur la tasse de thé :


- Voyons Don Eduardo, le ganado évolue, vous le voyez bien autour de vous... et les toreros de l'an deux mille ne peuvent plus toréer des tios de 1750... il faut anoblir à tout prix votre cheptel sinon on ne vous achètera plus rien... il faut se moderniser sous peine de disparaître... Au fait comment va votre fils ? Un charmant garçon... et moderne... très en phase avec son temps... il a à coeur je crois de pérenniser la légende de ce fantastique élevage que vous allez lui transmettre... Je tiens, nous tenons tous à nouer des relations privilégiées avec lui...

Et là, les Espagnols sont très fort pour tout avilir : y'a qu'à voir ce qu'ils ont fait de la magnifique Costa Brava et de ses petits ports de pêche que je fréquentais tout petit... Salopards, va... à coup de barres de béton ils m'ont salopé le post-franquisme....!!!

Alors voyons, vu que vous commencez à être largués, je prend mon Iphone opportunément doté d'un bloc notes bien moins chic que mon carnet Moleskine mais plus compact et tout aussi efficace ''rapport'' à la vélocité de mon pouce qui n'en finit pas de progresser – un vrai ado – pour vous la jouer plus revistero et moins déroutant. Et que vois-je pour le premier toro ? Que je suis encore en désaccord avec ''Terres Taurines'' pour qui on a volé une oreille à Robleno tandis que mézigue a écrit ceci :

Trois piques. Charge peu profonde puis, tardo, malgré son allure juvénile. Quatre ans à peine. Trasteo de Robleno ''sans peine ni gloire'' selon la formule sacrée con. Première épée entière mais caïda, hémorragique. A côté de moi, d'incompréhensibles indignés d'une oreille imaginaire pas octroyée. Une oreille, faudrait savoir, c'est pour une faena ''regular'' ou ''bonissima'' ?

Bon enfin ,voyez je joue au revistero avec mon bigophone...

A l'exception de ce premier et du dernier, tous se sont vautrés dans le sable, se couchant même parfois avant que l'épée ne monte... ou quand noblesse rime avec faiblesse, paresse, plutôt qu'avec ''gare à tes fesses''.

Castano cuit son premier qui résulte avec une demi-charge docile et ralentie, à l'étouffée, ce qui permet d'évoquer qu'en daube, sera plus convaincant. Second parterre dés l'entame de faena puis l'avertira sérieusement sans frais avant que le torero n'entre à matar.

Je lis encore mes notes pour le sixième -Savalli- :

Toro né en janvier 2007. 630KG. Deux piques. 3 grandes paires de banderilles. Brouillon à la muleta, puis pueblerino (plus il perd les papiers, plus il bouffonne : desplante de très mauvais goût, au pire moment) puis carrément vulgaire et enfin en danger. Très en dessous du toro. Ne sait plus comment le prendre, n'a aucune idée de la lidia à donner. Le public assiste au naufrage du torero en applaudissant... Bajonazo. Quatre descabellos.

Rendez-nous nos Miuras de toujours, putain !















dimanche 8 avril 2012

La Tympan Attitude


C'est par un « Padilla bon pied bon oeil » de mauvais goût que Midi-Libre rend compte de la première corrida de Pâques en Arles. Et même lui, le journal partenaire des événements à succès s'avoue saturé d'oreilles :

« C'est le début de la saison et les niveaux n'ont visiblement pas été faits à Arles, où les oreilles ont débordé comme le Rhône en crue... Padilla est de retour et sa côte de popularité est gigantesque : pour preuve les quatre oreilles que le public auquel la présidence a tout cédé, lui a octroyées. Pourquoi pas : il en fut sincèrement ému mais il faudra prochainement qu'on le juge comme un matador en pleine possession de ses moyens »

Padilla est donc devenu le type à qui on doit plus d'oreilles parce qu'il a perdu un œil. Comme si lui montrer qu'on l'aime -quand on l'aime- ou applaudir sa vaillance ne suffisait pas. Comme si les trophées d'une corrida étaient devenus les marqueurs de la sympathie porté au torero de turno. Comme s'il fallait absolument ressortir rasséréné d'une corrida, tous les pleins faits. Qu'on se soit auto-persuadés les uns les autres que ce qu'on a vu était ce qu'il fallait voir, en un clin d'oeil. Comme si la mise en abîme de soi-même vérifiée dans l'observation de la mimique de l'autre permettait de se rassurer sur l'interprétation à donner sur ce que l'on ne sait plus juger. L'ignorance de l'autre justifiant la sienne. Avec des banderilles plantées al violin – du côté aveugle siouplait-

Je suppose qu'avant la course il a été appelé et ovationné à la barrière, ce qui est bien, pour lui dire : « Olé Padilla, bravo pour ton retour courageux, reçoit ici notre admiration et nos encouragements » Mais lui refiler des ''oreilles de solidarité'' ? Ca n'a pas de sens... ! Pire, je trouve que cela relève du même état d'esprit noeud-noeud producteur de cet anthropomorphisme dégénéré qui place le Yorkshire au-dessus du petit neveu dans la hiérarchie de l'amour et développe chez les zantis les raisonnements indignés que l'on connaît. Depuis trente ans que je soigne divers handicapés, j'ai toujours su d'instinct que la moindre des considération que je pouvais avoir pour leur dignité, c'était de ne pas leur faire sentir plus encore leur handicap par une trop grande compassion ou une évidente pitié. Me serais-je trompé ?

mercredi 4 avril 2012

Cédric Crouzy photographe


C'est un créatif Cédric Crouzy alias "Patate"... un jeune gars bien cool qui invente tous azimuts, il crée, participe, entreprend, soutient et bourlingue. Il a collé, en loucedé on le suppose, mais en assumant la paternité de l'acte, une photo de 4x3m sur le mega mur de la route d'Alès - j'avais pas proposé ici même que ce mur soit investi par des artistes pour s'égayer un peu ? - il a participé à la vente aux enchères de planches de skate peintes au profit des enfants Cambodgiens, il a même fait office de soutien-gorge des plus doux - le rêve de tout manuel - sur un auto-portrait aperçu ci-contre qui vous donne toutes les indications pour aller voir ses photos ramenées d'Amérique du Sud, encadrées par ses soins avec du bois in-extremis sauvé de la cheminée paternelle... et c'est très réussi. Ses photos disent toute l'humanité de ces gens de peu croisés au hasard de sa route et il vous les offre - presque littéralement vu la modicité des prix- de toute sa bonne humeur, car Cédric Crouzy, sur un skate comme devant ses photos garde toujours la "patate", soyez-en sûrs ! Allez lui dire bonjour et que ça roule pour lui !
La rue Godin s'attrape perpendiculairement par la rue Emile Jamais après le carrefour city et avant le Pablo-Romero : immanquable si vous respectez les horaires d'ouverture !

mardi 3 avril 2012

Une Promesse de Comptoir tenue par Antoine Martin



La nuit parfois, tu croises des types incroyables. Après un trasteo gitan quasi privé par taquilla boudée, j'ai croisé le type qui disait "oui". I'am quand même a fucking opportunist of the night... because le type il ne doit pas avoir que ça à foutre, t'sais, pondre des bafouilles à ta demande expresse. Et pour pas un rond évidemment. Eh bien, par urbanité ou par éducation, par gentillesse naturelle, va savoir, il a dit "ok". C'est pour moi un grand plaisir. "Enjoy", donc...



C’était samedi soir quand, un peu comme l’autre con qui mévendit son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, j’ai bazardé mon sens du ridicule à Marc contre un verre de vin blanc. C’était au foyer du théâtre de l’Odéon, juste après le récital d’Alba et Manuel Molina, et le Ciel m’est témoin que j’ai insisté pour remettre la mienne (lo formal no quita lo valiente), histoire de me délier de la dette. Pas moyen. Me voici donc dans la situation grotesque de devoir faire la critique d’un spectacle de flamenco (plus ou moins), comme je m’y suis mollement engagé (pour un verre de vin blanc, faut quand même être con) moi qui suis à peu près incapable de faire la différence entre une saeta du Vendredi des Douleurs, mettons par exemple, et une rumba catalane.



Et puis, je dois à la vérité de révéler que j’ai prolongé cette veillée avec les artistes, à boire d’autres verres de blanc et manger quelques bricoles (pas des lentilles, il n’y en avait pas), jusqu’à assez tard dans la nuit, ce qui altère pas mal l’objectivité de ce que j’aurais à en dire. Si j’avais eu quelque chose de moyennement pertinent à dire. À part regretter que Nicole et Andres Roé, qui se bougent un certain cul pour faire exister le genre à Nîmes en dehors du mois de janvier, fussent, ce jour-là, si mal récompensés au guichet.



Sinon, on était venu là pour prendre des nouvelles de la famille Molina, particulièrement de Manuel, de l’ancien duo Lole y Manuel, promoteurs ensemble, vers les années 80, d’une manière qu’on qualifierait de flamenco post hippy tardif (les papillons qui gentiment butinent et le monde tout en couleur). Bon, pour Lole, on n’ignorait pas, car on l’avait croisée par ici il y a deux ans, qu’elle professait désormais la foi pentecôtiste à tout crin et pratiquait le style andalusí comme une glossolalie. Pour Manuel, on n’avait pas trop de détails sur ce qu’il était devenu. Et Alba, on se demande même si on savait qu’elle existait, vu qu’on n’est pas spécialement spectateur des télé-crochets espagnols auxquels elle participe, paraît-il, comme jurée.



Alba, donc. Voilà une fille qui prend le flamenco avec toutes sortes de pincettes. Qu’elle matérialise généralement par deux mouvements en crochet de l’index et du majeur de chaque main, dès qu’elle prononce des mots du genre « palo » (entre comillas) ou « buleria » (entre comillas), enfin, dès qu’elle convoque le vocabulaire spécialisé. D’ailleurs, elle préfère prévenir tout de suite le respectable public : elle ne se considère pas comme flamenca. Comme gitane, oui, pas comme flamenca. Et en administre aussitôt la preuve en annonçant qu’elle va interpréter un thème forcément familier à tous ceux qui sont familiers de Séville. On écoute et on se dit, en effet, que ça dit vaguement quelque chose. Pour moi, ça m’a trotté une bonne partie de la soirée et il a fallu encore plusieurs verres de blanc pour avoir la révélation, un peu comme la leçon que sa mère Lole reçut des Apôtres du Cinquantième Jour : cette mélodie si typiquement sévillane, c’était Copacabana (At the Copa), de Barry Manilow, que Line Renaud francisa avec tant de brio. Moi, c’est vrai que je n’y entends pas grand-chose, mais il me semble que je serais plus ou moins capable de faire la différence entre la Giralda et le Corcovado.



À part ça, Alba Molina a une voix, pas extraordinaire mais parfois joliment voilée, qui ne touche jamais aussi juste que quand elle entre dans le répertoire de sa daronne. Dans d’autres registres, on ne sait, elle semble se trouver au milieu d’un gué bizarre, quelque part entre sa grand-mère La Negra, Isabel Pantoja, les ascenseurs Otis et Massiel, la première et avant-dernière gagnante espagnole du concours de l’Eurovision. Et voilà pour la musicologie.



Pour le reste, un dernier détail. J’ai remarqué, au cours de la petite fiesta qui a suivi le spectacle, qu’elle avait tatouée, sur la tranche de la main droite et jusqu’à l’avant bras, une sorte de guirlande de fleurs. Je lui ai évidemment demandé de quelle espèce de fleur il s’agissait, assuré qu’elle allait me répondre un truc bien pipeau, du genre « le jasmin des balcons de Séville ». Non, elle m’a dit : une fleur du Pacifique (sic), c’est une fleur du Pacifique. Et là, j’ai parfaitement compris ce qu’elle avait annoncé, quelques heures auparavant. C’est vrai, Alba Molina n’est pas flamenca. Des fois, elle est juste un peu caraque (entre comillas et avec tous les respects).



Son père Manuel, ce n’est pas avec des pincettes qu’il prend le flamenco, mais à quatre épingles. Il est arrivé sur scène habillé (tâchons d’être précis) comme un gros mandataire en bétail à viande un jour de comices : costard sombre, gilet rouge, souliers vernis, chaîne dorée pendant du gousset. Et puisqu’on était venu prendre de ses nouvelles, il en a donné tout au long de son tour de chant. On a ainsi appris successivement qu’il souffrait d’un cancer de la gorge (je l’écrit tout net, puisque lui-même en fait tout le contraire d’un mystère), que la compagne qui partage sa vie s’appelle Lola (j’écris bien « Lola », je ne sais pas ce que vous en pensez, moi je trouve que c’est ce qui s’appelle avoir une certaine suite dans les idées onomastiques du conjugo, non ?), qu’elle était une excellente personne (je ne sais pas comment je prendrais un tel compliment, si j’étais la compagne qui partage sa vie) et que, bref, il était tellement content d’être là avec nous, un public si extraordinaire, pas nombreux, nombreux, c’est vrai, mais extraordinaire, putain, que pardon. Avant ça, il y avait eu des solos de l’une et l’autre, des duos des deux, pardi, quelques bon « toques » (entre comillas) de la guitare de José, des impros de Manuel parfois hasardeuses (on pense en particulier à une sorte de compte à rebours par seguiriyas, tel quel, à propos duquel on est encore perplexe) et d’autres fois au poil. Aux rappels, il y eut de l’enthousiasme dans la salle, mais pas indescriptible. Une bonne soirée, quoi.



Dimanche matin, je me suis réveillé avec une légère gueule de bois, une curieuse envie de manger des lentilles et une idée qui faisait comme un caillou au fond de la semelle de mon pauvre cerveau (si on voit) : j’avais (mollement) promis à Marc de faire un compte-rendu du spectacle pour son blog. Non, pas un compte-rendu. Lui, il dit une reseña. Entre guillemets.


Antoine Martin

Feria de Nîmes



Mercredi 23 Mai

Toros de Victorino Martin pour Diego Urdiales, Alberto Aguilar et Joselito



Jeudi 24 Mai



Toros de Torrehandilla pour Paquirri, El Fandi et Juan Pablo Sanchez



Vendredi 25 Mai



11h30 Novillada de Virgen Maria pour Alvaro Sanlucar, Juan Leal, Cayetano



18H : Toros de Garcigrande pour El Juli, Sebastien Castella et Jimenez Fortes



Samedi 26 Mai



11H30 : Toros de Nino de la capea pour Juan José Padilla, Juan Bautista et El Cid



18 h : Toros de Miuras pour Castano



Dimanche 27 Mai



11h30 : Toros de Zalduendo pour Javier Conde, David Mora et Thomas Dufau



18h : Toros de Fuente Ymbro pour César Jimenez, Matias Tejela, Ivan Fandino



Lundi 28 Mai



11h30 : Toros de Los Espartales pour Pablo Hermoso de Mendoza, Gines Cartagena, Joao Moura fils



18h : Toros de Juan Pedro Domecq pour Enrique Ponce, Alejandro Talavante, Daniel Luque



Pour la feria de Septembre on parle de la venue de José Tomas et d'un mano à mano de luxe Manzanares-Morante



lundi 2 avril 2012

Ma première de l'année : Vergèze.




Il fallait partir, mais, sur la terrasse, le soleil chauffait, engourdissait nos membres et l'expresso ristretto développait des arômes qui arrivaient à ''juridicion'' avec les effluves du Montechristo dont le tirage était parfait. C'est dur le dimanche, au printemps, en début d'après-midi, loin de l'agitation de la ville, alors que la contemplation du vert tendre des feuilles naissantes des micocouliers incline à l'atonie, de se lever et de partir, même pour aller voir des toros de Yonnet. C'est curieux comme ma première corrida de la saison ne m'excitait pas. Et comme je ressentais déjà cette culpabilité de l'aficionado si bien décrite dans le livre de Podalydès, quand il quitte sa femme dévouée et ses enfants chéris pour ver los toros como oun salopardo de sanguinario... Enfin, c'est comme ça, je ne serai jamais un bon ''mari'', l'admettre est déjà pas mal. Même pas marié d'ailleurs... un fois ça suffit... j'engraisse plus les bavards du barreau... mais y'en a c'est pire... le type qui fait la passée au canard par exemple, là-bas, au Paty de la Trinité, terre bénie des moustiques assoiffés : parti de nuit pour être à l'aube dans le marais et retour de nuit après la repasse du crépuscule. Bonjour la famillle... si encore il est vraiment allé tirer un coup au canard...



Vergèze... à dix-sept kilomètres de Nîmes, charmante et riche commune de plus de quatre mille habitants tous quasi liquéfiés soit qu'ils travaillent dans les vignes – Cave coopérative des vignerons de la voie d'Héraclès- excusez la pompe, soit qu'ils pataugent dans la source Perrier, eau pétillante mondialement connue pour combattre la paresse gastrique. Se saouler à la Syrah ou roter du gaz, telle est l'alternative. Et de temps en temps, faire courir des toros. Pas de gendarmes dans les tribunes accompagnant des gentils zantis à la recherche des vilains délinquants-attoucheurs de Rodilhan comme parait-il, la veille. C'était ça leur action très originale mystérieusement évoquée par le journal. Soit.



Les toros de cinq ans, sans être des foudres de guerre pouvaient animer, ils étaient plus mobiles que nombre de leurs frères d'ordinaire plus réservés. Ils furent tous piqués trop en arrière ''comme il se doit'' et trop longtemps la première fois, à la vile mode actuelle. Même de la part de l'éleveur Riboulet, piquero à ses heures. Pourquoi ''même'' ? Ben parce que... Non ? Enfin je me comprends ! A moins que ce soit pour se venger qu'on ne lui ait pas acheté ses toros ? Bôaa ça va je rigoooole oh lalala.... dès qu'on touche au pognon ma parole comme ils n'ont plus le sens de l'humour, les gens ! Sauf les avocats. Et Conchita attend de tirelire ferme. (comprenne qui pourra)



Le reste se perdit dans un profilage léthargique manquant d'inspiration... tantôt parce que l'on peinait à trouver le sitio qui aurait permis de s'accorder et qu'on pinchait moult fois (Alban), tantôt que la toreria affichée par détails trop épars manquait d'engagement (Gonzalez) tantôt qu'il y avait trop de piquant pour les ressources du torero (Veyrunes). Voilà, voilà, voilà... trente euros d'économisés pour vous sans regrets... Après les fantômatiques zantis désormais devenus composante récurrente des resenas, c'était un peu l'armée des ombres, quoi (t'as compris maintenant pour la photo, lecteur ?) les spectateurs applaudissaient mollement des trucs nuls, la palco a cru devoir se fendre d'une esgourde histoire de sauver la réputation festive de la source pétillante et de ne pas faire passer les musicos qui s'étaient tant époumonés, enthousiastes qu'ils étaient devant ces ''faenas d'anthologie'', pour des glands... le déphasage habituel, voyez.



Si encore la musique n'avait pas tant jouée, et mal, pour nous persuader qu'on devait se régaler... mais non. A côté de moi j'ai salué un revistero de ''Toros'' qui a finit la corrida dans les bras de Morphée. J'ai plus photographié les filles des tendidos que les toros du ruedo, ce qui donne finalement une bonne indication sur l'intérêt en piste. Vous en verrez donc quelques-unes - photos- de cette tarde égyptienne et de pasitos atras, dans les prochains jours.



Enfin... on a bronzé par contre, car mon ami se fout de l'angoisse du photographe d'être à contre-jour et d'avoir ce voile blanc sur toutes les photos : démerde-toi avec Photoshop. Comme d'habitude tout ça n'est que mon avis et je vous conseille de n'en tenir aucun compte.