Onda cero elche

Onda cero elche
Un Osborne de Guernica

vendredi 30 septembre 2011

L'islande comme Gina ne l'a pas vue...




Tout spécialement pour Gina qui en revient, et ne nous a ramené que des photos de route floutée à travers son pare-brise, quelques potelets de plastique jaune et quelques bédigues errantes, un diaporama de ce pays ici :


mardi 27 septembre 2011

Sandy Korzekwa Photographe


Une fois passé l'écueil de la prononciation de son beau patronyme, Sandy donc..., est une femme très abordable dont il est évident que les photographies sont une émanation directe de sa douceur apparente. Du Cambodge et du Vietnam elle a ramené une vision pleine d'empathie des gens et des paysages rencontrés là-bas, qu'elle accroche humblement avec ficelles et pinces à linge ce qui n'est pas sans rappeler l'âge du laboratoire, un temps chimique qu'elle est sûrement trop jeune pour avoir connu, où la « sortie de fixateur » s'affichait ainsi nuitamment dans les cuisines, au grand dam de nos mères qui devaient reprendre possession des fourneaux dès le petit déjeuner suivant...

Des couleurs douces ou des noirs et blancs peu contrastés, des cadrages délicats et des tirages raffinés, comme ces cultures en terrasse émergeant de la brume avec poésie ou ces Jonques et Sampans au mouillage dans une baie noyée par un petit matin blême, là comme la photographe, en attente d'un futur voyage. On l'aura compris, la qualité première des photographies de Sandy Korzekwa est ce ferment qui ne limite pas l'histoire racontée aux bords de l'image mais stimule l'imagination à poursuivre la suggestion bien au-delà.

Je lui ai acheté celle qu'on aperçoit derrière elle, cette feuille de caoutchouc gravée d'un vœu à exaucer aux abords d'un temple. Une photographie qui m'a parlé, qui a résonné en moi, comme un vœu en forme de graine, germée dans la jungle des impossibilités et dont on éprouverait le souhait jusque dans sa propre sève. Comme un chant profond confié aux aléas du bon vouloir des esprits de la Nature. Il faut aller louvoyer vers les photos de Sandy comme la caudale de ce combattant du Siam qu'elle a immortalisée avec grâce, sans préjugés et avec curiosité, loin du racolage habituel. Ici personne ne dépérit du sida, personne ne se prostitue ou décide de changer de sexe... et le voyeurisme ordinaire ne sera pas comblé. Mais on ressort de cette expo un peu plus apaisé et confiant en ce monde, surtout si on a parlé à l'auteur dont la paix intérieure est contagieuse.

Rappelez-vous que cette exposition est à voir jusqu'au 17 octobre à La Passerelle, 27 rue Fresque ; rappelez-vous quel puissant encouragement vous manifestez à un jeune artiste (qui vend à prix modique) quand vous lui achetez une œuvre ; rappelez-vous que cela se déduit de vos impôts ; rappelez-vous qu'au Paradis ni même en enfer on n'a plus besoin de rien ; rappelez-vous qu'accroché à vos murs cela donne un peu de bonheur tous les jours. Tirages limités à quinze exemplaires. On contacte la photographe ici : s.korzekwa@yahoo.fr

dimanche 25 septembre 2011

TOMAS, Barcelona

http://www.mundotoro.com/noticia/esto-no-se-muere/87890

La Piel que Habito... par Maja Lola


Atmosphère lourde et inquiétante, couleurs sombres, lieux étranges et singuliers, jardins vénéneux, la caméra pénètre, inspecte, viole la nuit à travers des frondaisons touffues, au cours d’une soirée aux personnages sophistiqués jusqu’à la caricature.

Le film semble s’articuler autour d’un huis clos dans un manoir au décor kitch où des portes à la disposition en géométrie circulaire laissent l’imaginaire agir, telles les portes de barbe-bleue qui suggèrent des découvertes effrayantes. L’immensité du lieu, la richesse picturale des murs (grands tableaux d’odalisques), un escalier monumental, de longs couloirs déserts, plantent une atmosphère oppressante qui ne nous quitte pas, comme un air poisseux et étouffant.

Puis de multiples caméras nous dévoilent le mystère du lieu, celui du personnage, de la « chose » en mutation qu’un chirurgien à la beauté tout à la fois virile et inquiétante (Antonio Banderas, ténébreux et étrange à souhait) sculpte de son scalpel : la femme, une femme (?), un être à priori asexué mais qui réserve bien des surprises.

Arrêtons là le décor sommaire du film. Ce n’est que l’enveloppe, la portée musicale de cet opus majeur qui va au-delà des apparences.

Almodovar, magicien de l’onirique, exhausteur de sexe, truculent et inventif dans les rapports humains, amoureux de la Femme, de la Mère, de la Sœur, de toutes les femmes, comme savent l’être les homosexuels avec leur sensibilité incomparable, nous dédie ce film.

Par des allers-retours dans l’espace temps, des touches à la symbolique écrasante de vérité, des scènes à la limite du soutenable où nos chairs féminines « tressaillent » de douleur, il nous livre une parabole universelle sur fond de fatalité, de folie et de vengeance.

Loin de la truculence picaresque, bruyante et colorée de ses films précédents, Almodovar nous plonge dans le côté le plus sombre et mystérieux de l’intime. Avec, toujours, les rebondissements inattendus dont il est le maître.

Un film à voir, qui s’inscrit dans une réalité actuelle …. brûlante.

Maja Lola y Olé !

vendredi 23 septembre 2011

Tracasseries et Casasseries...





Dimanche après-midi pendant la corrida, s'est élevée soudain la grosse voix de Jean-Charles Roux organisateur de voyages patenté, revistero de "Toros" attitré et à l'occasion chanteur pour dames gominé :






- Hé hoooo ils sont en train de saloper la statue de Nimeno, faut y aller, lààààà...



Sur le parvis de la statue sur laquelle il parait que certains avaient pissé, se tenaient allongées, une dizaine de personnes en noir avec des banderilles - une panoplie de toros fabriquée maison... - et quelques centilitres de liquide rougeoyant. C'est beau les symboles. Des banderoles accusaient l'homme le plus gentil de la terre - c'est comme ça qu'il était Christian "Nimeno II"- d'être un tortionnaire. Sa belle soeur qui aurait été prise pour une journaliste pro-toro de FR3... aurait arraché la banderole avant d'être jetée à terre d'un coup de poing dans le dos. C'est beau la justice suprême...



Entre deux toros, je suis allé voir ce qui se passait : une cinquantaine d'antis hurlaient des slogans idiots, entourés d'un cordon policier. Selon des témoins, le préfet assis à la corrida aurait rigolé de la réaction de Jean-Charles...



Au lieu de rigoler Mr le préfet, vous pourriez peut-être vous interroger sur la nécessité de permettre une manifestation pendant la corrida sur le lieu même de la corrida... La permettre sur le boulevard Jean-Jaurès pendant la corrida passe encore, mais quel besoin d'aller provoquer les gens au contact ?



Une femme policier tenait dans sa main trois manches de pioche, je me suis arrêté et lui ai demandé :



- vous les avez confisqués à des aficionados ou à des antis ?

- à des antis, bien sûr

- Ouais, bien sûr...



Résumons l'énoncé :

Les aficionados commencent à être vraiment excédés, les antis multiplient leurs provocations et les manches de pioches sont de sortie.



Résultat de l'équation :

Le premier crâne explosé n'est pas loin... ni le prochain préfet muté par Sarkosy.


********





Autre chose maintenant, beaucoup plus rigolo... Au cours de cette feria j'avais remarqué que les sempiternels Musica ! s'étaient cette-fois-ci mués en MUSICÂÄÂaaaaaaa ! assez désespéres et pressants.



Mais "Chicuelo II" la pena des arènes, ne bronchait pas, impassible dans le soleil... On ne soufflait plus dans les cuivres... Et les rares fois où ils soufflaient c'était toujours pour le même morceau... celui qu'on entendait depuis cinq jours... étonnant, non ?

Et bien vous savez quoi ? Il parait que la Sacem aurait rappelé ses devoirs envers elle à Simon Casas, et que celui-çi ne voulant pas de ces frais supplémentaires, il aurait choisi UN morceau libre de droits - plus d'un siècle - pour agrémenter toutes les faenas... C'est rigolo, non ? La politique du disque rayé...

Vous savez quoi ? On progresse, à Nîmes... grâce à Casas on est en train de s'éduquer à la plus belle des musiques, celle du toreo, callada... encore faudrait-il offrir le petit livre de Bergamin à chaque spectateur pour l'y sensibiliser. Ah oui mais là on repartirait dans les frais...

jeudi 22 septembre 2011

Casas des Toros ?




Quel plaisir de voir débouler sur le ruedo nîmois un lot de toros de combat ! Méchants, puissants, sauvages, agressifs, bref encastés, tout de trapio - bonjour les morrillos de bison - et d'armures, solides au mental et au physique, venus mettre chacun à sa place. Six ans pour "Jurista" un toro complet, de vuelta, injustement condamné à ne pas la faire... encore que pour six exemplaires de cet acabit c'est à l'ancienne, au dernier toro et pour l'ensemble du lot, qu'il aurait fallu sortir le mouchoir bleu ! Quel plaisir de voir David Mora, plus beau que Conde, Christine, je vous le rappelle, aguanter sans broncher, de trente mètres, le volume infernal de ce tonton de Fuente Ymbro à la charge tellurique, qui s'engouffrait dans la muleta à la vitesse d'un tank surarmé... Mora compas ouvert, et cadence ajustée, facile, a démontré tout son courage et son potentiel. Rien ne semble l'impressionner, il s'agissait pour lui de toros ordinaires tant son ordinaire est fait de ces toros. Il récidivera à son second plus compliqué, accueilli à genoux et toréé au maximum de son potentiel mais sans longueur. Mora fait l'effet d'être clair et structuré dans sa tête, ne prolongeant pas inutilement une faena jusqu'à ce qu'elle se délite comme on le voit souvent, jusqu'à l'ennui. (Castella, Bautista, etc... on ne pourra pas m'accuser de chauvinisme)

Matias Tejela, lui, entretint avec ses toros une "relation inappropriée"... J'adore cette expression. Inappropriée envers les recettes à succès pour couper les oreilles ? Non, justement, il essaya de les reproduire mais avec ces toros-là, mieux valait oublier les fioritures et toréer classique et profond. Il commit des fautes de goût, d'inattention, comme ce puntazo pris dans la fesse par un toro qui démarra l'épée dans le corps pour aller se venger, bref d'adéquation générale en fait avec la lidia qu'il aurait fallu produire pour réduire ces toros.


Le petit et vaillant Alberto Aguilar à qui on donnerait dix-huit ans mais qui a déjà trois enfants, hurle moins et s'arrime encore plus, comme si sa vie et donc ses futurs contrats en dépendaient. Pas faux... Il avait autant de caste que ses toros, il coupe aussi.

L'observation de la journée fut édifiante : 14000 personnes le matin, et pour cette authentique tarde de toros, par contre, 3300 entrées payantes... Alors, Casas des toros ? Certes, les demander c'est bien, les avoir c'est encore mieux, encore faut-il se déplacer pour aller les voir !!!




mercredi 21 septembre 2011

On attendait Tomas et on a eu Thomas





L'intitulé peut paraître excessif mais il ne l'est pas tant que ça, dans la mesure où, si Tomas n'a bien sûr pas été ravalé à un rang secondaire, Dufau, lui, pour de vrai, se sera révélé à beaucoup. Il avait une carte importante à jouer avec la chance d'être entré dans ce cartel, d'avoir toute la planète taurine les yeux rivés sur son toreo. Cette opportunité, il ne l'a pas laissée passer, ce qui a dû chauffer un peu le téléphone de son apoderado. En tout cas, le contraire serait injuste. Il a d'abord dû faire face à l'injustice des "aficionados" partis sans aucun respect pour son actuacion, qui, parce qu'il faisait frisquet-humide, qui parce qu'il avaient faim, qui parce qu'il étaient attendus quelque part à la table d'un anti et qu'aux qualificatifs de tortionnaire et pédophile, il n'aura pas voulu rajouter celui de "mal élevé"... Grand mal leur fasse à ceux-ci, qui auront raté le meilleur toro et la faena la mieux templée et la plus sincère donnée par le jeune Landais.
Dufau s'est engagé dans le combat avec crânerie, n'a rien cédé, se connectant instantanément avec le public toujours prompt à encourager les efforts d'humbles inconnus du monton face aux monstres sacrés de l'escalafon. Et comme cerise à l'eau de vie, il s'est révélé être un grand estoqueador. Deux portugaises ensablées, deux. Faut-il parler de Conde pour qui il y avait déjà trop de toros ? Ni l'art du toreo ni l'art de la critique n'auraient à y gagner... Marginal il est, marginal il restera jusqu'à n'en plus sortir. De la marge. De plus sur le seul créneau où il était le champion, la beauté, Mora lui dame désormais le pion ! Que pena !

Attendu comme le messie, il est arrivé comme un homme. Maigre et famélique, ne remplissant plus son habit pourtant sur mesure. Mesdames et messieurs je vous le dis comme je le ressens : José Tomas n'a plus envie de mourir pour nous. Je ne le lui reproche pas, je le constate. La période "fatalité éventuellement suicidaire" ou "Je m'en remets à Dieu'' appelez-la comme vous voudrez, est terminée ! Nous ne musclerons plus nos fessiers pourtant bien à l'abri sur les gradins par d'intenses contractions statiques dès le premier capotazo ajusté. Nous n'entendrons plus le caractéristique murmure qui enflait depuis les tripes des spectateurs tétanisés en voyant la mort rôder à un millimètre de ses propres tripes. José Tomas dorénavant est loin... bien plus loin, assez loin pour vivre aussi longtemps que les toreros "humains". Son intérêt pour la chose taurine, le nôtre à son égard, résisteront-ils à la perte de cette émotion alors qu'ils se pressaient pour communier devant cet abandon christique ? Remonterons-nous avec le même engouement la colline des gradins si la crucifixion promise pour expier nos péchés de sang, n'est plus donnée ?
Pour notre plus grand malheur d'aficionado, José Tomas semble vouloir vivre, aimer, rire, insouciant et léger. Perdu le millimètre d'ajusteur entre lui et le fauve, perdu le cite sur la troisième corne, perdue la profondeur insondable, l'immobilité hiératique, perdu le temple magistral de ce bras qui rythmait la scansion tragique de la mort pénétrante. Pour notre plus grand bonheur de grand frère de ce type qu'on aime sans le connaître, il ne se promet plus aux ténèbres du trépas (tatataaaan...). Alors donnez-lui toutes les oreilles qu'il ne mérite plus, faites-le sortir par toutes les portes de consuls, de gouverneurs ou d'empereurs en tout genre si vous voulez mais moi je l'ai vu : José Tomas a changé. Comment pourrait-on le lui reprocher après son expérience de mort imminente d'Aguascalientes ? La preuve de ce que j'avance, la preuve que Tomas a changé ? Ce titre d'El Païs sur la corrida de Nîmes :
José Tomas ya sonrie !

lundi 19 septembre 2011

Notes...



Gina me demandait tantôt comment je faisais, pour me rappeler une course, pour la "resener" sans prise de notes, surtout quand il y en a deux par jour qui s'embrouillent plus ou moins dans les souvenirs. Oui parce que Gina elle est très curieuse... et comment ça m'est venu... et combien de temps ça a pris... et qu'est-ce que.... pfiouuuu parfois elle est dure à gérer, je vous dis pas... le mystère de la création la passionne... Bon, ben déjà, je les "resene" mal je trouve (y'a l'autre qui va remonter au commentaire pour me dire que j'ai enfin un autre accès de lucidité ; n'empêche, il s'est trahi, c'est qu'il me suit tous les jours, il est accro le type !) vu que pendant des jours me reviennent des bribes de trucs intéressants dont j'aurais dû parler, puis outre mes extraordinaires capacités naturelles (ça, c'est par plaisir malsain, juste pour me faire haïr un peu mieux, héhé...) un incident vient de me faire comprendre comment je fonctionne : c'est l'examen de mes photos qui me remémore tout le truc... C'est mieux que des notes : t'en regardes une et rorororrrrrr le moteur de recherche perso se met en branle.
Or, là, j'ai un problème, impossible de télécharger mes photos de la journée de dimanche, dans l'ordinateur. Cinq cent RAW, ça coince, l'appareil me signalerait qu'il n'aura pas assez d"énergie pour tout décharger et renoncerait par anticipation. C'est un peu comme lorsque tu dois faire l'amour alors que tu es épuisé et que les spermatozoïdes te disent : niet, on sort pas ! C'est vrai que pour décharger, de nos jours, faut développer une sacrée énergie... et c'est devenu plus compliqué avec une femme de chambre qu'avec une Duchesse... Il parait qu'il faut acquérir un lecteur de cartes mémoire. Vais prendre le Sandisk pour son design... Mais du coup j'attends pour les resenas. Sinon tu entretiens avec ton apn une relation inappropriée. Et avec Photoshop c'est carrément la faute vénale, euh... vocale, non labiale, morale, peut-être, on ne sait plus. En tout cas c'est pas trop jouissif pour ton plan de carrière, tu passes à la télé, tout rouge de contrition si t'es Américain clintonridien, ou arrogant si t'es Français vaginal. Pas de quoi fouetter une chatte, pendant ce temps y'en a qui ont faim.

Alors ? L'apéro brandade-ricard ? Vous y étiez ? Moi j'ai complètement zappé... J'ai rencontré quelqu'un et hop zappé... me suis réveillé en sueur au milieu de la nuit cauchemardant que j'errais dans Nîmes à la recherche infructueuse de l'Impé... Remarquez, même m'âame Marion elle n'y était pas... elle était à une fête communiste je sais plus où... un truc très intime donc... s'il faut s'encarter tout rouge maintenant pour être édité... Au fait, j'y suis dans le recueil ou pas ? Quelqu'un sait ? Ohé, JOL, je sais bien que tu es en pleine lune de miel mais quand même... entre deux petits déjeuners conjugaux, tu pourrais me dire...? Ou il faut que j'aille l'acheter chez Teissier ?

dimanche 18 septembre 2011

Bulletin météo



Question resena il nous reste quoi à vendanger ? Il y en a pas mal pour lesquelles ce sera bref :

Vendredi matin pour la novillada de Dos Hermanas, nada, j'avais quelques jolies aficionadas arthrosiques à visiter qui avaient bien plus de cinq herbes. Rajoutez nonante. Mastiquent plus grand chose... digèrent moyen... roumèguent un max... vibrantes mais aplomadas... ne chargent plus ou alors les brancards du Samu... non, je ne suis pas méchant, je colle juste à la réalité... ont vu leur dernier torero en 1974 à peu près. Du temps de leur splendeur ensoleillée.

Vendredi l'aprem... ah ben oui, vous savez déjà, se reporter à : "La "Moisson du Lion" : c'est pas de la resena de pédé ! Non plus, je n'ai rien contre les pédés, c'est juste une expression, ne vous froissez pas mes amis, pas besoin de convoquer une assoce pour porter plainte. C'est juste que d'imaginer qu'il y a des mecs aussi bourrins pour s'exprimer ainsi, ça me troue le... non, on va en prendre une autre, ça m'étonne et me désespère tout en me faisant marrer, vu que je suis pas comme vous, moi, de caractère... je suis gai, moi. Mais bon, vous avez vu comme ça devient chiant dès que j'explique ? C'est de votre faute.

Samedi matin, l'équestre. J'avais grassmat. Regarder des vieux beaux caracoler empomponnés devant des toros mutilés, non merci. Non seulement je ne me déplace pas mais je milite avec les antis pour l'éradication de la chose. Mais les antis, parfois, ils sont tellement bêtes qu'ils luttent contre la corrida à pied tout en achetant des billets pour les "à cheval"... Si, j'en connais. D'autant qu'il est tombé trois gouttes.

Samedi après-midi, le pensum. Raso à raso entre Bautista et Castella. Rasoir. Ils ont voulu prendre des toros comme-ci et ben ils nous ont fait un spectacle comme ça... C'est pas la peine de prendre ensuite le public à témoin d'un air désolé ! De jolies robes pour les Victoriano del Rio qui doit être passablement pollué vu l'insipidité des "fauves". Mental oualou, physique nada... que des enveloppes à pienso, pas de compression dans le moteur, du toro pour St-Tropez : paraître puis s'évanouir. Avis de tempête s'ils devaient être reprogrammés l'année suivante. Je crois que c'est à cette course qu'on a vu un toro culbuté - en tout bien tout honneur s'entend hé ho... - par le cheval, puis quasi piétiné... On aura vraiment tout vu ! Il aurait mieux valu qu'il grêle, tiens...

Enfin, je ne regrette pas d'y être allé pour la photo. Regardez ces trois jeunes aficionados appuyés à la porte rouge qui attendent les toreros. A l'évidence, le plus blasé est celui du milieu. Le plus grand s'appelle Jacques Durand et ça y est, j'ai percé le secret de son talent ! Regardez comme il s'appuie sur cette porte l'air de rien, mmm, cette porte toute gribouillée par les cornes, écrite à la kératine de toros... compris ? Il connaît leurs signes et les décrypte discrètement pour s'emplir de langage taurin ! Et puis il y a le portrait de Juan Bautista aussi, avec ce visage qui sort de l'ombre et durcit ses traits à quelques minutes du rendez-vous. En même temps, pour craindre les Victoriano del Rio fallait vraiment être un inquiet, un ombrageux.

Samedi après-midi, là faut p'têtre pas mélanger les torchons avec les serpentins... ce sera resena à part entière pour le retour du messie. Quoique, je ne me sens pas très inspiré malgré la pluie d'oreillettes qui s'est abattue drue sur le ruedo... Si, j'ai le titre déjà, toma :

On attendait TOMAS et on a eu THOMAS

samedi 17 septembre 2011

PUB


Si en sortant de la corrida de dimanche matin vous tenez absolument à rouler une pelle à la brandade et au ricard à votre fiancée voire à votre jeune épousée, étourdi que vous êtes par ce nouveau bonheur éphémère, vous pouvez vous rendre en cohorte dans les jardins de l'Impé où l'on fêtera la sortie du dernier recueil du prix Hemingway dont les cuistres de plus en plus diaboliques qui l'organisent se sont bien gardés de dire cette année qui était publié afin de compter sur l'ego surdimensionné des auteurs pour qu'ils viennent constater en masse qu'ils ne font pas partie de la sélection... Pastis à volonté pour s'en remettre ou le fêter.

La Moisson du Lion



Je préviens tout le monde, ce coup-ci il me sera difficile de ne pas sombrer dans le lyrisme...
Il ne fait jamais bon s'aligner à un cartel aux côtés du Juli si l'on n'a pas la rage d'un obsédé face à sa proie, si ne coule pas dans les veines l'animosité belliqueuse d'un centurion ou le déni fier d'un dictateur bédouin névrosé. Si vous n'êtes qu'un jeune homme aussi tiède qu'un candidat socialiste à un pseudo débat, c'est à dire un Talavante ou un Luque certes capables de beaux détails mais en comparaison presque aussi fades qu'un Zalduendo standard face au rugissant Juli, vous ne ferez pas moisson d'oreilles mais gagnerez bien plus que cela : un stage intensif d'enseignement de toreo de haut vol. Le regard effaré de Luque en disait long... Comme une claque dans la gueule, un peu. Une bonne vieille méthode d'enseignement maintenant réprimée par la loi. Celle que m'infligeait frère Pierre, un tortionnaire très pieux dont les pêchés étaient apparemment absous par Dieu, à chaque faute de ma dictée. Difficile de se reconstruire après. Il faudrait mettre en place un suivi psychologique pour les compagnons de cartel du Juli... Une assistance détresse et déprime face au doute de puta madre qui doit les étreindre jusqu'à rendre douloureux les allers-retours en déglutition de leur pomme d'Adam.

Soyons clairs, ce qu'à fait le Juli hier, cette faena importante et mémorable malheureusement conclue par un coup d'épée très en arrière, a été permis - et là on ne sait s'il faut dire "grâce" ou "à cause"- d'une manifeste erreur de casting. Un toro enfin, est sorti ni mou du genou ni prédominé mais retors, singulier, freinant au capote, manso à la première pique mais, alors que l'imbécile inculture de la foule criait déjà au changement de cet exemplaire qui ne souffrait d'aucune tare, niaiserie ou invalidité physique (moi je crois que c'est toi, public à la noix, qu'il faudrait changer) on savait pour en avoir vu des milliers que dans ses tréfonds miroiterait la caste. Bref, une victoire ambulante pour toristas, par cet animal qui n'accréditait pas la théorie pernicieuse que les triomphes majeurs arrivent par les toros qui servent mais bien par ceux qui combattent, qui en attentent réellement à votre vie. "Tren" n'était pas sur les rails très fin de race de ses frères (ben oui mais moi les calembours bidons et les métaphores de pigistes ça m'a toujours fait rire...) Il n'était pas non plus un bison terrorifique mais il était un vrai toro, qui posait des problèmes et qui ne montrait pas de signes de faiblesse.

El Juli reçut "Tren" comme un chef de gare, le premier TGV, (et allez... n'importe quoi...) enfin un jouet neuf et intéressant. On ne le plaindra pas outre mesure que cela soit si rare vu que tout le monde sait maintenant que les figuras imposent leurs élevages fétiches. Bientôt ils toréeront leurs toros dans les arènes qu'ils gèreront, avec leurs frères comme banderilleros. Ah, ça c'est déjà vu ? Bref, à l'heure où il faudrait dégainer du superlatif pour tenter de s'élever à hauteur de cette faena cumbre, je ne possède pas ce que j'ai observé chez le Juli et qui m'a vraiment impressionné au-delà du torero, chez l'homme : cette formidable détermination, cette surhumaine énergie. Ce regard d'aigle, ce visage sanguin, bouillant, explosif, qui dans le patio de caballos ignorait la foule pour se fixer, silencieux, de longues minutes sur la grève dorée d'un ruedo où il rêvait peut-être déjà à son exploit. Quand il est sorti du burladero d'un pas déterminé, il m'a rappelé l'attitude de Tomas au manso de Nunez del Cuvillo de son seul contre six de Barcelona (euh...2009 ?) qui décida d'aller à sa rencontre au mitan de l'arène voyant que ses peones ne pouvaient pas l'approcher le long de la barrière comme il est prudent de le faire lors des tout premiers capotazos. Il s'est approché et, aussi efficace qu'un Thermomix, a absorbé ce toro cru qui combattait, pour nous rendre comme il était programmé, une estouffade de génie, broyée aux petits oignons, tout à la fois traditionnelle et moléculaire, sauce julian con espuma de arte. Je vous passe les passes méprisantes à 45°, les efficaces à 90°, les mains courues à 180° et même les plénitudes féminines à 360° et surtout celles pour lesquelles on en perd son latin et sa géométrie, circulaires inversées, changées, de main, d'angle, d'axe, pour ne parler que de cette inconnue citée de face d'une media-muleta croisée dans le dos, sans aucun avantage donc, et toquée d'une impulsion de l'épine iliaque antéro-supérieure, oui messieurs-dames, alors que Tren chargeait vibrant car méchant. Je vous passe les manoletinas si inélégantes comparées à d'autres mais tellement ''Juliesque'' qu'elles en étaient belles. Amis toristas vous aviez fait le rationnel calcul de ne pas venir vu la bestialité très modérée de l'affiche ? Eh bien vous avez-eu cinq fois raison mais le sixième cas restant, valait le prix du billet. Car votre quête était là, voir un grand torero devant un vrai toro. C'est ainsi, dans ce fol espoir de l'aficion que les organisateurs nous tiendrons toujours un peu par les c.... cols des camisetas.

J'ai raté la photo du jour, celle-là, là-haut, est du premier adversaire, car les bras m'en sont tombés, ballants, au moment où il aurait fallu viser cette libération puissante qu'il exprima d'un rugissement démoniaque lors de l'effondrement de ce toro au sol, un rugissement que j'ai perçu malgré la clameur de la foule, le visage déformé par le hurlement, bouffi, écarlate, gueule béante, tout le corps recruté pour le cri, poussé par deux fois car un seul n'y suffisait pas, jusqu'au dernier millilitre d'air expiré de la plus profonde alvéole, un rugissement si déchaîné, si éperdu qu'il ne pouvait seulement exprimer de la joie. Comme une explosion qui l'affranchissait enfin de l'ennui de tardes affligeantes d'infirmier secouriste alors que pulse dans sa poitrine l'âme d'un belluaire, de ce gâchis artistique et technique si souvent vécu alors qu'il y a tant à se grandir d'être poussé dans ses derniers retranchements, du mal-être des compromissions ordinaires alors que son désir d'absolu rêvait de pureté, des innombrables vueltas merdeuses, coeur en conflit avec la petite voix intérieure qui le traitait d'imposteur, de la satisfaction gênée des resenas élogieuses qui mentaient par omission. Un cri de poumons de nouveau-né qui se déplissent. Un cri de presque noyé dans les grands fonds de la routine qui palmait à grandes vitesse vers la lumière de la surface, négligeant les paliers de décompression pour vite renaître avant que sa poitrine n'explose. Je me rappellerai longtemps de la violence de ce hurlement au moins aussi vibrant qu'une charge de Tren. Il aurait aussi bien pu en chialer. Et nous avec, car ce qui était évident c'est qu'il s'était enfin autant régalé que nous.

vendredi 16 septembre 2011

"Black Socks" et "Lance-Montera"





C'est à ce rocker des ruedos qui s'est toujours trompé de fruit (la pêche certes mais pas de banane) et son improbable habit Stendhalien que je dois la résolution d'une énigme qu'on m'a souvent posée et devant laquelle j'ai séché un demi-siècle durant :

- Pourquoi les toreros, ces symboles de maîtrise virile, sont-ils affublés de chaussettes roses ?

Grâce au cyclone de Jerez, on le sait maintenant : parce que dans une autre couleur, c'est affreux !
Après les patas blancas pour les toros, voici donc les calcetines negras pour un résultat qui doit osciller entre le croque-mort de Lucky Luke, le randonneur Afghan et votre notaire en hiver.

C'est un Piedras Rojas qui ouvrit la miurada. Bien fait, très armé et faiblard congénital qui permit à Angel de la Rosa de conserver son regard effaré durant deux faenas avec quelques jolies naturelles et de très laides épées. Deux confirmations d'alternative, cela fait beaucoup de simagrées que le public finit par siffler jusqu'à faire croire aux impétrants soudain pris dans les affres du doute, qu'ils doublonnaient les rituels...

Et puis les Miuras sortirent et pas très fort. Qui, amyotrophié du train arrière, qui boiteux, qui les cornes immédiatement en pinceaux et tous faibles et pas vraiment aimantés par le caparaçon.
Le toro de Los Galos si décrié parce qu'il tirait constamment aux planches m'a bien plu. Il avait plus de potentiel de combat que bien d'autres. Encore eût-il fallu que "Black Socks" se croise un peu et pèse sur lui pour l'intéresser ce qui semble être un souci moins prégnant que la couleur de ses chaussettes. On a les priorités qu'on peut.

Un seul toro sortit du toril comme un toro doit sortir : au galop, levantado, avec une envie incoercible de bouffer tout ce qui se trouve sur un terrain, le ruedo, qu'il s'approprie instantanément. J'ai nommé Datilero, Miura salinero coletero de 1260 livres que Castano eut le mérite de "voir" et comprendre, qui prit ses trois piques - Ô évènement majeur - dont deux depuis la gare SNCF du boulevard Talabot. Alors... pourquoi ne vais-je pas être si enthousiaste que l'ensemble du conclave ? Parce que je suis chiant ? C'est possible aussi... Mais surtout parce que cette faena que lui servit Castano je l'avais déjà vue, la même, oui, à Céret face à un Escolar Gil : tout y était identique ; la lointaine mise en suerte ; le jet de la montera pour déclencher la charge devant lequel le public fait toujours : Oooooh... la faenita de cet humble, sobre et corto torero qui intrinsèquement est allée de mas à menos et enfin le recibir final : tout pareil je vous dis ! Alors un "triomphe" comme on le lit dans le journal ? Surtout l'impression d'un torero honnête et valeureux mais sans l'art et le pouvoir de se hisser à la hauteur des possibilités d'un toro qui n'était pas un grand toro comme l'Escolar de Céret mais un bon toro, certes. Je remarque d'ailleurs qu'il n'y avait guère que le porteur du torero pour former le cortège de la sortie en "triomphe". Comme quoi, on est toujours moins con lorsqu'on voyage - mais bien plus chiant- et avec le package, la désagréable impression que cela relève du procédé et donc.... putain... 13h45 ? C'est que je bosse à 14h, moi.... allez, Ciao !

mercredi 14 septembre 2011

Rencontre Fortuite

Rentré vers vingt-trois heures de chez Sylvie la marraine de sa fille, Mathias se dirigea vers la salle de bains pour libérer sa peau de cette fin d'été qui poissait sa chemise sur son torse et son dos. Anne, sa femme, le précéda à une intersection du long couloir.

- Tu voulais prendre une douche, aussi ?
- Oui, mais vas-y, je la prendrai plus tard.
- Je n'en ai pas pour longtemps...

C'était vrai. Mathias avait épousé la seule femme qui ne s'enfermait pas des heures durant dans la salle de bain, en grimaçant devant le miroir jusqu'à trouver son apparence acceptable. D'ailleurs, aucun produit de beauté n'encombrait la paillasse. On ne pouvait pas dire qu'elle participait au grand marché de dupes de la cosmétologie qui prenait si bien les femmes pour des niaises, qu'il arrivait à générer des milliards d'euros à partir du rêve suscité par toutes les poudres et crèmes de perlimpinpin promettant une régénération de la peau, un effacement des rides et une dissolution des graisses. Le tout en trois semaines avec des résultats mesurables. Comment pouvaient-elles alors s'étonner que des hommes les méprisent constatant leur propension à donner encore du crédit à pareilles arnaques ? Le comble, c'était qu'elles le faisaient pour eux. Pour qu'ils les regardent encore, pour les attirer dans leur giron, toujours. Dans ce domaine, avancer en âge les abêtissait toujours plus. Tout le monde savait bien qu'il n'y avait que trois états fondamentaux où l'on se rangeait immanquablement au fil des ans : la jeunesse, la maturité, la vieillesse. Il fallait juste avoir la sagesse de ne pas ambitionner des qualités qui ne correspondaient pas à celui auquel vous apparteniez. On ne répertoriait d'ailleurs pas de jeunes voulant acquérir des rides... Mathias alla s'affaler dans le grand canapé de cuir noir défoncé et alluma la télévision. Il entendit tous ces piètres communicants d'agriculteurs de ''l'Amour est dans le Pré'' ahaner qu'ils voulaient une femme "naturelle". C'est certainement pour ça qu'ils n'en avaient pas puisque Mathias détenait la seule rustique non sophistiquée sur laquelle l'Oréal, Gemey Maybeline ou Lutsine n'avaient jamais eu aucune prise. Il pensa que c'est avec un de ces types-là, qu'elle aurait été heureuse. Avec un taiseux primaire, qui se dispersait moins, un chevrier du Causse, un gars simple, plus fiable que créatif. Prévisible. Constant.

''Les Français, l'Amour et le Sexe'', c'est là qu'il arrêta de zapper. Un charmant pâtissier trentenaire expliquait son goût pour varier les positions dans lesquelles il faisait l'amour à sa gogo-danseuse de copine qui...

- Ca y est, tu peux aller à la douche, j'ai fini !
- Mouuuais....




Cinq minutes et douze secondes. Le temps de son passage dans la salle de bain. Il n'y avait guère que la scuderia Ferrari qui pouvait mieux faire dans les paddocks de la F1.




... les positions dans lesquelles il faisait l'amour à sa gogo-danseuse de copine donc, - un métier parait-il très honorable - qui découvrait comme il était bon de s'abandonner à l'imagination de son partenaire doué pour la faire ruisseller de plaisir à un point tel, expliquait-elle, qu'elle avait cru la première fois avoir fait pipi ! Une femme "naturelle" quoi... pour le moins. Et d'enchaîner avec son copain en mimant les positions absolument géniales que la nuit des temps avait inventées avant eux, d'un air si satisfait de nous confier leurs exclusives génialités.




Mathias s'en retourna dans le pré où fusaient encore d'affligeants clichés toujours décrits par les mêmes locutions : "coups de foudre", "prince charmant" et autres billevesées stéréotypées qui font tricoter plus humide dans les chaumières et laissent transparaître le pathétique de ceux qui ne se douchaient qu'une fois par semaine et n'avaient eu que leur main pour partenaire sexuel depuis parfois un quart de siècle. On assistait incrédule au manège de ces femmes qui se seraient damnées pour enfin se caser et aux attitudes sans vergogne de rustiques qui se rabattaient instantanément et avec le même "amour" sur le second choix, après que la candidate élue se soit retirée de la compétition ayant tout à tour eu son moment d'espoir puis de désespoir avant la soudaine clairvoyante révélation de représenter pour le rustre, la bonne, l'ouvrière agricole et la pute soit autant de prestations qu'il ne voulait pas payer.




Il était grand temps d'aller se coucher mais devant sa télé, Mathias avait un peu l'attitude du pénitent. Se flageller un peu plus à rester là, avachi et poisseux sur le nubuck gras du canapé défoncé. Puis insidieusement arrivait un moment où il était trop épuisé pour se lever et se glisser dans son lit. Alors, souvent il restait là, à regarder les yeux mi-clos les plus soporifiques images capables de l'accompagner dans sa torpeur. Il se leva finalement vers une heure du matin et entreprit de régler l'alarme de son Iphone 4 que lui enviait son fils et qui lui servait de réveil. Impossible de mettre la main sur son téléphone. Introuvable. Il se saisit alors du téléphone fixe et composa son numéro espérant l'entendre sonner quelque part dans la maison.




- Allo, allo oui...? dit une très jolie voix comme réveillée en sursaut




- Sylvie...? Ah... mince, excuse moi... j'ai donc oublié mon téléphone chez toi...




- Euh... mais qui est-ce... ?




- Mathias... c'est moi, Mathias...




- Aaah Mathias... tu m'as fait peur, tu peux pas savoir... je venais de m'endormir, tu m'as réveillée en sursaut...




- Excuse moi... je cherche mon portable... je voulais le faire sonner pour le repérer. Donc tu dormais avec mon téléphonne sur ta table de nuit ?




- Avec le mien ! Mais Mathias... Mathias comment ?




- Ben... Mathias Ringelstein !




-... connais personne de ce nom-là...! dit-elle en riant.




- Tu... tu n'es pas Sylvie...? C'est sa fille ? C'est Pauline ?




- Si ! Je m'appelle Sylvie, mais je n'ai pas de fille qui s'appelle Pauline !




- Oh làlaaaa... alors je suis vraiment désolé, j'ai composé un mauvais numéro et je vous ai dérangée...




- Oui... ça doit être ça... mais bon... ce n'est pas grave...




- Vous êtes gentille... j'évite de vous dire bonne nuit, alors, avant de vous quitter ?




Elle a ri. Vu la touffeur qui sévissait partout dans le pays, elle était sûrement nue sous ses draps et son rire était amical et gai. Elle devait trouver que Mathias était encore plus distrait que ce qu'elle était ensommeillée. Que l'occurrence improbable de ce contact était finalement un aimable quiproquo. Elle était familière. Son rire était une cascade de notes fraîches débarassée des scories de la politesse et des conventions. Mathias la trouvait nue et crue en quelque sorte, dans toute sa vérité touchante. Ce moment était très érotique. Aucun des deux interlocuteurs bien qu'ils n'aient objectivement plus rien à se dire et soient épuisés, ne marquait d'impatience à raccrocher. Mathias s'excusa encore et se permit un






"Bonsoir alors, Sylvie..."




auquel une Sylvie totalement éveillée maintenant, lui répondit par un chaleureux




"Bonsoir Mathias, vous êtes pardonné, au fait..." dans lequel suintait toute la douceur du monde.




- Mais à qui tu parles ? Allez, viens te coucher maintenant, tu vas encore être crevé demain pour travailler !






disait Anne depuis la chambre. Mathias entra dans la douche qu'il subit jusqu'à ce que toute forme d'excitation soit lavée de son corps et de ses pensées.

mardi 13 septembre 2011

Déshabillés et mis à nu.




La démocratie française ne cesse de m'étonner. Un tintamarre de décibels body-buildés vient de m'attirer à la fenêtre de ma salle de gym, style publicité ambulante pour cirque fraîchement installé sur terrain vague. Sauf que c'était un pick-up avec deux gros baffles et dessus, le portrait de Ségolène Royal. Le matin à jeun, ( j'étais à la bourre aujourd'hui...) c'est difficile à digérer... Sûr que dans ce quartier on risque moins à promener son icône que sa personne... même quand on est un fauve politique. D'autant que si elle compte séduire les femmes du quartier - qui se font aimablement traiter de pute pour peu qu'elles se vêtent d'une jupe - en dérapant comme elle vient de le faire :




" il y a du ménage à faire au plus haut niveau de l'état : c'est pour ça, c'est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue, pour faire le ménage... "


c'est pas gagné. Ben voyons, si c'est pas du féminisme progressiste et visionnaire ça... les conseillers en com devaient s'arracher les cheveux en coulisse. Ca doit être ça, l'ordre moral juste : les femmes en cuisine et au ménage et les homme à la guerre. Ben, tiens, vas-y toi, Ségolène, à la serpillière... astique !




Le quidam moyen, lui, continue d'être interdit de banque ou poursuivi au moindre découvert alors que l'état, lui, s'autorisera bientôt à la vitesse où se creuse la dette, à emprunter encore pour seulement payer les intérêts de sa dette... Vertigineux, non ? D'autant que les erreurs d'appréciation coûtent cher. Grâce à la diligente Roselyne qui nous voulait en bonne santé, on va détruire le stock des vaccins périmés en novembre prochain. Coût : entre 382 et 400 millions d'euros selon les estimations. Nauséux, non ? De quoi aller décompenser en psychiatrie pour déprime massive coûtant 400 ME de plus...






Chirac dans un communiqué, confirme tenir à l'idée selon laquelle un président doit être un justiciable à l'égal de tout citoyen lambda. A une différence près, le moindre des égards pour sa fonction passée étant d'attendre sa mort ou sa sénilité présumée pour démarrer le procès, dix-sept ans après les faits. Dix-sept. Il ne se souviendrait plus de rien. Toutefois, dans l'affaire naissante des mallettes africaines bourrées de millions d'euros, la mémoire rejaillit d'un coup intacte et formelle et il porte instantanément plainte pour diffamation car là, il en est sûr, il se souvient parfaitement n'avoir jamais bénéficié de rien. Etonnant, non ?




Finalement, face à ces écoeurements successifs et en attendant la prochaine révolution, mieux vaut sourire des initiatives de ceux qui savent faire la fête. Les "Nude Blacks" néo-zélandais, par exemple. Ils avaient convié une équipe féminine, des Espagnoles rugbywomen de Barcelona dont ils avaient vu la video sur la toile. Les règles étaient les suivantes : les Nude Blacks jouent à poil dès le début risquant le traumatisme de bistoukette et aussi la moquerie ce qui affaiblit grandement le moral d'attaquant, vous en conviendrez. C'est sport, en tout cas. Et les filles enleveraient un vêtement à chaque fois qu'elles concéderaient un essai... ( c'est dire si elles étaient couvertes de strates et motivées pour vaincre...) Maiiiiiiiis comme chacun ne sait peut-être pas, les Espagnoles n'ont pas froid aux yeux et l'ont emporté. Et pan ! L'histoire tait tout de la traditionnelle troisième mi-temps qui à mon avis fut muy caliente. Bon... peut être pas pour le gros bébé rose, adipeux et poilu, quoique... qui mieux qu'une Espagnole pour avoir le sens du sacrifice ?




ll parait qu'il y avait des toros ce week-end à Arles... vous attendrez le week-end prochain pour avoir des photos de ceux de Nîmes.

dimanche 11 septembre 2011

Petit Poisson Ferré... Asticot Prisonnier !



"Ce blog va à menos". Je suis bien d'accord avec cet aphorisme laconique que me balança un type qui se fait appeler ''Jol" comme "JJSS" se faisait appeler jean-Louis Servan-Schreiber. Surtout si on en attend des commentaires taurins... Mais vous ne vous attendiez tout de même pas à ce que je rende compte des saucisses asthéniques de Zalduendo au prétexte que MDP himself, même sans chaise, ventile leur mufle d'épuisés du monopicotazo, à coups de muleta, si ? Non, vous me connaissez maintenant. Je ne cotise plus au système.

Jol qui ne se fend jamais du moindre commentaire public qui pourrait animer ce blog, mais le lit assidûment, s'adresse directement à mon téléphone portable pour ses appréciations. C'est un aristo de la com, 'pouvez pas comprendre.

Dans le même message, il m'annonce tout aussi laconique, la dernière tuile de sa vie : il est marié. Oui, oui, je sais... Relisez la phrase qui précède, ça rentre mieux. Et tu crois qu'il m'aurait invité à l'apéro ? Kedale... Remarque, il n'a pas tort, j'y aurais fait une tête d'enterrement. Marié ! Oh putain... et moi qui étais persuadé qu'il était intelligent... Sûr que j'avais bien remarqué ses yeux de jol frit quand il regardait Peggy, mais quand même, de là à jouer son Atherina Boyeri reclus dans la nasse de la conjugalité, il y a un grappin que tout adepte de Surf-casting même borracho, aurait hésité à balarguer dans les fosses abyssales de la routine nuptiale ! Car de ce que la vie m'a appris, je retiens principalement la CAT (conduite à tenir) suivante : épouse la femme que tu n'aimes pas, cette association de moyens pourra peut-être tenir, mais jamais au grand jamais n'épouse la femme que tu aimes, malheureux ! Mais bon... à trente ans, moi non plus, je ne le savais pas. Inutile de vous préciser qu'il n'y a pas lieu de compter sur moi pour des voeux de bonheur... vous vous êtes fourvoyés dans ce choix ringard, je ne vais pas en plus jouer les pervers cyniques... Bon, bien sûr, si c'est un conseil de votre expert-comptable rapport à vos impôts, je dis pas... A Marseille, ils les appellent les "mange-tout'' les jols... ça marche dans les deux sens, en fait : tu en pêches quel que soit ton appât et en friture tu les gobes tels que, sans les chauchiller pour leur ôter la tête ou les entrailles, c'est trop petit. Trop mesquin. Comme le mariage. Asticot, va ! Si ça se trouve, il a dû vendre une belle bagnole pour payer sa noce ! Endiablé, va !

Je comptais bien poster sur lui un jour ou l'autre, de toutes façons, depuis qu'à Pentecôte dernier j'ai lu dans un supplément de la Marseillaise, l'argument moderno-progressiste saugrenu qu'il développait à propos du prix Hemingway et qui peut se résumer ainsi : le jour où ce prix serait remporté par un auteur et une nouvelle anti-corrida, alors, ce jour béni-là, le prix Hemingway prouverait enfin à la face du monde littéraro-branchouille son statut adulte par cette prééminence de la littérarité sur toute autre considération. Et je suis bien d'accord, comme vous tous, avec lui. Sauf que ça débaptiserait à l'évidence instantanément ce prix. Ou comment affadir l'âme d'un prix en pensant renforcer sa notoriété... Je vous laisse y réfléchir entre menu fretin. Pour le divorce, dans sept, quatorze, vingt et un ou vingt-huit ans (c'est la statistique) je viendrais boire un coup... Et qu'on ne me dise pas que je n'avais pas prévenu !

jeudi 8 septembre 2011

Il suffit de demander...




Un article a attiré mon attention la semaine dernière dans le journal : un Niçois a été condamné à verser dix mille euros à son ex-femme après que celle-ci l'a traîné devant les tribunaux pour se plaindre qu'il ne lui avait pas assez fait l'amour. J'ai dû le relire plusieurs fois et vérifier la date pour le croire... Mais de quoi se mêle la justice ? De l'intimité des couples ? Faut fournir un nombre d'orgasmes mensuels minimum maintenant ? On pourrait aussi autoriser le viol du sexe fort par le faible tant qu'on y est ? Et le mari, gentil, qui encore arguait du fait qu'il avait eu des problèmes de santé et d'asthénie... Et il faut se justifier devant la société ? Lui payer sa dette ? L'arroser de sperme ? Hallucinant, non ? Enfin, on est rassuré pour DSK, ce n'est pas le genre d'amende qu'il devrait payer.


Un jeune admirateur de Vladimir Poutine (c'est possible, ça ?) a eu une idée : pour transmettre le maximum d'énergie positive à son leader bien-aimé auquel il projette de serrer la main, il veut d'abord toucher mille paire de seins (mais pourquoi utilise-t-il aussi la main gauche alors ?) Soit un but dans la vie assez sympathique. Et comme il s'adresse à de très jeunes filles pour la plupart, il ne prend pas que des gifles, loin de là. Il y a même de touchantes réactions. Evidemment, mieux vaut avoir vingt-cinq ans, être mignon comme lui et demander gentiment... On peut remarquer au passage que la sensibilité de l'époque s'est tellement inversée qu'une petite flatterie qu'on aurait jadis seulement permise dans la confidentialité d'un moment intime est certainement facilitée de nos jours par l'oeil voyeuriste d'une caméra : que ne ferait-on pas pour devenir ''célèbre'' quelques secondes...

mercredi 7 septembre 2011

Ma chanson préférée du moment...

Parfaitement, j'aime les roms et les pommes. Et puis Rihanna. Potar à fond et tournez sur vous-même les bras écartés, la tête renversée en arrière pendant le refrain... Dans votre chambre, personne ne vous verra... Rom popopom...

lundi 5 septembre 2011

6 Poubelles 6






La rentrée des classes s'est bien passée. Tous les papas étaient là. Il faut dire que l'année dernière, le décolleté spectaculaire de la directrice nouvellement affectée, un vertigineux précipice où dormaient deux beaux pigeons endormis et bronzés, avait alimenté presque toute l'année durant, les discussions mi-amusées mi-offusquées des mamans... La mère de ma fille exceptée, qui plane à quinze mille pieds au-delà de ce genre de considération (ouais, c'est même inquiétant, je suis d'accord...) Evidemment, les papas n'étant pas sourds, ils s'étaient cette année déplacés en masse. La libido de la dirlo ce cette école publique a-t-elle baissé entre-temps ? Eût-elle des échos des commentaires qu'elle provoqua ? A-t-elle depuis réussi à détourner un fringant papa tendance "jalousie Corse'', du devoir conjugal ? Toujours est-il que la tenue de cette année était d'une décevante retenue. Pigeons en cage.




Nous nous rabattîmes donc sur une maîtresse, à tendance sorcière matinale dans sa robe pointue-échancrée, à pans coupés, avec son maquillage de "famille Adams" et ses mèches pluri-teintées, certains - je donne les noms en privé - se promettant de suivre assidûment la progression de leur élève de fille à raison d'une entrevue par semaine avec cette enseignante presque gothique. Ma foi, si ça peut convertir quelques mécréants...




Dans le hall, six grosses poubelles noires débordaient de vêtements oubliés. Il y avait de quoi habiller la Roumanie. Personne n'y toucha. Perdus pour perdus et taille révolue, les riches n'en voulaient plus.










dimanche 4 septembre 2011

Week-End en Province

La piel que habito

D'Almodovar, on a déjà tout dit, de ce film il est préférable de ne rien en dire à ceux qui ont projeté d'aller le voir, sinon, effectivement d'y aller... Moi je suis fan : émouvant et immoral, glauque et haletant, inattendu et dérangeant, n'y allez surtout pas pour conforter les choix médiocres de votre petite vie étriquée de bourgeois de province ;-)


Inattendue et haletante, telle a été ma soirée du samedi où un type vint m'ouvrir en chemise blanche, noeud papillon et veste de smocking, alors qu'il n'arborait en bas qu'un slip moulant "Super Dupont". Il y eut des scénettes gore où le Kama-Sutra mimé représentait les activités de l'année du couple-hôte tandis que des danseurs en sueur venaient se doucher pendant l'orage quasi-tropical à la gouttière de la bâche principale, et que des nanas infatigables avec leurs jolis corps encore tout bronzés de l'été finissant, se trémoussaient dans leurs petites robes bustiers. Une mamie qu'on n'avait pas pu faire garder, se jeta sur le rail très "Sud-Ouest" qui était assis dans le living-room qu'elle surfa comme les autres, alors qu'un type affublé d'une casquette ''pénis dressé'' de bon goût, tenait absolument à m'asperger du meilleur champagne. Pas une si mauvaise idée cependant, car toutes les femmes venaient la lui caresser (sa casquette...) Bref, les gens étaient déchaînés ! Mais tout ceci ne fut rien comparé aux ahurissements successifs d'un costaud en tee-shirt rose et tutu de mousseline blanche, quand il apprît que son blogueur préféré était là, devant lui, en chair et en os, ce qui semblait lui causer un émerveillement aussi grand qu'un Javier Conde revenant d'un sorteo où il aurait tiré deux becerros en agénésie de kératine - sympa - ce qui me valut - le Mojito a parfois d'étonnantes conséquences - d'encaisser moult coups de poings affectueux sur l'épaule gauche, à chacune de ses interjections. Ils redoublèrent lorsqu'il me confia que les commentaires de Maja Lola étaient tellement clairvoyants et synthétiques que cela inhibait ses propres vélléités d'en laisser et surtout quand il apprit qu'il la connaissait pour avoir dansé avec elle des Sévillanes "muy caliente" les yeux dans les yeux : la piel que habito esta azul y mi hombro no se mueve.