Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

mardi 17 septembre 2013

Je hais le matin...

Si j'avais trouvé mon tee-shirt "je hais le matin", j'aurais pu le revêtir. Se lever de bon matin pour aller voir des Zalduendo, avouez, c'est déprimant. La veille au soir déjà, on y pense avec dégoût. Il y a des noms comme ça, qu'on ne souhaiterait plus voir sur un cartel, comme ''Ponce'', malgré l'immense torero qu'il fut et le respect qu'on lui doit et ''Zalduendo'' devenu aussi répulsif à l'aficionado que le Fly-Tox aux mosquitos. On va donc faire court, car point besoin de s'étendre sur ce pourquoi on s'est levé alors qu'étendu on aurait été si bien, dans son petit lit tout chaud plein de chocolat. C'est ce que je disais à mes enfants pour les encourager à aller se coucher. Toros et toreros n'étaient pas bien réveillés, le toreo soporifique et les gradins somnolents. Avec un soleil à fermer les yeux derrière les filtres à UV.

Ponce est devenu une sorte de vieux marquis emprunté dont la souplesse et l'harmonie ont quitté le corps. Ce serait un peu comme aller voir un paysan de Villamanrique de la Condesa qui nous aurait enchanté à pied en 1982 et 83, enfourcher un pur-sang andalou au prétexte que ça lui plairait, le canasson. Ben fais-en chez toi, Paco !
Mais là, quand même, on était restait couché. Pas fou. 

Je me rappelle vaguement d'un Vegahermosa fada assez énigmatique pour le revistero moyen, un manso qui lorgna d'abord vers le toril et le callejon puis fit illusion d'une certaine bravoure au cheval avant de s'y endormir lui aussi puis poursuivit avec une certaine noblesse le leurre de Castella avant de terminer distraito : n'importe quoi ! Vous savez le canif Suisse polyvalent avec lequel on n'arrive même pas à visser une vis ? Si, c'est peut-être lui qui arriva à démonter deux longueurs de barrière, pas sûr. Ca m'avait réveillé momentanément en tout cas.

Perrera fut superficiellement esthétique et basta. Ca vous a plu ?

Heureusement en suivant, la nouvelle "El Silencio'' très bien lue par Arnaud Agnel, avec beaucoup de sensbilité, une grande faena dans les jardins de l'impé. Cuba Libre et toats à la brandade à gogo qui plus est. Pour se réveiller.

1 commentaire:

Maja Lola a dit…

Corrida sans intérêt en effet mais qui m'a permis de deviser (discrètement) avec ma voisine (je n'avais pas mes "pipas" ;-)
C'est vrai que la lecture par le jeune et talentueux Arnaud Agnel a été royale ... Un grand moment !
(c'est donc toi qui as vidé toutes les Havana Club du bar ?)