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vendredi 18 juin 2010

Depuis ma Vuvuzela 3 ...



La mondialisation frappe aussi le ballon rond. Dans les années 70 et 80, je me souviens de notre émotion quand nous déplacions les fauteuils plus près de la télévision, mon père et moi, pour voir jouer le Brésil. Les écoles de sambas dans les gradins poussaient de leurs percussions entêtantes les danseurs désinvoltes et inspirés qu’étaient les footballeurs de ce pays. C’était comme la transe de tout un peuple en marche vers le but adverse. On voyait des dribbles et des ''génialités'' dont ils étaient seuls capables. Leur jeu enchantait la planète mais finissait souvent par les pénaliser, ne résistant pas en finale, à toute la rigueur d’équipes intrinsèquement moins douées que la selecao. Mais les victoires de ces équipes étaient ressenties avec amertume car bâties sur la rigueur défensive, l’annihilation du jeu, comme le catenaccio Italien, alors que, lorsque le Brésil gagnait, il donnait du bonheur à tous les amateurs de la planète, tous supporter de ce pays une fois que le leur n’était plus en compétition. La différence est là. L’époque ignorait tout du bloc-système, du tacle glissé et de l’ego des joueurs. Cette année, Dunga le sélectionneur qui fut un rugueux milieu défensif, a écarté tous les artistes du pays. Toutes les pépites, les gemmes purs, les diamants bruts sont restés à la maison. Les meilleurs joueurs du monde, on ne les verra pas. Les étincelants, forcément insoumis, des Seigneurs balle au pied qui jouent moins pour le collectif et n’en font qu’à leur inspiration et sur lesquels on a si peu de prise. Dunga essuie d’ailleurs au pays les critiques de Socrates, une des stars passées qui n’était pas lui, comme nos ''stars'' françaises intellectuellement démunies : je ne sais pas si vous suivez le mag d’après match mais les commentaires de Barthes et de Pires font froid dans le dos au niveau pertinence. On dirait qu’ils jouent à qui est le plus débile. Heureusement que Lizarazu dont les raisonnements suintent d’intelligence, est souvent là pour redresser le niveau. Non, Socrates, lui, un des tout meilleurs joueurs du monde en son temps, voire de tous les temps, a aussi deux doctorats, un de médecine pédiatrique et un autre de philosophie : difficile de s’aligner ! Bref, tout ça pour dire mon appréhension de ne pas reconnaître cette année, la flamboyance du style naturel de ce pays. Ils jouent beaucoup sur les plages faut dire, dans leur jeunesse, ce qui augmente la proprioception, le souffle et la musculature, essayez, vous verrez… mais les plus géniaux des plagistes sont restés à Ipanema, avec la fille que les musicos jouent si souvent qu'ils l'appelent la pute d'Ipanema.

A part ça ? Eh bien la France vient de jouer, cocoricouac… et m’a rappelé cette phrase souvent entendue dans le désert dans la bouche de mon coéquipier quand il faisait une erreur de pilotage : « pourtant j’en ai connu des mexicains… mais alors des mecs si cons… » Au moins était-il capable lui, d’une auto-critique. Mais ce pauvre Domenech au regard perdu près de son banc, en s’adressant à lui on ne s’est jamais adressé qu’au néant désertique. Il paraissait si pitoyable de voir tout s’écrouler autour de lui, que je n’ai même pas le cœur de me déchaîner contre lui. J’achèterai l’Equipe, demain, pour assister à la curée. Beaucoup l’auront bien cherché quand même, à n’avoir pas senti que ''le boucher'', surnom de Domenech au temps où il jouait, n’était pas l’homme qui dépècerait ses adversaires. Ray Mond 001, tu ne peux plus planquer tes abattis, à toi, maintenant, de te faire charcuter. Toi aussi tu as laissé sur la touche des jeunes de talent qui avaient faim et que l'expérience aurait aguerris : Benzema, Nasri, Ben Arfa doivent te maudire.
Mexicoooooo : on devient fou au son des rythmes tropicaux
Et tu seras toujours le paradis des coeurs et de l'amour...
(il va pouvoir épouser Estelle Denis...)