
OUT OF AFRICA
Ok, ça c’est fait : le calamity-team a expiré. Il y a une justice sportive, une logique humaine, une résultante imparable à tout ce bordel : payer le prix. Nous, Französen, vice-champions du monde en titre, nous avons été sortis de cette coupe du monde par le pays hôte qui était de l’avis des observateurs professionnels, une des plus faibles équipes de la compétition. Mais on est vraiment content qu’elle ait pu donner cette joie à son pays sur le dos du calamity-team. Les jaunes Bafanas-Bafanas, eux, savent se réjouir, sur le terrain et dans les tribunes. Ils ne sont certes pas aussi nantis que nous, mais bien plus aptes au bonheur que les Bleus Granfadas-Granfadas. Et les cyniques qui continuent de râler après les concerts de vuvuzelas parce qu’elles heurtent leur confort d’Européens, ne sont pas près de se rapprocher de l’âme africaine. Ils pensent que cela va diminuer maintenant, avec l’élimination de l’Afsud. Je crois qu’ils se trompent, je crois que les Bafanas-Bafanas souffleront jusqu’à la DDB – non, pas la division daguet blindée, la dilatation des bronches – et avec eux, les autres peuples qui se trouvent si vains de n’avoir rien à faire dans les tribunes alors que sonne la fête des lepatatas ou des vuvuzelas. Il doit y avoir encore neuf appellations de l’instrument puisque le pays compte onze langues. Alors souffler dans ce tube, il est là le dénominateur commun bafanesque : Bbruuuuuuuuuuuuuuu ! On va acheter de plus en plus de vuvuzelas, on va souffler de plus en plus fort, dire qu’on existe toujours, même éliminés, ou pour les pays encore en lice, par ces sarbacanes pulser jusqu’aux joueurs, le souffle du désir des peuples. On entend chez les commentateurs des réserves de riches : la samba brésilienne, c’est quand même plus mélodique… et ça chipote sur la distinguée fragilité des tympans occidentaux… mais c’est ça qui est beau, Granfada-Granfada, ce pauvre tube de plastoc moulé, au son rauque et monocorde, qui ne vaut rien et que tout le monde peut se payer, dans lequel passe, au-delà des décibels, la plainte éperdue des plus démunis : Hééé ! la planète… ! on est là… écoutez-nous… tenez compte de nous… Vous pouvez renoncer à vos trois cent mille euros de prime vous serez toujours aussi riches les Granfadas, mais ne nous supprimez pas notre vuvuzela, ne la traitez pas avec mépris, ne l’édulcorez pas avec de nouveaux modèles moins bruyants, on veut que ça sonne, on veut se faire entendre.
Chez nous, la foire est finie et la grande lessive se prépare. Il va falloir laver plus blanc, laurent. C’est une chance, de partir de zéro, créer de nouvelles bases dans les rapports entre dirigeants et joueurs, jusque-là roitelets du monde, venus se servir. Il va falloir inverser la tendance, venir là, pour l’honneur de servir. Pas simple, parce que jusqu’à ce jour, à vouloir flatuler plus haut que son orifice vuvuzelien, les trompettes de la Renommée étaient bien mal embouchées.
Chez nous, la foire est finie et la grande lessive se prépare. Il va falloir laver plus blanc, laurent. C’est une chance, de partir de zéro, créer de nouvelles bases dans les rapports entre dirigeants et joueurs, jusque-là roitelets du monde, venus se servir. Il va falloir inverser la tendance, venir là, pour l’honneur de servir. Pas simple, parce que jusqu’à ce jour, à vouloir flatuler plus haut que son orifice vuvuzelien, les trompettes de la Renommée étaient bien mal embouchées.