Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

lundi 21 avril 2014

Ouais, ça va, le j'arrive-édito...

Ouaaaaahhh…. Groumpffffff…Rhââaâaghhh… Oh ? noooon, z’êtes toujours là… ? Faites chier… pas très discret d’assister au réveil des gens… on peut pas hiberner tranquille, non ?… à force d’aller dans les salles obscures, je m’y étais endormi. Je crois que j’ai quatre ou cinq ans de sommeil en retard. Ce que j’aimerais ? Un shoot massif de Lexomil pour oublier tous les problèmes de la vie et enfin me reposer. En intraveineuse. Ou une sauvage bigne de casse-tête en bois dur mal poli, manié par la musculature d’un néandertalien sur mon os occipital de mâle sensible évolué, histoire d’atteindre enfin une inconscience douce. En instantané.
Marre d’assumer. Marre des reproches. C’est comme ça, les gens : JE NE SUIS PAS PARFAIT !!! Eh non…merde à la fin… Le mec parfait, il est dans votre cerveau malade après engagement cérébral suite à bigne éducative judéo-chrétienne à la con et autres contes de fées vomis par des écrivains ratés, et nulle part ailleurs… Nous, les hommes, les imparfaits revendiqués, il faut nous aimer pour nos imperfections… voilààààà… c’est dit… Nos si attachantes imperfections, qui pimentent votre vie, c’est celles-là qu’il faut aimer.
Lâcher prise, enfin, rhâaaa… ouiiiii…. Déjà, j’ai réussi à me déscotcher de l’écran, je me fous du blog, mais alors, d'une force... me fous de tout, c’est pas mal non ? Le truc incompréhensible c’est que plus je me couche tôt, plus je suis crevé…
Autre chose, enfin non, pareil, tout m’est égal… m’en fous des toros… y’en a sur Arles pas plus tard qu’aujourd’hui parait-il… ben je m’en fous… j'ai préféré tondre, c'est dire... la politique… avouez… avec ce qui s’est passé, j’aurais pu me défouler grave… ben je m’en fous itou… j’me sens flou, j’ai mal au cou, tout mou du genou, mais peut-être pas de partout, et pire, pas seulement pour la rime, je le répète, je m’en fous. Mais, vraiment !
D’après un spécialiste en ratabomi (notion locale de ras-de-bolisme exprimé dans les bistrots de la place de Saint-Laurent d’Aigouze sur la place des arènes…) je souffrirais d’une acédie aiguë ce qui expliquerait que j’en n’ai pas assez dit durant ladite période. ‘ttendez bougez pas, c’est lourd un Larousse, je vous la donne :

Acédie : nom féminin (latin acedia) Etat spirituel de mélancolie dû à l’indifférence, au découragement, ou au dégoût.

Recta, pile-poil, bingo, à bomber, esso es. C'est ça qu'j'ai... Fatigué des questions sans réponses, épuisé des hésitations maladives, écoeuré des critiques de principe, dégoûté des psys toxiques, déçu par les engagements ténus. Beeeerck, laissez-moi vomir mes tripes, mon cœur, ma glotte et ma bile. Vous étiez si peinards quand je n'écrivais plus... Il me faut de la lumière, de l'amour et des toros. Des émotions sans masturbation. De l'art, du goût, et des ragoûts, de la beauté, de l'inspiration. Des cuissons lentes et des morceaux choisis, des feux vifs, des braises mortes, des siestes sous les ifs, des odeurs et calories, des caresses et des confits, des baignades sur récifs. Ses baisers. Du soleil, du foutre, des loutres, des spasmes et des orgasmes et de la lumière encore, noire, comme des toros blancs. Et puis un regard bronze, de jeune louve, qui me couve, m'apaise et me transcende, enfin permanent.

Bon, ça va mieux, vous ? Maintenant que je vous ai donné de mes nouvelles ce dont vous n’avez rien, mais alors absolument rien à farfouiller, qu’est-ce qu’on fait ? On ouvre un compte facebook pour avoir de nouveaux amis et papoter entre électrons ? Non. Toujours pas. Vous vous foutez bien de savoir ce qui pourrait me stimuler, n’est-ce pas ? Donc j’vous le dis : une faena de José Tomas peut-être… ou de Morante… non, de Julio Aparicio soudain investi d’ondes chamaniques entre deux borrachadas majeures… Et si le paparazzi de Closer avait eu une arme à la place de son téléobjectif, hein ? L’aurait pas rendu service à la France, peut-être ? Non, rien, une réflexion, comme ça…

Sinon, dans ce Fouzytou-édito j’ai à vous confesser que je suis bien emmerdé… et par un Breton, en plus. C’est emmerdant les Bretons… ça comprend pas l’esprit latin… entiendes que tchi… ce retraité de l’armée françoise s’est mêlé de faire un livre sur la corrida… n’importe quoi… est-ce que je fais un livre sur la course autour du monde en solitaire au prétexte que j’ai vu des pré-pubères tirer des bords sur l’étang pollué du Ponant un jour sans vent, moi ???
Ou un traité sur l'histoire de la prestigieuse école des Glénan au prétexte que j'ai un jour, par un judicieux retrait du buste, évité in extremis la bôme d'un 420 qui dérivait droit sur ma trombine ?

Ben non... et pis c'est tout. En plus, sa lettre commence très mal... il paraîtrait que je suis quasi – moult compliments mais je fais semblant d'être pudique – soit rien de tel pour éveiller ma suspicion et se termine encore plus mal en m'assurant que les bénéfs iront à des écoles du toreo : une bonne action : tout ce dont j'ai horreur... Est-ce qu'un type comme Tabarly pouvait sortir d'une école de ''voileo'' ? Non... l'était pas ''mondialisé'' du tout Tabarly... 

Le livre ? Ben... de gentilles photographies couleur de magazine propret, avec de gentils commentaires où, parait-il même l'aficionado pourra apprendre des choses... là, les doutes ne font que s'amplifier... ou alors Breton s'entend, l'aficionado... c'est très naïf, et, comme la philosophie de comptoir, ne tient aucun compte de ce qui s'est pensé avant... comme le récent ''Comprendre la Corrida'' de Viard par exemple – et sans remonter jusqu'aux Corrochano, Tio Pepe, Cordelier - où là, oui, l'aficionado pourra éventuellement apprendre deux ou trois trucs... 

Un extrait ? Voici :
« Le toro brave pousse le picador jusqu'aux planches : celui-ci se défend comme il peut, mais il ne doit pas s'appuyer aux planches pour résister au toro. Il doit, c'est évident, être bon cavalier pour se sortir de situations comme celle-ci ( ce pourquoi les chevaux aussi sont entraînés) et ne doit pas chercher à se venger à la pique suivante » 

Bon bref, en un mot comme en cent et puisque je l'ai prévenu – je ne dis que ce que je pense (sauf quand je fais semblant de penser autre chose...) - si, moi, j'aurais pu écrire ''Oui-Oui navigue dans un Optimist'' je dois déclarer pour être honnête, que ça, c'est comme qui dirait : ''Oui-Oui fait des passes à un toro''. Une naïveté qui me rappelle un peu celle de mon fils (comme j'en ai deux, ils peuvent toujours ''psychoter'' pour savoir de qui je parle...) quand il vient d'apprendre quelque chose et qu'il me l'explique en supposant que je la découvre... et là il faut que je le laisse parler, il est si content...

Mais quoi ? Notre sympathisant doit être content justement, il a réalisé son rêve, vécu sa passion, réalisé son album photo, d'un truc universel qui n'appartient à personne et il a bien raison de s'épanouir ainsi !!! 

Oualàààà... ouf, j'ai bon là, non, question humanisme... ? Il était temps, hein... Après, comment dirais-je, avec mon recul et mon cynisme ambiant, s'adresser à moi était sans doute une erreur tant tactique que technique ! S'il vous plait les gens, ne le faites plus, laisser moi parler de ce dont j'ai envie... En plus, franchement, je suis trop zarbi, moi, pour que ça ait la moindre retombée bénéfique... Alors je dis oui parce que j'ai envie d'être gentil, mais voyez, dès que j'écris, comment ça tourne...??? Vive la Bretagne ! (quand il ne pleut pas...)

Bon voilà c'est fait, je n'aime pas promettre et pas tenir, ça m'a obligé à sortir du bois. J'y retourne. Pour combien de temps ? Alors, là...
Je suis content. Jean Yves Blouin, je sais pas... En tous cas ça s'appelle ''Introduction à la Corrida'' c'est édité chez ILV Edition et ça vaut... 'ttendez que j'le retourne... 22 euros. Oh putain... tout le monde n'est pas retraité de l'armée... et au-dessus de 15 euros, c'est difficile à vendre, un livre... Bon vent... oh non... pas sympa... j'avais pas pensé au double sens... De plus, je suis bien persuadé que des trucs de vulgarisation comme ça, ça se vend mieux que des trucs de spécialistes plus hermétiques. Si.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

« On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l’ancien volcan
Qu’on croyait trop…éteint » …
Des coulées de lave, des cendres, un immense et tumultueux nuage de mots, de sons, de rimes, des scories plus ou moins intimes, le tout pour qu’une fumerolle subsiste, une bretonne Introduction à la corrida, et un bon réchauffement climatique.
Gina

Anonyme a dit…

C'est le Python de la Fournaise !

Anonyme a dit…

C'est le Futon de la Pinaise !

Marc Delon a dit…

Des scories cantonnées à quelques soucis ?
(remarque viet... à prononcer à l'auvergnate)

Pedroplan a dit…

A quelques sushis ?

Anonyme a dit…

" JE NE SUIS PAS PARFAIT !!!"
Pourquoi, vous en connaîtriez qui le soient?
Et les femmes devraient-elles l'être plus que les hommes?
Même saint Paul n'a pas osé demander aux femmes d'aimer les hommes pour leurs imperfections !

Si on se torture l'esprit c'est pas seulement à cause de notre éducation occidentale, religieuse ou laïque, je crois que c'est propre aux humains qui ont en eux une morale innée, ce qui correspond aux avancées de la biologie du cerveau.
Gina

Maja Lola a dit…

Beau coup de gueule libérateur (?)
Est-on cependant un jour libérés de nos angoisses, rages ou .... acedies ?
Allez, Marc, ce sont souvent nos carburants ... et lorsque l'écriture s'en nourrit cela donne de la belle ouvrage ...
Bon, Gina, maintenant que tu l'as traité de volcan notre Vesuvio, il va falloir le calmer ... et la camomille n'y fait pas grand chose apparemment !

Anonyme a dit…

Qu'est-ce que tu veux dire "être parfait" ?

el Chulo a dit…

Beau retour en fanfare!
Ce qu'écrit le breton semble assez gratiné en effet!