Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

mercredi 3 décembre 2014

Petite Pomme...


Salut les gens, je suis super content ce matin. La lumière est revenue. Le ciel est bleu,  le soleil brille - oui mais j'ai commencé hier à écrire ça...- et tout est allumé dans mon cerveau : j’ai repris l’écriture du roman. Mon roman, le mien, à moi. Celui qui va séduire ou faire un bide mais qui doit sortir. Celui que je suis obligé d’écrire avant que d’autres puissent éventuellement naître. Le nécessaire, qui bloque le chemin de tous les autres. Il faut que je le porte et en accouche sinon, ça s’arrêtera là…

Il me décourageait, je n’avançais pas, pas le temps, pas la tête à ça, mille autres raisons à inventer pour n’être pas prêt… nul, trop compliqué, trop ''moi'', pas assez tout le reste, bref incorrigible, inconstructible, inconcevable, bloquant, chiant, impossible.

Trouver le temps, la disponibilité… facile pour les autres… mais viens donc en résidence… isole-toi, concentre-toi… Ha, Ha très drôle… je suis en libéral, moi… je peux pas trouver des vacances comme toi, salarié de gauche de l’Educ Nat, payé pour inculquer des idées subversives sur l’effort et le travail à nos têtes blondes, tu peux pas comprendre.

Il paraît même, pour avoir assisté fortuitement à un congrès du Cobaty (métiers de la construction et de l’habitat, ingénieurs génie civil, promoteurs, avocats, architectes, etc…) sur le thème de l’emploi des jeunes, que lorsque l’adéquation fonctionne entre la formation et le poste, ben… c’est assez dur de trouver un type qui veut bien se lever tous les matins pour venir bosser à heure fixe ! J’te jure, c’est ce que j’ai entendu… il n’est pas rare qu’au troisième jour, le type ne se présente plus… Bon alors je veux bien qu’il y ait quelques fâchos malveillants et rétrogrades dans le lot, mais vu le tonnerre d’applaudissements entendu quand cette constatation a jailli de la bouche d’une femme qui avait tout l’air d’être une gentille modérée scandalisée par l’état d’esprit à la Gaston Lagaffe de ceux qui auraient tout à prouver et besoin de se bouger un minimum, je crois bien que beaucoup avaient rencontré le cas de figure… mais vous savez ce que c’est, parfois entre fâchos nantis on s’auto-congratule pour rien… allez donc savoir où est la vérité… Mais pour avoir un temps cherché un collaborateur – un type introuvable qui veut les horaires d’un hospitalier avec les gains d’un libéral sans obérer le Bowling du mercredi et la salsa du vendredi - j’ai bien peur que beaucoup fassent cyniquement le compte peine/plaisir et gain/liberté et s’accommodent finalement de cette douce oisiveté qui, entre l’accompagnement des parents et les aides sociales, peut vous accompagner sans mal jusqu’à la trentaine. Et voilà, au deuxième paragraphe j’ai déjà digressé… et beaufement en plus, t’as vu ?

Comment voulez-vous que je puisse tenir le fil d’un roman ? Un roman à fourguer à des éditeurs de gauche en plus… Ce qui me rassure, c’est que plus j’avance, plus je constate que c’est pareil pour les autres : écrire un roman ça prend parfois dix ou quinze ans… Djian disait, c’est comme traverser une jungle, devoir se frayer un passage, trouver la sortie… mais la jungle, elle est sans guide, pentue, glissante, hostile, glacée, brûlante, humide, hérissée de piquants et de poisons… généreuse en fruits toxiques, en baies vénéneuses, en insectes et autres bestioles venimeuses, faut dormir au milieu de tout ça, des yeux y brillent, des cris surgissent, des âmes bruissent, au matin gisent des champignons salvateurs ou mortels sauf que pour les identifier tu ne peux goûter sous peine de vomir tes tripes sur le papier ce qui serait certes le but, mais pour la dernière fois car en la matière le ridicule peut te tuer. Parfois, sur quelques pages, tu trouves un angle, une éclaircie, alors t’es heureux, tu t’engouffres et en jouis sauf que tu ne tardes pas à te demander s’il ne s’agirait pas de priapisme, cette érection formidable et unique qui détruit le corps caverneux et signe la dernière de tes érections de ta vie d’homme. Alors tu te poses, tu attends… ça reviendra ou pas… tu restes en pause… tu prends des poses... longtemps, des années parfois… tu relis… qu’est-ce que c’est mauvais… qu’est-ce que c’est toi… c’est affreux comme c’est toi… comme tu ne peux sortir de toi… Vaut-il mieux que ce soit mauvais et toi ou que ce soit mieux et ne te ressemble pas du tout ? Dans quelle alternative te réaliseras-tu le mieux ?  

Sans compter que tu as souvent autre chose à foutre que de patauger dans la gadoue d’une jungle où t’es vraiment tout seul… Les autres ont tant d’idées pour ton emploi du temps… Alors que choisir ''écrivain'' ? Perdre ta famille, ton travail, ou ne plus écrire ?

Sais-tu que parfois le conte de fées existe ? Sais-tu que l’ami JPDL – Jean-Paul Didier-Laurent a dit ''mierda'' à France-Telecom ? Qu’il voyage dans le monde entier pour présenter son bouquin où il a été traduit ? Qu’il va être ''pété de tunes grave'' bientôt ? Qu’il va jouir grave de sa passion ? Booster son désir, sa créativité ? Putain Jean-Paul, quelle aventure, éclates-toi, je suis heureux pour toi, tu nous raconteras ? Ecris-nous une carte postale de là-bas, on l’a publie ici… relire ici

Heureusement je ne suis pas tout seul pour l’écrire ce roman - le mien, celui qui ne sera pas traduit dans vingt-cinq pays, qui ne me décollera pas de l’huile à l’Arnica - vous êtes là à m’encourager, vous en avez déjà lu pas mal d’extraits sans le savoir, mais oui ! Tous les ‘’soins à domicile’’ ce sera dedans !!! ''Chouïa'' par exemple, c’est dedans ! La mémé  qui chantait «  Valencia come mierda con patiencia y tu verras que buen esta »… dedans ! Le pépé qui… ben, dedans ! Alors chaque fois que vous avez aimé je me dis, ben vas-y couillon, finis-le ton truc… Si ça ne te fais pas changer de vie, au moins tu respireras mieux, tu ne l’auras plus en travers du cœur et de la tête, tripes encombrées. Il sera né. Il te dirait quoi le gynéco d’en face question dilatation ? Pièce de un euro ? Petite pomme ? Grosse pomme ? Allez, forza, expulse !

 

 

En attendant, jeudi soir, si tu fous rien, Crépin reçoit Bautista à l’impé, si tu veux constituer le cercle, préviens-les pour les brochettes de canard.

13 commentaires:

Anonyme a dit…

Tel Zeus enfantant Athéna par l'occiput après avoir mangé Métis toute crue...Marc va enfin nous livrer "Le Livre" après avoir dévoré un autre type d'Océanide...
isa

Anonyme a dit…

C'est plein d'humour et de franchise avec un bon titre et un "chapeau-BD" des plus savoureux.
Gina

Marc Delon a dit…

Tiens une isa...

el Chulo a dit…

Si c'est du même tonneau que les textes auxquels tu fais allusion, ce sera bien, même très bien. Reste à mettre tout ça en rythme et en musique

Marc Delon a dit…

En avant la musique alors, merci chulo

Anonyme a dit…

ATTENTION : il est des montagnes qui accouchent de souris !

el Chulo a dit…

anonyme, je m'excuse mais cette remarque est au minimum très con.

Anonyme a dit…

l’Anonyme est moqueur(euse)... Jaloux(se) peut être ...
isa

gina a dit…

J'imaginerais plutôt quelqu'un qui s'est essayé à l'écriture pour un piètre résultat.

Gina

Marc Delon a dit…

m'enfin... qu'a-t-il dit de si grave mon anonyme... il est possible que je ne trouve même pas à le faire éditer et là ce sera encore moins qu'une souris... une sorte d'IVG plutôt...

Anonyme a dit…

lance une souscription...
isa

Marc Delon a dit…

Que no ! Je suis bien trop prétentieux pour ça ! Où je me la pète grave avant de mourir, en étant pris par un éditeur national ou je m'abstiens... ;-)

Ludovic Pautier a dit…

Vive les souris , à bas les montagnes. C'est chiant les montagnes.