Adieu

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photo de Anya Bartels-Suerdmont

mardi 26 mai 2015

Torovision : Pitié pour les Oreilles

Revistero, c’est dur. Même en amateur. La difficulté d’aujourd’hui par exemple, est de rendre compte d’une corrida plutôt ennuyeuse sans trop vous plonger dans cet ennui. C’est dur, avoue…
Et pourquoi faudrait–il absolument que le récit soit divertissant ? Pointes-tu dans ton cerveau embrumé de triste sire post-imbibé. Eh bien parce que je suis comme ça moi, je suis gai ! Si vous voulez lire des trucs chiants, vous savez déjà où aller, non ? Moi, je ne vais pas écrire pour m’emmerder ou jouer au journaleux qui a un blog sérieux, t’es fou ou quoi ? Je dois prendre du plaisir et éventuellement, pour ceux capables de comprendre vaguement mon esprit, en donner.
Nous étions donc hier quelques milliers de masochistes déjà émoustillés par la brillante prestataire française de l’Eurovision à s’être, faute de pire, donnés rendez-vous devant des toros faibles et en plein vent, histoire de vérifier l’impossibilité de toréer dans ces conditions. Notez déjà l’effort. Des toros qui s’appelaient : El Torero !
Ne t’étonne pas qu’ils aient des problèmes après ça. Mal nés, non ? L’assoce des procureurs du Diable, serait bien avisée de faire revenir Chambon pour tenter d’expliquer quels conflits refoulés peuvent s’exercer dans le cortex d’un toro ainsi nommé...
Imagine lecteur, que se pointe un torero nommé : El Toro Bravo… Tu comprends le problème ? Or, ''psy pour toro'' ça n’existe pas… Seuls les toreros peuvent apporter une solution à leurs maux mais alors, finale, la solution.
Le prem… oh putain midi déjà ? Bon ben je reviendrai finir plus tard, les tristounets… en attendant passez-vous en boucle le tube de Lisa Angell, ça donne une mega pêche… à tte…

Hello, 18H31 je suis reviendu :


Le premier est pour Bautista. Il est… ? Faible ! Bien répondu. Alors un non-toro dans le vent, devant un torero qui transmet peu, autant écouter du Lisa Angell.

Le second est pour Fandiño. Il est… ? Faible ? Non, invalide. Faena insipide terminée par sept coups d’épée donnés depuis la tour de Tholozan… si, vous savez bien, la tour blanche et rouge, sur le coupe-feu, en lisière du camp des garrigues.

Le troisième échoit à Luque et son costume ''petit vomi d’Orangina et d’oursin’’. Il est ? Faiblement agenouillé, mal piqué, toréé haut pour quelques enchaînements pas très engagés – y’a du vent hé oh ! -  une oreille.

Au quatrième, on est à Lourdes : le toro pousse ! L’arène est en émoi, le croit exceptionnel, le toro normal… faut dire que lors des faiblards invalides, personne n’a moufté. Il a une de ces chances le Casas : plus personne ne bronche. Et encore pire, je me suis fait engueuler quand je suis allé acheter mes billets par une guichetière antipathique et chiante à souhait : une sorte de Lisa Angell de la taquilla ! Ouais, c’était moi, la rébarbative brune aux cheveux longs à l’esprit contrariant… Va faire un stage dans les autres taquillas, du Sud-Ouest  à Céret pour voir comment on reçoit un client gentiment, bourre de grande cougourde ! Plus agressive que les six toros réunis, sa graçiosité !!!

C’est un état policier la France ou quoi ? Faut demander pardon d’acheter des tickets pour voir des toros invalides maintenant ??? Tu cries sur les tendidos, tu pourris dans des cachots, c’est ça ? Le toro n’est pas comme la guichetière, il est de bonne volonté et Bautista exploite le filon : deuxième pipique mise en valeur et planté perso de batônnets. Al sesgo por dentro, al violin à faux, al violin réussi, et al quiebro. S’il a la bouche fermée, ce toro n’est pas bien vaillant et la muleta reste haute pour l’aider à ne pas s’affaler.

Le conclave s’ébroue et les trois ménopausées à ma gauche qui après avoir consciencieusement harcelé leurs papis toute leur vie durant, ont décidé, maintenant qu’ils jouaient les taupes-modèles, de sortir en veuves joyeuses, pour emmerder leur tendido tout entier. Le Paso, Doble, et les mémés-quéquettes redoblent d’entrain, chantent et battent dans leurs petites mains ridées de ménagères rapaces. Puis, entame à genoux six fois répétée, soit six coups de coude – l’effroi – de mamie dans mon grill costal musculeux (traduisez par : mon flanc adipeux) la jambe contraire est souvent effacée et le bassin avancé à cornes passées mais bon, tout le monde est content, notamment Pauline. Et, moi, je suis arrivé à un tel point de jem’enfoutismeaficionado, que si Pauline est contente… ben moi aussi ! Etant donné que la seule chose dont on soit certain c’est que l’on va tous mourir, voyez le ridicule des doctes…

Ne comptez donc pas sur moi pour lui administrer par A+B un enseignement encyclopédique sur la tauromachie, me cago !

Mamie gémit et accouche de chaque passe en émettant bouche fermée un son contraint - mmm...- en se tortillant et en frottant sa cuisse… contre la mienne, histoire d’espérer y diluer un peu sa trouille solidaire. Bautista se décharge soudain de ses zapatillas et charge un peu plus la suerte. Mamie fait instantanément profiter le tendido du fruit de sa réflexion aficionada : il a des ampoules !!! Je regarde ses pieds tout aussi solidaires, couverts de petits pansements.

Trois tentatives de recibir incomprises par le noir de service. Captée à la quatrième et empalement subséquent. Bautista devient le spécialiste de la chose. Mamie, bras levés, au bord de la pâmoison, fait balloter de ses applaudissements ses chairs molles.   

RABEAU ! RÂÂBEAU ! éructe juste derrière nous, un énorme aficionadeau en chapeau de cow-beau venu avec sa femme et son feaux-terrier contempler ce spectacle pour amis des animeaux. Sa moitié désespérée tente de le calmer espérant que les liens du mariage d’avec ce beauf ne soient pas si évident pour l’arène, mais le type maintenant galvanisé par le regard des autres, amplifie sa quête – RÂBÔÔÔÔooo…- vomitive envers la présidence pas assez généreuse selon lui et distille quelques considérations peu amènes sur la compétence du palkeau. Le client rêvé pour Casas qui aura au moins réussi à en formater un. Mais mamie n’a pas dit son dernier meau et des cris suraigus violent nos tympans

Jean-Ba entame sa vuelta après que ''toro normal'' ait fait la sienne en y laissant ses deux oreilles – n’importe quoi -  la présidence vient de faire l’éclatante preuve de son incompétence ou de sa volonté de foutage de gueule du payant – au choix - en décochant le kleenex bleu.

Bautista se lance comme de bien entendu dans un jeu de frisbee interactif avec les couvre-chefs de la population.

Si vous suivez, le cinquième est pour Fandiño. Il l’attaque avec plus de sérieux et de détermination mais peine à transmettre quelque chose d’intéressant. Avec un vent fort et un toro faible, c’est difficile… et le type semble d’un naturel aussi déprimant et imaginatif que le texte de la chanson de Lisa Angell. Merci Goldman mais laisse maintenant la place à Stromäe…

L’interminable – trois heures - ''mornitude'' du gala de clôture des masos réunis prend enfin fin, on a faim ça tombe bien, et il n’y a pas plus qu’un noyau d’olive à relater sur la variété Luque.

On sort de l’arène dans une ambiance de fin du monde, entre chien et loup, les stands de saloperies estampillés ''toros'', la guinguette à churros, sont comme le Péruvien à l’angle du Quick, anachroniques ; les tentes de restauration dégueu, aux assiettes plastiques, sont quasi vides, et on se dit que si cette feria pas très fréquentée n’avait pas eu lieu, on n’en serait pas plus orphelin. Bref, on est aussi déprimés que lorsqu’on a constaté que certains ont réussi à donner quatre points à la nullissime prestation française de LISA ANGELL à l’Eurovision !

Le Prix Hemingway a été remporté par Philipe Aubert de Molay et je suis très très… fier de pronostiquer pour la deuxième année consécutive le vainqueur rien qu’à la lecture de l’intro ! Moi, j’avais fait l’impasse, c’est pas très sain d’espérer si fort, si longtemps, faut passer à autre chose, t'entends Lisa ?


 

3 commentaires:

el Chulo a dit…

Bravo, c'est le genre de resena qu'on aimerait voir dans les journaux, distanciée, un poil fielleuse, en tous cas ironique et un tantinet désabusée, un gros tantinet et qui me semble t'il se pratiquait dans les années 60.

Marc Delon a dit…

Cool, j'ai 1 fan...

Les Sixties...? P'tin l'angoisse : tu vois pas que je sois devenu à ''l'insu de mon plein gré'' la Lisa Angell de la resena ?!!!

el Chulo a dit…

Ben oui je me souviens d'un de ces commentaires au sujet de Dominguin: "le public le traita de rempailleur de chaises sans se doutait du tort qu'il faisait à cette honorable profession"