
J'ai longtemps cru que le sujet primait. J'ai longtemps critiqué négativement une revue comme Chasseur d'Images et ses publications de chatons dribblant avec des pelotes de laine ou de gros matous se prélassant sur des rebords de fenêtre aux rideaux aussi défraîchis que les grand-mères aperçues derrière ces carreaux. J'avais tort. Ce n'est pas le sujet qui prime, c'est le talent. Et je regrette de ne pouvoir vous dire l'auteur de cette photo. Ce gros chat isolé dans la pénombre n'est-il pas magnifique ? A moins que j'y sois sensible aujourd'hui parce qu'il me rappelle une conjoncture de grand fauve devenu la proie du doute, de grand prédateur ravalé au rang d'un appât de curée, avec ses oreilles en arrière et la peur dans ses yeux ?