Adieu

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photo de Anya Bartels-Suerdmont

mardi 16 juillet 2013

Céret 2013 : Les joies du camping

Fainéant. Flemmard. Feignasse. Marre de cliquer pour nada… C’est comme une clientèle, ça voudrait t’imposer de la compétitivité dans la créativité, un lectorat… Et ils n’hésitent pas à te le dire… c’est gratuit le blog mais ça ne fait rien, faudrait que je sois tenu à des contraintes de productivité, un textounet cada dia ça leur irait bien, eh vas-y que je t’en fais la demande exorbitante, que je rouspète, que je… non mais ho ! C’est pas un peu fini la dédicace des lamentations ??? Pour la photographie oui, j’ai fait le néant, l’iphone et pis c’est tout, pas envie de porter les kilos du vrai appareil par cette chaleur.



Si ça se trouve, lecteur, personne n’a rien demandé et j’invente pour me faire mousser… Enfin, c’était bien sympa de rencontrer du monde, de nouvelles têtes, des gens qui sourient parce que tu les fais vraisemblablement sourire eux-mêmes de temps en temps. Et le ''Pourquoi ils vont voir les corridas !'' qui part comme des petits pains alors qu’on n'a pas le pouvoir de les multiplier… Ah bon, alors, finalement, elle intéresse quelqu’un ma question à la con ? C’est ça l’avant-gardisme pré-Wolfien : il y a quatorze ans ça n’intéressait personne et la question paraissait vaine…



C’était bien sympa, ça me changeait, parce que, se spécialiser dans la douleur, la maladie, la vieillesse, la dégénérescence et la mort, le tout dans un quartier pauvre et violent en pleine crise économique… je ne sais pas si tu te rends comptes lecteur… ça finit par peser ! Citation :
« Nous avons toute la vie pour nous amuser, nous avons toute la mort pour nous reposer… » (Moustaki)



Soit, à l’échelle de l’univers, une seconde à vivre et une éternité pour s’en remettre. Faut-il alors s’étonner d’inventer quelques passages brefs et intenses pour se sentir vivre ? Oui, comme l'amour et la tauromachie. Et dire que malgré l’évidence, une foultitude de gens s’emploient à créer des conflits, des dogmes, des clans et des chapelles… c’est fascinant.



Je reviens donc de Céret avec le petit, freshly baccalauréatisé like 87% des fumistes de l’Educ Nat trop contente de balancer la patate chaude aux profs d’Université qui vont maintenant s’arracher les cheveux pendant au moins un trimestre à gérer ''l’élite'' de la société : OUARF ! qué rire… un jour, si je suis méchant, je publierais une des lettres que je reçois des bachelières qui postulent chez moi, qu’on se marre un peu…



Oui, pour ceux qui suivraient et auraient appris par les premières pages de Fantasmatadors le bien-nommé, que mes trois enfants s’avéraient indifférents aux toros, voilà-t-y pas que le second, un rejeton obtenu lors d’une vie antérieure avec… bon…bref… un jeune godelureau à peine majeur me fait mentir et se passionne a los toros. Je n’en conçois aucune fierté ou reconnaissance personnelle particulière. C’est comme ça, cela aurait pu être autrement, je n’ai jamais poussé au truc. Je pense même qu’il doit plus ce goût à la violence des antis-corridas devenus tellement psychotiques qu’ils ont excité sa curiosité, qu’à mon intérêt pour la chose. Un peu comme si il s’était dit :
« Tiens donc, voyons voir ce que ce truc-là a dans le ventre, si polémique et anti-consensus mondialisé qu’il est, intéressant quoi, qu’il ferait passer mon père pour un pervers sanguinaire aviné et cruel… » 
Merci les antis, bien joué.



Ça l’a emballé, Céret ! Il n’avait eu jusqu’alors que l’ambiance racaille ou mondaine selon les ''festivités'' de sa ville natale, sorte de village Gaulois tantôt communiste tantôt UMP, et voyager rend toujours moins niais, c’est confirmé. Du mondain il est passé au taurin, observant plus étrangement sa génération qui boit et ne se douche pas pendant trois jours en déféquant au milieu de leur tentes, que les Escolar et leur combativité.



Bref, le toro et son combat le branche vraiment, même s’il reviendra plutôt avec ses copains la proxima vez qu’avec son papounet. Le contraire m’eût inquiété…



Alors Céret 2013… Si vous trouverez sur d’autres sites d’exhaustives resenas voici ici en vrac mes impressions. 
Firsteval comme disait Björn Borg à sa conférence d’après match, si cette édition ne représentera pas un cru mémorable il faut saluer l’irréprochable présentation des toros, à commencer par les magnifiques novillos de Yonnet, qui foulèrent le sable Catalan. Soler fut méritant et pas reconnu à sa hauteur intrinsèque. Un peu volé, quoi…



Devant les Palha, à mon sens, on a volé aussi Ivan Garcia, présenté sur le bulletin cérétan avec un seul et unique combat en 2012. Eh bien, si un seul combat par an donne autant de maîtrise c’est que le garçon est très doué ! Certes il pourrait se centrer un peu plus pour donner plus de profondeur à son toreo. Il pincha une fois ce qui élimina toute chance d’appendice, jusque là, ok, mais que quelques bourrins lui refusent la vuelta fut une injustice crasse. D’autres s’y seraient lancé quand même à juste titre car trois bourrins éméchés ont toujours fait plus de bruit qu’une majorité d’arène consciente, mais le garçon trop modeste et bien élevé renonça. Son second toro certes brave à la pique, fut au-dessus de lui et reçut une vuelta posthume surprise ! Avis à toutes les empresas : si vous recherchez un troisième homme, un mort de faim, avec du métier et capable de prendre n’importe quoi, téléphonez-lui, il n’est pas cher, en plus ! (Au fait, Yvan Garcia, c’est dommage, je n’ai aucune influence dans le circuit… mais bon, j’aurais quand même essayé…)

 Alberto Aguilar coupa l’oreille de son premier qu’il aguanta certes avec décision mais parfois sans se croiser. Escribano bon aux banderilles notamment pour une fameuse combinaison quiebro al violin près des planches mais pas plus, ce serait plutôt ''passé au travers'' en beauté…



A noter que bien des petits rigolos partis de Nîmes le matin même pour voir la novillada (un 13 juillet… n’importe quoi ! ) n’arrivèrent que pour la corrida du soir en raison de l’inévitable accident-bouchon autoroutier, donc bien moins futés qu’un Domecq invalide acochiné au pienso ! On ne les plaint pas.



Alors, qu’avons-nous après notre nuit au camping… ? Ben oui, quand je ne prévois rien, j’ai une solution de secours maintenant : je dors sur le toit de ma ouature… une année, je me ferais le Rocio, tiens, comme ça… moi qui ai horreur de la chaleur et de la poussière je devrais me régaler… Ils sont fous ces espagnols… Ah, oui… d’abord le réveil où j’eus une apparition grandiose : je venais d’ouvrir un œil – et le bon – quand j’entraperçus encore ensommeillé, comme dans un rêve, juste en face de ma fenêtre, une majestueuse croupe immaculée qui se dessinait dans une petite jupette courte de coton blanc… et j’avais beau me frotter les yeux, elle ne disparaissait pas… elle était agitée de micro-mouvements d’anté-rétroversion du bassin des plus suggestifs pour qui écrit de la fiction et se réfère aisément à son autobiographie ! Une voisine de camping qui s’était installée durant la nuit, rangeait ses affaires à quatre pattes dans sa Quechua deux secondes d’où n’émergeait à reculons dès potron-minet que la partie la plus épanouie et Ô combien émouvante de son anatomie généreuse où la courbe régnait en maîtresse… Deux cuisses bronzées et fuselées prolongeaient gracieusement l’harmonie sculpturale jusqu'à deux jolis petits pieds tout plissés. Deux secondes, il n’en fallut pas plus pour que ma tente de toit gagne un chapiteau de plus. Mais qu’est-ce que je raconte ?
Ca va que vous saviez être sur un blog comico-taurin, sinon… Quand elle se retourna, Ô improbable magie des apparitions fortuites, la face sud de cet Everest de beauté était aussi insoutenable de perfection ingénue : des pointes fines, pardon, je confonds avec les pitons des Yonnet… une chevelure de jais, des yeux… une bouche… un teint de pêche au point de rosée… et encore ai-je la bienséance de ne pas vous entretenir des merveilleux pigeons endormis sur sa poitrine, fiers et allurés, qui ne devaient rien au PIP-Système du cuistre siliconeur.



Ayyyyy... madre miaaaaaaaa qué peinaaaa.... !

Heureusement que surgit brusquement du chemin une obèse en tong, hirsute et seulement vêtue d’un affreux tee-shirt trop court – beaucoup trop court – et caca d’oie qui plus est... qui passait par là pour aller rejoindre le local des ablutions publiques, me ramenant brutalement à la réalité d’autant qu’elle balançait au bout de son bras difforme avec un coude d’où l’olécrâne disparaissait sous un amas graisseux avachi autrefois vaguement ressemblant à un triceps brachial, un mauvais transistor qui grésillait le fameux : 

<< Fidèle, fidèle, je suis resté fidèle ! ''gayment'' chanté par un Charles Trénet matinal feu et badin >>



Mais il fallut bien partir au premier spectacle de la journée de diumenge – oh lalaaaa quatre en deux jours sous une chaleur étouffante, soit vingt-quatre toros tués en quarante-huit heures, un toro occi toutes les deux heures en moyenne statistique… c’est trop ! Elle est bien votre féria mais vous ne pouvez pas la commencer le vendredi ? – ça aurait quoi comme désavantage ? Le libraire vendrait plus de livres, les hôtels et gîtes plus de nuits, les penas plus de roustes, etc, etc, non ? mmm ? Quoi ???



Les Cuadri déçurent par un manque de colère, de combativité, de motivation au combat, en un mot, de caste, mais peut-être bien qu’animer de colère un squelette de 630 kilos est difficile ! Prenez trente kilos d’un coup et on en reparle… Tous furent tardos et d’un comportement similaire ce qui donna un jeu monotone. Ce n’est pas Uceda Leal morne aux aciers qui releva l’intérêt. Robleno hélas malchanceux aussi à la mort, pu quand même démontrer la sûreté de sa technique, son poder, sa domination et, fait nouveau, jambes bien réunies, évoqua même parfois une certaine élégance que les petits formats ont plus de difficultés à transmettre.



Joselillo belluaire laborieux restera en dessous de ses toros devant qui il y avait bien mieux à démontrer.



Retour place des neufs jets avec une fontaine en réfection pour l’éternité semble-t-il, où la sueur des serveurs overbookés coule dans la sauce de vos ''Boles de Picoulat'' à l’ombre des platanes où le boum-boum des sonos est – légèrement - moins tonitruant. Et qu’on ne me dise pas que je n’aime pas la musique : je l’aime au contraire !!!



L’après-midi pour le dernier rendez-vous, toute la garantie qu’offrent les Escolar Gil en terme d’agressivité et de combativité s’est exprimée. Depuis des années qu’on les voit, ils n’ont jamais déçu. C’est certainement pour moi le top du ganado actuel avec les Dolores Aguirre en plus aléatoire. Toujours agressifs et concernés, combatifs ! Au palco ça ne rigole plus, Matias le président de Bilbao préside ici aussi, flanqué de Giner en costard ! Ca fout la trouille, j’vous le dis, moi ! Au paseo quand la musique jouait y'en a un qui a gueulé : Giner, gaaaarde à vous ! Bon, pour autant, j’ai été comme de nombreux autres, assez surpris par certaines de leurs décisions… A moins qu’ils se soient dépêchés de ne pas apparaître surpris par la vocifération d’une arène qui feignait à certain moments de n’être composée que de membres distingués et savants de l’Académie Vétérinaire de France ? Car il y eut un quart d’heure de changite aîgu incompréhensible à mon (faible, certes…) entendement. Le premier présentait un puntazo qui aurait bien requis une ITT de trente jours de combat syndical déguisé en travail au premier CGTiste zélé (Vouaaaiiis ça vaaaa, oh…) défaut cosmétique qui ne gênait en rien sa locomotion… Change-t-on un toro qui a toutes ses facultés parce qu’il présente un défaut cosmétique qu’un public réprouve ?



Ensuite on fit prendre l’air aux deuxième et troisième sobreros pour remplacer le sixième pour d’infimes, on, va dire ''boîteries'' bien que ce soit en l’occurrence un grand mot, impropre, je dirais plutôt des ankyloses partielles qui cédaient au fil des foulées et du réchauffement des muscles dont le volume est tel qu’il est bien compréhensible que cela prenne quelques minutes… quand on est au repos depuis des heures et des jours. Un sprinter qui court le cent mètres à midi est sur le stade à neuf heures pour s'échauffer, ce que l'on accordera jamais à aucun toro ! Mais bon, l’expert de Bilbao toujours inflexible en décida autrement. Le deuxième assesseur était-il vétérinaire ? Je l’ignore mais en tous cas, des trois toros changés aucun n’avait montré de déficit locomoteur invalidant. C’était plutôt comme si le conclave ne supportait pas la moindre suspicion de défaut et qu’on ne veuille pas d’émeute. Laurent Giner viendra peut-être ici au commentaire nous dire son sentiment ? C’est un cite de loin…
Dans la foule, des maillots catalans arborant le nom de Robleno montraient que le chouchou Espla avait été détrôné et dans le ciel vrombissait un hélico qui lui aussi était jaune et rouge. Pas étonnant dans ces conditions qu'un graphisme noir de jais et blanc de cotton impressionne tant un photographe N&B. 



Alors ? Moustaki ou Trénet ? Toute la problématique du couple réside là : Voyez que ça sert, la tauromachie !?!

12 commentaires:

el Chulo a dit…

Si tu fais le Rocio comme ça, franchement, j'essaierai de venir avec toi. Il y a la place?

Marc Delon a dit…

Euh... Faudra que je change les amortisseurs et les ressorts d'abord... Et moi qui espérais en secret que ma campeuse anonyme se signale en ce sens...

Maja Lola a dit…

Enhorabuena au "petit" !
Bachelier et complice du géniteur en matière de tauromachie ....
Parce que question usagées de tentes Quechua m'est avis qu'il a d'autres réseaux et ressources ;-)

Chulo, vu la taille de la suite 5* delonnienne tu as intérêt à réduire "tu equipaje" pour le Rocio .... à moins que la tente Quechua de la voisine cérétane puisse se joindre à la caravane rociera ! A ver ....

Marc Delon a dit…

ben elle n'était pas si ''usagée'' que ça la trentenaire quechuesque... ;-)

Maja Lola a dit…

Usagères voulais-je dire ... (Ah .... cette écriture sensitive en joue des tours :-)

Anonyme a dit…

Le petit Delon, il a été contaminé à l'état de foetus quand son papa rebattait les oreilles de sa maman de ses escapades taurines.

Marc, je regarde avec la plus grande perplexité la photo de cette tente perchée sur une voiture et je me suis demandée d'abord si je souffrais encore de mon mal des montagnes de la veille !

Gina

Anonyme a dit…

Sur la belle photo-chapeau, qu'est-il arrivé au taureau ? Il a le blues ou il est tombé dans un aquarium ?

Gina

Marc Delon a dit…

le toro vient boire et l'appareil est sous l'eau, non ?

pedrito a dit…

Ce bestte sellère, on pourra le trouver à ORTHEZ? PARENTIS? ROQUEFORT?

Marc Delon a dit…

Oui, partout en librairie, et en tant que contributeur il vous faut vous fendre d'un mail à l'éditeur qui vous en enverra un exemplaire gracieusement.

pedrito a dit…

Non merci, pas question: ce sera mon plaisir de l'acquérir

Marc Delon a dit…

Olé pou le pundonor ! Mais on peut aussi faire les deux !