Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

mercredi 16 octobre 2013

Analyse du PH 2013

C’est une resena forcément subjective, comme toute appréciation sur quelque geste artistique que ce soit : ce sont des émotions, des sentiments, des rires ou des tristesses.

Pour moi, deux nouvelles restent fixées, campées, quelques autres en filigrane.

Incontestablement, la nouvelle de Miguel Sanchez Robles "L’ultime tragédie païenne de l’Occident", non parce qu’ elle est lauréate, mais parce que, dès les premières lignes, on est pris, embarqués, qualité essentielle pour un genre bref. Parce qu’en trois lignes, il est capable d’assembler des détails disparates pour en faire surgir un caractère. Parce que ces détails font passer, sans en avoir l’air, du trivial au métaphysique, du quotidien à l’éternel.

<< Mon père fumait comme vit un vieux chien, sans réaliser qu’il fumait autant, mais en comprenant parfaitement que le fait de vivre consiste seulement à tuer peu à peu un rossignol >> (p.20) Parce qu’une tendresse immense affleure de ces pages, un amour passionné de la vie comme une Fiesta Brava d’où l’on ne sort jamais indemne. C’est écrit d’avance ! 

L’autre nouvelle est celle de Marc Delon, "Cuban Missile Crisis" non parce qu’il est l’artisan de ce Blog, ni pour le flatter, mais pour la bonne raison que là aussi, nous trouvons une écriture forte et une atmosphère à faire tourbillonner les cendres d’Hemingway à Ronda. J’avais, très modestement, suivi ses presque débuts, et je m’acharnais, malgré son entêtement poli, à lui faire supprimer un trop plein d’adjectifs et une complaisance fantasmatique de Kiné en goguette. Quelques années plus tard, s’il continue à se lâcher sur son blog, il a réduit à l’os cette évocation d’un bar cubain et de ceux qui le hantent : Lupita au centre, cette petite louve solaire–obscure, comme surgie d’un enfer radieux pour faire luire les yeux avinés et les innocences lointaines, pour consoler ces hommes en orbite autour d’elle, « consciente » et généreuse. Des personnages haut en couleurs gravés à la pointe forte.

Son style est un mélange habile et percutant de niveaux de langage qui, par leur collision non ostentatoire, mais subreptice, capte la vigilance du lecteur, à la fois langage parlé et savamment artificiel (au sens originel). De l’humour aussi, à foison et une connaissance intime des êtres humains auxquels se "frotte" quotidiennement Marc Delon, quand il ne les "frotte" pas lui-même.

Et quelle chute ! jusqu’à la dernière ligne, on se demande où est la nouvelle taurine. La réponse ultime pourrait porter le nom de "Cuban Missile Crisis"

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PS : J’ai aussi apprécié le dialogue quasi théologique du pape avec Dieu, dans son confessionnal vide, et son actualité franciscaine :

« Quand la doctrine contredit la conviction, il faut changer de doctrine. »

Viviane Gatineau

9 commentaires:

Marc Delon a dit…

Ben oui, je sais... Pourtant j'avais pris mes précautions... j'avais contourné le fan club, délaissé les Gina y Lola d'ailleurs désormais beaucoup plus occupées par le diable que par leur demi-Dieu vivant sur terre, ce qui les éliminait d'office (juge et partie c'est pas possible... et tu vas voir qu'ils vont essayer de me la débaucher aussi, la Viviane, maintenant...!) pour éviter un compte rendu tout à ma gloire, mais bon...
Viviane, du fin fond de sa Dordogne semble aussi avoir flashé sur mon héroïne... Donc qu'est-ce qu'on fait ?
Bon ben c'est simple : que ceux qui me haïssent l'éprouvent un peu plus fort, que ceux qui m'adorent le relisent tous les soirs avant de s'endormir. Pour le reste...

Anonyme a dit…

Lola, pas de jealousy crisis.
Il a trouvé sa lupita
- Et quelle judicieuse Lupita - !
Ne t’en fais pas,
On s’en remettra.

Gina

Maja Lola a dit…

Mais non Gina, pas de "jealousy crisis" ..... Au contraire : le cercle du harem de notre demi-Dieu autoproclamé s'agrandit !
Donc, "diabolisons" tranquilles, nous le savons entouré et vénéré ;-)

Anonyme a dit…

Toute plaisanterie mise à part, je trouve ce commentaire, autant par sa clarté que par sa sobriété qui n'exclut pas l'humour, remarquable.

Gina

Anonyme a dit…

je frotte donc j'essuie...

Anonyme a dit…

Je cire donc je brosse ....

Anonyme a dit…

j'astique donc il reluit...

Maja Lola a dit…

L'Anonyme devient lourd. Du potache premier degré qui encombre quelque peu ici la qualité de cette brillante et réussie reseña....
Enhorabuena !

"Quand la doctrine contredit la conviction, il faut changer de doctrine" lisait jeudi soir un certain Dominique P. devant un parterre captivé par une soirée lecture. Le "confessionnal" ce soir-là n'était pas vide ;-)

Anonyme a dit…

Si que je suis lourd, c'est que je pèse !