Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

mardi 19 novembre 2013

Se qualifier

Pour se qualifier, le bon plan c’est de faire ce qu’il faut pour éviter les barrages. Trop tard. Eviter ces matchs coupe-gorges où ne gagne pas le plus fort mais celui qui a faim. Celui à qui le goulag est promis s’il ne se bat pas assez bien. Leur entraîneur l’a précisé : « nous n’avons peut-être pas de vedettes dans l’équipe mais chacun sait que ce n’est pas la peine de se présenter sur le terrain si ce n’est pas pour tout donner jusqu’à la dernière seconde » Le plus motivé, le premier sur la balle, celui qui par sa détermination fait échouer la technique léchée, celle dont les chevilles distinguées s’indigneraient presque de ces méthodes vulgaires d’engagement total. T’as compris Evra ?

Oui mais voilà, pour ces laborieux de la balle au pied, ces ouvriers qui bâtissent au pays et pas à l’étranger déracinant, le maillot, l’équipe, le pays correspondent à de vraies motivations. On ne voit pas leurs femmes secouer dans les tribunes des drapeaux algériens. Eh non… Que pourrait-on avoir à foutre de la France quand dans la banlieue où l’on a grandit, il était de bon ton de s’insurger et vomir tout ce qui la représentait, que pourrait-on avoir à foutre de la France quand son bonheur personnel est ailleurs, en Angleterre ou en Allemagne où l’on vit et travaille ? A quoi peut correspondre ''jouer pour la France'' ? Si, peut-être le standing, l’occasion de fournir la vitrine du mercato où potentialiser l’action de ses bourses, sa carrière propre, sa valeur marchande, de mercenaire au plus offrant, apatride professionnel entraîné à n’avoir que pour seul sentiment d’appartenance son régime fiscal, mais pas plus. Je hais par contre l’idée volontiers émise en ce moment qu’on ne peut se reconnaître dans cette équipe de noirs et d’arabes… Pour trois raisons principales :

 - On ne peut pas en vouloir aux gens pour ce qu’ils sont…
 - On ne peut pas avoir colonisé la moitié du monde et renier le droit à ceux qu’on a ‘’obligé’’, de porter notre nationalité…
 - Les blancs pure souche n’ont qu’à courir aussi vite et aussi longtemps avec autant de talent pour avoir la possibilité de leur disputer la sélection…

 Par contre, d’avoir cette mentalité de merde, ça on peut leur en vouloir. Fallait depuis l’épisode du car, sortir tous ces décérébrés milliardaires plus assez motivés. Fallait reconstruire avec des jeunes morts de faim, qui voulaient bouffer du cuir et du gazon. Fallait… Les journalistes peuvent-ils écrire qu’il fallait virer tous ces petits cons, imbus de leurs aptitudes de baballe avec leurs airs de lascars ringards ? Non, ils aimeraient tellement partir au Brésil avec eux… Faudra attendre encore un peu pour qu’ils se déchaînent, foutu pour foutu… Et tu sais quoi lecteur ? Si ça se trouve ils vont s’arracher la peau du scrotum (il est temps que cet article se termine je sens monter l’ordurier défoulatoire…) et se qualifier, faire chavirer le stade, les commentateurs et la France de bonheur… Le tireur fou va surgir, dégommer leur goal à la chevrotine et on va le marquer ce troisième but !!!
Et tout le monde dira que ces petits cons, ils sont géniaux ! Et ce grand écart-là, ça c’est du sport !

5 commentaires:

Maja Lola a dit…

ça fait un moment qu'il se repose .... le "travailleur" .... il ne voit rien à l'horizon ?

Anonyme a dit…

Goaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal.......!!!

Marc Delon a dit…

Pas le temps....

Pedrolan a dit…

Un jour trois avis, un jour le rabo : c'est du Morante, ça ! Au Brésil, ils vont nous faire le coup de la chaise, si ça se trouve.

Anonyme a dit…

"Et tu sais quoi, lecteur ..."
Eh bien oui, quelle espèce de pressentiment a soudain jailli du clavier un peu rouillé de Marc, le public, puis toute la France ont chaviré de bonheur !
Gina