Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

lundi 2 mars 2015

AMERICAN SNIPER


Sharpshooter

C’est comme la nuit et le jour, le cauchemar et le bonheur.  Sauf que là, il faut passer à l’un en pleine conscience de l’autre. Et que ça nuit, forcément, à la santé mentale, ce genre de ping-pong psychotique extrême. Rester sur le qui-vive au front, s’avérant moins difficile que rester zen dans son living-room. C’est un peu l’histoire de deux mondes irréconciliables, chacun très loin d’espérer concevoir l’autre. Comment jouer avec son fils quand on a dû abattre un enfant du même âge deux jours plus tôt ? Quelle serait la réaction de la mère de votre propre fils, si elle savait ça ? Pourrait-elle reconnaître celui qu’elle aimait ? Laisserait-elle encore ces mains ensanglantées de tueur impitoyable caresser sa peau blanche et douce ?

Bien sûr, cette autre mère qui charge son petit d’une grenade destinée à l’ennemi, le tue tout autant que la balle de ce sharpshooter, bien sûr. Mais dans une guerre dont la légitimité est contestée, qu’on a déclenchée sur la base de fausses affirmations, se sentira-t-on au final héros ou salaud ?

Au goal average, Chris Kyle l’emporte haut la main : 160 à 0. C’est son score personnel. Kyle, qui a existé, soldat des Navy Seals, a vraiment dégommé dans la vraie vie – si on peut appeler une guerre, une vie – cent soixante personnes, femmes et enfants compris qui en voulaient à la sécurité des Marine’s qu’il était employé à protéger. Good Job.

Tout ça, pour une fois fusil raccroché, être abattu par un vétéran de sa propre armée. Comme quoi les hommes aux destins extraordinaires n’ont pas de fin ordinaire.
Peut-on s’emparer de la réalité pour faire un roman ou un film ? Pour Eastwood, la réponse est clairement oui. Il a apparemment raison puisqu'il vient de détrôner le recordman des recettes des films de guerre, le ''Il faut sauver le soldat Ryan'' de Spielberg.
Le procès de son assassin se tient justement maintenant, en pleine sortie du film : good shot clint…tu as toujours bien su tirer, toi aussi. Et puis quelle gueule, Clint, mordant comme un serpent, quel beau sniper tu aurais fait... autre chose que ce barbu-joufflu de Bradley Cooper. 

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'ai d'abord cru que sur la photo, c'était Jose Tomas...