Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

samedi 10 septembre 2016

Hypothèque levée !



Quand un Ecossais, David MacKenzie, se mêle de réaliser un western contemporain qui danse entre les ricochets des balles du thriller, de la comédie et du road-movie, cela donne   ''Comancheria''.               (titre français)


Les beaux paysages en moins. Mais la revanche à prendre sur le méchant est bien là. Le méchant, c’est la Midlands Texas Bank qui a hypothéqué le ranch de leur mère aujourd’hui décédée. Comme une métaphore de la dépossession des territoires Comanches par les pionniers. Alors les deux fils veulent rompre le signe indien, celui de la pauvreté qui colle à leur famille depuis des générations. L’un parce qu’il est devenu jusqu’au-boutiste après dix ans de taule pour avoir refroidi un beau-père indélicat, l’autre pour mettre à l’abri ses enfants et s’acquitter de la pension due à leur mère malgré le reproche permanent lu dans ses yeux, quoiqu'il fasse, quelque aient été les raisons de la dissension, bien entendu…


Le temps presse, il faut rembourser la banque pour s’affranchir de sa rapacité, mais où trouver l’argent qu’on n’a pas, ailleurs que dans une banque ? Et pourquoi pas celle-là même, histoire de rendre les braquages presque moraux… ?


Seul le vieux Texas Ranger qui les poursuit comprendra, mais trop tard, ligne de la retraite franchie, même si la dernière scène du film, laisse ouverte l’issue d’un duel final entre les deux protagonistes qui ont chacun tué l’être cher de l’autre. On est dans l’ouest du Texas, oui ou non ?


Mais le but des frères est atteint, la banque, remboursée par son propre argent dévalisé, blanchi au casino, ne pourra que lever l’hypothèque et, désormais, sur les terres arides mais au sous-sol pétrolier, la vie des fils et de l’ex se bercera du va-et-vient lent et régulier des chevalets de pompage, mouvement révérencieux d’un acquiescement permanent à jouir des cinquante mille dollars mensuels fournis par les barils d’or noir.

Pour solde de tout compte, chérie…  Reste une question : l’amour déçu est-il soluble dans le pétrole ?

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