Adieu

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photo de Anya Bartels-Suerdmont

vendredi 21 octobre 2016

Ratonero








Ratonero était un toro de présence. C’était comme si, dix mètres tout autour de lui, il déplaçait une bulle impossible à comprimer qui dévastait tout sur son passage. Le jeu, il n’aimait pas ; la provocation, non plus. Les razets ? Ca l’horripilait. Des barreaux de respect ne l’empêchaient ni d’entrer avec élan là où on ne le voulait pas, ni d’en ressortir sans élan pourvu qu’il l’ait voulu. Car son frontal, dur comme un tronc de chêne qui aurait avalé une poutre composite d’acier était tout mou en comparaison de son mental. Alors, ‘’Ratonero’’ on lui met la majuscule s’il vous plaît, ne transigeait pas. Il n’aurait pas pu être premier secrétaire de parti, ériger du consensus mou sa ligne, non. C’est au nom du Toro Bravo qu’il agissait, de l’idée qu’on s’en fait, pas au nom de tous ces dégénérés de l’aficion, communicants d’oxymores, en des bullshits insensés comme ‘’toro artiste’’, ou au nom de ceux qui reconnaissent du mérite à un torero qui ‘’inventerait’’ son toro. Non, lui, s’il aurait été de très faible toréabilité, c’est pour d’autres raisons.


Ratonero, avait ceci d’émouvant que partout et toujours, il s’inventait lui-même, loin de concepts fumeux donnés à gober aux bobos de la pensée taurine. Qu’il dévastait et hachait menu tout ce qui entravait son passage : des barreaux derrière lesquels tous les autres animaux seraient restés interdits, éléphants compris, jusqu’aux barricades, en passant par d’autres amuse-cornes comme fûts métalliques, tables, estrades, madriers, escaliers, poutres, etc, soit tout se qui se dressait entre lui et sa volonté. Sans la ruse du renard ou la fourberie d’un félin, juste franc, noble et droit. C’était un toro. Bravoure et fierté entre les cornes. Droit devant, avec force et détermination, même si ça résiste, même si ça fait mal. Ce tempérament, c’est en grande partie le fantasme de l’objet de ma quête quand je me rends à l’arène. Tomber enfin sur un « rompe plaza » et jouir de l’éclat de la sauvagerie.
Cela m’a parfois interrogé : avais-je un esprit si malsain que la panique ressentie par d’autres pouvait me distraire ? Je ne crois pas. Il y a juste cette fascination de la peur inspirée, de cette force tellurique impossible à contrer, de cet esprit hermétique au consensus, du message de mort imminente qu’il déplace avec lui. Un message que seul un drap de serge molle peut fragmenter pourvu qu’il soit tenu par un bras courageux.
Etonnant, non ?

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Mais quand à t'on basculé si brutalement de torerista à torista !!!! ????
Sophie

Marc Delon a dit…

Tiens, on salue la première intervention de Sophie ici... ! But what ? On se connaît depuis 15 jours et tu m'as connu torerista ?!!!? Ou supposé tel ? 'tention hein, ça frise la diffamation... faut relire mieux "Sentiments aficionados"...
en fait j'essaye d'être rien du tout, juste pas dupe. Donc moins heureux...

Anonyme a dit…

le texte est drôlement pensé, écrit calmement et...beau.

Anonyme a dit…

Quelle belle reflexion' marcos. Rien ne dit quen plus ce toro un peu anovillado' naurait pas ete un grand toro. Je men excuse aupres des c vrais aficionaf0dos toristas' mais ces fetes mont toujours paru degueulasses' come foutre le feu aux cornes es toros. Le senor toro merite autre chose et ce sont les eleveurs qui essaient de garder une purete de sang quisacrifient leurs produits das czs merdes.3ecrit opar el chulo


Marc Delon a dit…

Raté : le texte était spontané et écrit dans la fièvre de la passion dont une bulle éclatait ici...

Partagé effectivement sur ces fêtes de rue. Populaires et nourrissant la passion, un ciment important mais bon certains comportements font mal au coeur