Adieu

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photo de Anya Bartels-Suerdmont

samedi 15 novembre 2014

Fandiño seul contre lui

Comme l'annonce le site torobravo.fr, Ivan Fandino se produira à Las Ventas ''seul contre lui'' face à des élevages réputés peu urbains.

Oui, ''seul contre lui'' c'est ainsi que je nomme désormais les ''seul contre six'' tant il m'apparaît évident que le premier des adversaires d'un tel défi, c'est soi-même. Ses propres limites, tous domaines confondus, artistiques, techniques, mentales...

Pour filer une métaphore laborantine, sous la lumière rouge de la passion, dans la cuvette houleuse d'un public où tout a déjà baigné, six toros comme autant de révélateurs de vos grains d'argent ou d'une mauvaise composition, d'un angle sans perspective, avec des noirs opaques, bouchés, que vous avez beau revendiquer, le spectateur n'est pas dupe. C'est très périlleux et pas uniquement pour la santé, aussi pour la profondeur de champ du souvenir que vous comptiez imprimer.

En début de saison, l'enjeu est grand : plan shooting dans toutes les autres arènes du circuit ou virage sépia de votre toreo vers les oubliettes. Triompher à Las Ventas c'est un peu s'imposer nécessaire à tous, on vous tire, vous encadre et vous affiche au mur. Mais Yvan-le-sombre a-t-il les moyens d'étinceler au long cours, de se transcender à répétition ou son art est-il plutôt d'extraire quelques pépites fugaces et hermétiques à beaucoup ? Perso, un mano à mano avec Alberto Aguilar m'aurait beaucoup plus intéressé. Koi, Keskya ? Il pense ce qu'il veut le gato negro...

Enfin... si vous vous demandiez comment échapper au repas dominical des Rameaux chez belle-maman, vous avez un alibi maintenant. Assumez, vous l'avez toujours su confusément que vous n'étiez pas le gendre idéal, capable de rester assis des heures durant à complimenter les plats et écouter les névroses avariées, les obsessions politiques assénées et les projets de vacances de chacun. Non, vous, il vous faut du sang de choix, de la sueur et des anchois, du poulpe et du jambon, des cigares et de l'émotion, une vie ouverte, où tout n'est pas écrit dans le marbre comme du Sanscrit.

Que vive l'impondérable, l'aléatoire, le sel de la vie (mince, j'ai oublié de vous parler du « Sel de la Terre » de Wim Wenders sur l'oeuvre de Salgado. Courez-y vite s'il passe encore) et que meurent les toros en livrant leurs secrets magnifiques.

De quoi on parlait déjà ? Yes, Fandiño seul contre lui, ben voilà, pas plus.

Photo piquée à Signes du toro

3 commentaires:

el Chulo a dit…

Le problème de Fandino cette saison, est, ce qui est humain, qu'il a voulu tirer les marrons du feu en imposant sa présence dans des cartels de "luxe", devant le bétail qui va avec. Il refusait de toreer en mano a mano par exemple avec Alberto Aguilar qu'il jugeait de catégorie inférieure.
Il veut redorer son image de torero de bétail "dur", mais il vrai qu'il a montré ses limites "artistiques".
Personnellement, je l'ai toujours trouvé brusque, inélégant, mais peut être était ce lié au bétail!!!!!!!!
enfin las ventas n'ont plus du tout le rôles que tu leur attribues et qu'elles avaient dans les années 80. Les figuras s'en foutant royalement.
C'est tout de même un geste de toreria, de verguenza torera mais surtout un gros coup de pub!

Anonyme a dit…

Parler déjà de tauromachie et de Rameaux c'est se transporter au printemps, peut-être pour oublier Noël et d'autres fastidieux repas dont on se dit plus tard qu'ils avaient au moins le mérite de rassembler des gens qui n'y sont plus.
Gina

Pedroplan a dit…

C'est vrai qu'on enterre à tour de bras en janvier.