Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

lundi 26 janvier 2015

Forêt, Faune, Foufoune


Ça renardait l’autre soir au théâtre pour l’apothéose.  Ileno, et Rocio moulinant, un masque foxy sur la tête.  

Je ne suis pas moderne. J’aime pas quand les arbres sont à l’envers… Enfin, il est des occasions où je n’ai pas envie d’avant-gardisme contemporain. Par  exemple quand je vais voir, une fois l’an, un spectacle de flamenco. En bon quinqua rétrograde, je viens plutôt chercher le monde que j’ai connu et qui inexorablement s’éloigne de moi… J’adore le vieux serveur des tendidos de Las Ventas dans sa livrée faussement chic, veste bordeaux élimée, chemise blanche, cravate noire, le cheveu rabattu et gominé cachant la calvitie, et stylé grande maison pour servir le ‘’Wiki’’…. Mais peut-être n’existe-t-il déjà plus, c’était il y a quelques années... J’aime pas le petit homo branchouille, pull vert pistache et lunettes Mikli rouge, ouvertement désespéré par mon look, qui vient me déposer une assiette sophistiquée en tortillant son petit cul épilé, je préfère le serveur à l’ancienne de chez Duran à Figueras, dans son costard ‘’hôtellerie’’ démodé qui me sert la paella dans une vieille paella noire où les sucs se concentrent depuis des décennies… Mais peut-être n’existe-t-il déjà plus, c’était il y a quelques années… Alors pour le flamenco, dans mon fantasme de nostalgique assumé, mon imaginaire va vers la jupe volantée, la guitare, le feu de bois, le chemin poussiéreux du Rocio… D’ailleurs, je ne m’étais pas battu pour avoir des places. De même que j’ai rayé Israel Galvan de ma carte. C’est inopinément que je me suis retrouvé le postérieur dans un fauteuil d’orchestre de velours rouge à espérer une jolie Rocio. Je ne sais si c’est par comparaison facile, mais elle ne l’est plus, jolie, dans sa vilaine robe sylvestre, même si deux faunes lui couraient après dans le bosquet ardent, pour la pecho grave à coups de reins à peine suggestifs. Plutôt très réalistes. Et vas-y que je t’en mets un petit coup par devant ou par derrière, oh pardon. En plus, elle avait semble-t-il égaré sa pince à épiler depuis un temps certain, et pourtant je ne suis pas très sourcilleux. Vous êtes encore là ?

Non parce que, je reconnais que ma resena vaut autant qu’un compte rendu qu’écrirait Ribéry sur les progrès de la chirurgie esthétique maxillo-faciale, mais bon, vu que l’accès au théâtre n’est pas interdit à des béotiens comme moi et que la liberté d’expression, n’est-ce pas… gnagnagna, etc… ok ? Si c’est la première fois lecteur, que tu atterris sur ce blog et que tu ne comprends pas tout, c’est normal, faudra t’habituer.

Donc, deux faunes à demi nus reniflant qui la foufoune, qui le fessard d’une Rocio qui se pensait chasseresse avant de s’avouer la proie de toutes les convoitises jusqu’au manque de fantaisie d’un des chasseurs, c’est ça le pitch, comme il dit Ardisson avec son grand sourire niais. Standing ovation des entendus et applaudissements assis-courtois des décontenancés de la nostalgie. Ce qui serait bien c’est que mon ex-collaboratrice flamenca monte à la resena, je la cite, en tout cas, les index bien plantés dans le clavier, car elle a « adoré ». C’est vous dire si ça devait être bien.
 
photo Midi-Libre

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