Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

samedi 9 juin 2012

Photo Légendée


Le plus souvent, c'est la photo que l'on rate. L'instantané que seul le photographe garde en mémoire dans la rétine et le cerveau, dont il ne se détache que petit à petit, à regret, en sachant qu'il a raté quelque chose. Il a vu sa photo, mais n'a pas pu la faire ; parce qu'il n'en a pas eu le temps ; parce que l'attitude était tellement furtive, parce que quelque chose a bougé, a cloché, in-extremis, alors qu'il allait presser sur le déclencheur. Parfois, parce qu'il en a tellement raté des photos de cette sorte, pour lesquelles il n'y a qu'une ou deux secondes de ''fenêtre de tir'', que par expérience et défaitisme mêlés, il n'a pas soulevé le lourd boîtier jusqu'à son œil. Parce que ce serait trop beau, parce qu'on ne voit ça que dans les livres des maîtres du genre qui pissent, mangent et dorment l'appareil à la main. Parfois, parce qu'il sait qu'il n'y aurait que lui pour la ''lire'', en comprendre le sens, en interpréter tout le sel. Alors il s'abstient, renonce, car une photographie doit se suffire à elle-même et que là, tout, dont le détail principal, n'a pu être cadré. Car à vrai dire, comment ferait le spectateur pour en partager le plaisir, s'il ne sait pas que Juan José Padilla juste en dessous, vient à cet instant de fouler le sable du ruedo, son bandeau de borgne sur l'oeil ?

10 commentaires:

Pedroplan a dit…

Ah, mais le charme de cette photo c'est aussi qu'on peut imaginer ce qu'on veut, dans la mesure où on ne sait pas ce qu'il ya dessous. Par exemple que l'aiguille amoureusement fabriquée et affutée par les frères Poitevin à Alès soit venue percuter l'oeil de ce monsieur.

Anonyme a dit…

magnifique!

Anonyme a dit…

C'était une course de douze toros, or le monsieur, en lisant le dépliant explicatif de la corrida, a décidé de respecter la tradition et le règlement et de ne voir que six cornipètes.
En bas, il y a Simon qui lui hurle que ce n'est pas une raison pour exiger demi-tarif.
Castella, pendant ce temps, prépare son pendule.
Le gamin pense que c'est un peu le binze.
JLB

Anonyme a dit…

AAAAAH ! si j'étais à nouveau et pour les siècles des siècles Ministre de la Culture, je déclarerai la Corrida obligatoire partout en France.
Jack Lang

El Jipe a dit…

Je n'ai pas envie ni ne ressent le besoin d'argumenter. Cette photo est sublime, simplement.

Anonyme a dit…

Moralité : un photographe, toujours doit regarder en l'air... surtout dans les arènes...

A ce propos, tu n'aurais pas en rayon quelques décolletés ou jolies jambes qui nous changeraient un peu des gros messieurs ?

Marc Delon a dit…

Maaaaaais bien sûr que j'ai ça en rayon... ça peut sortir... un jour ou l'autre... vu qu'il n'est pas nécessaire d'être curé pour y être sensible.

Anonyme a dit…

C'est curieux,quand je me cache un oeil,je vois des demi-toros,et quand j'enlève ma main,ce sont toujours des demi-toros !

Tolosa

PHILIBERT a dit…

"Que c'est bien vu,
Que c'est bien dit !
Magnifique !!!"
Cathy Philbert

Marc Delon a dit…

Hola cathy, bienvenue.