Adieu

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photo de Anya Bartels-Suerdmont

samedi 2 juin 2012

L'ADAC nous informe de ses choix

A peine avions-nous annoncé les initiatives originales et ambitieuses que nous vous réservions cette année, que l’on a vu fleurir sans vergogne, ici ou là, de pâles copies, aux intentions parfois suspectes.

A l’ADAC, nous nous sommes posé la question : faut-il être légitimement fiers de jouer le rôle de locomotive sur la planète tauromachique, au point d’être partout imités, ou  faut-il au contraire regretter ces « copiés-collés » bricolés, qui ne font que dévaluer nos projets en les banalisant et en les vidant de leur substance initiale.

Alors, chers aficionados, et sans céder à la mode des pseudos confidences à visée publicitaire, nous aimerions revenir en quelques mots sur la genèse du Céret de toros 2012, afin de vous dire concrètement comment « tout ça » s’est bâti peu à peu.
L’HISTOIRE D’UNE « ENCERRONA » Au vu de sa prestation à Céret l’an passé notre intention était d’inscrire Fernando Robleño au cartel de nos deux corridas.
Lorsque ce dernier nous a proposé une « encerrona » pour Céret de toros 2012, nous avons d’abord été perplexes, puis devant l’enthousiasme du torero, devant ses arguments parfois émouvants, devant sa motivation sans faille, nous ne pouvions qu’accepter de lui permettre de réaliser son rêve de torero. Comment aurions-nous pu refuser à ce vaillant guerrier de montrer à tous que ses faits d’armes de Madrid et Céret méritaient bien meilleure récompense qu’une temporada de 15 corridas en 2011 ? En effet, lorsque vous n’êtes pas « apoderé » par un membre du cercle des gens influents du « mundillo », quelle que soit votre valeur, vous êtes relégué aux basses (pour eux...), mais combien nobles besognes, consistant à braver des corridas dures à longueur de saison.

Lors d’une réunion avec Fernando, il nous a confirmé qu’il n’avait aucune exigence sur le choix du bétail qu’il aurait à combattre, (encore un acte de courage louable). Le choix des toros ne relevant que de la seule volonté de l’A.D.A.C, nous avons opté pour la ganaderia de Don José Escolar Gil. A cette occasion, nous avons en outre expliqué à Fernando que nous souhaitions, dans la continuité de notre obsessionnelle défense du « tercio de varas », choisir les quatre picadors qui allaient compléter ceux de sa propre cuadrilla. Après avoir établi une liste de piqueros reconnus pour leur savoir-faire, nous sommes conjointement arrivés au choix qui suit :

Placido Sandoval, Pedro Iturralde, Manuel Bernal et Gabin Rehabi qui accompagneront les cavaliers habituels de Fernando : Francisco Plaza et Juan Alfonso Doblado.

Nous sommes persuadés que ces grands professionnels, reconnus comme tels, permettront à notre public d’assister à des premiers tiers effectués dans le respect  et la mise en valeur  de chaque toro.

Enfin, non contents d’avoir choisi les cavaliers, nous avons aussi discuté sur le choix des « peones de brega » (puisque pour nous la corrida est un tout et qu’il ne saurait être question de négliger un seul de ses aspects, fût-il considéré par certains comme secondaire). Là aussi une liste a été faite, mais nous avons considéré que dans ce cas, seul le Maestro avait à décider quelles personnes étaient à même de le mettre en confiance. Là encore Fernando Robleño vous réserve quelques surprises en ayant invité certains des meilleurs lidiadores de plata.
Un torero avec un énorme pundonor ; des picadors et peones triés sur le volet ; un élevage de respect et de très grande qualité ; trois raisons pour espérer assister à une grande corrida. Cela paraît presque un rêve d’aficionado, c’en est peut-être un d’ailleurs et nous aimerions vous le faire partager.
MORENO DE SILVA – DESPEDIDA D’EL FUNDI

« Vous avez choisi Moreno Silva pour la corrida du samedi ! Mais vous ne trouverez personne pour les affronter ! » Voilà en résumé ce que l’on nous disait en Décembre après que nous avons choisi les toros de Don José Joaquin pour le samedi 14 juillet.

« Allo, Fundi ? Nous voudrions te proposer de toréer la corrida de Moreno Silva le 14 juillet ? – Ostias ! »

On aurait pu penser que José Pedro Prados, pour sa tournée de « despedida » en France impose du bétail plus suave aux organisateurs. Ce serait mal connaître cet autre guerrier qui n’a jamais reculé devant aucun élevage dur : Miura, Dolores Aguirre et consorts, il ne connaît que ça. Il les pratique depuis 25 ans d’alternative. Et c’est donc sans aucune discussion qu’il a accepté notre proposition, considérant qu’il ne pouvait faire sa « despedida » en ignorant les 11 contrats qu’il avait eus à Céret. C’est donc avec un immense respect que nous aurons le plaisir de l’accueillir le samedi 14 juillet pour affronter les « Saltillos de Palma del Río ». Il sera en bonne compagnie puisque Javier Castaño, triomphateur de l’année passée et Serafín Marín seront ses complices de « cartel ».
LES GRACILIANOS DU BOUT DU MONDE :
La Isla Mínima : Mais pourquoi aller chercher si loin une novillada ?

Juan Luis Fraile sans carte verte, Chafick vendu à un « tratante », Palomo Linares avec plus de Nuñez que de  Gracilianos :  eh oui, il fallait bien traverser la « marisma » pour essayer de retrouver les traces des Gracilianos d’antan.

Que nous réservent ces novillos, dont certains bénéficient d’un apport de sang « Buendia » par un semental de Chafick (1998) ? Bien fort serait celui qui pourrait le dire sans risque d’erreur. Notre décision s’explique très simplement : prenant acte que la branche Ibarra de Santa-Coloma est particulièrement en danger à l’heure actuelle, nous souhaitions, par ce choix, souligner l’importance de la variété des encastes pour la survie de la cabaña Brava.

El Dani qui nous surprit par sa vaillance l’année passée, Emilio Huertas novillero élégant  et secondé par une cuadrilla exceptionnelle (Frères Otero), puis enfin Imanol Sánchez (dont le pari nous a séduit) auront la lourde charge d’essayer de triompher devant ces novillos de respect.

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