Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

samedi 19 septembre 2015

Deux places pour un massage

Dans l'état d'aquoibonisme transcendantal chronique où je me trouve depuis deux ans, je n'avais pas prévu de me déplacer pour voir des Puerto de San Lorenzo. Oh qué no. Il a fallu que mon avant-dernier patient me dise que sa femme avait gagné deux places pour la course dont elle ne savait quoi fouchtre et que mon dernier patient se décommande pour que se retrouve mon ex-auguste fessier dont les fibres rouges striées me propulsaient jadis en Fosbury dans le firmament du ciel azur du ''Stade Municipal Marcel Rouvière'', sur les pierres millénaires fossilisées de l'amphithéâtre à anti-corrida.

Ça va l'intro t'a plu, lecteur ? C'est lourd, hein, ce matin ? En même temps, t'es obligé de ramener ta truffe ici ? Bon, alors...

L'éloge de la lenteur est un concept qui se défend, notamment pour le maniement des étoffes devant les museaux ; mais, quand tu vois sortir un toro au pas, très lentement, il n'y a pas de quoi accélérer le galop de ton espoir de voir une bonne course... maintenant que tu as compris de quels toros il s'agissait, les gonzinards :

Luque coupa parait-il, une oreille. Je jure que je l'apprends ce matin par le journal. On ne s'en était pas rendu compte ma sirène et moi. Rien d'étonnant, je réalise que je passe plus de temps à la bader qu'à regarder en bas. Une gazelle énergique et souple, qui ne choit dans le sable que lorsqu'elle veut bronzer, c'est quand même plus passionnant qu'un bovin déjà noir qui se croit tout le temps à la plage, non ? Si.

Le ''Pas Gitan'' (El Payo) prenait l'alternative. Pas le plus mauvais que j'ai vu mais manquant encore de sel, poivre, personnalité, alegria, détermination.

Heureusement Joselito Adame. Il a dû être pauvre, lui, dans sa jeunesse. C'est lui qui s'intéressa le plus, le mieux, le plus intensément à son métier. Concentré, concerné, travailleur, belluaire, mexicain. Las, il tenta en conclusion d'un trasteo intéressant une sorte de volabir à moins que ce ne fût un récipié dont résulta l'épée la plus laide qu'on n'ait jamais vu dans l'histoire de la tauromachie de Tijuana jusqu'à Barrancos.
Et si ça me plaît à moi, d'exagérer ?

Quand mon patient revint avec les deux places que sa femme m'offrait, je lui dis de transmettre à celle-ci, qu'elle avait gagné une séance de massage, qu'elle n'hésite pas à me contacter pour prendre rendez-vous. Cela n'eut pas l'air de le ravir, je crois que je suis bon pour une bouteille de vin...

1 commentaire:

Pedroplan a dit…

Ah, mais Marc, c'est que tu n'as pas vu celle de José Ruiz Munoz la veille ! Je parle de l'épée portée dans le plus pur style de l'auguste tonton.