Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

lundi 26 mars 2012

La corrida doit-elle s'adapter à la modernité ?




Fouzy-tôt Edit-tou








Français, né en France, élevé au camembert et aux aides sociales, il est mort déguisé en oxymore vestimentaire – djellaba pour le martyre et gilet pare-balles pour ne pas mourir et tuer encore – et se prélasse désormais en bon djihadiste parmi soixante-douze vierges amoureuses de lui, croyance finalement pas plus tarte que la bonté asexuée des anges du Paradis. La naïveté de certains commentateurs dans les diverses émissions me fait frémir. Son dernier geste ayant été, agonisant, un doigt d'honneur au RAID, ça en dit long sur la ''pureté'' de sa détermination. Si Manaudou à qui l'on ne demanderait volontiers que de nager plus pour nager mieux, attribue publiquement cette haine aux jeux vidéos, il est à craindre que le récent documentaire très intéressant sur la guerre d'Algérie où l'on voit des soldats français abattre de sang-froid des Bédouins inoffensifs sortant de leur tente ait été la dernière goutte de perfusion de haine que ces racistes vouent aux Français. Abel Chennouf était chrétien mais sur les plateaux médiatiques n'étaient invités que les représentants juifs et musulmans tant il semble être dans l'ordre des choses que le chrétien soit sacrifié. Il faut dire qu'il le doit un peu à lui-même à force de véhiculer au cours des siècles ce genre de principe :



« Si on te donne une gifle, tends l'autre joue »



Comme nous l'assénait Frère Pierre à l'école primaire religieuse où mes parents m'avaient inscrit espérant m'instiller inexorablement la foi ce qui, mauvais calcul, ne fit que renforcer ma méfiance innée à l'égard des crédules en soutane. La foi ou son absence n'étant qu'une affaire entre l'hypothétique très haut et soi qui s'affranchit souvent des intermédiaires plus ou moins névrosés, illuminés, hypocrites désemparés. Amen.



Finalement, vendredi dernier, j'ai décommandé les quatre ou cinq rendez-vous qui m'empêchaient d'aller à la conférence ''La corrida doit-elle s'affranchir de la modernité ?'' Oups, pardon... lapsus...



''La corrida doit-elle s'adapter à la modernité ?''



Salle comble sous les hauts plafonds de l'hôtel Impérator, avec des sièges parfois garnis de gens dont on sait qu'ils peinent à connecter deux neurones, mais bon... je suis vilain, je n'irai pas au Paradis. Premier écueil gênant, personne n'a, en préambule, défini ce qu'il était entendu par ''modernité''. Gênant par ce que, quand un aficionado ou un revistero emploie le mot, il entend quelque chose comme ''Tous les moyens, toutes les compromissions, tous les trucages, toutes les feintes, atteintes, fraudes, variations, tolérances, tous les petits arrangements divers et variés qui permettent de tricher avec l'authenticité d'un risque, l'intégrité d'un adversaire, bref la vérité d'un combat digne et admirable''. En tout cas c'est la mienne et je vous la soumets car elle est partagée largement...



C'est le classieux Don Prieto de la Cal, ganadero, que la mafia, s'il en faisait partie, pourrait surnommer ''L'élégant'' – j'ai même envoyé sa photo à Maja Lola pour la faire fantasmer un peu c'est vous dire...- qui ouvrit les débats sous l'oeil admiratif de la Marquise, sa maman, qui arborait un sidérant chignon inter-galactique à chevrons obliquement inter-pénétrés, que même les astronomes amateurs du télescope du Mont-Duplan n'avaient jamais observé dans la stratosphère... Sans doute une survivance nobiliaire d'une praticienne capillaire royale et baroque du barrio de Santa-Cruz de Séville, du moins c'est l'idée qui me vint. Et j'étais à jeun mais il est vrai, freshly debarqued de ma banlieue pas folichonne.



Et là, bonne surprise, pour les aficionados purs, naïfs et rêveurs que nous sommes, l'hidalgo ne transigeait pas. De son accent à couper des rondelles de chorizo à la hache, il démonta une à une et méthodiquement toutes les idées ''modernes'' sur le toro de combat, affirmant avec conviction l'importance qu'il y avait à ce que le toro soit sauvage et agressif, non réduit par ces contentions abusives pour le manipuler, comme par exemple la pose de ces ignobles fundas, tandis que la marquise dont il est issu, opinait du chignon. Applaudissements nourris de tous les toreristas présents !!! C'est vous dire si l'on commençait à se marrer... Bien que j'aie senti l'envie de lui demander si cette noble position s'avérait compatible avec une viabilité économique. Las, il chaussa soudain d'infâmes lunettes panoramiques à verres épais, Ô injure à l'esthétique, qui transformèrent son image du tout au tout : je n'ai pas renvoyé une photo à Maja Lola pour la laisser flotter dans ses songes érotiques du pays natal, charitable que je suis. Hey men.


Deuxième intervenant, le sieur Hubert Compan vétérinaire de son état. De lui, on comprit très vite qu'il ne se posait plus la question qui nous réunissait ce soir là : sa réponse était oui depuis lurette et de plus, sa créativité naturelle l'avait poussé à réfléchir à moults dispositions pour, attention, je cite : « faire venir les gens aux arènes » sous-entendu ceux qui n'ont aucun cheminement en aficion, les béotiens qui doivent avoir du divertissement pour leur argent et à qui on doit faciliter la prise de plaisir. C'est un point de vue... Malheureusement, l'homme est sympathique, assez bon orateur et compétent dans son domaine ce qui émaille son discours d'un réel intérêt comme lorsqu'il nous apprend comme pour nous tancer nous autres – pourquoi dire ''toristas'' ? Disons admirateurs du toro, ça suffit - que ce sont les Domecq qui grâce à leur morphotype et à leur typologie musculaire sont les plus aptes au galop et donc à charger. Sauf que cela ne nous contrarie absolument pas et rend plus amère encore la vile sélection fomentée et facilitée par lui et ses confrères un peu, et ses employeurs cupides, beaucoup, pour les affadir !


Ce n'est certes pas le passionné de l'animal fascinant qui de ses rêveries d'exploits extraordinaires, cochonise, afeite, bref standardise le toro commode en vecteur automatique de pseudo triomphes. On pourrait même avec certaines de ses propositions être d'accord, si elles ne partaient d'un contre-sens ou d'une allégeance aux mauvaises manières. Quand il propose pour le tercio de varas, moins de sang et de blessures, plus de rencontres, plus brèves, pourquoi pas, vu que l'affaiblissement du toro est surtout consécutif à l'effort sur le caparaçon, sauf que si les piques étaient données au bon endroit au lieu de léser l'innervation de l'appareil locomoteur cela pourrait déjà être le cas... et quand il annonce la dernière trouvaille des Andalous, une pique avec la cruceta avant les cordes c'est quand même l'acceptation de l'idée inverse que vient d'exposer Don Prieto de la Cal avec son vœu de toros durs, forts, agressifs, sans concessions à leur brutalité naturelle. Quand on pense à la ration de fer que ''mangent'' sans broncher les senors toros qui inspirent du respect, on ne peut qu'être dubitatifs.


Bref, il a, lui, intégré le fait du medio-toro, ses propositions ne servant que l'adaptation à ce manque de force. Une mauvaise voie qui ne peut que tout faire régresser toujours plus, c'est mon avis.


Bourdeau, lui, autre vétérinaire, rompt avec son collègue et renoue avec l'essentiel. Hélas, il reste assis, est moins bon orateur et son intonation monotone hésite entre lire et dire, ce qui ne sert pas un discours plus proche du bon sens et de l'essence. Enfin, cela permet quand même au moral de remonter un peu.



Avec le quatrième intervenant on atteint les pointures annoncées : François Zumbiehl se lève et entre deux gorgées d'agua sin gas de l'ayuntamiento s'enflamme et nous met en garde face à l'attitude passive de l'aficion face à la combativité des zantis. Il n'a pas tort mais, je ne peux m'empêcher de penser qu'on ne peut pas non plus créer les conditions de l'emmerdement de l'aficion lors de 80% des courses et lui demander soudain de monter fissa au créneau du militantisme aigü. Ben voui, imparable. Il n'est pas contre la mode de l'indulto car un combat ne serait-ce qu'au niveau sémantique doit pouvoir envisager et justifier d'une victoire pour les deux parties prenantes et pourquoi un toro qui se serait bien battu ne serait-il pas grâcié, mmm ? Certes, et nous non plus, nous ne sommes pas contre... quand il est justifié ! Encore une fois il faut définir les critères préalablement. Ils existent au fait, alors, faut-il les abaisser pour grâcier des mollassons ou rester ambitieux dans la production de toros puissants ? Qu'est-ce qui est moderne, qu'est-ce qui est rétrograde ? J'avais même dans un ''Sentiments Aficionados'' proposé ''pire'' : qu'un toro qui a envoyé son adversaire à l'infirmerie ne se voie pas attribuer un autre tueur et puis éventuellement un autre encore jusqu'à ce que sa mort s'en suive : qu'il soit épargné s'il a mis son adversaire hors de combat ! Révolution dans les tendidos : les clampins n'en n'auraient plus pour leur argent. Pourtant, je pense que ce serait la moindre des dispositions éthiques pour être crédibles dans les grands raisonnements philosophiques que nous développons au café du Commerce. Zumbiehl propose d'associer le ganadero à la décision d'accorder la grâce. Cela semble en effet logique sauf quand vous imaginez un amphithéâtre rugissant de sa revendication et une empresa attentive - qui vous achète les toros...- voulez-vous alors être la personne la plus haïe du ruedo à qui on n'achètera rien l'année prochaine ? Mouais... la moindre des sagesses sera alors de feindre un intérêt reproducteur pour son élevage envers cet exemplaire plébiscité, puis de le bouffer entre amis autour d'une broche en rigolant de ce con de public qui y a cru. Cuit ? Zumbiehl fut quand même assez passionnant et l'on sentait sa propre passion dans son intervention... mais il fut trop long en entreprenant soudain de nous lire - mal - un passage de son dernier ouvrage qui n'en finissait plus tandis que grossissait le brouhaha dans la salle... les applaudissements qui crépitèrent à la fin marquant à mon avis plus la satisfaction à constater la fin de la lecture qu'à saluer le style ou le raisonnement. Alors qu'en tête à tête, la prose de cet aficionado cultivé est tout à fait digne d'intérêt.



La philosophie maintenant : Vous en serez privés car j'ai réussi à m'éclipser avant que Wolf soit annoncé par le modérateur. Après, c'eût été cavalier... Car j'avais deux enfants à récupérer, moi ! Dans deux quartiers différents de la ville ! Oui, car je fais un enfant tous les dix ans à peu près, et l'organisation n'est pas la même, lecteur. Alors si l'un d'entre vous veut bien rendre compte de son intervention dans mes colonnes qu'il m'envoie sa bafouille, et fissa, les lecteurs attendent.


Comme vous aurez sans doute remarqué que j'aime bien boucler les boucles, une dernière anecdote pas rigolote pour la fin : le lendemain matin dans une rue de mon quartier, je suivais une voiture qui roulait très lentement, s'arrêtait, ils scrutaient chaque maison. A son bord, deux jeunes arabes. J'ai suivi sans m'impatienter, sans klaxonner et en les observant. D'évidence, du repérage avant cambriolage. Quand ils ont tourné et se sont aperçus de ma présence, le passager a organisé sa main en revolver et a fait signe qu'il me tirait dessus, avant de disparaître en accélérant très fort. Je reconnais qu'en plein dans cette actualité dramatique cela ne m'a pas été agréable – euphémisme – alors je requiers vos avis, surtout ceux des indignés humanistes associés qui fréquentent assidûment ce blog. J'ai leur signalement – immat de voiture, etc – alors j'en fais quoi ? Que feriez-vous à ma place ? Réfléchissez bien. Merci de vos réponses.









24 commentaires:

Xavier KLEIN a dit…

Merci Marc du compte-rendu...
Au fait, c'est BOURDEAU (désolé, originaire d'Orthez...).
Quant à ta question finale: laisser un petit mot aux résidents "repérés" avec les infos, afin qu'ils soient vigilants.

Marc Delon a dit…

Merci pour Bourdeau. j'ai rajouté ce matin une phrase par-ci par-là.

Pour la question finale à vrai dire, j'envisageais un point de vue plus égoïste et moins matérialiste : je m'inquiétais plus pour ma gorge que pour la télé du voisin !

Anonyme a dit…

L'avenir (modernité) de la corrida laissée aux mains d'anthropologues et de philosophes... Brrrr !
Il y a peu on avait envoyé au front psychologues et psychiatres... A glagla !
Sinon, reprenant ton texte, Marc :
" Gênant par ce que, quand un aficionado ou un revistero emploie le mot, il entend quelque chose comme ''Tous les moyens, toutes les compromissions, tous les trucages, toutes les feintes, atteintes, fraudes, variations, tolérances, tous les petits arrangements divers et variés qui permettent de tricher avec l'authenticité d'un risque, l'intégrité d'un adversaire, bref la vérité d'un combat digne et admirable''. En tout cas c'est la mienne et je vous la soumets car elle est partagée largement..."
je te signale que fraudes, trucages, compromissions, etc.. ont été le fait, de tout temps, de la corrida.
Quant au papier sur lequel tu as noté l'immatriculation et le signalement des "jeunes nîmois", tu le fous dans l'urne le 22 avril.
Très bien, Marc, très bien !
JLB

Maja Lola a dit…

Ne reste plus qu'à te remercier pour cette intéressante reseña.
J'ai cru comprendre que les plus neuronés étaient au premier rang ... et les cancres au fond ... ?
Merci pour la photo du bel hidalgo ... j'avoue (sans torture) qu'il fait vraiment fantasmer !
Tu aurais pu penser aux copines en leur parlant de cette conf' avant. J'aurais laissé mes ouvrages d'aiguille pour aller m'instruire.

Marc Delon a dit…

Don't you know that i am a lonesome cow-boy ?

Bon alors ? Personne ayant écouté Wolf pour le resener dans ces colonnes ?

Pedroplan a dit…

Ah, Marc, il ne faut pas juger trop vite : après tout, ces braves jeunes gens, ils cherchaient peut-être une vieille dame pour l'aider à taverser la rue et accomplir leur B.A. quotidienne

Marc Delon a dit…

C'est vrai, je dramatise tout... de même que par son geste il m'enjoignait de venir jouer avec lui avec des pistolets à bouchons. POW,POW...

Pedroplan a dit…

Exactement ! Louveteau un jour, louveteau toujours !

Anonyme a dit…

Louveteau élevé sous le père ?
JLB

Anonyme a dit…

Marc, trop lonely !
Qui vous dit que ces jeunes gens ne projetaient pas de cambriolages mais regardaient le printemps dans les jardins ?

Gina

Anonyme a dit…

WOLF... LOUVETEAU...
Homo homini lupus.
Wououououou

LA PLONGEUSE
En réalité photo bidouillée : il suffit de la faire tourner d'un quart vers la droite et elle se retrouve assise. L'habile Marc a ensuite effacé la salle de bains (provenance Ceramicas y Rocas)et son carrelage glacé qui contrariait tant X. Klein, lequel avait pris au premier degré l'expression "se geler les fesses".

ZUMBIEHL...WOLF...KLEIN...
Nous irons pendre notre linge sur la ligne Siegfried.

QU'EST-CE-QU'IL A DIT ?

JLB

Anonyme a dit…

Le problème de ne rien dire ou de ne rien faire, pour ce qui concerne les gamins qui étaient devant vous dans leur voiture (volée?), est que s'ils cambriolent effectivement un appartement accessible, vous risquez de vous sentir un peu responsable, et si en plus la mamie résiste et se fait trouer, je ne vous fais pas de dessin...
S'ils mettent à exécution (sic)leur menace contre vous, certes vous n'aurez pas de remords mais votre famille et vos fidèle lecteurs, quoique discrets et anonymes pour leur majorité, seront bien malheureux.
Enfin, si vous allez déposer une main courante au commissariat pour raconter ces menaces et l'immatriculation de la voiture, ce qui me viendrait personnellement à l'esprit, vous êtes un dangereux néo-nazi (et les policiers accepteront-ils d'augmenter les statistiques de la violence ordinaire ?).
Il est évidemment plus facile de considérer que c'est le cambriolé qui n'a pas fait attention et que ces pauvres petits sont des victimes, du racisme ambiant et de la pauvreté.
Mais si je me dis que dans la même pauvreté (en fait probablement bien plus réelle), Nimeno II est devenu lui-même, et son frère pareillement, j'ai du mal à croire que les circonstances soient responsables de tout.
Sinon, merci pour votre resena ou un son de cloche torista a semble-t'il été entendu.

Marc Delon a dit…

Cher anonyme neo-nazi vous avez oublié la plus probable des banalités : si un policier a l'idée de demander à ce jeune pourquoi il mime des menaces de mort aux gens et qu'à l'appui de son enquête il cite de qui émane la main courante - dont je ne sais si elle peut être "anonyme" pour être valide - je deviens recto ou mes enfants la prochaine victime de représailles qui sont monnaie courante en terme "d'efforts d'intégration" ...
Bouh qu'on est vilains !

Pedroplan a dit…

L’histoire m’a interpellé en me rappelant une autre histoire.
Je me trouvais au Relais H de la gare de Nîmes. Tandis que je furetais dans les rayonnages, un jeune gars, avec l’uniforme banlieue : jean, blouson, crâne rasé et cette casquette de coureur cycliste qui donnerait à un génie l’air d’un abruti profond. Et, tout de suite, alors qu’il consultait une publication munie d’une bande vidéo tout en donnant de brefs coups d’œil en direction de la caisse, est né ce soupçon : il va la piquer.
Or, il ne l’a pas piquée, il la replacée où il l’avait trouvée avant de disparaître de mon champ de vision. Et moi, je me suis dis : ce jeune type n’a fait peut-être que ce que j’aurais fait en pareille circonstance : prendre la cassette, lire le résumé de l’action, avant de décider que non, il ne la prenait pas. Mais que ce qui était grave, c’est que moi, témoin, j’ai induit de son harnachement qu’il pouvait être un délinquant. Que j’ai donc fait preuve de racisme car je ne l’eus sans doute pas soupçonné s’il s’était s’agit d’un quinquagénaire replet et propre sur lui. Autrement dit que l’habit faisait le moine.
Cinq minutes plus tard, j’étais dans le fond du magasin, à la recherche d’une revue littéraire. Et, debout à côté de moi, ce même type que j’avais tellement honte d’avoir soupçonné. Et je l’ai vu, alors prendre une revue avec, sous cellophane, une cassette vidéo, la glisser sous son pull et quitter la boutique d’un pas martial.

Je pensais au voleur de pommes de Brassens.
Chose qui ne correspondait pas (ou plus) à la réalité. Non que je tienne à préserver les intérêts de la maison Hachette. Mais parce ce type n’a pas volé parce qu’il avait faim. Ni par besoin. Il a volé parce qu’il voulait voler. Il a volé cette cassette-là et non l’autre, parce qu’il risquait de se faire prendre pour l’autre, plus en vue de la vendeuse. Il a volé une cassette qu’il ne regardera sans doute pas, ne revendra peut-être pas. Et cette déconnexion du vol avec les besoins du voleur me paraît chose effrayante. On n’est plus devant une délinquance née du besoin, plus devant Jean Valjean, encore moins Robin face à une sorte de nihilisme : il s’agit de s’affirmer contre. Non contre l’ordre établi, l’autorité, l’armée, la justice, les flics. Mais contre, tout simplement. Et quiconque, alors, est ce contre quoi on s’affirme. Il s’agit de s’affirmer, tout simplement.
Aussi, ne dénonçant pas ce type parce que je n’ai aucune sympathie pour Hachette qui, de toute façon a inclus dans sa marge ce genre d’incident (autrement dit que moi, honnête, je paie plus cher mon livre, mon journal, ma revue, ma cassette vidéo), je n’ai fait que le conforter dans son opinion qu’il avait raison. Et que demain, s’il arrache la bandoulière du sac d’une vieille dame, moi, en le laissant aller avec une coupable indulgence, je serais aussi coupable que lui.
On dira que d’une même révolte contre la société, on peut tirer des conclusions opposées : pour lui comme pour moi, Hachette ne mérite aucun égard ; mais là où il se trompe, c’est lorsqu’il met la vieille dame dans le même sac qu’Hachette. Et que je suis infoutu de le lui expliquer, tant il a la haine. Et tant il a peu de vocabulaire pour la dire. Ni pour entendre ce que je pourrais lui dire. Sans compter que je pourrais me faire casser la gueule.
Compréhensif, donc démagogue. Et, démagogue, donc complice. Cela n’efface pas ma première faute : de l’avoir soupçonné sur son apparence. Qui relevait du racisme.
Ah, cela fait beaucoup de cas pour une seule conscience, tout ça.

Anonyme a dit…

Marc, n'exagérez pas : sur France Culture, ce week-end dernier, un homme politique disait que la France était le pays d'Europe qui avait le mieux réussi l'intégration, partageant presque le même optimisme que l'imam à la télé après la tuerie de Toulouse.

Gina

Anonyme a dit…

Pour être plus sérieux et parler de ce qui te préoccupe :
je crois qu'il ne servirait à rien que tu ailles raconter à la police ce que tu as vu. De toute façon, les "djeuns" étaient en repérage et s'ils ont décidé de taper dans un logement du quartier, rien ne pourra les en empêcher. Ces "djeuns" sont certainement déja "défavorablement connus des services de police" et ces derniers n'apprendraient rien de bien nouveau. Le flic de service pourra te raconter "qu'ils augmenteront la fréquence des patrouilles dans ce quartier". On peut rêver...
C'est vrai que "prévenir les résidents" comme le suggère X. Klein serait le plus efficace. Mais comment ? Tu pourrais, avec ta famille, le soir, déposer dans des dizaines de boîtes aux lettres des tracts d'avertissement (à y être fais toi donner des tracts de ton candidat préféré pour la présidentielle...).
Tu peux organiser un lâcher de cochons dans le quartier...
Pour répondre à ta question : il n'y a pas de main courante anonyme.
Moi, je rédigerai une bafouille anonyme que j'enverrai aux flics. Mais fais attention de manipuler papier et enveloppe avec des gants, de mettre un masque devant ta bouche, de ne pas laisser tomber sur le papier cheveu, pellicule (pas pelli photo eh ! con !), postillon, crotte de nez, etc... Ne pète même pas, la police scientifique a des chiens renifleurs. Gaffe à la dénonciation calomnieuse ! Un habile baveux et un magistrat arthritique pourraient te tailler un costume.
Pas très couillu tout ça mais bon, tu es con toi aussi, tu as une famille, tu bosses, tu as une maison, un compte en banque, et tu paies des impôts ! Comment veux- tu que je t'aide ?
Désolé.
JLB

Marc Delon a dit…

Excellent JLB ! Chien renifleur compris...

Eh oui pedroplan, c'est même à ça qu'on les reconnait, les délinquants : ils ne se posent pas autant de questions que nous !

C.Crépin a dit…

Je voudrais vous faire passer un CR de la partie "Wolf", mais c'est volumineux, et je n'ai pas votre mail. Pouvez-vous me l'adresser ?

Anonyme a dit…

le lendemain matin dans une rue de mon quartier, je suivais une voiture qui roulait très lentement, s'arrêtait, ils scrutaient chaque maison.

Absolument impossible: tu vis dans un quartier où chaque maison est entourée d'un mur de 2m50 de haut, on ne voit donc rien, ni maison, ni habitants... que du mur!
Ou alors tu as déménagé?
Et fais un autre enfant?

Moi je leur aurais fait bonjour avec la main, mais il est vrai que je suis dans le sudoueste...

isa du moun

Marc Delon a dit…

eh bé c'est pas un retour très convaincant... y'a bcp de rues dans mon quartier isa... et puis les murs ne font pas 2m50, c'est toi qui est petite... et puis y'a des clapas plutôt bas et puis des grillages et puis quoi, tu crois tout savoir ou tu voulais signaler à tous que tu étais venue ?
Ouais c'est vrai que dans le Sud-Ouest ils sont plus cool, on a vu ça...

Anonyme a dit…

Tu ne sais pas, Marc, que dans les Landes ils se promènent toujours sur des échasses et comme ça, ils peuvent tout espinchouner au-dessus des murs ?
Vade retro djeuns satanas du clapas !
JLB

Anonyme a dit…

Mais je ne suis pas venue, qu'essayes-tu de faire croire?
C'est juste que dans le sudeste au lieu de planter des haies et des murets, vous vous emmurez! Remarque, c'est pour ça que tu crois voir des délinquants: alors qu'ils s'entrainent juste à se balader entre des murs pour quand ils seront en prison.
Pis Toulouse c'est pas le Sudouest, d'abord je n'y suis jamais allée!

isa du moun

Marc Delon a dit…

Ouiouiouiouiouiouioui...

Anonyme a dit…

C'est vrai que le Moun c'est enclavé mais à ce point...
JLB