Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

mardi 10 juillet 2012

Quatrième Encierro



Retour chez Marius. Une place pile-poil devant le bar, je clignote. Dedans, il y a un peu plus de monde dont le ''peintre des haricots'' et Chinito, je reconnais leurs silhouettes à contre-jour. Comme si elles s’étaient concertées, les têtes se tournent vers nous pour assister au créneau et d’un coup j’ai le vague sentiment de devoir le réussir… Braquer en torero pour garer le coche dans son chiquero. Coup de bol, impec… du premier coup et au cordeau : dans le même ensemble, les têtes se retournent à nouveau indifférentes, tant ce qui est normal est désespérant pour l’aficionado. Les regards reviennent dans l’axe de la ridicule télé que Marius propose. A mon avis personne ne s’est risqué à lui faire la remarque sur la petitesse de l’écran sous peine de se faire instamment prier d’aller regarder autre chose ailleurs, queue entre les jambes et oreilles rabattues.

Comme le créneau, très propres les El Pilar qui se sont élancés depuis les corrales del Gas à l’assaut de Santo Domingo. Intéressants pour les coureurs, moins pour les spectateurs. Nobles et rapides. Courir, pas encorner, làaaa…. sage. Quatre contusions point barre. C’est la crise ou quoi ? Plus de pubs sur les ‘’Asparragos de Navarra’’ qui me gonflaient tant et qui maintenant me manquent : voyez le danger du conditionnement ? Le café de Marius coûte 1,30 euros et il est bon. Fougassette non Halal avalée, j’en reprends un en ramenant ma tasse sur le comptoir comme tout le monde ici, eu égard à sa déambulation qui semble difficile, pour qu’il la débarrasse. Mais il s’en saisit et me sert à nouveau dedans ! Comme à la casa…. Quoique… moi, parfois chez moi, j’en prends une autre ou je la lave, tellement je suis snob : j’aime pas voir la mousse qui reste collée aux parois… Et un peu de vaisselle en moins…

Sur l’écran rien et en 2’22’’. Todo perfecto, inintéressant comme un créneau réussi. Louise qui sur l’envie de revenir ici s’est habillée ce matin en 2’’22’’’ extirpe sa juvénile gaieté et sa lumineuse tenue acidulée de cet antre de vieux aficionados grincheux et grisonnants, laissant retomber le lieu dans l’ombre de son ombre.

Personne ne nous regarde plus, je sors du créneau en cornada de pare-chocs…







4 commentaires:

ludo a dit…

parfait. croqué en 2"22"". labisalouiz.

ludo

Maja Lola a dit…

L'épisode du jour ... Lu et "dégusté" en 2'22" !

Maja Lola a dit…

Hola Ludo !
C'est amusant .... nous disons à peu près la même chose, sans nous concerter !
Rencontre des esprits ?

Anonyme a dit…

Louise ?
Une solution : l'enfermer sous clé avec un livre à lire (joli, bien choisi, une histoire de biquet qui répond aux pattes blanches), un cahier de vacances, des twix et des glaces à la vanille.
La matinée se passera en moins de deux !

Gina