Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

jeudi 12 juillet 2012

Cinquième encierro



La faute à Laurent. Aux Pinas Coladas ont succédé les Mojitos pendant que le rosé attendait au frais. Moi, l'alcool, je le fuis, mais lui, il me poursuit. Il y a toujours un gus pour t'obliger à goûter ça. Ou ça. Avant je m'opposais, catégorique. Maintenant je goûte à tout, au moins ton hôte te fout la paix pendant ce temps. Je consens pour que ça passe plus vite. Ça vous rappelle peut-être quelque chose, madame.

C'était sous les frondaisons de sa terrasse en bois et le rhum m'échauffait le sang aussi sûrement que les cigales quasi déchaînées pour leur dernier baroud et barouf crépusculaire, assourdissaient nos discussions.
C'est là que Jean qui revenait de New-York nous a raconté sa plus mémorable encierro vécue au Zimbabwe. Putain, …ça existe alors, un kiné riche… ? NYC, camping-safari sur les bords du lac Kariba, la clââaasse, faudra que je lui demande comment qu'on fait.

Enfin bref, ils étaient arrivés sur les rives dorées du lac Kariba pour planter leur tente et après un repas frugal, alors que la nuit était tombée, noire et impénétrable tatatâaan... la terre se mit à trembler. D'instinct, tout le monde sortit de la tente rejoignant le guide déjà aux aguets, tentant ce comprendre ce qui se passait. L'onde qui hachait la terre se fit plus courte et l'on pouvait maintenant percevoir un grondement sourd qui venait en s'amplifiant.
(il raconte bien, hein, mon copain...? lisez-le...)
    La pomme d'Adam du guide faisait des aller-retours rapides dans sa gorge...

C'était maintenant un véritable fracas qui venait droit sur nous. La terre semblait s'ouvrir, et les arbres s'abattre, on ne contrôlait plus le tremblement de nos jambes et puis soudain, des centaines d'yeux jaunes et bridés luisaient dans la nuit.

  • Des Buffles caffer-caffer... une centaine... chuchota le guide puis, se reprenant, il hurla qu'il fallait courir jusqu'aux 4x4, là-bas, et détala soudain nous entraînant dans son sillage.

Et la course folle, éperdue, s'engagea. Evidemment, à chaque seconde, le troupeau de Buffles reprenait du terrain et notre avance fondait aussi sûrement que vos économies soumises à un train de mesures socialistes... Des trains... c'est exactement l'impression qu'on avait, d'être poursuivis par des trains, un gigantesque rouleau compresseur qui broyait tout sur son passage. Nous n'avions aucun droit à l'erreur, la moindre chute et on était laminés sous la multitude. Les arbres ne résistant pas ils ne pouvaient en aucun cas constituer un abri pour laisser passer la charge infernale, pas une grille pour s'accrocher, une porte cochère pour se tapir ou un soupirail pour s'y glisser en catastrophe. Rien, le plat de la main comme paysage et les cornes dures dans le dos et les sabots assassins toujours plus près. Et puis les 4x4 salvateurs, enfin, sous lesquels nous nous jetâmes, écorchés, suants et hors d'haleine mais vivants. Et le bruit de fin du monde du rouleau compresseur que rien n'aurait arrêté, puis le nuage de poussière suspendue, comme une gangue enveloppante, douce et terrible chargée des cendres de toutes les morts... On attendit longtemps, tapis dans la nuit sous les mécaniques de cambouis qu'elle se dépose et que passe avec elle ce remugle de fauves qui hérissait nos poils.

Quand il a terminé son récit le rhum avait aussi chargé dans mes neurones et je voyais des éléphants partout. La preuve, je me croyais sur le lac Kibari et non Kariba, c'est vous dire...

A Pamplona ? Rien. Que du noble, 3'18'' à cause d'un cornalon faiblard d'un astifino à damner une hémorroïde. De Fuente Ymbro.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Je vais te nommer mon biographe officiel c'était comme si on y était ... mais en mieux, avec toi je me sens l'âme d'un héros malgré l'absence regrettée par certains d'un cigare cubain. Pour ce qui est de ma richesse je suis comme un certain D elle me viendrait plutôt de ma femme c'est là je te rassure le seul point commun que nous ayons

Sisco

Anonyme a dit…

bonjour marc,
juste quelques mots pour rétablir la vérité sur cette histoire africaine....
je connais très bien ce 'jean", et cette anecdote se passe en fait en Lozère et pas au Zimbabwe...les buffles ne sont que des chèvres....et le 4X4....un tracteur.
ce monsieur qui veut toujours faire son "intéressant" a encore une fois raconté n'importe quoi à des gens alcoolisés.
vous verrez, il vous racontera bientôt la fois ou un hippopotame a sauté devant lui alors qu'il se promenait tranquillement en canoé sur un fleuve africain....
la vérité étant qu'il se promenait en bateau gonflable sur le lac du Salagou et une grosse femme qui se noyait a voulu monter dans son embarcation....
pauvre homme..je plains ses patients..sachant qu'il n'est en fait pas kiné mais fleuriste...

Marc Delon a dit…

;-)........... +1