Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

samedi 7 juillet 2012

Premier Encierro



Après avoir vérifié que mon antenne parabolique qui me fournit 418 chaînes ne me fournissait pas celle des encierros de Pamplona, nous avons gagné la ville. Nous nous sommes d'abord arrêtés à la boulangerie de notre quartier car Marius ne fait pas l'effort. Il ne s'emmerde plus, Marius, à fournir des fougassettes aux grattons à ses clients. Si un incongru de comptoir demande un croissant, d'un geste économe autant qu'évasif, il allude la présence de boulangeries dans le coin.

Dans la boulangerie du four à chaux de la route d'Uzès, toute une équipe d'éboueurs en gilet fluo prenait le petit-déjeuner sur les quelques tables du magasin. Du coup, dans la file des clients, on sentait comme une réticence à acheter sa baguette. Mais personne ne chaussant de microscope sur le nez pour observer les miasmes qu'ils répandaient dans un local qui devrait être exempt de microbes et bactéries variadas, personne n'osait renoncer par peur anti-humaniste de stigmatisation d'une population au labeur ingrat. Pas glop. Les miasmes sur la boulange, pas la peur...

Et donc, Louise que j'ai sortie du lit au prétexte des toros, et moi, nous sommes allés au bar Méditerranée chez Marius. Tout juste si on ose entrer : la grille métallique est entrouverte de la stricte largeur de la porte, pas plus. Dedans, pénombre et courant d'air et très faible assistance : Un arenero rigolard excité par le danger, s'empresse de rappeler qu'il y était une année, et qu'un type s'était fait prendre, et, détail primordial l'ancrant dans la remarquable anecdote : devant lui, là..., qu'il s'était fait prendre, le type.

Deux autres types au comptoir, évoquent l'absence d'Alain et de Lucien (Nimeno et Chinito) l'un étant à Eauze, l'autre ayant dit qu'il viendrait et qui en écrase vraisemblablement encore sur son oreiller. Et aussi de Viallat, le ''peintre des haricots'' comme on l'appelle à Nîmes où le niveau culturel général empêche d'appréhender noblement le digne représentant du mouvement support/surface. Enfin, une dame déjà ménopausée fume sa cibiche sur le pas de la porte histoire de faire semblant de ne pas nous envoyer sa fumée qu'un courant d'air précis nous dirige exactement dans le pif. Mais bon, on va pas stigmatiser une population déjà toxico, mieux vaut que Louise se noircisse un peu les alvéoles. On a le sens du sacrifice dans la famille.

On demande précautionneusement à Marius un petit noir et on tente même une audace : si ça le dérangerait pas trop de faire un petit chocolat au lait ? Il avise d'un œil bougon la trombine fraîche de Louise ce qui lui fissure peut-être un peu le cœur et alors il s'exécute sans un mot. La télé a changé, plus contrastée que celle de l'année dernière mais l'écran a rétréci... C'est un peu juste pour admirer les vaisseaux de Dolores Aguirre qui courent, nobles, le parcours en 2'53''. Bilan ?

Cornada de pierna à Santo-Domingo.
Fracture de rodilla à Mercaderes.
Luxation de hombro à Estafeta.
Fougassettes avalées tous miasmes ignorés.

Ah oui, et puis un ramassage ultime du toro-balai, d'un résidu de snobisme crocheté par une corne et traîné jusqu'au tunnel rapport à une camiseta de trop grande qualité dont la trame ne voulait pas céder. Bien sûr j'ai raté la photo de la matinée : quand l'arenero que vous voyez de dos a levé les bras au ciel, deux secondes, index pointés, pour figurer le putain de berceau d'un tio... la télé était au milieu de ses bras, tout était parfait, sinon que je trempais une aile de ma fougassette dans mon café.

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