Adieu

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photo de Anya Bartels-Suerdmont

jeudi 23 mai 2013

Corrida de clôture, toreo de troncature

Mais où faut-il donc aller pour voir des toros ? A Alès, les Adelaïda Rodriguez se sont certes montrés braves mais sans jamais transcender l'aficionado.
Par contre, la manif des zantis dont le profil allait du punk à chien galeux et combi Volkswagen à l'alter-mondialiste habillé trop ample en passant par le Skin-head piercé et enchaîné, s'est montrée très violente. Finie la contestation certes véhémente d'idées contradictoires, maintenant c'est la recherche ouverte de la violence débridée. Des mines révulsées de haine, des canettes pleines et chaises balancées sur un gardian qui venait chercher son camion de bious, soit un type qui ne cautionne à priori rien de ce qui tue les toros de combat... J'ai voulu passer par là arguant aux policiers qu'on pouvait quand même avoir des idées différentes sans s'entre-tuer d'autant que ma voiture était à leur contact mais ils m'ont dit que je n'aurais pas le temps de développer ces arguments et que pour me faire lyncher il n'y aurait pas mieux, que ces excités venus de toute l'Europe - mais plus près des cinquante que des cinq mille annoncés - qui n'attendaient que ça. Bon... il est finalement toujours savoureux qu'un flic t'ordonne de prendre un sens interdit pour quitter la zone du crime potentiel. Et d'observer des gens doux et pacifiques menacés de mort par ceux qui prétendent abolir la violence...
Quant aux Prieto de la Cal alésiens, s'ils portaient beau à la sortie, ils goûtèrent tous lamentablement au sable des arènes du Tempéras.
A Nîmes pour la clôture, quand un Victoriano del Rio s'avérait faible comme le second du Juli trop gros et mou pour se battre, on se prenait à regretter de n'être point à Vic. Hélas, les Adelaïda de Vic étaient beaucoup moins forts que les Victoriano de Nîmes d'après ce que l'on comprend des resenas. Comme quoi tout ça se dilue dans la seule vérité péremptoire de principe qui est que … il n'y a pas de vérité péremptoire.
Pour preuve, le lot en or massif que toucha le Mexicain Diego Silvetti. Des charges claires et profondes, répétées, vibrantes, certes plus nobles que bagarreuses mais cette abnégation classieuse peut aussi être belle. Quels toros aurait-on vus s'ils avaient échu au Juli ! Il coupe une oreille à son second, Silvetti, en laissant dans la bouche de l'aficionado l'amertume d'une rencontre tronquée par un torero bien en dessous du filon à exploiter.
Talavante n'est sûrement pas sorti psychologiquement indemne de son solo difficile de Madrid où des deux toros et demi que j'ai observés, des toros que d'autres ont vus mauvais, a résulté chez moi une forte impression de difficulté, ils répétaient si vite et si fort dans la muleta dépassée d'un torero du coup en vigilance extrême, qu'il n'avait pas le loisir de maîtriser son art, débordé qu'il était. 
Si son premier toro nimoîs fut ''d'entraînement'' et put contribuer à le rassurer, il subit à nouveau la pression d'un second toro trop entreprenant pour lui. A voir cette actuacion, on ne lui aurait pas conseillé de tenter six Albaserrada madrilènes aux encornures déployées comme les ailes d'un albatros dans les courants ascendants.
Juli le Kiricou des ruedos, est petit mais vaillant, puissant, et pouvu qu'un toro lui fournisse une opposition, son mental de vainqueur le recrute tout entier et il n'a alors de cesse que d'arriver à le dominer. Je n'aimerais pas être un toro quand ce type est sur le sable ! 
Quand son second se dilue, le Juli ne pense pas : « Tant mieux j'aurais fini plus vite et avec moindre danger », comme nous le ferions vous et moi, non, le Juli est désolé et c'est sincère. Se battre et triompher telle est son ambition indéfectible. On pourrait alors toujours lui reprocher de ne pas prendre des toros plus durs, trop facile de se plaindre après avoir imposé ses toros... tiens des redoutables Prieto de la Cal ou Adelaïda Rodrigues par exemple... hélas on sait que le sort mystérieux des bêtes noires aurait pu dans ce cas lui réserver bien pire. Quand on vous dit que rien n'est simple... Et si c'était justement certes permanente incertitude qui inlassablement nous ramenait à l'arène ?

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Les Adelaida de Vic ont organisé un concours de génuflexion.
Le Président du palco et celui du CTV n'en ont pas l'air particulièrement affectés.
Plegat,la plaza toriste !
TOLOSA

Anonyme a dit…

Troncature... ça me rappelle que Georges Tron, adorateur fétichiste de la partie la plus odoriférante du corps humain a été acquitté : va pouvoir reprendre le sniffage intensif d'agassins jusqu'à lover dose.

Anonyme a dit…

J'avais remarqué ça, Tolosa, comme j'avais remarqué pendant la course la bonne humeur du ganadero Monsieur Adelaïde Rodriguez et des gens à côté de lui.
Mais l'inénarrable Marcel nous avait prévenu la veille dans son discours aux défunts et aux intempéries :"je vous demande d'être compréhensibles".
Je me demande jusqu'à quand nous serons cons de revenir et préhensibles du portefeuille.
JLB

Anonyme a dit…

J'avais oublié : corrida de clôture, corrida de bromure.
JLB

Ludovic Pautier a dit…

"corrida de clôture, corrida de bromure"... "la bandaison papa, ça n'se commande pas"