Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

mardi 7 mai 2013

Pas des moutons.

Au fait, on a vu les Dolores Aguirre l’autre jour, à Saint-Martin de Crau.
Ni pluie, ni Mistral, ni allergène équin, platanesque ou poussiéreux intempestif… todo perfecto. Soleil y nada mas. Où l’on constate une nouvelle fois que dans l’impossibilité ambiante d’être profond, les minutes de silence ne durent toujours que trente secondes. Comme si l’hommage à la Doña ne pouvait s’éviter mais que bon, on n’avait pas que ça à foutre, de rester plantés là, à attendre le glas, alignés comme des cons, sur les tendidos de béton, à s’emmerder coton, pendant une minute de soixante secondes super longues, au prétexte qu’une ganadera de respect s’était afeitée pour de bon. Incroyable, non ? La minute de trente secondes est un hommage conceptuel qui me fascine de plus en plus… Faut croire que tout est trop long pour être de bon ton : le sexe de Rocco Sifredi, les cornes des toros – intouchées ce coup-ci - les explications perverses de Cahuzac et le nombre de zéros qu’un Malaisien stupide aurait couché sur un chèque pour deux croûtes de vide-greniers… de 8e et 16e arrondissements quand même.

Il y avait un lot de toros aussi, faits, cinquenos, mûrs au mental. La Doña n'aurait pas rougi. A la louche, vingt piques au moins. Très, très mal données aux trois premiers mais dans les gradins, même Laurent Giner ne rouspète plus, altéré par l’incessante répétition.

Devant eux Marco Leal qui coupe une oreille de voisinage poli, manque de pas mal de choses mais pas d’enthousiasme. Ou comment sous-entendre qu’il ne m’a pas plu, tout en ne froissant personne…. Sanchez Vara est un professionnel, il fait le métier, maîtrise la distillation de séries liées habiles ou sincères, au choix.

Le cinquième toro, par les difficultés affichées est celui qui me parut le plus sérieux et intéressant. Il trouva Escribano sur sa route qui n’abdiqua pas en nous prenant à témoin bras ballants et mine pseudo-désolée, mais s’arrima au contraire et petit à petit arriva à le réduire, mêm’ que c’est ça qué beau !

Retour, traversée de l’esplanade bouliste désertée, pas une bourre de platane ou un poil de ''Camargue'' en vol, rien qui pique, mouche ou nifle, les allergiques me comprendront, grimper dans le coche, traverser les plaines à moutons de la Crau, futurs égorgés sans que personne ne moufte, brin d’autoroute, biiiiip au péage, ralentir au radar avant Arles, ré-accélérer, rejoindre Nîmes, prendre congé, rentrer chez soi, l’apercevoir au loin cueillant des roses avec notre fille, ancrage puissant et dévoué me permettant le tangage de courir les toros… l’herbe est tondue, ça sent bon… la montagne… au niveau de la mer… Atchoum !

13 commentaires:

el Chulo a dit…

Terribles en effet ces minutes de silence interminables ainsi que la manie des coups d'envoi au rugby par des gens qui n'ont rien à voir avec le rugby!

Marc Delon a dit…

euh... trop courtes !

Pedroplan a dit…

En Espagne, on fait des fois une minute d'applaudissements. Et là, c'est long !

Anonyme a dit…

wouahh... je veux pas dire, mais bon, la bite à Rocco, l'est pas si longue que ça...

Marc Delon a dit…

Tandis que là :
les quinze premières secondes, tu te lèves, tire sur ton pantalon, aligne tes pieds, joins tes mains...
le deuxième quart tu baisses les yeux, inspectes le bout de tes chaussures, réalises que tu n'as pas récupéré les bottes chez le cordonnier car tu oublies qu'il y a encore des cordonniers en ville, tu tousses, regarde si cela ne gêne pas la voisine dont le parfum t'enivre soudain
Le troisième quart tu penses que toi, tu vas mourir comme un chien, au bord d'une route et que personne ne se recueillera ou que cela les fera chier grave, même trente secondes...
Le quatrième quart, tu pourrais apprécier cette coupure de sérénité dans cette permanente mondialisation du bruit, mais non, ça y est, tu t'emmerdes comme tout le monde et compte à rebours, cinq, quatre, trois, jusqu'à zéro, parce que t'es nul !

Anonyme a dit…

Regard en soi, autour de soi, l'enchevêtrement est réussi.

Pedroplan a dit…

Et là dessus y a toujours un cheval de picador qui bronche. Le cheval de picador, ça ne respecte rien, c'est bien connu

el Chulo a dit…

belle photo. quel objectif?

Marc Delon a dit…

Bien qu'il y en ait qui fassent de très bonnes photos avec des sténopés (un petit trou et pas d'optique... ! ) je réponds à ta question (relative donc) car je te sais en quête de matériel :

le 28-70mm f: 2,8

Marc Delon a dit…

euh... le 24-70mm je crois, je sais plus...

Anonyme a dit…

Bello ragazzo !

el Chulo a dit…

24-70

Anonyme a dit…

Le 24 en 70 mais quel mois ?
JLB